La peine de mort dans le monde — Musharraf https://www.peinedemort.org/rss/condamne?id=1778 Musharraf : tous les documents concernant la peine de mort. fr Sophie Fotiadi <sophie.fotiadi@peinedemort.org>, 2020 Fri, 07 Aug 2020 09:34:04 +0000 Mon, 13 Jan 2020 21:36:57 +0000 120 Annulation de la condamnation à mort pour "hautre trahison" de l'ancien président pakistanais https://www.peinedemort.org/document/10800 La condamnation à mort par contumace de l'ancien président pakistanais Pervez Musharraf est annulée par la justice en raison de l'inconstitutionnalité du tribunal spécial qui l'avait prononcée en décembre 2019. https://www.peinedemort.org/document/10800 Mon, 13 Jan 2020 00:00:00 +0000 Sophie Fotiadi Pakistan : la formation du tribunal spécial qui a condamné Musharraf à mort était inconstitutionnelle (Haute Cour) https://www.peinedemort.org/document/10802 ISLAMABAD, 13 janvier (Xinhua) -- La Haute Cour de Lahore a jugé lundi que la formation du tribunal spécial qui a condamné à mort l'ancien président pakistanais Pervez Musharraf était inconstitutionnelle. M. Musharraf a fait appel à la Haute Cour contre le verdict du tribunal qui l'a condamné en décembre dernier, demandant à la cour de rejeter le jugement de ce tribunal qui serait illégal, incompétent et inconstitutionnel. Statuant sur la requête de M. Musharraf, la Haute Cour a aussi indiqué que la charge de trahison retenue contre l'ancien président n'avait pas été établie conformément à la loi. Bien que les trois membres du jury de la Haute Cour n'aient pas rendu de jugement sur la validité du verdict rendu par le tribunal spécial, les avocats de M. Musharraf ont affirmé que la décision était annulée puisque la formation même du tribunal spécial qui l'a condamné à mort a été déclarée illégale. M. Musharraf a été condamné à mort le 17 décembre dernier des suites d'un dossier déposé par l'ancien gouvernement pakistanais en 2013, au motif que l'ex-président a suspendu la Constitution en imposant un état d'urgence dans le pays en 2007.
M. Musharraf a fait appel à la Haute Cour contre le verdict du tribunal qui l'a condamné en décembre dernier, demandant à la cour de rejeter le jugement de ce tribunal qui serait illégal, incompétent et inconstitutionnel.

Statuant sur la requête de M. Musharraf, la Haute Cour a aussi indiqué que la charge de trahison retenue contre l'ancien président n'avait pas été établie conformément à la loi.

Bien que les trois membres du jury de la Haute Cour n'aient pas rendu de jugement sur la validité du verdict rendu par le tribunal spécial, les avocats de M. Musharraf ont affirmé que la décision était annulée puisque la formation même du tribunal spécial qui l'a condamné à mort a été déclarée illégale.

