La peine de mort dans le monde — Jones http://www.peinedemort.org/rss/condamne?id=1477 Jones : tous les documents concernant la peine de mort. fr Sophie Fotiadi <sophie.fotiadi@peinedemort.org>, 2017 Tue, 21 Nov 2017 20:27:17 +0100 Sun, 30 Apr 2017 10:46:35 +0200 120 Etats-Unis : l'ONU profondément troublée par les récentes exécutions dans l'Etat de l'Arkansas http://www.peinedemort.org/document/9431 28 avril 2017 – Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) s'est dit profondément troublé par l'exécution de quatre hommes en l'espace de huit jours par l'Etat de l'Arkansas, aux Etats-Unis, après un moratoire de facto de 12 ans sur l'application de la peine de mort. Kenneth Williams était le dernier prisonnier à avoir été exécuté par injection létale. Sa mort a été prononcée jeudi, juste après 11 heures, heure locale. Les trois autres prisonniers récemment exécutés sont Ledell Lee (20 avril), Marcel Williams (24 avril) et Jack Jones (24 avril). « Nous nous félicitons du fait que les exécutions de quatre autres hommes en Arkansas aient été suspendues mais nous sommes vivement préoccupés par le fait que la peine de mort ait été appliquée dans ces quatre cas », a déclaré une porte-parole du HCDH, Elizabeth Throssell, lors d'un point de presse, vendredi, à Genève. L'expiration le 30 avril des stocks de midazolam - l'un des médicaments utilisés dans les injections mortelles – et le manque de clarté concernant l'obtention d'autres stocks sont les raisons invoquées par le gouverneur de l'Arkansas pour avoir procédé aux exécutions. « Un tel argument a conduit à l'accélération de l'organisation des exécutions de ces hommes de manière arbitraire, la date d'expiration d'un médicament étant un facteur déterminant », a déploré Mme Throssell. « Accélérer les exécutions peut nier aux prisonniers la possibilité d'exercer pleinement leurs droits de recours contre leur condamnation et/ou leur peine et peuvent également amener les États à raccourcir leurs procédures de clémence, ce qui affecte les droits des détenus », a précisé la porte-parole. L'utilisation du médicament sédatif midazolam dans le protocole d'injection létale a été critiquée pour le fait qu'il n'empêche pas les gens de souffrir. Au cours des trois dernières années, des exécutions ratées ont été reportées en raison de l'utilisation de ce médicament dans plusieurs cas, y compris dans les Etats américains de l'Alabama, de l'Oklahoma et de l'Ohio. Les exécutions dans l'Etat de l'Arkansas ont eu lieu dans un contexte de baisse régulière des condamnations à mort aux États-Unis, passant de 52 en 2009 à 20 en 2016. Dix exécutions ont été menées depuis le début de l'année. « L'ONU s'oppose à la peine de mort en toutes circonstances et nous appelons tous les gouvernements qui la maintiennent à établir un moratoire officiel sur toutes les exécutions dans le but d'abolir la peine de mort », a rappelé Mme Throssell.
Kenneth Williams était le dernier prisonnier à avoir été exécuté par injection létale. Sa mort a été prononcée jeudi, juste après 11 heures, heure locale. Les trois autres prisonniers récemment exécutés sont Ledell Lee (20 avril), Marcel Williams (24 avril) et Jack Jones (24 avril).

« Nous nous félicitons du fait que les exécutions de quatre autres hommes en Arkansas aient été suspendues mais nous sommes vivement préoccupés par le fait que la peine de mort ait été appliquée dans ces quatre cas », a déclaré une porte-parole du HCDH, Elizabeth Throssell, lors d'un point de presse, vendredi, à Genève.

L'expiration le 30 avril des stocks de midazolam - l'un des médicaments utilisés dans les injections mortelles – et le manque de clarté concernant l'obtention d'autres stocks sont les raisons invoquées par le gouverneur de l'Arkansas pour avoir procédé aux exécutions.

« Un tel argument a conduit à l'accélération de l'organisation des exécutions de ces hommes de manière arbitraire, la date d'expiration d'un médicament étant un facteur déterminant », a déploré Mme Throssell. « Accélérer les exécutions peut nier aux prisonniers la possibilité d'exercer pleinement leurs droits de recours contre leur condamnation et/ou leur peine et peuvent également amener les États à raccourcir leurs procédures de clémence, ce qui affecte les droits des détenus », a précisé la porte-parole.

L'utilisation du médicament sédatif midazolam dans le protocole d'injection létale a été critiquée pour le fait qu'il n'empêche pas les gens de souffrir. Au cours des trois dernières années, des exécutions ratées ont été reportées en raison de l'utilisation de ce médicament dans plusieurs cas, y compris dans les Etats américains de l'Alabama, de l'Oklahoma et de l'Ohio.

Les exécutions dans l'Etat de l'Arkansas ont eu lieu dans un contexte de baisse régulière des condamnations à mort aux États-Unis, passant de 52 en 2009 à 20 en 2016. Dix exécutions ont été menées depuis le début de l'année.

« L'ONU s'oppose à la peine de mort en toutes circonstances et nous appelons tous les gouvernements qui la maintiennent à établir un moratoire officiel sur toutes les exécutions dans le but d'abolir la peine de mort », a rappelé Mme Throssell.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9431 Fri, 28 Apr 2017 00:00:00 +0200 Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU
Point presse sur les exécutions dans l'Arkansas http://www.peinedemort.org/document/9466 Porte-parole du Haut-Commissaire aux droits de l'homme des Nations Unies: Elizabeth Throssell Lieu: Genève Date: 28 avril 2017 Exécutions dans l'Arkansas Nous sommes profondément troublés par les quatre exécutions qui ont eu lieu dans l'Arkansas en l'espace de huit jours, après un moratoire de fait de 12 ans sur l'application de la peine de mort dans cet État américain. Le dernier prisonnier à être exécuté par injection létale a été Kenneth Williams, déclaré mort juste après 23h00 heure locale jeudi. Ledell Lee a été exécuté le 20 avril, Jack Jones et Marcel Williams le 24 avril. Nous nous félicitons de la suspension de l'exécution de quatre autres personnes dans l'Arkansas, pour le moment, mais nous sommes vivement préoccupés par le fait que la peine de mort ait été imposée dans ces quatre cas. L'argument avancé ici par le gouverneur de l'Arkansas était la péremption prochaine, le 30 avril, de l'un des produits utilisés dans les injections létales d'une substance utilisée dans les injections létales, le midazolam, et l'État ne savait pas s'il pourrait se fournir à nouveau. Un tel argument a conduit à l'accélération de l'ordonnancement des exécutions de ces hommes de manière arbitraire, la date d'expiration d'un médicament étant un facteur déterminant. Ces exécutions «à la chaîne» peuvent priver les prisonniers d'exercer pleinement leurs droits de recours contre leur condamnation et/ou leur peine. Elles peuvent également amener les États à raccourcir leurs processus de clémence, ce qui affecte les droits des détenus. Le midazolam est accusé d'avoir un effet anesthésiant parfois insuffisant, ce qui peut provoquer des souffrances. Au cours des trois dernières années, des exécutions ratées ont été rapportées dans plusieurs cas sur l'utilisation de ce médicament, notamment en Alabama, en Oklahoma et dans l'Ohio. Les exécutions en Arkansas ont eu lieu au moment où l'on constate un déclin de l'application de la peine de mort aux États-Unis, passées de 52 cas en 2009 à 20 en 2016. 10 exécutions ont eu lieu jusqu'ici cette année. Les services du Haut-Commissaire Zeid ont rappelé que l'ONU s'oppose fermement à la peine de mort en toutes circonstances et ils ont à nouveau sollicité un moratoire sur les exécutions en vue de l'abolition de la peine capitale. Lieu: Genève
Date: 28 avril 2017

Exécutions dans l'Arkansas

Nous sommes profondément troublés par les quatre exécutions qui ont eu lieu dans l'Arkansas en l'espace de huit jours, après un moratoire de fait de 12 ans sur l'application de la peine de mort dans cet État américain.

Le dernier prisonnier à être exécuté par injection létale a été Kenneth Williams, déclaré mort juste après 23h00 heure locale jeudi. Ledell Lee a été exécuté le 20 avril, Jack Jones et Marcel Williams le 24 avril.

Nous nous félicitons de la suspension de l'exécution de quatre autres personnes dans l'Arkansas, pour le moment, mais nous sommes vivement préoccupés par le fait que la peine de mort ait été imposée dans ces quatre cas. L'argument avancé ici par le gouverneur de l'Arkansas était la péremption prochaine, le 30 avril, de l'un des produits utilisés dans les injections létales d'une substance utilisée dans les injections létales, le midazolam, et l'État ne savait pas s'il pourrait se fournir à nouveau.

Un tel argument a conduit à l'accélération de l'ordonnancement des exécutions de ces hommes de manière arbitraire, la date d'expiration d'un médicament étant un facteur déterminant. Ces exécutions «à la chaîne» peuvent priver les prisonniers d'exercer pleinement leurs droits de recours contre leur condamnation et/ou leur peine. Elles peuvent également amener les États à raccourcir leurs processus de clémence, ce qui affecte les droits des détenus.

Le midazolam est accusé d'avoir un effet anesthésiant parfois insuffisant, ce qui peut provoquer des souffrances. Au cours des trois dernières années, des exécutions ratées ont été rapportées dans plusieurs cas sur l'utilisation de ce médicament, notamment en Alabama, en Oklahoma et dans l'Ohio.

Les exécutions en Arkansas ont eu lieu au moment où l'on constate un déclin de l'application de la peine de mort aux États-Unis, passées de 52 cas en 2009 à 20 en 2016. 10 exécutions ont eu lieu jusqu'ici cette année.

Les services du Haut-Commissaire Zeid ont rappelé que l'ONU s'oppose fermement à la peine de mort en toutes circonstances et ils ont à nouveau sollicité un moratoire sur les exécutions en vue de l'abolition de la peine capitale.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9466 Fri, 28 Apr 2017 00:00:00 +0200 Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU
Etats-Unis: l'Arkansas a procédé à une double exécution http://www.peinedemort.org/document/9415 L'Arkansas a procédé lundi soir à une double exécution très controversée de deux condamnés à mort, une première aux Etats-Unis depuis 17 ans. Jack Jones et Marcel Williams, condamnés de façon distincte dans les années 1990 pour viol et meurtre, ont chacun reçu une injection létale, a annoncé Leslie Rutledge, la procureure générale de cet Etat du sud du pays. Leurs avocats ont bataillé devant les tribunaux jusqu'aux ultimes minutes, avant de voir leurs derniers recours judiciaires rejetés. Le décès des deux hommes s'inscrit dans un calendrier très controversé d'exécutions accélérées en Arkansas, en raison de la proche péremption d'une substance utilisée dans les injections mortelles. Jones, 52 ans, et Williams, 46 ans, sont les deuxième et troisième détenus mis à mort en avril dans cet Etat qui avait initialement prévu d'exécuter huit prisonniers en 11 jours. Mais ce programme d'exécutions précipitées a été la cible de multiples assignations en justice et d'une mobilisation internationale des opposants à la peine de mort. Cette bataille judiciaire s'est pour l'heure soldée par la suspension de quatre des exécutions prévues, une cinquième ayant été elle pratiquée jeudi. Outre les deux exécutions réalisées ce lundi, une dernière est prévue le 27 avril. Le dernier Etat américain à avoir exécuté deux détenus en un jour est le Texas, le 9 août 2000. Juste après la mort de Jack Jones lundi soir, les avocats de Marcel Williams ont lancé un ultime appel en justice, affirmant que cette première exécution ne s'était pas bien déroulée. Les agents pénitentiaires ont d'abord selon eux échoué à poser un cathéter central au niveau du cou de Jones, étant forcé de se rabattre sur la pose de deux voies veineuses périphériques sur les bras du détenu. - Niveau d'inconscience controversé - Six à sept minutes après l'injection du premier produit censé plonger dans une profonde inconscience le prisonnier, celui-ci "remuait ses lèvres et luttait pour respirer", ont-ils écrit dans leur recours. La juge fédérale Kristine Baker a alors pris une injonction de suspension temporaire de la deuxième exécution prévue, le temps d'examiner la validité de ces arguments. L'Etat a de son côté dénoncé des affirmations "complètement infondées" en assurant que la première exécution s'était déroulée dans les règles. Une fois l'injonction levée, Marcel Williams a été mis à mort tandis que des militants contre la peine capitale tenaient une veillée funèbre à l'extérieur de la prison. L'Arkansas a beau avoir vu naître et servi de tremplin à l'ancien président démocrate Bill Clinton, l'Etat s'est ancré ces dernières années dans le camp républicain. Reste qu'en annonçant fin février son intention de procéder à huit exécutions en onze jours --un rythme inédit dans l'histoire américaine-- le gouverneur conservateur Asa Hutchinson a déclenché une vive polémique. Ce projet d'exécutions "à la chaîne" a été dénoncé par l'Union européenne, Amnesty International, Human Rights Watch ou encore par le maître du roman noir John Grisham, natif de l'Arkansas. - Substance létale critiquée - Les défenseurs des condamnés affirmaient qu'une double exécution ne pouvait qu'engendrer un stress dangereux chez les agents pénitentiaires chargés de l'acte, ceux-ci étant de surcroît non préparés. Avant jeudi, l'Arkansas n'avait procédé à aucune exécution depuis 2005. Les injections létales sont composées de trois produits administrés l'un après l'autre. Celui qui arrive à expiration le 30 avril, le midazolam, est un anxiolytique accusé de ne pas plonger suffisamment dans l'inconscience le condamné, entraînant pour lui un risque de grave douleur. Jack Jones avait violé et tué une femme de 34 ans, Mary Phillips, et quasiment battu à mort sa petite fille. Le mari de la victime, James Phillips, avait confié qu'il ne serait pas perturbé de voir expirer le meurtrier de son épouse. "Cela fait presque 22 ans que j'attends que justice soit rendue. C'est tout ce que je demande", avait-il déclaré à THV11, une chaîne télévisée du réseau CBS. Marcel Williams a lui aussi violé et étranglé une mère de famille, Stacy Errickson, qui était âgée de 22 ans.
Jack Jones et Marcel Williams, condamnés de façon distincte dans les années 1990 pour viol et meurtre, ont chacun reçu une injection létale, a annoncé Leslie Rutledge, la procureure générale de cet Etat du sud du pays.

Leurs avocats ont bataillé devant les tribunaux jusqu'aux ultimes minutes, avant de voir leurs derniers recours judiciaires rejetés.

Le décès des deux hommes s'inscrit dans un calendrier très controversé d'exécutions accélérées en Arkansas, en raison de la proche péremption d'une substance utilisée dans les injections mortelles.

Jones, 52 ans, et Williams, 46 ans, sont les deuxième et troisième détenus mis à mort en avril dans cet Etat qui avait initialement prévu d'exécuter huit prisonniers en 11 jours.

Mais ce programme d'exécutions précipitées a été la cible de multiples assignations en justice et d'une mobilisation internationale des opposants à la peine de mort.

Cette bataille judiciaire s'est pour l'heure soldée par la suspension de quatre des exécutions prévues, une cinquième ayant été elle pratiquée jeudi.

Outre les deux exécutions réalisées ce lundi, une dernière est prévue le 27 avril.

Le dernier Etat américain à avoir exécuté deux détenus en un jour est le Texas, le 9 août 2000.

Juste après la mort de Jack Jones lundi soir, les avocats de Marcel Williams ont lancé un ultime appel en justice, affirmant que cette première exécution ne s'était pas bien déroulée.

Les agents pénitentiaires ont d'abord selon eux échoué à poser un cathéter central au niveau du cou de Jones, étant forcé de se rabattre sur la pose de deux voies veineuses périphériques sur les bras du détenu.

- Niveau d'inconscience controversé -

Six à sept minutes après l'injection du premier produit censé plonger dans une profonde inconscience le prisonnier, celui-ci "remuait ses lèvres et luttait pour respirer", ont-ils écrit dans leur recours.

La juge fédérale Kristine Baker a alors pris une injonction de suspension temporaire de la deuxième exécution prévue, le temps d'examiner la validité de ces arguments.

L'Etat a de son côté dénoncé des affirmations "complètement infondées" en assurant que la première exécution s'était déroulée dans les règles.

Une fois l'injonction levée, Marcel Williams a été mis à mort tandis que des militants contre la peine capitale tenaient une veillée funèbre à l'extérieur de la prison.

L'Arkansas a beau avoir vu naître et servi de tremplin à l'ancien président démocrate Bill Clinton, l'Etat s'est ancré ces dernières années dans le camp républicain.

Reste qu'en annonçant fin février son intention de procéder à huit exécutions en onze jours --un rythme inédit dans l'histoire américaine-- le gouverneur conservateur Asa Hutchinson a déclenché une vive polémique.

Ce projet d'exécutions "à la chaîne" a été dénoncé par l'Union européenne, Amnesty International, Human Rights Watch ou encore par le maître du roman noir John Grisham, natif de l'Arkansas.

- Substance létale critiquée -

Les défenseurs des condamnés affirmaient qu'une double exécution ne pouvait qu'engendrer un stress dangereux chez les agents pénitentiaires chargés de l'acte, ceux-ci étant de surcroît non préparés.

Avant jeudi, l'Arkansas n'avait procédé à aucune exécution depuis 2005.

Les injections létales sont composées de trois produits administrés l'un après l'autre. Celui qui arrive à expiration le 30 avril, le midazolam, est un anxiolytique accusé de ne pas plonger suffisamment dans l'inconscience le condamné, entraînant pour lui un risque de grave douleur.

Jack Jones avait violé et tué une femme de 34 ans, Mary Phillips, et quasiment battu à mort sa petite fille.

Le mari de la victime, James Phillips, avait confié qu'il ne serait pas perturbé de voir expirer le meurtrier de son épouse.

"Cela fait presque 22 ans que j'attends que justice soit rendue. C'est tout ce que je demande", avait-il déclaré à THV11, une chaîne télévisée du réseau CBS.

Marcel Williams a lui aussi violé et étranglé une mère de famille, Stacy Errickson, qui était âgée de 22 ans.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9415 Tue, 25 Apr 2017 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Première double exécution aux États-Unis depuis l'an 2000 http://www.peinedemort.org/document/9422 (Agence France-Presse) Washington - L'Arkansas a procédé lundi soir à une double exécution controversée de deux condamnés à mort, une première aux États-Unis depuis 17 ans. Jack Jones et Marcel Williams, condamnés de façon distincte dans les années 1990 pour viol et meurtre, ont chacun reçu une injection létale, a annoncé Leslie Rutledge, procureure générale de cet État du sud du pays. Leurs avocats ont bataillé jusqu'aux dernières minutes, avant de voir leurs ultimes recours judiciaires rejetés. Le décès des deux hommes s'inscrit dans un calendrier très critiqué d'exécutions accélérées en Arkansas, en raison de la proche péremption d'une substance utilisée dans les injections mortelles. Jones, 52 ans, et Williams, 46 ans, sont les deuxième et troisième détenus mis à mort en avril dans cet État qui avait initialement prévu d'exécuter huit prisonniers en 11 jours. Ce programme d'exécutions précipitées a été la cible de multiples assignations en justice et d'une mobilisation internationale des opposants à la peine de mort. La bataille judiciaire s'est pour l'heure soldée par la suspension de quatre des exécutions prévues, une cinquième ayant elle été pratiquée la semaine dernière. Outre les deux exécutions réalisées lundi, une dernière est prévue jeudi. Le dernier État américain à avoir exécuté deux détenus en un jour était le Texas, le 9 août 2000. Juste après la mort de Jack Jones, les avocats de Marcel Williams ont affirmé que cette première exécution ne s'était pas bien déroulée. Niveau d'inconscience controversé Les agents pénitentiaires ont d'abord selon eux échoué à poser un cathéter central au niveau du cou de Jones, étant forcés de se rabattre sur la pose de deux voies veineuses périphériques dans les bras du détenu. Six à sept minutes après l'injection du premier produit censé plonger dans une profonde inconscience le prisonnier, celui-ci «remuait ses lèvres et luttait pour respirer», ont-ils écrit dans leur recours. La juge fédérale Kristine Baker a alors pris une injonction de suspension temporaire de la deuxième exécution, le temps d'examiner la validité de ces arguments. L'État a de son côté dénoncé des affirmations «complètement infondées». Une fois l'injonction levée, Marcel Williams a été mis à mort tandis que des militants contre la peine capitale tenaient une veillée funèbre à l'extérieur de la prison. L'Arkansas a beau avoir servi de tremplin à l'ancien président démocrate Bill Clinton, l'État s'est ancré ces dernières années dans le camp républicain. Reste qu'en annonçant fin février son intention de procéder à quatre fois deux exécutions à un rythme inédit dans l'histoire américaine, le gouverneur conservateur Asa Hutchinson a déclenché une vive polémique. Ce projet d'exécutions «à la chaîne» a été dénoncé par l'Union européenne, Amnesty International, Human Rights Watch ou encore par le maître du roman noir John Grisham, natif de l'Arkansas. La controverse n'a toutefois pas agité les cercles politiques à Washington ni pris de l'ampleur, la question de la peine de mort relevant des États sans véritablement susciter de débat national. Plus largement, un moratoire ou une abolition de la peine capitale en Amérique n'est pas d'actualité, la Cour suprême ayant récemment retrouvé une majorité conservatrice. Les exécutions sont malgré tout en déclin, avec une carence des produits servant aux injections mortelles. Substance létale critiquée Les défenseurs des condamnés affirmaient qu'une double exécution ne pouvait qu'engendrer un stress dangereux chez les agents pénitentiaires chargés de l'acte. Avant jeudi, l'Arkansas n'avait procédé à aucune exécution depuis 2005. Les injections létales sont composées de trois produits administrés l'un après l'autre. Celui arrivant à expiration le 30 avril, le midazolam, est un anxiolytique accusé de plonger insuffisamment dans l'inconscience le condamné, entraînant pour lui un risque de grave douleur. Jack Jones avait violé et tué une femme de 34 ans, Mary Phillips, et quasiment battu à mort sa petite fille, Lacey. Le mari de la victime, James Phillips, avait confié qu'il ne serait pas perturbé de voir expirer le meurtrier de son épouse. «Cela fait presque 22 ans que j'attends que justice soit rendue. C'est tout ce que je demande», avait-il déclaré à une chaîne télévisée du réseau CBS. Juste avant de mourir, Jones a remis une lettre manuscrite, incluant la phrase suivante: «Aucun mot ne saurait exprimer complètement mon remords pour la peine que j'ai causée». Marcel Williams a lui aussi violé et étranglé une mère de famille, Stacy Errickson, qui était âgée de 22 ans. Il a refusé de s'exprimer.
Jack Jones et Marcel Williams, condamnés de façon distincte dans les années 1990 pour viol et meurtre, ont chacun reçu une injection létale, a annoncé Leslie Rutledge, procureure générale de cet État du sud du pays.

Leurs avocats ont bataillé jusqu'aux dernières minutes, avant de voir leurs ultimes recours judiciaires rejetés.

Le décès des deux hommes s'inscrit dans un calendrier très critiqué d'exécutions accélérées en Arkansas, en raison de la proche péremption d'une substance utilisée dans les injections mortelles.

Jones, 52 ans, et Williams, 46 ans, sont les deuxième et troisième détenus mis à mort en avril dans cet État qui avait initialement prévu d'exécuter huit prisonniers en 11 jours.

Ce programme d'exécutions précipitées a été la cible de multiples assignations en justice et d'une mobilisation internationale des opposants à la peine de mort.

La bataille judiciaire s'est pour l'heure soldée par la suspension de quatre des exécutions prévues, une cinquième ayant elle été pratiquée la semaine dernière.

Outre les deux exécutions réalisées lundi, une dernière est prévue jeudi.

Le dernier État américain à avoir exécuté deux détenus en un jour était le Texas, le 9 août 2000.

Juste après la mort de Jack Jones, les avocats de Marcel Williams ont affirmé que cette première exécution ne s'était pas bien déroulée.


Niveau d'inconscience controversé

Les agents pénitentiaires ont d'abord selon eux échoué à poser un cathéter central au niveau du cou de Jones, étant forcés de se rabattre sur la pose de deux voies veineuses périphériques dans les bras du détenu.

Six à sept minutes après l'injection du premier produit censé plonger dans une profonde inconscience le prisonnier, celui-ci «remuait ses lèvres et luttait pour respirer», ont-ils écrit dans leur recours.

La juge fédérale Kristine Baker a alors pris une injonction de suspension temporaire de la deuxième exécution, le temps d'examiner la validité de ces arguments. L'État a de son côté dénoncé des affirmations «complètement infondées».

Une fois l'injonction levée, Marcel Williams a été mis à mort tandis que des militants contre la peine capitale tenaient une veillée funèbre à l'extérieur de la prison.

L'Arkansas a beau avoir servi de tremplin à l'ancien président démocrate Bill Clinton, l'État s'est ancré ces dernières années dans le camp républicain.

Reste qu'en annonçant fin février son intention de procéder à quatre fois deux exécutions à un rythme inédit dans l'histoire américaine, le gouverneur conservateur Asa Hutchinson a déclenché une vive polémique.

Ce projet d'exécutions «à la chaîne» a été dénoncé par l'Union européenne, Amnesty International, Human Rights Watch ou encore par le maître du roman noir John Grisham, natif de l'Arkansas.

La controverse n'a toutefois pas agité les cercles politiques à Washington ni pris de l'ampleur, la question de la peine de mort relevant des États sans véritablement susciter de débat national.

Plus largement, un moratoire ou une abolition de la peine capitale en Amérique n'est pas d'actualité, la Cour suprême ayant récemment retrouvé une majorité conservatrice. Les exécutions sont malgré tout en déclin, avec une carence des produits servant aux injections mortelles.


Substance létale critiquée

Les défenseurs des condamnés affirmaient qu'une double exécution ne pouvait qu'engendrer un stress dangereux chez les agents pénitentiaires chargés de l'acte. Avant jeudi, l'Arkansas n'avait procédé à aucune exécution depuis 2005.

Les injections létales sont composées de trois produits administrés l'un après l'autre. Celui arrivant à expiration le 30 avril, le midazolam, est un anxiolytique accusé de plonger insuffisamment dans l'inconscience le condamné, entraînant pour lui un risque de grave douleur.

Jack Jones avait violé et tué une femme de 34 ans, Mary Phillips, et quasiment battu à mort sa petite fille, Lacey. Le mari de la victime, James Phillips, avait confié qu'il ne serait pas perturbé de voir expirer le meurtrier de son épouse.

«Cela fait presque 22 ans que j'attends que justice soit rendue. C'est tout ce que je demande», avait-il déclaré à une chaîne télévisée du réseau CBS.

Juste avant de mourir, Jones a remis une lettre manuscrite, incluant la phrase suivante: «Aucun mot ne saurait exprimer complètement mon remords pour la peine que j'ai causée».

Marcel Williams a lui aussi violé et étranglé une mère de famille, Stacy Errickson, qui était âgée de 22 ans. Il a refusé de s'exprimer.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9422 Tue, 25 Apr 2017 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
L'Arkansas s'apprête à procéder à une double exécution, une première en 17 ans http://www.peinedemort.org/document/9414 (Agence France-Presse) Washington - L'Arkansas se préparait à exécuter lundi deux condamnés à mort, une première aux États-Unis depuis 17 ans qui s'inscrit dans un calendrier très controversé d'exécutions accélérées dans cet État du sud du pays. Si aucun sursis de dernière minute n'est octroyé par un juge, Jack Jones et Marcel Williams deviendront les deuxième et troisième détenus mis à mort en avril en Arkansas, État qui avait initialement prévu d'exécuter huit prisonniers en 11 jours. Le gouverneur républicain de l'Arkansas, Asa Hutchinson, avait justifié ce resserrement chronologique par la péremption à la fin du mois d'une substance utilisée dans les injections létales. Mais son programme d'exécutions précipitées a été la cible de multiples recours judiciaires et d'une mobilisation internationale des opposants à la peine de mort. La bataille devant les tribunaux s'est pour l'heure soldée par la suspension de quatre des exécutions prévues, une cinquième ayant été pratiquée jeudi dernier. Outre celles de ce lundi, une dernière exécution est prévue le 27 avril. Les appels judiciaires se poursuivent jusqu'aux dernières minutes et, pour MM. Jones et Williams, le suspense macabre risque de se prolonger dans la soirée de lundi. Les deux hommes, âgés de 46 et 52 ans, ont chacun été condamnés dans les années 1990 pour un viol suivi d'un meurtre. Jack Jones avait violé et tué Mary Phillips et quasiment battu à mort la petite fille de la femme âgée de 34 ans. Le mari de la victime, James Phillips, a exprimé son intention d'assister à l'exécution, en précisant qu'il ne serait pas perturbé de voir mourir le meurtrier de son épouse. «Cela fait presque 22 ans que j'attends que justice soit rendue. C'est tout ce que je demande», a-t-il déclaré à THV11, une chaîne télévisée du réseau CBS. Marcel Williams a lui aussi violé et étranglé une mère de famille, Stacy Errickson, qui était âgée de 22 ans. Le dernier État américain à avoir exécuté deux détenus en un jour est le Texas, le 9 août 2000. Les défenseurs des condamnés affirment qu'une double exécution ne peut qu'engendrer un stress dangereux chez les agents pénitentiaires chargés de l'acte, ceux-ci étant de surcroît non préparés. Avant jeudi dernier, l'Arkansas n'avait procédé à aucune exécution depuis 2005. Les injections létales sont composées de trois produits administrés l'un après l'autre. Celui qui arrive à expiration le 30 avril, le midazolam, est un anxiolytique accusé de ne pas plonger suffisamment dans l'inconscience le condamné, entraînant pour lui un risque de grave douleur. Les avocats de Jones et Williams affirment que les conditions de santé respectives de leurs clients leur font encourir un danger accru. Jones souffre de diabète, de tension artérielle, de neuropathie et a une jambe amputée sous le genou. Son important traitement médicamenteux pourrait selon son entourage réduire l'efficacité du midazolam et donc le soumettre à des souffrances intolérables. Williams pèse lui environ 200 kilos, ce qui d'après ses défenseurs rend très difficile la pose sur lui du cathéter intraveineux d'injection mortelle.
Si aucun sursis de dernière minute n'est octroyé par un juge, Jack Jones et Marcel Williams deviendront les deuxième et troisième détenus mis à mort en avril en Arkansas, État qui avait initialement prévu d'exécuter huit prisonniers en 11 jours.

Le gouverneur républicain de l'Arkansas, Asa Hutchinson, avait justifié ce resserrement chronologique par la péremption à la fin du mois d'une substance utilisée dans les injections létales.

Mais son programme d'exécutions précipitées a été la cible de multiples recours judiciaires et d'une mobilisation internationale des opposants à la peine de mort.

La bataille devant les tribunaux s'est pour l'heure soldée par la suspension de quatre des exécutions prévues, une cinquième ayant été pratiquée jeudi dernier. Outre celles de ce lundi, une dernière exécution est prévue le 27 avril.

Les appels judiciaires se poursuivent jusqu'aux dernières minutes et, pour MM. Jones et Williams, le suspense macabre risque de se prolonger dans la soirée de lundi.

Les deux hommes, âgés de 46 et 52 ans, ont chacun été condamnés dans les années 1990 pour un viol suivi d'un meurtre.

Jack Jones avait violé et tué Mary Phillips et quasiment battu à mort la petite fille de la femme âgée de 34 ans.

Le mari de la victime, James Phillips, a exprimé son intention d'assister à l'exécution, en précisant qu'il ne serait pas perturbé de voir mourir le meurtrier de son épouse.

«Cela fait presque 22 ans que j'attends que justice soit rendue. C'est tout ce que je demande», a-t-il déclaré à THV11, une chaîne télévisée du réseau CBS.

Marcel Williams a lui aussi violé et étranglé une mère de famille, Stacy Errickson, qui était âgée de 22 ans.

Le dernier État américain à avoir exécuté deux détenus en un jour est le Texas, le 9 août 2000.

Les défenseurs des condamnés affirment qu'une double exécution ne peut qu'engendrer un stress dangereux chez les agents pénitentiaires chargés de l'acte, ceux-ci étant de surcroît non préparés. Avant jeudi dernier, l'Arkansas n'avait procédé à aucune exécution depuis 2005.

Les injections létales sont composées de trois produits administrés l'un après l'autre. Celui qui arrive à expiration le 30 avril, le midazolam, est un anxiolytique accusé de ne pas plonger suffisamment dans l'inconscience le condamné, entraînant pour lui un risque de grave douleur.

Les avocats de Jones et Williams affirment que les conditions de santé respectives de leurs clients leur font encourir un danger accru.

Jones souffre de diabète, de tension artérielle, de neuropathie et a une jambe amputée sous le genou. Son important traitement médicamenteux pourrait selon son entourage réduire l'efficacité du midazolam et donc le soumettre à des souffrances intolérables.

Williams pèse lui environ 200 kilos, ce qui d'après ses défenseurs rend très difficile la pose sur lui du cathéter intraveineux d'injection mortelle.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9414 Mon, 24 Apr 2017 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Double exécution dans l'Arkansas après un sursis de dernière minute http://www.peinedemort.org/document/9416 Jack Jones puis Marcel Williams ont été exécutés dans l'Arkansas, aux Etats-Unis. Marcel Williams a d'abord obtenu une suspension temporaire de son exécution suite à l'appel de ses avocat arguant que la première exécution ne s'était pas déroulée correctement, avant d'être finalement mis à mort. Le gouverneur de l'Arkansas avait programmé quatre "doubles" exécutions les 17, 20, 24 et 27 avril avant la péremption des produits servant à l'injection létale. Un des condamné a été exécuté le 20, et une exécution est toujours prévue le 27 ; les quatre autres condamnés ont obtenu des sursis devant la justice. En août 2000 l'Etat du Texas avait procédé à deux exécutions le même jour. L'Arkansas avait déjà procédé, à plusieurs reprises, à des exécutions multiples le même jour : deux le 11 mai 1994, trois le 3 août 1994, trois le 8 janvier 1997 et deux le 8 septembre 1999. Marcel Williams a d'abord obtenu une suspension temporaire de son exécution suite à l'appel de ses avocat arguant que la première exécution ne s'était pas déroulée correctement, avant d'être finalement mis à mort.

Le gouverneur de l'Arkansas avait programmé quatre "doubles" exécutions les 17, 20, 24 et 27 avril avant la péremption des produits servant à l'injection létale. Un des condamné a été exécuté le 20, et une exécution est toujours prévue le 27 ; les quatre autres condamnés ont obtenu des sursis devant la justice.

En août 2000 l'Etat du Texas avait procédé à deux exécutions le même jour. L'Arkansas avait déjà procédé, à plusieurs reprises, à des exécutions multiples le même jour : deux le 11 mai 1994, trois le 3 août 1994, trois le 8 janvier 1997 et deux le 8 septembre 1999.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9416 Mon, 24 Apr 2017 00:00:00 +0200 Sophie Fotiadi