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La peine de mort contre Moussa Traoré commuée en détention à perpétuité

dépêche de presse du 22 septembre 1999 - Agence mondiale d'information - AFP
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BAMAKO - La peine de mort prononcé en janvier contre l'ex-dictateur malien Moussa Traoré, son épouse Mariane et son beau-frère Abraham Douah Cissoko pour "crimes économiques" a été commuée en détention à perpétuité.

Cette décision a été prise par le président malien Alpha Oumar Konaré à l'occasion du 39-ème anniversaire de l'indépendance du Mali, selon un décret publié mardi soir à Bamako.

L'ancien chef de l'Etat malien, qui a dirigé d'une main de fer le pays pendant 23 ans avant d'être renversé par un coup d'Etat militaire, échappe ainsi pour la deuxième fois à la peine capitale.

Il avait été condamné à mort une première fois en 1993 pour "crimes de sang" suite à la répression des émeutes qui avaient entrainé sa chute et qui avaient fait plus d'une centaine de morts parmi les manifestants pro-démocratiques, des jeunes élèves et étudiants pour la plupart.

Cette première peine de mort prononcée contre le dictateur avait été commuée en détention à perpétuité en décembre 1997 par le président Konaré qui s'est toujours déclaré hostile à la peine capitale.

Le deuxième procès pour "crimes économiques" avait soulevé moins de passion que le précédent. Il s'est déroulé devant la Cour d'assise de Bamako dans un contexte politique tendu en raison de la contestation par l'opposition radicale malienne des élections présidentielle et législatives.

Après de folles rumeurs qui établissaient la fortune illicite de l'ex-couple présidentiel à plus de 2 milliards de francs CFA (20 millions FF), les juges n'avaient retenu que le détournement de 300 millions de frans CFA (3 millions FF). Suffisant toutefois, selon la loi malienne, pour condamner Moussa Traoré, son épouse et son beau-frère à la peine de mort.

La commutation de cette peine à l'occasion de la fête de l'indépendance du Mali est interprétée comme la volonté du chef de l'Etat malien de promouvoir la réconciliation et de fermer la parenthèse de 23 années de dictature de Moussa Traoré.

Le président Konaré a toujours souhaité que "Moussa Traoré et ses amis vivent le plus longtemps possible pour qu'ils voient la démocratie fleurir au Mali".

Moussa Traoré, qui aura 63 ans le 23 septembre, était arrivé au pouvoir en novembre 1968 à la faveur d'un coup d'Etat contre Modibo Keïta au pouvoir depuis l'indépendance en 1960.

A la tête du pays, le jeune lieutenant d'alors a progressivement instauré un régime dictatorial ayant pour base un parti unique dont il est le leader. Ses compagnons d'armes les plus en vue sont éliminés et toute velléité de manifestation des élèves et étudiants est sévérement réprimée.

Moussa Traoré, devenu général en 1978, est resté sourd aux revendications de son opposition politique en faveur du multpartisme jusqu'à son renversement en mars 1991 par les militaires qu'il avait envoyé réprimer des manifestants pro-démocratiques.

Ces militaires dirigés par Amadou Toumani Touré devaient ensuite céder le pouvoir aux civils après avoir organisé les premières élections libres du pays, qui porteront au pouvoir Alpha Oumar Konaré.
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Données techniques

ID725
Type de document (code)depeche
TitreLa peine de mort contre Moussa Traoré commuée en détention à perpétuité
Description(non défini)
Référence(non défini)
Date de publication22 septembre 1999
Date d'entrée en vigueur(non défini)
Zone de publication officielle(non défini)
Documents parentsCondamnations à mort commuées au Mali
OrganisationsAgence mondiale d'information - AFP (auteur)
Condamnés
Mots-clefscommutation de peine
ZonegéosMali