La peine de mort dans le monde — McVeigh https://www.peinedemort.org/rss/condamne?id=34 McVeigh : tous les documents concernant la peine de mort. fr Sophie Fotiadi <sophie.fotiadi@peinedemort.org>, 2020 Mon, 03 Aug 2020 11:41:36 +0000 Sat, 18 Jul 2020 21:57:54 +0000 120 Troisième exécution fédérale en une semaine aux Etats-Unis https://www.peinedemort.org/document/10957 Un prisonnier condamné à mort pour un quintuple meurtre il y a 27 ans a été exécuté vendredi aux Etats-Unis au cours de la troisième exécution fédérale appliquée cette semaine après la décision du gouvernement de Donald Trump de mettre fin à un moratoire vieux de 17 ans. Dustin Honken, 52 ans, a été déclaré mort à 16H36 (20H36 GMT) d'une injection létale de pentobarbital, un puissant anesthésiant, à la prison fédérale de Terre Haute, dans l'Indiana (nord), selon le ministère de la Justice. "Il a reconnu les crimes qu'il a commis et a passé sa détention à les expier", a déclaré dans un communiqué son avocat Shawn Nolan, en affirmant qu'il n'y avait "aucune raison" pour le gouvernement de vouloir l'exécuter. En guise de derniers mots, il a récité "Heaven-Haven" du poète anglais Gerard Manley Hopkins, a précisé l'avocat. Dustin Honken avait été condamné à mort en 2005 pour avoir tué cinq personnes, deux hommes qui devaient témoigner contre lui, ainsi qu'une femme et ses deux petites filles de 6 et 10 ans en 1993 dans l'Iowa (nord-est). Trafiquant de drogue depuis son adolescence, il était à l'époque à la tête d'un vaste réseau de production et de vente de méthamphétamines. "Près de 30 ans après que Honken a pris de sang froid les vies de cinq personnes, dont deux petites filles, pour se protéger ainsi que son commerce criminel, il a finalement fait face à la justice", a commenté une porte-parole du ministère de la Justice. La plupart des crimes commis aux Etats-Unis sont jugés au niveau des Etats, dont certains appliquent la peine capitale, mais la justice fédérale peut se saisir des actes les plus graves. Donald Trump, partisan de la peine capitale comme une majorité d'électeurs républicains, a décidé l'année dernière la reprise des exécutions fédérales, interrompues depuis 2003. - Meurtres d'enfants - Le calendrier des premières exécutions a été dévoilé en juin. Elles concernaient quatre hommes blancs condamnés à mort pour des meurtres d'enfants. Daniel Lee a été exécuté mardi et Wesley Purkey jeudi, après des marathons judiciaires qui ont mené leurs avocats jusqu'à la Cour suprême. Ils affirmaient notamment que la santé des nombreux témoins de l'exécution était menacée en raison de l'épidémie de coronavirus. La cour a rejeté toutes les requêtes et les chances de Dustin Honken de voir son exécution reportée étaient minces. Il avait toutefois reçu le soutien d'un millier de dignitaires religieux qui ont appelé sans succès le président à la clémence. "Dustin a travaillé chaque jour sa foi catholique qui était le centre de sa vie", a expliqué Shawn Nolan. "L'homme qu'ils ont tué aujourd'hui était un être humain qui aurait pu passer le reste de sa vie à aider les autres et se racheter" de ses crimes, a-t-il dit. Un quatrième condamné à mort, Keith Nelson, doit être exécuté le 28 août pour l'enlèvement, le viol et le meurtre d'une petite fille de 10 ans. Avant cette semaine, seules trois personnes avaient été exécutées au niveau fédéral depuis la réinstauration de cette sentence en 1988, dont Timothy McVeigh, responsable de l'attentat d'Oklahoma City (168 morts en 1995) en 2001.
Dustin Honken, 52 ans, a été déclaré mort à 16H36 (20H36 GMT) d'une injection létale de pentobarbital, un puissant anesthésiant, à la prison fédérale de Terre Haute, dans l'Indiana (nord), selon le ministère de la Justice.

"Il a reconnu les crimes qu'il a commis et a passé sa détention à les expier", a déclaré dans un communiqué son avocat Shawn Nolan, en affirmant qu'il n'y avait "aucune raison" pour le gouvernement de vouloir l'exécuter.

En guise de derniers mots, il a récité "Heaven-Haven" du poète anglais Gerard Manley Hopkins, a précisé l'avocat.

Dustin Honken avait été condamné à mort en 2005 pour avoir tué cinq personnes, deux hommes qui devaient témoigner contre lui, ainsi qu'une femme et ses deux petites filles de 6 et 10 ans en 1993 dans l'Iowa (nord-est).

Trafiquant de drogue depuis son adolescence, il était à l'époque à la tête d'un vaste réseau de production et de vente de méthamphétamines.

"Près de 30 ans après que Honken a pris de sang froid les vies de cinq personnes, dont deux petites filles, pour se protéger ainsi que son commerce criminel, il a finalement fait face à la justice", a commenté une porte-parole du ministère de la Justice.

La plupart des crimes commis aux Etats-Unis sont jugés au niveau des Etats, dont certains appliquent la peine capitale, mais la justice fédérale peut se saisir des actes les plus graves.

Donald Trump, partisan de la peine capitale comme une majorité d'électeurs républicains, a décidé l'année dernière la reprise des exécutions fédérales, interrompues depuis 2003.

- Meurtres d'enfants -

Le calendrier des premières exécutions a été dévoilé en juin. Elles concernaient quatre hommes blancs condamnés à mort pour des meurtres d'enfants.

Daniel Lee a été exécuté mardi et Wesley Purkey jeudi, après des marathons judiciaires qui ont mené leurs avocats jusqu'à la Cour suprême. Ils affirmaient notamment que la santé des nombreux témoins de l'exécution était menacée en raison de l'épidémie de coronavirus.

La cour a rejeté toutes les requêtes et les chances de Dustin Honken de voir son exécution reportée étaient minces. Il avait toutefois reçu le soutien d'un millier de dignitaires religieux qui ont appelé sans succès le président à la clémence.

"Dustin a travaillé chaque jour sa foi catholique qui était le centre de sa vie", a expliqué Shawn Nolan. "L'homme qu'ils ont tué aujourd'hui était un être humain qui aurait pu passer le reste de sa vie à aider les autres et se racheter" de ses crimes, a-t-il dit.

Un quatrième condamné à mort, Keith Nelson, doit être exécuté le 28 août pour l'enlèvement, le viol et le meurtre d'une petite fille de 10 ans.

Avant cette semaine, seules trois personnes avaient été exécutées au niveau fédéral depuis la réinstauration de cette sentence en 1988, dont Timothy McVeigh, responsable de l'attentat d'Oklahoma City (168 morts en 1995) en 2001.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10957 Sat, 18 Jul 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
USA: un deuxième prisonnier fédéral exécuté après un marathon judiciaire https://www.peinedemort.org/document/10956 Un homme condamné à mort pour un crime fédéral a été exécuté jeudi aux Etats-Unis après l'échec de multiples recours, la deuxième d'une série de quatre sentences qui relancent après 17 ans d'interruption les exécutions fédérales par le gouvernement de Donald Trump, partisan d'un usage renforcé de la peine capitale aux Etats-Unis. Wesley Purkey, 68 ans, est décédé à 08H19 locales (12H19 GMT) d'une dose létale de pentobarbital, un puissant anesthésiant, à la prison fédérale de Terre Haute, dans l'Indiana (nord), a indiqué le ministère de la Justice dans un court communiqué. Il avait été reconnu coupable en 2003 d'avoir violé et tué à coups de couteau une jeune fille de 16 ans cinq ans plus tôt, avant de la démembrer et de brûler son corps, puis de jeter les cendres dans une fosse septique. C'est le deuxième condamné à mort à être exécuté après la décision du gouvernement américain de mettre fin au moratoire sur les exécutions fédérales qui était en vigueur depuis 2003. La première a eu lieu mardi matin à la prison de Haute Pierre. Daniel Lee, 47 ans, a été exécuté pour le meurtre d'un couple et de leur fille de huit ans en 1996, alors qu'il était militant d'un groupe suprémaciste blanc. L'exécution de Wesley Purkey, prévue initialement mercredi à 16H00 locales, a été retardée par de multiples recours judiciaires déposés par ses avocats et ses proches qui ont aussi saisi la Cour suprême. Ils affirmaient notamment que le condamné n'avait pas une "compréhension rationnelle" de son exécution car il est atteint de la maladie d'Alzheimer et souffre de schizophrénie. Dans la nuit, la haute cour a rejeté par 5 voix contre 4 leur demande de surseoir à l'exécution. - Quatre exécutions fédérales - La plupart des crimes commis aux Etats-Unis sont jugés au niveau des Etats, dont certains appliquent la peine capitale, mais la justice fédérale peut se saisir des actes les plus graves. Le ministre de la Justice Bill Barr avait annoncé l'année dernière la reprise des exécutions fédérales, faisant écho à la volonté de Donald Trump. Le milliardaire républicain, qui briguera un second mandat le 3 novembre, appelle régulièrement à l'application de la peine capitale, notamment pour les tueurs de policiers ou les trafiquants de drogue. Le débat sensible sur la peine de mort montre un soutien érodé dans la population américaine mais qui reste fort chez les électeurs républicains. "Je regrette profondément la douleur et la souffrance que j'ai causé à la famille de Jennifer", a déclaré Wesley Purkey avant de mourir, selon le quotidien local IndyStar. "Ce meurtre aseptisé ne sert aucun but", a-t-il ajouté. La puissante organisation de défense des droits civiques ACLU a dénoncé une exécution "honteuse" qui "marque une période vraiment sombre pour notre pays". Une porte-parole du ministère de la Justice a au contraire affirmé dans un communiqué que son exécution était une "punition juste". Quatre exécutions fédérales ont été programmées par le ministère: la prochaine est prévue vendredi et la dernière le 28 août. Avant Daniel Lee, seules trois personnes avaient été exécutées au niveau fédéral depuis la réinstauration de cette sentence en 1988, dont Timothy McVeigh, responsable de l'attentat d'Oklahoma City (168 morts en 1995) en 2001.
Wesley Purkey, 68 ans, est décédé à 08H19 locales (12H19 GMT) d'une dose létale de pentobarbital, un puissant anesthésiant, à la prison fédérale de Terre Haute, dans l'Indiana (nord), a indiqué le ministère de la Justice dans un court communiqué.

