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Boisvenu et la peine de mort: des propos "inappropriés"

dépêche de presse du 1 février 2012 - Presse Canadienne
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Ottawa - Bien qu'il se dise en principe contre la peine de mort, le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu croit que les meurtriers qui peuplent les prisons devraient avoir les moyens de mettre fin à leurs jours. Le sénateur a par ailleurs dû multiplier les entrevues par la suite pour tenter de réparer les pots cassés, admettant notamment à la radio 98,5 que ses commentaires étaient «inappropriés».

«Moi, je dis toujours, dans le fond, il faudrait que chaque assassin (ait) le droit à sa corde dans sa cellule. Il décidera de sa vie», a-t-il lancé lors d'un point de presse impromptu, mercredi matin, à l'entrée de la réunion de son caucus.

Ces propos ont créé une onde de choc à Ottawa, d'autant qu'ils ont été prononcés à quelques jours du lancement de la semaine québécoise de prévention du suicide.

Tout en se disant contre la peine de mort, par principe, le sénateur Boisvenu a dit que la chose devrait être reconsidérée pour certains cas, quand il n'y a aucune possibilité de réhabilitation.

«Dans des cas aussi horribles que (Clifford) Olson, est-ce qu'on peut avoir une réflexion à ce niveau-là? Des gens sur lesquels il n'y a aucune possibilité de réhabilitation, des gens qui ont assassiné des dizaines de femmes? Je n'ai pas beaucoup de pitié pour ça», a tranché le sénateur.

Il a avancé que la peine de mort dans ces cas-là serait alors désirable pour des raisons économiques. Il a souligné, par exemple, que les trois membres de la famille Shafia, reconnus coupables de meurtre cette semaine, coûteront 10 millions $ à l'État canadien.

«Dans certaines circonstances, je pense qu'on pourrait rouvrir le débat», a-t-il résumé, bien qu'il soit le premier à admettre que le premier ministre Stephen Harper a promis que ce débat ne serait pas rouvert, pas plus que celui sur l'avortement.

Les partis d'opposition n'ont pas mis de temps à condamner les commentaires du sénateur.

«Dans le fond, ce qu'il fait comme promotion, c'est: "hé! suicidez-vous, et puis vous allez nous sauver bien des sous, bien des millions de dollars"», a dit la néo-démocrate Françoise Boivin.

L'incitation au suicide est par ailleurs criminelle, a rappelé le chef libéral intérimaire Bob Rae. «C'est contre la loi. Il suggère quelque chose qui est franchement criminel», a-t-il fait valoir.

Il pense que le premier ministre Stephen Harper devrait en conséquence lui retirer le droit de siéger sur le comité sénatorial qui se penche sur la projet de loi C-10 durcissant la justice criminelle.

«C'est difficile pour moi de voir comment quelqu'un peut rester dans sa place, ayant fait un tel commentaire sur le système de justice. Ça montre un manque de compréhension de notre système», a-t-il souligné.

Deux suicides fort médiatisés ont eu lieu dans les prisons au cours des dernières semaines au Québec. Paul Laplante, accusé du meurtre de sa femme disparue en 2008, a mis fin à ses jours. Kathrine Dufresne, accusée d'avoir tué sa fille adoptive de 7 ans, s'est par ailleurs pendue au centre de détention de Hull au début du mois de janvier.
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Données techniques

ID6008
Type de document (code)depeche
TitreBoisvenu et la peine de mort: des propos "inappropriés"
Description(non défini)
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Date de publication1 février 2012
Date d'entrée en vigueur(non défini)
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OrganisationsPresse Canadienne (auteur)
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Mots-clefsvolonté de rétablissement
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