M. Musharraf a été condamné à mort le 17 décembre dernier des suites d'un dossier déposé par l'ancien gouvernement pakistanais en 2013, au motif que l'ex-président a suspendu la Constitution en imposant un état d'urgence dans le pays en 2007.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10802 Mon, 13 Jan 2020 00:00:00 +0000 Xinhua
La justice pakistanaise annule la condamnation à mort de Musharraf https://www.peinedemort.org/document/10799 La justice pakistanaise a annulé lundi la condamnation à mort par contumace de l'ex-président et général Pervez Musharraf exilé à Dubaï, arguant que la cour spéciale qui l'avait déclaré coupable de trahison était inconstitutionnelle. "Le dépôt de la plainte, la constitution du tribunal, la sélection de l'équipe de l'accusation sont illégaux. (...) Le jugement complet a été annulé", a déclaré à l'AFP le procureur Ishtiaq A Khan, qui défendait le gouvernement pakistanais devant la Haute cour de Lahore (Est). "Oui, c'est un homme libre. Il n'y a à ce moment plus aucune condamnation en vigueur à son égard" dans cette affaire, a ajouté le procureur. Azhar Siddique, un avocat de l'ex-général, a confirmé à des journalistes devant ce tribunal que la justice avait "tout annulé". Le parquet peut maintenant choisir de poursuivre à nouveau l'ancien chef de l'Etat, encore accusé dans plusieurs autres affaires, avec l'aval du gouvernement pakistanais. Mais Saroop Ijaz, un avocat expérimenté de Lahore qui n'est pas impliqué dans l'affaire, a déclaré douter, à moins que la Haute cour ne l'ordonne dans son verdict détaillé, qu'une nouvelle action en justice soit lancée. La plainte avait initialement été formulée par l'ancien Premier ministre Nawaz Sharif, très véhément face à l'armée, a-t-il souligné, et non par l'actuel gouvernement d'Imran Khan, dont "les visées politiques sont absolument claires - ils ne veulent pas poursuivre cette affaire". - "Haute trahison" - Le 17 décembre dernier, un tribunal spécial avait condamné Pervez Musharraf à la peine de mort par contumace pour "haute trahison" pour avoir instauré l'état d'urgence dans le pays en 2007. Si l'actuel Premier ministre Imran Khan avait alors appelé à la résistance contre l'état d'urgence, l'opposition l'accuse d'avoir plus récemment bénéficié d'un soutien des militaires, qui lui auraient permis de remporter les législatives de 2018 et d'accéder au pouvoir. L'annulation de la condamnation à mort est "un pas en avant vers (...) la suprématie de la loi", a réagi la ministre de l'Information Firdous Ashiq Awan lors d'un point presse. "Cette décision apportera de la stabilité au Pakistan", a-t-elle poursuivi. Les termes très crus du jugement - si Pervez Musharraf "est trouvé mort, son cadavre (sera) traîné jusqu'à (...) Islamabad et pendu pendant trois jours" - avaient provoqué une vive polémique dans le pays et la colère de la puissante armée, qui a dirigé le Pakistan près de la moitié de son histoire. En exil à Dubaï, l'ancien général avait lui dénoncé une "vendetta personnelle". Il était apparu dans une vidéo depuis un lit d'hôpital, l'air frêle et peinant à parler. Personnage central de la vie politique pakistanaise, Pervez Musharraf était parvenu au pouvoir par un coup d'Etat sans effusion de sang en octobre 1999, en écartant du pouvoir le Premier ministre Nawaz Sharif, avant de s'autoproclamer président en juin 2001 et de remporter en avril 2002 un référendum controversé. Fumeur de cigares et buveur de whisky, vu comme un modéré, il était devenu un allié clé des Etats-Unis dans la "guerre contre le terrorisme" après les attentats du 11 septembre 2001. Il a échappé à au moins trois tentatives d'assassinat d'Al-Qaïda au cours de ses neuf années de mandat. Il n'avait guère rencontré d'opposition jusqu'à ce qu'il tente de démettre le président de la Cour suprême en mars 2007, déclenchant des manifestations dans tout le pays et des mois de troubles qui avaient débouché sur l'imposition de l'état d'urgence. Il avait finalement dû démissionner en août 2008 face à la menace d'une procédure de destitution initiée par une nouvelle majorité de coalition, et s'était brièvement exilé. Il était revenu au Pakistan en 2013, mais avait été empêché de prendre part aux élections. Une série de poursuites en justice l'avaient également empêché de quitter le pays. L'interdiction avait finalement été levée en 2016, et il avait rejoint Dubaï pour des traitements médicaux. Il y vit toujours. En août 2017, la justice pakistanaise l'a déclaré "fugitif" dans le procès du meurtre de l'ex-Première ministre Benazir Bhutto, sa rivale politique, pour lequel il demeure le seul suspect.
"Le dépôt de la plainte, la constitution du tribunal, la sélection de l'équipe de l'accusation sont illégaux. (...) Le jugement complet a été annulé", a déclaré à l'AFP le procureur Ishtiaq A Khan, qui défendait le gouvernement pakistanais devant la Haute cour de Lahore (Est).

"Oui, c'est un homme libre. Il n'y a à ce moment plus aucune condamnation en vigueur à son égard" dans cette affaire, a ajouté le procureur.

Azhar Siddique, un avocat de l'ex-général, a confirmé à des journalistes devant ce tribunal que la justice avait "tout annulé".

Le parquet peut maintenant choisir de poursuivre à nouveau l'ancien chef de l'Etat, encore accusé dans plusieurs autres affaires, avec l'aval du gouvernement pakistanais.

Mais Saroop Ijaz, un avocat expérimenté de Lahore qui n'est pas impliqué dans l'affaire, a déclaré douter, à moins que la Haute cour ne l'ordonne dans son verdict détaillé, qu'une nouvelle action en justice soit lancée.

La plainte avait initialement été formulée par l'ancien Premier ministre Nawaz Sharif, très véhément face à l'armée, a-t-il souligné, et non par l'actuel gouvernement d'Imran Khan, dont "les visées politiques sont absolument claires - ils ne veulent pas poursuivre cette affaire".

- "Haute trahison" -

Le 17 décembre dernier, un tribunal spécial avait condamné Pervez Musharraf à la peine de mort par contumace pour "haute trahison" pour avoir instauré l'état d'urgence dans le pays en 2007.

Si l'actuel Premier ministre Imran Khan avait alors appelé à la résistance contre l'état d'urgence, l'opposition l'accuse d'avoir plus récemment bénéficié d'un soutien des militaires, qui lui auraient permis de remporter les législatives de 2018 et d'accéder au pouvoir.

L'annulation de la condamnation à mort est "un pas en avant vers (...) la suprématie de la loi", a réagi la ministre de l'Information Firdous Ashiq Awan lors d'un point presse. "Cette décision apportera de la stabilité au Pakistan", a-t-elle poursuivi.

Les termes très crus du jugement - si Pervez Musharraf "est trouvé mort, son cadavre (sera) traîné jusqu'à (...) Islamabad et pendu pendant trois jours" - avaient provoqué une vive polémique dans le pays et la colère de la puissante armée, qui a dirigé le Pakistan près de la moitié de son histoire.

En exil à Dubaï, l'ancien général avait lui dénoncé une "vendetta personnelle". Il était apparu dans une vidéo depuis un lit d'hôpital, l'air frêle et peinant à parler.

Personnage central de la vie politique pakistanaise, Pervez Musharraf était parvenu au pouvoir par un coup d'Etat sans effusion de sang en octobre 1999, en écartant du pouvoir le Premier ministre Nawaz Sharif, avant de s'autoproclamer président en juin 2001 et de remporter en avril 2002 un référendum controversé.

Fumeur de cigares et buveur de whisky, vu comme un modéré, il était devenu un allié clé des Etats-Unis dans la "guerre contre le terrorisme" après les attentats du 11 septembre 2001. Il a échappé à au moins trois tentatives d'assassinat d'Al-Qaïda au cours de ses neuf années de mandat.

Il n'avait guère rencontré d'opposition jusqu'à ce qu'il tente de démettre le président de la Cour suprême en mars 2007, déclenchant des manifestations dans tout le pays et des mois de troubles qui avaient débouché sur l'imposition de l'état d'urgence.

Il avait finalement dû démissionner en août 2008 face à la menace d'une procédure de destitution initiée par une nouvelle majorité de coalition, et s'était brièvement exilé.

Il était revenu au Pakistan en 2013, mais avait été empêché de prendre part aux élections. Une série de poursuites en justice l'avaient également empêché de quitter le pays.

L'interdiction avait finalement été levée en 2016, et il avait rejoint Dubaï pour des traitements médicaux. Il y vit toujours.

En août 2017, la justice pakistanaise l'a déclaré "fugitif" dans le procès du meurtre de l'ex-Première ministre Benazir Bhutto, sa rivale politique, pour lequel il demeure le seul suspect.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10799 Mon, 13 Jan 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Pakistan: pour Musharraf, sa condamnation à mort relève de la "vendetta personnelle" https://www.peinedemort.org/document/10766 L'ex-président pakistanais Pervez Musharraf, en exil à Dubaï, a qualifié mercredi soir de "vendetta personnelle" sa condamnation à mort par contumace pour trahison mardi, déplorant "un usage regrettable de la loi" pour le "viser". "Cette affaire a été montée et poursuivie en raison d'une vendetta personnelle de certaines personnes contre moi", a déclaré l'ancien général, désignant implicitement le pouvoir judiciaire comme étant à l'origine de cette vengeance. "L'usage regrettable de la loi, en visant une seule personne et en choisissant les incidents qui les arrangent, montre bien ce que ces personnes désirent", a poursuivi Pervez Musharraf, faisant par ailleurs référence au président de la Cour suprême qui aurait selon lui admis avoir "accéléré" la procédure. L'ancien chef de l'Etat, dont l'avocat affirmait mardi qu'il est à Dubaï et en mauvaise santé, est apparu dans une vidéo depuis un lit d'hôpital, l'air frêle et peinant à parler. "Pervez Musharraf souffre d'amylose cardiaque", une maladie provoquant des dysfonctionnements du coeur, a déclaré Mehrene Malik Adam, la secrétaire générale de la Ligue musulmane pour tout le Pakistan (APML), parti qu'il a fondé. "Il est hospitalisé depuis une dizaine de jours et est traité par chimiothérapie" à l'hôpital américain de Dubaï, a-t-elle ajouté. Un tribunal spécial a condamné mardi l'ancien général à la peine de mort par contumace pour "haute trahison" pour avoir instauré l'état d'urgence dans le pays en novembre 2007. Pervez Musharraf avait alors invoqué la défense de l'unité nationale face au terrorisme islamiste et l'opposition de la Cour suprême, qui devait se prononcer sur la légalité de sa réélection un mois plus tôt, pour suspendre la Constitution. La mesure, très impopulaire, avait fini par causer sa chute en 2008. Saluée par les principaux partis d'opposition comme une décision historique dans un pays gouverné durant près de la moitié de ses 72 années d'histoire par sa puissante armée, sa condamnation mardi a été fortement critiquée par les militaires. Musharraf, parvenu au pouvoir par un coup d'Etat sans effusion de sang en octobre 1999, avant de s'autoproclamer président en juin 2001 et de remporter en avril 2002 un référendum controversé, "ne peut assurément jamais être un traître", a déploré l'armée. "La procédure juridique régulière semble avoir été ignorée", ont poursuivi les militaires, pointant notamment "le déni du droit fondamental à la défense" du général et une affaire conduite selon elle "dans la précipitation". Le gouvernement d'Imran Khan s'est pour l'instant refusé à commenter le jugement. L'actuel Premier ministre, alors qu'il était dans l'opposition en 2007, avait lui-même appelé à la résistance contre l'état d'urgence imposé par Musharraf. Mais l'opposition l'accuse d'avoir plus récemment bénéficié d'un soutien de l'armée, qui lui aurait permis de remporter les législatives de 2018 et d'accéder au pouvoir. Le procureur général Anwar Mansoor Khan, nommé par le gouvernement, a, lui, estimé mardi que le jugement a été rendu "contre la Constitution". Sous le règne de Pervez Musharraf, un stratège connu pour son franc-parler, admirateur de Napoléon Bonaparte et amateur de cigares, le Pakistan avait vu sa croissance économique décoller, sa classe moyenne se développer, les médias se libéraliser et l'armée jouer la carte de l'apaisement face à l'Inde rivale. Mais ses opposants dénonçaient sa mainmise "dictatoriale" sur le pouvoir, le renvoi "illégal" de juges de la Cour suprême qui s'opposaient à lui ou l'assaut sanglant contre des islamistes lourdement armés réfugiés dans la mosquée Rouge d'Islamabad à l'été 2007.
"Cette affaire a été montée et poursuivie en raison d'une vendetta personnelle de certaines personnes contre moi", a déclaré l'ancien général, désignant implicitement le pouvoir judiciaire comme étant à l'origine de cette vengeance.

"L'usage regrettable de la loi, en visant une seule personne et en choisissant les incidents qui les arrangent, montre bien ce que ces personnes désirent", a poursuivi Pervez Musharraf, faisant par ailleurs référence au président de la Cour suprême qui aurait selon lui admis avoir "accéléré" la procédure.

L'ancien chef de l'Etat, dont l'avocat affirmait mardi qu'il est à Dubaï et en mauvaise santé, est apparu dans une vidéo depuis un lit d'hôpital, l'air frêle et peinant à parler.

"Pervez Musharraf souffre d'amylose cardiaque", une maladie provoquant des dysfonctionnements du coeur, a déclaré Mehrene Malik Adam, la secrétaire générale de la Ligue musulmane pour tout le Pakistan (APML), parti qu'il a fondé.

"Il est hospitalisé depuis une dizaine de jours et est traité par chimiothérapie" à l'hôpital américain de Dubaï, a-t-elle ajouté.

Un tribunal spécial a condamné mardi l'ancien général à la peine de mort par contumace pour "haute trahison" pour avoir instauré l'état d'urgence dans le pays en novembre 2007.

Pervez Musharraf avait alors invoqué la défense de l'unité nationale face au terrorisme islamiste et l'opposition de la Cour suprême, qui devait se prononcer sur la légalité de sa réélection un mois plus tôt, pour suspendre la Constitution.

La mesure, très impopulaire, avait fini par causer sa chute en 2008.

Saluée par les principaux partis d'opposition comme une décision historique dans un pays gouverné durant près de la moitié de ses 72 années d'histoire par sa puissante armée, sa condamnation mardi a été fortement critiquée par les militaires.

Musharraf, parvenu au pouvoir par un coup d'Etat sans effusion de sang en octobre 1999, avant de s'autoproclamer président en juin 2001 et de remporter en avril 2002 un référendum controversé, "ne peut assurément jamais être un traître", a déploré l'armée.

"La procédure juridique régulière semble avoir été ignorée", ont poursuivi les militaires, pointant notamment "le déni du droit fondamental à la défense" du général et une affaire conduite selon elle "dans la précipitation".

Le gouvernement d'Imran Khan s'est pour l'instant refusé à commenter le jugement. L'actuel Premier ministre, alors qu'il était dans l'opposition en 2007, avait lui-même appelé à la résistance contre l'état d'urgence imposé par Musharraf.

Mais l'opposition l'accuse d'avoir plus récemment bénéficié d'un soutien de l'armée, qui lui aurait permis de remporter les législatives de 2018 et d'accéder au pouvoir.

Le procureur général Anwar Mansoor Khan, nommé par le gouvernement, a, lui, estimé mardi que le jugement a été rendu "contre la Constitution".

Sous le règne de Pervez Musharraf, un stratège connu pour son franc-parler, admirateur de Napoléon Bonaparte et amateur de cigares, le Pakistan avait vu sa croissance économique décoller, sa classe moyenne se développer, les médias se libéraliser et l'armée jouer la carte de l'apaisement face à l'Inde rivale.

Mais ses opposants dénonçaient sa mainmise "dictatoriale" sur le pouvoir, le renvoi "illégal" de juges de la Cour suprême qui s'opposaient à lui ou l'assaut sanglant contre des islamistes lourdement armés réfugiés dans la mosquée Rouge d'Islamabad à l'été 2007.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10766 Thu, 19 Dec 2019 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Pakistan : l'ex-président Musharraf condamné à mort par contumace pour "haute trahison" https://www.peinedemort.org/document/10761 L'ex-président et général Pervez Musharraf, en exil à Dubaï, a été condamné à mort par contumace mardi pour "haute trahison", un verdict villipendé par la puissante armée pakistanaise, qui a dénoncé un déni de justice. La condamnation de ce personnage central de l'histoire récente du Pakistan a trait "à la décision qu'il a prise le 3 novembre 2007", soit l'instauration de l'état d'urgence dans le pays, a déclaré à l'AFP son avocat, Akhtar Shah. L'ex-président "n'a rien fait de mal", a-t-il souligné. Pervez Musharraf, qui "s'est battu dans des guerres pour la défense du pays", "ne peut assurément jamais être un traître", a critiqué l'armée dans un communiqué. "La procédure juridique régulière semble avoir été ignorée", a-t-elle poursuivi, pointant notamment "le déni du droit fondamental à la défense" du général et une affaire conduite selon elle "dans la précipitation". Le procureur général Anwar Mansoor Khan, nommé par le gouvernement pakistanais du Premier ministre Imran Khan, dont l'armée a selon l'opposition favorisé l'accession au pouvoir lors des législatives de 2018, a de son côté estimé que le jugement, prononcé par un tribunal spécial, a été rendu "contre la Constitution". "Chaque personne a droit à un procès juste", a-t-il estimé lors d'une conférence de presse. Pervez Musharraf avait invoqué la défense de l'unité nationale face au terrorisme islamiste et l'opposition de la Cour suprême, qui devait se prononcer sur la légalité de sa réélection un mois plus tôt, pour suspendre la Constitution. Cette mesure très impopulaire, levée en décembre 2007, avait fini par causer sa chute moins d'un an plus tard. "Il avait l'immunité. (...) Il était le président du Pakistan et le commandant suprême des forces armées", a observé mardi son avocat Akhtar Shah. Début décembre, une vidéo avait circulé montrant Pervez Musharraf dans un lit d'hôpital, où il racontait s'être "évanoui". "Cette affaire est sans fondement", avait-il lancé d'une voix faible. Talat Masood, un général en retraite et analyste sécuritaire, a qualifié le verdict d'"extraordinaire" dans un Pakistan gouverné par l'armée près de la moitié de ses 72 ans d'existence. Cette décision aura "un grand impact sur l'évolution démocratique du Pakistan". L'ONG Amnesty international a qualifié d'"encourageant" le fait que le Pakistan "en finisse avec une histoire d'impunité pour les puissants généraux", tout en rappelant son opposition à la peine capitale. - Mainmise "dictatoriale" - Aujourd'hui âgé de 76 ans, M. Musharraf était parvenu au pouvoir par un coup d'Etat sans effusion de sang en octobre 1999, puis s'était autoproclamé président en juin 2001, avant de remporter en avril 2002 un référendum controversé. Sous le règne de ce stratège connu pour son franc-parler, admirateur de Napoléon Bonaparte et amateur de cigares, le Pakistan avait vu sa croissance économique décoller, sa classe moyenne se développer, les médias se libéraliser et l'armée jouer la carte de l'apaisement face à l'Inde rivale. Mais ses opposants ont dénoncé sa mainmise "dictatoriale" sur le pouvoir, le renvoi "illégal" de juges de la Cour suprême qui s'opposaient à lui ou l'assaut sanglant contre des islamistes lourdement armés réfugiés dans la mosquée Rouge d'Islamabad à l'été 2007. En août 2008, très impopulaire et face à la pression croissante de l'opposition et de la justice, ce nationaliste avait démissionné, pour ensuite amorcer un luxueux exil volontaire entre Londres et Dubaï. Rentré en mars 2013 au Pakistan afin de participer aux élections, ses ambitions politiques avaient été brisées par de multiples poursuites judiciaires. Il avait à nouveau quitté le pays en mars 2016 pour des soins médicaux à Dubaï en promettant de revenir ensuite affronter ses juges. En août 2017, la justice pakistanaise l'a déclaré "fugitif" dans le procès du meurtre de Benazir Bhutto, sa rivale politique, pour lequel il demeure le seul suspect. Mme Bhutto, deux fois élue Premier ministre du Pakistan, et première femme de l'ère contemporaine à avoir dirigé un pays musulman, avait été assassinée dans un attentat-suicide à Rawalpindi le 27 décembre 2007. "La démocratie est la meilleure revanche", a tweeté mardi son fils Bilawal Bhutto Zardari, qui dirige le Parti du peuple pakistanais (PPP - opposition) en réaction au jugement.
La condamnation de ce personnage central de l'histoire récente du Pakistan a trait "à la décision qu'il a prise le 3 novembre 2007", soit l'instauration de l'état d'urgence dans le pays, a déclaré à l'AFP son avocat, Akhtar Shah. L'ex-président "n'a rien fait de mal", a-t-il souligné.

Pervez Musharraf, qui "s'est battu dans des guerres pour la défense du pays", "ne peut assurément jamais être un traître", a critiqué l'armée dans un communiqué.

"La procédure juridique régulière semble avoir été ignorée", a-t-elle poursuivi, pointant notamment "le déni du droit fondamental à la défense" du général et une affaire conduite selon elle "dans la précipitation".

Le procureur général Anwar Mansoor Khan, nommé par le gouvernement pakistanais du Premier ministre Imran Khan, dont l'armée a selon l'opposition favorisé l'accession au pouvoir lors des législatives de 2018, a de son côté estimé que le jugement, prononcé par un tribunal spécial, a été rendu "contre la Constitution".

"Chaque personne a droit à un procès juste", a-t-il estimé lors d'une conférence de presse.

Pervez Musharraf avait invoqué la défense de l'unité nationale face au terrorisme islamiste et l'opposition de la Cour suprême, qui devait se prononcer sur la légalité de sa réélection un mois plus tôt, pour suspendre la Constitution.

Cette mesure très impopulaire, levée en décembre 2007, avait fini par causer sa chute moins d'un an plus tard.

"Il avait l'immunité. (...) Il était le président du Pakistan et le commandant suprême des forces armées", a observé mardi son avocat Akhtar Shah.

Début décembre, une vidéo avait circulé montrant Pervez Musharraf dans un lit d'hôpital, où il racontait s'être "évanoui". "Cette affaire est sans fondement", avait-il lancé d'une voix faible.

Talat Masood, un général en retraite et analyste sécuritaire, a qualifié le verdict d'"extraordinaire" dans un Pakistan gouverné par l'armée près de la moitié de ses 72 ans d'existence. Cette décision aura "un grand impact sur l'évolution démocratique du Pakistan".

L'ONG Amnesty international a qualifié d'"encourageant" le fait que le Pakistan "en finisse avec une histoire d'impunité pour les puissants généraux", tout en rappelant son opposition à la peine capitale.

- Mainmise "dictatoriale" -

Aujourd'hui âgé de 76 ans, M. Musharraf était parvenu au pouvoir par un coup d'Etat sans effusion de sang en octobre 1999, puis s'était autoproclamé président en juin 2001, avant de remporter en avril 2002 un référendum controversé.

Sous le règne de ce stratège connu pour son franc-parler, admirateur de Napoléon Bonaparte et amateur de cigares, le Pakistan avait vu sa croissance économique décoller, sa classe moyenne se développer, les médias se libéraliser et l'armée jouer la carte de l'apaisement face à l'Inde rivale.

Mais ses opposants ont dénoncé sa mainmise "dictatoriale" sur le pouvoir, le renvoi "illégal" de juges de la Cour suprême qui s'opposaient à lui ou l'assaut sanglant contre des islamistes lourdement armés réfugiés dans la mosquée Rouge d'Islamabad à l'été 2007.

En août 2008, très impopulaire et face à la pression croissante de l'opposition et de la justice, ce nationaliste avait démissionné, pour ensuite amorcer un luxueux exil volontaire entre Londres et Dubaï.

Rentré en mars 2013 au Pakistan afin de participer aux élections, ses ambitions politiques avaient été brisées par de multiples poursuites judiciaires.

Il avait à nouveau quitté le pays en mars 2016 pour des soins médicaux à Dubaï en promettant de revenir ensuite affronter ses juges.

En août 2017, la justice pakistanaise l'a déclaré "fugitif" dans le procès du meurtre de Benazir Bhutto, sa rivale politique, pour lequel il demeure le seul suspect.

Mme Bhutto, deux fois élue Premier ministre du Pakistan, et première femme de l'ère contemporaine à avoir dirigé un pays musulman, avait été assassinée dans un attentat-suicide à Rawalpindi le 27 décembre 2007.

"La démocratie est la meilleure revanche", a tweeté mardi son fils Bilawal Bhutto Zardari, qui dirige le Parti du peuple pakistanais (PPP - opposition) en réaction au jugement.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10761 Tue, 17 Dec 2019 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Condamnation à mort de l'ancien président pakistanais pour "hautre trahison" https://www.peinedemort.org/document/10767 Un tribunal spécial condamne à mort par contumace l'ex-président du Pakistan, Pervez Musharraf, en exil à Dubaï. Il est condamné pour "haute trahison", pour avoir imposé l'état d'urgence en 2007. https://www.peinedemort.org/document/10767 Tue, 17 Dec 2019 00:00:00 +0000 Sophie Fotiadi