La peine de mort dans le monde — Etats-Unis http://www.peinedemort.org/rss/pays?id=USA Etats-Unis : tous les documents concernant la peine de mort. fr Sophie Fotiadi <sophie.fotiadi@peinedemort.org>, 2017 Wed, 22 Nov 2017 04:51:24 +0100 Tue, 21 Nov 2017 07:05:48 +0100 120 Décès de Charles Manson, le gourou criminel qui horrifia l'Amérique http://www.peinedemort.org/document/9639 Considéré comme l'un des criminels les plus dangereux des Etats-Unis même en prison, Charles Manson, décédé dimanche en détention à l'âge de 83 ans, était un gourou psychopathe à l'origine de meurtres comme celui de l'actrice Sharon Tate, dont la sauvagerie a profondément choqué l'Amérique et au-delà. A la fin des années 1960, il avait ordonné à ses disciples de tuer au hasard les habitants de quartiers chics et blancs de Los Angeles, dans l'espoir de déclencher une guerre raciale apocalyptique. La "famille" Manson commettra au moins neuf meurtres. Mais c'est le déchaînement de violence des 9 et 10 août 1969 et ses sept morts qui marquera le plus les esprits. Parmi les victimes, Sharon Tate, la femme du cinéaste Roman Polanski, alors âgée de 26 ans et enceinte de huit mois et demi. Sur ordre de Manson, qui n'est pas présent, l'une de ses adeptes, Susan Atkins, commet le meurtre. Elle écrit ensuite avec le sang de l'actrice le mot "PIG" (porc) sur la porte d'entrée. Présenté lors de son long procès comme un fou solitaire doté d'une capacité de persuasion impressionnante, Charles Manson -- qui n'a jamais manifesté aucun repentir -- sera condamné en 1971 à la peine de mort aux côtés de quatre de ses disciples. Les peines seront commuées en prison à vie. Il fera douze demandes de libération conditionnelle, toutes rejetées. Le gourou s'était présenté au procès avec une cicatrice en forme de croix gammée sur le front. Des disciples l'imiteront. - Une 'prophétie' inspirée des Beatles - Né le 12 novembre 1934 à Cincinnati, dans l'Ohio (nord) --sa mère n'a que 16 ans-- le jeune Charles grandit sans amour parental. Il ne connaîtra jamais son père. Son enfance est chaotique. A l'adolescence, il est placé dans une institution pour garçons où il tombe dans la délinquance. En 1955, à l'âge de 21 ans, il est condamné à cinq ans d'emprisonnement pour vol de voiture, mais bénéficie d'une libération conditionnelle. Il tente de se ranger en épousant Rosalie Willis, mais un an plus tard est de nouveau condamné pour le même délit. Il apprend en prison qu'il a un fils mais Rosalie demande le divorce et part avec l'enfant. Libéré pour bonne conduite, il est ensuite de nouveau emprisonné pour différents délits. "J'ai passé tout ma vie en prison, ce qui fait que je me sens ici comme à la maison, euh... ça fait combien de temps que je suis en prison ? 34 ans...", dit-il dans une interview en 1981. En 1967, il demande même à rester derrière les barreaux, mais sa demande est rejetée. C'est à ce moment, en pleine période "hippie" et alors qu'il se passionne pour les Beatles, qu'il fonde sa "famille", autour d'une prophétie inspirée des chansons du groupe mythique. La communauté de Charles Manson, composée surtout de femmes naïves et dévouées, vit en marge de la société. De nombreux bébés y naissent -- le gourou a au moins un enfant avec une de ses adeptes. La drogue est toujours présente. La communauté, d'abord nomade, s'installe dans des ranchs de la Vallée de la mort. Se prenant pour la réincarnation du Christ, Charles Manson y fomente une série de meurtres pour provoquer l'avènement d'une lutte entre Blancs et Noirs surnommée "Helter Skelter" d'après un titre des Beatles. Il pense que les premiers en ressortiront victorieux avant de le prendre pour guide. Interrogé pour savoir quel conseil il donnerait aux jeunes, il avait répondu dans une des nombreuses interviews accordées depuis sa cellule et qui le montraient de plus en plus délirant: "laisse une trace pour faire savoir au monde que tu étais là". Plus de cinquante ans après, les meurtres de la "famille" Manson continuent à hanter les esprits et à susciter une fascination morbide, alimentée par des livres, des chansons, des circuits touristiques, des sites internet et des films. Manson a lui-même publié un album en 1970, réédité en CD en 2006.
A la fin des années 1960, il avait ordonné à ses disciples de tuer au hasard les habitants de quartiers chics et blancs de Los Angeles, dans l'espoir de déclencher une guerre raciale apocalyptique.

La "famille" Manson commettra au moins neuf meurtres. Mais c'est le déchaînement de violence des 9 et 10 août 1969 et ses sept morts qui marquera le plus les esprits.

Parmi les victimes, Sharon Tate, la femme du cinéaste Roman Polanski, alors âgée de 26 ans et enceinte de huit mois et demi. Sur ordre de Manson, qui n'est pas présent, l'une de ses adeptes, Susan Atkins, commet le meurtre. Elle écrit ensuite avec le sang de l'actrice le mot "PIG" (porc) sur la porte d'entrée.

Présenté lors de son long procès comme un fou solitaire doté d'une capacité de persuasion impressionnante, Charles Manson -- qui n'a jamais manifesté aucun repentir -- sera condamné en 1971 à la peine de mort aux côtés de quatre de ses disciples. Les peines seront commuées en prison à vie. Il fera douze demandes de libération conditionnelle, toutes rejetées.

Le gourou s'était présenté au procès avec une cicatrice en forme de croix gammée sur le front. Des disciples l'imiteront.

- Une 'prophétie' inspirée des Beatles -

Né le 12 novembre 1934 à Cincinnati, dans l'Ohio (nord) --sa mère n'a que 16 ans-- le jeune Charles grandit sans amour parental. Il ne connaîtra jamais son père.

Son enfance est chaotique. A l'adolescence, il est placé dans une institution pour garçons où il tombe dans la délinquance. En 1955, à l'âge de 21 ans, il est condamné à cinq ans d'emprisonnement pour vol de voiture, mais bénéficie d'une libération conditionnelle.

Il tente de se ranger en épousant Rosalie Willis, mais un an plus tard est de nouveau condamné pour le même délit. Il apprend en prison qu'il a un fils mais Rosalie demande le divorce et part avec l'enfant.

Libéré pour bonne conduite, il est ensuite de nouveau emprisonné pour différents délits. "J'ai passé tout ma vie en prison, ce qui fait que je me sens ici comme à la maison, euh... ça fait combien de temps que je suis en prison ? 34 ans...", dit-il dans une interview en 1981.

En 1967, il demande même à rester derrière les barreaux, mais sa demande est rejetée. C'est à ce moment, en pleine période "hippie" et alors qu'il se passionne pour les Beatles, qu'il fonde sa "famille", autour d'une prophétie inspirée des chansons du groupe mythique.

La communauté de Charles Manson, composée surtout de femmes naïves et dévouées, vit en marge de la société. De nombreux bébés y naissent -- le gourou a au moins un enfant avec une de ses adeptes. La drogue est toujours présente.

La communauté, d'abord nomade, s'installe dans des ranchs de la Vallée de la mort. Se prenant pour la réincarnation du Christ, Charles Manson y fomente une série de meurtres pour provoquer l'avènement d'une lutte entre Blancs et Noirs surnommée "Helter Skelter" d'après un titre des Beatles. Il pense que les premiers en ressortiront victorieux avant de le prendre pour guide.

Interrogé pour savoir quel conseil il donnerait aux jeunes, il avait répondu dans une des nombreuses interviews accordées depuis sa cellule et qui le montraient de plus en plus délirant: "laisse une trace pour faire savoir au monde que tu étais là".

Plus de cinquante ans après, les meurtres de la "famille" Manson continuent à hanter les esprits et à susciter une fascination morbide, alimentée par des livres, des chansons, des circuits touristiques, des sites internet et des films. Manson a lui-même publié un album en 1970, réédité en CD en 2006. ]]>
http://www.peinedemort.org/document/9639 Mon, 20 Nov 2017 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Échec de l'exécution d'un condamné gravement malade http://www.peinedemort.org/document/9634 L'État américain de l'Ohio a dû suspendre mercredi sa tentative d'exécuter un condamné gravement malade, les agents pénitentiaires ne parvenant pas à lui trouver une veine suffisamment solide pour supporter la perfusion de substances mortelles. Alva Campbell, 69 ans, devait être mis à mort à 10H00 (15H00 GMT). Le prisonnier avait été condamné à la peine capitale pour le meurtre d'un jeune homme de 18 ans en 1997. Durant de longues minutes, les agents ont tenté de lui poser sur un bras ou une jambe un cathéter veineux afin d'administrer l'injection létale, selon des journalistes locaux témoins de la scène. Ils ont finalement renoncé. «Les tentatives de pose d'une intraveineuse se sont soldées par un échec. Une nouvelle date d'exécution va être fixée», a confirmé à l'AFP JoEllen Smith, la porte-parole des services pénitentiaires de l'État. L'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) de l'Ohio a dénoncé dans un communiqué la séance de «près de deux heures de torture» infligée au prisonnier, qui avait été transporté en fauteuil roulant jusqu'à la salle d'exécution. «Il s'agit de la cinquième exécution ratée en Ohio en quelques années, et c'est la deuxième fois que l'État n'arrive pas à aller jusqu'au terme d'une exécution. Ceci n'est pas la justice et ceci n'est pas humain», a commenté l'organisation de défense des droits et libertés. M. Campbell était tellement diminué sur le plan de la santé qu'il avait été prévu un oreiller médical spécial, de forme biseautée, pour l'aider à respirer... le temps de l'injection létale. Ses avocats avaient demandé, en vain, que son exécution soit suspendue vu sa condition. Leur client, avaient-ils plaidé, souffre d'une grave insuffisance pulmonaire et a besoin de quatre traitements d'assistance respiratoire quotidiens. Il est équipé d'une poche de colostomie, ne peut se déplacer sans déambulateur et a peut-être un cancer des poumons. Mais les autorités de l'Ohio ne considéraient pas cela comme rédhibitoire. «L'état de santé et l'évolution médicale de M. Campbell sont évalués afin de prendre les mesures de protection nécessaires adaptées pour son exécution», avait expliqué mardi à l'AFP Mme Smith. L'exécution avortée de M. Campbell conforte les militants contre la peine de mort, qui dénonçaient un acte «barbare» et avaient appelé le gouverneur de l'Ohio, John Kasich, à épargner la vie du détenu. «John Kasich et les tribunaux auraient dû écouter les avocats d'Alva», a tweeté mercredi Helen Prejean, une religieuse catholique connue pour son combat contre la peine capitale. Soumis à de multiples brimades durant son enfance, élevé par des parents alcooliques et violents, Alva Campbell avait été reconnu coupable d'un premier homicide et avait purgé 20 ans de réclusion. En liberté conditionnelle, il avait été arrêté en 1997 pour un vol accompagné de circonstances aggravantes. De nouveau derrière les barreaux, il avait feint une paralysie pour être accompagné en fauteuil roulant à une audience au tribunal. Il était alors parvenu à s'enfuir après s'être emparé de l'arme d'une agente du shérif. Alva Campbell avait alors braqué la voiture d'un adolescent de 18 ans, Charles Dials, qu'il avait pris en otage puis abattu par balle.
Alva Campbell, 69 ans, devait être mis à mort à 10H00 (15H00 GMT). Le prisonnier avait été condamné à la peine capitale pour le meurtre d'un jeune homme de 18 ans en 1997.

Durant de longues minutes, les agents ont tenté de lui poser sur un bras ou une jambe un cathéter veineux afin d'administrer l'injection létale, selon des journalistes locaux témoins de la scène. Ils ont finalement renoncé.

«Les tentatives de pose d'une intraveineuse se sont soldées par un échec. Une nouvelle date d'exécution va être fixée», a confirmé à l'AFP JoEllen Smith, la porte-parole des services pénitentiaires de l'État.

L'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) de l'Ohio a dénoncé dans un communiqué la séance de «près de deux heures de torture» infligée au prisonnier, qui avait été transporté en fauteuil roulant jusqu'à la salle d'exécution.

«Il s'agit de la cinquième exécution ratée en Ohio en quelques années, et c'est la deuxième fois que l'État n'arrive pas à aller jusqu'au terme d'une exécution. Ceci n'est pas la justice et ceci n'est pas humain», a commenté l'organisation de défense des droits et libertés.

M. Campbell était tellement diminué sur le plan de la santé qu'il avait été prévu un oreiller médical spécial, de forme biseautée, pour l'aider à respirer... le temps de l'injection létale.

Ses avocats avaient demandé, en vain, que son exécution soit suspendue vu sa condition. Leur client, avaient-ils plaidé, souffre d'une grave insuffisance pulmonaire et a besoin de quatre traitements d'assistance respiratoire quotidiens. Il est équipé d'une poche de colostomie, ne peut se déplacer sans déambulateur et a peut-être un cancer des poumons.

Mais les autorités de l'Ohio ne considéraient pas cela comme rédhibitoire.

«L'état de santé et l'évolution médicale de M. Campbell sont évalués afin de prendre les mesures de protection nécessaires adaptées pour son exécution», avait expliqué mardi à l'AFP Mme Smith.

L'exécution avortée de M. Campbell conforte les militants contre la peine de mort, qui dénonçaient un acte «barbare» et avaient appelé le gouverneur de l'Ohio, John Kasich, à épargner la vie du détenu.

«John Kasich et les tribunaux auraient dû écouter les avocats d'Alva», a tweeté mercredi Helen Prejean, une religieuse catholique connue pour son combat contre la peine capitale.

Soumis à de multiples brimades durant son enfance, élevé par des parents alcooliques et violents, Alva Campbell avait été reconnu coupable d'un premier homicide et avait purgé 20 ans de réclusion.

En liberté conditionnelle, il avait été arrêté en 1997 pour un vol accompagné de circonstances aggravantes.

De nouveau derrière les barreaux, il avait feint une paralysie pour être accompagné en fauteuil roulant à une audience au tribunal.

Il était alors parvenu à s'enfuir après s'être emparé de l'arme d'une agente du shérif. Alva Campbell avait alors braqué la voiture d'un adolescent de 18 ans, Charles Dials, qu'il avait pris en otage puis abattu par balle.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9634 Wed, 15 Nov 2017 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Nouvel échec d'une exécution capitale dans l'Ohio, aux Etats-Unis http://www.peinedemort.org/document/9635 L'Ohio a dû suspendre l'exécution en cours d'Alva Campbell parce que l'équipe procédant à l'exécution n'est pas parvenue à trouver une veine pour procéder à l'injection létale par intraveineuse. Dans la foulée, l'Etat de l'Ohio lui a fixé une nouvelle date d'exécution : le 5 juin 2019. En 2009 déjà, Romell Broom avait obtenu un sursis après l'échec de son exécution (au bout de deux heures l'équipe d'exécution avait renoncé à trouver une veine pour procéder à l'injection létale). Dans la foulée, l'Etat de l'Ohio lui a fixé une nouvelle date d'exécution : le 5 juin 2019.

En 2009 déjà, Romell Broom avait obtenu un sursis après l'échec de son exécution (au bout de deux heures l'équipe d'exécution avait renoncé à trouver une veine pour procéder à l'injection létale). ]]>
http://www.peinedemort.org/document/9635 Wed, 15 Nov 2017 00:00:00 +0100 Sophie Fotiadi
Un condamné américain sera exécuté sur un oreiller spécial http://www.peinedemort.org/document/9632 Un prisonnier sera exécuté mercredi dans l'Ohio. Très malade, il aura droit à un oreiller spécial pour l'aider à respirer durant l'injection létale. L'Ohio ne craint pas le paradoxe: cet Etat américain a décidé de fournir à un condamné à mort un oreiller spécial pour l'aider à respirer... le temps de son exécution mercredi. Cet «oreiller de forme biseautée» sera placé sur le lit où sera sanglé Alva Campbell durant sa mise à mort, a indiqué mardi à l'AFP JoEllen Smith, la porte-parole des services pénitentiaires de l'Etat. Le prisonnier âgé de 69 ans avait été condamné à la peine capitale pour le meurtre d'un jeune homme de 18 ans en 1997. Ses avocats ont demandé, pour l'instant en vain, que son exécution soit suspendue étant donné son état de santé. Alva Campbell souffre d'une grave insuffisance pulmonaire et a besoin de quatre traitements d'assistance respiratoire quotidiens. Il est équipé d'une poche de colostomie, ne peut se déplacer sans déambulateur et a peut-être un cancer des poumons, assurent ses défenseurs. Acte «barbare» Mais les autorités de l'Ohio ne considèrent pas cette condition comme rédhibitoire à son exécution. «L'état de santé et l'évolution médicale de Alva Campbell sont pris en compte afin de prendre les mesures de protection nécessaires adaptées pour son exécution», a expliqué Mme Smith. Les militants contre la peine de mort dénoncent au contraire un acte «barbare» et ont appelé le gouverneur de l'Ohio, John Kasich, à épargner la vie du détenu. «Alva Campbell est si malade que les médecins lui ont prescrit un oreiller spécial pour l'aider à respirer durant l'injection létale. John Kasich, cela représente une honte internationale pour l'Ohio», a tweeté Helen Prejean, une religieuse catholique connue pour son combat contre la peine capitale. Soumis à de multiples brimades durant son enfance, élevé par des parents alcooliques et violents, Alva Campbell avait été reconnu coupable d'un premier homicide et avait purgé 20 ans de réclusion. En liberté conditionnelle, il avait été arrêté en 1997 pour un vol accompagné de circonstances aggravantes. De nouveau derrière les barreaux, il avait feint une paralysie, ce qui lui avait valu d'être accompagné en chaise roulante à une audience au tribunal. Il était alors parvenu à s'enfuir après s'être emparé de l'arme d'une agente du shérif. Alva Campbell avait alors braqué la voiture d'un adolescent de 18 ans, Charles Dials, qu'il avait pris en otage puis abattu par balle.
L'Ohio ne craint pas le paradoxe: cet Etat américain a décidé de fournir à un condamné à mort un oreiller spécial pour l'aider à respirer... le temps de son exécution mercredi.

Cet «oreiller de forme biseautée» sera placé sur le lit où sera sanglé Alva Campbell durant sa mise à mort, a indiqué mardi à l'AFP JoEllen Smith, la porte-parole des services pénitentiaires de l'Etat.

Le prisonnier âgé de 69 ans avait été condamné à la peine capitale pour le meurtre d'un jeune homme de 18 ans en 1997. Ses avocats ont demandé, pour l'instant en vain, que son exécution soit suspendue étant donné son état de santé.

Alva Campbell souffre d'une grave insuffisance pulmonaire et a besoin de quatre traitements d'assistance respiratoire quotidiens. Il est équipé d'une poche de colostomie, ne peut se déplacer sans déambulateur et a peut-être un cancer des poumons, assurent ses défenseurs.

Acte «barbare»

Mais les autorités de l'Ohio ne considèrent pas cette condition comme rédhibitoire à son exécution.

«L'état de santé et l'évolution médicale de Alva Campbell sont pris en compte afin de prendre les mesures de protection nécessaires adaptées pour son exécution», a expliqué Mme Smith.

Les militants contre la peine de mort dénoncent au contraire un acte «barbare» et ont appelé le gouverneur de l'Ohio, John Kasich, à épargner la vie du détenu.

«Alva Campbell est si malade que les médecins lui ont prescrit un oreiller spécial pour l'aider à respirer durant l'injection létale. John Kasich, cela représente une honte internationale pour l'Ohio», a tweeté Helen Prejean, une religieuse catholique connue pour son combat contre la peine capitale.

Soumis à de multiples brimades durant son enfance, élevé par des parents alcooliques et violents, Alva Campbell avait été reconnu coupable d'un premier homicide et avait purgé 20 ans de réclusion.

En liberté conditionnelle, il avait été arrêté en 1997 pour un vol accompagné de circonstances aggravantes. De nouveau derrière les barreaux, il avait feint une paralysie, ce qui lui avait valu d'être accompagné en chaise roulante à une audience au tribunal.

Il était alors parvenu à s'enfuir après s'être emparé de l'arme d'une agente du shérif. Alva Campbell avait alors braqué la voiture d'un adolescent de 18 ans, Charles Dials, qu'il avait pris en otage puis abattu par balle.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9632 Tue, 14 Nov 2017 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
L'État américain du Nebraska va reprendre les exécutions après 20 ans http://www.peinedemort.org/document/9629 La mise en oeuvre de la peine capitale va reprendre dans l'État du Nebraska, dans le centre des États-Unis, après vingt d'ans d'interruption, avec l'exécution d'un meurtrier au moyen d'une association médicamenteuse non expérimentée. Les responsables pénitentiaires ont informé jeudi Jose Sandoval, 38 ans, dans le couloir de la mort pour le meurtre de cinq personnes lors du braquage d'une banque en 2002, sur leur intention d'appliquer sa sentence par injection létale. L'utilisation prévue d'un nouveau protocole médicamenteux pourrait entraîner des recours en justice, les opposants à la peine de mort ayant émis des inquiétudes à ce sujet. «Toute nouvelle association médicamenteuse signifie que l'exécution est une sorte d'expérimentation humaine», a souligné auprès de l'AFP Robert Dunham, du Centre d'information sur la peine capitale. «Ca ne veut pas dire que ça ne va pas marcher mais ça soulève de nouvelles questions auxquelles les prisonniers vont à coup sûr demander à la justice de répondre», a-t-il poursuivi. Légalement, les autorités peuvent demander à ce que Jose Sandoval soit exécuté au plus tôt deux mois après l'avoir informé du nouveau protocole d'injection létale. Si son exécution devait avoir lieu, il serait le premier prisonnier à être mis à mort au Nebraska depuis 1997 lorsque cet État utilisait la chaise électrique. À l'instar de nombreux États, le Nebraska a peiné à trouver les substances nécessaires aux injections létales. Les groupes pharmaceutiques ont en effet cédé aux pressions de l'opinion publique en cessant de fournir ces produits. Les autorités n'ont pas révélé de quelle manière elles se sont approvisionnées pour ce nouveau protocole, composé d'un sédatif --diazepam (Valium)--, d'un puissant analgésique --citrate de fentanyl--, d'un relaxant musculaire --bésylate de cisatracurium-- et de chlorure de potassium, qui arrête le coeur. Danielle Conrad, de l'antenne du Nebraska de la puissante Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), a dénoncé un «cocktail pour injection létale non testé et expérimental». «Nous sommes horrifiés», a-t-elle dit dans un communiqué. La peine de mort avait été supprimée par les parlementaires du Nebraska en 2015 mais elle a été réintroduite lors d'un référendum d'initiative populaire en 2016. Le nombre d'exécutions a reculé aux États-Unis au cours de la dernière décennie, avec 23 réalisées depuis le début de l'année, selon le Centre d'information sur la peine capitale. Il y en avait eu 98 en 1999 et 52 en 2009, par exemple.
Les responsables pénitentiaires ont informé jeudi Jose Sandoval, 38 ans, dans le couloir de la mort pour le meurtre de cinq personnes lors du braquage d'une banque en 2002, sur leur intention d'appliquer sa sentence par injection létale.

L'utilisation prévue d'un nouveau protocole médicamenteux pourrait entraîner des recours en justice, les opposants à la peine de mort ayant émis des inquiétudes à ce sujet.

«Toute nouvelle association médicamenteuse signifie que l'exécution est une sorte d'expérimentation humaine», a souligné auprès de l'AFP Robert Dunham, du Centre d'information sur la peine capitale.

«Ca ne veut pas dire que ça ne va pas marcher mais ça soulève de nouvelles questions auxquelles les prisonniers vont à coup sûr demander à la justice de répondre», a-t-il poursuivi.

Légalement, les autorités peuvent demander à ce que Jose Sandoval soit exécuté au plus tôt deux mois après l'avoir informé du nouveau protocole d'injection létale.

Si son exécution devait avoir lieu, il serait le premier prisonnier à être mis à mort au Nebraska depuis 1997 lorsque cet État utilisait la chaise électrique.

À l'instar de nombreux États, le Nebraska a peiné à trouver les substances nécessaires aux injections létales. Les groupes pharmaceutiques ont en effet cédé aux pressions de l'opinion publique en cessant de fournir ces produits.

Les autorités n'ont pas révélé de quelle manière elles se sont approvisionnées pour ce nouveau protocole, composé d'un sédatif --diazepam (Valium)--, d'un puissant analgésique --citrate de fentanyl--, d'un relaxant musculaire --bésylate de cisatracurium-- et de chlorure de potassium, qui arrête le coeur.

Danielle Conrad, de l'antenne du Nebraska de la puissante Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), a dénoncé un «cocktail pour injection létale non testé et expérimental». «Nous sommes horrifiés», a-t-elle dit dans un communiqué.

La peine de mort avait été supprimée par les parlementaires du Nebraska en 2015 mais elle a été réintroduite lors d'un référendum d'initiative populaire en 2016.

Le nombre d'exécutions a reculé aux États-Unis au cours de la dernière décennie, avec 23 réalisées depuis le début de l'année, selon le Centre d'information sur la peine capitale. Il y en avait eu 98 en 1999 et 52 en 2009, par exemple.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9629 Fri, 10 Nov 2017 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Le Mexique condamne l'exécution d'un de ses ressortissants au Texas http://www.peinedemort.org/document/9624 Washington - L'Etat américain du Texas a exécuté mercredi un Mexicain condamné pour meurtre, malgré la ferme opposition du Mexique et de vives critiques d'experts des Nations unies. "Mexico condamne l'exécution de Ruben Cardenas Ramirez", a immédiatement fait savoir le gouvernement mexicain par le canal de son ambassade à Washington. Le prisonnier de 47 ans a reçu une injection létale et a été déclaré décédé à 22h26 (04h26 GMT jeudi). Il avait été reconnu coupable d'avoir violé et tué sa cousine âgée de 16 ans, en 1997. Son avocat, Greg Kuykendall, a lancé en vain différents recours judiciaires, jusqu'à la Cour suprême à Washington, dans l'espoir d'obtenir un sursis de dernière minute. Mexico, tout comme les Nations unies, avaient pourtant officiellement demandé aux autorités américaines de renoncer à leur projet de mise à mort du prisonnier. Selon le Mexique, où la peine de mort a été officiellement abolie en 2005, M. Cardenas Ramirez s'est vu nier son droit à un avocat et son droit à une assistance consulaire, cette dernière étant pourtant prévue par la Convention de Vienne. "Pour l'Etat du Mexique, il ne s'agit pas d'une question de culpabilité ou d'innocence, mais de respect des droits de l'homme et des règles de justice", avait souligné Carlos Gonzalez Gutierrez, consul général du Mexique au Texas. "Depuis le début de son affaire", avait poursuivi le diplomate dans une tribune publiée par le journal Statesman à Austin, "on lui a refusé le bénéfice de ses droits". "Si l'exécution prévue de M. Cardenas se déroule, le gouvernement américain aura appliqué une peine de mort sans respecter les normes internationales", avaient de leur côté averti Agnès Callamard et Elina Steinerte, deux expertes de l'ONU spécialisées dans les droits de l'homme et les exécutions arbitraires. - 11 jours sans avocat - M. Cardenas Ramirez "n'a pas eu accès à un avocat durant ses 11 premiers jours de détention. A son procès, les procureurs se sont appuyés sur quelques-une des déclarations qu'il a faites lors de cette période", avaient-elles dénoncé. Ce dossier, s'inscrivant dans une phase de tension entre Mexico et Washington autour du projet de Donald Trump d'un mur frontalier anti-clandestins, est venu illustrer le problème des condamnés à mort mexicains aux Etats-Unis. Actuellement 75 ressortissants du Mexique font l'objet de poursuites pénales aux Etats-Unis, qui pourraient déboucher sur une condamnation à la peine capitale, et 54 autres ont déjà été condamnés à la peine de mort. Le gouvernement mexicain a d'ailleurs créé en 2000 un programme d'assistance juridique pour ces détenus encourant la mort aux Etats-Unis, une initiative connue sous l'acronyme de MCLAP. Le Mexique a par ailleurs déposé plainte le 9 janvier 2003 devant la Cour internationale de justice sur le cas de 51 de ses ressortissants, dont M. Cardenas Ramirez, condamnés au châtiment suprême aux Etats-Unis. - Consulat prévenu... ou pas - Dans son jugement le 31 mars 2004 la Cour "a conclu que les Etats-Unis avaient violé leurs obligations découlant de la loi internationale en ne notifiant pas aux autorités mexicaines l'arrestation de 51 de leurs ressortissants", a rappelé le consul Gonzalez Gutierrez. "Monsieur Cardenas Ramirez est le cinquième Mexicain exécuté en violation manifeste de l'arrêt de la Cour internationale de justice", a réagi le gouvernement mexicain. Les défenseurs de Ruben Cardenas Ramirez ont donc plaidé sans effet que l'assistance consulaire était pourtant cruciale. "Nous disposons de statistiques qui montrent que le taux de condamnation à la peine de mort des Mexicains est extrêmement bas quand le consulat mexicain a été convenablement informé et que son équipe d'assistance juridique a pu intervenir", a expliqué à l'AFP Greg Kuykendall. A l'opposé, a-t-il insisté, "dans les quelques cas où le programme d'aide légale du Mexique n'a pu assister ses ressortissants, alors ces personnes ont 100% de chance d'être condamnées à la peine de mort à l'issue de leur procès". Une autre exécution capitale a été pratiquée mercredi aux Etats-Unis, en Floride: Patrick Hannon avait été reconnu coupable d'un double homicide commis en 1991 avec l'aide de deux complices.
"Mexico condamne l'exécution de Ruben Cardenas Ramirez", a immédiatement fait savoir le gouvernement mexicain par le canal de son ambassade à Washington.

Le prisonnier de 47 ans a reçu une injection létale et a été déclaré décédé à 22h26 (04h26 GMT jeudi). Il avait été reconnu coupable d'avoir violé et tué sa cousine âgée de 16 ans, en 1997.


Son avocat, Greg Kuykendall, a lancé en vain différents recours judiciaires, jusqu'à la Cour suprême à Washington, dans l'espoir d'obtenir un sursis de dernière minute.

Mexico, tout comme les Nations unies, avaient pourtant officiellement demandé aux autorités américaines de renoncer à leur projet de mise à mort du prisonnier.


Selon le Mexique, où la peine de mort a été officiellement abolie en 2005, M. Cardenas Ramirez s'est vu nier son droit à un avocat et son droit à une assistance consulaire, cette dernière étant pourtant prévue par la Convention de Vienne.

"Pour l'Etat du Mexique, il ne s'agit pas d'une question de culpabilité ou d'innocence, mais de respect des droits de l'homme et des règles de justice", avait souligné Carlos Gonzalez Gutierrez, consul général du Mexique au Texas.

"Depuis le début de son affaire", avait poursuivi le diplomate dans une tribune publiée par le journal Statesman à Austin, "on lui a refusé le bénéfice de ses droits".

"Si l'exécution prévue de M. Cardenas se déroule, le gouvernement américain aura appliqué une peine de mort sans respecter les normes internationales", avaient de leur côté averti Agnès Callamard et Elina Steinerte, deux expertes de l'ONU spécialisées dans les droits de l'homme et les exécutions arbitraires.

- 11 jours sans avocat -
M. Cardenas Ramirez "n'a pas eu accès à un avocat durant ses 11 premiers jours de détention. A son procès, les procureurs se sont appuyés sur quelques-une des déclarations qu'il a faites lors de cette période", avaient-elles dénoncé.

Ce dossier, s'inscrivant dans une phase de tension entre Mexico et Washington autour du projet de Donald Trump d'un mur frontalier anti-clandestins, est venu illustrer le problème des condamnés à mort mexicains aux Etats-Unis.

Actuellement 75 ressortissants du Mexique font l'objet de poursuites pénales aux Etats-Unis, qui pourraient déboucher sur une condamnation à la peine capitale, et 54 autres ont déjà été condamnés à la peine de mort.

Le gouvernement mexicain a d'ailleurs créé en 2000 un programme d'assistance juridique pour ces détenus encourant la mort aux Etats-Unis, une initiative connue sous l'acronyme de MCLAP.

Le Mexique a par ailleurs déposé plainte le 9 janvier 2003 devant la Cour internationale de justice sur le cas de 51 de ses ressortissants, dont M. Cardenas Ramirez, condamnés au châtiment suprême aux Etats-Unis.

- Consulat prévenu... ou pas -

Dans son jugement le 31 mars 2004 la Cour "a conclu que les Etats-Unis avaient violé leurs obligations découlant de la loi internationale en ne notifiant pas aux autorités mexicaines l'arrestation de 51 de leurs ressortissants", a rappelé le consul Gonzalez Gutierrez.

"Monsieur Cardenas Ramirez est le cinquième Mexicain exécuté en violation manifeste de l'arrêt de la Cour internationale de justice", a réagi le gouvernement mexicain.

Les défenseurs de Ruben Cardenas Ramirez ont donc plaidé sans effet que l'assistance consulaire était pourtant cruciale.

"Nous disposons de statistiques qui montrent que le taux de condamnation à la peine de mort des Mexicains est extrêmement bas quand le consulat mexicain a été convenablement informé et que son équipe d'assistance juridique a pu intervenir", a expliqué à l'AFP Greg Kuykendall.

A l'opposé, a-t-il insisté, "dans les quelques cas où le programme d'aide légale du Mexique n'a pu assister ses ressortissants, alors ces personnes ont 100% de chance d'être condamnées à la peine de mort à l'issue de leur procès".

Une autre exécution capitale a été pratiquée mercredi aux Etats-Unis, en Floride: Patrick Hannon avait été reconnu coupable d'un double homicide commis en 1991 avec l'aide de deux complices. ]]>
http://www.peinedemort.org/document/9624 Thu, 09 Nov 2017 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Le Mexique s'oppose à une exécution prévue au Texas http://www.peinedemort.org/document/9621 L'État américain du Texas se préparait mercredi à exécuter un Mexicain condamné pour meurtre, une initiative suscitant une ferme opposition du Mexique et de vives critiques d'experts des Nations unies. Ruben Cardenas Ramirez, 47 ans, doit recevoir une injection létale à 18h. Il avait été reconnu coupable d'avoir en 1997 violé et tué sa cousine âgée de 16 ans. Son avocat, Greg Kuykendall, a confié à l'AFP son intention de lancer différents recours judiciaires jusqu'à l'heure fatidique, dans l'espoir d'obtenir un sursis de dernière minute. Le Mexique, où la peine de mort a été officiellement abolie en 2005, affirme que M. Cardenas Ramirez s'est vu nier son droit à un avocat et son droit à une assistance consulaire, cette dernière étant pourtant prévue par la Convention de Vienne. «Pour l'État du Mexique, il ne s'agit pas d'une question de culpabilité ou d'innocence, mais de respect des droits de l'homme et des règles de justice», a souligné Carlos Gonzalez Gutierrez, consul général du Mexique au Texas. «Depuis le début de son affaire», a poursuivi le diplomate dans une tribune publiée par le journal Statesman à Austin, «on lui a refusé le bénéfice de ses droits». Mexico et les Nations unies ont officiellement demandé aux autorités américaines de renoncer à leur projet de mise à mort du prisonnier. «Si l'exécution prévue de M. Cardenas se déroule, le gouvernement américain aura appliqué une peine de mort sans respecter les normes internationales», ont averti Agnès Callamard et Elina Steinerte, deux expertes de l'ONU spécialisées dans les droits de l'homme et les exécutions arbitraires. M. Cardenas Ramirez «n'a pas eu accès à un avocat durant ses 11 premiers jours de détention. À son procès, les procureurs se sont appuyés sur quelques-unes des déclarations qu'il a faites lors de cette période», ont-elles dénoncé. Ce dossier, s'inscrivant dans une phase de tension entre Mexico et Washington autour du projet de Donald Trump d'un mur frontalier anti-clandestins, vient illustrer le problème des condamnés à mort mexicains aux États-Unis. Actuellement 75 ressortissants du Mexique font l'objet de poursuites pénales aux États-Unis qui pourraient déboucher sur une condamnation à la peine capitale et 54 autres ont déjà été condamnés à la peine de mort. Le gouvernement mexicain a d'ailleurs créé en 2000 un programme d'assistance juridique pour ces détenus encourant la mort aux États-Unis, une initiative connue sous l'acronyme de MCLAP. Le Mexique a par ailleurs déposé plainte le 9 janvier 2003 devant la Cour internationale de justice sur le cas de 51 de ses ressortissants, dont M. Cardenas Ramirez, condamné au châtiment suprême aux États-Unis. Dans son jugement rendu le 31 mars 2004 la Cour «a conclu que les États-Unis avaient violé leurs obligations découlant de la loi internationale en ne notifiant pas aux autorités mexicaines l'arrestation de 51 de ses ressortissants», a rappelé le consul Gonzalez Gutierrez. Les défenseurs de Ruben Cardenas Ramirez font valoir que l'assistance consulaire est pourtant cruciale. «Nous disposons de statistiques qui montrent que le taux de condamnation à la peine de mort des Mexicains est extrêmement bas quand le consulat mexicain a été convenablement informé et que son équipe d'assistance juridique a pu intervenir», souligne Greg Kuykendall. À l'opposé, insiste-t-il, «dans les quelques cas où le programme d'aide légale du Mexique n'a pu assister ses ressortissants, alors ces personnes ont 100% de chance d'être condamnées à la peine de mort à l'issue de leur procès». Une autre exécution capitale était prévue mercredi aux États-Unis, en Floride: Patrick Hannon a été reconnu coupable d'un double homicide commis en 1991 avec l'aide de deux complices.
Ruben Cardenas Ramirez, 47 ans, doit recevoir une injection létale à 18h. Il avait été reconnu coupable d'avoir en 1997 violé et tué sa cousine âgée de 16 ans.

Son avocat, Greg Kuykendall, a confié à l'AFP son intention de lancer différents recours judiciaires jusqu'à l'heure fatidique, dans l'espoir d'obtenir un sursis de dernière minute.

Le Mexique, où la peine de mort a été officiellement abolie en 2005, affirme que M. Cardenas Ramirez s'est vu nier son droit à un avocat et son droit à une assistance consulaire, cette dernière étant pourtant prévue par la Convention de Vienne.


«Pour l'État du Mexique, il ne s'agit pas d'une question de culpabilité ou d'innocence, mais de respect des droits de l'homme et des règles de justice», a souligné Carlos Gonzalez Gutierrez, consul général du Mexique au Texas.

«Depuis le début de son affaire», a poursuivi le diplomate dans une tribune publiée par le journal Statesman à Austin, «on lui a refusé le bénéfice de ses droits».

Mexico et les Nations unies ont officiellement demandé aux autorités américaines de renoncer à leur projet de mise à mort du prisonnier.

«Si l'exécution prévue de M. Cardenas se déroule, le gouvernement américain aura appliqué une peine de mort sans respecter les normes internationales», ont averti Agnès Callamard et Elina Steinerte, deux expertes de l'ONU spécialisées dans les droits de l'homme et les exécutions arbitraires.

M. Cardenas Ramirez «n'a pas eu accès à un avocat durant ses 11 premiers jours de détention. À son procès, les procureurs se sont appuyés sur quelques-unes des déclarations qu'il a faites lors de cette période», ont-elles dénoncé.

Ce dossier, s'inscrivant dans une phase de tension entre Mexico et Washington autour du projet de Donald Trump d'un mur frontalier anti-clandestins, vient illustrer le problème des condamnés à mort mexicains aux États-Unis.

Actuellement 75 ressortissants du Mexique font l'objet de poursuites pénales aux États-Unis qui pourraient déboucher sur une condamnation à la peine capitale et 54 autres ont déjà été condamnés à la peine de mort.

Le gouvernement mexicain a d'ailleurs créé en 2000 un programme d'assistance juridique pour ces détenus encourant la mort aux États-Unis, une initiative connue sous l'acronyme de MCLAP.

Le Mexique a par ailleurs déposé plainte le 9 janvier 2003 devant la Cour internationale de justice sur le cas de 51 de ses ressortissants, dont M. Cardenas Ramirez, condamné au châtiment suprême aux États-Unis.

Dans son jugement rendu le 31 mars 2004 la Cour «a conclu que les États-Unis avaient violé leurs obligations découlant de la loi internationale en ne notifiant pas aux autorités mexicaines l'arrestation de 51 de ses ressortissants», a rappelé le consul Gonzalez Gutierrez.

Les défenseurs de Ruben Cardenas Ramirez font valoir que l'assistance consulaire est pourtant cruciale.

«Nous disposons de statistiques qui montrent que le taux de condamnation à la peine de mort des Mexicains est extrêmement bas quand le consulat mexicain a été convenablement informé et que son équipe d'assistance juridique a pu intervenir», souligne Greg Kuykendall.

À l'opposé, insiste-t-il, «dans les quelques cas où le programme d'aide légale du Mexique n'a pu assister ses ressortissants, alors ces personnes ont 100% de chance d'être condamnées à la peine de mort à l'issue de leur procès».

Une autre exécution capitale était prévue mercredi aux États-Unis, en Floride: Patrick Hannon a été reconnu coupable d'un double homicide commis en 1991 avec l'aide de deux complices.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9621 Wed, 08 Nov 2017 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Des avocats tentent de freiner l'exécution d'un Mexicain au Texas http://www.peinedemort.org/document/9622 Les avocats d'un citoyen mexicain dans le couloir de la mort, au Texas, se tournent vers la Cour suprême et plusieurs cours d'appel fédérales pour tenter par tous les moyens de freiner son exécution, prévue mercredi soir. Ruben Ramirez Cardenas a été condamné à la peine capitale pour l'enlèvement et le meurtre de sa cousine adolescente, il y a plus de 20 ans. Aujourd'hui âgé de 47 ans, le condamné était passé aux aveux devant les policiers. Il s'agirait du septième détenu à être exécuté cette année au Texas, l'État américain ayant plus souvent recours à la peine de mort. Tard mardi, ses avocats ont intenté une poursuite en affirmant que le droit de leur client à un procès équitable avait été violé par les autorités texanes, qui refusent de soumettre les preuves à d'autres tests d'ADN. Les procureurs de l'État objectent que le détenu ne peut pas démontrer comment des analyses plus poussées pourraient l'innocenter. Cette demande vise seulement à étirer les procédures, font-ils valoir. Les avocats de Ruben Ramirez Cardenas ont également saisi la Cour suprême de l'affaire, le jour même de l'exécution. L'avocate Maurie Levin a engagé une autre poursuite judiciaire mardi, signalant qu'on lui refuse l'accès à la salle d'exécution. Un porte-parole du département texan de justice pénale explique que Ruben Ramirez Cardenas n'avait tout simplement pas demandé à ce qu'elle soit présente avant mercredi. Me Levin avait également contesté la peine de son client en reprochant aux autorités de ne pas l'avoir informé qu'il avait droit à une aide consulaire. Étant né au Mexique, un pays où la peine de mort a été abolie, Ruben Ramirez Cardenas aurait pu obtenir un soutien légal du consulat mexicain au moment de son arrestation, en vertu de la Convention de Vienne sur les relations consulaires. Les tribunaux ont cependant déjà donné le feu vert à des exécutions dans des cas où la Convention aurait été violée.
Ruben Ramirez Cardenas a été condamné à la peine capitale pour l'enlèvement et le meurtre de sa cousine adolescente, il y a plus de 20 ans.

Aujourd'hui âgé de 47 ans, le condamné était passé aux aveux devant les policiers.

Il s'agirait du septième détenu à être exécuté cette année au Texas, l'État américain ayant plus souvent recours à la peine de mort.

Tard mardi, ses avocats ont intenté une poursuite en affirmant que le droit de leur client à un procès équitable avait été violé par les autorités texanes, qui refusent de soumettre les preuves à d'autres tests d'ADN.

Les procureurs de l'État objectent que le détenu ne peut pas démontrer comment des analyses plus poussées pourraient l'innocenter. Cette demande vise seulement à étirer les procédures, font-ils valoir.

Les avocats de Ruben Ramirez Cardenas ont également saisi la Cour suprême de l'affaire, le jour même de l'exécution.

L'avocate Maurie Levin a engagé une autre poursuite judiciaire mardi, signalant qu'on lui refuse l'accès à la salle d'exécution. Un porte-parole du département texan de justice pénale explique que Ruben Ramirez Cardenas n'avait tout simplement pas demandé à ce qu'elle soit présente avant mercredi.

Me Levin avait également contesté la peine de son client en reprochant aux autorités de ne pas l'avoir informé qu'il avait droit à une aide consulaire.

Étant né au Mexique, un pays où la peine de mort a été abolie, Ruben Ramirez Cardenas aurait pu obtenir un soutien légal du consulat mexicain au moment de son arrestation, en vertu de la Convention de Vienne sur les relations consulaires.

Les tribunaux ont cependant déjà donné le feu vert à des exécutions dans des cas où la Convention aurait été violée.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9622 Wed, 08 Nov 2017 00:00:00 +0100 Associated Press - AP
Nouvelle exécution au Texas d'un ressortissant mexicain en violation du droit international http://www.peinedemort.org/document/9627 Le Texas exécute le ressortissant mexicain Ramiro Hernández-Llanas, en violation de l'application de la Convention de Vienne sur les relations consulaires et malgré la demande de sursis de la Commission interaméricaine des droits de l'homme. En 2004, la Cour Internationale de Justice avait reconnu, dans son arrêt "Avena et autres ressortissants mexicains (Mexique c. Etats-Unis d'Amérique)" la violation des droits de 51 Mexicains dans les couloirs de la mort de prisons américaines, parce qu'ils n'avaient pas été informés de leur droit à une assistance consulaire, prévue à l'article 36 de la Convention de Vienne. Les Etats-Unis d'Amérique étaient tenus de procéder au réexamen et à la révision des verdicts de culpabilité rendus et des peines prononcées contre ces condamnés à mort mexicains, ce qu'ils n'ont pas fait. Comme pour quatre précédents cas de ressortissants mexicains, en 2008, 2011 et 2014, le Texas a procédé à l'exécution sans prendre en compte les pressants appels internationaux à surseoir à l'exécution.
En 2004, la Cour Internationale de Justice avait reconnu, dans son arrêt "Avena et autres ressortissants mexicains (Mexique c. Etats-Unis d'Amérique)" la violation des droits de 51 Mexicains dans les couloirs de la mort de prisons américaines, parce qu'ils n'avaient pas été informés de leur droit à une assistance consulaire, prévue à l'article 36 de la Convention de Vienne.
Les Etats-Unis d'Amérique étaient tenus de procéder au réexamen et à la révision des verdicts de culpabilité rendus et des peines prononcées contre ces condamnés à mort mexicains, ce qu'ils n'ont pas fait.

Comme pour quatre précédents cas de ressortissants mexicains, en 2008, 2011 et 2014, le Texas a procédé à l'exécution sans prendre en compte les pressants appels internationaux à surseoir à l'exécution.
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http://www.peinedemort.org/document/9627 Wed, 08 Nov 2017 00:00:00 +0100 Sophie Fotiadi
Attentat de New York: Trump veut la peine de mort pour son auteur (tweet) http://www.peinedemort.org/document/9615 Washington - Le président américain Donald Trump a réclamé mercredi sur son compte Twitter que l'auteur de l'attentat de New York, qui a fait huit morts, se voit infliger la peine de mort. "Le terroriste de NYC (pour New York city, ndlr) était satisfait et a demandé que le drapeau de l'EI soit accroché dans sa chambre d'hôpital. Il a tué 8 personnes et en a grièvement blessé 12. IL DEVRAIT ETRE CONDAMNE A MORT !", a écrit Donald Trump sur Twitter. Le président américain avait déjà évoqué la possibilité d'envoyer Sayfullo Saipov --un Ouzbek de 29 ans arrivé aux Etats-Unis en 2010-- à Guantanamo, la base américaine à Cuba qui sert de centre de détention controversé aux individus accusés d'avoir participé à des entreprises jihadistes. Auteur présumé de l'attentat de New York mardi, Sayfullo Saipov, blessé lors de son arrestation et hospitalisé depuis, a déclaré aux enquêteurs être "satisfait" de son acte et demandé que soit déployé dans sa chambre d'hôpital le drapeau noir du groupe jihadiste Etat islamique (EI). Saipov a reconnu être l'auteur des écrits en arabe mentionnant l'EI retrouvés à proximité du camion par les enquêteurs. Inculpté pour terrorisme, il est déjà cité pour deux chefs d'inculpation fédérale - violence et destruction de véhicules et soutien à une organisation terroriste étrangère--, qui l'exposent à la prison à perpétuité. Le procureur de Manhattan, Joon Kim, a même évoqué une procédure qui permettrait de requérir la peine de mort.
Washington - Le président américain Donald Trump a réclamé mercredi sur son compte Twitter que l'auteur de l'attentat de New York, qui a fait huit morts, se voit infliger la peine de mort.

"Le terroriste de NYC (pour New York city, ndlr) était satisfait et a demandé que le drapeau de l'EI soit accroché dans sa chambre d'hôpital. Il a tué 8 personnes et en a grièvement blessé 12. IL DEVRAIT ETRE CONDAMNE A MORT !", a écrit Donald Trump sur Twitter.

Le président américain avait déjà évoqué la possibilité d'envoyer Sayfullo Saipov --un Ouzbek de 29 ans arrivé aux Etats-Unis en 2010-- à Guantanamo, la base américaine à Cuba qui sert de centre de détention controversé aux individus accusés d'avoir participé à des entreprises jihadistes.

Auteur présumé de l'attentat de New York mardi, Sayfullo Saipov, blessé lors de son arrestation et hospitalisé depuis, a déclaré aux enquêteurs être "satisfait" de son acte et demandé que soit déployé dans sa chambre d'hôpital le drapeau noir du groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Saipov a reconnu être l'auteur des écrits en arabe mentionnant l'EI retrouvés à proximité du camion par les enquêteurs.

Inculpté pour terrorisme, il est déjà cité pour deux chefs d'inculpation fédérale - violence et destruction de véhicules et soutien à une organisation terroriste étrangère--, qui l'exposent à la prison à perpétuité.

Le procureur de Manhattan, Joon Kim, a même évoqué une procédure qui permettrait de requérir la peine de mort.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9615 Thu, 02 Nov 2017 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Le problème du mauvais avocat devant la justice américaine http://www.peinedemort.org/document/9611 En Amérique, la peine de mort est infligée "non pas aux pires meurtriers, mais à ceux qui ont les pires avocats", selon le pénaliste Stephen Bright: un dossier examiné lundi par la Cour suprême vient illustrer cette dérive du principe d'égalité des citoyens devant la justice. Carlos Ayestas, un homme d'origine hondurienne, a été condamné à la peine capitale pour avoir, en compagnie de deux complices, ligoté et battu à mort une femme de 67 ans dont ils cambriolaient le domicile en 1995. Selon ses défenseurs, le meurtrier avait un lourd passif: alcoolique depuis l'adolescence, toxicomane, victime de traumatismes crâniens, il souffrait de graves troubles psychiques. Il a été jugé dans le comté de Harris, au Texas, qui détient le record absolu des exécutions aux Etats-Unis. A lui seul ce comté a davantage exécuté que chacun des autres Etats américains appliquant la peine de mort. C'est la troisième fois en un an qu'un dossier concernant le comté de Harris, réputé ultra-répressif, arrive devant la Cour suprême des Etats-Unis, pays pourtant composé de quelque 3.000 comtés. "Cela montre qu'il y a là un problème", commente le juriste Robert Dunham: "De comté faisant figure d'exception, on est en train de passer à un comté hors-la-loi". Le code pénal américain stipule qu'un accusé sans ressources a droit à un avocat, à des moyens "nécessaires raisonnablement" pour sa défense, notamment pour financer des actes d'enquête susceptibles d'établir des circonstances atténuant la gravité de ses actes. Dans le cas de M. Ayestas, "l'avocat à son procès n'a rien fait durant un an et demi, jusqu'à environ un mois avant l'audience", souligne Lee Kovarsky, chargé de plaider pour le prisonnier à la Cour suprême. - Pas d'expertise mentale - "Un avocat sérieux doit vérifier l'histoire de son client sur le plan social, obtenir une expertise de sa santé mentale et rechercher quelle est la meilleure circonstance atténuante à exploiter. Rien de tout cela ne s'est produit". Une fois établie la culpabilité de Carlos Ayestas, ajoute-t-il, il aurait fallu se poser la question suivante avant de fixer la peine: "Fait-il partie des pires parmi les pires, mérite-t-il la peine de mort au regard des circonstances de sa vie?" Comme le rappelle Brandon Garrett, professeur à la Virginia School of Law, "le premier rôle de l'avocat d'un accusé encourant la peine capitale est de présenter au jury une raison de ne pas le condamner à mort". Mais, pour M. Ayestas, "rien de surprenant qu'il n'ait fallu que 12 minutes au jury pour décider de le condamner à mort, ils n'avaient aucune raison de ne pas le faire". Pour réparer les défenses défaillantes assurées par un avocat, il existe aux Etats-Unis la procédure d'habeas corpus, qui permet à une personne détenue de contester la condamnation prononcée contre elle au motif que cette condamnation a été obtenue en violation de ses droits constitutionnels. Mais, au Texas, la loi complique les choses pour les détenus, imposant aux avocats de prouver de façon préliminaire que la sentence aurait été différente si l'accusé avait été mieux représenté. - Bien défendre a un coût - Or, explique l'experte Emily Olson-Gault, "pour défendre les condamnés à mort il faut une équipe. Un avocat tout seul n'est pas suffisant", d'autant plus sans moyens financiers. En clair, il faut des travailleurs sociaux établissant une relation de confiance avec le détenu, pour que celui-ci se confie sur les éventuels traumatismes qu'il a subis, il faut des enquêteurs, il faut de l'argent pour des expertises médicales: autant d'éléments que le Texas a refusés dans le cas de M. Ayestas. Ses avocats espèrent donc que la Cour suprême à Washington réaffirmera avec force que les arguments de défense dont Carlos Ayestas a été privé étaient "nécessaires raisonnablement" pour lui trouver d'éventuelles circonstances atténuantes. L'expérience prouve notamment que les jurys sont sensibles aux arguments de santé mentale, même face aux crimes les plus barbares. Ainsi James Holmes, auteur d'un carnage en 2012 dans un cinéma dans le Colorado où il avait ouvert le feu sur les spectateurs, a échappé à la peine de mort, présentant des signes de démence.
Carlos Ayestas, un homme d'origine hondurienne, a été condamné à la peine capitale pour avoir, en compagnie de deux complices, ligoté et battu à mort une femme de 67 ans dont ils cambriolaient le domicile en 1995.

Selon ses défenseurs, le meurtrier avait un lourd passif: alcoolique depuis l'adolescence, toxicomane, victime de traumatismes crâniens, il souffrait de graves troubles psychiques.

Il a été jugé dans le comté de Harris, au Texas, qui détient le record absolu des exécutions aux Etats-Unis. A lui seul ce comté a davantage exécuté que chacun des autres Etats américains appliquant la peine de mort.

C'est la troisième fois en un an qu'un dossier concernant le comté de Harris, réputé ultra-répressif, arrive devant la Cour suprême des Etats-Unis, pays pourtant composé de quelque 3.000 comtés.

"Cela montre qu'il y a là un problème", commente le juriste Robert Dunham: "De comté faisant figure d'exception, on est en train de passer à un comté hors-la-loi".

Le code pénal américain stipule qu'un accusé sans ressources a droit à un avocat, à des moyens "nécessaires raisonnablement" pour sa défense, notamment pour financer des actes d'enquête susceptibles d'établir des circonstances atténuant la gravité de ses actes.

Dans le cas de M. Ayestas, "l'avocat à son procès n'a rien fait durant un an et demi, jusqu'à environ un mois avant l'audience", souligne Lee Kovarsky, chargé de plaider pour le prisonnier à la Cour suprême.

- Pas d'expertise mentale -

"Un avocat sérieux doit vérifier l'histoire de son client sur le plan social, obtenir une expertise de sa santé mentale et rechercher quelle est la meilleure circonstance atténuante à exploiter. Rien de tout cela ne s'est produit".

Une fois établie la culpabilité de Carlos Ayestas, ajoute-t-il, il aurait fallu se poser la question suivante avant de fixer la peine: "Fait-il partie des pires parmi les pires, mérite-t-il la peine de mort au regard des circonstances de sa vie?"

Comme le rappelle Brandon Garrett, professeur à la Virginia School of Law, "le premier rôle de l'avocat d'un accusé encourant la peine capitale est de présenter au jury une raison de ne pas le condamner à mort".

Mais, pour M. Ayestas, "rien de surprenant qu'il n'ait fallu que 12 minutes au jury pour décider de le condamner à mort, ils n'avaient aucune raison de ne pas le faire".

Pour réparer les défenses défaillantes assurées par un avocat, il existe aux Etats-Unis la procédure d'habeas corpus, qui permet à une personne détenue de contester la condamnation prononcée contre elle au motif que cette condamnation a été obtenue en violation de ses droits constitutionnels.

Mais, au Texas, la loi complique les choses pour les détenus, imposant aux avocats de prouver de façon préliminaire que la sentence aurait été différente si l'accusé avait été mieux représenté.

- Bien défendre a un coût -

Or, explique l'experte Emily Olson-Gault, "pour défendre les condamnés à mort il faut une équipe. Un avocat tout seul n'est pas suffisant", d'autant plus sans moyens financiers.

En clair, il faut des travailleurs sociaux établissant une relation de confiance avec le détenu, pour que celui-ci se confie sur les éventuels traumatismes qu'il a subis, il faut des enquêteurs, il faut de l'argent pour des expertises médicales: autant d'éléments que le Texas a refusés dans le cas de M. Ayestas.

Ses avocats espèrent donc que la Cour suprême à Washington réaffirmera avec force que les arguments de défense dont Carlos Ayestas a été privé étaient "nécessaires raisonnablement" pour lui trouver d'éventuelles circonstances atténuantes.

L'expérience prouve notamment que les jurys sont sensibles aux arguments de santé mentale, même face aux crimes les plus barbares.

Ainsi James Holmes, auteur d'un carnage en 2012 dans un cinéma dans le Colorado où il avait ouvert le feu sur les spectateurs, a échappé à la peine de mort, présentant des signes de démence.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9611 Mon, 30 Oct 2017 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
L'exécution au Texas d'un tueur en série reportée in extremis http://www.peinedemort.org/document/9598 Washington - L'Etat américain du Texas a reporté mercredi l'exécution d'un tueur en série, quelques heures seulement avant sa mise à mort, afin d'étudier des éléments pouvant le lier à un meurtre pour lequel un autre condamné est déjà dans les couloirs de la mort. Anthony Shore, 55 ans, surnommé le "Tourniquet killer" (le "tueur au garrot"), devait recevoir mercredi soir une injection létale dans sa prison au nord de Houston. Mais les procureurs texans craignaient que ce tueur en série, responsable du meurtre de quatre filles et jeunes femmes de 9 ans à 21 ans, ne s'accuse dans une lettre posthume d'un cinquième meurtre pour disculper un autre prisonnier et remettre ainsi en cause l'exécution de celui-ci. Ce dernier, Larry Swearingen, a été condamné pour le meurtre d'une jeune femme de 19 ans, Melissa Trotter, en 1998, et doit être exécuté le 18 novembre. "Nous demeurons absolument certains de la culpabilité de Swearingen", a écrit le procureur du Texas Brett Ligon au gouverneur Greg Abbott. Anthony Shore, père de famille, présenté comme particulièrement doué en musique, a avoué avoir violé et étranglé plusieurs filles et jeunes femmes d'origine hispanique sur une période d'une décennie. Son arrestation est intervenue huit ans après son dernier crime connu, le meurtre en 1995 d'une adolescente de 16 ans, Dana Sanchez. Anthony Shore a aussi assassiné une fillette de 9 ans, Diana Rebollar, et une autre adolescente, Laurie Tremblay, âgée de 14 ans. Mais c'est le viol et le meurtre en 1992 d'une jeune fille de 21 ans, Maria del Carmen Estrada, qui lui a valu sa condamnation à mort. Durant toutes ces années, Anthony Shore a mené une existence normale en apparence, travaillant, élevant ses filles et jouant dans des clubs de jazz. Ses proches avaient toutefois noté des éléments perturbants chez lui, notamment la fascination que semblait exercer sur lui la nuque de ses compagnes. A la fin des années 1990, il avait plaidé coupable d'agressions sexuelles sur ses filles et avait été enregistré sur le fichier des délinquants sexuels, les autorités prélevant son ADN. Des années plus tard, les policiers ont établi une correspondance entre son profil ADN et des fragments de matière prélevés sous les ongles du cadavre de Maria del Carmen Estrada. Placé en garde à vue, le suspect avait avoué ce meurtre ainsi que les autres. Après avoir demandé à être condamné à la peine de mort lors de son procès, Anthony Shore s'est ravisé durant sa détention et a passé ces dernières années à lancer des recours pour repousser la sentence.
Anthony Shore, 55 ans, surnommé le "Tourniquet killer" (le "tueur au garrot"), devait recevoir mercredi soir une injection létale dans sa prison au nord de Houston.

Mais les procureurs texans craignaient que ce tueur en série, responsable du meurtre de quatre filles et jeunes femmes de 9 ans à 21 ans, ne s'accuse dans une lettre posthume d'un cinquième meurtre pour disculper un autre prisonnier et remettre ainsi en cause l'exécution de celui-ci.

Ce dernier, Larry Swearingen, a été condamné pour le meurtre d'une jeune femme de 19 ans, Melissa Trotter, en 1998, et doit être exécuté le 18 novembre.

"Nous demeurons absolument certains de la culpabilité de Swearingen", a écrit le procureur du Texas Brett Ligon au gouverneur Greg Abbott.

Anthony Shore, père de famille, présenté comme particulièrement doué en musique, a avoué avoir violé et étranglé plusieurs filles et jeunes femmes d'origine hispanique sur une période d'une décennie.

Son arrestation est intervenue huit ans après son dernier crime connu, le meurtre en 1995 d'une adolescente de 16 ans, Dana Sanchez.

Anthony Shore a aussi assassiné une fillette de 9 ans, Diana Rebollar, et une autre adolescente, Laurie Tremblay, âgée de 14 ans. Mais c'est le viol et le meurtre en 1992 d'une jeune fille de 21 ans, Maria del Carmen Estrada, qui lui a valu sa condamnation à mort.

Durant toutes ces années, Anthony Shore a mené une existence normale en apparence, travaillant, élevant ses filles et jouant dans des clubs de jazz.

Ses proches avaient toutefois noté des éléments perturbants chez lui, notamment la fascination que semblait exercer sur lui la nuque de ses compagnes.

A la fin des années 1990, il avait plaidé coupable d'agressions sexuelles sur ses filles et avait été enregistré sur le fichier des délinquants sexuels, les autorités prélevant son ADN.

Des années plus tard, les policiers ont établi une correspondance entre son profil ADN et des fragments de matière prélevés sous les ongles du cadavre de Maria del Carmen Estrada.

Placé en garde à vue, le suspect avait avoué ce meurtre ainsi que les autres. Après avoir demandé à être condamné à la peine de mort lors de son procès, Anthony Shore s'est ravisé durant sa détention et a passé ces dernières années à lancer des recours pour repousser la sentence.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9598 Thu, 19 Oct 2017 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Le Texas exécute un homme emprisonné depuis l'âge de 15 ans http://www.peinedemort.org/document/9590 L'Etat américain du Texas a exécuté jeudi un homme condamné pour le meurtre d'un gardien de prison, malgré l'absence de preuves matérielles établissant l'implication directe du détenu dans cet homicide. Robert Pruett, 38 ans, n'aura pas vécu un seul jour de sa vie d'adulte hors d'une prison. Il a été exécuté à 18H46 locales (23h46 GMT), une heure environ après que la Cour suprême des Etats-Unis a rejeté les ultimes recours en clémence lancés par ses avocats. "Je veux juste dire à tout le monde ici que je vous aime tellement. J'ai fait du mal à beaucoup de gens et beaucoup m'ont fait du mal", a-t-il confié dans sa dernière déclaration. "J'ai dû apprendre les leçons de la vie à la dure. Un jour, on n'aura plus besoin de faire du mal aux gens", a-t-il poursuivi avant de dire ses adieux, selon un communiqué du département de la Justice pénale du Texas. Robert Pruett n'avait que 15 ans quand il a été arrêté pour complicité d'un homicide commis par son père. Il avait alors été condamné à une peine de 99 ans derrière les barreaux, selon une loi très controversée du Texas qui fait encourir une sanction identique au principal acteur d'un homicide et à ses complices. Cette sentence équivalant à une réclusion à perpétuité a été critiquée comme illustrant un système pénal ultra-répressif, n'offrant aucun espoir à un adolescent à l'enfance ballottée entre une mère toxicomane et un père souvent emprisonné. Robert Pruett avait commencé à l'âge de sept ans à consommer des stupéfiants, et il en vendait dès l'école primaire. Tout en étant mineur, il avait été incarcéré dans une prison pour adultes. A l'âge de 20 ans, il s'est retrouvé accusé du meurtre d'un agent pénitentiaire. Daniel Nagle avait été retrouvé baignant dans son sang, poignardé avec une tige de métal. Il venait d'écrire un rapport disciplinaire sur Robert Pruett, qui a toujours clamé son innocence. Les procureurs ont assuré que Pruett avait tué le gardien en représailles de ce rapport défavorable. Le détenu affirme de son côté avoir été victime d'un coup monté par des agents corrompus et d'autres prisonniers. Depuis 2013, Robert Pruett a échappé à plusieurs reprises à une exécution programmée, en exigeant des analyses ADN sur les vêtements, l'arme du crime et le rapport disciplinaire déchiré. Ces analyses se sont révélées non concluantes et n'ont pas prouvé la présence de Pruett sur le théâtre de l'homicide du gardien Nagle. Les résultats n'ont toutefois pas été jugés suffisamment probants pour remettre en question le verdict. La famille de Daniel Nagle a réagi à l'annonce de l'exécution à travers sa soeur Nora Oyler, citée dans le communiqué des autorités texanes: "Même si cela fait 18 ans qu'on nous l'a enlevé, Daniel nous manque encore chaque jour et l'exécution ne diminuera en aucune façon notre perte. Nous avons choisi de passer ce moment loin des médias pour pouvoir célébrer la vie de Daniel et non pas la tragédie de sa mort".
Robert Pruett, 38 ans, n'aura pas vécu un seul jour de sa vie d'adulte hors d'une prison. Il a été exécuté à 18H46 locales (23h46 GMT), une heure environ après que la Cour suprême des Etats-Unis a rejeté les ultimes recours en clémence lancés par ses avocats.

