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Le parlement européen et la peine de mort
Questions écrites au Conseil et à la Commission, et réponses

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date de la question Destinataire
de la question
objet
3 janvier 2000 Conseil Dénombrement des citoyens de l'Union européenne condamnés à mort
24 novembre 1999 Commission La situation en Arabie Saoudite
20 septembre 1999 Conseil Condamnation à mort aux États-Unis du citoyen espagnol Joaquín José Martínez
1er septembre 1999 Commission Condamnation à mort du leader kurde Öçalan
1er septembre 1999 Conseil Condamnation à mort du leader kurde Öçalan

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(2000/C 225 E/220) QUESTION ÉCRITE P-2697/99 posée par Rosa Díez González (PSE) au Conseil
(3 janvier 2000)

Objet: Dénombrement des citoyens de l'Union européenne condamnés à mort

Le Conseil connait-il le nombre, l'identité, la situation juridique, les conditions de détention et le statut personnel et familial des ressortissants des États membres de l'Union européenne condamnés à mort dans le reste du monde. A-t-il procédé au recensement de ces personnes et peut-il le transmettre à l'auteur de la présente et au Parlement européen?
Si le Conseil ne dispose pas de tels renseignements, n'estime-t-il pas nécessaire de prendre les mesures visant à assurer un suivi systématique de telles affaires et, à cet égard, quelles actions considère t-il opportunes pour remédier à son manque d'information?

Réponse

(28 février 2000)

Le Conseil ne dispose pas des informations demandées concernant le dénombrement des citoyens de l'Union européenne condamnés à mort dans des pays tiers.
L'Union européenne, qui œuvre résolument en faveur de l'abolition universelle de la peine de mort,
intervient régulièrement auprès des pays tiers concernés pour éviter l'application de la peine de mort, ou de son exécution, suite notamment aux initiatives prises dans ce sens, au sein du Conseil, par ses membres et/ou sa Présidence.

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(2000/C 219 E/125) QUESTION ÉCRITE E-2132/99 posée par Olivier Dupuis (TDI) à la Commission
(24 novembre 1999)

Objet: La situation en Arabie Saoudite

Tant les informations en provenance d'organisations internationales que les rapports adoptés par la commission des droits de l'homme des Nations unies (E/CN.4/1998/44, paragraphe 19 et 21; E/CN.4/1998/43, paragraphe 13 et 405; E/CN.4/1998/68, paragraphe 89 et 92) démontrent l'extrême gravité de la situation des droits de l'homme et des libertés fondamentales en Arabie Saoudite.

L'organe des Nations unies dénonce notamment le recours à la détention arbitraire, à la torture, les disparitions forcées ou involontaires et la pratique des exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires par les autorités saoudiennes (plus de 70 ressortissants étrangers ont été par exemple également exécutés en 1997 en Arabie Saoudite, où la peine de mort est pratiquée même à l'égard de mineurs au moment des faits). De manière générale, les autorités de Riyad exercent une très lourde répression à l'égard des opposants politiques (interdiction totale des partis politiques) et à l'encontre des minorités religieuses et soumettent la presse à un contrôle total. Les arrestations pour délit d'opinion sont de plus en plus nombreuses. Les peines d'amputation continuent à être largement pratiquées.

La Commission pourrait-elle indiquer sa position à l'égard de la situation en Arabie Saoudite?
La Commission peut-elle indiquer les initiatives qu'elle a prises ou qu'elle entend entreprendre afin d'amener les autorités saoudiennes à un respect au moins minimum des droits de l'homme et des libertés fondamentales?


Réponse donnée par M. Patten au nom de la Commission

(8 décembre 1999)

La situation des droits de l'homme en Arabie Saoudite est en effet préoccupante. Il n'existe aucun accord spécifique entre la Communauté et l'Arabie Saoudite susceptible d'offrir un cadre approprié à des échanges de vues et à un dialogue direct. Un dialogue politique régulier a été instauré entre la Communauté et les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) dans le contexte de l'accord de coopération de l'Union avec les pays du CCG. Ceux-ci comprennent les Emirats arabes unis (EAU), l'Arabie Saoudite, le Bahreïn, le Qatar, l'Oman et le Koweït.
Lors de la réunion des directeurs régionaux de la Communauté et des États du CCG qui s'est tenue à Riyadh à la mi-octobre 1999, l'ensemble des problèmes politiques et sociaux a été évoqué et notamment la question des droits de l'homme. Au cours de ce forum, les aspects des droits de la femme et de l'enfant, de la peine de mort et des droits de l'homme en général ont été plus particulièrement examinées.

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(2000/C 170 E/086) QUESTION ÉCRITE P-1690/99 posée par Rosa Díez González (PSE) au Conseil
(20 septembre 1999)

Objet: Condamnation à mort aux États-Unis du citoyen espagnol Joaquín José Martínez

Le 2 novembre 1999 s'ouvrira devant la cour suprême de Floride (États-Unis) le procès en appel du jugement condamnant à la peine capitale le citoyen espagnol Joaquín José Martínez, qui se trouve actuellement dans le «corridor de la mort» à la prison de Starke (États-Unis). Les défenseurs de ce citoyen européen ont fait valoir l'absence de garanties lors du procès en première instance et les atteintes à la présomption d'innocence qui ont caractérisé la procédure ayant conduit à une peine aussi inacceptable, encore en vigueur pourtant dans de nombreux états des États-Unis. Étant donné l'urgence de cette affaire et le caractère irréversible de ce châtiment inhumain:

1. Qu'a fait le Conseil pour obtenir qu'à la lumière des résolutions adoptées par le Parlement européen et par l'Organisation des Nations unies et de l'article 6 de la convention européenne des droits de l'homme, entre autres, un moratoire universel sur les exécutions capitales soit respecté (résolution du 18 juin 1998) et que cette peine contraire aux valeurs démocratiques les
plus élémentaires soit définitivement abolie?

2. Que peut faire et que compte faire le Conseil pour éviter l'exécution et pour faire en sorte que le citoyen Joaquín José Martínez ait un procès libre et équitable?

Réponse

(2 décembre 1999)

1. L'action de l'UE contre l'application de la peine de mort constitue un élément essentiel de la politique générale de l'UE en matière de droits de l'homme. En juin 1998, le Conseil a adopté des orientations pour la politique de l'UE à l'égard des pays tiers en ce qui concerne la peine de mort, l'objectif ultime étant l'abolition de celle-ci dans le monde entier. En vue d'atteindre cet objectif, le Conseil invite les États où la peine de mort existe encore à décréter un moratoire et il insiste sur le respect de normes minimales. Il encourage aussi les États à adhérer aux instruments juridiques internationaux qui interdisent la peine capitale.

2. Conformément à ces lignes directrices, l'UE a pris l'initiative de présenter, pour la première fois conjointement, lors de la 55 e session de la Commission des droits de l'homme des Nations Unies (1999) le projet de résolution sur la peine de mort qui avait été jusqu'à maintenant présenté par l'Italie. Cette initiative a rencontré un très grand succès. Outre le fait que des termes plus fermes que dans les résolutions antérieures aient été utilisés, ce projet de résolution a aussi été coparrainé par un plus grands nombre d'États - 72 contre 65 en 1998. L'UE a également pris l'initiative d'organiser, en marge de la Commission des droits de l'homme, un groupe de discussion sur la peine de mort auquel des représentants des ONG et des gouvernements de différents pays ont participé.

3. Compte tenu du succès remporté par le projet de résolution sur la peine de mort lors de la 55 e session de la Commission des droits de l'homme des Nations Unies, l'UE a également présenté pour la première fois, dans le cadre de l'Assemblée Générale des Nations Unies (54 e session) qui a eu lieu cette année, un projet de résolution sur la peine de mort. Cette résolution demande aux États où la peine de mort existe encore de décréter, notamment, un moratoire sur les exécutions capitales, l'objectif étant d'abolir complètement la peine de mort. Le Conseil est convaincu que cette initiative de l'UE renforcera la tendance internationale en faveur de l'abolition de la peine capitale.

4. Outre les initiatives générales prises dans un cadre multilatéral ou bilatéral, l'Union européenne entreprend, à certaines occasions, des démarches spécifiques concernant des cas individuels. Les cas où des normes minimales en matière de droits de l'homme ne sont pas respectées préoccupent particulièrement l'Union européenne. Par exemple, la peine de mort ne devrait, en tout cas, jamais être infligée aux personnes âgées de moins de dix-huit ans au moment où elles commettent un crime, aux femmes enceintes, aux mères de famille et aux personnes qui ont perdu leurs facultés mentales. L'Union européenne attache aussi une grande importance au respect de normes offrant des garanties juridiques minimales, telles que l'existence de preuves claires et convaincantes, la compétence du tribunal, le respect strict des procédures ainsi qu'une assistance judiciaire appropriée.

5. S'agissant du cas de M. Joaquín José Martínez, l'Union européenne sera particulièrement attentive à la décision de la cour suprême de Floride concernant le recours qu'il a introduit et réagira à la lumière des principes énoncés plus haut.

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(2000/C 27 E/102) QUESTION ÉCRITE E-1469/99 posée par Lucio Manisco (GUE/NGL) à la Commission
(1 er septembre 1999)

Objet: Condamnation à mort du leader kurde Öçalan

À la suite d'un simulacre de procès, le leader kurde Öçalan a été condamné à mort:

1. La Commission n'estime-t-elle pas qu'il est de son devoir d'intervenir de toute urgence auprès du gouvernement d'Ankara afin que celui-ci plaide au niveau parlementaire en faveur de l'immédiate commutation de la peine capitale en peine de détention?

2. Ne doit-elle pas, à son avis, constater officiellement que cette condamnation à mort constitue une énième violation des droits de l'homme et des principes fondamentaux du
droit international de la part du gouvernement turc?

3. N'estime-t-elle pas dès lors qu'il est nécessaire entre-temps:

a) de suspendre tout accord commercial préférentiel (accords douaniers et autres) entre l'Union européenne et la Turquie,
b) de suspendre les négociations en cours au sujet de l'adhésion de ce pays à l'Union,
c) d'interdire le commerce d'armes des États membres de l'Union avec ce pays?

Réponse donnée par M. van den Broek au nom de la Commission

(16 septembre 1999)

La condamnation à mort du leader du parti des travailleurs de Kurdistan (PKK) Abdullah Öçalan le 29 juin 1999 par la Cour de Sûreté d'État d'Ankara a fait l'objet de multiples réactions dans l'Union, notamment de la part de la Présidence invitant la Turquie à ne pas exécuter la sentence.


La Commission s'est également exprimée dans ce sens par la voix de membre de la Commission responsable qui a demandé que les autorité turques prennent en compte l'opposition de l'Union à la peine de mort.


Il est important de rappeler que la peine capitale n'a jamais été appliquée depuis 1984 en Turquie. Un projet de loi sur le Code Pénal, actuellement examiné par le Parlement turc, prévoit en outre l'abolition de cette peine. Il est clair que l'exécution de la sentence contre M. Öçalan annulerait tous les efforts de la Turquie visant à éliminer définitivement la peine de mort.


La Commission ne considère pas qu'il faille à ce stade examiner la possibilité de mesures de rétorsion contre la Turquie comme le suggère l'Honorable Parlementaire. Elle suit avec attention la suite qui sera donnée à la décision de la Cour de Sûreté d'État et affirme que les instances turques concernées prendront en compte la position de l'Union.


La Turquie fait partie du processus d'élargissement et est depuis le Conseil européen de Cardiff de juin 1998 soumise à un rapport régulier annuel sur ses progrès vers l'adhésion.
La Commission présentera son prochain rapport avant la fin de l'année et tiendra dûment compte des évolutions relatives au cas Öçalan.

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(2000/C 27 E/101) QUESTION ÉCRITE E-1468/99 posée par Lucio Manisco (GUE/NGL) au Conseil
(1 er septembre 1999)


Objet: Condamnation à mort du leader kurde Öçalan


À la suite d'un simulacre de procès, le leader kurde Öçalan a été condamné à mort:


1. Le Conseil n'estime-t-il pas qu'il est de son devoir d'intervenir de toute urgence auprès du gouvernement d'Ankara afin que celui-ci plaide au niveau parlementaire en faveur de l'immédiate commutation de la peine capitale en peine de détention?

2. Ne doit-il pas, à son avis, constater officiellement que cette condamnation à mort constitue une énième violation des droits de l'homme et des principes fondamentaux du droit international de la part du gouvernement turc,?

3. N'estime-t-il pas dès lors qu'il est nécessaire entre-temps:

a) de suspendre tout accord commercial préférentiel (accords douaniers et autres) entre l'Union européenne et la Turquie,
b) de suspendre les nségociations en cours au sujet de l'adhésion de ce pays à l'Union,
c) d'interdire le commerce d'armes des États membres de l'Union avec ce pays?

Réponse

(8 novembre 1999)

En ce qui concerne la condamnation à mort de M. Abdullah Öçalan par la Cour de sûreté de l'État à Ankara le 29 juin 1999, la présidence de l'Union européenne a répété aux autorités turques, et elle continuera de le faire, la position bien connue de l'Union sur la peine capitale, dont elle fait une question de principe, indépendamment de la personnalité du prévenu et du délit dont il est déclaré coupable.
L'Union a également répété qu'elle condamnait toutes les formes de terrorisme.


Le Conseil note que la Cour suprême s'est réunie le 7 octobre pour examiner le recours de M. Ocalan et qu'elle a ajourné ses débats au 21 octobre. Le Conseil souligne le fait que la loi turque prévoit que la sentence peut être réexaminée en appel par la Cour suprême et qu'il appartient à la Grande assemblée nationale turque de décider de confirmer ou non toute sentence de mort prononcée par un tribunal turc.


Néanmoins, le Conseil continue de faire savoir au gouvernement turc qu'il espère que la Turquie suivra la pratique constante des quinze dernières années et n'exécutera pas la peine de mort prononcée contre M. Öçalan. Compte tenu de l'intention déclarée de la Turquie de devenir membre de l'UE, il a été souligné que la non-application de la peine capitale faisait partie des valeurs communes et donc de l'acquit de l'Union européenne.


Le Conseil n'estime pas que toute forme de suspension de la coopération avec la Turquie aiderait l'Union à tenir la Turquie informée de sa position y compris sur le cas Öçalan. Au contraire, le Conseil considère comme un signe encourageant l'amélioration récente de l'atmosphère prévalant dans la coopération entre l'UE et la Turquie, à la suite des tremblements de terre intervenus en Turquie et en Grèce, ainsi que l'évolution des relations bilatérales entre la Grèce et la Turquie, et il est convaincu que le dialogue avec la Turquie, qui portera sur l'ensemble des dossiers, est la seule voie à suivre pour amener la Turquie à se rapprocher des valeurs et objectifs de l'Union européenne. À cet égard, le Conseil souhaite souligner l'importance qu'il a attachée à la participation de M. Cem, ministre des affaires étrangères, au déjeuner du Conseil «Affaires générales» du 13 septembre 1999.

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Consultez également

 

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- Sophie Fotiadi - la peine de Mort dans le monde

http://www.peinedemort.org/International/Acteurs/UE/questions.php