La peine de mort dans le monde — Barton https://www.peinedemort.org/rss/condamne?id=1802 Barton : tous les documents concernant la peine de mort. fr Sophie Fotiadi <sophie.fotiadi@peinedemort.org>, 2020 Fri, 27 Nov 2020 20:34:27 +0000 Wed, 20 May 2020 08:02:51 +0000 120 Les Etats-Unis renouent avec les exécutions après une pause liée à la pandémie https://www.peinedemort.org/document/10923 Un condamné à mort du Missouri, qui a toujours clamé son innocence, a reçu une injection létale mardi soir. La première exécution aux Etats-Unis depuis que le nouveau coronavirus a mis en sommeil une partie du pays. Walter Barton, 64 ans, a été exécuté dans le pénitencier de Bonne Terre pour le meurtre d'une octogénaire, lacérée de coups de couteaux en 1991. La vieille dame, une de ses connaissances, gérait un terrain de mobil-homes et il faisait partie des trois personnes ayant découvert son corps. A l'issue d'une longue saga judiciaire, il avait été condamné à la peine capitale sur la base d'une expertise de traces de sang et du témoignage d'une ancienne codétenue, dont ses avocats contestent la fiabilité. Pour tenter de le sauver, ces derniers avaient adressé un ultime recours à la Cour suprême des Etats-Unis, mais celle-ci a rejeté leur requête, sans explication, à deux heures de l'échéance. Ses derniers mots ont été "Moi, Walter Arkie Barton, suis innocent, ils exécutent un innocent", ont rapporté les témoins de la scène. Il s'agit de la première exécution aux Etats-Unis depuis le 5 mars. Une dizaine ont été reportées au total, dans l'Ohio, au Texas ou dans le Tennesse, en raison de la pandémie de Covid-19. Un tribunal texan avait notamment expliqué que les exécutions rassemblaient trop de personnes -- gardiens, avocats, témoins, proches... -- pour pouvoir se dérouler sans risque de contamination. Les services pénitentiaires du Missouri ont eux opté pour un protocole de sécurité renforcée: les témoins, masqués, ont été séparés dans trois pièces après une prise de température et tenus de rester à distance les uns des autres pendant l'exécution, a détaillé une porte-parole, Karen Pojmann. - "Boucherie" - Malgré tout, plusieurs associations ont critiqué la décision du Missouri. "Procéder à l'exécution de Walter Barton en pleine pandémie est insensé", a notamment estimé Cassandra Stubbs, de la puissante organisation de défense des droits civiques ACLU. "L'Etat n'a pas seulement mis en danger la santé des gardiens de la prison en les forçant à défier les recommandations de santé publique, mais il a aussi refusé de considérer de nouveaux éléments, convaincants, sur le fait que Barton puisse être innocent", a-t-elle ajouté. Pour les défenseurs du condamné, le dossier d'accusation a toujours été faible. Pour preuve, soulignent-ils, ses deux premiers procès ont échoué sans verdict et les deux suivants ont été annulés en appel. Il se trouvait dans les couloirs de la mort en raison de la décision prise par les jurés lors d'un cinquième procès, en 2006. Cette condamnation avait été confirmée par la Cour suprême du Missouri, mais avec une courte majorité (quatre juges pour, trois contre). L'un des magistrats s'étant prononcé contre, Michael Wolff, aujourd'hui retraité, a expliqué ses doutes dans une tribune publiée par le journal local St Louis-Post Dispatch. Selon lui, l'accusation n'a jamais réussi à expliquer comment Walter Barton avait pu "donner 50 coups de couteau" et "sortir très peu taché de cette boucherie".
Walter Barton, 64 ans, a été exécuté dans le pénitencier de Bonne Terre pour le meurtre d'une octogénaire, lacérée de coups de couteaux en 1991.

La vieille dame, une de ses connaissances, gérait un terrain de mobil-homes et il faisait partie des trois personnes ayant découvert son corps.

A l'issue d'une longue saga judiciaire, il avait été condamné à la peine capitale sur la base d'une expertise de traces de sang et du témoignage d'une ancienne codétenue, dont ses avocats contestent la fiabilité.

Pour tenter de le sauver, ces derniers avaient adressé un ultime recours à la Cour suprême des Etats-Unis, mais celle-ci a rejeté leur requête, sans explication, à deux heures de l'échéance.

Ses derniers mots ont été "Moi, Walter Arkie Barton, suis innocent, ils exécutent un innocent", ont rapporté les témoins de la scène.

Il s'agit de la première exécution aux Etats-Unis depuis le 5 mars. Une dizaine ont été reportées au total, dans l'Ohio, au Texas ou dans le Tennesse, en raison de la pandémie de Covid-19.

Un tribunal texan avait notamment expliqué que les exécutions rassemblaient trop de personnes -- gardiens, avocats, témoins, proches... -- pour pouvoir se dérouler sans risque de contamination.

Les services pénitentiaires du Missouri ont eux opté pour un protocole de sécurité renforcée: les témoins, masqués, ont été séparés dans trois pièces après une prise de température et tenus de rester à distance les uns des autres pendant l'exécution, a détaillé une porte-parole, Karen Pojmann.

- "Boucherie" -

Malgré tout, plusieurs associations ont critiqué la décision du Missouri. "Procéder à l'exécution de Walter Barton en pleine pandémie est insensé", a notamment estimé Cassandra Stubbs, de la puissante organisation de défense des droits civiques ACLU.

"L'Etat n'a pas seulement mis en danger la santé des gardiens de la prison en les forçant à défier les recommandations de santé publique, mais il a aussi refusé de considérer de nouveaux éléments, convaincants, sur le fait que Barton puisse être innocent", a-t-elle ajouté.

Pour les défenseurs du condamné, le dossier d'accusation a toujours été faible. Pour preuve, soulignent-ils, ses deux premiers procès ont échoué sans verdict et les deux suivants ont été annulés en appel.

Il se trouvait dans les couloirs de la mort en raison de la décision prise par les jurés lors d'un cinquième procès, en 2006.

Cette condamnation avait été confirmée par la Cour suprême du Missouri, mais avec une courte majorité (quatre juges pour, trois contre).

L'un des magistrats s'étant prononcé contre, Michael Wolff, aujourd'hui retraité, a expliqué ses doutes dans une tribune publiée par le journal local St Louis-Post Dispatch.

Selon lui, l'accusation n'a jamais réussi à expliquer comment Walter Barton avait pu "donner 50 coups de couteau" et "sortir très peu taché de cette boucherie".]]>
https://www.peinedemort.org/document/10923 Wed, 20 May 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Une exécution prévue mardi aux Etats-Unis, la première en 75 jours https://www.peinedemort.org/document/10922 Les exécutions doivent reprendre mardi soir aux Etats-Unis après deux mois et demi d'interruption liée au nouveau coronavirus, avec une injection létale prévue dans le Missouri. Walter Barton, 64 ans, a été condamné à la peine capitale pour le meurtre d'une octogénaire, lacérée de coups de couteaux en 1991, qu'il nie avoir commis. La vieille dame, une de ses connaissances, gérait un terrain de mobile homes et il faisait partie des trois personnes ayant découvert son corps. A l'issue d'une longue saga judiciaire, il a été condamné sur la base d'une expertise de traces de sang et du témoignage d'un ancien co-détenu, dont ses avocats contestent la fiabilité. Il doit être être exécuté dans la soirée dans le pénitencier de Bonne Terre. En raison de la pandémie de Covid-19, aucune exécution n'a eu lieu aux Etats-Unis depuis le 5 mars. Le gouverneur de l'Ohio en a reporté plusieurs, des tribunaux du Texas ou du Tennesse ont fait de même, en soulignant notamment que les exécutions rassemblent trop de personnes: gardiens, avocats, témoins, proches... Les avocats de Walter Barton avaient demandé qu'il bénéficie lui aussi d'un répit le temps de la crise, mais la Cour suprême du Missouri a rejeté leur requête le 27 avril. Des opposants à la peine de mort se sont mobilisés en sa faveur. "Walter est peut-être innocent. La santé et la sécurité du public vont être compromises juste pour faire du spectacle", a dénoncé sur Twitter l'association "Missourian for alternatives to death penalty". Ils ont adressé une pétition au gouverneur Mike Parson, mais l'élu républicain a exclu lundi d'accorder sa clémence à Walter Barton. Ses avocats ont alors introduit un ultime recours devant la Cour suprême des Etats-Unis, en mêlant des arguments de fond et de contexte. Pour eux, le dossier d'accusation a toujours été faible. Pour preuve, soulignent-ils, ses deux premiers procès ont échoué sans verdict et les deux suivants ont été annulés en appel. Il est aujourd'hui dans les couloirs de la mort en raison de la décision prise par les jurés lors d'un 5ème procès, en 2006. Quand, en février, le Missouri a fixé sa date d'exécution, ses avocats ont commencé à monter un nouveau dossier sur la base d'éléments scientifiques qui, selon eux, réfutent l'expertise de traces de sang. Mais leurs efforts ont "été considérablement ralentis" par les mesures de confinement, plaident-ils. Ces éléments étaient "connus et à la disposition de Barton en 2006" et n'ont rien de nouveau, ont rétorqué les avocats du Missouri. La haute juridiction devrait se prononcer dans la soirée sur cette requête.
Walter Barton, 64 ans, a été condamné à la peine capitale pour le meurtre d'une octogénaire, lacérée de coups de couteaux en 1991, qu'il nie avoir commis.

La vieille dame, une de ses connaissances, gérait un terrain de mobile homes et il faisait partie des trois personnes ayant découvert son corps.

A l'issue d'une longue saga judiciaire, il a été condamné sur la base d'une expertise de traces de sang et du témoignage d'un ancien co-détenu, dont ses avocats contestent la fiabilité.

Il doit être être exécuté dans la soirée dans le pénitencier de Bonne Terre.

En raison de la pandémie de Covid-19, aucune exécution n'a eu lieu aux Etats-Unis depuis le 5 mars.

Le gouverneur de l'Ohio en a reporté plusieurs, des tribunaux du Texas ou du Tennesse ont fait de même, en soulignant notamment que les exécutions rassemblent trop de personnes: gardiens, avocats, témoins, proches...

Les avocats de Walter Barton avaient demandé qu'il bénéficie lui aussi d'un répit le temps de la crise, mais la Cour suprême du Missouri a rejeté leur requête le 27 avril.

Des opposants à la peine de mort se sont mobilisés en sa faveur. "Walter est peut-être innocent. La santé et la sécurité du public vont être compromises juste pour faire du spectacle", a dénoncé sur Twitter l'association "Missourian for alternatives to death penalty".

Ils ont adressé une pétition au gouverneur Mike Parson, mais l'élu républicain a exclu lundi d'accorder sa clémence à Walter Barton.

Ses avocats ont alors introduit un ultime recours devant la Cour suprême des Etats-Unis, en mêlant des arguments de fond et de contexte.

Pour eux, le dossier d'accusation a toujours été faible. Pour preuve, soulignent-ils, ses deux premiers procès ont échoué sans verdict et les deux suivants ont été annulés en appel. Il est aujourd'hui dans les couloirs de la mort en raison de la décision prise par les jurés lors d'un 5ème procès, en 2006.

Quand, en février, le Missouri a fixé sa date d'exécution, ses avocats ont commencé à monter un nouveau dossier sur la base d'éléments scientifiques qui, selon eux, réfutent l'expertise de traces de sang. Mais leurs efforts ont "été considérablement ralentis" par les mesures de confinement, plaident-ils.

Ces éléments étaient "connus et à la disposition de Barton en 2006" et n'ont rien de nouveau, ont rétorqué les avocats du Missouri.

La haute juridiction devrait se prononcer dans la soirée sur cette requête.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10922 Tue, 19 May 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP