La peine de mort dans le monde — McVeigh https://www.peinedemort.org/rss/condamne?id=34 McVeigh : tous les documents concernant la peine de mort. fr Sophie Fotiadi <sophie.fotiadi@peinedemort.org>, 2020 Thu, 23 Jan 2020 10:36:51 +0000 Sat, 07 Dec 2019 08:53:14 +0000 120 USA: les exécutions fédérales ne reprendront pas tout de suite, décide la Cour suprême https://www.peinedemort.org/document/10755 La Cour suprême des Etats-Unis a refusé vendredi de laisser le gouvernement de Donald Trump reprendre les exécutions au niveau fédéral dès la semaine prochaine, comme il souhaitait le faire après 16 ans d'interruption. Il s'agit cependant d'une suspension temporaire, en attendant un examen de fond que la plus haute juridiction américaine souhaite mener dans les deux prochains mois. Le ministre de la Justice Bill Barr avait annoncé en juillet, à la surprise générale, la reprise des exécutions fédérales et programmé cinq injections létales dans le pénitencier de Terre Haute, en Indiana, entre le 9 décembre 2019 et le 15 janvier 2020. Quatre des condamnés concernés avaient saisi la justice en urgence, contestant le protocole retenu pour les faire mourir. Des tribunaux ont depuis accepté de suspendre leurs exécutions, le temps d'examiner le fond du dossier. Le gouvernement républicain, affichant sa volonté de punir les auteurs de crimes "d'une brutalité sans nom", a demandé à la Cour suprême d'invalider ces décisions. Cette dernière, "compte tenu de l'enjeu", a refusé vendredi de se prononcer, laissant pour le moment la balle dans le camp des juridictions locales. "Les tribunaux ont clairement indiqué que le gouvernement ne pouvait pas précipiter les exécutions afin d'échapper à l'examen judiciaire de la légalité et de la constitutionnalité de son nouveau protocole d'exécution", a réagi Shawn Nolan, avocat de l'un des condamnés à mort. - "Salir son nom" - Disant "agir au nom du public et des familles", l'administration Trump veut pouvoir appliquer "dans un délai raisonnable" les peines prononcées il y a plus de 15 ans. Les défenseurs des condamnés ont rétorqué que le gouvernement fédéral avait mis des années à définir son nouveau protocole et pouvait bien attendre un peu plus pour être sûr de sa légalité. Avant que la Cour suprême, profondément remaniée depuis l'élection de Donald Trump, n'en repousse donc la date, l'exécution de Daniel Lee était programmée lundi à 08H00 (13H00 GMT) par injection de pentobarbital. Ce partisan de la suprématie blanche a été condamné en 1999 à la peine capitale pour le meurtre d'un couple et d'une fillette de huit ans. Mère d'une des victimes, Earlene Peterson a imploré le président Trump d'accorder sa "clémence" au condamné dans une vidéo mise en ligne sur internet. "Je ne vois pas en quoi exécuter Daniel Lee honorera ma fille, au contraire cela va salir son nom parce qu'elle n'aurait pas voulu ça", explique cette femme opposée à la peine capitale par conviction religieuse. Dans sa vidéo, Mme Peterson rappelle que Daniel Lee a été jugé avec un autre homme qui a, lui, écopé d'une peine de prison à vie incompressible malgré son rôle de leader dans le triple meurtre. Donald Trump n'a pas donné suite à cet appel. Le locataire de la Maison Blanche, qui brigue sa réélection en 2020, réclame régulièrement un usage renforcé de la peine capitale, notamment pour les tueurs de policiers. Il l'a également suggéré pour lutter contre le trafic de drogue. - Attentats - Selon les sondages, le soutien pour la peine de mort s'est érodé chez les Américains qui ne sont plus que 54% à y être favorables pour les meurtriers, contre environ 80% au début des années 1990. Seule une poignée d'Etats, surtout dans le sud conservateur, y ont encore recours. Sur les 25 exécutions pratiquées en 2018, treize ont eu lieu au Texas. La plupart des crimes sont jugés au niveau des Etats, mais les tribunaux fédéraux peuvent être saisis des actes les plus graves (attentats, crimes racistes...) ou commis sur des bases militaires ou dans des réserves amérindiennes. Au cours des 45 dernières années, seules trois personnes ont été exécutées au niveau fédéral, dont Timothy McVeigh responsable de l'attentat d'Oklahoma City (168 morts en 1995) en 2001. La dernière exécution fédérale remonte à 2003. Sur les cinq exécutions annoncées par Bill Barr, le gouvernement semble avoir renoncé à appliquer la peine de Lezmond Mitchell ce mercredi. Auteur de deux meurtres sur une réserve Navajo, il estime avoir été victime de préjugés racistes et avait introduit un recours distinct des quatre autres sur ce motif. En octobre, une cour d'Arizona a suspendu son exécution pour lui donner le temps de défendre ses arguments en justice.
Il s'agit cependant d'une suspension temporaire, en attendant un examen de fond que la plus haute juridiction américaine souhaite mener dans les deux prochains mois.

Le ministre de la Justice Bill Barr avait annoncé en juillet, à la surprise générale, la reprise des exécutions fédérales et programmé cinq injections létales dans le pénitencier de Terre Haute, en Indiana, entre le 9 décembre 2019 et le 15 janvier 2020.

Quatre des condamnés concernés avaient saisi la justice en urgence, contestant le protocole retenu pour les faire mourir. Des tribunaux ont depuis accepté de suspendre leurs exécutions, le temps d'examiner le fond du dossier.

Le gouvernement républicain, affichant sa volonté de punir les auteurs de crimes "d'une brutalité sans nom", a demandé à la Cour suprême d'invalider ces décisions.

Cette dernière, "compte tenu de l'enjeu", a refusé vendredi de se prononcer, laissant pour le moment la balle dans le camp des juridictions locales.

"Les tribunaux ont clairement indiqué que le gouvernement ne pouvait pas précipiter les exécutions afin d'échapper à l'examen judiciaire de la légalité et de la constitutionnalité de son nouveau protocole d'exécution", a réagi Shawn Nolan, avocat de l'un des condamnés à mort.

- "Salir son nom" -

Disant "agir au nom du public et des familles", l'administration Trump veut pouvoir appliquer "dans un délai raisonnable" les peines prononcées il y a plus de 15 ans.

Les défenseurs des condamnés ont rétorqué que le gouvernement fédéral avait mis des années à définir son nouveau protocole et pouvait bien attendre un peu plus pour être sûr de sa légalité.

Avant que la Cour suprême, profondément remaniée depuis l'élection de Donald Trump, n'en repousse donc la date, l'exécution de Daniel Lee était programmée lundi à 08H00 (13H00 GMT) par injection de pentobarbital.

Ce partisan de la suprématie blanche a été condamné en 1999 à la peine capitale pour le meurtre d'un couple et d'une fillette de huit ans.

Mère d'une des victimes, Earlene Peterson a imploré le président Trump d'accorder sa "clémence" au condamné dans une vidéo mise en ligne sur internet.

"Je ne vois pas en quoi exécuter Daniel Lee honorera ma fille, au contraire cela va salir son nom parce qu'elle n'aurait pas voulu ça", explique cette femme opposée à la peine capitale par conviction religieuse.

Dans sa vidéo, Mme Peterson rappelle que Daniel Lee a été jugé avec un autre homme qui a, lui, écopé d'une peine de prison à vie incompressible malgré son rôle de leader dans le triple meurtre.

Donald Trump n'a pas donné suite à cet appel.

Le locataire de la Maison Blanche, qui brigue sa réélection en 2020, réclame régulièrement un usage renforcé de la peine capitale, notamment pour les tueurs de policiers. Il l'a également suggéré pour lutter contre le trafic de drogue.

- Attentats -

Selon les sondages, le soutien pour la peine de mort s'est érodé chez les Américains qui ne sont plus que 54% à y être favorables pour les meurtriers, contre environ 80% au début des années 1990.

Seule une poignée d'Etats, surtout dans le sud conservateur, y ont encore recours. Sur les 25 exécutions pratiquées en 2018, treize ont eu lieu au Texas.

La plupart des crimes sont jugés au niveau des Etats, mais les tribunaux fédéraux peuvent être saisis des actes les plus graves (attentats, crimes racistes...) ou commis sur des bases militaires ou dans des réserves amérindiennes.

Au cours des 45 dernières années, seules trois personnes ont été exécutées au niveau fédéral, dont Timothy McVeigh responsable de l'attentat d'Oklahoma City (168 morts en 1995) en 2001. La dernière exécution fédérale remonte à 2003.

Sur les cinq exécutions annoncées par Bill Barr, le gouvernement semble avoir renoncé à appliquer la peine de Lezmond Mitchell ce mercredi.

Auteur de deux meurtres sur une réserve Navajo, il estime avoir été victime de préjugés racistes et avait introduit un recours distinct des quatre autres sur ce motif. En octobre, une cour d'Arizona a suspendu son exécution pour lui donner le temps de défendre ses arguments en justice.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10755 Sat, 07 Dec 2019 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Le gouvernement Trump se bat en justice pour reprendre les exécutions fédérales https://www.peinedemort.org/document/10751 Le gouvernement de Donald Trump accélère ses préparatifs en vue de reprendre lundi les exécutions fédérales, interrompues depuis 16 ans, misant sur la Cour suprême des Etats-Unis pour lever les veto émis par plusieurs tribunaux. Le ministre de la justice Bill Barr avait annoncé en juillet, à la surprise générale, la reprise des exécutions fédérales et programmé cinq injections létales dans le pénitencier de Terre Haute en Indiana, entre le 9 décembre et le 15 janvier 2020. Quatre des condamnés concernés avaient saisi la justice en urgence, contestant le protocole retenu pour les faire mourir. Des tribunaux ont depuis accepté de suspendre leurs exécutions, le temps d'examiner le fond du dossier. Le gouvernement républicain, affichant sa volonté de punir les auteurs de crimes "d'une brutalité sans nom", a demandé à la Cour suprême d'invalider ces décisions. Disant "agir au nom du public et des familles", le gouvernement veut pouvoir appliquer "dans un délai raisonnable" les peines prononcées il y a plus de 15 ans. Les autorités ont "passé des mois à préparer ces exécutions, qui représentent un effort logistique important", ont aussi plaidé ses avocats. Les défenseurs des condamnés ont rétorqué que le gouvernement fédéral avait mis des années à définir son nouveau protocole et pouvait bien attendre un peu plus pour être sûr de sa légalité. Le temple du Droit, profondément remanié depuis l'élection de Donald Trump, devrait se prononcer rapidement. S'il donnait son feu vert au gouvernement, d'autres recours resteraient possibles et l'issue de la bataille juridique ne devrait être connue qu'à la dernière minute. - "Salir son nom" - En attendant, le gouvernement continue de préparer l'exécution de Daniel Lee, qui doit recevoir lundi à 08H00 (13H00 GMT) une injection de pentobarbital. Ce partisan de la suprématie blanche a été condamné en 1999 à la peine capitale pour le meurtre d'un couple et d'une fillette de huit ans. Mère d'une des victimes, Earlene Peterson a imploré le président Trump d'accorder sa "clémence" au condamné dans une vidéo mise en ligne sur internet. "Je ne vois pas en quoi exécuter Daniel Lee honorera ma fille, au contraire cela va salir son nom parce qu'elle n'aurait pas voulu ça", explique cette femme opposée à la peine capitale par conviction religieuse. Dans sa vidéo, Mme Peterson rappelle que Daniel Lee a été jugé avec un autre homme qui a, lui, écopé d'une peine de prison à vie incompressible malgré son rôle de leader dans le triple meurtre. Donald Trump n'a pas donné suite à cet appel. Le locataire de la Maison Blanche, qui brigue sa réélection en 2020, réclame régulièrement un usage renforcé de la peine capitale, notamment pour les tueurs de policiers. Il l'a également suggéré pour lutter contre le trafic de drogue. - Attentats - Selon les sondages, le soutien pour la peine de mort s'est érodé chez les Américains qui ne sont plus que 54% à y être favorables pour les meurtriers, contre environ 80% au début des années 1990. Seule une poignée d'Etats, surtout dans le sud conservateur, y ont encore recours. Sur les 25 exécutions pratiquées en 2018, treize ont eu lieu au Texas. La plupart des crimes sont jugés au niveau des Etats, mais les tribunaux fédéraux peuvent être saisis des actes les plus graves (attentats, crimes racistes...) ou commis sur des bases militaires ou dans des réserves amérindiennes. Au cours des 45 dernières années, seules trois personnes ont été exécutées au niveau fédéral, dont Timothy McVeigh responsable de l'attentat d'Oklahoma City (168 morts en 1995) en 2001. La dernière exécution fédérale remonte à 2003. Sur les cinq exécutions annoncées par Bill Barr, le gouvernement semble avoir renoncé à appliquer la peine de Lezmond Mitchell ce mercredi. Auteur de deux meurtres sur une réserve Navajo, il estime avoir été victime de préjugés racistes et avait introduit un recours distinct des quatre autres sur ce motif. En octobre, une cour d'Arizona a suspendu son exécution pour lui donner le temps de défendre ses arguments en justice.
Le ministre de la justice Bill Barr avait annoncé en juillet, à la surprise générale, la reprise des exécutions fédérales et programmé cinq injections létales dans le pénitencier de Terre Haute en Indiana, entre le 9 décembre et le 15 janvier 2020.

Quatre des condamnés concernés avaient saisi la justice en urgence, contestant le protocole retenu pour les faire mourir. Des tribunaux ont depuis accepté de suspendre leurs exécutions, le temps d'examiner le fond du dossier.

Le gouvernement républicain, affichant sa volonté de punir les auteurs de crimes "d'une brutalité sans nom", a demandé à la Cour suprême d'invalider ces décisions.

Disant "agir au nom du public et des familles", le gouvernement veut pouvoir appliquer "dans un délai raisonnable" les peines prononcées il y a plus de 15 ans. Les autorités ont "passé des mois à préparer ces exécutions, qui représentent un effort logistique important", ont aussi plaidé ses avocats.

Les défenseurs des condamnés ont rétorqué que le gouvernement fédéral avait mis des années à définir son nouveau protocole et pouvait bien attendre un peu plus pour être sûr de sa légalité.

Le temple du Droit, profondément remanié depuis l'élection de Donald Trump, devrait se prononcer rapidement.

S'il donnait son feu vert au gouvernement, d'autres recours resteraient possibles et l'issue de la bataille juridique ne devrait être connue qu'à la dernière minute.

- "Salir son nom" -

En attendant, le gouvernement continue de préparer l'exécution de Daniel Lee, qui doit recevoir lundi à 08H00 (13H00 GMT) une injection de pentobarbital.

Ce partisan de la suprématie blanche a été condamné en 1999 à la peine capitale pour le meurtre d'un couple et d'une fillette de huit ans.

Mère d'une des victimes, Earlene Peterson a imploré le président Trump d'accorder sa "clémence" au condamné dans une vidéo mise en ligne sur internet.

"Je ne vois pas en quoi exécuter Daniel Lee honorera ma fille, au contraire cela va salir son nom parce qu'elle n'aurait pas voulu ça", explique cette femme opposée à la peine capitale par conviction religieuse.

Dans sa vidéo, Mme Peterson rappelle que Daniel Lee a été jugé avec un autre homme qui a, lui, écopé d'une peine de prison à vie incompressible malgré son rôle de leader dans le triple meurtre.

Donald Trump n'a pas donné suite à cet appel.

Le locataire de la Maison Blanche, qui brigue sa réélection en 2020, réclame régulièrement un usage renforcé de la peine capitale, notamment pour les tueurs de policiers. Il l'a également suggéré pour lutter contre le trafic de drogue.

- Attentats -

Selon les sondages, le soutien pour la peine de mort s'est érodé chez les Américains qui ne sont plus que 54% à y être favorables pour les meurtriers, contre environ 80% au début des années 1990.

Seule une poignée d'Etats, surtout dans le sud conservateur, y ont encore recours. Sur les 25 exécutions pratiquées en 2018, treize ont eu lieu au Texas.

La plupart des crimes sont jugés au niveau des Etats, mais les tribunaux fédéraux peuvent être saisis des actes les plus graves (attentats, crimes racistes...) ou commis sur des bases militaires ou dans des réserves amérindiennes.

Au cours des 45 dernières années, seules trois personnes ont été exécutées au niveau fédéral, dont Timothy McVeigh responsable de l'attentat d'Oklahoma City (168 morts en 1995) en 2001. La dernière exécution fédérale remonte à 2003.

Sur les cinq exécutions annoncées par Bill Barr, le gouvernement semble avoir renoncé à appliquer la peine de Lezmond Mitchell ce mercredi.

Auteur de deux meurtres sur une réserve Navajo, il estime avoir été victime de préjugés racistes et avait introduit un recours distinct des quatre autres sur ce motif. En octobre, une cour d'Arizona a suspendu son exécution pour lui donner le temps de défendre ses arguments en justice.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10751 Fri, 06 Dec 2019 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Les Etats-Unis programment des exécutions fédérales après 16 ans d'interruption https://www.peinedemort.org/document/10605 Le gouvernement américain a annoncé jeudi la reprise des exécutions au niveau fédéral après seize ans d'interruption, en écho aux appels répétés du président Donald Trump d'utiliser davantage la peine capitale. Le ministère de la Justice a adopté un nouveau protocole d'injection létale et a programmé cinq exécutions dans un pénitencier fédéral à Terre Haute dans l'Indiana (nord) en décembre 2019 et janvier 2020. Elles doivent concerner cinq hommes condamnés par des jurys fédéraux pour avoir tué, et parfois torturé et violé, des enfants ou des personnes âgées, et qui ont épuisé tous les recours légaux, selon les autorités. "Nous devons, pour les victimes et leurs familles, appliquer les peines déclarées par notre système judiciaire", a justifié Bill Barr, ministre de la Justice, cité dans un communiqué. Donald Trump, qui brigue un second mandat en 2020, réclame régulièrement un usage renforcé de la peine capitale, notamment pour les tueurs de policiers, les islamistes ou pour lutter contre le trafic de drogue. Il l'avait également réclamée après la tuerie dans une synagogue de Pittsburgh en octobre 2018 (11 morts). Selon les sondages, le soutien pour la peine de mort s'est érodé chez les Américains qui ne sont plus que 54% à y être favorables pour les meurtriers, contre environ 80% au début des années 1990. Mais il existe d'énormes différences selon les affiliations politiques: 77% des républicains la jugent justifiée en cas de meurtre, contre 35% des démocrates. - "Immorale" - Les prétendants à l'investiture démocrate pour 2020 se sont empressés de dénoncer la décision de l'administration. "Nous avons besoin d'un moratoire au niveau national sur la peine de mort, pas d'une résurrection", a tweeté la sénatrice et ancienne procureure Kamala Harris, jugeant la peine capitale "immorale". "Il y a suffisamment de violence dans le monde, le gouvernement ne devrait pas en ajouter", a renchéri le sénateur Bernie Sanders. L'administration "est à nouveau du mauvais côté de l'histoire", a également jugé la puissante association de défense des droits civiques ACLU, soulignant que la peine capitale se caractérise par d'importantes disparités raciales et géographiques. Quelque 21 Etats américains ont aboli la peine de mort et quatre ont prononcé un moratoire sur les exécutions. Sur les 25 Etats où elle reste légale, plusieurs ne l'appliquent pas en raison de difficultés d'approvisionnement en substances létales et d'interrogations sur la légalité de ces produits. Les exécutions se concentrent principalement dans le sud du pays. Sur les 25 menées en 2018, treize l'ont été au Texas. Si la plupart des meurtres sont jugés au niveau des Etats, les tribunaux fédéraux peuvent être saisis des cas les plus graves (attentats, crimes racistes, meurtre d'un témoin, etc). Au total, 62 personnes se trouvent dans les couloirs de la mort de pénitenciers fédéraux, contre plus de 2.600 dans les prisons des Etats, selon le Centre d'information sur la peine de mort (DPIC). - "Arbitraire" - Au niveau fédéral, seules trois exécutions ont été réalisées au cours des 45 dernières années, dont Timothy McVeigh responsable de l'attentat d'Oklahoma City (168 morts en 1995) exécuté en 2001, et Louis Jones en 2003 pour le meurtre d'une militaire. L'ancien président démocrate Barack Obama avait exprimé en 2015 ses réserves sur la peine capitale, citant notamment la sur-représentation des Noirs dans les couloirs de la mort et des incidents avec des injections létales "horribles et mal menées". Après ces exécutions difficiles, plusieurs recours ont été introduits en justice au nom de la Constitution, qui interdit les punitions "cruelles". En parallèle, les grands laboratoires pharmaceutiques ont commencé à refuser de livrer certains produits pour ne pas être associés à la peine capitale. Le ministère de la Justice a expliqué jeudi avoir renoncé à un cocktail controversé de trois produits au profit du seul pentobarbital. Il prévoit de l'utiliser le 9 décembre pour exécuter Daniel Lee, un partisan de la suprématie blanche condamné en 1999 pour le meurtre d'une famille de trois personnes dont une fillette de huit ans. Son avocat Morris Moon a expliqué que Daniel Lee avait été jugé avec un autre homme qui, pour les mêmes faits, a écopé de la perpétuité ce qui montre, selon lui, le côté "arbitraire" de la peine de mort.
Le ministère de la Justice a adopté un nouveau protocole d'injection létale et a programmé cinq exécutions dans un pénitencier fédéral à Terre Haute dans l'Indiana (nord) en décembre 2019 et janvier 2020.

Elles doivent concerner cinq hommes condamnés par des jurys fédéraux pour avoir tué, et parfois torturé et violé, des enfants ou des personnes âgées, et qui ont épuisé tous les recours légaux, selon les autorités.

"Nous devons, pour les victimes et leurs familles, appliquer les peines déclarées par notre système judiciaire", a justifié Bill Barr, ministre de la Justice, cité dans un communiqué.

Donald Trump, qui brigue un second mandat en 2020, réclame régulièrement un usage renforcé de la peine capitale, notamment pour les tueurs de policiers, les islamistes ou pour lutter contre le trafic de drogue. Il l'avait également réclamée après la tuerie dans une synagogue de Pittsburgh en octobre 2018 (11 morts).

Selon les sondages, le soutien pour la peine de mort s'est érodé chez les Américains qui ne sont plus que 54% à y être favorables pour les meurtriers, contre environ 80% au début des années 1990.

Mais il existe d'énormes différences selon les affiliations politiques: 77% des républicains la jugent justifiée en cas de meurtre, contre 35% des démocrates.

- "Immorale" -

Les prétendants à l'investiture démocrate pour 2020 se sont empressés de dénoncer la décision de l'administration.

"Nous avons besoin d'un moratoire au niveau national sur la peine de mort, pas d'une résurrection", a tweeté la sénatrice et ancienne procureure Kamala Harris, jugeant la peine capitale "immorale". "Il y a suffisamment de violence dans le monde, le gouvernement ne devrait pas en ajouter", a renchéri le sénateur Bernie Sanders.

L'administration "est à nouveau du mauvais côté de l'histoire", a également jugé la puissante association de défense des droits civiques ACLU, soulignant que la peine capitale se caractérise par d'importantes disparités raciales et géographiques.

Quelque 21 Etats américains ont aboli la peine de mort et quatre ont prononcé un moratoire sur les exécutions.

Sur les 25 Etats où elle reste légale, plusieurs ne l'appliquent pas en raison de difficultés d'approvisionnement en substances létales et d'interrogations sur la légalité de ces produits.

Les exécutions se concentrent principalement dans le sud du pays. Sur les 25 menées en 2018, treize l'ont été au Texas.

Si la plupart des meurtres sont jugés au niveau des Etats, les tribunaux fédéraux peuvent être saisis des cas les plus graves (attentats, crimes racistes, meurtre d'un témoin, etc).

Au total, 62 personnes se trouvent dans les couloirs de la mort de pénitenciers fédéraux, contre plus de 2.600 dans les prisons des Etats, selon le Centre d'information sur la peine de mort (DPIC).

- "Arbitraire" -

Au niveau fédéral, seules trois exécutions ont été réalisées au cours des 45 dernières années, dont Timothy McVeigh responsable de l'attentat d'Oklahoma City (168 morts en 1995) exécuté en 2001, et Louis Jones en 2003 pour le meurtre d'une militaire.

L'ancien président démocrate Barack Obama avait exprimé en 2015 ses réserves sur la peine capitale, citant notamment la sur-représentation des Noirs dans les couloirs de la mort et des incidents avec des injections létales "horribles et mal menées".

Après ces exécutions difficiles, plusieurs recours ont été introduits en justice au nom de la Constitution, qui interdit les punitions "cruelles". En parallèle, les grands laboratoires pharmaceutiques ont commencé à refuser de livrer certains produits pour ne pas être associés à la peine capitale.

Le ministère de la Justice a expliqué jeudi avoir renoncé à un cocktail controversé de trois produits au profit du seul pentobarbital.

Il prévoit de l'utiliser le 9 décembre pour exécuter Daniel Lee, un partisan de la suprématie blanche condamné en 1999 pour le meurtre d'une famille de trois personnes dont une fillette de huit ans.

Son avocat Morris Moon a expliqué que Daniel Lee avait été jugé avec un autre homme qui, pour les mêmes faits, a écopé de la perpétuité ce qui montre, selon lui, le côté "arbitraire" de la peine de mort.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10605 Fri, 26 Jul 2019 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP