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Peine de mort, femmes, châtiments: l'Arabie saoudite critiquée à l'ONU

dépêche de presse du 6 février 2009 - Agence mondiale d'information - AFP
Pays :
peine de mort / Arabie Saoudite
GENEVE (AFP) — L'Arabie saoudite a été vivement critiquée vendredi à l'ONU pour ses discriminations à l'égard des femmes, sa pratique de la peine de mort et des châtiments corporels ou encore les violations des droits des travailleurs migrants.

Devant le Conseil des droits de l'homme, plusieurs pays, majoritairement occidentaux, ont appelé l'Arabie saoudite à prendre des mesures pour mettre fin aux nombreuses violations recensées par les défenseurs des droits de l'homme dans le pays.

Ces critiques se sont exprimées dans le cadre du "débat interactif" qui constitue le moment fort de l'examen périodique universel (EPU), auquel était soumise l'Arabie saoudite.

Mécanisme essentiel du Conseil des droits de l'homme, l'EPU consiste à passer en revue la situation des droits de l'homme dans chacun des pays membres de l'ONU une fois tous les quatre ans.

L'EPU prévoit qu'après la présentation de son rapport par l'Etat concerné, membres du Conseil -au nombre de 47- et pays observateurs disposent de deux minutes chacun pour s'exprimer.

A l'instar du Royaume-Uni, du Canada ou de la Norvège, plusieurs pays ont demandé à l'Arabie Saoudite de supprimer le système de tutelle des femmes qui les maintient dans une situation de dépendance dans de très nombreux aspects de la vie privée et professionnelle et restreint leur liberté de mouvement et de travail.

Certains se sont émus du nombre d'exécutions capitales dans le pays et touchant des jeunes de moins de 18 ans, des pays comme la Suisse ou l'Italie demandant un "moratoire" de la peine de mort "en vue de son abolition".

La Suisse a demandé l'"abolition" des flagellations et amputations et plusieurs pays ont dénoncé les "châtiments corporels".

Autre sujet sensible évoqué, le sort des quelque sept millions de travailleurs migrants, dont bon nombre sont victimes "de formes extrêmes d'abus et d'exploitation au travail qui se rapprochent parfois de l'esclavage" selon l'organisation Human Right Watch.

La Suède et le Bangladesh ont exprimé leur "préoccupation" à l'égard des femmes migrantes, "en particulier des employées de maison", demandant à l'Arabie saoudite de prendre des mesures pour améliorer leur situation.

Ces voix critiques sont parvenues à s'exprimer malgré le flot de prises de position très conciliantes par des pays peu enclins à la critique.

Sur les soixante autorisés à s'exprimer au "débat interactif", plus d'une quarantaine ont vanté peu ou prou le bilan du pays l'encourageant à "poursuivre" ses efforts, suscitant en coulisse des commentaires désabusés de certains diplomates.

"Ces louanges adressées par certains Etats à l'Arabie saoudite sont tellement grossiers qu'ils discréditent leurs auteurs", a confié à l'AFP un diplomate occidental.

"Le but de l'EPU n'est pas que les problèmes ne soient soulevés que par les seuls Etats occidentaux", a-t-il poursuivi.

Dans son rapport, l'Arabie saoudite a défendu son "particularisme religieux et culturel", se présentant comme une "société tribale (qui s'est) rapidement transformée" et "a une expérience limitée en matière de droits de l'homme dans leur forme moderne", a expliqué Zaid al-Hussein, vice-président de la Commission des droits de l'homme saoudienne.

Pour lui, les rares violations admises sont imputables à des cas individuels et à une mauvaise pratique de l'islam, qui accorde selon lui à travers la loi islamique, la Charia, une large place au concept de droits de l'homme.
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