"Je veux juste dire à tout le monde ici que je vous aime tellement. J'ai fait du mal à beaucoup de gens et beaucoup m'ont fait du mal", a-t-il confié dans sa dernière déclaration.

"J'ai dû apprendre les leçons de la vie à la dure. Un jour, on n'aura plus besoin de faire du mal aux gens", a-t-il poursuivi avant de dire ses adieux, selon un communiqué du département de la Justice pénale du Texas.

Robert Pruett n'avait que 15 ans quand il a été arrêté pour complicité d'un homicide commis par son père.

Il avait alors été condamné à une peine de 99 ans derrière les barreaux, selon une loi très controversée du Texas qui fait encourir une sanction identique au principal acteur d'un homicide et à ses complices.

Cette sentence équivalant à une réclusion à perpétuité a été critiquée comme illustrant un système pénal ultra-répressif, n'offrant aucun espoir à un adolescent à l'enfance ballottée entre une mère toxicomane et un père souvent emprisonné.

Robert Pruett avait commencé à l'âge de sept ans à consommer des stupéfiants, et il en vendait dès l'école primaire. Tout en étant mineur, il avait été incarcéré dans une prison pour adultes.

A l'âge de 20 ans, il s'est retrouvé accusé du meurtre d'un agent pénitentiaire. Daniel Nagle avait été retrouvé baignant dans son sang, poignardé avec une tige de métal. Il venait d'écrire un rapport disciplinaire sur Robert Pruett, qui a toujours clamé son innocence.

Les procureurs ont assuré que Pruett avait tué le gardien en représailles de ce rapport défavorable. Le détenu affirme de son côté avoir été victime d'un coup monté par des agents corrompus et d'autres prisonniers.

Depuis 2013, Robert Pruett a échappé à plusieurs reprises à une exécution programmée, en exigeant des analyses ADN sur les vêtements, l'arme du crime et le rapport disciplinaire déchiré.

Ces analyses se sont révélées non concluantes et n'ont pas prouvé la présence de Pruett sur le théâtre de l'homicide du gardien Nagle. Les résultats n'ont toutefois pas été jugés suffisamment probants pour remettre en question le verdict.

La famille de Daniel Nagle a réagi à l'annonce de l'exécution à travers sa soeur Nora Oyler, citée dans le communiqué des autorités texanes: "Même si cela fait 18 ans qu'on nous l'a enlevé, Daniel nous manque encore chaque jour et l'exécution ne diminuera en aucune façon notre perte. Nous avons choisi de passer ce moment loin des médias pour pouvoir célébrer la vie de Daniel et non pas la tragédie de sa mort". ]]>
http://www.peinedemort.org/document/9590 Fri, 13 Oct 2017 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Un condamné à mort exécuté par injection létale au Texas http://www.peinedemort.org/document/9591 AUSTIN, Texas (Reuters) - Condamné à mort pour avoir tué un surveillant pénitentiaire en 1999, Robert Pruett, 38 ans, a été exécuté jeudi à la prison de Huntsville, au Texas. Selon les autorités texanes, le condamné est mort à 18h46 (23h46 GMT) après avoir subi une injection létale. Robert Pruett est le 544e condamné à mort à recevoir la peine capitale au Texas depuis 1976, année du rétablissement de la peine de mort. Une heure avant l'heure prévue de l'exécution, la Cour suprême avait rejeté un ultime recours. La décision n'a pas été motivée. Incarcéré alors qu'il était encore mineur, Robert Pruett purgeait une peine de 99 ans pour sa complicité dans un meurtre commis par son père lorsqu'il a tué un surveillant.
Selon les autorités texanes, le condamné est mort à 18h46 (23h46 GMT) après avoir subi une injection létale.

Robert Pruett est le 544e condamné à mort à recevoir la peine capitale au Texas depuis 1976, année du rétablissement de la peine de mort.

Une heure avant l'heure prévue de l'exécution, la Cour suprême avait rejeté un ultime recours. La décision n'a pas été motivée.

Incarcéré alors qu'il était encore mineur, Robert Pruett purgeait une peine de 99 ans pour sa complicité dans un meurtre commis par son père lorsqu'il a tué un surveillant.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9591 Fri, 13 Oct 2017 00:00:00 +0200 Reuters
Un condamné à mort exécuté en Floride http://www.peinedemort.org/document/9569 Washington - Un homme condamné à mort pour un double meurtre dont il s'est toujours dit innocent a été exécuté jeudi soir en Floride, a rapporté la chaîne locale CBS12. Michael Lambrix a reçu une injection létale peu après 22h00 heure locale (02h00 GMT vendredi), après le rejet par la Cour suprême à Washington d'un ultime recours judiciaire du prisonnier. M. Lambrix, 57 ans, avait été condamné à la peine capitale pour les meurtres d'Aleisha Bryant et de Clarence Moore en 1983 dans la ville de Labelle, au coeur de la Floride. Il affirmait être innocent depuis plus de trois décennies. "Cela ne va pas être une exécution, cela va être un meurtre commis de sang froid", avait déclaré le détenu, autorisé à rencontrer mardi des journalistes au parloir de sa prison. "L'Etat de Floride va délibérément mettre à mort un innocent", avait-il ajouté. Michael Lambrix avait été reconnu coupable d'avoir tué Clarence Moore et Aleisha Bryant à l'issue d'une soirée festive. Il a toujours affirmé avoir tué Moore en état de légitime défense, après que celui-ci eut assassiné Bryant. Il avait refusé une procédure de plaider coupable qui lui aurait évité la peine de mort et lui aurait permis d'être libéré il y a une dizaine d'années. Il avait été condamné par un jury non unanime, une exception locale. Plusieurs de ses exécutions prévues ont été suspendues à la dernière minute, notamment le 30 novembre 1988 où il avait été conduit jusqu'à la chaise électrique. La Floride présentait la particularité de ne pas exiger l'unanimité des jurés pour condamner à mort un accusé et elle se différenciait également par son système où le jury rendait "une condamnation consultative", que n'était pas obligé de suivre le juge présidant les assises. La Cour suprême des Etats-Unis a jugé en 2016 que ce processus violait la Constitution. Mais la justice de Floride a ensuite décidé que les condamnations à mort antérieures à juin 2002 resteraient valides. L'Etat voisin de l'Alabama prévoyait également d'exécuter un condamné à mort jeudi soir, mais un tribunal fédéral a suspendu jeudi cette exécution. Le procureur général de l'Alabama pourrait faire appel de la décision.
Michael Lambrix a reçu une injection létale peu après 22h00 heure locale (02h00 GMT vendredi), après le rejet par la Cour suprême à Washington d'un ultime recours judiciaire du prisonnier.

M. Lambrix, 57 ans, avait été condamné à la peine capitale pour les meurtres d'Aleisha Bryant et de Clarence Moore en 1983 dans la ville de Labelle, au coeur de la Floride. Il affirmait être innocent depuis plus de trois décennies.

"Cela ne va pas être une exécution, cela va être un meurtre commis de sang froid", avait déclaré le détenu, autorisé à rencontrer mardi des journalistes au parloir de sa prison.

"L'Etat de Floride va délibérément mettre à mort un innocent", avait-il ajouté.

Michael Lambrix avait été reconnu coupable d'avoir tué Clarence Moore et Aleisha Bryant à l'issue d'une soirée festive. Il a toujours affirmé avoir tué Moore en état de légitime défense, après que celui-ci eut assassiné Bryant.

Il avait refusé une procédure de plaider coupable qui lui aurait évité la peine de mort et lui aurait permis d'être libéré il y a une dizaine d'années.

Il avait été condamné par un jury non unanime, une exception locale. Plusieurs de ses exécutions prévues ont été suspendues à la dernière minute, notamment le 30 novembre 1988 où il avait été conduit jusqu'à la chaise électrique.

La Floride présentait la particularité de ne pas exiger l'unanimité des jurés pour condamner à mort un accusé et elle se différenciait également par son système où le jury rendait "une condamnation consultative", que n'était pas obligé de suivre le juge présidant les assises.

La Cour suprême des Etats-Unis a jugé en 2016 que ce processus violait la Constitution. Mais la justice de Floride a ensuite décidé que les condamnations à mort antérieures à juin 2002 resteraient valides.

L'Etat voisin de l'Alabama prévoyait également d'exécuter un condamné à mort jeudi soir, mais un tribunal fédéral a suspendu jeudi cette exécution. Le procureur général de l'Alabama pourrait faire appel de la décision.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9569 Fri, 06 Oct 2017 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Etats-Unis. Un homme noir échappe de peu à la peine de mort http://www.peinedemort.org/document/9560 La Cour suprême des Etats-Unis a accordé mardi soir un sursis inespéré à un Noir condamné pour meurtre, qui devait être exécuté dans l'Etat de Géorgie. La décision de la plus haute instance judiciaire américaine est tombée à l'issue d'une éprouvante soirée d'attente au cours de laquelle Keith Tharpe avait été préparé à recevoir une injection létale dans sa prison. Mais, après avoir d'abord retardé l'exécution initialement prévue à 19h00 (23h00 GMT), la haute cour de Washington a finalement ordonné sa suspension in extremis. M. Tharpe avait été condamné à la peine capitale par un jury comprenant un homme convaincu que les Noirs étaient dépourvus d'âme. C'est principalement sur ce fondement que les avocats du prisonnier avaient lancé d'ultimes recours, assurant que le racisme avait joué un «rôle crucial» dans la sentence. Les défenseurs du condamné soutenaient également que M. Tharpe, 59 ans, devrait être épargné en raison de ses problèmes de santé mentale. La Cour suprême n'a pas motivé sa décision de suspendre l'exécution, mais trois juges conservateurs sur les neuf de l'institution ont fait savoir leur opposition à cette suspension. «Deux sortes de Noirs» A l'époque de son crime, en septembre 1990, Keith Tharpe vivait séparé de son épouse. Il avait arrêté celle-ci en route vers son travail, la femme étant accompagnée de sa soeur, Jacquelin Freeman. L'homme avait forcé sa belle-soeur à se réfugier à l'arrière du véhicule, la blessant d'un coup de feu. Puis il l'avait jetée dans un fossé, l'achevant par balle. Selon les procureurs, il avait ensuite violé sa femme et l'avait forcée à retirer de l'argent, mais la victime était parvenue à appeler la police. Trois mois plus tard, Keith Tharpe avait été reconnu coupable du meurtre de Mme Freeman. Le jury, se prononçant à l'unanimité, ainsi que l'exige la loi en Géorgie, avait rendu un verdict de peine capitale. En mai 1998, des avocats d'une ONG offrant une assistance juridique gratuite aux détenus s'étaient entretenus avec les jurés qui avaient décidé la sentence. L'un d'entre eux, un homme blanc nommé Barney Gattie, leur avait livré ce commentaire: «Selon mon expérience, j'ai observé qu'il existait deux sortes de Noirs: les bons vieux Noirs et les nègres». «Après avoir étudié la Bible, j'en suis venu à me demander si les Noirs avaient une âme», avait ajouté le juré aujourd'hui décédé. M. Gattie avait validé, à plusieurs semaines d'intervalle, la teneur de son discours, affirmant seulement n'avoir pas employé le terme «nègre» comme une injure, malgré sa connotation extrêmement raciste. Il avait signé un procès-verbal écrit reproduisant ses déclarations. Conscients du dommage potentiel pour leur action, les procureurs avaient ensuite persuadé Barney Gattie de renier ses propos, dans un autre procès-verbal, en affirmant que le juré était saoul quand il s'était exprimé la première fois. Jurisprudence favorable Reste que les avocats du condamné espéraient un coup de théâtre de dernière minute en sa faveur, ce qu'ils ont finalement obtenu. «Un juré qui met en doute le fait que les Noirs ont une âme ne peut se forger une opinion morale sensée sur le fait de savoir si un accusé noir comme M. Tharpe doit encourir le châtiment suprême», avait affirmé Sherrilyn Ifill, présidente du Fonds juridique de la NAACP, la plus importante organisation de défense des Noirs américains. Dans plusieurs affaires emblématiques ces dernières années, la Cour suprême des Etats-Unis a établi avec force que les préjugés racistes n'avaient pas leur place dans le système judiciaire américain. La haute cour a notamment suspendu en février l'exécution d'un Texan qui avait été présenté lors de son procès comme potentiellement plus dangereux car étant un Noir. Les sages de Washington ont également tranché en mai 2016 en faveur d'un Noir condamné à mort par un jury composé de 12 Blancs sélectionnés selon des critères racistes. Keith Tharpe reste condamné à mort et la Cour suprême doit désormais décider si elle examinera son appel contre sa condamnation.
La décision de la plus haute instance judiciaire américaine est tombée à l'issue d'une éprouvante soirée d'attente au cours de laquelle Keith Tharpe avait été préparé à recevoir une injection létale dans sa prison.

Mais, après avoir d'abord retardé l'exécution initialement prévue à 19h00 (23h00 GMT), la haute cour de Washington a finalement ordonné sa suspension in extremis.

M. Tharpe avait été condamné à la peine capitale par un jury comprenant un homme convaincu que les Noirs étaient dépourvus d'âme. C'est principalement sur ce fondement que les avocats du prisonnier avaient lancé d'ultimes recours, assurant que le racisme avait joué un «rôle crucial» dans la sentence.

Les défenseurs du condamné soutenaient également que M. Tharpe, 59 ans, devrait être épargné en raison de ses problèmes de santé mentale. La Cour suprême n'a pas motivé sa décision de suspendre l'exécution, mais trois juges conservateurs sur les neuf de l'institution ont fait savoir leur opposition à cette suspension.

«Deux sortes de Noirs»

A l'époque de son crime, en septembre 1990, Keith Tharpe vivait séparé de son épouse. Il avait arrêté celle-ci en route vers son travail, la femme étant accompagnée de sa soeur, Jacquelin Freeman. L'homme avait forcé sa belle-soeur à se réfugier à l'arrière du véhicule, la blessant d'un coup de feu. Puis il l'avait jetée dans un fossé, l'achevant par balle. Selon les procureurs, il avait ensuite violé sa femme et l'avait forcée à retirer de l'argent, mais la victime était parvenue à appeler la police.

Trois mois plus tard, Keith Tharpe avait été reconnu coupable du meurtre de Mme Freeman. Le jury, se prononçant à l'unanimité, ainsi que l'exige la loi en Géorgie, avait rendu un verdict de peine capitale.

En mai 1998, des avocats d'une ONG offrant une assistance juridique gratuite aux détenus s'étaient entretenus avec les jurés qui avaient décidé la sentence. L'un d'entre eux, un homme blanc nommé Barney Gattie, leur avait livré ce commentaire: «Selon mon expérience, j'ai observé qu'il existait deux sortes de Noirs: les bons vieux Noirs et les nègres». «Après avoir étudié la Bible, j'en suis venu à me demander si les Noirs avaient une âme», avait ajouté le juré aujourd'hui décédé.

M. Gattie avait validé, à plusieurs semaines d'intervalle, la teneur de son discours, affirmant seulement n'avoir pas employé le terme «nègre» comme une injure, malgré sa connotation extrêmement raciste. Il avait signé un procès-verbal écrit reproduisant ses déclarations.

Conscients du dommage potentiel pour leur action, les procureurs avaient ensuite persuadé Barney Gattie de renier ses propos, dans un autre procès-verbal, en affirmant que le juré était saoul quand il s'était exprimé la première fois.

Jurisprudence favorable

Reste que les avocats du condamné espéraient un coup de théâtre de dernière minute en sa faveur, ce qu'ils ont finalement obtenu. «Un juré qui met en doute le fait que les Noirs ont une âme ne peut se forger une opinion morale sensée sur le fait de savoir si un accusé noir comme M. Tharpe doit encourir le châtiment suprême», avait affirmé Sherrilyn Ifill, présidente du Fonds juridique de la NAACP, la plus importante organisation de défense des Noirs américains.

Dans plusieurs affaires emblématiques ces dernières années, la Cour suprême des Etats-Unis a établi avec force que les préjugés racistes n'avaient pas leur place dans le système judiciaire américain.

La haute cour a notamment suspendu en février l'exécution d'un Texan qui avait été présenté lors de son procès comme potentiellement plus dangereux car étant un Noir. Les sages de Washington ont également tranché en mai 2016 en faveur d'un Noir condamné à mort par un jury composé de 12 Blancs sélectionnés selon des critères racistes.

Keith Tharpe reste condamné à mort et la Cour suprême doit désormais décider si elle examinera son appel contre sa condamnation.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9560 Wed, 27 Sep 2017 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Texas. Harvey offre un sursis inespéré à un condamné à mort http://www.peinedemort.org/document/9544 S'il a fait au moins une dizaine de morts en ravageant le Texas, l'ouragan Harvey aura en même temps permis de rallonger de quelques mois la durée de vie d'un condamné à la peine capitale, qui ne sera pas exécuté la semaine prochaine. Il était prévu que Juan Castillo reçoive une injection létale jeudi 7 septembre, mais un juge a pris mercredi une ordonnance repoussant l'exécution au 14 décembre en raison de la catastrophe climatique. Plusieurs des avocats du prisonnier résident en effet dans le comté texan de Harris, actuellement en proie à des inondations d'ampleur historique. Prenant acte de cette situation, le bureau du procureur de Bexar, un autre comté incluant la ville de San Antonio, a de lui-même demandé ce report. Le magistrat Jefferson Moore a répondu favorablement à la demande, offrant trois mois de réclusion supplémentaire au détenu, qui a déjà passé plus d'une décennie derrière les barreaux. M. Castillo avait été reconnu coupable d'avoir dévalisé et tué par balle en décembre 2003 un jeune rappeur de la région, Tommy Garcia. Le Texas est l'État américain qui a procédé au plus grand nombre d'exécutions depuis 40 ans.
Il était prévu que Juan Castillo reçoive une injection létale jeudi 7 septembre, mais un juge a pris mercredi une ordonnance repoussant l'exécution au 14 décembre en raison de la catastrophe climatique.

Plusieurs des avocats du prisonnier résident en effet dans le comté texan de Harris, actuellement en proie à des inondations d'ampleur historique. Prenant acte de cette situation, le bureau du procureur de Bexar, un autre comté incluant la ville de San Antonio, a de lui-même demandé ce report.

Le magistrat Jefferson Moore a répondu favorablement à la demande, offrant trois mois de réclusion supplémentaire au détenu, qui a déjà passé plus d'une décennie derrière les barreaux.

M. Castillo avait été reconnu coupable d'avoir dévalisé et tué par balle en décembre 2003 un jeune rappeur de la région, Tommy Garcia. Le Texas est l'État américain qui a procédé au plus grand nombre d'exécutions depuis 40 ans.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9544 Wed, 30 Aug 2017 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Le rapporteur condamne la récente exécution en Floride et l'essai d'une nouvelle substance létale http://www.peinedemort.org/document/9537 Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe - QUESTIONS JURIDIQUES ET DROITS DE L'HOMME Yves Cruchten (Luxembourg, SOC), rapporteur général de l'APCE sur l'abolition de la peine de mort, a exprimé son indignation face à l'exécution jeudi dernier en Floride de Mark James Asay, condamné pour un double meurtre en 1988. « Cette exécution a été réalisée avec un médicament encore jamais utilisé dans un cocktail létal aux Etats-Unis, l'étomidate – qui remplace le midazolam, sédatif déjà controversé – qui peut se révéler douloureux avant de faire effet et provoquer de sévères irritations et brûlures, selon les médecins », a souligné le rapporteur. « La peine de mort est une forme de châtiment qui constitue une violation inadmissible des droits de l'homme, quel que soit le crime commis », a déclaré M. Cruchten, qui a appelé la Floride à mettre un terme aux exécutions et à interrompre immédiatement l'usage de médicaments expérimentaux. La dernière exécution en Floride remonte au 7 janvier 2016.

Yves Cruchten (Luxembourg, SOC), rapporteur général de l'APCE sur l'abolition de la peine de mort, a exprimé son indignation face à l'exécution jeudi dernier en Floride de Mark James Asay, condamné pour un double meurtre en 1988.

« Cette exécution a été réalisée avec un médicament encore jamais utilisé dans un cocktail létal aux Etats-Unis, l'étomidate – qui remplace le midazolam, sédatif déjà controversé – qui peut se révéler douloureux avant de faire effet et provoquer de sévères irritations et brûlures, selon les médecins », a souligné le rapporteur.

« La peine de mort est une forme de châtiment qui constitue une violation inadmissible des droits de l'homme, quel que soit le crime commis », a déclaré M. Cruchten, qui a appelé la Floride à mettre un terme aux exécutions et à interrompre immédiatement l'usage de médicaments expérimentaux.

La dernière exécution en Floride remonte au 7 janvier 2016.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9537 Tue, 29 Aug 2017 00:00:00 +0200 Conseil de l'Europe
La Floride a utilisé un nouveau sédatif pour sa première exécution en 18 mois http://www.peinedemort.org/document/9526 (Agence France-Presse) Miami - La Floride a mené jeudi sa première exécution depuis 18 mois, en remplaçant le sédatif très controversé midazolam par un médicament encore jamais utilisé dans un cocktail létal aux États-Unis. Accusé d'un double meurtre, Mark James Asay, 53 ans, a été exécuté à 18h22 dans la prison d'État de Floride. Il a pris son dernier repas à 9h30 du matin, et a demandé «des côtelettes de porc, du jambon frit, des frites, une glace à la vanille et une canette de Coca-Cola», a détaillé l'administration pénitentiaire de Floride, en précisant que Mark James Asay n'avait pas de «dernières paroles». Il était condamné pour les meurtres de Robert Lee Booker et Robert McDowell, commis en 1987 dans cet État du sud-est des États-Unis. «Le département des administrations pénitentiaires de Floride respecte la loi et applique la condamnation du tribunal», avait déclaré avant l'exécution une porte-parole, Ashley Cook, soulignant que cette institution avait pour objectif de s'assurer que «la procédure d'injection létale soit humaine et digne». Accusé de ne pas suffisamment plonger le condamné dans l'inconscience, et donc de provoquer des souffrances inutiles, le midazolam a suscité une forte polémique aux États-Unis et a déclenché plusieurs blocages juridiques. Pour l'exécution de Mark James Asay, les autorités pénitentiaires ont donc décidé de remplacer le midazolam par de l'étomidate, un agent anesthésiant encore jamais utilisé parmi les trois produits constituant l'injection létale. Mais il est parfois difficile d'administrer ce sédatif, commercialisé sous le nom Amidate, qui peut provoquer de sévères irritations et brûlures, met en garde Jonathan Groner, chirurgien, professeur à l'université d'État de l'Ohio et opposant à la peine capitale. L'étomidate «est un médicament très spécifique et très dangereux quand on l'administre par intraveineuse, car il peut provoquer des blessures très sérieuses si ce n'est pas fait correctement», a déclaré Jonathan Groner. «Cela peut être extrêmement douloureux», a-t-il souligné, particulièrement quand l'étomidate «est injecté dans des veines abîmées, or beaucoup de détenus dans le couloir de la mort ont les veines abîmées à cause de leur âge ou parce qu'ils ont un passé de toxicomanie». Le laboratoire Janssen (groupe Johnson & Johnson), qui a crée l'étomidate il y a plusieurs décennies, a protesté contre ce nouvel usage. «Nous n'approuvons pas l'usage de nos médicaments dans des injections létales servant à la peine capitale», a réagi mardi un porte-parole, Greg Panico, dans un entretien au Washington Post. «Janssen découvre et développe des innovations médicales pour sauver et améliorer des vies», a-t-il souligné. Homicide aux relents racistes Mark James Asay est le premier Blanc à être mis à mort pour avoir tué un Noir en Floride, sur un total de 92 exécutions en 41 ans, depuis que cet État a rétabli la peine capitale en 1976, selon le centre d'information sur la peine de mort. Mark James Asay avait lancé des insultes racistes juste avant d'abattre Robert Lee Booker, un Noir américain, selon les procureurs. Il avait tué son autre victime, Robert McDowell, alors que ce dernier était apparemment habillé en femme et que M. Asay venait de le payer en échange de relations sexuelles. La dernière exécution en Floride remontait jusqu'ici à celle d'Oscar Ray Bolin, le 7 janvier 2016. Cinq jours plus tard, la Cour suprême américaine jugeait inconstitutionnel le système de condamnation capitale dans cet État, car donnant trop de pouvoir au juge au détriment des jurés. La Floride était alors l'un des seuls États américains à ne pas exiger l'unanimité des jurés pour condamner à mort un accusé. En mars dernier, son gouverneur, Rick Scott, a finalement signé une loi exigeant l'unanimité du jury.
Accusé d'un double meurtre, Mark James Asay, 53 ans, a été exécuté à 18h22 dans la prison d'État de Floride.

Il a pris son dernier repas à 9h30 du matin, et a demandé «des côtelettes de porc, du jambon frit, des frites, une glace à la vanille et une canette de Coca-Cola», a détaillé l'administration pénitentiaire de Floride, en précisant que Mark James Asay n'avait pas de «dernières paroles».

Il était condamné pour les meurtres de Robert Lee Booker et Robert McDowell, commis en 1987 dans cet État du sud-est des États-Unis.

«Le département des administrations pénitentiaires de Floride respecte la loi et applique la condamnation du tribunal», avait déclaré avant l'exécution une porte-parole, Ashley Cook, soulignant que cette institution avait pour objectif de s'assurer que «la procédure d'injection létale soit humaine et digne».


Accusé de ne pas suffisamment plonger le condamné dans l'inconscience, et donc de provoquer des souffrances inutiles, le midazolam a suscité une forte polémique aux États-Unis et a déclenché plusieurs blocages juridiques.

Pour l'exécution de Mark James Asay, les autorités pénitentiaires ont donc décidé de remplacer le midazolam par de l'étomidate, un agent anesthésiant encore jamais utilisé parmi les trois produits constituant l'injection létale.

Mais il est parfois difficile d'administrer ce sédatif, commercialisé sous le nom Amidate, qui peut provoquer de sévères irritations et brûlures, met en garde Jonathan Groner, chirurgien, professeur à l'université d'État de l'Ohio et opposant à la peine capitale.

L'étomidate «est un médicament très spécifique et très dangereux quand on l'administre par intraveineuse, car il peut provoquer des blessures très sérieuses si ce n'est pas fait correctement», a déclaré Jonathan Groner.

«Cela peut être extrêmement douloureux», a-t-il souligné, particulièrement quand l'étomidate «est injecté dans des veines abîmées, or beaucoup de détenus dans le couloir de la mort ont les veines abîmées à cause de leur âge ou parce qu'ils ont un passé de toxicomanie».

Le laboratoire Janssen (groupe Johnson & Johnson), qui a crée l'étomidate il y a plusieurs décennies, a protesté contre ce nouvel usage.

«Nous n'approuvons pas l'usage de nos médicaments dans des injections létales servant à la peine capitale», a réagi mardi un porte-parole, Greg Panico, dans un entretien au Washington Post. «Janssen découvre et développe des innovations médicales pour sauver et améliorer des vies», a-t-il souligné.

Homicide aux relents racistes

Mark James Asay est le premier Blanc à être mis à mort pour avoir tué un Noir en Floride, sur un total de 92 exécutions en 41 ans, depuis que cet État a rétabli la peine capitale en 1976, selon le centre d'information sur la peine de mort.

Mark James Asay avait lancé des insultes racistes juste avant d'abattre Robert Lee Booker, un Noir américain, selon les procureurs. Il avait tué son autre victime, Robert McDowell, alors que ce dernier était apparemment habillé en femme et que M. Asay venait de le payer en échange de relations sexuelles.

La dernière exécution en Floride remontait jusqu'ici à celle d'Oscar Ray Bolin, le 7 janvier 2016. Cinq jours plus tard, la Cour suprême américaine jugeait inconstitutionnel le système de condamnation capitale dans cet État, car donnant trop de pouvoir au juge au détriment des jurés.

La Floride était alors l'un des seuls États américains à ne pas exiger l'unanimité des jurés pour condamner à mort un accusé. En mars dernier, son gouverneur, Rick Scott, a finalement signé une loi exigeant l'unanimité du jury.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9526 Thu, 24 Aug 2017 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Une exécution suspendue au dernier moment dans le Missouri http://www.peinedemort.org/document/9542 CHICAGO (Reuters) - Le gouverneur du Missouri a stoppé l'exécution d'un condamné à mort mardi, quatre heures avant le moment prévu pour l'injection létale, ses avocats ayant fait valoir que des analyses récentes d'ADN prouvaient son innocence. Marcellus Williams, 48 ans, avait été condamné à la peine capitale en 2001 pour avoir tué une femme à l'arme blanche lors d'un cambriolage au domicile de celle-ci en 1998. Le gouverneur Eric Greitens a annoncé qu'il allait nommer une commission d'enquête qui devra examiner les nouvelles preuves liées à l'ADN et dire si la condamnation à la peine de mort doit être commuée. L'avocat du condamné a fait valoir que les récentes analyses d'ADN utilisant les techniques les plus récentes montraient que l'ADN retrouvé sur l'arme blanche était celui d'un homme inconnu et non celui de Marcellus Williams. L'opposition à cette exécution est devenue de plus en plus forte. Une pétition en ligne demandant au gouverneur d'intervenir a recueilli plus de 200.000 signatures. Un rassemblement pour protester contre l'exécution était prévu mardi à St. Louis. Des cheveux découverts sur le corps de la victime ne sont pas non plus de Marcellus Williams, a déclaré un expert en médecine légale, Greg Hampikian. La Cour suprême du Missouri avait ordonné de surseoir à l'exécution du condamné en 2015 pour permettre la réalisation des nouveaux tests mais avait ensuite refusé sans explications de stopper la mise à mort après la publication des résultats, a expliqué l'expert.
Marcellus Williams, 48 ans, avait été condamné à la peine capitale en 2001 pour avoir tué une femme à l'arme blanche lors d'un cambriolage au domicile de celle-ci en 1998.

Le gouverneur Eric Greitens a annoncé qu'il allait nommer une commission d'enquête qui devra examiner les nouvelles preuves liées à l'ADN et dire si la condamnation à la peine de mort doit être commuée.

L'avocat du condamné a fait valoir que les récentes analyses d'ADN utilisant les techniques les plus récentes montraient que l'ADN retrouvé sur l'arme blanche était celui d'un homme inconnu et non celui de Marcellus Williams.

L'opposition à cette exécution est devenue de plus en plus forte. Une pétition en ligne demandant au gouverneur d'intervenir a recueilli plus de 200.000 signatures. Un rassemblement pour protester contre l'exécution était prévu mardi à St. Louis.

Des cheveux découverts sur le corps de la victime ne sont pas non plus de Marcellus Williams, a déclaré un expert en médecine légale, Greg Hampikian.

La Cour suprême du Missouri avait ordonné de surseoir à l'exécution du condamné en 2015 pour permettre la réalisation des nouveaux tests mais avait ensuite refusé sans explications de stopper la mise à mort après la publication des résultats, a expliqué l'expert.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9542 Wed, 23 Aug 2017 00:00:00 +0200 Reuters
Le gouverneur du Missouri suspend une exécution après un test ADN http://www.peinedemort.org/document/9543 Eric Greitens, le gouverneur de l'Etat américain du Missouri, a suspendu in extremis mardi l'exécution d'un homme condamné pour avoir tué une femme, grâce à des preuves ADN fournies par la défense. L'homme, un Noir âgé de 48 ans, avait été condamné à la peine capitale en 2001 pour avoir administré 43 coups de poignard à une femme blanche lors d'un cambriolage en 1998. Il a toujours clamé son innocence. Ses avocats, qui crient également à l'erreur judiciaire, ont lancé un recours de la dernière chance, fondé sur des tests pratiqués l'an dernier, qui ont révélé que l'ADN trouvé sur l'arme du crime n'était pas le sien. Le gouverneur Eric Greitens, un républicain, a décidé de suspendre l'exécution par injection létale mardi, un peu plus de quatre heures avant l'heure prévue. Témoignages mis en cause Le suspect avait été condamné sur la base de deux témoignages l'accusant du meurtre, émanant d'un détenu ayant partagé sa cellule et d'une de ses ex-compagnes. Pour les défenseurs du condamné, ces témoignages recueillis auprès de personnes au passé trouble n'avaient aucune valeur, d'autant plus que les deux intéressés avaient été rétribués financièrement par le bureau du procureur. L'homme, un Noir âgé de 48 ans, avait été condamné à la peine capitale en 2001 pour avoir administré 43 coups de poignard à une femme blanche lors d'un cambriolage en 1998.

Il a toujours clamé son innocence. Ses avocats, qui crient également à l'erreur judiciaire, ont lancé un recours de la dernière chance, fondé sur des tests pratiqués l'an dernier, qui ont révélé que l'ADN trouvé sur l'arme du crime n'était pas le sien.

Le gouverneur Eric Greitens, un républicain, a décidé de suspendre l'exécution par injection létale mardi, un peu plus de quatre heures avant l'heure prévue.

Témoignages mis en cause

Le suspect avait été condamné sur la base de deux témoignages l'accusant du meurtre, émanant d'un détenu ayant partagé sa cellule et d'une de ses ex-compagnes.

Pour les défenseurs du condamné, ces témoignages recueillis auprès de personnes au passé trouble n'avaient aucune valeur, d'autant plus que les deux intéressés avaient été rétribués financièrement par le bureau du procureur.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9543 Wed, 23 Aug 2017 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
L'Arkansas prêt à reprendre ses exécutions de prisonniers http://www.peinedemort.org/document/9534 Quatre mois après avoir mis à mort des prisonniers de façon accélérée, en raison de la proche péremption d'une substance d'injection létale, l'État américain de l'Arkansas est parvenu à se réapprovisionner en ce produit afin de reprendre ses exécutions. La directrice de l'administration pénitentiaire de l'Etat, Wendy Kelley, a elle-même acheté 40 ampoules de midazolam, un anxiolytique très controversé, car accusé de plonger insuffisamment le condamné dans l'inconscience, a rapporté Buzzfeed. Le site d'information a publié une note de frais présentée le 11 août par Mme Kelley, dans laquelle la directrice demande le remboursement de ces 40 ampoules, achetées en liquide pour un total de 250 dollars. Contactée par l'AFP, l'administration pénitentiaire de l'Arkansas n'a pas immédiatement donné suite. Cet achat en argent comptant et en catimini, sans dévoiler le nom du fournisseur, a en tout cas été immédiatement dénoncé par les militants anti-peine de mort comme une tentative indigne de contournement de l'interdiction que s'imposent les grands laboratoires pharmaceutiques de fournir les prisons américaines en produits mortels. Dans un courrier daté jeudi, la procureure générale de l'Arkansas, Leslie Rutledge, a de son côté demandé au gouverneur républicain de l'Etat, Asa Hutchinson, de fixer une date d'exécution pour Jack Greene, qui a été reconnu coupable d'un double meurtre commis en 1991. L'Arkansas avait suscité en avril des condamnations internationales en prévoyant d'exécuter huit prisonniers en 11 jours, une précipitation que l'État avait justifiée par la péremption à la fin de ce mois de ses stocks de midazolam. Ce programme avait été la cible de multiples recours judiciaires et l'État n'avait finalement pu exécuter «que» quatre détenus en huit jours, dont deux en une même soirée. Dans le but de réaliser ces exécutions, Wendy Kelley avait elle-même été chercher en voiture du chlorure de potassium, l'une des substances utilisées dans les injections létales.
La directrice de l'administration pénitentiaire de l'Etat, Wendy Kelley, a elle-même acheté 40 ampoules de midazolam, un anxiolytique très controversé, car accusé de plonger insuffisamment le condamné dans l'inconscience, a rapporté Buzzfeed.

Le site d'information a publié une note de frais présentée le 11 août par Mme Kelley, dans laquelle la directrice demande le remboursement de ces 40 ampoules, achetées en liquide pour un total de 250 dollars. Contactée par l'AFP, l'administration pénitentiaire de l'Arkansas n'a pas immédiatement donné suite.

Cet achat en argent comptant et en catimini, sans dévoiler le nom du fournisseur, a en tout cas été immédiatement dénoncé par les militants anti-peine de mort comme une tentative indigne de contournement de l'interdiction que s'imposent les grands laboratoires pharmaceutiques de fournir les prisons américaines en produits mortels.

Dans un courrier daté jeudi, la procureure générale de l'Arkansas, Leslie Rutledge, a de son côté demandé au gouverneur républicain de l'Etat, Asa Hutchinson, de fixer une date d'exécution pour Jack Greene, qui a été reconnu coupable d'un double meurtre commis en 1991.

L'Arkansas avait suscité en avril des condamnations internationales en prévoyant d'exécuter huit prisonniers en 11 jours, une précipitation que l'État avait justifiée par la péremption à la fin de ce mois de ses stocks de midazolam.

Ce programme avait été la cible de multiples recours judiciaires et l'État n'avait finalement pu exécuter «que» quatre détenus en huit jours, dont deux en une même soirée.

Dans le but de réaliser ces exécutions, Wendy Kelley avait elle-même été chercher en voiture du chlorure de potassium, l'une des substances utilisées dans les injections létales.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9534 Fri, 18 Aug 2017 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Des experts de l'ONU dénonce les détentions d'immigrants aux Etats-Unis http://www.peinedemort.org/document/9533 Des experts de l'ONU ont exprimé leur préoccupation lundi concernant la détention "systématique" aux Etats-Unis d'immigrants et de demandeurs d'asile sans casier judiciaire, une pratique "contraire aux droits de réfugiés". Le groupe de travail estime que "la détention systématique d'immigrants, en particulier de demandeurs d'asile, est contraire aux critères internationaux relatifs aux droits de l'homme et aux droits des réfugiés", ont souligné les cinq experts indépendants dans un rapport diffusé à Genève. Les experts, qui ont visité en 2016 des centres de détention américains, soulignent que les immigrants n'ayant pas commis de délit sont soumis à "des conditions punitives qui souvent ne peuvent pas être distinguées de celles imposées aux personnes qui ont été condamnées à des peines conformément au droit pénal". Le rapport dénonce la difficulté pour les immigrants détenus d'accéder à un avocat, la longueur excessive de leur incarcération, y compris celle des enfants ainsi que la séparation des familles durant la détention. "La détention d'immigrants devrait être l'exception plutôt que la règle", ont souligné les experts, estimant que le "recours excessif à la détention liée à l'immigration" ne pouvait pas être justifié par la nécessité. Le système appliqué actuellement aux Etats-Unis semble avoir pour objectif de "dissuader" les candidats à l'asile et à l'immigration de persévérer et pourrait les inciter à renoncer à leur "demande légitime", selon les experts. Concernant généralement la situation dans les établissements pénitentiaires américains, le rapport dénonce des dysfonctionnements dans le système de justice pénale qui ont pour conséquence des détentions "arbitraires". Les experts citent la détention préventive, l'absence de représentant légal, les disparités raciales et sociales, les peines disproportionnées et dans certains cas, le traitement de mineurs comme s'ils étaient des adultes. Ils dénoncent aussi le recours grandissant dans certains Etats à la peine de mort, en particulier quand toutes les précautions n'ont pas été prises pour garantir un procès équitable au condamné.
Le groupe de travail estime que "la détention systématique d'immigrants, en particulier de demandeurs d'asile, est contraire aux critères internationaux relatifs aux droits de l'homme et aux droits des réfugiés", ont souligné les cinq experts indépendants dans un rapport diffusé à Genève.

Les experts, qui ont visité en 2016 des centres de détention américains, soulignent que les immigrants n'ayant pas commis de délit sont soumis à "des conditions punitives qui souvent ne peuvent pas être distinguées de celles imposées aux personnes qui ont été condamnées à des peines conformément au droit pénal".

Le rapport dénonce la difficulté pour les immigrants détenus d'accéder à un avocat, la longueur excessive de leur incarcération, y compris celle des enfants ainsi que la séparation des familles durant la détention.
"La détention d'immigrants devrait être l'exception plutôt que la règle", ont souligné les experts, estimant que le "recours excessif à la détention liée à l'immigration" ne pouvait pas être justifié par la nécessité.

Le système appliqué actuellement aux Etats-Unis semble avoir pour objectif de "dissuader" les candidats à l'asile et à l'immigration de persévérer et pourrait les inciter à renoncer à leur "demande légitime", selon les experts.

Concernant généralement la situation dans les établissements pénitentiaires américains, le rapport dénonce des dysfonctionnements dans le système de justice pénale qui ont pour conséquence des détentions "arbitraires".

Les experts citent la détention préventive, l'absence de représentant légal, les disparités raciales et sociales, les peines disproportionnées et dans certains cas, le traitement de mineurs comme s'ils étaient des adultes. Ils dénoncent aussi le recours grandissant dans certains Etats à la peine de mort, en particulier quand toutes les précautions n'ont pas été prises pour garantir un procès équitable au condamné.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9533 Mon, 14 Aug 2017 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Un condamné à mort exécuté au Texas http://www.peinedemort.org/document/9517 Un homme de 46 ans, condamné à la peine capitale pour avoir mortellement poignardé une femme chez elle en 2004, à San Antonio, a été exécuté jeudi soir dans une prison du Texas. Il est mort par injection létale dans la cellule d'exécution de l'Etat, à Huntsville. Son exécution a été suspendue pendant plus de trois heures pour permettre un recours en grâce devant la Cour suprême, qui l'a rejeté, a annoncé un responsable de la prison d'Huntsville. Il s'agit de la 543e exécution au Texas depuis le rétablissement de la peine de mort par la cour suprême, en 1976, ce qui fait de l'Etat le premier des Etats-Unis en nombre d'exécutés. Le quadragénaire avait été condamné pour le meurtre d'une jeune femme de 24 ans. Un homme qui se trouvait à ses côtés avait également été poignardé, mais avait survécu à ses blessures.
Son exécution a été suspendue pendant plus de trois heures pour permettre un recours en grâce devant la Cour suprême, qui l'a rejeté, a annoncé un responsable de la prison d'Huntsville.

Il s'agit de la 543e exécution au Texas depuis le rétablissement de la peine de mort par la cour suprême, en 1976, ce qui fait de l'Etat le premier des Etats-Unis en nombre d'exécutés.

Le quadragénaire avait été condamné pour le meurtre d'une jeune femme de 24 ans. Un homme qui se trouvait à ses côtés avait également été poignardé, mais avait survécu à ses blessures. ]]>
http://www.peinedemort.org/document/9517 Fri, 28 Jul 2017 00:00:00 +0200 Agence Télégraphique Suisse - ATS
USA: l'Ohio a effectué sa première exécution en plus de trois ans http://www.peinedemort.org/document/9515 Chicago - L'Ohio a exécuté mercredi un prisonnier condamné pour le viol et le meurtre d'une fillette, la première mise à mort en plus de trois ans dans cet Etat du nord des Etats-Unis. Ronald Phillips, 43 ans, a été déclaré mort à 10H43 (14H43 GMT), ont indiqué les autorités de l'Ohio. Cela met fin au moratoire qui avait été instauré le temps qu'elles trouvent une nouvelle association médicamenteuse pour mener à bien les exécutions. Les Etats américains peinent en effet depuis plusieurs années à trouver des fournisseurs pour fabriquer ces cocktails létaux car de nombreux groupes pharmaceutiques ont limité l'utilisation de leurs produits dans un pays où le soutien pour la peine de mort s'amenuise. Et des procédures en justice ont été lancées contre plusieurs Etats au sujet de nouvelles associations médicamenteuses. Une cour d'appel fédérale a validé le mois dernier la nouvelle procédure prévue en Ohio, lui permettant ainsi de pouvoir programmer de nouveau des exécutions. Ronald Phillips avait 19 ans en 1993 lorsqu'il a été condamné pour le viol et le meurtre de Sheila Marie Evans, 3 ans, qui était la fille de sa petite-amie. Il a reconnu ses crimes mais ses affirmations selon lesquelles il avait été victime d'abus physiques et sexuels de la part de son père n'avaient pas été retenues comme circonstances atténuantes lors de son procès. Ses demandes de clémence ont été refusées à deux reprises par l'Etat. L'injection létale qui lui a été administrée comportait trois substances dont le Midazolam, un anxiolytique à l'effet anesthésiant controversé car accusé de plonger insuffisamment le condamné dans l'inconscience et donc de l'exposer à des souffrances. Plusieurs procès ont été lancés à son sujet dans le pays, en particulier au nom de Ronald Phillips et de deux autres condamnés de l'Ohio. Mais une cour d'appel s'est rangée du côté de l'Etat, soulignant que "la Constitution ne garantit pas +une exécution sans douleur+". Quinze personnes ont désormais été exécutées aux Etats-Unis en 2017, dont neuf avec un cocktail létal contenant du Midazolam, d'après le Centre d'information sur la peine capitale. La peine de mort est légale dans la majorité des Etats américains mais seulement 49% des Américains y sont favorables en cas de meurtre, le plus bas niveau en plus de quarante ans, selon un sondage Pew mené en 2016.
Ronald Phillips, 43 ans, a été déclaré mort à 10H43 (14H43 GMT), ont indiqué les autorités de l'Ohio. Cela met fin au moratoire qui avait été instauré le temps qu'elles trouvent une nouvelle association médicamenteuse pour mener à bien les exécutions.

Les Etats américains peinent en effet depuis plusieurs années à trouver des fournisseurs pour fabriquer ces cocktails létaux car de nombreux groupes pharmaceutiques ont limité l'utilisation de leurs produits dans un pays où le soutien pour la peine de mort s'amenuise.

Et des procédures en justice ont été lancées contre plusieurs Etats au sujet de nouvelles associations médicamenteuses.

Une cour d'appel fédérale a validé le mois dernier la nouvelle procédure prévue en Ohio, lui permettant ainsi de pouvoir programmer de nouveau des exécutions.

Ronald Phillips avait 19 ans en 1993 lorsqu'il a été condamné pour le viol et le meurtre de Sheila Marie Evans, 3 ans, qui était la fille de sa petite-amie. Il a reconnu ses crimes mais ses affirmations selon lesquelles il avait été victime d'abus physiques et sexuels de la part de son père n'avaient pas été retenues comme circonstances atténuantes lors de son procès.

Ses demandes de clémence ont été refusées à deux reprises par l'Etat.

L'injection létale qui lui a été administrée comportait trois substances dont le Midazolam, un anxiolytique à l'effet anesthésiant controversé car accusé de plonger insuffisamment le condamné dans l'inconscience et donc de l'exposer à des souffrances.

Plusieurs procès ont été lancés à son sujet dans le pays, en particulier au nom de Ronald Phillips et de deux autres condamnés de l'Ohio. Mais une cour d'appel s'est rangée du côté de l'Etat, soulignant que "la Constitution ne garantit pas +une exécution sans douleur+".

Quinze personnes ont désormais été exécutées aux Etats-Unis en 2017, dont neuf avec un cocktail létal contenant du Midazolam, d'après le Centre d'information sur la peine capitale.