Il avait été reconnu coupable en 2003 d'avoir violé et tué à coups de couteau une jeune fille de 16 ans cinq ans plus tôt, avant de la démembrer et de brûler son corps, puis de jeter les cendres dans une fosse septique.

C'est le deuxième condamné à mort à être exécuté après la décision du gouvernement américain de mettre fin au moratoire sur les exécutions fédérales qui était en vigueur depuis 2003.

La première a eu lieu mardi matin à la prison de Haute Pierre. Daniel Lee, 47 ans, a été exécuté pour le meurtre d'un couple et de leur fille de huit ans en 1996, alors qu'il était militant d'un groupe suprémaciste blanc.

L'exécution de Wesley Purkey, prévue initialement mercredi à 16H00 locales, a été retardée par de multiples recours judiciaires déposés par ses avocats et ses proches qui ont aussi saisi la Cour suprême. Ils affirmaient notamment que le condamné n'avait pas une "compréhension rationnelle" de son exécution car il est atteint de la maladie d'Alzheimer et souffre de schizophrénie.

Dans la nuit, la haute cour a rejeté par 5 voix contre 4 leur demande de surseoir à l'exécution.

- Quatre exécutions fédérales -

La plupart des crimes commis aux Etats-Unis sont jugés au niveau des Etats, dont certains appliquent la peine capitale, mais la justice fédérale peut se saisir des actes les plus graves.

Le ministre de la Justice Bill Barr avait annoncé l'année dernière la reprise des exécutions fédérales, faisant écho à la volonté de Donald Trump.

Le milliardaire républicain, qui briguera un second mandat le 3 novembre, appelle régulièrement à l'application de la peine capitale, notamment pour les tueurs de policiers ou les trafiquants de drogue.

Le débat sensible sur la peine de mort montre un soutien érodé dans la population américaine mais qui reste fort chez les électeurs républicains.

"Je regrette profondément la douleur et la souffrance que j'ai causé à la famille de Jennifer", a déclaré Wesley Purkey avant de mourir, selon le quotidien local IndyStar.

"Ce meurtre aseptisé ne sert aucun but", a-t-il ajouté.

La puissante organisation de défense des droits civiques ACLU a dénoncé une exécution "honteuse" qui "marque une période vraiment sombre pour notre pays".

Une porte-parole du ministère de la Justice a au contraire affirmé dans un communiqué que son exécution était une "punition juste".

Quatre exécutions fédérales ont été programmées par le ministère: la prochaine est prévue vendredi et la dernière le 28 août.

Avant Daniel Lee, seules trois personnes avaient été exécutées au niveau fédéral depuis la réinstauration de cette sentence en 1988, dont Timothy McVeigh, responsable de l'attentat d'Oklahoma City (168 morts en 1995) en 2001.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10956 Thu, 16 Jul 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
USA: reprise des exécutions fédérales prévue le 13 juillet après 17 ans d'interruption https://www.peinedemort.org/document/10936 Les exécutions fédérales reprendront le 13 juillet aux Etats-Unis après 17 ans d'interruption, a indiqué lundi soir le ministre de la Justice. Bill Barr avait annoncé il y a près d'un an son intention de renouer avec les exécutions de personnes condamnées à la peine capitale par des tribunaux fédéraux. Cinq injections létales avaient été programmées pour décembre 2019 et janvier 2020 dans le pénitencier de Terre-Haute, en Indiana. A la dernière minute, la justice avait accordé un répit aux condamnés dont les avocats avaient émis des doutes sur la légalité du protocole retenu pour les faire mourir. Une cour d'appel a finalement validé l'usage de pentobarbital et le ministre républicain a ordonné de fixer de nouvelles dates pour quatre condamnés. "Nous le devons aux victimes de leurs crimes horribles", a-t-il justifié dans un communiqué. En conséquence, le bureau des prisons a fixé leurs exécutions entre le 13 juillet et le 28 août. Le premier devrait être Daniel Lewis Lee, un partisan de la suprématie blanche condamné en 1999 à la peine capitale pour le meurtre d'un couple et d'une fillette de huit ans. Mère d'une des victimes, Earlene Peterson avait imploré cet hiver le président Donald Trump d'accorder sa "clémence" au condamné. "Je ne vois pas en quoi exécuter Daniel Lee honorera ma fille, au contraire cela va salir son nom parce qu'elle n'aurait pas voulu ça", avait expliqué cette femme opposée à la peine capitale par conviction religieuse. Donald Trump n'avait pas donné suite à cet appel. Le locataire de la Maison Blanche, qui brigue sa réélection en novembre, réclame régulièrement un usage renforcé de la peine capitale, notamment pour les tueurs de policiers ou les trafiquants de drogue. Selon les sondages, le soutien pour la peine de mort s'est érodé chez les Américains qui ne sont plus que 54% à y être favorables pour les meurtriers, contre environ 80% au début des années 1990. Seule une poignée d'Etats, surtout dans le sud conservateur, y ont encore recours. 22 personnes ont été exécutées en 2019. La plupart des crimes sont jugés au niveau des Etats, mais les tribunaux fédéraux peuvent être saisis des actes les plus graves (attentats, crimes racistes...) ou commis sur des bases militaires ou dans des réserves amérindiennes. Au cours des 45 dernières années, seules trois personnes ont été exécutées au niveau fédéral, dont Timothy McVeigh responsable de l'attentat d'Oklahoma City (168 morts en 1995) en 2001. La dernière exécution fédérale remonte à 2003.
Bill Barr avait annoncé il y a près d'un an son intention de renouer avec les exécutions de personnes condamnées à la peine capitale par des tribunaux fédéraux. Cinq injections létales avaient été programmées pour décembre 2019 et janvier 2020 dans le pénitencier de Terre-Haute, en Indiana.

A la dernière minute, la justice avait accordé un répit aux condamnés dont les avocats avaient émis des doutes sur la légalité du protocole retenu pour les faire mourir.

Une cour d'appel a finalement validé l'usage de pentobarbital et le ministre républicain a ordonné de fixer de nouvelles dates pour quatre condamnés. "Nous le devons aux victimes de leurs crimes horribles", a-t-il justifié dans un communiqué.

En conséquence, le bureau des prisons a fixé leurs exécutions entre le 13 juillet et le 28 août.

Le premier devrait être Daniel Lewis Lee, un partisan de la suprématie blanche condamné en 1999 à la peine capitale pour le meurtre d'un couple et d'une fillette de huit ans.

Mère d'une des victimes, Earlene Peterson avait imploré cet hiver le président Donald Trump d'accorder sa "clémence" au condamné. "Je ne vois pas en quoi exécuter Daniel Lee honorera ma fille, au contraire cela va salir son nom parce qu'elle n'aurait pas voulu ça", avait expliqué cette femme opposée à la peine capitale par conviction religieuse.

Donald Trump n'avait pas donné suite à cet appel.

Le locataire de la Maison Blanche, qui brigue sa réélection en novembre, réclame régulièrement un usage renforcé de la peine capitale, notamment pour les tueurs de policiers ou les trafiquants de drogue.

Selon les sondages, le soutien pour la peine de mort s'est érodé chez les Américains qui ne sont plus que 54% à y être favorables pour les meurtriers, contre environ 80% au début des années 1990.

Seule une poignée d'Etats, surtout dans le sud conservateur, y ont encore recours. 22 personnes ont été exécutées en 2019.

La plupart des crimes sont jugés au niveau des Etats, mais les tribunaux fédéraux peuvent être saisis des actes les plus graves (attentats, crimes racistes...) ou commis sur des bases militaires ou dans des réserves amérindiennes.

Au cours des 45 dernières années, seules trois personnes ont été exécutées au niveau fédéral, dont Timothy McVeigh responsable de l'attentat d'Oklahoma City (168 morts en 1995) en 2001. La dernière exécution fédérale remonte à 2003. ]]>
https://www.peinedemort.org/document/10936 Tue, 16 Jun 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
USA: les exécutions fédérales ne reprendront pas tout de suite, décide la Cour suprême https://www.peinedemort.org/document/10755 La Cour suprême des Etats-Unis a refusé vendredi de laisser le gouvernement de Donald Trump reprendre les exécutions au niveau fédéral dès la semaine prochaine, comme il souhaitait le faire après 16 ans d'interruption. Il s'agit cependant d'une suspension temporaire, en attendant un examen de fond que la plus haute juridiction américaine souhaite mener dans les deux prochains mois. Le ministre de la Justice Bill Barr avait annoncé en juillet, à la surprise générale, la reprise des exécutions fédérales et programmé cinq injections létales dans le pénitencier de Terre Haute, en Indiana, entre le 9 décembre 2019 et le 15 janvier 2020. Quatre des condamnés concernés avaient saisi la justice en urgence, contestant le protocole retenu pour les faire mourir. Des tribunaux ont depuis accepté de suspendre leurs exécutions, le temps d'examiner le fond du dossier. Le gouvernement républicain, affichant sa volonté de punir les auteurs de crimes "d'une brutalité sans nom", a demandé à la Cour suprême d'invalider ces décisions. Cette dernière, "compte tenu de l'enjeu", a refusé vendredi de se prononcer, laissant pour le moment la balle dans le camp des juridictions locales. "Les tribunaux ont clairement indiqué que le gouvernement ne pouvait pas précipiter les exécutions afin d'échapper à l'examen judiciaire de la légalité et de la constitutionnalité de son nouveau protocole d'exécution", a réagi Shawn Nolan, avocat de l'un des condamnés à mort. - "Salir son nom" - Disant "agir au nom du public et des familles", l'administration Trump veut pouvoir appliquer "dans un délai raisonnable" les peines prononcées il y a plus de 15 ans. Les défenseurs des condamnés ont rétorqué que le gouvernement fédéral avait mis des années à définir son nouveau protocole et pouvait bien attendre un peu plus pour être sûr de sa légalité. Avant que la Cour suprême, profondément remaniée depuis l'élection de Donald Trump, n'en repousse donc la date, l'exécution de Daniel Lee était programmée lundi à 08H00 (13H00 GMT) par injection de pentobarbital. Ce partisan de la suprématie blanche a été condamné en 1999 à la peine capitale pour le meurtre d'un couple et d'une fillette de huit ans. Mère d'une des victimes, Earlene Peterson a imploré le président Trump d'accorder sa "clémence" au condamné dans une vidéo mise en ligne sur internet. "Je ne vois pas en quoi exécuter Daniel Lee honorera ma fille, au contraire cela va salir son nom parce qu'elle n'aurait pas voulu ça", explique cette femme opposée à la peine capitale par conviction religieuse. Dans sa vidéo, Mme Peterson rappelle que Daniel Lee a été jugé avec un autre homme qui a, lui, écopé d'une peine de prison à vie incompressible malgré son rôle de leader dans le triple meurtre. Donald Trump n'a pas donné suite à cet appel. Le locataire de la Maison Blanche, qui brigue sa réélection en 2020, réclame régulièrement un usage renforcé de la peine capitale, notamment pour les tueurs de policiers. Il l'a également suggéré pour lutter contre le trafic de drogue. - Attentats - Selon les sondages, le soutien pour la peine de mort s'est érodé chez les Américains qui ne sont plus que 54% à y être favorables pour les meurtriers, contre environ 80% au début des années 1990. Seule une poignée d'Etats, surtout dans le sud conservateur, y ont encore recours. Sur les 25 exécutions pratiquées en 2018, treize ont eu lieu au Texas. La plupart des crimes sont jugés au niveau des Etats, mais les tribunaux fédéraux peuvent être saisis des actes les plus graves (attentats, crimes racistes...) ou commis sur des bases militaires ou dans des réserves amérindiennes. Au cours des 45 dernières années, seules trois personnes ont été exécutées au niveau fédéral, dont Timothy McVeigh responsable de l'attentat d'Oklahoma City (168 morts en 1995) en 2001. La dernière exécution fédérale remonte à 2003. Sur les cinq exécutions annoncées par Bill Barr, le gouvernement semble avoir renoncé à appliquer la peine de Lezmond Mitchell ce mercredi. Auteur de deux meurtres sur une réserve Navajo, il estime avoir été victime de préjugés racistes et avait introduit un recours distinct des quatre autres sur ce motif. En octobre, une cour d'Arizona a suspendu son exécution pour lui donner le temps de défendre ses arguments en justice.
Il s'agit cependant d'une suspension temporaire, en attendant un examen de fond que la plus haute juridiction américaine souhaite mener dans les deux prochains mois.

Le ministre de la Justice Bill Barr avait annoncé en juillet, à la surprise générale, la reprise des exécutions fédérales et programmé cinq injections létales dans le pénitencier de Terre Haute, en Indiana, entre le 9 décembre 2019 et le 15 janvier 2020.

Quatre des condamnés concernés avaient saisi la justice en urgence, contestant le protocole retenu pour les faire mourir. Des tribunaux ont depuis accepté de suspendre leurs exécutions, le temps d'examiner le fond du dossier.

Le gouvernement républicain, affichant sa volonté de punir les auteurs de crimes "d'une brutalité sans nom", a demandé à la Cour suprême d'invalider ces décisions.

Cette dernière, "compte tenu de l'enjeu", a refusé vendredi de se prononcer, laissant pour le moment la balle dans le camp des juridictions locales.

"Les tribunaux ont clairement indiqué que le gouvernement ne pouvait pas précipiter les exécutions afin d'échapper à l'examen judiciaire de la légalité et de la constitutionnalité de son nouveau protocole d'exécution", a réagi Shawn Nolan, avocat de l'un des condamnés à mort.

- "Salir son nom" -

Disant "agir au nom du public et des familles", l'administration Trump veut pouvoir appliquer "dans un délai raisonnable" les peines prononcées il y a plus de 15 ans.

Les défenseurs des condamnés ont rétorqué que le gouvernement fédéral avait mis des années à définir son nouveau protocole et pouvait bien attendre un peu plus pour être sûr de sa légalité.

Avant que la Cour suprême, profondément remaniée depuis l'élection de Donald Trump, n'en repousse donc la date, l'exécution de Daniel Lee était programmée lundi à 08H00 (13H00 GMT) par injection de pentobarbital.

Ce partisan de la suprématie blanche a été condamné en 1999 à la peine capitale pour le meurtre d'un couple et d'une fillette de huit ans.

Mère d'une des victimes, Earlene Peterson a imploré le président Trump d'accorder sa "clémence" au condamné dans une vidéo mise en ligne sur internet.

"Je ne vois pas en quoi exécuter Daniel Lee honorera ma fille, au contraire cela va salir son nom parce qu'elle n'aurait pas voulu ça", explique cette femme opposée à la peine capitale par conviction religieuse.

Dans sa vidéo, Mme Peterson rappelle que Daniel Lee a été jugé avec un autre homme qui a, lui, écopé d'une peine de prison à vie incompressible malgré son rôle de leader dans le triple meurtre.

Donald Trump n'a pas donné suite à cet appel.

Le locataire de la Maison Blanche, qui brigue sa réélection en 2020, réclame régulièrement un usage renforcé de la peine capitale, notamment pour les tueurs de policiers. Il l'a également suggéré pour lutter contre le trafic de drogue.

- Attentats -

Selon les sondages, le soutien pour la peine de mort s'est érodé chez les Américains qui ne sont plus que 54% à y être favorables pour les meurtriers, contre environ 80% au début des années 1990.

Seule une poignée d'Etats, surtout dans le sud conservateur, y ont encore recours. Sur les 25 exécutions pratiquées en 2018, treize ont eu lieu au Texas.

La plupart des crimes sont jugés au niveau des Etats, mais les tribunaux fédéraux peuvent être saisis des actes les plus graves (attentats, crimes racistes...) ou commis sur des bases militaires ou dans des réserves amérindiennes.

Au cours des 45 dernières années, seules trois personnes ont été exécutées au niveau fédéral, dont Timothy McVeigh responsable de l'attentat d'Oklahoma City (168 morts en 1995) en 2001. La dernière exécution fédérale remonte à 2003.

Sur les cinq exécutions annoncées par Bill Barr, le gouvernement semble avoir renoncé à appliquer la peine de Lezmond Mitchell ce mercredi.

Auteur de deux meurtres sur une réserve Navajo, il estime avoir été victime de préjugés racistes et avait introduit un recours distinct des quatre autres sur ce motif. En octobre, une cour d'Arizona a suspendu son exécution pour lui donner le temps de défendre ses arguments en justice.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10755 Sat, 07 Dec 2019 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Le gouvernement Trump se bat en justice pour reprendre les exécutions fédérales https://www.peinedemort.org/document/10751 Le gouvernement de Donald Trump accélère ses préparatifs en vue de reprendre lundi les exécutions fédérales, interrompues depuis 16 ans, misant sur la Cour suprême des Etats-Unis pour lever les veto émis par plusieurs tribunaux. Le ministre de la justice Bill Barr avait annoncé en juillet, à la surprise générale, la reprise des exécutions fédérales et programmé cinq injections létales dans le pénitencier de Terre Haute en Indiana, entre le 9 décembre et le 15 janvier 2020. Quatre des condamnés concernés avaient saisi la justice en urgence, contestant le protocole retenu pour les faire mourir. Des tribunaux ont depuis accepté de suspendre leurs exécutions, le temps d'examiner le fond du dossier. Le gouvernement républicain, affichant sa volonté de punir les auteurs de crimes "d'une brutalité sans nom", a demandé à la Cour suprême d'invalider ces décisions. Disant "agir au nom du public et des familles", le gouvernement veut pouvoir appliquer "dans un délai raisonnable" les peines prononcées il y a plus de 15 ans. Les autorités ont "passé des mois à préparer ces exécutions, qui représentent un effort logistique important", ont aussi plaidé ses avocats. Les défenseurs des condamnés ont rétorqué que le gouvernement fédéral avait mis des années à définir son nouveau protocole et pouvait bien attendre un peu plus pour être sûr de sa légalité. Le temple du Droit, profondément remanié depuis l'élection de Donald Trump, devrait se prononcer rapidement. S'il donnait son feu vert au gouvernement, d'autres recours resteraient possibles et l'issue de la bataille juridique ne devrait être connue qu'à la dernière minute. - "Salir son nom" - En attendant, le gouvernement continue de préparer l'exécution de Daniel Lee, qui doit recevoir lundi à 08H00 (13H00 GMT) une injection de pentobarbital. Ce partisan de la suprématie blanche a été condamné en 1999 à la peine capitale pour le meurtre d'un couple et d'une fillette de huit ans. Mère d'une des victimes, Earlene Peterson a imploré le président Trump d'accorder sa "clémence" au condamné dans une vidéo mise en ligne sur internet. "Je ne vois pas en quoi exécuter Daniel Lee honorera ma fille, au contraire cela va salir son nom parce qu'elle n'aurait pas voulu ça", explique cette femme opposée à la peine capitale par conviction religieuse. Dans sa vidéo, Mme Peterson rappelle que Daniel Lee a été jugé avec un autre homme qui a, lui, écopé d'une peine de prison à vie incompressible malgré son rôle de leader dans le triple meurtre. Donald Trump n'a pas donné suite à cet appel. Le locataire de la Maison Blanche, qui brigue sa réélection en 2020, réclame régulièrement un usage renforcé de la peine capitale, notamment pour les tueurs de policiers. Il l'a également suggéré pour lutter contre le trafic de drogue. - Attentats - Selon les sondages, le soutien pour la peine de mort s'est érodé chez les Américains qui ne sont plus que 54% à y être favorables pour les meurtriers, contre environ 80% au début des années 1990. Seule une poignée d'Etats, surtout dans le sud conservateur, y ont encore recours. Sur les 25 exécutions pratiquées en 2018, treize ont eu lieu au Texas. La plupart des crimes sont jugés au niveau des Etats, mais les tribunaux fédéraux peuvent être saisis des actes les plus graves (attentats, crimes racistes...) ou commis sur des bases militaires ou dans des réserves amérindiennes. Au cours des 45 dernières années, seules trois personnes ont été exécutées au niveau fédéral, dont Timothy McVeigh responsable de l'attentat d'Oklahoma City (168 morts en 1995) en 2001. La dernière exécution fédérale remonte à 2003. Sur les cinq exécutions annoncées par Bill Barr, le gouvernement semble avoir renoncé à appliquer la peine de Lezmond Mitchell ce mercredi. Auteur de deux meurtres sur une réserve Navajo, il estime avoir été victime de préjugés racistes et avait introduit un recours distinct des quatre autres sur ce motif. En octobre, une cour d'Arizona a suspendu son exécution pour lui donner le temps de défendre ses arguments en justice.
Le ministre de la justice Bill Barr avait annoncé en juillet, à la surprise générale, la reprise des exécutions fédérales et programmé cinq injections létales dans le pénitencier de Terre Haute en Indiana, entre le 9 décembre et le 15 janvier 2020.

Quatre des condamnés concernés avaient saisi la justice en urgence, contestant le protocole retenu pour les faire mourir. Des tribunaux ont depuis accepté de suspendre leurs exécutions, le temps d'examiner le fond du dossier.

Le gouvernement républicain, affichant sa volonté de punir les auteurs de crimes "d'une brutalité sans nom", a demandé à la Cour suprême d'invalider ces décisions.

Disant "agir au nom du public et des familles", le gouvernement veut pouvoir appliquer "dans un délai raisonnable" les peines prononcées il y a plus de 15 ans. Les autorités ont "passé des mois à préparer ces exécutions, qui représentent un effort logistique important", ont aussi plaidé ses avocats.

Les défenseurs des condamnés ont rétorqué que le gouvernement fédéral avait mis des années à définir son nouveau protocole et pouvait bien attendre un peu plus pour être sûr de sa légalité.

Le temple du Droit, profondément remanié depuis l'élection de Donald Trump, devrait se prononcer rapidement.

S'il donnait son feu vert au gouvernement, d'autres recours resteraient possibles et l'issue de la bataille juridique ne devrait être connue qu'à la dernière minute.

- "Salir son nom" -

En attendant, le gouvernement continue de préparer l'exécution de Daniel Lee, qui doit recevoir lundi à 08H00 (13H00 GMT) une injection de pentobarbital.

Ce partisan de la suprématie blanche a été condamné en 1999 à la peine capitale pour le meurtre d'un couple et d'une fillette de huit ans.

Mère d'une des victimes, Earlene Peterson a imploré le président Trump d'accorder sa "clémence" au condamné dans une vidéo mise en ligne sur internet.

"Je ne vois pas en quoi exécuter Daniel Lee honorera ma fille, au contraire cela va salir son nom parce qu'elle n'aurait pas voulu ça", explique cette femme opposée à la peine capitale par conviction religieuse.

Dans sa vidéo, Mme Peterson rappelle que Daniel Lee a été jugé avec un autre homme qui a, lui, écopé d'une peine de prison à vie incompressible malgré son rôle de leader dans le triple meurtre.

Donald Trump n'a pas donné suite à cet appel.

Le locataire de la Maison Blanche, qui brigue sa réélection en 2020, réclame régulièrement un usage renforcé de la peine capitale, notamment pour les tueurs de policiers. Il l'a également suggéré pour lutter contre le trafic de drogue.

- Attentats -

Selon les sondages, le soutien pour la peine de mort s'est érodé chez les Américains qui ne sont plus que 54% à y être favorables pour les meurtriers, contre environ 80% au début des années 1990.

Seule une poignée d'Etats, surtout dans le sud conservateur, y ont encore recours. Sur les 25 exécutions pratiquées en 2018, treize ont eu lieu au Texas.

La plupart des crimes sont jugés au niveau des Etats, mais les tribunaux fédéraux peuvent être saisis des actes les plus graves (attentats, crimes racistes...) ou commis sur des bases militaires ou dans des réserves amérindiennes.

Au cours des 45 dernières années, seules trois personnes ont été exécutées au niveau fédéral, dont Timothy McVeigh responsable de l'attentat d'Oklahoma City (168 morts en 1995) en 2001. La dernière exécution fédérale remonte à 2003.

Sur les cinq exécutions annoncées par Bill Barr, le gouvernement semble avoir renoncé à appliquer la peine de Lezmond Mitchell ce mercredi.

Auteur de deux meurtres sur une réserve Navajo, il estime avoir été victime de préjugés racistes et avait introduit un recours distinct des quatre autres sur ce motif. En octobre, une cour d'Arizona a suspendu son exécution pour lui donner le temps de défendre ses arguments en justice.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10751 Fri, 06 Dec 2019 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP