La peine de mort dans le monde — Dépêches et communiqués — Ohio http://www.peinedemort.org/rss/depeches?zonegeo=249 Toutes les dépêches et les communiqués concernant la peine de mort — Ohio fr Sophie Fotiadi <sophie.fotiadi@peinedemort.org>, 2017 Wed, 22 Nov 2017 15:32:10 +0100 Wed, 15 Nov 2017 21:35:32 +0100 120 Échec de l'exécution d'un condamné gravement malade http://www.peinedemort.org/document/9634 L'État américain de l'Ohio a dû suspendre mercredi sa tentative d'exécuter un condamné gravement malade, les agents pénitentiaires ne parvenant pas à lui trouver une veine suffisamment solide pour supporter la perfusion de substances mortelles. Alva Campbell, 69 ans, devait être mis à mort à 10H00 (15H00 GMT). Le prisonnier avait été condamné à la peine capitale pour le meurtre d'un jeune homme de 18 ans en 1997. Durant de longues minutes, les agents ont tenté de lui poser sur un bras ou une jambe un cathéter veineux afin d'administrer l'injection létale, selon des journalistes locaux témoins de la scène. Ils ont finalement renoncé. «Les tentatives de pose d'une intraveineuse se sont soldées par un échec. Une nouvelle date d'exécution va être fixée», a confirmé à l'AFP JoEllen Smith, la porte-parole des services pénitentiaires de l'État. L'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) de l'Ohio a dénoncé dans un communiqué la séance de «près de deux heures de torture» infligée au prisonnier, qui avait été transporté en fauteuil roulant jusqu'à la salle d'exécution. «Il s'agit de la cinquième exécution ratée en Ohio en quelques années, et c'est la deuxième fois que l'État n'arrive pas à aller jusqu'au terme d'une exécution. Ceci n'est pas la justice et ceci n'est pas humain», a commenté l'organisation de défense des droits et libertés. M. Campbell était tellement diminué sur le plan de la santé qu'il avait été prévu un oreiller médical spécial, de forme biseautée, pour l'aider à respirer... le temps de l'injection létale. Ses avocats avaient demandé, en vain, que son exécution soit suspendue vu sa condition. Leur client, avaient-ils plaidé, souffre d'une grave insuffisance pulmonaire et a besoin de quatre traitements d'assistance respiratoire quotidiens. Il est équipé d'une poche de colostomie, ne peut se déplacer sans déambulateur et a peut-être un cancer des poumons. Mais les autorités de l'Ohio ne considéraient pas cela comme rédhibitoire. «L'état de santé et l'évolution médicale de M. Campbell sont évalués afin de prendre les mesures de protection nécessaires adaptées pour son exécution», avait expliqué mardi à l'AFP Mme Smith. L'exécution avortée de M. Campbell conforte les militants contre la peine de mort, qui dénonçaient un acte «barbare» et avaient appelé le gouverneur de l'Ohio, John Kasich, à épargner la vie du détenu. «John Kasich et les tribunaux auraient dû écouter les avocats d'Alva», a tweeté mercredi Helen Prejean, une religieuse catholique connue pour son combat contre la peine capitale. Soumis à de multiples brimades durant son enfance, élevé par des parents alcooliques et violents, Alva Campbell avait été reconnu coupable d'un premier homicide et avait purgé 20 ans de réclusion. En liberté conditionnelle, il avait été arrêté en 1997 pour un vol accompagné de circonstances aggravantes. De nouveau derrière les barreaux, il avait feint une paralysie pour être accompagné en fauteuil roulant à une audience au tribunal. Il était alors parvenu à s'enfuir après s'être emparé de l'arme d'une agente du shérif. Alva Campbell avait alors braqué la voiture d'un adolescent de 18 ans, Charles Dials, qu'il avait pris en otage puis abattu par balle.
Alva Campbell, 69 ans, devait être mis à mort à 10H00 (15H00 GMT). Le prisonnier avait été condamné à la peine capitale pour le meurtre d'un jeune homme de 18 ans en 1997.

Durant de longues minutes, les agents ont tenté de lui poser sur un bras ou une jambe un cathéter veineux afin d'administrer l'injection létale, selon des journalistes locaux témoins de la scène. Ils ont finalement renoncé.

«Les tentatives de pose d'une intraveineuse se sont soldées par un échec. Une nouvelle date d'exécution va être fixée», a confirmé à l'AFP JoEllen Smith, la porte-parole des services pénitentiaires de l'État.

L'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) de l'Ohio a dénoncé dans un communiqué la séance de «près de deux heures de torture» infligée au prisonnier, qui avait été transporté en fauteuil roulant jusqu'à la salle d'exécution.

«Il s'agit de la cinquième exécution ratée en Ohio en quelques années, et c'est la deuxième fois que l'État n'arrive pas à aller jusqu'au terme d'une exécution. Ceci n'est pas la justice et ceci n'est pas humain», a commenté l'organisation de défense des droits et libertés.

M. Campbell était tellement diminué sur le plan de la santé qu'il avait été prévu un oreiller médical spécial, de forme biseautée, pour l'aider à respirer... le temps de l'injection létale.

Ses avocats avaient demandé, en vain, que son exécution soit suspendue vu sa condition. Leur client, avaient-ils plaidé, souffre d'une grave insuffisance pulmonaire et a besoin de quatre traitements d'assistance respiratoire quotidiens. Il est équipé d'une poche de colostomie, ne peut se déplacer sans déambulateur et a peut-être un cancer des poumons.

Mais les autorités de l'Ohio ne considéraient pas cela comme rédhibitoire.

«L'état de santé et l'évolution médicale de M. Campbell sont évalués afin de prendre les mesures de protection nécessaires adaptées pour son exécution», avait expliqué mardi à l'AFP Mme Smith.

L'exécution avortée de M. Campbell conforte les militants contre la peine de mort, qui dénonçaient un acte «barbare» et avaient appelé le gouverneur de l'Ohio, John Kasich, à épargner la vie du détenu.

«John Kasich et les tribunaux auraient dû écouter les avocats d'Alva», a tweeté mercredi Helen Prejean, une religieuse catholique connue pour son combat contre la peine capitale.

Soumis à de multiples brimades durant son enfance, élevé par des parents alcooliques et violents, Alva Campbell avait été reconnu coupable d'un premier homicide et avait purgé 20 ans de réclusion.

En liberté conditionnelle, il avait été arrêté en 1997 pour un vol accompagné de circonstances aggravantes.

De nouveau derrière les barreaux, il avait feint une paralysie pour être accompagné en fauteuil roulant à une audience au tribunal.

Il était alors parvenu à s'enfuir après s'être emparé de l'arme d'une agente du shérif. Alva Campbell avait alors braqué la voiture d'un adolescent de 18 ans, Charles Dials, qu'il avait pris en otage puis abattu par balle.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9634 Wed, 15 Nov 2017 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Un condamné américain sera exécuté sur un oreiller spécial http://www.peinedemort.org/document/9632 Un prisonnier sera exécuté mercredi dans l'Ohio. Très malade, il aura droit à un oreiller spécial pour l'aider à respirer durant l'injection létale. L'Ohio ne craint pas le paradoxe: cet Etat américain a décidé de fournir à un condamné à mort un oreiller spécial pour l'aider à respirer... le temps de son exécution mercredi. Cet «oreiller de forme biseautée» sera placé sur le lit où sera sanglé Alva Campbell durant sa mise à mort, a indiqué mardi à l'AFP JoEllen Smith, la porte-parole des services pénitentiaires de l'Etat. Le prisonnier âgé de 69 ans avait été condamné à la peine capitale pour le meurtre d'un jeune homme de 18 ans en 1997. Ses avocats ont demandé, pour l'instant en vain, que son exécution soit suspendue étant donné son état de santé. Alva Campbell souffre d'une grave insuffisance pulmonaire et a besoin de quatre traitements d'assistance respiratoire quotidiens. Il est équipé d'une poche de colostomie, ne peut se déplacer sans déambulateur et a peut-être un cancer des poumons, assurent ses défenseurs. Acte «barbare» Mais les autorités de l'Ohio ne considèrent pas cette condition comme rédhibitoire à son exécution. «L'état de santé et l'évolution médicale de Alva Campbell sont pris en compte afin de prendre les mesures de protection nécessaires adaptées pour son exécution», a expliqué Mme Smith. Les militants contre la peine de mort dénoncent au contraire un acte «barbare» et ont appelé le gouverneur de l'Ohio, John Kasich, à épargner la vie du détenu. «Alva Campbell est si malade que les médecins lui ont prescrit un oreiller spécial pour l'aider à respirer durant l'injection létale. John Kasich, cela représente une honte internationale pour l'Ohio», a tweeté Helen Prejean, une religieuse catholique connue pour son combat contre la peine capitale. Soumis à de multiples brimades durant son enfance, élevé par des parents alcooliques et violents, Alva Campbell avait été reconnu coupable d'un premier homicide et avait purgé 20 ans de réclusion. En liberté conditionnelle, il avait été arrêté en 1997 pour un vol accompagné de circonstances aggravantes. De nouveau derrière les barreaux, il avait feint une paralysie, ce qui lui avait valu d'être accompagné en chaise roulante à une audience au tribunal. Il était alors parvenu à s'enfuir après s'être emparé de l'arme d'une agente du shérif. Alva Campbell avait alors braqué la voiture d'un adolescent de 18 ans, Charles Dials, qu'il avait pris en otage puis abattu par balle.
L'Ohio ne craint pas le paradoxe: cet Etat américain a décidé de fournir à un condamné à mort un oreiller spécial pour l'aider à respirer... le temps de son exécution mercredi.

Cet «oreiller de forme biseautée» sera placé sur le lit où sera sanglé Alva Campbell durant sa mise à mort, a indiqué mardi à l'AFP JoEllen Smith, la porte-parole des services pénitentiaires de l'Etat.

Le prisonnier âgé de 69 ans avait été condamné à la peine capitale pour le meurtre d'un jeune homme de 18 ans en 1997. Ses avocats ont demandé, pour l'instant en vain, que son exécution soit suspendue étant donné son état de santé.

Alva Campbell souffre d'une grave insuffisance pulmonaire et a besoin de quatre traitements d'assistance respiratoire quotidiens. Il est équipé d'une poche de colostomie, ne peut se déplacer sans déambulateur et a peut-être un cancer des poumons, assurent ses défenseurs.

Acte «barbare»

Mais les autorités de l'Ohio ne considèrent pas cette condition comme rédhibitoire à son exécution.

«L'état de santé et l'évolution médicale de Alva Campbell sont pris en compte afin de prendre les mesures de protection nécessaires adaptées pour son exécution», a expliqué Mme Smith.

Les militants contre la peine de mort dénoncent au contraire un acte «barbare» et ont appelé le gouverneur de l'Ohio, John Kasich, à épargner la vie du détenu.

«Alva Campbell est si malade que les médecins lui ont prescrit un oreiller spécial pour l'aider à respirer durant l'injection létale. John Kasich, cela représente une honte internationale pour l'Ohio», a tweeté Helen Prejean, une religieuse catholique connue pour son combat contre la peine capitale.

Soumis à de multiples brimades durant son enfance, élevé par des parents alcooliques et violents, Alva Campbell avait été reconnu coupable d'un premier homicide et avait purgé 20 ans de réclusion.

En liberté conditionnelle, il avait été arrêté en 1997 pour un vol accompagné de circonstances aggravantes. De nouveau derrière les barreaux, il avait feint une paralysie, ce qui lui avait valu d'être accompagné en chaise roulante à une audience au tribunal.

Il était alors parvenu à s'enfuir après s'être emparé de l'arme d'une agente du shérif. Alva Campbell avait alors braqué la voiture d'un adolescent de 18 ans, Charles Dials, qu'il avait pris en otage puis abattu par balle.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9632 Tue, 14 Nov 2017 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
USA: l'Ohio a effectué sa première exécution en plus de trois ans http://www.peinedemort.org/document/9515 Chicago - L'Ohio a exécuté mercredi un prisonnier condamné pour le viol et le meurtre d'une fillette, la première mise à mort en plus de trois ans dans cet Etat du nord des Etats-Unis. Ronald Phillips, 43 ans, a été déclaré mort à 10H43 (14H43 GMT), ont indiqué les autorités de l'Ohio. Cela met fin au moratoire qui avait été instauré le temps qu'elles trouvent une nouvelle association médicamenteuse pour mener à bien les exécutions. Les Etats américains peinent en effet depuis plusieurs années à trouver des fournisseurs pour fabriquer ces cocktails létaux car de nombreux groupes pharmaceutiques ont limité l'utilisation de leurs produits dans un pays où le soutien pour la peine de mort s'amenuise. Et des procédures en justice ont été lancées contre plusieurs Etats au sujet de nouvelles associations médicamenteuses. Une cour d'appel fédérale a validé le mois dernier la nouvelle procédure prévue en Ohio, lui permettant ainsi de pouvoir programmer de nouveau des exécutions. Ronald Phillips avait 19 ans en 1993 lorsqu'il a été condamné pour le viol et le meurtre de Sheila Marie Evans, 3 ans, qui était la fille de sa petite-amie. Il a reconnu ses crimes mais ses affirmations selon lesquelles il avait été victime d'abus physiques et sexuels de la part de son père n'avaient pas été retenues comme circonstances atténuantes lors de son procès. Ses demandes de clémence ont été refusées à deux reprises par l'Etat. L'injection létale qui lui a été administrée comportait trois substances dont le Midazolam, un anxiolytique à l'effet anesthésiant controversé car accusé de plonger insuffisamment le condamné dans l'inconscience et donc de l'exposer à des souffrances. Plusieurs procès ont été lancés à son sujet dans le pays, en particulier au nom de Ronald Phillips et de deux autres condamnés de l'Ohio. Mais une cour d'appel s'est rangée du côté de l'Etat, soulignant que "la Constitution ne garantit pas +une exécution sans douleur+". Quinze personnes ont désormais été exécutées aux Etats-Unis en 2017, dont neuf avec un cocktail létal contenant du Midazolam, d'après le Centre d'information sur la peine capitale. La peine de mort est légale dans la majorité des Etats américains mais seulement 49% des Américains y sont favorables en cas de meurtre, le plus bas niveau en plus de quarante ans, selon un sondage Pew mené en 2016.
Ronald Phillips, 43 ans, a été déclaré mort à 10H43 (14H43 GMT), ont indiqué les autorités de l'Ohio. Cela met fin au moratoire qui avait été instauré le temps qu'elles trouvent une nouvelle association médicamenteuse pour mener à bien les exécutions.

Les Etats américains peinent en effet depuis plusieurs années à trouver des fournisseurs pour fabriquer ces cocktails létaux car de nombreux groupes pharmaceutiques ont limité l'utilisation de leurs produits dans un pays où le soutien pour la peine de mort s'amenuise.

Et des procédures en justice ont été lancées contre plusieurs Etats au sujet de nouvelles associations médicamenteuses.

Une cour d'appel fédérale a validé le mois dernier la nouvelle procédure prévue en Ohio, lui permettant ainsi de pouvoir programmer de nouveau des exécutions.

Ronald Phillips avait 19 ans en 1993 lorsqu'il a été condamné pour le viol et le meurtre de Sheila Marie Evans, 3 ans, qui était la fille de sa petite-amie. Il a reconnu ses crimes mais ses affirmations selon lesquelles il avait été victime d'abus physiques et sexuels de la part de son père n'avaient pas été retenues comme circonstances atténuantes lors de son procès.

Ses demandes de clémence ont été refusées à deux reprises par l'Etat.

L'injection létale qui lui a été administrée comportait trois substances dont le Midazolam, un anxiolytique à l'effet anesthésiant controversé car accusé de plonger insuffisamment le condamné dans l'inconscience et donc de l'exposer à des souffrances.

Plusieurs procès ont été lancés à son sujet dans le pays, en particulier au nom de Ronald Phillips et de deux autres condamnés de l'Ohio. Mais une cour d'appel s'est rangée du côté de l'Etat, soulignant que "la Constitution ne garantit pas +une exécution sans douleur+".

Quinze personnes ont désormais été exécutées aux Etats-Unis en 2017, dont neuf avec un cocktail létal contenant du Midazolam, d'après le Centre d'information sur la peine capitale.

La peine de mort est légale dans la majorité des Etats américains mais seulement 49% des Américains y sont favorables en cas de meurtre, le plus bas niveau en plus de quarante ans, selon un sondage Pew mené en 2016.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9515 Wed, 26 Jul 2017 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Le processus de peine de mort de l'Ohio jugé illégal http://www.peinedemort.org/document/9296 Un tribunal fédéral de l'État américain de l'Ohio a jugé jeudi que le protocole d'injection létale utilisé par les autorités locales pour la mise à mort des condamnés violait la Constitution des États-Unis. Cette décision du magistrat Michael Merz entraîne la suspension sine die des exécutions de trois prisonniers, prévues en février, mars et avril prochains. Le juge Merz est parvenu à sa conclusion au terme de cinq jours d'audiences consacrées au protocole létal de l'Ohio, qui fait appel à trois produits injectés successivement. Le premier de ces produits, le midazolam est censé endormir le condamné. Mais cet anxiolytique censé avoir un effet anesthésiant entraîne «un risque important de grave douleur» chez le condamné, a estimé le magistrat. Le 8e amendement de la Constitution américaine bannit les «peines cruelles ou inhabituelles». L'Ohio avait été le premier État américain à utiliser le 16 janvier 2014 le midazolam dans un cocktail lytique inédit. Le condamné ayant reçu cette injection, Dennis McGuire, était décédé après 25 longues minutes qui l'avaient vu suffoquer. À la suite de la polémique suscitée par cette « exécution ratée », l'Ohio avait suspendu pendant trois ans ses exécutions, avant de décider en octobre dernier de les reprendre en utilisant toujours le midazolam. La décision du juge Merz revient finalement à prolonger cette suspension. «Ce jugement place l'Ohio sur la même ligne que d'autres États qui ont admis que le midazolam n'était pas une substance adéquate pour pratiquer des exécutions», a commenté Megan McCracken, une spécialiste des injections létales à la Berkeley Law School. «À diverses occasions des prisonniers ayant reçu du midazolam sont soit restés conscients, soit ont repris conscience et lutté, suffoqué et montré des signes de douleurs et de souffrances», a récemment expliqué à l'AFP cette experte.
Cette décision du magistrat Michael Merz entraîne la suspension sine die des exécutions de trois prisonniers, prévues en février, mars et avril prochains.

Le juge Merz est parvenu à sa conclusion au terme de cinq jours d'audiences consacrées au protocole létal de l'Ohio, qui fait appel à trois produits injectés successivement.

Le premier de ces produits, le midazolam est censé endormir le condamné. Mais cet anxiolytique censé avoir un effet anesthésiant entraîne «un risque important de grave douleur» chez le condamné, a estimé le magistrat.
Le 8e amendement de la Constitution américaine bannit les «peines cruelles ou inhabituelles».

L'Ohio avait été le premier État américain à utiliser le 16 janvier 2014 le midazolam dans un cocktail lytique inédit. Le condamné ayant reçu cette injection, Dennis McGuire, était décédé après 25 longues minutes qui l'avaient vu suffoquer.

À la suite de la polémique suscitée par cette « exécution ratée », l'Ohio avait suspendu pendant trois ans ses exécutions, avant de décider en octobre dernier de les reprendre en utilisant toujours le midazolam. La décision du juge Merz revient finalement à prolonger cette suspension.

«Ce jugement place l'Ohio sur la même ligne que d'autres États qui ont admis que le midazolam n'était pas une substance adéquate pour pratiquer des exécutions», a commenté Megan McCracken, une spécialiste des injections létales à la Berkeley Law School.
«À diverses occasions des prisonniers ayant reçu du midazolam sont soit restés conscients, soit ont repris conscience et lutté, suffoqué et montré des signes de douleurs et de souffrances», a récemment expliqué à l'AFP cette experte.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9296 Thu, 26 Jan 2017 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Ohio: un condamné jugé apte à mourir une seconde fois http://www.peinedemort.org/document/9230 (Agence France-Presse) WASHINGTON - La Cour suprême des États-Unis a refusé lundi d'entendre l'appel d'un condamné à mort qui avait survécu à une exécution ratée, le prisonnier étant désormais menacé d'une seconde exécution tout aussi controversée. Romell Broom est un cas unique dans les annales judiciaires américaines. Le 15 septembre 2009, cet homme reconnu coupable d'avoir violé et tué une adolescente en 1984 a subi à son tour un calvaire inhumain, quand les agents pénitentiaires ont tenté - en vain - de lui poser un cathéter veineux pour lui injecter des substances mortelles. Pendant deux heures, le prisonnier a été piqué à de multiples reprises, dans ses bras et ses jambes, mais aucune de ses veines n'est apparue suffisamment visible ou solide pour supporter la perfusion. Après que le condamné se fut plaint des douleurs causées, l'exécution avait finalement été suspendue. Romell Broom était donc sorti vivant de la chambre de la mort de sa prison de Lucasville, dans l'État de l'Ohio. On ne devrait mourir qu'une fois Depuis sept ans, ses défenseurs font valoir que l'épreuve mentale et physique qu'il a subie, malgré son issue miraculeuse, devrait l'exonérer d'une autre tentative d'exécution. Ils se fondent sur le 8e amendement de la Constitution américaine, qui bannit les « peines cruelles ou inhabituelles » et sur le principe de la double incrimination, qui dit que nul ne peut être puni pénalement une seconde fois à raison des mêmes faits. « M. Broom ne pouvait espérer qu'il sortirait vivant de la chambre de la mort », ont écrit ses avocats. « Pendant deux heures, l'État de l'Ohio a essayé de l'exécuter. Du fait que Broom avait largement dépassé le point où il s'attendait à mourir de façon imminente, et qu'il a subi d'intenses douleurs et souffrances, une seconde tentative de l'exécuter est infondée ». Ces arguments n'ont pas emporté l'adhésion de la Cour suprême qui, à la majorité de ses huit juges (et par deux voix contre), a refusé lundi d'inscrire ce dossier à son calendrier. La haute cour a également rejeté un appel d'un autre condamné à la peine capitale, Henry Sireci, qui avait été condamné pour meurtre en 1976. Dans un argumentaire de désaccord avec la majorité de ses confrères, le magistrat Stephen Breyer a dénoncé la détention extrêmement longue de cet homme dans le couloir de la mort. Henry Sireci « est emprisonné depuis 40 ans sous la menace d'être exécuté. Quand il a été condamné en première instance, le mur de Berlin était bien en place. La chute de Saïgon venait de se produire. Peu d'Américains connaissaient l'existence de l'ordinateur individuel ou d'internet. Et plus de la moitié des Américains vivant aujourd'hui n'étaient pas nés », a-t-il écrit. Mourir conscient... ou pas Aujourd'hui âgé de 60 ans, Romell Broom a lui passé plus de trois décennies dans le couloir de la mort. De façon extrêmement paradoxale, sa « seconde » exécution promet, dans les conditions actuelles, d'être également très controversée. L'État de l'Ohio a en effet annoncé il y a deux mois qu'il comptait modifier son protocole de mise à mort, en incluant trois substances, dont le midazolam. Jeudi dernier, un condamné à mort dans l'Alabama a convulsé pendant 13 minutes lors de son exécution avec ce produit très critiqué, car étant un simple anxiolytique. Les États-Unis font actuellement face à une pénurie des produits utilisés dans les injections létales, que refusent de livrer de grandes firmes pharmaceutiques européennes. « Dans les exécutions, le midazolam est censé placer le prisonnier sous anesthésie, mais ce n'est pas une substance adaptée à cet objectif », explique à l'AFP Megan McCracken, une spécialiste des injections létales à la Berkeley Law School. « À diverses occasions des prisonniers ayant reçu du midazolam sont soit restés conscients, soit ont repris conscience et lutté, suffoqué et montré des signes de douleurs et de souffrances », poursuit-elle. Or, rappelle l'experte, « à la fois la Constitution et nos croyances en une bonne administration imposent aux États de pratiquer des exécutions qui soient humaines et conformes à la loi et à la Constitution ».
Romell Broom est un cas unique dans les annales judiciaires américaines.

Le 15 septembre 2009, cet homme reconnu coupable d'avoir violé et tué une adolescente en 1984 a subi à son tour un calvaire inhumain, quand les agents pénitentiaires ont tenté - en vain - de lui poser un cathéter veineux pour lui injecter des substances mortelles.

Pendant deux heures, le prisonnier a été piqué à de multiples reprises, dans ses bras et ses jambes, mais aucune de ses veines n'est apparue suffisamment visible ou solide pour supporter la perfusion.

Après que le condamné se fut plaint des douleurs causées, l'exécution avait finalement été suspendue.

Romell Broom était donc sorti vivant de la chambre de la mort de sa prison de Lucasville, dans l'État de l'Ohio.

On ne devrait mourir qu'une fois
Depuis sept ans, ses défenseurs font valoir que l'épreuve mentale et physique qu'il a subie, malgré son issue miraculeuse, devrait l'exonérer d'une autre tentative d'exécution.

Ils se fondent sur le 8e amendement de la Constitution américaine, qui bannit les « peines cruelles ou inhabituelles » et sur le principe de la double incrimination, qui dit que nul ne peut être puni pénalement une seconde fois à raison des mêmes faits.

« M. Broom ne pouvait espérer qu'il sortirait vivant de la chambre de la mort », ont écrit ses avocats.

« Pendant deux heures, l'État de l'Ohio a essayé de l'exécuter. Du fait que Broom avait largement dépassé le point où il s'attendait à mourir de façon imminente, et qu'il a subi d'intenses douleurs et souffrances, une seconde tentative de l'exécuter est infondée ».

Ces arguments n'ont pas emporté l'adhésion de la Cour suprême qui, à la majorité de ses huit juges (et par deux voix contre), a refusé lundi d'inscrire ce dossier à son calendrier.

La haute cour a également rejeté un appel d'un autre condamné à la peine capitale, Henry Sireci, qui avait été condamné pour meurtre en 1976.

Dans un argumentaire de désaccord avec la majorité de ses confrères, le magistrat Stephen Breyer a dénoncé la détention extrêmement longue de cet homme dans le couloir de la mort.

Henry Sireci « est emprisonné depuis 40 ans sous la menace d'être exécuté. Quand il a été condamné en première instance, le mur de Berlin était bien en place. La chute de Saïgon venait de se produire. Peu d'Américains connaissaient l'existence de l'ordinateur individuel ou d'internet. Et plus de la moitié des Américains vivant aujourd'hui n'étaient pas nés », a-t-il écrit.

Mourir conscient... ou pas
Aujourd'hui âgé de 60 ans, Romell Broom a lui passé plus de trois décennies dans le couloir de la mort.

De façon extrêmement paradoxale, sa « seconde » exécution promet, dans les conditions actuelles, d'être également très controversée.

L'État de l'Ohio a en effet annoncé il y a deux mois qu'il comptait modifier son protocole de mise à mort, en incluant trois substances, dont le midazolam.

Jeudi dernier, un condamné à mort dans l'Alabama a convulsé pendant 13 minutes lors de son exécution avec ce produit très critiqué, car étant un simple anxiolytique.

Les États-Unis font actuellement face à une pénurie des produits utilisés dans les injections létales, que refusent de livrer de grandes firmes pharmaceutiques européennes.

« Dans les exécutions, le midazolam est censé placer le prisonnier sous anesthésie, mais ce n'est pas une substance adaptée à cet objectif », explique à l'AFP Megan McCracken, une spécialiste des injections létales à la Berkeley Law School.

« À diverses occasions des prisonniers ayant reçu du midazolam sont soit restés conscients, soit ont repris conscience et lutté, suffoqué et montré des signes de douleurs et de souffrances », poursuit-elle.

Or, rappelle l'experte, « à la fois la Constitution et nos croyances en une bonne administration imposent aux États de pratiquer des exécutions qui soient humaines et conformes à la loi et à la Constitution ».]]>
http://www.peinedemort.org/document/9230 Mon, 12 Dec 2016 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP