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Deux condamnés à mort pendus vendredi au Japon

dépêche de presse du 18 décembre 2015 - Agence mondiale d'information - AFP
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Tokyo - Deux condamnés à mort ont été pendus vendredi matin au Japon, dont pour la première fois un homme jugé par une cour comprenant des citoyens jurés aux côtés de magistrats professionnels, a annoncé le gouvernement.

Les deux meurtriers ont été pendus vendredi à l'aube, sans avertissement préalable, sur approbation du ministre de la Justice, Mitsuhide Iwaki.

Sumitoshi Tsuda, exécuté à l'âgé de 63 ans, avait tué trois personnes à Kawasaki, banlieue de Tokyo, en mai 2009, a précisé un responsable du ministère de la Justice. Il avait reçu un verdict de peine capitale par un jury en partie composé de jurés populaires.

Jusqu'à ce vendredi, aucune des 26 personnes condamnées à mort par une cour de ce type n'avait été conduite au gibet.

Kazuyuki Wakabayashi, 38 ans, avait tué deux personnes dont une femme de 52 ans dans la préfecture d'Iwate (nord-est). Il avait été condamné par une cour de magistrats professionnels, avant la mise en place des jurys populaires pour les procès criminels en 2009.

La pendaison des deux hommes porte à 14 le nombre total de condamnés à la peine capitale exécutés (en 8 sessions au total) depuis le retour au pouvoir fin 2012 du Premier ministre de droite Shinzo Abe. Il est fréquent que plusieurs exécutions aient lieu en fin d'année dans l'archipel, sur proposition des fonctionnaires qui cherchent à diminuer le nombre de personnes enfermées dans les couloirs de la mort avant de clore l'année.

L'Union européenne a protesté vendredi contre ces exécutions. L'UE a invariablement et régulièrement appelé les autorités japonaises à adopter un moratoire sur les exécutions, a rappelé dans un communiqué la porte-parole de la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

L'Union européenne a une position fondée sur des principes forts contre la peine de mort et est opposée à son usage quelles que soient les circonstances. La peine de mort est cruelle et inhumaine et n'a jamais fait montre d'un quelconque effet dissuasif contre les crimes. Nous continuerons à agir pour son abolition à travers le monde, poursuit le communiqué.

Les exécutions de vendredi sont les premières depuis l'entrée au gouvernement de M. Iwaki en octobre dernier. La précédente remonte au mois de juin. Le rythme des exécutions au Japon est très variable en fonction de l'opinion du ministre de la Justice en poste, car la signature de ce dernier est requise avant de passer à l'acte.

C'est ainsi que, malgré un large soutien de la population à la peine capitale, le pays n'avait exécuté personne en 2011, une première pour une année pleine en près de 20 ans, du fait du refus des ministres de la Justice de centre gauche qui s'étaient succédé cette année-là. Mais en mars 2012, les exécutions avaient repris avec la pendaison de trois meurtriers récidivistes.

Depuis la réforme de la justice de 2009, des jurys mixtes existent pour les affaires criminelles. Ils sont composés de trois magistrats professionnels et de six citoyens ordinaires, sélectionnés au hasard sur les listes électorales. Ils sont chargés de déterminer la culpabilité et la peine des accusés pour les crimes les plus graves. Auparavant, les verdicts relevaient d'un collège de trois juges.

Le Japon et les Etats-Unis sont les seules démocraties industrialisées à appliquer la peine capitale, une pratique en permanence dénoncée par les associations internationales de défense des droits de l'Homme.
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Données techniques

ID8658
Type de document (code)depeche
TitreDeux condamnés à mort pendus vendredi au Japon
Description(non défini)
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Date de publication18 décembre 2015
Date d'entrée en vigueur(non défini)
Zone de publication officielle(non défini)
Documents parents
OrganisationsAgence mondiale d'information - AFP (auteur), Union européenne
Condamnés
Mots-clefsexécution + procédure + réactions internationales
ZonegéosJapon