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Guinée Équatoriale: Le verdict est reporté au 26 novembre – la peine capitale requise pour deux prévenus

dépêche de presse du 19 novembre 2004 - IRIN - Réseaux d'Information Régionaux Intégrés
LIBREVILLE - La peine capitale a été requise contre deux des mercenaires suspectés de tentative de coup d'Etat en Guinée-Equatoriale, mais le verdict ne sera rendu que le 26 novembre, ont indiqué les avocats de la défense.

Dans son réquisitoire, le procureur général Jose Olo Obono a requis la peine capitale contre Severo Moto, le chef d'un gouvernement en exil et le cerveau présumé du complot, et contre le Sud-africain Nick du Toit, le chef des "chiens de guerre" étrangers arrêtés en mars.

Selon les autorités de Guinée-Équatoriale, un petit pays d'Afrique centrale devenu au cours des dix dernières années le troisième plus important producteur africain de pétrole, le complot visant à mettre fin aux 25 ans de règne du président Teodoro Obiang Nguema et à installer au pouvoir Moto a des ramifications en Grande-Bretagne, en Espagne, en Afrique du Sud et au Zimbabwe.

Du Toit avait reconnu son implication dans le complot lors de sa première comparution, puis est revenu sur sa déposition les derniers jours du procès arguant qu'il avait fait ces aveux sous la torture. Moto, le chef de l'opposition qui vit actuellement en Espagne, a aussi réfuté les accusations portées contre lui.

Le procureur général a requis des peines de prison de 26 à 102 ans de prison contre sept autres Sud-africains, six Arméniens et deux Equato-guinéens assis, les mains et les pieds liés, dans la salle d'audience du palais de justice de la capitale Malabo. Les charges contre trois autres ressortissants équato-guinéens ont été abandonnées.

«Les autorités équato-guinéennes veulent un verdict exemplaire,» a indiqué vendredi au téléphone à IRIN Manuel Ondo Mve, un avocat proche de Moto.

L'avocat de Du Toit, Fabian Nsue Nguema, a déclaré que le traitement infligé à son client et aux autres accusés est injuste.

«Leur inculpation n'est pas fondée,» a t-il déclaré à la radio nationale. «Leur déposition a été faite sous la torture.»

Au cours de l'audience, du Toit, qui s'est présenté les mains menottées et les pieds entravés, a clamé son innocence à plusieurs reprises.

Selon l'agence de presse Reuters citant Du Toit, «Il n'y a pas eu de tentative de coup d'état.» «Nous n'avons rien fait de mal. Depuis notre arrestation, nous sommes enchaînés comme des animaux sauvages.»

Mais ces propos n'ont pas convaincu le procureur général.

"Nous disposons de nombreuses preuves, sa propre déposition et les pièces à conviction qu'il a signé,” a déclaré le procureur, précisant que la stratégie de Du Toit était d'éviter la condamnation.

Le procureur a également requis de lourdes peines de prison contre huit autres prévenus qui, avec Moto, ont complété la liste des prévenus jugés par contumace.

Du Toit et les 13 autres mercenaires étrangers ont été arrêtés à Malabo le 6 mars. Ils sont accusés d'avoir essayé de faciliter l'arrivée en Guinée-Equatoriale d'un avion de mercenaires sud-africains arrêté 24 heures plus tard au Zimbabwe.

En août, les 67 mercenaires accusés, à l'exception d'un, ont été reconnus non coupables de tentative d'acquisition d'armes en vue d'un putsch à Malabo. Ils ont été condamnés à des peines de 12 et 16 mois de prison ferme pour infraction à la loi sur l'immigration.

En revanche, Simon Mann, ancien membre des forces spéciales britanniques (SAS), a été accusé d'être à la tête du groupe de mercenaires et condamné à sept ans de prison ferme après que le tribunal d'Harare l'ait reconnu coupable de tentative illégale d'achat d'armes.

Sir Mark Thatcher, un ami de Mann et le fils de l'ancien premier ministre britannique Margaret Thatcher, a été cité parmi les 14 autres complices dans la liste présentée par le procureur à la cour la semaine dernière.

Thatcher doit comparaître devant la justice sud-africaine le 25 pour complicité de tentative de coup d'état et encourt 15 ans de prison s'il est reconnu coupable. Il a été arrêté en août au Cap et suspecté d'avoir participé au financement d'un hélicoptère, contrevenant ainsi à la législation interdisant à tout résident sud-africain de prendre part à une action militaire dans un pays étranger.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jack Straw, a admis la semaine dernière, au cours de la séance de questions au parlement, que le gouvernement avait été informé du complot plusieurs semaines avant l'arrestation du commando. Interpellé par un parlementaire qui lui demandait quand le gouvernement a été informé pour la première fois de la préparation du complot, Straw répondu : «à la fin du mois de janvier 2004.»
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