La peine de mort est légale dans la majorité des Etats américains mais seulement 49% des Américains y sont favorables en cas de meurtre, le plus bas niveau en plus de quarante ans, selon un sondage Pew mené en 2016.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9515 Wed, 26 Jul 2017 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Reprise des exécutions capitales dans l'Ohio, aux Etats-Unis http://www.peinedemort.org/document/9516 L'Ohio a exécuté Ronald Phillips, par injection létale. La précédente exécution dans l'Ohio remontait au 16 janvier 2014 : l'Ohio utilisait alors pour la première fois un nouveau protocole pour l'injection létale et le condamné s'est débattu et semblait suffoquer. Un moratoire a ensuite été mis en place, en raison de difficultés d'approvisionnement des produits pour l'injection létale puis de la remise en cause du protocole d'exécution. Une nouvelle procédure a finalement été validée.
La précédente exécution dans l'Ohio remontait au 16 janvier 2014 : l'Ohio utilisait alors pour la première fois un nouveau protocole pour l'injection létale et le condamné s'est débattu et semblait suffoquer.
Un moratoire a ensuite été mis en place, en raison de difficultés d'approvisionnement des produits pour l'injection létale puis de la remise en cause du protocole d'exécution. Une nouvelle procédure a finalement été validée.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9516 Wed, 26 Jul 2017 00:00:00 +0200 Sophie Fotiadi
Le rapporteur général condamne l'exécution en Virginie http://www.peinedemort.org/document/9500 Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) - QUESTIONS JURIDIQUES ET DROITS DE L'HOMME Le rapporteur général sur l'abolition de la peine de mort de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), Yves Cruchten (Luxembourg, SOC), a vivement condamné l'exécution de William Charles Morva dans l'Etat de Virginie aux Etats-Unis le 6 juillet 2017. Le rapporteur a déclaré : « il est d'autant plus déplorable que l'exécution ait été effectuée alors que le condamné souffrait de sérieux troubles mentaux et qu'ait été utilisé le mizadolam, pourtant très controversé ». « La peine capitale est en toutes circonstances un traitement cruel et inhumain. J'appelle encore une fois les Etats-Unis, qui ont le statut d'observateur au Conseil de l'Europe, à considérer non seulement la légalité de la manière dont les injections mortelles sont administrées mais aussi la nature même de la peine de mort comme un traitement cruel et inhumain », a-t-il conclu.
Le rapporteur général sur l'abolition de la peine de mort de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), Yves Cruchten (Luxembourg, SOC), a vivement condamné l'exécution de William Charles Morva dans l'Etat de Virginie aux Etats-Unis le 6 juillet 2017.

Le rapporteur a déclaré : « il est d'autant plus déplorable que l'exécution ait été effectuée alors que le condamné souffrait de sérieux troubles mentaux et qu'ait été utilisé le mizadolam, pourtant très controversé ».

« La peine capitale est en toutes circonstances un traitement cruel et inhumain. J'appelle encore une fois les Etats-Unis, qui ont le statut d'observateur au Conseil de l'Europe, à considérer non seulement la légalité de la manière dont les injections mortelles sont administrées mais aussi la nature même de la peine de mort comme un traitement cruel et inhumain », a-t-il conclu. ]]>
http://www.peinedemort.org/document/9500 Thu, 13 Jul 2017 00:00:00 +0200 Conseil de l'Europe
Un condamné malade mental exécuté aux Etats-Unis http://www.peinedemort.org/document/9488 Washington - Un condamné à mort souffrant selon ses défenseurs de graves troubles psychiatriques a été exécuté jeudi aux Etats-Unis, malgré une mobilisation internationale en sa faveur. William Morva, un meurtrier à la double nationalité hongroise et américaine, a reçu une injection létale et a été déclaré décédé à 21h15 locales (01h15 GMT vendredi), ont annoncé les autorités pénitentiaires de l'Etat de Virginie. Terry McAuliffe, le gouverneur démocrate de cet Etat de l'est du pays, avait refusé quelques heures plus tôt d'accorder un sursis au prisonnier. Les avocats du détenu de 35 ans assuraient qu'il souffrait depuis longtemps de délires mentaux, qui auraient été minimisés à son procès. Ils affirmaient que M. Morva était incapable d'évaluer les conséquences de ses actes, mais qu'il avait pourtant été décrit comme doué de raison par les procureurs. M. McAuliffe n'a pas été convaincu par ces arguments. "Le recours de M. Morva se fonde sur le diagnostic d'un psychiatre qui l'a examiné presque sept ans après son procès et sa condamnation", avait souligné le gouverneur. "Je suis arrivé à la conclusion que M. Morva a bénéficié d'un procès équitable et que le jury s'est vu présenter suffisamment d'éléments sur sa santé mentale avant de le condamner conformément à la loi en vigueur en Virginie", avait ajouté Terry McAuliffe. Rappelant qu'il était opposé à la peine capitale, cet élu catholique avait justifié sa décision par son serment de faire appliquer la loi indépendamment de ses convictions personnelles. Deux responsables des Nations unies et de nombreuses autres voix aux Etats-Unis et ailleurs avaient appelé le gouverneur à commuer la peine de mort de William Morva. "Nous sommes inquiets de la détérioration de sa condition psycho-sociale", avaient déclaré Agnès Callamard et Dainius Puras, rapporteurs spéciaux de l'ONU, respectivement sur les exécutions arbitraires et le droit à la santé. William Morva avait été emprisonné dans les années 2000 pour une tentative de vol à main armée. Un jour d'août 2006, soigné à l'hôpital pour des blessures bénignes, il avait réussi à assommer le policier chargé de le surveiller et à prendre son arme. Il avait alors fait feu sur un garde de sécurité, Derrick McFarland, qu'il avait tué. Le lendemain, alors qu'il était la cible d'une chasse à l'homme autour du campus universitaire de Virginia Tech, il avait également tué par balle un policier, Eric Sutphin. Les deux victimes étaient pères de famille. Jeune, William Morva était connu pour ses diatribes conspirationnistes, pour marcher pieds nus en plein hiver et pour dormir parfois dans la forêt enfoui sous les feuilles d'arbre. Il se nourrissait de viande crue, de noix et de pommes de pin. Convaincu d'avoir des facultés paranormales, il s'est ensuite persuadé qu'on voulait le tuer. Lors de son procès, il s'était présenté sous le nom de Nemo. "Bien sûr, vous pouvez me tuer. Je ne peux me battre. Mais d'autres sont comme moi et vous le savez bien. Bientôt ils vont se rassembler. Ils vont envahir toute votre civilisation et effacer à jamais ces sourires de vos visages", avait-il lancé. Divers élus et l'organisation de défense des libertés ACLU avaient demandé que William Morva bénéficie d'une mesure de clémence.
William Morva, un meurtrier à la double nationalité hongroise et américaine, a reçu une injection létale et a été déclaré décédé à 21h15 locales (01h15 GMT vendredi), ont annoncé les autorités pénitentiaires de l'Etat de Virginie.

Terry McAuliffe, le gouverneur démocrate de cet Etat de l'est du pays, avait refusé quelques heures plus tôt d'accorder un sursis au prisonnier.

Les avocats du détenu de 35 ans assuraient qu'il souffrait depuis longtemps de délires mentaux, qui auraient été minimisés à son procès. Ils affirmaient que M. Morva était incapable d'évaluer les conséquences de ses actes, mais qu'il avait pourtant été décrit comme doué de raison par les procureurs.

M. McAuliffe n'a pas été convaincu par ces arguments.

"Le recours de M. Morva se fonde sur le diagnostic d'un psychiatre qui l'a examiné presque sept ans après son procès et sa condamnation", avait souligné le gouverneur.

"Je suis arrivé à la conclusion que M. Morva a bénéficié d'un procès équitable et que le jury s'est vu présenter suffisamment d'éléments sur sa santé mentale avant de le condamner conformément à la loi en vigueur en Virginie", avait ajouté Terry McAuliffe.

Rappelant qu'il était opposé à la peine capitale, cet élu catholique avait justifié sa décision par son serment de faire appliquer la loi indépendamment de ses convictions personnelles.

Deux responsables des Nations unies et de nombreuses autres voix aux Etats-Unis et ailleurs avaient appelé le gouverneur à commuer la peine de mort de William Morva.

"Nous sommes inquiets de la détérioration de sa condition psycho-sociale", avaient déclaré Agnès Callamard et Dainius Puras, rapporteurs spéciaux de l'ONU, respectivement sur les exécutions arbitraires et le droit à la santé.

William Morva avait été emprisonné dans les années 2000 pour une tentative de vol à main armée. Un jour d'août 2006, soigné à l'hôpital pour des blessures bénignes, il avait réussi à assommer le policier chargé de le surveiller et à prendre son arme.

Il avait alors fait feu sur un garde de sécurité, Derrick McFarland, qu'il avait tué. Le lendemain, alors qu'il était la cible d'une chasse à l'homme autour du campus universitaire de Virginia Tech, il avait également tué par balle un policier, Eric Sutphin. Les deux victimes étaient pères de famille.

Jeune, William Morva était connu pour ses diatribes conspirationnistes, pour marcher pieds nus en plein hiver et pour dormir parfois dans la forêt enfoui sous les feuilles d'arbre.

Il se nourrissait de viande crue, de noix et de pommes de pin. Convaincu d'avoir des facultés paranormales, il s'est ensuite persuadé qu'on voulait le tuer.

Lors de son procès, il s'était présenté sous le nom de Nemo. "Bien sûr, vous pouvez me tuer. Je ne peux me battre. Mais d'autres sont comme moi et vous le savez bien. Bientôt ils vont se rassembler. Ils vont envahir toute votre civilisation et effacer à jamais ces sourires de vos visages", avait-il lancé.

Divers élus et l'organisation de défense des libertés ACLU avaient demandé que William Morva bénéficie d'une mesure de clémence. ]]>
http://www.peinedemort.org/document/9488 Fri, 07 Jul 2017 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Déclaration de la porte-parole concernant l'exécution pratiquée en Virginie (États-Unis) http://www.peinedemort.org/document/9499 L'exécution de William Charles Morva, qui a eu lieu dans l'État américain de Virginie le 6 juillet 2017, malgré les éléments qui donnaient à penser qu'il souffrait de graves troubles mentaux, est contraire aux normes largement admises en matière de droits de l'homme et aux normes minimales fixées en vertu du droit international relatif aux droits de l'homme. Nous regrettons que les nombreux appels à la clémence, dont ceux qu'a lancés l'UE, aient été ignorés. La peine de mort demeure une violation inacceptable des droits de l'homme et de la dignité humaine et n'a aucun caractère dissuasif. L'Union européenne est fermement et catégoriquement opposée au recours à la peine capitale, quelles que soient les circonstances, et aspire à son abolition partout dans le monde.
Nous regrettons que les nombreux appels à la clémence, dont ceux qu'a lancés l'UE, aient été ignorés.

La peine de mort demeure une violation inacceptable des droits de l'homme et de la dignité humaine et n'a aucun caractère dissuasif. L'Union européenne est fermement et catégoriquement opposée au recours à la peine capitale, quelles que soient les circonstances, et aspire à son abolition partout dans le monde.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9499 Fri, 07 Jul 2017 00:00:00 +0200 Union européenne
Etats-Unis: appels à épargner un condamné malade mental http://www.peinedemort.org/document/9487 Deux responsables des Nations unies et d'autres voix ont appelé mercredi le gouverneur de l'Etat américain de la Virginie à épargner un condamné à mort, atteint de délires psychiatriques selon ses défenseurs. William Morva, un meurtrier à la double nationalité hongroise et américaine, doit recevoir une injection létale jeudi. Le cas de cet homme de 35 ans a relancé un débat aux Etats-Unis sur les exécutions de prisonniers souffrant de pathologies mentales. "Nous sommes profondément préoccupés par les informations suggérant que le premier procès de M. Morva n'a pas respecté les règles d'équité", ont souligné dans un communiqué Agnès Callamard et Dainius Puras, rapporteurs spéciaux de l'ONU respectivement sur les exécutions arbitraires et le droit à la santé physique. "Nous sommes inquiets de la détérioration de sa condition psycho-sociale", ont ajouté ces experts, dénonçant comme une "forme de discrimination" l'absence de prise en charge du prisonnier dans un centre de soins psychiatriques. William Morva avait été emprisonné dans les années 2000 pour une tentative de vol à main armée. Un jour d'août 2006, soigné à l'hôpital pour des blessures bénignes, il avait réussi à assommer le policier chargé de le surveiller et à prendre son arme. Il avait alors fait feu sur un garde de sécurité, Derrick McFarland, qu'il avait tué. Le lendemain, alors qu'il était la cible d'une chasse à l'homme autour du campus universitaire de Virginia Tech, il avait également tué par balle un policier, Eric Sutphin. Les deux victimes étaient pères de famille. Morva avait été condamné à mort en 2008, même si deux médecins lui avaient diagnostiqué des désordres de type schizophrénique. Ses défenseurs assurent qu'il était depuis longtemps en proie à des délires psychiatriques, qu'il était incapable de se rendre compte de ses actes et que les jurés n'ont pas eu l'occasion de se voir présenter un portrait fidèle de l'accusé, décrit comme intelligent par les procureurs. Jeune, Morva était connu pour ses diatribes conspirationnistes, pour marcher pieds nus en plein hiver et pour dormir parfois dans la forêt enfoui sous les feuilles d'arbre. Il se nourrissait de viande crue, de noix et de pommes de pin. Convaincu d'avoir des facultés paranormales, il s'est ensuite persuadé qu'on voulait le tuer. Lors de son procès, il s'était présenté sous le nom de Nemo. "Bien sûr, vous pouvez me tuer. Je ne peux me battre. Mais d'autres sont comme moi et vous le savez bien. Bientôt ils vont se rassembler. Ils vont envahir toute votre civilisation et effacer à jamais ces sourires de vos visages", avait-il lancé. Divers élus et l'organisation de défense des libertés ACLU ont demandé que William Morva bénéficie d'une mesure de clémence. La balle est désormais dans le camp du gouverneur démocrate de l'Etat américain de la Virginie, Terry McAuliffe. Tout en se déclarant personnellement opposé à la peine capitale, cet élu catholique a laissé se produire des exécutions dans son Etat.
William Morva, un meurtrier à la double nationalité hongroise et américaine, doit recevoir une injection létale jeudi. Le cas de cet homme de 35 ans a relancé un débat aux Etats-Unis sur les exécutions de prisonniers souffrant de pathologies mentales.
"Nous sommes profondément préoccupés par les informations suggérant que le premier procès de M. Morva n'a pas respecté les règles d'équité", ont souligné dans un communiqué Agnès Callamard et Dainius Puras, rapporteurs spéciaux de l'ONU respectivement sur les exécutions arbitraires et le droit à la santé physique.
"Nous sommes inquiets de la détérioration de sa condition psycho-sociale", ont ajouté ces experts, dénonçant comme une "forme de discrimination" l'absence de prise en charge du prisonnier dans un centre de soins psychiatriques.

William Morva avait été emprisonné dans les années 2000 pour une tentative de vol à main armée. Un jour d'août 2006, soigné à l'hôpital pour des blessures bénignes, il avait réussi à assommer le policier chargé de le surveiller et à prendre son arme.
Il avait alors fait feu sur un garde de sécurité, Derrick McFarland, qu'il avait tué. Le lendemain, alors qu'il était la cible d'une chasse à l'homme autour du campus universitaire de Virginia Tech, il avait également tué par balle un policier, Eric Sutphin. Les deux victimes étaient pères de famille.

Morva avait été condamné à mort en 2008, même si deux médecins lui avaient diagnostiqué des désordres de type schizophrénique.
Ses défenseurs assurent qu'il était depuis longtemps en proie à des délires psychiatriques, qu'il était incapable de se rendre compte de ses actes et que les jurés n'ont pas eu l'occasion de se voir présenter un portrait fidèle de l'accusé, décrit comme intelligent par les procureurs.

Jeune, Morva était connu pour ses diatribes conspirationnistes, pour marcher pieds nus en plein hiver et pour dormir parfois dans la forêt enfoui sous les feuilles d'arbre.
Il se nourrissait de viande crue, de noix et de pommes de pin. Convaincu d'avoir des facultés paranormales, il s'est ensuite persuadé qu'on voulait le tuer.

Lors de son procès, il s'était présenté sous le nom de Nemo. "Bien sûr, vous pouvez me tuer. Je ne peux me battre. Mais d'autres sont comme moi et vous le savez bien. Bientôt ils vont se rassembler. Ils vont envahir toute votre civilisation et effacer à jamais ces sourires de vos visages", avait-il lancé.

Divers élus et l'organisation de défense des libertés ACLU ont demandé que William Morva bénéficie d'une mesure de clémence.

La balle est désormais dans le camp du gouverneur démocrate de l'Etat américain de la Virginie, Terry McAuliffe. Tout en se déclarant personnellement opposé à la peine capitale, cet élu catholique a laissé se produire des exécutions dans son Etat.]]>
http://www.peinedemort.org/document/9487 Wed, 05 Jul 2017 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP