La peine de mort dans le monde — Montgomery https://www.peinedemort.org/rss/condamne?id=1823 Montgomery : tous les documents concernant la peine de mort. fr Sophie Fotiadi <sophie.fotiadi@peinedemort.org>, 2021 Mon, 08 Mar 2021 00:27:19 +0000 Sat, 16 Jan 2021 10:46:12 +0000 120 La peine de mort au niveau fédéral aux Etats-Unis : 13 exécutions fédérales sous l'administration Trump https://www.peinedemort.org/document/11178 Le 14 juillet 2020 une exécution fédérale a eu lieu aux Etats-Unis, alors que la précédente avait eu lieu en 2003. Dès juillet 2019 le gouvernement fédéral américain avait annoncé son intention de reprendre les exécutions capitales au niveau fédéral, mais les premières tentatives ont été bloquées par la justice. Dix hommes condamnés à mort par des tribunaux fédéraux ont été exécutés en 2020, alors même qu'il n'y a eu aucune exécution capitale dans les États fédérés sur cette même période (14 juillet-décembre) en raison de la situation sanitaire. Daniel Lewis Lee le 14 juillet, Wesley Ira Purkey le 16 juillet, Dustin Lee Honken le 17 juillet, Lezmond Mitchell le 26 août, Keith Dwayne Nelson le 28 août, William Emmett LeCroy le 22 septembre, Christopher Andre Vialva le 24 septembre, Orlando Hall le 19 novembre, Brandon Bernard le 10 décembre et Alfred Bourgeois le 11 décembre. Les exécutions se sont poursuivies jusqu'aux derniers jours du mandat de Donald Trump avec trois exécutions en 2021, dont une femme : Lisa Montgomery le 13 janvier, Corey Johnson le 14 janvier et Dustin John Higgs le 16 janvier.
Dix hommes condamnés à mort par des tribunaux fédéraux ont été exécutés en 2020, alors même qu'il n'y a eu aucune exécution capitale dans les États fédérés sur cette même période (14 juillet-décembre) en raison de la situation sanitaire. Daniel Lewis Lee le 14 juillet, Wesley Ira Purkey le 16 juillet, Dustin Lee Honken le 17 juillet, Lezmond Mitchell le 26 août, Keith Dwayne Nelson le 28 août, William Emmett LeCroy le 22 septembre, Christopher Andre Vialva le 24 septembre, Orlando Hall le 19 novembre, Brandon Bernard le 10 décembre et Alfred Bourgeois le 11 décembre.

Les exécutions se sont poursuivies jusqu'aux derniers jours du mandat de Donald Trump avec trois exécutions en 2021, dont une femme : Lisa Montgomery le 13 janvier, Corey Johnson le 14 janvier et Dustin John Higgs le 16 janvier.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11178 Sat, 16 Jan 2021 00:00:00 +0000 Sophie Fotiadi
Le rapporteur sur la peine de mort exprime son profond regret concernant l'exécution fédérale de Lisa Montgomery aux Etats-Unis https://www.peinedemort.org/document/11180 Vladimir Vardanyan (Arménie, PPE/DC), rapporteur général de l'APCE sur l'abolition de la peine de mort, a exprimé son profond regret concernant l'exécution mercredi aux Etats-Unis de Lisa Montgomery au niveau fédéral. « Malgré toute ma compassion à l'égard des personnes touchées par ce crime, je suis vivement consterné par l'exécution au niveau fédéral de la première femme depuis près de sept décennies. Il est d'autant plus déplorable que cette exécution ait été effectuée malgré les indications selon lesquelles Lisa Montgomery pourrait avoir souffert d'une maladie mentale », a déclaré M. Vardanyan. « Mme Montgomery était la onzième prisonnière fédérale à être exécutée, suite à la décision du gouvernement fédéral américain de juillet 2020 de reprendre les exécutions après un moratoire de facto de 17 ans. Je suis profondément déçu par cette décision, qui va à l'encontre de la tendance abolitionniste croissante dans différents États américains, comme en témoigne en 2020 le nombre d'exécutions le plus faible en 37 ans ». « La peine de mort est toujours un châtiment cruel et inhumain, quel que soit le crime, et elle ne devrait plus être appliquée dans des États démocratiques qui respectent les droits de l'homme. L'adoption de la 8ème résolution appelant à un « moratoire sur l'application de la peine de mort » par l'Assemblée générale des Nations unies le 16 décembre 2020 reflète l'élan croissant en faveur de l'abolition de cette peine dans le monde entier », a-t-il déclaré. « J'appelle donc les autorités fédérales des États-Unis, en tant qu'État observateur auprès du Conseil de l'Europe, à ne plus procéder à de nouvelles exécutions. Je les encourage aussi vivement à réévaluer au niveau politique la possibilité de supprimer totalement la peine de mort en tant que peine, conformément à nos valeurs communes telles qu'énoncées dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et les traités internationaux ».
« Malgré toute ma compassion à l'égard des personnes touchées par ce crime, je suis vivement consterné par l'exécution au niveau fédéral de la première femme depuis près de sept décennies. Il est d'autant plus déplorable que cette exécution ait été effectuée malgré les indications selon lesquelles Lisa Montgomery pourrait avoir souffert d'une maladie mentale », a déclaré M. Vardanyan.

« Mme Montgomery était la onzième prisonnière fédérale à être exécutée, suite à la décision du gouvernement fédéral américain de juillet 2020 de reprendre les exécutions après un moratoire de facto de 17 ans. Je suis profondément déçu par cette décision, qui va à l'encontre de la tendance abolitionniste croissante dans différents États américains, comme en témoigne en 2020 le nombre d'exécutions le plus faible en 37 ans ».

« La peine de mort est toujours un châtiment cruel et inhumain, quel que soit le crime, et elle ne devrait plus être appliquée dans des États démocratiques qui respectent les droits de l'homme. L'adoption de la 8ème résolution appelant à un « moratoire sur l'application de la peine de mort » par l'Assemblée générale des Nations unies le 16 décembre 2020 reflète l'élan croissant en faveur de l'abolition de cette peine dans le monde entier », a-t-il déclaré.

« J'appelle donc les autorités fédérales des États-Unis, en tant qu'État observateur auprès du Conseil de l'Europe, à ne plus procéder à de nouvelles exécutions. Je les encourage aussi vivement à réévaluer au niveau politique la possibilité de supprimer totalement la peine de mort en tant que peine, conformément à nos valeurs communes telles qu'énoncées dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et les traités internationaux ».]]>
https://www.peinedemort.org/document/11180 Thu, 14 Jan 2021 00:00:00 +0000 Conseil de l'Europe
Exécution fédérale d'une femme aux Etats-Unis après un sursis de dernière minute https://www.peinedemort.org/document/11172 Les Etats-Unis ont exécuté Lisa Montgomery après un sursis de dernière minute - 1ère exécution de l'année 2021 aux Etats-Unis - 1ère exécution fédérale d'une femme depuis près de 70 ans - 11ème exécution au niveau fédéral en 6 mois, contre 3 durant les 55 années précédentes
- 1ère exécution de l'année 2021 aux Etats-Unis
- 1ère exécution fédérale d'une femme depuis près de 70 ans
- 11ème exécution au niveau fédéral en 6 mois, contre 3 durant les 55 années précédentes]]>
https://www.peinedemort.org/document/11172 Wed, 13 Jan 2021 00:00:00 +0000 Sophie Fotiadi
La Cour suprême autorise l'administration Trump à exécuter une femme https://www.peinedemort.org/document/11171 La Cour suprême des Etats-Unis a donné, dans la nuit de mardi à mercredi, son feu vert à la première exécution fédérale d'une femme en près de 70 ans, qui sera l'un des derniers actes de la présidence de Donald Trump. La haute Cour a refusé à minuit (05H00 GMT) d'ultimes recours déposés par les avocats de Lisa Montgomery, 52 ans, malgré le désaccord de ses trois magistrats progressistes. Détenue dans un pénitencier fédéral à Terre-Haute, dans l'Indiana, elle devrait donc recevoir dans la nuit une injection létale. En 2004, elle a tué une femme enceinte de huit mois afin de lui voler son foetus. Dans l'incapacité d'avoir un nouvel enfant, elle avait repéré sa victime, une éleveuse de chiens, sur internet et s'était présentée à son domicile dans le Missouri sous prétexte de lui acheter un terrier. Sur place, elle l'avait étranglée, lui avait ouvert l'utérus, avait pris le bébé -- qui a survécu -- avant de l'abandonner dans une mare de sang. Sans nier la gravité de son crime, ses avocats avaient souligné qu'elle souffrait de troubles mentaux sévères, conséquences de violences et viols en réunion subis dans son enfance. Lundi soir, un juge fédéral avait ordonné de surseoir à son exécution, le temps d'évaluer son état mental. "Mme Montgomery est si éloignée de la réalité qu'elle ne peut pas comprendre rationnellement le motif de l'administration pour son exécution", avait estimé le juge Patrick Hanlon. Une cour d'appel, saisie par le ministère de la Justice, avait toutefois annulé cette décision mardi, et la Cour suprême, profondément remaniée par Donald Trump, a validé sa décision. Le temple du Droit américain, qui avait été saisi de deux autres recours distinct, a à chaque fois donné raison aux avocats du gouvernement. Fervent partisan de la peine capitale, comme ses électeurs les plus conservateurs, Donald Trump a par ailleurs ignoré une demande de clémence adressée par les soutiens de Lisa Montgomery. - "Course folle" - Malgré le recul de la peine capitale aux Etats-Unis et dans le monde, son administration a renoué en juillet, après 17 ans de pause, avec les exécutions fédérales et les enchaîne depuis à un rythme jamais vu. Dix Américains ont reçu depuis l'été des injections létales à Terre-Haute et l'administration Trump prévoit, outre Mme Montgomery, d'exécuter deux hommes noirs cette semaine: Corey Johnson jeudi et Dustin Higgs vendredi. Là encore, une bataille judiciaire féroce est engagée. Un tribunal fédéral a décidé mardi de reporter leur exécution de plusieurs semaines au motif qu'ils ont été contaminés par le Covid-19. D'anciens gardiens de prison ont de leur côté demandé au ministère de la Justice de reporter ces exécutions "jusqu'à ce que le personnel pénitencier soit vacciné" contre ce virus. Entre les bourreaux, les gardiens, les témoins, les avocats... une exécution mobilise des dizaines de personnes dans un environnement clos, propice à la propagation du virus. Pour cette raison, les Etats américains, y compris le très répressif Texas, ont suspendu les exécutions depuis des mois. A contre-courant, l'administration de Donald Trump a au contraire affiché sa détermination à procéder au maximum d'exécutions, avant de quitter le pouvoir. "Dans les dernières heures de la présidence Trump, il y a une course folle pour exécuter des gens qui sont dans les couloirs de la mort depuis des années voire des décennies. C'est insensé", a dénoncé sur NPR le sénateur démocrate Dick Durbin, en annonçant l'introduction d'une loi visant à mettre un terme aux exécutions fédérales. Les démocrates ayant repris le contrôle du Sénat, il est possible qu'elle soit adoptée une fois que Joe Biden aura pris ses fonctions. Le président élu, qui prêtera serment le 20 janvier, est un opposant à la peine capitale et a promis de travailler avec le Congrès pour l'interdire au niveau fédéral.
La haute Cour a refusé à minuit (05H00 GMT) d'ultimes recours déposés par les avocats de Lisa Montgomery, 52 ans, malgré le désaccord de ses trois magistrats progressistes.

Détenue dans un pénitencier fédéral à Terre-Haute, dans l'Indiana, elle devrait donc recevoir dans la nuit une injection létale.

En 2004, elle a tué une femme enceinte de huit mois afin de lui voler son foetus.

Dans l'incapacité d'avoir un nouvel enfant, elle avait repéré sa victime, une éleveuse de chiens, sur internet et s'était présentée à son domicile dans le Missouri sous prétexte de lui acheter un terrier.

Sur place, elle l'avait étranglée, lui avait ouvert l'utérus, avait pris le bébé -- qui a survécu -- avant de l'abandonner dans une mare de sang.

Sans nier la gravité de son crime, ses avocats avaient souligné qu'elle souffrait de troubles mentaux sévères, conséquences de violences et viols en réunion subis dans son enfance.

Lundi soir, un juge fédéral avait ordonné de surseoir à son exécution, le temps d'évaluer son état mental. "Mme Montgomery est si éloignée de la réalité qu'elle ne peut pas comprendre rationnellement le motif de l'administration pour son exécution", avait estimé le juge Patrick Hanlon.

Une cour d'appel, saisie par le ministère de la Justice, avait toutefois annulé cette décision mardi, et la Cour suprême, profondément remaniée par Donald Trump, a validé sa décision.

Le temple du Droit américain, qui avait été saisi de deux autres recours distinct, a à chaque fois donné raison aux avocats du gouvernement.

Fervent partisan de la peine capitale, comme ses électeurs les plus conservateurs, Donald Trump a par ailleurs ignoré une demande de clémence adressée par les soutiens de Lisa Montgomery.


- "Course folle" -

Malgré le recul de la peine capitale aux Etats-Unis et dans le monde, son administration a renoué en juillet, après 17 ans de pause, avec les exécutions fédérales et les enchaîne depuis à un rythme jamais vu.

Dix Américains ont reçu depuis l'été des injections létales à Terre-Haute et l'administration Trump prévoit, outre Mme Montgomery, d'exécuter deux hommes noirs cette semaine: Corey Johnson jeudi et Dustin Higgs vendredi.

Là encore, une bataille judiciaire féroce est engagée. Un tribunal fédéral a décidé mardi de reporter leur exécution de plusieurs semaines au motif qu'ils ont été contaminés par le Covid-19.

D'anciens gardiens de prison ont de leur côté demandé au ministère de la Justice de reporter ces exécutions "jusqu'à ce que le personnel pénitencier soit vacciné" contre ce virus.

Entre les bourreaux, les gardiens, les témoins, les avocats... une exécution mobilise des dizaines de personnes dans un environnement clos, propice à la propagation du virus. Pour cette raison, les Etats américains, y compris le très répressif Texas, ont suspendu les exécutions depuis des mois.

A contre-courant, l'administration de Donald Trump a au contraire affiché sa détermination à procéder au maximum d'exécutions, avant de quitter le pouvoir.

"Dans les dernières heures de la présidence Trump, il y a une course folle pour exécuter des gens qui sont dans les couloirs de la mort depuis des années voire des décennies. C'est insensé", a dénoncé sur NPR le sénateur démocrate Dick Durbin, en annonçant l'introduction d'une loi visant à mettre un terme aux exécutions fédérales.

Les démocrates ayant repris le contrôle du Sénat, il est possible qu'elle soit adoptée une fois que Joe Biden aura pris ses fonctions.

Le président élu, qui prêtera serment le 20 janvier, est un opposant à la peine capitale et a promis de travailler avec le Congrès pour l'interdire au niveau fédéral.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11171 Wed, 13 Jan 2021 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Etats-Unis: première exécution fédérale d'une femme en près de 70 ans https://www.peinedemort.org/document/11173 Les Etats-Unis ont procédé mercredi à la première exécution fédérale d'une femme en près de 70 ans, qui sera l'un des derniers actes de la présidence de Donald Trump. "Lisa Montgomery, 52 ans, a été exécutée au pénitencier fédéral de Terre-Haute" dans l'Indiana, a annoncé dans un communiqué le ministère de la Justice. Sa mort, causée par une injection létale, a été constatée à 01H31 (06H31 GMT). La Cour suprême avait auparavant donné son feu vert à l'exécution dans la nuit, rejetant les ultimes recours des avocats de la condamnée malgré le désaccord de trois magistrats progressistes. En 2004, Lisa Montgomery avait tué une femme enceinte de huit mois afin de lui voler son foetus. Dans l'incapacité d'avoir un nouvel enfant, elle avait repéré sa victime, une éleveuse de chiens, sur internet et s'était présentée à son domicile dans le Missouri sous prétexte de lui acheter un terrier. Sur place, elle l'avait étranglée, lui avait ouvert l'utérus, avait pris le bébé -- qui a survécu -- avant de l'abandonner dans une mare de sang. Sans nier la gravité de son crime, ses avocats avaient souligné qu'elle souffrait de troubles mentaux sévères, conséquences de violences et viols en réunion subis dans son enfance. Elle avait été condamnée à mort en 2007 dans le Missouri. Lundi soir, un juge fédéral avait ordonné de surseoir à son exécution, le temps d'évaluer son état mental. "Mme Montgomery est si éloignée de la réalité qu'elle ne peut pas comprendre rationnellement le motif de l'administration pour son exécution", avait estimé le juge Patrick Hanlon. Une cour d'appel, saisie par le ministère de la Justice, avait toutefois annulé cette décision mardi et la Cour suprême, profondément remaniée par Donald Trump, a validé sa décision. Le temple du Droit américain, qui avait été saisi de deux autres recours distinct, a à chaque fois donné raison aux avocats du gouvernement. Les dernières exécutions fédérales de femmes remontent à 1953, celles de Bonnie Brown Heady pour enlèvement et meurtre et d'Ethel Rosenberg de la même année pour espionnage, rappellent les médias américains. Fervent partisan de la peine capitale, comme ses électeurs les plus conservateurs, Donald Trump a par ailleurs ignoré une demande de clémence adressée par les soutiens de Lisa Montgomery. L'avocate de Lisa Montgomery, Kelley Henry, a qualifié cette nouvelle exécution de "vicieuse, évoquant dans un communiqué "la soif de sang d'une administration en faillite". - "Course folle" - Malgré le recul de la peine capitale aux Etats-Unis et dans le monde, son administration a renoué en juillet, après 17 ans de pause, avec les exécutions fédérales et les enchaîne depuis à un rythme jamais vu. Dix Américains ont reçu depuis l'été des injections létales à Terre-Haute et l'administration Trump prévoit, outre Mme Montgomery, d'exécuter deux hommes noirs cette semaine: Corey Johnson jeudi et Dustin Higgs vendredi. Là encore, une bataille judiciaire féroce est engagée. Un tribunal fédéral a décidé mardi de reporter leur exécution de plusieurs semaines au motif qu'ils ont été contaminés par le Covid-19. D'anciens gardiens de prison ont de leur côté demandé au ministère de la Justice de reporter ces exécutions "jusqu'à ce que le personnel pénitencier soit vacciné" contre ce virus. Entre les bourreaux, les gardiens, les témoins, les avocats... une exécution mobilise des dizaines de personnes dans un environnement clos, propice à la propagation du virus. Pour cette raison, les Etats américains, y compris le très répressif Texas, ont suspendu les exécutions depuis des mois. A contre-courant, l'administration de Donald Trump a au contraire affiché sa détermination à procéder au maximum d'exécutions, avant de quitter le pouvoir. "Dans les dernières heures de la présidence Trump, il y a une course folle pour exécuter des gens qui sont dans les couloirs de la mort depuis des années voire des décennies. C'est insensé", a dénoncé sur NPR le sénateur démocrate Dick Durbin, en annonçant l'introduction d'une loi visant à mettre un terme aux exécutions fédérales. Les démocrates ayant repris le contrôle du Sénat, il est possible qu'elle soit adoptée une fois que Joe Biden aura pris ses fonctions. Le président élu, qui prêtera serment le 20 janvier, est un opposant à la peine capitale et a promis de travailler avec le Congrès pour l'interdire au niveau fédéral.
"Lisa Montgomery, 52 ans, a été exécutée au pénitencier fédéral de Terre-Haute" dans l'Indiana, a annoncé dans un communiqué le ministère de la Justice. Sa mort, causée par une injection létale, a été constatée à 01H31 (06H31 GMT).

La Cour suprême avait auparavant donné son feu vert à l'exécution dans la nuit, rejetant les ultimes recours des avocats de la condamnée malgré le désaccord de trois magistrats progressistes.

En 2004, Lisa Montgomery avait tué une femme enceinte de huit mois afin de lui voler son foetus.

Dans l'incapacité d'avoir un nouvel enfant, elle avait repéré sa victime, une éleveuse de chiens, sur internet et s'était présentée à son domicile dans le Missouri sous prétexte de lui acheter un terrier.

Sur place, elle l'avait étranglée, lui avait ouvert l'utérus, avait pris le bébé -- qui a survécu -- avant de l'abandonner dans une mare de sang.

Sans nier la gravité de son crime, ses avocats avaient souligné qu'elle souffrait de troubles mentaux sévères, conséquences de violences et viols en réunion subis dans son enfance. Elle avait été condamnée à mort en 2007 dans le Missouri.

Lundi soir, un juge fédéral avait ordonné de surseoir à son exécution, le temps d'évaluer son état mental.

"Mme Montgomery est si éloignée de la réalité qu'elle ne peut pas comprendre rationnellement le motif de l'administration pour son exécution", avait estimé le juge Patrick Hanlon.

Une cour d'appel, saisie par le ministère de la Justice, avait toutefois annulé cette décision mardi et la Cour suprême, profondément remaniée par Donald Trump, a validé sa décision.

Le temple du Droit américain, qui avait été saisi de deux autres recours distinct, a à chaque fois donné raison aux avocats du gouvernement.

Les dernières exécutions fédérales de femmes remontent à 1953, celles de Bonnie Brown Heady pour enlèvement et meurtre et d'Ethel Rosenberg de la même année pour espionnage, rappellent les médias américains.

Fervent partisan de la peine capitale, comme ses électeurs les plus conservateurs, Donald Trump a par ailleurs ignoré une demande de clémence adressée par les soutiens de Lisa Montgomery.

L'avocate de Lisa Montgomery, Kelley Henry, a qualifié cette nouvelle exécution de "vicieuse, évoquant dans un communiqué "la soif de sang d'une administration en faillite".

- "Course folle" -

Malgré le recul de la peine capitale aux Etats-Unis et dans le monde, son administration a renoué en juillet, après 17 ans de pause, avec les exécutions fédérales et les enchaîne depuis à un rythme jamais vu.

Dix Américains ont reçu depuis l'été des injections létales à Terre-Haute et l'administration Trump prévoit, outre Mme Montgomery, d'exécuter deux hommes noirs cette semaine: Corey Johnson jeudi et Dustin Higgs vendredi.

Là encore, une bataille judiciaire féroce est engagée. Un tribunal fédéral a décidé mardi de reporter leur exécution de plusieurs semaines au motif qu'ils ont été contaminés par le Covid-19.

D'anciens gardiens de prison ont de leur côté demandé au ministère de la Justice de reporter ces exécutions "jusqu'à ce que le personnel pénitencier soit vacciné" contre ce virus.

Entre les bourreaux, les gardiens, les témoins, les avocats... une exécution mobilise des dizaines de personnes dans un environnement clos, propice à la propagation du virus. Pour cette raison, les Etats américains, y compris le très répressif Texas, ont suspendu les exécutions depuis des mois.

A contre-courant, l'administration de Donald Trump a au contraire affiché sa détermination à procéder au maximum d'exécutions, avant de quitter le pouvoir.

"Dans les dernières heures de la présidence Trump, il y a une course folle pour exécuter des gens qui sont dans les couloirs de la mort depuis des années voire des décennies. C'est insensé", a dénoncé sur NPR le sénateur démocrate Dick Durbin, en annonçant l'introduction d'une loi visant à mettre un terme aux exécutions fédérales.

Les démocrates ayant repris le contrôle du Sénat, il est possible qu'elle soit adoptée une fois que Joe Biden aura pris ses fonctions.

Le président élu, qui prêtera serment le 20 janvier, est un opposant à la peine capitale et a promis de travailler avec le Congrès pour l'interdire au niveau fédéral.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11173 Wed, 13 Jan 2021 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Etats-Unis: sursis pour une femme qui devait être exécutée https://www.peinedemort.org/document/11170 Un juge a accordé lundi un sursis à une Américaine qui devait devenir mardi la première femme à être exécutée par les autorités fédérales depuis 70 ans. Détenue dans un pénitencier fédéral à Terre-Haute dans l'Indiana, Lisa Montgomery, 52 ans, devait recevoir une injection létale dans la soirée de mardi, seize ans après avoir tué une femme enceinte afin de lui voler son foetus. Mais le juge James Hanlon du district Sud de l'Indiana a ordonné lundi de surseoir à son exécution. Les avocats de la condamnée ont fait valoir que Lisa Montgomery n'était pas dans un état mental compatible avec son exécution. Elle souffre de troubles mentaux en raison de viols en réunion et de violences subis dans son enfance. "Les informations présentées à la Cour contiennent de nombreuses preuves que l'état mental actuel de Mme Montgomery est si éloigné de la réalité qu'elle ne peut pas comprendre rationnellement le motif du gouvernement pour son exécution", a écrit le juge dans sa décision. Le juge Hanlon a indiqué que le tribunal fixerait une date pour une audience ultérieure destinée à évaluer l'état mental de Lisa Montgomery. En 2004, incapable d'avoir un nouvel enfant, Lisa Montgomery avait repéré sur internet sa victime, une éleveuse de chiens, et s'était présentée à son domicile dans le Missouri sous prétexte de lui acheter un terrier. Elle l'avait alors étranglée, lui avait ouvert l'utérus et avait pris le bébé, qui a survécu. Elle avait été condamnée à mort en 2007. Si elle était exécutée, elle serait la première femme exécutée par les autorités fédérales américaines depuis 1953. Ses avocats ont adressé la semaine dernière une demande de clémence au président Donald Trump, qui n'a jusqu'ici pas donné suite à leur requête.
Détenue dans un pénitencier fédéral à Terre-Haute dans l'Indiana, Lisa Montgomery, 52 ans, devait recevoir une injection létale dans la soirée de mardi, seize ans après avoir tué une femme enceinte afin de lui voler son foetus.

Mais le juge James Hanlon du district Sud de l'Indiana a ordonné lundi de surseoir à son exécution.

Les avocats de la condamnée ont fait valoir que Lisa Montgomery n'était pas dans un état mental compatible avec son exécution. Elle souffre de troubles mentaux en raison de viols en réunion et de violences subis dans son enfance.

"Les informations présentées à la Cour contiennent de nombreuses preuves que l'état mental actuel de Mme Montgomery est si éloigné de la réalité qu'elle ne peut pas comprendre rationnellement le motif du gouvernement pour son exécution", a écrit le juge dans sa décision.

Le juge Hanlon a indiqué que le tribunal fixerait une date pour une audience ultérieure destinée à évaluer l'état mental de Lisa Montgomery.

En 2004, incapable d'avoir un nouvel enfant, Lisa Montgomery avait repéré sur internet sa victime, une éleveuse de chiens, et s'était présentée à son domicile dans le Missouri sous prétexte de lui acheter un terrier.

Elle l'avait alors étranglée, lui avait ouvert l'utérus et avait pris le bébé, qui a survécu.

Elle avait été condamnée à mort en 2007. Si elle était exécutée, elle serait la première femme exécutée par les autorités fédérales américaines depuis 1953.

Ses avocats ont adressé la semaine dernière une demande de clémence au président Donald Trump, qui n'a jusqu'ici pas donné suite à leur requête.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11170 Tue, 12 Jan 2021 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Une Américaine, qui doit être exécuté le 12 janvier, demande la clémence de Trump https://www.peinedemort.org/document/11168 Les défenseurs d'une Américaine qui doit être exécutée la semaine prochaine ont adressé mardi en son nom une demande de clémence au président Donald Trump, arguant qu'elle a été victime de viols en réunion dans son enfance et souffre de troubles mentaux. Lisa Montgomery, condamnée à la peine capitale pour avoir tué une femme enceinte afin de lui voler son fœtus, pourrait devenir la première femme exécutée par la justice fédérale depuis 1953. Le gouvernement républicain a renoué avec les exécutions fédérales en juillet, après 17 ans de pause, et les enchaîne depuis à un rythme soutenu. Jugeant le crime de Mme Montgomery "particulièrement odieux", il a fixé au 12 janvier la date de son exécution, soit huit jours avant le départ de Donald Trump de la Maison Blanche. En 2004, elle souhaitait avoir un enfant avec son nouveau mari mais ne pouvait pas, ayant subi une ligature des trompes quelques années plus tôt. Elle avait alors repéré une femme enceinte de huit mois sur un forum de discussions et s'était présentée à son domicile dans le Missouri sous prétexte de lui acheter un chien. A la place, elle l'avait étranglée, avant de lui découper l'utérus, et l'avait abandonnée dans un bain de sang. Elle était partie avec la petite fille -- qui a survécu -- mais avait été arrêtée le lendemain. Sans nier la gravité des faits, ses proches et ses avocats ont demandé au président sortant de commuer sa peine en rétention à perpétuité. Cela "enverrait un important message (...) sur le besoin de venir en aide aux victimes de violences domestiques et d'abus sexuel", ont-ils écrit dans leur demande. Selon eux, "sa vie a été remplie d'une terreur inconcevable": elle a été victime adolescente de viols en réunion commis par son beau-père et des amis à lui, puis "vendue" à d'autres hommes par sa mère alcoolique et violente. Mariée à 18 ans à son demi-frère, elle a subi de nouveaux abus. "Elle a été brisée", "profondément transformée par ces abus" sans jamais recevoir d'aide, a commenté lors d'une conférence de presse sa demi-soeur Diane Mattingly qui, elle aussi, avait subi des viols avant d'être extraite de la famille. Elle souffre de graves problèmes mentaux, dont une dissociation de la réalité, écrivent ses défenseurs, qui estiment que cela devrait servir de "circonstances atténuantes". Le président Trump, un fervent défenseur de la peine de mort, n'a jamais accepté jusqu'ici aucune demande de clémence adressé par un condamné à mort. Deux autres exécutions fédérales sont prévues la semaine prochaine.
Lisa Montgomery, condamnée à la peine capitale pour avoir tué une femme enceinte afin de lui voler son fœtus, pourrait devenir la première femme exécutée par la justice fédérale depuis 1953.

Le gouvernement républicain a renoué avec les exécutions fédérales en juillet, après 17 ans de pause, et les enchaîne depuis à un rythme soutenu.

Jugeant le crime de Mme Montgomery "particulièrement odieux", il a fixé au 12 janvier la date de son exécution, soit huit jours avant le départ de Donald Trump de la Maison Blanche.

En 2004, elle souhaitait avoir un enfant avec son nouveau mari mais ne pouvait pas, ayant subi une ligature des trompes quelques années plus tôt.

Elle avait alors repéré une femme enceinte de huit mois sur un forum de discussions et s'était présentée à son domicile dans le Missouri sous prétexte de lui acheter un chien. A la place, elle l'avait étranglée, avant de lui découper l'utérus, et l'avait abandonnée dans un bain de sang.

Elle était partie avec la petite fille -- qui a survécu -- mais avait été arrêtée le lendemain.

Sans nier la gravité des faits, ses proches et ses avocats ont demandé au président sortant de commuer sa peine en rétention à perpétuité. Cela "enverrait un important message (...) sur le besoin de venir en aide aux victimes de violences domestiques et d'abus sexuel", ont-ils écrit dans leur demande.

Selon eux, "sa vie a été remplie d'une terreur inconcevable": elle a été victime adolescente de viols en réunion commis par son beau-père et des amis à lui, puis "vendue" à d'autres hommes par sa mère alcoolique et violente. Mariée à 18 ans à son demi-frère, elle a subi de nouveaux abus.

"Elle a été brisée", "profondément transformée par ces abus" sans jamais recevoir d'aide, a commenté lors d'une conférence de presse sa demi-soeur Diane Mattingly qui, elle aussi, avait subi des viols avant d'être extraite de la famille.

Elle souffre de graves problèmes mentaux, dont une dissociation de la réalité, écrivent ses défenseurs, qui estiment que cela devrait servir de "circonstances atténuantes".

Le président Trump, un fervent défenseur de la peine de mort, n'a jamais accepté jusqu'ici aucune demande de clémence adressé par un condamné à mort. Deux autres exécutions fédérales sont prévues la semaine prochaine.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11168 Tue, 05 Jan 2021 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Les Etats-Unis s'apprêtent à exécuter une femme pour un "vol de foetus" https://www.peinedemort.org/document/11133 En 2004, Lisa Montgomery a tué une femme enceinte pour lui ravir son foetus. Seize ans après, les Etats-Unis s'apprêtent à l'exécuter le 12 janvier et continuent de s'interroger sur les raisons qui peuvent pousser à un tel acte. "Voler un bébé en éventrant sa mère" reste très rare, mais ce type d'attaques "a augmenté depuis une quinzaine d'années", remarque John Rabun, qui a cofondé le Centre national pour les enfants disparus et exploités. Son organisation a recensé 21 "enlèvements de foetus" depuis 1964 aux Etats-Unis, dont 18 commis depuis 2004. Cette année-là, Lisa Montgomery avait 36 ans. Mère de quatre grands enfants, elle avait subi une ligature des trompes quelques années plus tôt, ce que ses proches ignoraient. Après avoir repéré sa victime --une éleveuse de chiens enceinte de huit mois-- sur un forum de discussions, elle s'était présentée à son domicile sous prétexte de lui acheter un terrier. A la place, elle l'avait étranglée, avant de lui découper l'utérus avec un couteau, et l'avait abandonnée dans un bain de sang. Elle était partie avec la petite fille - qui a survécu - et l'avait présentée à son nouveau mari comme leur nouveau-né. Ce dernier l'avait crue, jusqu'à l'intervention de la police le lendemain. Lisa Montgomery a été condamnée en 2007 à la peine capitale pour ce crime "particulièrement odieux", selon le ministère de la Justice qui a fixé au 12 janvier son exécution. Sans nier la gravité des faits, ses avocats essaient de faire commuer sa peine en rétention à la perpétuité. Ils soulignent qu'elle a été victime de violences et de viols en réunion dans son enfance et qu'elle souffre de troubles psychotiques. - "Préparatifs" - Sans entrer dans ce débat, les experts dressent des parallèles avec d'autres drames comparables, dont le dernier a eu lieu en octobre au Texas. Le crime est souvent commis par une femme ayant perdu un enfant ou incapable d'en avoir, qui "veut un bébé pour améliorer une relation mal en point avec un partenaire", souligne Ann Burgess, professeure en psychiatrie à Boston. "Elle a un homme dans sa vie et c'est la seule raison pour laquelle elle vole un enfant", renchérit John Rabun. Avant de passer à l'acte, elle se livre à "beaucoup de préparatifs", selon Mme Burgess. Elle prend généralement du poids, peut décorer une chambre d'enfants et parfois organise une fête pour célébrer l'arrivée prochaine du bébé (une "baby shower", disent les Américains). "Ces femmes planifient tout, elles lisent aussi des textes médicaux" pour apprendre à pratiquer des césariennes, ajoute John Rabun. "L'une d'elle avait surligné des passages jusqu'au moment de l'incision. Ensuite, elle s'était arrêtée de lire", raconte-t-il. Ces criminelles se montrent en effet totalement indifférentes au sort des mères. "Elles ne semblent pas comprendre, qu'avec un ventre ouvert, on peut mourir", dit-il. Sur les 21 cas "d'enlèvements de foetus" recensés par son organisation, dix-neuf mères sont décédées. En revanche, les autrices de ces crimes se sont occupées des enfants comme si c'était les leurs, et treize nourrissons ont survécu. - "Pas envie d'en parler" - Pour l'éducatrice Elizabeth Petrucelli, ancienne directrice de la sécurité d'un hôpital, les femmes enceintes devraient apprendre à reconnaître les signaux d'alerte. Elle-même avait réagi, en 2015, quand une utilisatrice d'un forum avait trouvé étrange qu'une de ses connaissances, censée accoucher en novembre, soit toujours enceinte à la mi-janvier. "Si elle est désespérée, elle pourrait commettre le pire", avait commenté M. Petrucelli, qui n'avait pas été prise au sérieux. Deux mois plus tard, cette femme, Dynel Lane, avait attaqué une future mère en prétextant vouloir lui donner des vêtements d'enfants. Cette dernière avait survécu, mais pas son bébé. Cela prouve qu'il faut discuter du problème "même si on n'en a pas envie, pour des raisons évidentes", estime Mme Petrucelli. "On essaie de sensibiliser les gynécologues, les sages-femmes", abonde Mme Burgess. "C'est important d'en parler car les victimes sont souvent attirées par la promesse de nourriture ou de vêtements gratuits pour le bébé" et il faut qu'elles soient conscientes du danger, dit-elle. Mais cela ne suffira probablement pas, reconnaît Mme Petrucelli. "Comment empêcher quelque chose d'aussi rare ? Je ne pense pas que ce soit possible."
"Voler un bébé en éventrant sa mère" reste très rare, mais ce type d'attaques "a augmenté depuis une quinzaine d'années", remarque John Rabun, qui a cofondé le Centre national pour les enfants disparus et exploités.

Son organisation a recensé 21 "enlèvements de foetus" depuis 1964 aux Etats-Unis, dont 18 commis depuis 2004.

Cette année-là, Lisa Montgomery avait 36 ans. Mère de quatre grands enfants, elle avait subi une ligature des trompes quelques années plus tôt, ce que ses proches ignoraient.

Après avoir repéré sa victime --une éleveuse de chiens enceinte de huit mois-- sur un forum de discussions, elle s'était présentée à son domicile sous prétexte de lui acheter un terrier.

A la place, elle l'avait étranglée, avant de lui découper l'utérus avec un couteau, et l'avait abandonnée dans un bain de sang.

Elle était partie avec la petite fille - qui a survécu - et l'avait présentée à son nouveau mari comme leur nouveau-né. Ce dernier l'avait crue, jusqu'à l'intervention de la police le lendemain.

Lisa Montgomery a été condamnée en 2007 à la peine capitale pour ce crime "particulièrement odieux", selon le ministère de la Justice qui a fixé au 12 janvier son exécution.

Sans nier la gravité des faits, ses avocats essaient de faire commuer sa peine en rétention à la perpétuité. Ils soulignent qu'elle a été victime de violences et de viols en réunion dans son enfance et qu'elle souffre de troubles psychotiques.

- "Préparatifs" -

Sans entrer dans ce débat, les experts dressent des parallèles avec d'autres drames comparables, dont le dernier a eu lieu en octobre au Texas.

Le crime est souvent commis par une femme ayant perdu un enfant ou incapable d'en avoir, qui "veut un bébé pour améliorer une relation mal en point avec un partenaire", souligne Ann Burgess, professeure en psychiatrie à Boston.

"Elle a un homme dans sa vie et c'est la seule raison pour laquelle elle vole un enfant", renchérit John Rabun.

Avant de passer à l'acte, elle se livre à "beaucoup de préparatifs", selon Mme Burgess. Elle prend généralement du poids, peut décorer une chambre d'enfants et parfois organise une fête pour célébrer l'arrivée prochaine du bébé (une "baby shower", disent les Américains).

"Ces femmes planifient tout, elles lisent aussi des textes médicaux" pour apprendre à pratiquer des césariennes, ajoute John Rabun. "L'une d'elle avait surligné des passages jusqu'au moment de l'incision. Ensuite, elle s'était arrêtée de lire", raconte-t-il.

Ces criminelles se montrent en effet totalement indifférentes au sort des mères. "Elles ne semblent pas comprendre, qu'avec un ventre ouvert, on peut mourir", dit-il. Sur les 21 cas "d'enlèvements de foetus" recensés par son organisation, dix-neuf mères sont décédées.

En revanche, les autrices de ces crimes se sont occupées des enfants comme si c'était les leurs, et treize nourrissons ont survécu.

- "Pas envie d'en parler" -

Pour l'éducatrice Elizabeth Petrucelli, ancienne directrice de la sécurité d'un hôpital, les femmes enceintes devraient apprendre à reconnaître les signaux d'alerte.

Elle-même avait réagi, en 2015, quand une utilisatrice d'un forum avait trouvé étrange qu'une de ses connaissances, censée accoucher en novembre, soit toujours enceinte à la mi-janvier. "Si elle est désespérée, elle pourrait commettre le pire", avait commenté M. Petrucelli, qui n'avait pas été prise au sérieux.

Deux mois plus tard, cette femme, Dynel Lane, avait attaqué une future mère en prétextant vouloir lui donner des vêtements d'enfants. Cette dernière avait survécu, mais pas son bébé.

Cela prouve qu'il faut discuter du problème "même si on n'en a pas envie, pour des raisons évidentes", estime Mme Petrucelli.

"On essaie de sensibiliser les gynécologues, les sages-femmes", abonde Mme Burgess. "C'est important d'en parler car les victimes sont souvent attirées par la promesse de nourriture ou de vêtements gratuits pour le bébé" et il faut qu'elles soient conscientes du danger, dit-elle.

Mais cela ne suffira probablement pas, reconnaît Mme Petrucelli. "Comment empêcher quelque chose d'aussi rare ? Je ne pense pas que ce soit possible."]]>
https://www.peinedemort.org/document/11133 Thu, 17 Dec 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Peine de mort: l'administration Trump poursuit les exécutions malgré la défaite https://www.peinedemort.org/document/11081 Un condamné a été exécuté jeudi aux Etats-Unis, l'administration Trump rompant avec une tradition qui veut que les présidents sortants non réélus sursoient aux exécutions. Orlando Hall a été exécuté d'une injection de pentobarbital dans une prison de l'Etat de l'Indiana, a annoncé le département de la Justice. Cet Afro-Américain de 49 ans a été condamné en 1995 à la peine de mort pour avoir participé à l'enlèvement, au viol et au meurtre d'une adolescente de 16 ans, Lisa Rene, qu'il avait battue et enterrée vivante, avec des complices, dans le cadre d'un règlement de comptes. Il a été exécuté après le rejet d'un ultime recours par la Cour suprême. C'était la première décision de la nouvelle juge à la Cour suprême, Amy Coney Barnett, qui s'est prononcée comme les cinq autres juges conservateurs de cette instance de neuf magistrats. Il s'agit de la huitième exécution fédérale depuis la reprise cet été d'une pratique mise en sommeil pendant 17 ans et à laquelle est opposé le président élu démocrate Joe Biden, qui doit prêter serment le 20 janvier. Alors que les Etats américains ont quasiment tous renoncé à appliquer la peine capitale depuis le début de la pandémie, le gouvernement de Donald Trump a au contraire procédé à un nombre inégalé d'exécutions: huit depuis juillet, contre trois au cours des 45 dernières années. Deux autres exécutions sont prévues dans les semaines à venir, malgré une tradition observée depuis 131 ans qui veut que les présidents non réélus sursoient aux exécutions en attendant que leur successeur prête serment. Donald Trump refuse toujours de reconnaître sa défaite face à Joe Biden aux élections du 3 novembre. "Aujourd'hui, Orlando Cordia Hall a été exécuté au pénitencier américain de Terre Haute conformément à la peine capitale recommandée à l'unanimité par un jury fédéral", a fait savoir le Département de la justice sur son site internet. Même si leur client n'a pas nié le rôle qu'il a joué dans la mort de Lise Rene, ses avocats Marcia Widder et Robert Owen ont dénoncé des "préjugés racistes" lors de son procès devant un jury entièrement blanc. Selon eux, son dossier "reflète les disparités raciales troublantes en matière de peine capitale aux Etats-Unis", où 45% des condamnés à mort sont Afro-Américains, alors qu'ils ne représentent que 13% de la population globale. Le département de la Justice a prévu deux autres exécutions dans l'intervalle entre l'élection présidentielle et la prestation de serment en janvier. L'exécution de Lisa Montgomery, qui serait la première femme exécutée par le gouvernement fédéral en 70 ans, prévue initialement le 8 décembre a été reportée au 31 décembre car ses avocats ont contracté le Covid-19. Les Etats-Unis prévoient aussi d'exécuter Brandon Bernard le 10 décembre.
Orlando Hall a été exécuté d'une injection de pentobarbital dans une prison de l'Etat de l'Indiana, a annoncé le département de la Justice.

Cet Afro-Américain de 49 ans a été condamné en 1995 à la peine de mort pour avoir participé à l'enlèvement, au viol et au meurtre d'une adolescente de 16 ans, Lisa Rene, qu'il avait battue et enterrée vivante, avec des complices, dans le cadre d'un règlement de comptes.

Il a été exécuté après le rejet d'un ultime recours par la Cour suprême. C'était la première décision de la nouvelle juge à la Cour suprême, Amy Coney Barnett, qui s'est prononcée comme les cinq autres juges conservateurs de cette instance de neuf magistrats.

Il s'agit de la huitième exécution fédérale depuis la reprise cet été d'une pratique mise en sommeil pendant 17 ans et à laquelle est opposé le président élu démocrate Joe Biden, qui doit prêter serment le 20 janvier.

Alors que les Etats américains ont quasiment tous renoncé à appliquer la peine capitale depuis le début de la pandémie, le gouvernement de Donald Trump a au contraire procédé à un nombre inégalé d'exécutions: huit depuis juillet, contre trois au cours des 45 dernières années.

Deux autres exécutions sont prévues dans les semaines à venir, malgré une tradition observée depuis 131 ans qui veut que les présidents non réélus sursoient aux exécutions en attendant que leur successeur prête serment.


Donald Trump refuse toujours de reconnaître sa défaite face à Joe Biden aux élections du 3 novembre.

"Aujourd'hui, Orlando Cordia Hall a été exécuté au pénitencier américain de Terre Haute conformément à la peine capitale recommandée à l'unanimité par un jury fédéral", a fait savoir le Département de la justice sur son site internet.

Même si leur client n'a pas nié le rôle qu'il a joué dans la mort de Lise Rene, ses avocats Marcia Widder et Robert Owen ont dénoncé des "préjugés racistes" lors de son procès devant un jury entièrement blanc.

Selon eux, son dossier "reflète les disparités raciales troublantes en matière de peine capitale aux Etats-Unis", où 45% des condamnés à mort sont Afro-Américains, alors qu'ils ne représentent que 13% de la population globale.

Le département de la Justice a prévu deux autres exécutions dans l'intervalle entre l'élection présidentielle et la prestation de serment en janvier.

L'exécution de Lisa Montgomery, qui serait la première femme exécutée par le gouvernement fédéral en 70 ans, prévue initialement le 8 décembre a été reportée au 31 décembre car ses avocats ont contracté le Covid-19.

Les Etats-Unis prévoient aussi d'exécuter Brandon Bernard le 10 décembre.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11081 Fri, 20 Nov 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP