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Irak: Amnesty contre l'exécution de cinq dignitaires de l'ancien régime

dépêche de presse du 19 juillet 2011 - Agence mondiale d'information - AFP
Pays :
peine de mort / Irak
BAGDAD - Amnesty International a demandé mardi au gouvernement irakien de ne pas exécuter cinq hauts dignitaires de l'ancien régime, dont deux demi-frères de Saddam Hussein, qui lui ont été remis la semaine dernière par les forces américaines.

S'il relève de la responsabilité des autorités irakiennes de traduire en justice les auteurs de crimes contre les droits de l'homme à l'époque de Saddam Hussein, elles ne doivent jamais faire usage de la peine de mort, affirme dans un communiqué publié sur le site de l'organisation Malcolm Smart, directeur pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord d'Amnesty International.

Selon lui, cette peine est une violation du droit à la vie et la punition la plus cruelle, inhumaine et dégradante.

Il s'agit de Watbane Ibrahim Hassan et de Sabaoui Ibrahim al-Tikriti, deux demi-frères de l'ancien président Saddam Hussein, ainsi que de l'ex-ministre de la Défense Sultan Hachem Ahmad, de l'ex-général Hussein Rachid al-Tikriti et d'Aziz Saleh Noumane, un ex-dirigeant du parti unique Baas, tous condamnés à mort dans différents procès devant la Haute cour criminelle irakienne.

Ils doivent être exécutés dans un mois si le Conseil présidentiel ratifie la sentence, a expliqué la semaine dernière le porte-parole du ministère de la Justice Haïdar al-Saadi. En vertu du code de procédure pénale, il revient en effet au Conseil présidentiel d'avaliser ces sentences pour qu'elles deviennent exécutoires.

Ces personnes ne doivent pas être exécutées. Les autorités irakiennes doivent commuer ces peines de mort et les autres peines capitales et déclarer immédiatement un moratoire sur les exécutions, ajouté M. Smart.

Amnesty International rappelle qu'elle s'est interrogée sur l'équité des procès devant cette cour établie pour juger Saddam Hussein et d'autres responsables de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Le tribunal a en effet été l'objet d'interférences politiques répétées qui ont miné son indépendance, souligne cette organisation.

Par ailleurs, le vice-président irakien Tarek al-Hachemi a clairement laissé entendre mardi que deux des cinq dignitaires de l'ancien régime condamnés à mort ne seraient pas exécutés.

Je peux rassurer les familles de l'ex-ministre de la Défense Sultan Hachem Ahmad et l'ancien chef d'état-major Hussein Rachid, qu'il n'y pas de changement dans la position concernant l'exécution des sentences contre eux , a-t-il indiqué dans un communiqué.

Il a précisé que cette question avait été discutée mardi au sein du Conseil présidentiel. Cette instance comprend le chef de l'Etat Jalal Talabani, le sunnite Tarek al-Hachemi et le chiite Khodeir al-Kouzaï.

La position prise par l'ancien Conseil présidentiel n'a pas changé à ce sujet, a-t-il ajouté. L'ancien Conseil présidentiel avait été en place de 2006 à début 2011. Ils considéraient que les deux hommes étaient des militaires ayant suivi les ordres et non des chefs du parti Baas.
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