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RDC: peine capitale pour un ancien chef milicien du Katanga

dépêche de presse du 6 mars 2009 - Agence mondiale d'information - AFP
peine de mort / République démocratique du Congo
KIPUSHI, RDC (AFP) — Un ex-chef milicien Maï-Maï, le "Commandant Gédéon", sévissant au Katanga (sud-est de la RD Congo) a été condamné à la peine de mort pour "crimes de guerre, crimes contre l'humanité, mouvement insurrectionnel et terrorisme", a-t-on appris vendredi de source judiciaire.

Selon l'acte d'accusation, Kyungu Mutanga, alias Gédéon, était poursuivi par le tribunal militaire de Kipushi, à 30 km au sud-est de Lubumbashi, capitale du Katanga, pour ces crimes commis dans les territoires katangais de Mitwaba, Pweto et Manono entre 2003 et 2006.

Son épouse, ainsi qu'un de ses six co-accusés, Kasereka, ont été condamnés respectivement à sept et dix ans de prison ferme. Cinq prévenus ont été acquittés faute de preuve par le tribunal présidé par le capitaine Keli Ndenga.

Principal chef d'une milice d'auto-défense Maï-Maï, Gédéon s'était rendu en mai 2006 à la Mission de l'ONU (Monuc) à Mitwaba, avant d'être transféré à Lubumbashi.

Traqué depuis novembre 2005 par l'armée congolaise qui avait engagé plus de 3.000 hommes dans le nord du Katanga, Kyungu Mutanga était accusé de nombreux crimes contre les populations civiles.

Les combattants Maï-Maï, initialement regroupés au sein de milices locales d'auto-défense, ont été armés et équipés par Laurent-Désiré Kabila, père de l'actuel président congolais, pendant les dernières guerres sur le sol congolais. Ils ont d'abord été sollicités pour l'aider dans sa conquête du pouvoir (1996-97) contre le Maréchal Mobutu Sese Seko, puis pour barrer la route aux troupes rebelles soutenues par le Rwanda (1998-2003).

Après la fin de la dernière guerre en 2003, plusieurs chefs Maï-Maï, dont Gédéon, avaient estimé n'avoir jamais été récompensés correctement de leur engagement patriotique et avaient refusé de rendre les armes.

En raison de son soutien armé et financier aux milices Maï-Maï jusqu'en 2003, l'Etat congolais a été condamné par le tribunal militaire de Kipushi à payer à l'ensemble de 75 familles de victimes 17 millions de dollars.

L'Etat-major de l'armée congolaise a cependant toujours nié avoir des relations avec des chefs Maï-Maï du Katanga, comme du Kivu.

Les avocats du chef milicien Gédéon et ceux de l'Etat congolais ont interjeté appel, a précisé la source judiciaire.
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