La peine de mort dans le monde — Dépêches et communiqués dans le monde https://www.peinedemort.org/rss/depeches Toutes les dépêches et les communiqués concernant la peine de mort dans le monde fr Sophie Fotiadi <sophie.fotiadi@peinedemort.org>, 2018 Fri, 16 Nov 2018 16:56:43 +0100 Thu, 15 Nov 2018 07:10:09 +0100 120 Le Texas exécute un Mexicain malgré des protestations internationales https://www.peinedemort.org/document/10254 Washington - Le Texas a exécuté un Mexicain condamné à mort aux Etats-Unis en 1993, bien que plusieurs voix se soient élevées à l'étranger pour dénoncer une violation du droit international. Roberto Moreno Ramos, 64 ans, a été exécuté par injection létale dans la chambre de la mort du pénitencier de Huntsville. Il a été condamné à la peine capitale pour avoir battu à mort, à l'aide d'une massue, son épouse et deux de leurs enfants, âgés de 7 et 3 ans, en 1992 dans la ville de Progreso, près de la frontière mexicaine, où la famille résidait depuis des années. Il avait dissimulé les cadavres sous le carrelage de leur salle de bain et avait épousé trois jours plus tard sa maîtresse, qui ignorait tout de sa vie maritale. Les corps n'avaient été découverts que deux mois plus tard. Pendant ses 25 ans dans le couloir de la mort, ses avocats ont tenté, en vain, plusieurs recours, arguant notamment qu'il souffrait de troubles bipolaires et de lésions cérébrales. Le Mexique, et des défenseurs des droits de l'homme, ont régulièrement dénoncé le fait qu'il n'ait pas pu bénéficier de l'assistance juridique de son consulat, un droit garanti par la Convention de Genève de 1963 dont les Etats-Unis sont signataires. Son exécution constituerait une "violation flagrante des droits de l'homme et du droit international", a encore dénoncé lundi le gouvernement mexicain. Des experts de l'ONU ont eux jugé qu'elle serait "arbitraire", tandis que la commission inter-américaine des droits de l'homme appelait le Texas à "respecter ses obligations internationales en matière de droits de l'homme". En 2003, le gouvernement mexicain avait saisi la justice internationale du cas de Roberto Moreno Ramos, ainsi que d'une cinquantaine d'autres de ses ressortissants condamnés à mort aux Etats-Unis. La Cour internationale de Justice (CIJ) de La Haye avait jugé que leurs droits consulaires avaient bien été bafoués, et avait ordonné une révision de leur dossier. Mais la Cour suprême des Etats-Unis avait décidé en 2008 que les Etats américains n'étaient pas tenus d'appliquer les décisions de la CIJ. Depuis, cinq Mexicains ont été exécutés, tous au Texas, selon le Centre d'information sur la peine capitale (DPIC). Les Etats-Unis ont procédé à 20 exécutions depuis le début de l'année, dont dix au Texas.
Roberto Moreno Ramos, 64 ans, a été exécuté par injection létale dans la chambre de la mort du pénitencier de Huntsville.

Il a été condamné à la peine capitale pour avoir battu à mort, à l'aide d'une massue, son épouse et deux de leurs enfants, âgés de 7 et 3 ans, en 1992 dans la ville de Progreso, près de la frontière mexicaine, où la famille résidait depuis des années.

Il avait dissimulé les cadavres sous le carrelage de leur salle de bain et avait épousé trois jours plus tard sa maîtresse, qui ignorait tout de sa vie maritale. Les corps n'avaient été découverts que deux mois plus tard.

Pendant ses 25 ans dans le couloir de la mort, ses avocats ont tenté, en vain, plusieurs recours, arguant notamment qu'il souffrait de troubles bipolaires et de lésions cérébrales.

Le Mexique, et des défenseurs des droits de l'homme, ont régulièrement dénoncé le fait qu'il n'ait pas pu bénéficier de l'assistance juridique de son consulat, un droit garanti par la Convention de Genève de 1963 dont les Etats-Unis sont signataires.

Son exécution constituerait une "violation flagrante des droits de l'homme et du droit international", a encore dénoncé lundi le gouvernement mexicain.

Des experts de l'ONU ont eux jugé qu'elle serait "arbitraire", tandis que la commission inter-américaine des droits de l'homme appelait le Texas à "respecter ses obligations internationales en matière de droits de l'homme".

En 2003, le gouvernement mexicain avait saisi la justice internationale du cas de Roberto Moreno Ramos, ainsi que d'une cinquantaine d'autres de ses ressortissants condamnés à mort aux Etats-Unis.

La Cour internationale de Justice (CIJ) de La Haye avait jugé que leurs droits consulaires avaient bien été bafoués, et avait ordonné une révision de leur dossier.

Mais la Cour suprême des Etats-Unis avait décidé en 2008 que les Etats américains n'étaient pas tenus d'appliquer les décisions de la CIJ.

Depuis, cinq Mexicains ont été exécutés, tous au Texas, selon le Centre d'information sur la peine capitale (DPIC).

Les Etats-Unis ont procédé à 20 exécutions depuis le début de l'année, dont dix au Texas.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10254 Thu, 15 Nov 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Affaire Khashoggi : le parquet saoudien requiert la peine de mort contre cinq suspects https://www.peinedemort.org/document/10258 RIYAD, 15 novembre (Xinhua) -- Le parquet saoudien a requis jeudi la peine de mort à l'encontre de cinq suspects pour avoir ordonné et commis l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi à Istanbul. Selon un communiqué du procureur général cité par l'agence saoudienne SPA, onze des 21 suspects connus à ce jour ont été inculpés et vont être jugés. Le mois dernier, le parquet a formellement demandé aux autorités turques qu'elles communiquent toutes les preuves et les informations, dont des enregistrements audio, relatives à cette affaire. Il a aussi demandé la mise en place d'un mécanisme de coopération spécial et attend toujours une réponse de la partie turque. Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a disparu le 2 octobre en Turquie après s'être rendu au consulat saoudien à Istanbul à des fins administratives. Les autorités saoudiennes ont reconnu un peu plus tard qu'il avait été assassiné à l'intérieur du consulat et que 18 individus liés à cette affaire avaient été interpellés. Trois autres ont par la suite été convoqués dans le cadre de l'enquête.
Selon un communiqué du procureur général cité par l'agence saoudienne SPA, onze des 21 suspects connus à ce jour ont été inculpés et vont être jugés.

Le mois dernier, le parquet a formellement demandé aux autorités turques qu'elles communiquent toutes les preuves et les informations, dont des enregistrements audio, relatives à cette affaire. Il a aussi demandé la mise en place d'un mécanisme de coopération spécial et attend toujours une réponse de la partie turque.

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a disparu le 2 octobre en Turquie après s'être rendu au consulat saoudien à Istanbul à des fins administratives. Les autorités saoudiennes ont reconnu un peu plus tard qu'il avait été assassiné à l'intérieur du consulat et que 18 individus liés à cette affaire avaient été interpellés. Trois autres ont par la suite été convoqués dans le cadre de l'enquête.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10258 Thu, 15 Nov 2018 00:00:00 +0100 Xinhua
Asia Bibi: une semaine après sa libération, ce que l'on sait https://www.peinedemort.org/document/10257 La Pakistanaise Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème et récemment acquittée, est libre depuis une semaine: Où se trouve-t-elle ? En a-t-elle fini avec la justice ? Peut-elle quitter le Pakistan ? Voici ce que l'on sait à ce stade. Cette mère de famille chrétienne aujourd'hui quinquagénaire a passé huit ans dans le couloir de la mort suite à une condamnation pour blasphème. La Cour Suprême du Pakistan l'a acquittée le 31 octobre et elle a été libérée de sa prison de Multan (centre) il y a une semaine et transférée dans un endroit inconnu. Le verdict a provoqué la fureur des milieux religieux extrémistes du pays. Des milliers d'islamistes sont descendus dans les rues début novembre, paralysant le pays trois jours durant, jusqu'à ce qu'un accord controversé soit signé avec le gouvernement d'Imran Khan. Les fondamentalistes réclament la pendaison de Mme Bibi et ont également appelé au meurtre des juges de la Cour suprême et à une mutinerie de l'armée. Le sujet du blasphème est explosif au Pakistan et des accusations ont suffi dans le passé à provoquer des lynchages. La vie de Mme Bibi serait considérée comme en grave danger si elle devait rester dans le pays. - Où se trouve Mme Bibi? On l'ignore exactement. Selon des rumeurs, elle aurait déjà fui le Pakistan. Certaines, photos à l'appui, vont jusqu'à affirmer qu'elle aurait même rencontré le pape François. Un factcheck de l'AFP a démontré que ces photos montrent en réalité sa fille et sont vieilles de plusieurs mois. Le gouvernement pakistanais assure pour sa part qu'elle est toujours dans le pays, en sécurité, et qu'elle ne peut quitter le pays avant une ultime étape judiciaire: une requête en révision du jugement d'acquittement. Le ministre des Affaires étrangères Shah Mehmood Qureshi l'a répété mercredi à Islamabad: "Nous l'avons expliqué auparavant et nous l'expliquons à nouveau. Elle n'est pas partie à l'étranger. Elle est ici. Il n'y a pas de controverse". Quant à Imran Khan, après avoir dénoncé avec force le comportement violent des islamistes au début des manifestations, il s'est limité à appeler au respect du jugement et au dialogue inter-religieux. - La procédure judiciaire est-elle terminée ? Non, le verdict de la Cour suprême fait l'objet d'une requête en révision déposée par un religieux du nom de Qari Salam. Il s'agit essentiellement de vérifier si aucune erreur procédurale ou administrative n'a été commise lors du jugement. Si ce n'est pas le cas, le verdict d'acquittement sera définitif. Selon l'avocat de Mme Bibi, Saif ul-Mulook, un nouveau coup de théâtre apparaît très peu probable. - Où peut-elle aller ? Aucune certitude en la matière, mais il semble que des discussions autour d'un départ à l'étranger de Mme Bibi soient en cours. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a indiqué cette semaine à l'AFP que son pays était "en discussions" avec les autorités pakistanaises pour éventuellement l'accueillir. "Je ne veux pas me prononcer plus là-dessus parce que c'est très délicat, mais comme vous savez très bien, le Canada est un pays qui accueille", a-t-il déclaré. Au Pakistan, le parti extrémiste Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), principal inspirateur des manifestations de début novembre, a fustigé cette annonce: "Nous nous opposons fermement ne serait-ce qu'à sa libération. Et c'est l'avis de millions de musulmans pakistanais", a déclaré à l'AFP son porte-parole Ijaz Ashrafi. Tout pays accueillant Mme Bibi pourrait s'exposer à des réactions hostiles de la part des fondamentalistes pakistanais. Plus tôt cette semaine, les Pays-Bas ont annoncé avoir rapatrié plusieurs membres de leur ambassade au Pakistan en raison de menaces persistantes d'islamistes rendus furieux par des tweets anti-islam du député néerlandais d'extrême droite Geert Wilders. - Le Pakistan souhaite-t-il son départ ? Oui et non. Les extrémistes continuent de manifester sporadiquement - mais pacifiquement - pour réclamer l'exécution de Mme Bibi. Le parti TLP menace de bloquer à nouveau les rues si elle part à l'étranger. Mais d'autres appellent au calme. Dans une lettre ouverte publiée ce week-end, un influent mufti, Rafi Usmani, plaide pour sa part pour le respect du verdict de la Cour suprême. "Le verdict concernant la requête en révision sera définitif et doit être accepté sans réserve, conformément à la sharia", a-t-il écrit dans cette lettre publiée par le quotidien The News.
Cette mère de famille chrétienne aujourd'hui quinquagénaire a passé huit ans dans le couloir de la mort suite à une condamnation pour blasphème. La Cour Suprême du Pakistan l'a acquittée le 31 octobre et elle a été libérée de sa prison de Multan (centre) il y a une semaine et transférée dans un endroit inconnu.

Le verdict a provoqué la fureur des milieux religieux extrémistes du pays. Des milliers d'islamistes sont descendus dans les rues début novembre, paralysant le pays trois jours durant, jusqu'à ce qu'un accord controversé soit signé avec le gouvernement d'Imran Khan.

Les fondamentalistes réclament la pendaison de Mme Bibi et ont également appelé au meurtre des juges de la Cour suprême et à une mutinerie de l'armée.

Le sujet du blasphème est explosif au Pakistan et des accusations ont suffi dans le passé à provoquer des lynchages. La vie de Mme Bibi serait considérée comme en grave danger si elle devait rester dans le pays.

- Où se trouve Mme Bibi?

On l'ignore exactement. Selon des rumeurs, elle aurait déjà fui le Pakistan. Certaines, photos à l'appui, vont jusqu'à affirmer qu'elle aurait même rencontré le pape François. Un factcheck de l'AFP a démontré que ces photos montrent en réalité sa fille et sont vieilles de plusieurs mois.

Le gouvernement pakistanais assure pour sa part qu'elle est toujours dans le pays, en sécurité, et qu'elle ne peut quitter le pays avant une ultime étape judiciaire: une requête en révision du jugement d'acquittement.

Le ministre des Affaires étrangères Shah Mehmood Qureshi l'a répété mercredi à Islamabad: "Nous l'avons expliqué auparavant et nous l'expliquons à nouveau. Elle n'est pas partie à l'étranger. Elle est ici. Il n'y a pas de controverse".

Quant à Imran Khan, après avoir dénoncé avec force le comportement violent des islamistes au début des manifestations, il s'est limité à appeler au respect du jugement et au dialogue inter-religieux.

- La procédure judiciaire est-elle terminée ?

Non, le verdict de la Cour suprême fait l'objet d'une requête en révision déposée par un religieux du nom de Qari Salam. Il s'agit essentiellement de vérifier si aucune erreur procédurale ou administrative n'a été commise lors du jugement.

Si ce n'est pas le cas, le verdict d'acquittement sera définitif. Selon l'avocat de Mme Bibi, Saif ul-Mulook, un nouveau coup de théâtre apparaît très peu probable.

- Où peut-elle aller ?

Aucune certitude en la matière, mais il semble que des discussions autour d'un départ à l'étranger de Mme Bibi soient en cours.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a indiqué cette semaine à l'AFP que son pays était "en discussions" avec les autorités pakistanaises pour éventuellement l'accueillir.

"Je ne veux pas me prononcer plus là-dessus parce que c'est très délicat, mais comme vous savez très bien, le Canada est un pays qui accueille", a-t-il déclaré.

Au Pakistan, le parti extrémiste Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), principal inspirateur des manifestations de début novembre, a fustigé cette annonce: "Nous nous opposons fermement ne serait-ce qu'à sa libération. Et c'est l'avis de millions de musulmans pakistanais", a déclaré à l'AFP son porte-parole Ijaz Ashrafi.

Tout pays accueillant Mme Bibi pourrait s'exposer à des réactions hostiles de la part des fondamentalistes pakistanais.

Plus tôt cette semaine, les Pays-Bas ont annoncé avoir rapatrié plusieurs membres de leur ambassade au Pakistan en raison de menaces persistantes d'islamistes rendus furieux par des tweets anti-islam du député néerlandais d'extrême droite Geert Wilders.

- Le Pakistan souhaite-t-il son départ ?

Oui et non. Les extrémistes continuent de manifester sporadiquement - mais pacifiquement - pour réclamer l'exécution de Mme Bibi.

Le parti TLP menace de bloquer à nouveau les rues si elle part à l'étranger.

Mais d'autres appellent au calme. Dans une lettre ouverte publiée ce week-end, un influent mufti, Rafi Usmani, plaide pour sa part pour le respect du verdict de la Cour suprême.

"Le verdict concernant la requête en révision sera définitif et doit être accepté sans réserve, conformément à la sharia", a-t-il écrit dans cette lettre publiée par le quotidien The News.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10257 Thu, 15 Nov 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Le Texas se prépare à exécuter un Mexicain malgré des protestations mondiales https://www.peinedemort.org/document/10251 (Agence France-Presse) Washington - Le Texas se préparait mercredi à exécuter un Mexicain condamné à mort aux États-Unis en 1993, bien que plusieurs voix se soient élevées à l'étranger pour dénoncer une violation du droit international. Roberto Moreno Ramos, 64 ans, doit être exécuté par injection létale dans la soirée (19h) dans la chambre de la mort du pénitencier de Huntsville. Il a été condamné à la peine capitale pour avoir battu à mort, à l'aide d'une massue, son épouse et deux de leurs enfants, âgés de 7 et 3 ans, en 1992 dans la ville de Progreso, près de la frontière mexicaine, où la famille résidait depuis des années. Il avait dissimulé les cadavres sous le carrelage de leur salle de bain et avait épousé trois jours plus tard sa maîtresse, qui ignorait tout de sa vie maritale. Les corps n'avaient été découverts que deux mois plus tard. Pendant ses 25 ans dans le couloir de la mort, ses avocats ont tenté, en vain, plusieurs recours, arguant notamment qu'il souffrait de troubles bipolaires et de lésions cérébrales. Le Mexique, et des défenseurs des droits de l'homme, ont régulièrement dénoncé le fait qu'il n'ait pas pu bénéficier de l'assistance juridique de son consulat, un droit garanti par la Convention de Genève de 1963 dont les États-Unis sont signataires. Son exécution constituerait une « violation flagrante des droits de l'homme et du droit international », a encore dénoncé lundi le gouvernement mexicain. Des experts de l'ONU ont eux jugé qu'elle serait « arbitraire », tandis que la commission inter-américaine des droits de l'homme appelait le Texas à « respecter ses obligations internationales en matière de droits de l'homme ». En 2003, le gouvernement mexicain avait saisi la justice internationale du cas de Roberto Moreno Ramos, ainsi que d'une cinquantaine d'autres de ses ressortissants condamnés à mort aux États-Unis. La Cour internationale de Justice (CIJ) de La Haye avait jugé que leurs droits consulaires avaient bien été bafoués, et avait ordonné une révision de leur dossier. Mais la Cour suprême des États-Unis avait décidé en 2008 que les États américains n'étaient pas tenus d'appliquer les décisions de la CIJ. Depuis, cinq Mexicains ont été exécutés, tous au Texas, selon le Centre d'information sur la peine capitale (DPIC). Les États-Unis ont procédé à 20 exécutions depuis le début de l'année, dont dix au Texas.
Roberto Moreno Ramos, 64 ans, doit être exécuté par injection létale dans la soirée (19h) dans la chambre de la mort du pénitencier de Huntsville.

Il a été condamné à la peine capitale pour avoir battu à mort, à l'aide d'une massue, son épouse et deux de leurs enfants, âgés de 7 et 3 ans, en 1992 dans la ville de Progreso, près de la frontière mexicaine, où la famille résidait depuis des années.

Il avait dissimulé les cadavres sous le carrelage de leur salle de bain et avait épousé trois jours plus tard sa maîtresse, qui ignorait tout de sa vie maritale. Les corps n'avaient été découverts que deux mois plus tard.

Pendant ses 25 ans dans le couloir de la mort, ses avocats ont tenté, en vain, plusieurs recours, arguant notamment qu'il souffrait de troubles bipolaires et de lésions cérébrales.

Le Mexique, et des défenseurs des droits de l'homme, ont régulièrement dénoncé le fait qu'il n'ait pas pu bénéficier de l'assistance juridique de son consulat, un droit garanti par la Convention de Genève de 1963 dont les États-Unis sont signataires.

Son exécution constituerait une « violation flagrante des droits de l'homme et du droit international », a encore dénoncé lundi le gouvernement mexicain.

Des experts de l'ONU ont eux jugé qu'elle serait « arbitraire », tandis que la commission inter-américaine des droits de l'homme appelait le Texas à « respecter ses obligations internationales en matière de droits de l'homme ».

En 2003, le gouvernement mexicain avait saisi la justice internationale du cas de Roberto Moreno Ramos, ainsi que d'une cinquantaine d'autres de ses ressortissants condamnés à mort aux États-Unis.

La Cour internationale de Justice (CIJ) de La Haye avait jugé que leurs droits consulaires avaient bien été bafoués, et avait ordonné une révision de leur dossier.

Mais la Cour suprême des États-Unis avait décidé en 2008 que les États américains n'étaient pas tenus d'appliquer les décisions de la CIJ.

Depuis, cinq Mexicains ont été exécutés, tous au Texas, selon le Centre d'information sur la peine capitale (DPIC).

Les États-Unis ont procédé à 20 exécutions depuis le début de l'année, dont dix au Texas.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10251 Wed, 14 Nov 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
L'Iran exécute un trader accusé de trafic d'or https://www.peinedemort.org/document/10255 Téhéran - L'Iran a exécuté mercredi deux personnes, dont un trader surnommé "le Sultan des pièces", pour leur implication dans un important trafic d'or, à hauteur de centaines de millions de dollars, en profitant de la crise de la monnaie nationale, a indiqué l'agence Mizan. Vahid Mazloomin et son complice Mohammad Esmail Ghassemi ont été reconnus coupables de "corruption sur terre" --le plus grave chef d'accusation en Iran-- pour "avoir formé et géré un réseau visant à déstabiliser l'économie", et exécutés, a précisé Mizan, agence en ligne dépendante de l'autorité judiciaire. L'Iran a souffert d'un net ralentissement économique cette année, à la suite notamment du retrait en mai des États-Unis de l'accord international sur le nucléaire iranien de 2015 et du rétablissement de sanctions unilatérales contre Téhéran. De nombreux Iraniens se sont empressés de sécuriser leurs épargnes en achetant des devises étrangères et des métaux précieux, précipitant la dévalorisation du rial de près de 70% face au dollar et le quadruplement du prix des pièces d'or. Les forces de police ont indiqué que M. Mazloomin, arrêté en juillet dernier, avait à cette date "amassé au moins deux tonnes de pièces d'or". Les transactions de son réseau sont estimées à des centaines de millions de dollars. "Ce réseau tentaculaire a déstabilisé l'économie par ses achats, ses ventes et sa contrebande de devises étrangères et pièces d'or", a écrit l'agence Mizan. Les autorités et la presse iranienne ont fait état cette année de réseaux de trafiquants et d'intermédiaires qui manipulent les marchés en accumulant les dollars et les pièces pour faire grimper les prix. En août, le guide suprême Ali Khamenei a approuvé une demande de la justice pour mettre en place des tribunaux révolutionnaires spéciaux afin de juger des personnes accusées de crimes économiques "urgemment et équitablement". Quelques procès télévisés ont déjà eu lieu. M. Mazloomin et M. Ghassemi avaient été condamnés le 26 septembre et la peine de mort à leur encontre a été maintenue par la Cour suprême le 21 octobre. Un autre co-accusé, Hamid Bagheri-Dermani, a également été condamné à la peine de mort pour "corruption" en première instance. Il doit être jugé en appel devant la Cour suprême. En août, le gouverneur de la Banque centrale a été licencié à cause de sa gestion du rial, en chute libre, et son adjoint en charge des devises étrangères arrêté. L'Iran ne publie pas de statistiques officielles sur les exécutions judiciaires. Mais selon un rapport publié en avril par Amnesty International, il figurait en 2017 au deuxième rang des pays ayant le plus appliqué la peine capitale, derrière la Chine: au moins 507 personnes ont été exécutées, dont six femmes.
Vahid Mazloomin et son complice Mohammad Esmail Ghassemi ont été reconnus coupables de "corruption sur terre" --le plus grave chef d'accusation en Iran-- pour "avoir formé et géré un réseau visant à déstabiliser l'économie", et exécutés, a précisé Mizan, agence en ligne dépendante de l'autorité judiciaire.

L'Iran a souffert d'un net ralentissement économique cette année, à la suite notamment du retrait en mai des États-Unis de l'accord international sur le nucléaire iranien de 2015 et du rétablissement de sanctions unilatérales contre Téhéran.

De nombreux Iraniens se sont empressés de sécuriser leurs épargnes en achetant des devises étrangères et des métaux précieux, précipitant la dévalorisation du rial de près de 70% face au dollar et le quadruplement du prix des pièces d'or.

Les forces de police ont indiqué que M. Mazloomin, arrêté en juillet dernier, avait à cette date "amassé au moins deux tonnes de pièces d'or".

Les transactions de son réseau sont estimées à des centaines de millions de dollars.

"Ce réseau tentaculaire a déstabilisé l'économie par ses achats, ses ventes et sa contrebande de devises étrangères et pièces d'or", a écrit l'agence Mizan.

Les autorités et la presse iranienne ont fait état cette année de réseaux de trafiquants et d'intermédiaires qui manipulent les marchés en accumulant les dollars et les pièces pour faire grimper les prix.

En août, le guide suprême Ali Khamenei a approuvé une demande de la justice pour mettre en place des tribunaux révolutionnaires spéciaux afin de juger des personnes accusées de crimes économiques "urgemment et équitablement". Quelques procès télévisés ont déjà eu lieu.

M. Mazloomin et M. Ghassemi avaient été condamnés le 26 septembre et la peine de mort à leur encontre a été maintenue par la Cour suprême le 21 octobre.

Un autre co-accusé, Hamid Bagheri-Dermani, a également été condamné à la peine de mort pour "corruption" en première instance. Il doit être jugé en appel devant la Cour suprême.

En août, le gouverneur de la Banque centrale a été licencié à cause de sa gestion du rial, en chute libre, et son adjoint en charge des devises étrangères arrêté.

L'Iran ne publie pas de statistiques officielles sur les exécutions judiciaires. Mais selon un rapport publié en avril par Amnesty International, il figurait en 2017 au deuxième rang des pays ayant le plus appliqué la peine capitale, derrière la Chine: au moins 507 personnes ont été exécutées, dont six femmes.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10255 Wed, 14 Nov 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Amnesty dénonce des exécutions "odieuses" en Iran https://www.peinedemort.org/document/10256 Amnesty International a dénoncé mercredi les exécutions "odieuses" en Iran, au terme d'un procès "foncièrement inéquitable", de deux hommes qui avaient été condamnés pour un important trafic d'or dans leur pays. Vahid Mazloomin, surnommé "le Sultan des pièces", et son complice Mohammad Esmail Ghassemi ont été reconnus coupables de "corruption sur terre" --le plus grave chef d'accusation en Iran-- pour "avoir formé et géré un réseau visant à déstabiliser l'économie", a indiqué mercredi l'agence Mizan, spécialisée dans les affaires judiciaires. Profitant de la peur des épargnants face aux rétablissements des sanctions américaines sur le nucléaire, et de la chute du rial, M. Mazloomin, arrêté en juillet, avait à cette date "amassé au moins deux tonnes de pièces d'or", selon les forces de police. Dans un communiqué, Amnesty a dénoncé des "exécutions odieuses". "Les autorités iraniennes ont violé de manière flagrante le droit international et montré une nouvelle fois leur dédain éhonté pour le droit à la vie", a dit un responsable de l'ONG pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Philip Luther. "Le recours à la peine capitale est une honte en toutes circonstances, mais est encore plus horrible au terme d'un procès aussi foncièrement inéquitable et retransmis à la télévision d'Etat", a-t-il ajouté, en estimant que la procédure "expéditive" n'avait pas permis aux accusés de disposer d'une "procédure en appel appropriée". Mazloomin et Ghassemi avaient été condamnés le 26 septembre et la peine de mort à leur encontre a été maintenue par la Cour suprême le 21 octobre. Un autre co-accusé, Hamid Bagheri-Dermani, a également été condamné à la peine de mort pour "corruption" en première instance. Il doit être jugé en appel devant la Cour suprême. En août, le guide suprême Ali Khamenei a approuvé une demande de la justice pour mettre en place des tribunaux révolutionnaires spéciaux afin de juger des personnes accusées de crimes économiques "urgemment et équitablement". Quelques procès télévisés ont déjà eu lieu. L'Iran ne publie pas de statistiques officielles sur les exécutions judiciaires. Mais selon un rapport publié en avril par Amnesty, il figurait en 2017 au deuxième rang des pays ayant le plus appliqué la peine capitale, derrière la Chine.
Vahid Mazloomin, surnommé "le Sultan des pièces", et son complice Mohammad Esmail Ghassemi ont été reconnus coupables de "corruption sur terre" --le plus grave chef d'accusation en Iran-- pour "avoir formé et géré un réseau visant à déstabiliser l'économie", a indiqué mercredi l'agence Mizan, spécialisée dans les affaires judiciaires.

Profitant de la peur des épargnants face aux rétablissements des sanctions américaines sur le nucléaire, et de la chute du rial, M. Mazloomin, arrêté en juillet, avait à cette date "amassé au moins deux tonnes de pièces d'or", selon les forces de police.

Dans un communiqué, Amnesty a dénoncé des "exécutions odieuses".

"Les autorités iraniennes ont violé de manière flagrante le droit international et montré une nouvelle fois leur dédain éhonté pour le droit à la vie", a dit un responsable de l'ONG pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Philip Luther.

"Le recours à la peine capitale est une honte en toutes circonstances, mais est encore plus horrible au terme d'un procès aussi foncièrement inéquitable et retransmis à la télévision d'Etat", a-t-il ajouté, en estimant que la procédure "expéditive" n'avait pas permis aux accusés de disposer d'une "procédure en appel appropriée".

Mazloomin et Ghassemi avaient été condamnés le 26 septembre et la peine de mort à leur encontre a été maintenue par la Cour suprême le 21 octobre.

Un autre co-accusé, Hamid Bagheri-Dermani, a également été condamné à la peine de mort pour "corruption" en première instance. Il doit être jugé en appel devant la Cour suprême.

En août, le guide suprême Ali Khamenei a approuvé une demande de la justice pour mettre en place des tribunaux révolutionnaires spéciaux afin de juger des personnes accusées de crimes économiques "urgemment et équitablement". Quelques procès télévisés ont déjà eu lieu.

L'Iran ne publie pas de statistiques officielles sur les exécutions judiciaires. Mais selon un rapport publié en avril par Amnesty, il figurait en 2017 au deuxième rang des pays ayant le plus appliqué la peine capitale, derrière la Chine.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10256 Wed, 14 Nov 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Troisième Commission: la question d'un moratoire sur l'application de la peine de mort divise toujours autant les délégations https://www.peinedemort.org/document/10253 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE TROISIÈME COMMISSION SOIXANTE-TREIZIÈME SESSION, 46E & 47E SÉANCES – MATIN & APRÈS-MIDI La question de la peine de mort divise toujours autant les délégations, comme l'a montré l'adoption aujourd'hui par la Troisième Commission d'un projet de résolution biennal intitulé « Moratoire sur l'application de la peine de mort », qui a dû être mis aux voix, non sans avoir été préalablement amendé dans un sens plus favorable à un groupe de pays désireux de rappeler que les politiques pénales relèvent de la souveraineté des États. Au cours de la journée, la Troisième Commission aura également adopté 10 autres projets de résolution, dont trois seulement sans vote. Elle aura en particulier dû mettre aux voix le projet de résolution « omnibus » relatif au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Le texte biennal sur le moratoire sur l'application de la peine de mort invitait une fois encore les États à respecter les normes internationales garantissant la protection des droits des personnes passibles de cette peine, à limiter progressivement son application, à ne pas l'imposer aux personnes de moins de 18 ans, aux femmes enceintes ou aux personnes atteintes de déficiences mentales ou intellectuelles, à veiller à ce qu'elle ne soit pas appliquée sur la base de lois discriminatoires et à instituer un moratoire sur les exécutions, comme première étape vers une abolition. Dans sa présentation, le Brésil, facilitateur, avait expliqué qu'il avait été décidé de ne pas mettre dans le dispositif de référence à la souveraineté des États. C'est précisément ce à quoi se sont opposés un groupe de 34 pays emmenés par Singapour, qui avaient présenté un amendement visant à rétablir en tête du dispositif « le droit souverain de tous les pays d'élaborer leur propre système juridique et notamment de déterminer les peines appropriées, conformément aux obligations que leur impose le droit international ». Ces pays ont expliqué que l'amendement -finalement adopté par 96 voix pour, 73 voix contre et 14 abstentions- n'était pas un plaidoyer pour la peine de mort mais permettait de respecter la diversité des points de vue sur cette question délicate, alors que le projet de résolution initial comportait une approche à sens unique favorable à l'abolition. Pourquoi est-il si difficile de réaffirmer un principe aussi fondamental que celui de la souveraineté des États, s'est interrogé Singapour, alors que le Rwanda disait avoir voté en faveur de l'amendement parce qu'il a décidé, il y a 11 ans, et malgré le génocide de 1994, d'abolir la peine de mort, mais dans le cadre d'une décision souveraine dont il se félicite. Une partie des États qui avaient voté en faveur de l'amendement ont ensuite voté en faveur du projet de résolution amendé, adopté par 123 voix pour, 36 voix contre et 30 abstentions. [...] QUESTIONS RELATIVES AUX DROITS DE L'HOMME, Y COMPRIS LES DIVERS MOYENS DE MIEUX ASSURER L'EXERCICE EFFECTIF DES DROITS DE L'HOMME ET DES LIBERTÉS FONDAMENTALES [...] Décision sur un projet de résolution Aux termes du projet de résolution intitulé « Moratoire sur l'application de la peine de mort » (A/C.3/73/L.44), adopté par 123 voix pour, 36 voix contre et 30 abstentions, après avoir été amendé du fait de l'adoption du projet de résolution L.57, l'Assemblée générale réaffirmerait le droit souverain de tous les pays d'élaborer leur propre système juridique et notamment de déterminer les peines appropriées, conformément aux obligations que leur impose le droit international. L'Assemblée générale s'inquièterait profondément de ce que la peine de mort continue d'être appliquée et demanderait à tous les États, entre autres, de respecter les normes internationales garantissant la protection des droits des personnes passibles de la peine de mort, en particulier les normes minimales énoncées dans l'annexe de la résolution 1984/50 du Conseil économique et social, en date du 25 mai 1984, et de fournir au Secrétaire général des renseignements à ce sujet. En outre, elle demanderait aux États de communiquer des informations pertinentes sur l'application de la peine de mort, ventilées par sexe, âge, nationalité et race; de limiter progressivement l'application de la peine de mort et de ne pas l'imposer aux personnes de moins de 18 ans, aux femmes enceintes ou aux personnes atteintes de déficiences mentales ou intellectuelles, réduire le nombre d'infractions pouvant emporter la peine de mort, notamment en envisageant de supprimer son application obligatoire; de faire en sorte que les personnes passibles de la peine de mort puissent exercer leur droit de recours en grâce ou en commutation de peine, et que la peine de mort ne soit pas appliquée sur la base de lois discriminatoires ou ne résulte pas d'une application discriminante ou arbitraire de la loi. L'Assemblée générale demanderait également aux États d'instituer un moratoire sur les exécutions en vue d'abolir la peine de mort. Elle engagerait ceux qui ont aboli la peine de mort à ne pas la rétablir, encouragerait les États qui ont institué un moratoire à le maintenir et encouragerait ces deux catégories à faire part de leur expérience. De plus, elle demanderait aux États qui ne l'ont pas encore fait d'envisager d'adhérer au deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort ou de le ratifier. Enfin, l'Assemblée générale prierait le Secrétaire général de lui présenter, à sa soixante-quinzième session, un rapport sur l'application du présent texte. Décision sur un projet d'amendement La Troisième Commission avait auparavant adopté par 96 voix pour, 73 voix contre et 14 abstentions, le projet de résolution A/C.3/73/L.57, qui amende le projet de résolution « Moratoire sur l'application de la peine de mort » (A/C.3/73/L.44) en insérant en tête du dispositif un paragraphe par lequel l'Assemblée générale réaffirmerait le droit souverain de tous les pays d'élaborer leur propre système juridique et notamment de déterminer les peines appropriées, conformément aux obligations que leur impose le droit international. Déclarations générales et explications de vote sur le projet d'amendement L.57 Singapour a, au nom de 34 États Membres, souligné que cet amendement n'était pas un plaidoyer pour la peine de mort et respectait la diversité des points de vue sur cette question délicate. Elle a fait part de sa déception face à ce qu'elle a présenté comme une approche à sens unique du projet de résolution L.44 sur un sujet délicat. Singapour a défendu le droit souverain de chaque pays d'élaborer et de déterminer ses propres peines et son propre cadre juridique. Ainsi, a-t-elle expliqué, récemment la Malaisie a pris une décision politique pour abolir la peine de mort; c'est là une décision souveraine que « nous devons respecter » et c'est cela l'esprit de notre amendement. C'est « notre responsabilité de respecter » le droit souverain du pays d'adopter son propre moratoire compte tenu de son propre système de justice pénale en vertu du droit international. Singapour s'est demandée pourquoi ce droit n'était pas respecté. Cet amendement, a-t-elle insisté, ne crée pas un précédent, c'est plutôt la résolution sur le moratoire qui crée un « mauvais précédent ». Le projet de résolution proposé impose un type de système juridique au reste du monde. Pourquoi les auteurs de la résolution L.44 sont-ils enclins à forger le monde sur leur propre vision? Pour Singapour, le projet de résolution est très déséquilibré et ce n'est pas une question de droits de l'homme. Elle essaie d'imposer un consensus qui n'existe pas: c'est pourquoi c'est un « mauvais » précédent ». Et de conclure: « nous avons la responsabilité collective de nous écouter en respectant nos différences », car « aucun système n'est supérieur ou inférieur à l'autre ». Le Brésil, principal coauteur du projet de résolution L.44, a déclaré que l'amendement présenté par Singapour n'était pas acceptable pour des raisons de fond. Il a constaté que, pendant le processus de consultation, il n'avait pas été possible de créer des passerelles entre les différents points de vue sur le sujet. Le Brésil demande donc un vote enregistré sur ce projet d'amendement. L'Égypte a déclaré soutenir la position de Singapour et a expliqué qu'il était possible de discuter des questions les plus difficiles entre États Membres mais que les consultations officieuses n'avaient pas apporté de résultats satisfaisants. L'Égypte rappelle le principe d'égalité souveraine des États et le fondement sur lequel est fondé l'Organisation des Nations Unies. Elle souhaite que les États Membres voteront en faveur de leur propre souveraineté. Avant le vote, l'Argentine a estimé que le projet de résolution L.44 respectait le principe de souveraineté des États, conformément au droit international. Le texte ne cherche absolument pas à s'ingérer dans la politique interne des États, ayant à l'esprit les principes et les objectifs de la Charte. Il n'existe dans le projet de résolution aucune disposition obligeant les États à adopter ou revoir leur système judiciaire notamment pénal. L'Argentine votera donc contre l'amendement. L'Autriche, au nom de l'Union européenne, a voulu montrer la nature très large du projet de résolution L.44, affirmant que rien en lui n'allait à l'encontre du droit souverain. Pour l'Union européenne, « l'insertion de l'amendement n'est pas nécessaire et n'améliore pas le projet de résolution ». Le projet de résolution L.44 n'impose rien et des garanties sont contenues dans le texte lui-même. Il ne s'agit pas d'un « grand mécanisme lancé contre les petits pays », et encore moins de conspiration ou de pressions à exercer sur les autres États. C'est pourquoi l'Union européenne appelle à voter contre l'amendement. Le Canada a regretté l'amendement au projet de résolution. Le paragraphe qu'il vient ajouter ne lui « paraît pas nécessaire et ne mène à rien » car, dans son préambule, le projet de résolution dispose qu'il repose sur les principes et objectifs de la Charte des Nations Unies. Le principe de la souveraineté des États est donc inclus dans le tissu même de ce projet. En conséquence, le Canada appelle à voter contre l'amendement. Le Chili a dit avoir voté contre l'amendement car, a-t-il expliqué, ajouter ce nouveau paragraphe supprimé durant dans les consultations officieuses crée un précédent auquel le pays ne souhaite pas s'associer. En effet, a-t-il insisté, l'amendement sape l'esprit de la résolution et nuit au développement progressif du droit international des droits de l'homme. En plus de regretter ce vote sur l'amendement, le Chili demande aux délégations de voter pour le projet de résolution dans son ensemble. El Salvador a remercié le Brésil pour son travail en tant que facilitateur du projet de résolution L.44, lequel a permis de produire un texte équilibré qui fait mention du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Rappelant l'engagement du pays en faveur du respect de la vie et des droits de l'homme, El Salvador a signalé que, depuis 1974, aucune exécution n'a eu lieu dans le pays et que la Constitution de 1983 interdit formellement la peine capitale pour les crimes civils. Le pays a donc de facto aboli la peine de mort, et c'est la raison pour laquelle El Salvador votera pour le projet de résolution L.44. Le Rwanda a rappelé qu'il avait aboli la peine de mort il y a 11 ans, une décision difficile compte tenu de la situation du pays, à la sortie du pire génocide de la fin du XXe siècle. Les survivants ont accepté ce sacrifice car nous avons compris que c'est le meilleur moyen de bâtir un avenir commun, a justifié le représentant. Mais c'est en tant qu'État souverain que le Rwanda a pris sa décision. C'est pourquoi le Rwanda a voté pour l'amendement, car il reconnaît le droit de chaque État à développer son propre système judiciaire et de définir son droit pénal. Toutefois, a-t-il conclu, nous sommes aussi convaincus que les droits souverains des États Membres doivent être exercés pour abolir la peine de mort. Les Philippines ont expliqué avoir voté pour l'amendement. Bien qu'elles aient révoqué la peine de mort, les Philippines peuvent décider de la rétablir. C'est cela la souveraineté et la capacité d'être en dehors de la norme s'il en existe une, ont-elles fait valoir. L'Albanie a pris note de la décision d'ajouter le libellé et estimé que celui-ci était déjà exprimé dans le préambule. La délégation encourage ceux qui ont soutenu le texte de la résolution L.44. Le Soudan a observé que la Charte des Nations Unies s'adressait à « nous, les peuples des Nations Unies » et renvoyait donc à la diversité du monde, laquelle s'exprime de différentes façons. Pour le Soudan, nous appartenons tous à la même humanité. Sans négliger les efforts en faveur d'un moratoire, le Soudan s'oppose à son caractère obligatoire et moral, y voyant un effort de normalisation qui va à l'encontre des droits de l'homme. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques indique que des soupapes de sécurité doivent être appliquées pour que cette peine ne soit pas prise à la légère. Au Soudan, la peine de mort est imposée dans des circonstances exceptionnelles lorsque des vies innocentes sont perdues ou lorsque la sécurité du pays est menacée. C'est la raison pour laquelle le Soudan a voté pour l'amendement. L'Arabie saoudite a voté en faveur de l'amendement car elle croit au droit inaliénable des États de décider souverainement de leurs lois nationales. La peine de mort a été mise en place pour réaliser la justice dans la société. C'est pourquoi l'Arabie saoudite déplore que l'amendement présenté par Singapour n'ait pas été ajouté d'entrée au projet de résolution et espère qu'on parviendra à un consensus sur un libellé qui soit conforme à toutes les attentes. Elle a aussi insisté sur le droit de chaque État d'élaborer son propre système juridique. Le paragraphe ajouté au projet de résolution L.44 du fait de l'adoption de l'amendement apporte un équilibre au projet de résolution. L'Arabie saoudite a voté pour le projet de résolution L.57 et votera contre le projet de résolution L.44. Déclarations générales et explications de vote sur le projet de résolution L.44 Singapour a estimé que l'adoption de l'amendement L.57 reflétait un « petit pas vers le multilatéralisme », mais s'est étonnée qu'il ait fallu « une lutte immense » pour revenir sur le libellé du projet de résolution L.44. Pourquoi est-il si difficile de réaffirmer un principe aussi fondamental que celui de la souveraineté des États, s'est interrogée la délégation. Singapour estime en outre qu'il reste « beaucoup à faire » pour rendre acceptable le projet de résolution L.44 tel qu'amendé par le projet L.57. Elle estime notamment que le nouveau texte contient de nombreuses contradictions. En conséquence, Singapour votera contre le projet de résolution L.44 amendé. Au nom également de l'Australie, de l'Islande et de la Norvège, le Canada a rappelé qu'en tant que défenseur de longue date de la résolution sur le moratoire sur l'application de la peine de mort, il était opposé à l'application de la peine de mort dans tous les cas et partout. Les moratoires sont mis en œuvre de jure dans nos États respectifs et nous invitons les États à y recourir eux-mêmes, a expliqué la représentante. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dans son article 6, dit que la peine de mort ne peut être appliquée que pour les crimes les plus graves mais ne peut être appliquée pour les femmes enceintes ou les personnes âgées de moins de 18 ans, a-t-elle ajouté. Notant qu'aucun système judiciaire n'est infaillible, la représentante a rappelé que la peine de mort empêchait de corriger une erreur de jugement. Le texte présenté est équilibré et les pays du groupe voteront en sa faveur. La Papouasie-Nouvelle-Guinée a reconnu que des questions-clefs étaient traitées dans le projet de résolution mais a accusé ce dernier de ne chercher à satisfaire que les opposants à la peine de mort. Pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée, l'appel lancé par ceux qui sont en faveur du moratoire sur l'application de la peine de mort ne tient pas compte des réalités d'aujourd'hui. Les consultations et la présentation de l'amendement témoignent, à cet égard, que cette question reste épineuse et continue de diviser. La Papouasie-Nouvelle-Guinée regrette notamment que ses propositions d'amendement n'aient pas été retenues. Elle a soutenu l'amendement L.57 et votera contre le projet de résolution L.44. La Guinée équatoriale a rappelé avoir voté contre ce projet de résolution par le passé. Elle a toutefois évolué sur la question de la peine capitale et votera cette fois pour le texte, a expliqué la délégation, indiquant que le Parlement national était en train d'étudier une loi portant abolition de la peine de mort. Après le vote, l'Égypte a remercié les coauteurs du texte, tout en affirmant qu'en dépit de leurs efforts, le projet n'était toujours pas équilibré. Pour l'Égypte, il n'existe pas de consensus international pour ou contre la peine de mort, ce que confirmaient déjà les votes lors de précédentes sessions. De plus, a fait observer l'Égypte, aucun instrument international des droits de l'homme n'interdit la peine de mort, laquelle demeure licite dans un certain nombre de pays et représente un outil de dissuasion contre ce que l'on considère comme des crimes haineux. L'Égypte observe que les arguments des opposants à la peine de mort se concentrent généralement sur les droits des coupables, alors qu'il faut mettre en balance ceux des victimes et le droit des communautés à vivre en sécurité. C'est pourquoi l'Égypte a voté contre le projet de résolution L.44. L'Inde a remercié le facilitateur d'avoir mené des négociations ouvertes et transparentes. Elle rappelle que chaque État a le droit souverain de décider de son propre système juridique. C'est pourquoi l'Inde a voté contre cette résolution, qui va à l'encontre du droit applicable en Inde. Le droit indien observe toutes les sauvegardes requises pour l'application de la peine de mort. L'Indonésie a abondé dans le même sens, estimant qu'il incombe à chaque État de décider de son moratoire et s'est félicitée de l'ajout de l'amendement L.57. Le Viet Nam, qui s'est abstenu, a également défendu la primauté du droit souverain des États s'agissant du maintien ou de l'abolition de la peine de mort. Celle-ci relève de la décision souveraine des États. Le Viet Nam a remercié Singapour de l'amendement apporté et qui a permis grandement à « l'équilibre » du texte. Le Japon a voté en faveur de l'amendement et contre la résolution. Il estime que chaque État Membre a le droit intrinsèque de conserver ou non la peine capitale. Au Japon, elle s'applique aux crimes les plus graves et n'est pas imposée aux mineurs. La République islamique d'Iran s'est félicitée de l'adoption de l'amendement L.57 et a souligné que toutes les mesures étaient prises dans le pays pour minimiser le recours à la peine de mort, réservée aux crimes les plus graves. Le Myanmar a rappelé qu'il avait hérité du système de « common law » britannique et que la peine de mort ne pouvait être appliquée dans le pays qu'aux crimes les plus graves. La sentence de mort n'a d'ailleurs donné lieu à aucune exécution depuis 1948. Par ailleurs, il incombe à chaque État de se doter de son système judiciaire et de fixer les peines correspondant aux crimes commis. C'est pour cette raison que le pays s'est abstenu. Les États-Unis ont réaffirmé leur opposition à l'institution d'un moratoire sur la peine de mort, estimant que c'est aux États Membres de se prononcer sur le recours à cette peine. Le droit international des droits de l'homme dispose que les États peuvent recourir à cette sanction telle que mentionnée dans l'article 6 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Au titre de cet article, une sentence de mort peut être prononcée pour les crimes les plus graves, ont rappelé les États-Unis. Aux États-Unis, l'exécution d'une décision de justice garantit une procédure régulière et interdit les méthodes d'exécution cruelles. Les États-Unis exhortent par ailleurs les États à s'attaquer aux violations des droits de l'homme qui pourraient découler de l'application de la peine de mort. Enfin, ils rappellent que les accusés doivent bénéficier de toutes les garanties de procédure. La République démocratique du Congo a voté pour le projet L.44 et se réjouit de son adoption car elle estime que le texte reflète combien la communauté internationale peut être réunie malgré ses divisions. La RDC rappelle qu'elle applique un moratoire de fait sur la peine de mort depuis plus de 15 ans. Comme le droit international s'applique de bonne foi, on peut faire des progrès ensemble et parvenir à une résolution qui reflète les vues des uns et des autres, a-t-elle conclu. La Nouvelle-Zélande, qui s'exprimait au nom de quelques pays, s'est dite contre la peine de mort quelles que soient les circonstances et s'est félicitée du commentaire général sur le droit à la vie du Conseil des droits de l'homme, qui reflète le consensus croissant en faveur de l'abolition. L'Autriche, au nom de l'Union européenne, relève avec déception qu'en dépit de l'insertion de la notion de souveraineté, la résolution n'a pas fait l'objet d'un consensus. Dire que le projet de résolution est contradictoire « revient à s'interroger sur l'objectif réel » des opposants à cette résolution. Le Mexique a déclaré accorder une grande importance aux efforts déployés en faveur de l'abolition de la peine de mort. Il a regretté, à cet égard, qu'un tribunal de district du Texas ait fixé à demain, 14 novembre, l'exécution d'un ressortissant mexicain. [...] SOIXANTE-TREIZIÈME SESSION, 46E & 47E SÉANCES – MATIN & APRÈS-MIDI

La question de la peine de mort divise toujours autant les délégations, comme l'a montré l'adoption aujourd'hui par la Troisième Commission d'un projet de résolution biennal intitulé « Moratoire sur l'application de la peine de mort », qui a dû être mis aux voix, non sans avoir été préalablement amendé dans un sens plus favorable à un groupe de pays désireux de rappeler que les politiques pénales relèvent de la souveraineté des États.

Au cours de la journée, la Troisième Commission aura également adopté 10 autres projets de résolution, dont trois seulement sans vote. Elle aura en particulier dû mettre aux voix le projet de résolution « omnibus » relatif au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

Le texte biennal sur le moratoire sur l'application de la peine de mort invitait une fois encore les États à respecter les normes internationales garantissant la protection des droits des personnes passibles de cette peine, à limiter progressivement son application, à ne pas l'imposer aux personnes de moins de 18 ans, aux femmes enceintes ou aux personnes atteintes de déficiences mentales ou intellectuelles, à veiller à ce qu'elle ne soit pas appliquée sur la base de lois discriminatoires et à instituer un moratoire sur les exécutions, comme première étape vers une abolition. Dans sa présentation, le Brésil, facilitateur, avait expliqué qu'il avait été décidé de ne pas mettre dans le dispositif de référence à la souveraineté des États.

C'est précisément ce à quoi se sont opposés un groupe de 34 pays emmenés par Singapour, qui avaient présenté un amendement visant à rétablir en tête du dispositif « le droit souverain de tous les pays d'élaborer leur propre système juridique et notamment de déterminer les peines appropriées, conformément aux obligations que leur impose le droit international ». Ces pays ont expliqué que l'amendement -finalement adopté par 96 voix pour, 73 voix contre et 14 abstentions- n'était pas un plaidoyer pour la peine de mort mais permettait de respecter la diversité des points de vue sur cette question délicate, alors que le projet de résolution initial comportait une approche à sens unique favorable à l'abolition. Pourquoi est-il si difficile de réaffirmer un principe aussi fondamental que celui de la souveraineté des États, s'est interrogé Singapour, alors que le Rwanda disait avoir voté en faveur de l'amendement parce qu'il a décidé, il y a 11 ans, et malgré le génocide de 1994, d'abolir la peine de mort, mais dans le cadre d'une décision souveraine dont il se félicite. Une partie des États qui avaient voté en faveur de l'amendement ont ensuite voté en faveur du projet de résolution amendé, adopté par 123 voix pour, 36 voix contre et 30 abstentions.

[...]

QUESTIONS RELATIVES AUX DROITS DE L'HOMME, Y COMPRIS LES DIVERS MOYENS DE MIEUX ASSURER L'EXERCICE EFFECTIF DES DROITS DE L'HOMME ET DES LIBERTÉS FONDAMENTALES

[...]

Décision sur un projet de résolution

Aux termes du projet de résolution intitulé « Moratoire sur l'application de la peine de mort » (A/C.3/73/L.44), adopté par 123 voix pour, 36 voix contre et 30 abstentions, après avoir été amendé du fait de l'adoption du projet de résolution L.57, l'Assemblée générale réaffirmerait le droit souverain de tous les pays d'élaborer leur propre système juridique et notamment de déterminer les peines appropriées, conformément aux obligations que leur impose le droit international.

L'Assemblée générale s'inquièterait profondément de ce que la peine de mort continue d'être appliquée et demanderait à tous les États, entre autres, de respecter les normes internationales garantissant la protection des droits des personnes passibles de la peine de mort, en particulier les normes minimales énoncées dans l'annexe de la résolution 1984/50 du Conseil économique et social, en date du 25 mai 1984, et de fournir au Secrétaire général des renseignements à ce sujet.

En outre, elle demanderait aux États de communiquer des informations pertinentes sur l'application de la peine de mort, ventilées par sexe, âge, nationalité et race; de limiter progressivement l'application de la peine de mort et de ne pas l'imposer aux personnes de moins de 18 ans, aux femmes enceintes ou aux personnes atteintes de déficiences mentales ou intellectuelles, réduire le nombre d'infractions pouvant emporter la peine de mort, notamment en envisageant de supprimer son application obligatoire; de faire en sorte que les personnes passibles de la peine de mort puissent exercer leur droit de recours en grâce ou en commutation de peine, et que la peine de mort ne soit pas appliquée sur la base de lois discriminatoires ou ne résulte pas d'une application discriminante ou arbitraire de la loi.

L'Assemblée générale demanderait également aux États d'instituer un moratoire sur les exécutions en vue d'abolir la peine de mort. Elle engagerait ceux qui ont aboli la peine de mort à ne pas la rétablir, encouragerait les États qui ont institué un moratoire à le maintenir et encouragerait ces deux catégories à faire part de leur expérience.

De plus, elle demanderait aux États qui ne l'ont pas encore fait d'envisager d'adhérer au deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort ou de le ratifier.

Enfin, l'Assemblée générale prierait le Secrétaire général de lui présenter, à sa soixante-quinzième session, un rapport sur l'application du présent texte.

Décision sur un projet d'amendement

La Troisième Commission avait auparavant adopté par 96 voix pour, 73 voix contre et 14 abstentions, le projet de résolution A/C.3/73/L.57, qui amende le projet de résolution « Moratoire sur l'application de la peine de mort » (A/C.3/73/L.44) en insérant en tête du dispositif un paragraphe par lequel l'Assemblée générale réaffirmerait le droit souverain de tous les pays d'élaborer leur propre système juridique et notamment de déterminer les peines appropriées, conformément aux obligations que leur impose le droit international.

Déclarations générales et explications de vote sur le projet d'amendement L.57

Singapour a, au nom de 34 États Membres, souligné que cet amendement n'était pas un plaidoyer pour la peine de mort et respectait la diversité des points de vue sur cette question délicate. Elle a fait part de sa déception face à ce qu'elle a présenté comme une approche à sens unique du projet de résolution L.44 sur un sujet délicat. Singapour a défendu le droit souverain de chaque pays d'élaborer et de déterminer ses propres peines et son propre cadre juridique. Ainsi, a-t-elle expliqué, récemment la Malaisie a pris une décision politique pour abolir la peine de mort; c'est là une décision souveraine que « nous devons respecter » et c'est cela l'esprit de notre amendement. C'est « notre responsabilité de respecter » le droit souverain du pays d'adopter son propre moratoire compte tenu de son propre système de justice pénale en vertu du droit international. Singapour s'est demandée pourquoi ce droit n'était pas respecté. Cet amendement, a-t-elle insisté, ne crée pas un précédent, c'est plutôt la résolution sur le moratoire qui crée un « mauvais précédent ». Le projet de résolution proposé impose un type de système juridique au reste du monde. Pourquoi les auteurs de la résolution L.44 sont-ils enclins à forger le monde sur leur propre vision? Pour Singapour, le projet de résolution est très déséquilibré et ce n'est pas une question de droits de l'homme. Elle essaie d'imposer un consensus qui n'existe pas: c'est pourquoi c'est un « mauvais » précédent ». Et de conclure: « nous avons la responsabilité collective de nous écouter en respectant nos différences », car « aucun système n'est supérieur ou inférieur à l'autre ».

Le Brésil, principal coauteur du projet de résolution L.44, a déclaré que l'amendement présenté par Singapour n'était pas acceptable pour des raisons de fond. Il a constaté que, pendant le processus de consultation, il n'avait pas été possible de créer des passerelles entre les différents points de vue sur le sujet. Le Brésil demande donc un vote enregistré sur ce projet d'amendement.

L'Égypte a déclaré soutenir la position de Singapour et a expliqué qu'il était possible de discuter des questions les plus difficiles entre États Membres mais que les consultations officieuses n'avaient pas apporté de résultats satisfaisants. L'Égypte rappelle le principe d'égalité souveraine des États et le fondement sur lequel est fondé l'Organisation des Nations Unies. Elle souhaite que les États Membres voteront en faveur de leur propre souveraineté.

Avant le vote, l'Argentine a estimé que le projet de résolution L.44 respectait le principe de souveraineté des États, conformément au droit international. Le texte ne cherche absolument pas à s'ingérer dans la politique interne des États, ayant à l'esprit les principes et les objectifs de la Charte. Il n'existe dans le projet de résolution aucune disposition obligeant les États à adopter ou revoir leur système judiciaire notamment pénal. L'Argentine votera donc contre l'amendement.

L'Autriche, au nom de l'Union européenne, a voulu montrer la nature très large du projet de résolution L.44, affirmant que rien en lui n'allait à l'encontre du droit souverain. Pour l'Union européenne, « l'insertion de l'amendement n'est pas nécessaire et n'améliore pas le projet de résolution ». Le projet de résolution L.44 n'impose rien et des garanties sont contenues dans le texte lui-même. Il ne s'agit pas d'un « grand mécanisme lancé contre les petits pays », et encore moins de conspiration ou de pressions à exercer sur les autres États. C'est pourquoi l'Union européenne appelle à voter contre l'amendement.

Le Canada a regretté l'amendement au projet de résolution. Le paragraphe qu'il vient ajouter ne lui « paraît pas nécessaire et ne mène à rien » car, dans son préambule, le projet de résolution dispose qu'il repose sur les principes et objectifs de la Charte des Nations Unies. Le principe de la souveraineté des États est donc inclus dans le tissu même de ce projet. En conséquence, le Canada appelle à voter contre l'amendement.

Le Chili a dit avoir voté contre l'amendement car, a-t-il expliqué, ajouter ce nouveau paragraphe supprimé durant dans les consultations officieuses crée un précédent auquel le pays ne souhaite pas s'associer. En effet, a-t-il insisté, l'amendement sape l'esprit de la résolution et nuit au développement progressif du droit international des droits de l'homme. En plus de regretter ce vote sur l'amendement, le Chili demande aux délégations de voter pour le projet de résolution dans son ensemble.

El Salvador a remercié le Brésil pour son travail en tant que facilitateur du projet de résolution L.44, lequel a permis de produire un texte équilibré qui fait mention du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Rappelant l'engagement du pays en faveur du respect de la vie et des droits de l'homme, El Salvador a signalé que, depuis 1974, aucune exécution n'a eu lieu dans le pays et que la Constitution de 1983 interdit formellement la peine capitale pour les crimes civils. Le pays a donc de facto aboli la peine de mort, et c'est la raison pour laquelle El Salvador votera pour le projet de résolution L.44.

Le Rwanda a rappelé qu'il avait aboli la peine de mort il y a 11 ans, une décision difficile compte tenu de la situation du pays, à la sortie du pire génocide de la fin du XXe siècle. Les survivants ont accepté ce sacrifice car nous avons compris que c'est le meilleur moyen de bâtir un avenir commun, a justifié le représentant. Mais c'est en tant qu'État souverain que le Rwanda a pris sa décision. C'est pourquoi le Rwanda a voté pour l'amendement, car il reconnaît le droit de chaque État à développer son propre système judiciaire et de définir son droit pénal. Toutefois, a-t-il conclu, nous sommes aussi convaincus que les droits souverains des États Membres doivent être exercés pour abolir la peine de mort.

Les Philippines ont expliqué avoir voté pour l'amendement. Bien qu'elles aient révoqué la peine de mort, les Philippines peuvent décider de la rétablir. C'est cela la souveraineté et la capacité d'être en dehors de la norme s'il en existe une, ont-elles fait valoir.

L'Albanie a pris note de la décision d'ajouter le libellé et estimé que celui-ci était déjà exprimé dans le préambule. La délégation encourage ceux qui ont soutenu le texte de la résolution L.44.

Le Soudan a observé que la Charte des Nations Unies s'adressait à « nous, les peuples des Nations Unies » et renvoyait donc à la diversité du monde, laquelle s'exprime de différentes façons. Pour le Soudan, nous appartenons tous à la même humanité. Sans négliger les efforts en faveur d'un moratoire, le Soudan s'oppose à son caractère obligatoire et moral, y voyant un effort de normalisation qui va à l'encontre des droits de l'homme. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques indique que des soupapes de sécurité doivent être appliquées pour que cette peine ne soit pas prise à la légère. Au Soudan, la peine de mort est imposée dans des circonstances exceptionnelles lorsque des vies innocentes sont perdues ou lorsque la sécurité du pays est menacée. C'est la raison pour laquelle le Soudan a voté pour l'amendement.

L'Arabie saoudite a voté en faveur de l'amendement car elle croit au droit inaliénable des États de décider souverainement de leurs lois nationales. La peine de mort a été mise en place pour réaliser la justice dans la société. C'est pourquoi l'Arabie saoudite déplore que l'amendement présenté par Singapour n'ait pas été ajouté d'entrée au projet de résolution et espère qu'on parviendra à un consensus sur un libellé qui soit conforme à toutes les attentes. Elle a aussi insisté sur le droit de chaque État d'élaborer son propre système juridique. Le paragraphe ajouté au projet de résolution L.44 du fait de l'adoption de l'amendement apporte un équilibre au projet de résolution. L'Arabie saoudite a voté pour le projet de résolution L.57 et votera contre le projet de résolution L.44.

Déclarations générales et explications de vote sur le projet de résolution L.44

Singapour a estimé que l'adoption de l'amendement L.57 reflétait un « petit pas vers le multilatéralisme », mais s'est étonnée qu'il ait fallu « une lutte immense » pour revenir sur le libellé du projet de résolution L.44. Pourquoi est-il si difficile de réaffirmer un principe aussi fondamental que celui de la souveraineté des États, s'est interrogée la délégation. Singapour estime en outre qu'il reste « beaucoup à faire » pour rendre acceptable le projet de résolution L.44 tel qu'amendé par le projet L.57. Elle estime notamment que le nouveau texte contient de nombreuses contradictions. En conséquence, Singapour votera contre le projet de résolution L.44 amendé.

Au nom également de l'Australie, de l'Islande et de la Norvège, le Canada a rappelé qu'en tant que défenseur de longue date de la résolution sur le moratoire sur l'application de la peine de mort, il était opposé à l'application de la peine de mort dans tous les cas et partout. Les moratoires sont mis en œuvre de jure dans nos États respectifs et nous invitons les États à y recourir eux-mêmes, a expliqué la représentante. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dans son article 6, dit que la peine de mort ne peut être appliquée que pour les crimes les plus graves mais ne peut être appliquée pour les femmes enceintes ou les personnes âgées de moins de 18 ans, a-t-elle ajouté. Notant qu'aucun système judiciaire n'est infaillible, la représentante a rappelé que la peine de mort empêchait de corriger une erreur de jugement. Le texte présenté est équilibré et les pays du groupe voteront en sa faveur.

La Papouasie-Nouvelle-Guinée a reconnu que des questions-clefs étaient traitées dans le projet de résolution mais a accusé ce dernier de ne chercher à satisfaire que les opposants à la peine de mort. Pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée, l'appel lancé par ceux qui sont en faveur du moratoire sur l'application de la peine de mort ne tient pas compte des réalités d'aujourd'hui. Les consultations et la présentation de l'amendement témoignent, à cet égard, que cette question reste épineuse et continue de diviser. La Papouasie-Nouvelle-Guinée regrette notamment que ses propositions d'amendement n'aient pas été retenues. Elle a soutenu l'amendement L.57 et votera contre le projet de résolution L.44.

La Guinée équatoriale a rappelé avoir voté contre ce projet de résolution par le passé. Elle a toutefois évolué sur la question de la peine capitale et votera cette fois pour le texte, a expliqué la délégation, indiquant que le Parlement national était en train d'étudier une loi portant abolition de la peine de mort.

Après le vote, l'Égypte a remercié les coauteurs du texte, tout en affirmant qu'en dépit de leurs efforts, le projet n'était toujours pas équilibré. Pour l'Égypte, il n'existe pas de consensus international pour ou contre la peine de mort, ce que confirmaient déjà les votes lors de précédentes sessions. De plus, a fait observer l'Égypte, aucun instrument international des droits de l'homme n'interdit la peine de mort, laquelle demeure licite dans un certain nombre de pays et représente un outil de dissuasion contre ce que l'on considère comme des crimes haineux. L'Égypte observe que les arguments des opposants à la peine de mort se concentrent généralement sur les droits des coupables, alors qu'il faut mettre en balance ceux des victimes et le droit des communautés à vivre en sécurité. C'est pourquoi l'Égypte a voté contre le projet de résolution L.44.

L'Inde a remercié le facilitateur d'avoir mené des négociations ouvertes et transparentes. Elle rappelle que chaque État a le droit souverain de décider de son propre système juridique. C'est pourquoi l'Inde a voté contre cette résolution, qui va à l'encontre du droit applicable en Inde. Le droit indien observe toutes les sauvegardes requises pour l'application de la peine de mort.

L'Indonésie a abondé dans le même sens, estimant qu'il incombe à chaque État de décider de son moratoire et s'est félicitée de l'ajout de l'amendement L.57.

Le Viet Nam, qui s'est abstenu, a également défendu la primauté du droit souverain des États s'agissant du maintien ou de l'abolition de la peine de mort. Celle-ci relève de la décision souveraine des États. Le Viet Nam a remercié Singapour de l'amendement apporté et qui a permis grandement à « l'équilibre » du texte.

Le Japon a voté en faveur de l'amendement et contre la résolution. Il estime que chaque État Membre a le droit intrinsèque de conserver ou non la peine capitale. Au Japon, elle s'applique aux crimes les plus graves et n'est pas imposée aux mineurs.

La République islamique d'Iran s'est félicitée de l'adoption de l'amendement L.57 et a souligné que toutes les mesures étaient prises dans le pays pour minimiser le recours à la peine de mort, réservée aux crimes les plus graves.

Le Myanmar a rappelé qu'il avait hérité du système de « common law » britannique et que la peine de mort ne pouvait être appliquée dans le pays qu'aux crimes les plus graves. La sentence de mort n'a d'ailleurs donné lieu à aucune exécution depuis 1948. Par ailleurs, il incombe à chaque État de se doter de son système judiciaire et de fixer les peines correspondant aux crimes commis. C'est pour cette raison que le pays s'est abstenu.

Les États-Unis ont réaffirmé leur opposition à l'institution d'un moratoire sur la peine de mort, estimant que c'est aux États Membres de se prononcer sur le recours à cette peine. Le droit international des droits de l'homme dispose que les États peuvent recourir à cette sanction telle que mentionnée dans l'article 6 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Au titre de cet article, une sentence de mort peut être prononcée pour les crimes les plus graves, ont rappelé les États-Unis. Aux États-Unis, l'exécution d'une décision de justice garantit une procédure régulière et interdit les méthodes d'exécution cruelles. Les États-Unis exhortent par ailleurs les États à s'attaquer aux violations des droits de l'homme qui pourraient découler de l'application de la peine de mort. Enfin, ils rappellent que les accusés doivent bénéficier de toutes les garanties de procédure.

La République démocratique du Congo a voté pour le projet L.44 et se réjouit de son adoption car elle estime que le texte reflète combien la communauté internationale peut être réunie malgré ses divisions. La RDC rappelle qu'elle applique un moratoire de fait sur la peine de mort depuis plus de 15 ans. Comme le droit international s'applique de bonne foi, on peut faire des progrès ensemble et parvenir à une résolution qui reflète les vues des uns et des autres, a-t-elle conclu.

La Nouvelle-Zélande, qui s'exprimait au nom de quelques pays, s'est dite contre la peine de mort quelles que soient les circonstances et s'est félicitée du commentaire général sur le droit à la vie du Conseil des droits de l'homme, qui reflète le consensus croissant en faveur de l'abolition.

L'Autriche, au nom de l'Union européenne, relève avec déception qu'en dépit de l'insertion de la notion de souveraineté, la résolution n'a pas fait l'objet d'un consensus. Dire que le projet de résolution est contradictoire « revient à s'interroger sur l'objectif réel » des opposants à cette résolution.

Le Mexique a déclaré accorder une grande importance aux efforts déployés en faveur de l'abolition de la peine de mort. Il a regretté, à cet égard, qu'un tribunal de district du Texas ait fixé à demain, 14 novembre, l'exécution d'un ressortissant mexicain.

[...]]]>
https://www.peinedemort.org/document/10253 Tue, 13 Nov 2018 00:00:00 +0100 Assemblée Générale de l'ONU
Le Canada pourrait accueillir une Pakistanaise persécutée https://www.peinedemort.org/document/10247 (La Presse Canadienne) Ottawa - Le gouvernement fédéral discute avec le Pakistan de la possibilité d'accueillir au pays une Pakistanaise qui a récemment échappé à la peine de mort. Asia Bibi, une chrétienne, a été condamnée à la peine de mort au Pakistan il y a huit ans pour blasphème, après avoir été reconnue coupable d'avoir insulté le prophète de l'islam Mahomet - une accusation que sa famille a toujours niée. Le plus haut tribunal pakistanais a récemment renversé la condamnation de Mme Bibi et ordonné sa libération ; une décision qui a suscité la controverse et provoqué des manifestations dans ce pays à majorité musulmane. Depuis sa libération, Mme Bibi et sa famille font face à des menaces de mort et son mari a fait appel aux pays occidentaux pour qu'ils l'accueillent chez eux. Un porte-parole du premier ministre Justin Trudeau a déclaré dans un courriel lundi que le Canada était en pourparlers avec le Pakistan à ce sujet. Cameron Ahmad a affirmé que le gouvernement reconnaissait qu'il s'agissait d'un enjeu délicat au Pakistan et qu'il ne commenterait pas davantage. Il a toutefois ajouté que le Canada était un pays accueillant. La dame avait été arrêtée en 2009 à la suite d'une querelle avec deux de ses collègues qui refusaient de boire la même eau qu'une catholique. On lui avait ensuite reproché d'avoir insulté le prophète de l'islam, ce qui a mené à sa condamnation de 2010.
Asia Bibi, une chrétienne, a été condamnée à la peine de mort au Pakistan il y a huit ans pour blasphème, après avoir été reconnue coupable d'avoir insulté le prophète de l'islam Mahomet - une accusation que sa famille a toujours niée.

Le plus haut tribunal pakistanais a récemment renversé la condamnation de Mme Bibi et ordonné sa libération ; une décision qui a suscité la controverse et provoqué des manifestations dans ce pays à majorité musulmane.

Depuis sa libération, Mme Bibi et sa famille font face à des menaces de mort et son mari a fait appel aux pays occidentaux pour qu'ils l'accueillent chez eux.

Un porte-parole du premier ministre Justin Trudeau a déclaré dans un courriel lundi que le Canada était en pourparlers avec le Pakistan à ce sujet.

Cameron Ahmad a affirmé que le gouvernement reconnaissait qu'il s'agissait d'un enjeu délicat au Pakistan et qu'il ne commenterait pas davantage. Il a toutefois ajouté que le Canada était un pays accueillant.

La dame avait été arrêtée en 2009 à la suite d'une querelle avec deux de ses collègues qui refusaient de boire la même eau qu'une catholique. On lui avait ensuite reproché d'avoir insulté le prophète de l'islam, ce qui a mené à sa condamnation de 2010.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10247 Mon, 12 Nov 2018 00:00:00 +0100 Presse Canadienne
Bahreïn: peine capitale pour quatre accusés après la mort d'un policier https://www.peinedemort.org/document/10249 Quatre personnes ont été condamnées à mort par un tribunal de Bahreïn pour un attentat à la bombe ayant tué un policier en 2017, a annoncé le procureur général. Ces quatre hommes sont de confession chiite, a de son côté précisé une source judiciaire. Selon une déclaration du procureur, ils ont été reconnus coupables de meurtre avec préméditation et de possession d'armes non autorisées "à des fins terroristes". Cette condamnation est liée à un attentat à la bombe perpétré le 18 juin 2017 à Diraz, village situé près de la capitale Manama, lors duquel un policier a été tué. Seul un des quatre hommes est emprisonné actuellement, a précisé l'organisation d'opposants Bahrain Institute for Rights and Democracy basée à Londres. Les trois autres ont été condamnés par contumace. Bahreïn, royaume dirigé par une dynastie sunnite proche de l'Arabie saoudite, est secoué par des troubles sporadiques depuis 2011, date à laquelle les autorités ont violemment réprimé un puissant mouvement de contestation chiite qui réclamait des réformes. Les autorités ont depuis lors emprisonné des centaines de dissidents et déchu de leur citoyenneté certains d'entre eux, interdisant aussi les principaux groupes d'opposition. Le pouvoir à Manama accuse régulièrement l'Iran chiite de provoquer des troubles dans le royaume en faisant appel à des militants qui ont "recours à la violence". L'Iran nie ces allégations. Des groupes de défense des droits de l'Homme, dont Amnesty International et Human Rights Watch (HRW), affirment que les autorités de Bahreïn utilisent les procès comme moyen de représailles politiques contre les dissidents, ne respectant pas les normes fondamentales d'une procédure équitable. Le verdict de lundi intervient peu avant des législatives controversées prévues le 24 novembre. Le principal mouvement d'opposition chiite, Al-Wefaq, a appelé la population à boycotter le scrutin. Son leader, cheikh Ali Salmane, est emprisonné. Bahreïn, un allié clé des Etats-Unis dans le Golfe, abrite la Ve Flotte américaine et une base militaire britannique permanente
Selon une déclaration du procureur, ils ont été reconnus coupables de meurtre avec préméditation et de possession d'armes non autorisées "à des fins terroristes". Cette condamnation est liée à un attentat à la bombe perpétré le 18 juin 2017 à Diraz, village situé près de la capitale Manama, lors duquel un policier a été tué.

Seul un des quatre hommes est emprisonné actuellement, a précisé l'organisation d'opposants Bahrain Institute for Rights and Democracy basée à Londres. Les trois autres ont été condamnés par contumace.

Bahreïn, royaume dirigé par une dynastie sunnite proche de l'Arabie saoudite, est secoué par des troubles sporadiques depuis 2011, date à laquelle les autorités ont violemment réprimé un puissant mouvement de contestation chiite qui réclamait des réformes.

Les autorités ont depuis lors emprisonné des centaines de dissidents et déchu de leur citoyenneté certains d'entre eux, interdisant aussi les principaux groupes d'opposition.

Le pouvoir à Manama accuse régulièrement l'Iran chiite de provoquer des troubles dans le royaume en faisant appel à des militants qui ont "recours à la violence". L'Iran nie ces allégations.

Des groupes de défense des droits de l'Homme, dont Amnesty International et Human Rights Watch (HRW), affirment que les autorités de Bahreïn utilisent les procès comme moyen de représailles politiques contre les dissidents, ne respectant pas les normes fondamentales d'une procédure équitable.

Le verdict de lundi intervient peu avant des législatives controversées prévues le 24 novembre. Le principal mouvement d'opposition chiite, Al-Wefaq, a appelé la population à boycotter le scrutin. Son leader, cheikh Ali Salmane, est emprisonné.

Bahreïn, un allié clé des Etats-Unis dans le Golfe, abrite la Ve Flotte américaine et une base militaire britannique permanente]]>
https://www.peinedemort.org/document/10249 Mon, 12 Nov 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Pakistan: Asia Bibi libérée mais toujours dans le pays https://www.peinedemort.org/document/10241 La Pakistanaise Asia Bibi, libérée de sa prison dans la nuit de mercredi à jeudi suite à son acquittement par la Cour suprême, se trouve désormais dans un "endroit sûr" mais toujours dans le pays. "Elle est toujours au Pakistan", a indiqué un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Muhammad Faisal, alors que certains médias avaient fait état d'un départ dans la nuit pour l'étranger. La vie de Mme Bibi est considérée comme en grave danger dans le pays et sa famille avait sollicité ces derniers jours l'aide de plusieurs pays occidentaux pour les accueillir. Sa libération a d'ores et déjà provoqué la fureur des milieux islamistes radicaux qui appellent de longue date à son exécution et ont annoncé une grande manifestation jeudi à Karachi, la grande ville du sud du Pakistan. D'autres pourraient suivre vendredi. "#AsiaBibi a quitté la prison et a été transférée dans un endroit sûr ! Je remercie les autorités pakistanaises", a tweeté le président du Parlement européen, Antonio Tajani, ajoutant l'attendre "dès que possible avec son mari et sa famille" à Bruxelles. Selon plusieurs sources aéroportuaires, Mme Bibi, qui était emprisonnée depuis des années dans la ville de Multan (centre) a été évacuée mercredi soir à bord d'un avion à destination d'Islamabad. "Elle a été libérée. On m'a dit qu'elle était dans un avion mais personne ne sait où elle va atterrir", avait auparavant indiqué à l'AFP Me Saif ul-Mulook dans un message à l'AFP. L'annonce de la sortie de prison de Mme Bibi a immédiatement suscité la colère du Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), un petit parti radical qui avait bloqué trois jours durant les principaux axes du pays la semaine dernière pour protester contre son acquittement, poussant le gouvernement du Premier ministre Imran Khan à signer un accord controversé avec eux. L'exécutif s'était engagé à lancer une procédure visant à interdire à Asia Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d'acquittement, ce qui lui a valu de nombreuses critiques. Le parti radical va réunir sa direction jeudi pour "analyser toute la situation", a indiqué son porte-parole Pir Ijaz Ashrafi à l'AFP. "Je serai clair: nous avons suspendu les manifestations, nous n'y avons pas mis fin", a-t-il dit. - Requête d'asile - Le mari d'Asia Bibi avait réclamé samedi l'asile pour sa famille aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou au Canada, arguant d'un trop grand danger s'ils restaient au Pakistan. "Je demande au président Donald Trump de nous aider à partir. Après cela, je demande à la Première ministre britannique (Theresa May) de faire de son mieux pour nous aider", a déclaré Ashiq Masih dans un message vidéo. Le mari d'Asia Bibi a également sollicité l'"aide" du Premier ministre canadien Justin Trudeau. Mercredi, une autre vidéo de M. Masih a été mise en ligne par l'association italienne catholique Aiuto alla chiesa che soffre (Aide à l'Eglise qui souffre), dans laquelle il appelle le gouvernement italien à l'aide pour les faire sortir du Pakistan, où les conditions de vie deviennent selon lui très difficiles. Après ce message, le Premier ministre italien Matteo Salvini a tweeté qu'il ferait "tout ce qu'il est humainement possible pour garantir un avenir à cette femme". La France "étudie" de son côté sous quelle forme elle pourrait aider ou accueillir la chrétienne "avec (ses) partenaires européens et internationaux", a déclaré sa secrétaire d'Etat en charge de l'Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. La maire de Paris Anne Hidalgo s'est dite lundi "prête à l'accueillir" avec sa famille dans la capitale française. - "Plus de confiance" - L'affaire Asia Bibi divise fortement le Pakistan, pays musulman très conservateur où le blasphème est un sujet extrêmement sensible. Des accusations suffisent à provoquer des lynchages. Mme Bibi, ouvrière agricole chrétienne âgée d'une cinquantaine d'années et mère de famille, avait été condamnée à mort en 2010 pour blasphème à la suite d'une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau. Son cas avait ému la communauté internationale, attirant l'attention des papes Benoît XVI et François. L'une de ses filles a rencontré ce dernier à deux reprises.
"Elle est toujours au Pakistan", a indiqué un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Muhammad Faisal, alors que certains médias avaient fait état d'un départ dans la nuit pour l'étranger.

La vie de Mme Bibi est considérée comme en grave danger dans le pays et sa famille avait sollicité ces derniers jours l'aide de plusieurs pays occidentaux pour les accueillir.

Sa libération a d'ores et déjà provoqué la fureur des milieux islamistes radicaux qui appellent de longue date à son exécution et ont annoncé une grande manifestation jeudi à Karachi, la grande ville du sud du Pakistan. D'autres pourraient suivre vendredi.

"#AsiaBibi a quitté la prison et a été transférée dans un endroit sûr ! Je remercie les autorités pakistanaises", a tweeté le président du Parlement européen, Antonio Tajani, ajoutant l'attendre "dès que possible avec son mari et sa famille" à Bruxelles.

Selon plusieurs sources aéroportuaires, Mme Bibi, qui était emprisonnée depuis des années dans la ville de Multan (centre) a été évacuée mercredi soir à bord d'un avion à destination d'Islamabad. "Elle a été libérée. On m'a dit qu'elle était dans un avion mais personne ne sait où elle va atterrir", avait auparavant indiqué à l'AFP Me Saif ul-Mulook dans un message à l'AFP.

L'annonce de la sortie de prison de Mme Bibi a immédiatement suscité la colère du Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), un petit parti radical qui avait bloqué trois jours durant les principaux axes du pays la semaine dernière pour protester contre son acquittement, poussant le gouvernement du Premier ministre Imran Khan à signer un accord controversé avec eux.

L'exécutif s'était engagé à lancer une procédure visant à interdire à Asia Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d'acquittement, ce qui lui a valu de nombreuses critiques.

Le parti radical va réunir sa direction jeudi pour "analyser toute la situation", a indiqué son porte-parole Pir Ijaz Ashrafi à l'AFP. "Je serai clair: nous avons suspendu les manifestations, nous n'y avons pas mis fin", a-t-il dit.

- Requête d'asile -

Le mari d'Asia Bibi avait réclamé samedi l'asile pour sa famille aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou au Canada, arguant d'un trop grand danger s'ils restaient au Pakistan.

"Je demande au président Donald Trump de nous aider à partir. Après cela, je demande à la Première ministre britannique (Theresa May) de faire de son mieux pour nous aider", a déclaré Ashiq Masih dans un message vidéo. Le mari d'Asia Bibi a également sollicité l'"aide" du Premier ministre canadien Justin Trudeau.

Mercredi, une autre vidéo de M. Masih a été mise en ligne par l'association italienne catholique Aiuto alla chiesa che soffre (Aide à l'Eglise qui souffre), dans laquelle il appelle le gouvernement italien à l'aide pour les faire sortir du Pakistan, où les conditions de vie deviennent selon lui très difficiles.

Après ce message, le Premier ministre italien Matteo Salvini a tweeté qu'il ferait "tout ce qu'il est humainement possible pour garantir un avenir à cette femme".

La France "étudie" de son côté sous quelle forme elle pourrait aider ou accueillir la chrétienne "avec (ses) partenaires européens et internationaux", a déclaré sa secrétaire d'Etat en charge de l'Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa.

La maire de Paris Anne Hidalgo s'est dite lundi "prête à l'accueillir" avec sa famille dans la capitale française.

- "Plus de confiance" -

L'affaire Asia Bibi divise fortement le Pakistan, pays musulman très conservateur où le blasphème est un sujet extrêmement sensible. Des accusations suffisent à provoquer des lynchages.

Mme Bibi, ouvrière agricole chrétienne âgée d'une cinquantaine d'années et mère de famille, avait été condamnée à mort en 2010 pour blasphème à la suite d'une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau.

Son cas avait ému la communauté internationale, attirant l'attention des papes Benoît XVI et François. L'une de ses filles a rencontré ce dernier à deux reprises. ]]>
https://www.peinedemort.org/document/10241 Thu, 08 Nov 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Pakistan: une semaine après son acquittement, Asia Bibi toujours en prison https://www.peinedemort.org/document/10236 Asia Bibi, dont l'acquittement il y a une semaine avait provoqué la colère d'islamistes, qui avaient paralysé le Pakistan trois jours durant, est toujours incarcérée, ont indiqué des sources pénitentiaires mercredi à l'AFP. La chrétienne, condamnée en 2010 à la peine de mort pour blasphème, "est toujours à la prison de Multan" (centre), a déclaré Zawar Hussain Warraich, le ministre des prisons de la province du Penjab, dont Multan fait partie. Une autre source pénitentiaire a confirmé l'incarcération d'Asia Bibi, dont le président de la Cour suprême, le juge Saqib Nisar, avait pourtant prononcé la libération "immédiate" en rendant son verdict mercredi dernier. "Elle sera libérée dès que nous recevrons l'ordre de libération", a observé M. Warraich. Ce document, généralement envoyé à l'administration pénitentiaire dans les "deux jours" suivant une décision de justice, tarde cette fois-ci à venir, a-t-il commenté. Le ministre provincial des prisons a par ailleurs nié toute mesure sécuritaire "extraordinaire" pour assurer la sécurité de Mme Bibi, affirmant qu'"elle est déjà bien protégée par le personnel pénitentiaire". Aucun déploiement de forces de sécurité n'était de fait visible mercredi autour de la prison de Multan, où l'activité était très habituelle, a constaté une correspondante de l'AFP. Des tuk-tuks transportaient les visiteurs des détenus, alors que de petits restaurants rivalisaient de décibels pour attirer des consommateurs. Le mari d'Asia Bibi, Ashiq Masih, avait pourtant demandé samedi au gouvernement pakistanais de renforcer "la sécurité" de sa femme "en prison", redoutant qu'elle n'y soit attaquée. L'affaire Asia Bibi divise fortement le Pakistan. Des islamistes, qui exigent son exécution, ont bloqué trois jours durant les principaux axes du pays, poussant le gouvernement du Premier ministre Imran Khan à signer un accord controversé avec eux. L'exécutif s'y est engagé à lancer une procédure visant à interdire à Asia Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d'acquittement. L'accord a été critiqué par de nombreux Pakistanais. Mme Bibi, ouvrière agricole chrétienne âgée d'une cinquantaine d'années et mère de cinq enfants, avait été condamnée à mort en 2010 pour blasphème suite à une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau. Son cas avait ému la communauté internationale. Alors que la maire de Paris Anne Hidalgo s'est dite lundi "prête à l'accueillir" avec sa famille dans la capitale française, son époux a demandé l'asile pour sa famille et des proches en Grande-Bretagne, au Canada et aux Etats-Unis. L'avocat de la chrétienne, Saif ul-Mulook, a quitté samedi le Pakistan, où la question du blasphème est très sensible, craignant des représailles.
La chrétienne, condamnée en 2010 à la peine de mort pour blasphème, "est toujours à la prison de Multan" (centre), a déclaré Zawar Hussain Warraich, le ministre des prisons de la province du Penjab, dont Multan fait partie.

Une autre source pénitentiaire a confirmé l'incarcération d'Asia Bibi, dont le président de la Cour suprême, le juge Saqib Nisar, avait pourtant prononcé la libération "immédiate" en rendant son verdict mercredi dernier.

"Elle sera libérée dès que nous recevrons l'ordre de libération", a observé M. Warraich. Ce document, généralement envoyé à l'administration pénitentiaire dans les "deux jours" suivant une décision de justice, tarde cette fois-ci à venir, a-t-il commenté.

Le ministre provincial des prisons a par ailleurs nié toute mesure sécuritaire "extraordinaire" pour assurer la sécurité de Mme Bibi, affirmant qu'"elle est déjà bien protégée par le personnel pénitentiaire".

Aucun déploiement de forces de sécurité n'était de fait visible mercredi autour de la prison de Multan, où l'activité était très habituelle, a constaté une correspondante de l'AFP.

Des tuk-tuks transportaient les visiteurs des détenus, alors que de petits restaurants rivalisaient de décibels pour attirer des consommateurs.

Le mari d'Asia Bibi, Ashiq Masih, avait pourtant demandé samedi au gouvernement pakistanais de renforcer "la sécurité" de sa femme "en prison", redoutant qu'elle n'y soit attaquée.

L'affaire Asia Bibi divise fortement le Pakistan.

Des islamistes, qui exigent son exécution, ont bloqué trois jours durant les principaux axes du pays, poussant le gouvernement du Premier ministre Imran Khan à signer un accord controversé avec eux.

L'exécutif s'y est engagé à lancer une procédure visant à interdire à Asia Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d'acquittement. L'accord a été critiqué par de nombreux Pakistanais.

Mme Bibi, ouvrière agricole chrétienne âgée d'une cinquantaine d'années et mère de cinq enfants, avait été condamnée à mort en 2010 pour blasphème suite à une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau.

Son cas avait ému la communauté internationale.

Alors que la maire de Paris Anne Hidalgo s'est dite lundi "prête à l'accueillir" avec sa famille dans la capitale française, son époux a demandé l'asile pour sa famille et des proches en Grande-Bretagne, au Canada et aux Etats-Unis.

L'avocat de la chrétienne, Saif ul-Mulook, a quitté samedi le Pakistan, où la question du blasphème est très sensible, craignant des représailles.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10236 Wed, 07 Nov 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Appels d'intellectuels et d'évêques en France pour la libération d'Asia Bibi https://www.peinedemort.org/document/10237 Paris - Plus d'une quarantaine d'intellectuels français ont signé un appel pour la libération "toutes affaires cessantes" de la Pakistanaise chrétienne Asia Bibi, acquittée la semaine dernière après une condamnation à mort pour blasphème, mais toujours incarcérée, un appel également lancé de leur côté par les évêques de France. L'appel, lancé par le philosophe Daniel Salvatore Schiffer, publié mercredi dans le quotidien Le Figaro, dénonce la sentence "abominable et rétrograde" qui avait frappé Asia Bibi, condamnée à mort en 2010 pour blasphème suite à une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau. Les signataires, dont font partie des personnalités comme Elisabeth et Robert Badinter, l'ex-ministre Luc Ferry, le philosophe Robert Redeker, le politologue Pierre-André Taguieff ou encore l'avocat et éditeur Jean-Claude Zylberstein, saluent dès lors le verdict "aussi juste que courageux" de la Cour suprême du Pakistan, qui avait décidé la semaine dernière d'acquitter la chrétienne. Mais des islamistes, qui exigent toujours son exécution, ont bloqué trois jours durant les principaux axes du Pakistan, poussant le gouvernement du Premier ministre Imran Khan à signer un accord controversé avec eux. Ce qui a conduit à "repousser" voire "annuler" la libération d'Asia Bibi, déplorent les signataires de l'appel, qui voient dans cette situation "une négation, sinon un outrage, au droit lui-même". "Outre une question d'humanisme, c'est un enjeu de civilisation", ajoutent les signataires, invoquant les principes de "la tolérance religieuse, la pluralité des idées et (...) l'égalité entre les sexes". Dans un appel distinct de celui paru dans Le Figaro, les évêques de France, actuellement réunis en Assemblée plénière à Lourdes, se sont dit "inquiets" de savoir Asia Bibi toujours emprisonnée et "ils attendent sa libération". "Au nom des droits fondamentaux de la personne humaine, les évêques appellent à la protection de sa vie, de celles de ses proches et de ses défenseurs, et les assurent de leur prière fervente", écrivent-ils dans un communiqué. Lundi, la maire de Paris Anne Hidalgo s'était dite prête à accueillir Asia Bibi et sa famille dans la capitale française. L'époux de cette dernière a demandé l'asile pour sa famille et des proches en Grande-Bretagne, au Canada et aux Etats-Unis.
L'appel, lancé par le philosophe Daniel Salvatore Schiffer, publié mercredi dans le quotidien Le Figaro, dénonce la sentence "abominable et rétrograde" qui avait frappé Asia Bibi, condamnée à mort en 2010 pour blasphème suite à une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau.

Les signataires, dont font partie des personnalités comme Elisabeth et Robert Badinter, l'ex-ministre Luc Ferry, le philosophe Robert Redeker, le politologue Pierre-André Taguieff ou encore l'avocat et éditeur Jean-Claude Zylberstein, saluent dès lors le verdict "aussi juste que courageux" de la Cour suprême du Pakistan, qui avait décidé la semaine dernière d'acquitter la chrétienne.

Mais des islamistes, qui exigent toujours son exécution, ont bloqué trois jours durant les principaux axes du Pakistan, poussant le gouvernement du Premier ministre Imran Khan à signer un accord controversé avec eux. Ce qui a conduit à "repousser" voire "annuler" la libération d'Asia Bibi, déplorent les signataires de l'appel, qui voient dans cette situation "une négation, sinon un outrage, au droit lui-même".

"Outre une question d'humanisme, c'est un enjeu de civilisation", ajoutent les signataires, invoquant les principes de "la tolérance religieuse, la pluralité des idées et (...) l'égalité entre les sexes".

Dans un appel distinct de celui paru dans Le Figaro, les évêques de France, actuellement réunis en Assemblée plénière à Lourdes, se sont dit "inquiets" de savoir Asia Bibi toujours emprisonnée et "ils attendent sa libération".

"Au nom des droits fondamentaux de la personne humaine, les évêques appellent à la protection de sa vie, de celles de ses proches et de ses défenseurs, et les assurent de leur prière fervente", écrivent-ils dans un communiqué.

Lundi, la maire de Paris Anne Hidalgo s'était dite prête à accueillir Asia Bibi et sa famille dans la capitale française. L'époux de cette dernière a demandé l'asile pour sa famille et des proches en Grande-Bretagne, au Canada et aux Etats-Unis.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10237 Wed, 07 Nov 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
La France est prête à accueillir Asia Bibi et sa famille https://www.peinedemort.org/document/10238 PARIS (Reuters) - La France est prête à accueillir la chrétienne Asia Bibi, dont la Cour suprême pakistanaise a annulé la condamnation à mort pour blasphème contre l'islam, et oeuvre à obtenir son exfiltration et sa libération effective, a déclaré mercredi le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. Asia Bibi a été acquittée la semaine dernière après avoir passé huit ans dans le couloir de la mort pour blasphème, mais elle reste pour l'heure incarcérée et interdite de quitter le pays, en vertu d'un accord conclu entre le gouvernement et les partis islamistes. Ces derniers, au premier rang desquels le parti islamiste Tehreek-e-Labaik (TLP), ont bloqué trois jours les grandes artères des villes les plus importantes du pays, appelant au meurtre des juges de la Cour suprême à l'origine du verdict. "Nous souhaitons (...) que le calme puisse régner de nouveau au Pakistan et que la mise en oeuvre rapide de la décision de la Cour suprême soit faite", a déclaré Jean-Yves Le Drian lors des questions au gouvernement à l'Assemblée mercredi. "À cet égard, nous agissons de manière extrêmement ferme avec nos partenaires européens, avec les organisations internationales pour obtenir son exfiltration et sa libération effective parce qu'elle est toujours en prison", a-t-il poursuivi, avant de confirmer que la France était prête à lui accorder l'asile ainsi qu'à sa famille. "La France est prête si c'est le voeu de l'intéressée, si c'est le voeu de sa famille, à accueillir en France madame Asia Bibi si elle le demande", a-t-il dit. Plus tôt mercredi, la secrétaire d'Etat à l'égalité femmes-hommes Marlène Schiappa avait dit dans un communiqué "étudier" "quelle forme de soutien ou d'accueil pourrait lui être apportée ainsi qu'à sa famille selon les voeux qu'ils exprimeront". Mardi, le ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini, avait assuré que l'Italie l'aiderait à quitter le Pakistan. "LIBERTÉ POUR ASIA BIBI" L'annonce de la France intervient sur fond de multiplication des appels à sa libération de la part de personnalités françaises. Une quarantaine d'universitaires, écrivains ou figures intellectuelles dont la philosophe Elisabeth Badinter, l'ancien ministre de la Justice Robert Badinter et le philosophe Luc Ferry, appellent dans une tribune parue dans le Figaro de mercredi à "remett(re) effectivement en liberté, toutes affaires cessantes, Mme Asia Bibi". L'accord conclu entre les partis islamistes et le gouvernement en vertu duquel les autorités pourraient placer Asia Bibi sur une "liste de contrôle des sorties", lui interdisant ainsi de quitter le pays et ouvrant la voie à une révision du verdict d'acquittement est une "malheureuse capitulation", estiment-ils dans ce texte intitulé "L'appel des intellectuels : Liberté pour Asia Bibi!". "Davantage: une négation, sinon un outrage, au droit lui-même", poursuivent-ils. La conférence des évêques de France a exprimé mercredi sa "préoccupation" quant au sort d'Asia Bibi : "Ils s'inquiètent pour sa vie, pour la vie de ses proches et de ses défenseurs et ils demandent qu'elle puisse être remise en liberté", a déclaré leur porte-parole, Mgr Olivier Ribadeau Dumas, à KTO TV. La maire de Paris, Anne Hidalgo, s'était dite lundi "prête à accueillir Asia Bibi à Paris, pour lui remettre sa citoyenneté d'honneur en main propre et lui permettre de s'intégrer durablement en France". Le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez, qui avait appelé lundi le chef de l'Etat à lui offrir l'asile, a renouvelé mercredi son soutien au côtés des élus de la délégations française du PPE, réuni en Congrès à Helsinki.
Asia Bibi a été acquittée la semaine dernière après avoir passé huit ans dans le couloir de la mort pour blasphème, mais elle reste pour l'heure incarcérée et interdite de quitter le pays, en vertu d'un accord conclu entre le gouvernement et les partis islamistes.

Ces derniers, au premier rang desquels le parti islamiste Tehreek-e-Labaik (TLP), ont bloqué trois jours les grandes artères des villes les plus importantes du pays, appelant au meurtre des juges de la Cour suprême à l'origine du verdict.

"Nous souhaitons (...) que le calme puisse régner de nouveau au Pakistan et que la mise en oeuvre rapide de la décision de la Cour suprême soit faite", a déclaré Jean-Yves Le Drian lors des questions au gouvernement à l'Assemblée mercredi.

"À cet égard, nous agissons de manière extrêmement ferme avec nos partenaires européens, avec les organisations internationales pour obtenir son exfiltration et sa libération effective parce qu'elle est toujours en prison", a-t-il poursuivi, avant de confirmer que la France était prête à lui accorder l'asile ainsi qu'à sa famille.

"La France est prête si c'est le voeu de l'intéressée, si c'est le voeu de sa famille, à accueillir en France madame Asia Bibi si elle le demande", a-t-il dit.

Plus tôt mercredi, la secrétaire d'Etat à l'égalité femmes-hommes Marlène Schiappa avait dit dans un communiqué "étudier" "quelle forme de soutien ou d'accueil pourrait lui être apportée ainsi qu'à sa famille selon les voeux qu'ils exprimeront".

Mardi, le ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini, avait assuré que l'Italie l'aiderait à quitter le Pakistan.

"LIBERTÉ POUR ASIA BIBI"

L'annonce de la France intervient sur fond de multiplication des appels à sa libération de la part de personnalités françaises.

Une quarantaine d'universitaires, écrivains ou figures intellectuelles dont la philosophe Elisabeth Badinter, l'ancien ministre de la Justice Robert Badinter et le philosophe Luc Ferry, appellent dans une tribune parue dans le Figaro de mercredi à "remett(re) effectivement en liberté, toutes affaires cessantes, Mme Asia Bibi".

L'accord conclu entre les partis islamistes et le gouvernement en vertu duquel les autorités pourraient placer Asia Bibi sur une "liste de contrôle des sorties", lui interdisant ainsi de quitter le pays et ouvrant la voie à une révision du verdict d'acquittement est une "malheureuse capitulation", estiment-ils dans ce texte intitulé "L'appel des intellectuels : Liberté pour Asia Bibi!".

"Davantage: une négation, sinon un outrage, au droit lui-même", poursuivent-ils.

La conférence des évêques de France a exprimé mercredi sa "préoccupation" quant au sort d'Asia Bibi : "Ils s'inquiètent pour sa vie, pour la vie de ses proches et de ses défenseurs et ils demandent qu'elle puisse être remise en liberté", a déclaré leur porte-parole, Mgr Olivier Ribadeau Dumas, à KTO TV.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, s'était dite lundi "prête à accueillir Asia Bibi à Paris, pour lui remettre sa citoyenneté d'honneur en main propre et lui permettre de s'intégrer durablement en France".

Le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez, qui avait appelé lundi le chef de l'Etat à lui offrir l'asile, a renouvelé mercredi son soutien au côtés des élus de la délégations française du PPE, réuni en Congrès à Helsinki.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10238 Wed, 07 Nov 2018 00:00:00 +0100 Reuters
Pakistan : la chrétienne Asia Bibi a été libérée (avocat) https://www.peinedemort.org/document/10240 Islamabad - La chrétienne Asia Bibi, acquittée il y a une semaine après huit ans passés dans les couloirs de la mort pour blasphème, mais qui était restée incarcérée depuis lors, a été libérée, a annoncé mercredi son avocat Saif ul-Mulook à l'AFP. "Elle a été libérée. On m'a dit qu'elle était dans un avion mais personne ne sait où elle va atterrir", a écrit Me ul-Mulook dans un message à l'AFP. L'ordre de libération est parvenu mercredi à la prison de Multan (centre), où elle était détenue, a indiqué une cadre pénitentiaire à l'AFP. D'après un responsable de l'aviation civile à Multan, un petit avion y a atterri dans la soirée avec "quelques étrangers et quelques Pakistanais" à son bord, sans plus de précision. Le mari d'Asia Bibi a réclamé samedi l'asile pour sa famille aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou au Canada, arguant d'un trop grand danger s'ils restaient au Pakistan. "Je demande au président Donald Trump de nous aider à partir. Après cela, je demande à la Première ministre britannique (Theresa May) de faire de son mieux pour nous aider", a déclaré Ashiq Masih dans un message vidéo. Le mari d'Asia Bibi a également sollicité l'"aide" du Premier ministre canadien Justin Trudeau. L'affaire Asia Bibi divise fortement le Pakistan. Après que son acquittement a été prononcé, des islamistes, qui exigent son exécution, ont bloqué trois jours durant les principaux axes du pays, poussant le gouvernement du Premier ministre Imran Khan à signer un accord controversé avec eux. L'exécutif s'y est engagé à lancer une procédure visant à interdire à Asia Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d'acquittement. L'accord a été critiqué par de nombreux Pakistanais. Mme Bibi, ouvrière agricole chrétienne âgée d'une cinquantaine d'années et mère de cinq enfants, avait été condamnée à mort en 2010 pour blasphème suite à une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau. Son cas avait ému la communauté internationale. La maire de Paris Anne Hidalgo s'est dite lundi "prête à l'accueillir" avec sa famille dans la capitale française.
"Elle a été libérée. On m'a dit qu'elle était dans un avion mais personne ne sait où elle va atterrir", a écrit Me ul-Mulook dans un message à l'AFP. L'ordre de libération est parvenu mercredi à la prison de Multan (centre), où elle était détenue, a indiqué une cadre pénitentiaire à l'AFP.

D'après un responsable de l'aviation civile à Multan, un petit avion y a atterri dans la soirée avec "quelques étrangers et quelques Pakistanais" à son bord, sans plus de précision.

Le mari d'Asia Bibi a réclamé samedi l'asile pour sa famille aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou au Canada, arguant d'un trop grand danger s'ils restaient au Pakistan.

"Je demande au président Donald Trump de nous aider à partir. Après cela, je demande à la Première ministre britannique (Theresa May) de faire de son mieux pour nous aider", a déclaré Ashiq Masih dans un message vidéo. Le mari d'Asia Bibi a également sollicité l'"aide" du Premier ministre canadien Justin Trudeau.

L'affaire Asia Bibi divise fortement le Pakistan.

Après que son acquittement a été prononcé, des islamistes, qui exigent son exécution, ont bloqué trois jours durant les principaux axes du pays, poussant le gouvernement du Premier ministre Imran Khan à signer un accord controversé avec eux.

L'exécutif s'y est engagé à lancer une procédure visant à interdire à Asia Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d'acquittement. L'accord a été critiqué par de nombreux Pakistanais.

Mme Bibi, ouvrière agricole chrétienne âgée d'une cinquantaine d'années et mère de cinq enfants, avait été condamnée à mort en 2010 pour blasphème suite à une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau.

Son cas avait ému la communauté internationale. La maire de Paris Anne Hidalgo s'est dite lundi "prête à l'accueillir" avec sa famille dans la capitale française.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10240 Wed, 07 Nov 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Egypte: 8 jihadistes présumés condamnés à mort pour une attaque contre l'armée https://www.peinedemort.org/document/10242 Huit membres présumés de la branche égyptienne du groupe Etat islamique (EI) ont été condamnés à mort par un tribunal militaire égyptien pour une attaque meurtrière contre l'armée en 2016, ont annoncé mercredi plusieurs sources à l'AFP. Le tribunal militaire d'Ismaïlia (nord-est) a également condamné 32 accusés à l'emprisonnement à perpétuité, soit 25 ans en droit égyptien, et deux autres à 15 ans de prison ferme. Deux personnes ont été par ailleurs acquittées, selon une source militaire. Les huit condamnés à morts n'étaient pas présents à l'audience, a indiqué à l'AFP une source judiciaire. Les accusés comparaissaient pour "le meurtre de plusieurs militaires et l'attaque d'un poste de contrôle et d'un véhicule de l'armée" en 2016, a précisé la source militaire, sans donner plus de détails. Ils sont tous accusés d'appartenir à "Province du Sinaï", la branche égyptienne de l'EI qui mène une insurrection dans le nord du Sinaï (est) et a réalisé plusieurs attaques à travers le pays. En février, l'Egypte a lancé une vaste campagne baptisée "Sinaï 2018" pour déloger l'EI de la péninsule. Plus de 450 jihadistes présumés et une trentaine de soldats sont morts dans le cadre de cette opération, selon les chiffres officiels. Depuis la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi à l'été 2013, les forces de sécurité égyptiennes affrontent des groupes extrémistes. Les attaques jihadistes ont tué des centaines de policiers, de soldats mais aussi des civils. La semaine dernière, l'EI a revendiqué l'attaque d'un bus transportant des fidèles chrétiens coptes, faisant 7 morts.
Le tribunal militaire d'Ismaïlia (nord-est) a également condamné 32 accusés à l'emprisonnement à perpétuité, soit 25 ans en droit égyptien, et deux autres à 15 ans de prison ferme. Deux personnes ont été par ailleurs acquittées, selon une source militaire.

Les huit condamnés à morts n'étaient pas présents à l'audience, a indiqué à l'AFP une source judiciaire.

Les accusés comparaissaient pour "le meurtre de plusieurs militaires et l'attaque d'un poste de contrôle et d'un véhicule de l'armée" en 2016, a précisé la source militaire, sans donner plus de détails. Ils sont tous accusés d'appartenir à "Province du Sinaï", la branche égyptienne de l'EI qui mène une insurrection dans le nord du Sinaï (est) et a réalisé plusieurs attaques à travers le pays.

En février, l'Egypte a lancé une vaste campagne baptisée "Sinaï 2018" pour déloger l'EI de la péninsule. Plus de 450 jihadistes présumés et une trentaine de soldats sont morts dans le cadre de cette opération, selon les chiffres officiels.

Depuis la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi à l'été 2013, les forces de sécurité égyptiennes affrontent des groupes extrémistes.

Les attaques jihadistes ont tué des centaines de policiers, de soldats mais aussi des civils. La semaine dernière, l'EI a revendiqué l'attaque d'un bus transportant des fidèles chrétiens coptes, faisant 7 morts.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10242 Wed, 07 Nov 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
[position de la France] Situation de Mme Asia Bibi https://www.peinedemort.org/document/10235 Pakistan – Situation de Mme Asia Bibi - Q&R - Extrait du point de presse (06 novembre 2018) Question – La France est-elle prête à donner l'asile à Mme Asia Bibi ? Réponse – La France a salué la décision de la justice pakistanaise d'acquitter Mme Asia Bibi. Nous accordons une attention soutenue à sa situation. Avec nos partenaires européens et internationaux, nous étudions quelle forme de soutien ou d'accueil pourrait lui être apportée ainsi qu'à sa famille selon les vœux qu'ils exprimeront.
Question – La France est-elle prête à donner l'asile à Mme Asia Bibi ?

Réponse – La France a salué la décision de la justice pakistanaise d'acquitter Mme Asia Bibi. Nous accordons une attention soutenue à sa situation. Avec nos partenaires européens et internationaux, nous étudions quelle forme de soutien ou d'accueil pourrait lui être apportée ainsi qu'à sa famille selon les vœux qu'ils exprimeront.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10235 Tue, 06 Nov 2018 00:00:00 +0100 Ministère des Affaires Etrangères français
Etats-Unis - Deux condamnés à mort se tuent en prison https://www.peinedemort.org/document/10231 Deux assassins condamnés à la peine de mort se sont suicidés en prison ce week-end en Californie. Deux assassins condamnés à la peine capitale, dont un tueur en série, ont été retrouvés morts ce week-end dans leur cellule, ont annoncé lundi les autorités pénitentiaires de Californie, qui ont ouvert une enquête pour confirmer qu'il s'agit bien de suicides. Andrew Urdiales, un tueur en série âgé de 54 ans, a été découvert sans connaissance dans sa cellule vendredi à 23h15, et n'a pu être ranimé par les surveillants de la prison fédérale de San Quentin. L'ancien militaire américain avait été condamné le 5 octobre dernier à la peine de mort par un tribunal californien pour l'assassinat de cinq jeunes femmes entre 1986 et 1995. M. Urdiales, qui était seul dans sa cellule, avait précédemment été condamné pour trois meurtres similaires dans l'Illinois à la peine capitale, une condamnation transformée en détention à perpétuité lorsque cet Etat a interdit la peine de mort. Une autopsie doit préciser les causes du décès mais «l'enquête a été ouverte pour suicide», soulignent les autorités pénitentiaires dans un communiqué. Dimanche, c'est Virendra Govin, 51 ans, qui a été retrouvé sans vie dans sa cellule, où il était incarcéré seul. M. Govin avait été condamné à mort en 2004 pour l'assassinat de quatre membres d'une même famille dans la région de Los Angeles. Il était en attente d'exécution depuis janvier 2005. «Rien ne laisse penser à un lien entre son décès et celui d'Urdiales, précisent les autorités pénitentiaires, qui considèrent là encore être en présence d'un suicide. Depuis le rétablissement de la peine de mort en Californie en 1978, 15 détenus ont été effectivement exécutés (13 en Californie, un dans le Missouri et un en Virginie). 25 autres se sont suicidés et 79 sont morts de cause naturelle, selon le communiqué. Au total, 740 détenus sont actuellement dans le "couloir de la mort" en Californie.
Deux assassins condamnés à la peine capitale, dont un tueur en série, ont été retrouvés morts ce week-end dans leur cellule, ont annoncé lundi les autorités pénitentiaires de Californie, qui ont ouvert une enquête pour confirmer qu'il s'agit bien de suicides.

Andrew Urdiales, un tueur en série âgé de 54 ans, a été découvert sans connaissance dans sa cellule vendredi à 23h15, et n'a pu être ranimé par les surveillants de la prison fédérale de San Quentin. L'ancien militaire américain avait été condamné le 5 octobre dernier à la peine de mort par un tribunal californien pour l'assassinat de cinq jeunes femmes entre 1986 et 1995.

M. Urdiales, qui était seul dans sa cellule, avait précédemment été condamné pour trois meurtres similaires dans l'Illinois à la peine capitale, une condamnation transformée en détention à perpétuité lorsque cet Etat a interdit la peine de mort. Une autopsie doit préciser les causes du décès mais «l'enquête a été ouverte pour suicide», soulignent les autorités pénitentiaires dans un communiqué.

Dimanche, c'est Virendra Govin, 51 ans, qui a été retrouvé sans vie dans sa cellule, où il était incarcéré seul. M. Govin avait été condamné à mort en 2004 pour l'assassinat de quatre membres d'une même famille dans la région de Los Angeles. Il était en attente d'exécution depuis janvier 2005. «Rien ne laisse penser à un lien entre son décès et celui d'Urdiales, précisent les autorités pénitentiaires, qui considèrent là encore être en présence d'un suicide.

Depuis le rétablissement de la peine de mort en Californie en 1978, 15 détenus ont été effectivement exécutés (13 en Californie, un dans le Missouri et un en Virginie). 25 autres se sont suicidés et 79 sont morts de cause naturelle, selon le communiqué. Au total, 740 détenus sont actuellement dans le "couloir de la mort" en Californie.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10231 Tue, 06 Nov 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Israël: vers une reprise du débat sur la peine de mort pour les "terroristes" https://www.peinedemort.org/document/10234 Jérusalem - Le Parlement israélien reprendra la semaine prochaine le débat sur un projet de loi qui faciliterait la condamnation à mort d'assaillants palestiniens, a déclaré mardi le ministre de la Défense Avigdor Lieberman. Le projet est l'un des chevaux de bataille du ministre ultranationaliste, qui en avait fait l'une des conditions de son entrée dans le gouvernement de droite de Benjamin Netanyahu en 2016, mais son adoption finale n'est pas garantie. Le projet stipule que les tribunaux militaires siégeant en Cisjordanie occupée pourront prononcer la peine capitale, non plus à l'unanimité des trois juges, mais à la majorité, pour les crimes "terroristes". Dans les faits, cette disposition ne s'appliquerait qu'aux Palestiniens: les colons israéliens de Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, ne répondent pas devant des tribunaux militaires, mais devant la justice civile israélienne. Le Parlement a approuvé le texte en janvier en lecture préliminaire à une courte majorité (52 voix pour, 49 contre). M. Lieberman avait alors défendu le projet comme "un moyen de dissuasion puissant contre les terroristes". Le texte doit encore faire l'objet de trois lectures avant son éventuelle adoption. Entre-temps, il doit franchir une nouvelle étape le 14 novembre avec son examen en commission parlementaire. "Après plus de trois ans de lutte acharnée, la loi sur la peine de mort pour les terroristes sera finalement présentée à la commission des lois mercredi prochain, puis en première lecture en séance plénière", a écrit M. Lieberman sur Twitter. "Nous ne lâcherons pas tant que nous n'aurons pas achevé notre mission", a-t-il ajouté. Dans la réalité, la peine capitale prononcée par les tribunaux militaires en Cisjordanie n'a jamais été appliquée ou confirmée en appel. - "Que de la politique" - Dans les frontières internationalement reconnues d'Israël, la loi permet la peine capitale devant un tribunal civil pour les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité, le génocide, la trahison et les crimes contre le peuple juif, mais plus pour les meurtres -- depuis 1954. Elle a été appliquée pour la dernière fois à l'encontre d'un criminel de guerre nazi, Adolf Eichmann, condamné en 1961 et pendu un an plus tard. Une remise en vigueur de la peine capitale s'est jusqu'alors heurtée à des obstacles diplomatiques ou moraux, et aux doutes sur l'effet dissuasif, malgré la crispation d'une partie de l'opinion sur les questions sécuritaires et l'émotion suscitée par certains assassinats. Cependant, l'approche de législatives dans les mois à venir est propice à un durcissement de ton. Benjamin Netanyahu, à la tête du gouvernement considéré comme le plus à droite de l'histoire du pays, a exprimé son soutien à la peine capitale dans certains cas. Mais le ministre de l'Energie Youval Steinitz, considéré comme proche de M. Netanyahu, a déclaré que ce projet était "dévastateur pour l'image d'Israël". "Il n'y aura jamais de peine capitale pour les terroristes, ce n'est que de la politique", a-t-il écrit sur Twitter. Tous les services de sécurité, à commencer par l'armée et le Shin Beth (sécurité intérieure), jugent non seulement qu'elle ne servirait pas la lutte antiterroriste, mais aurait un effet contre-productif, a-t-il dit. Le gouvernement palestinien a dénoncé mardi dans un communiqué le projet de loi comme une "invitation ouverte au meurtre et aux exécutions", déplorant une "violation flagrante du droit international et humanitaire".
Le projet est l'un des chevaux de bataille du ministre ultranationaliste, qui en avait fait l'une des conditions de son entrée dans le gouvernement de droite de Benjamin Netanyahu en 2016, mais son adoption finale n'est pas garantie.

Le projet stipule que les tribunaux militaires siégeant en Cisjordanie occupée pourront prononcer la peine capitale, non plus à l'unanimité des trois juges, mais à la majorité, pour les crimes "terroristes".

Dans les faits, cette disposition ne s'appliquerait qu'aux Palestiniens: les colons israéliens de Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, ne répondent pas devant des tribunaux militaires, mais devant la justice civile israélienne.

Le Parlement a approuvé le texte en janvier en lecture préliminaire à une courte majorité (52 voix pour, 49 contre). M. Lieberman avait alors défendu le projet comme "un moyen de dissuasion puissant contre les terroristes".

Le texte doit encore faire l'objet de trois lectures avant son éventuelle adoption.

Entre-temps, il doit franchir une nouvelle étape le 14 novembre avec son examen en commission parlementaire.

"Après plus de trois ans de lutte acharnée, la loi sur la peine de mort pour les terroristes sera finalement présentée à la commission des lois mercredi prochain, puis en première lecture en séance plénière", a écrit M. Lieberman sur Twitter.

"Nous ne lâcherons pas tant que nous n'aurons pas achevé notre mission", a-t-il ajouté.

Dans la réalité, la peine capitale prononcée par les tribunaux militaires en Cisjordanie n'a jamais été appliquée ou confirmée en appel.

- "Que de la politique" -

Dans les frontières internationalement reconnues d'Israël, la loi permet la peine capitale devant un tribunal civil pour les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité, le génocide, la trahison et les crimes contre le peuple juif, mais plus pour les meurtres -- depuis 1954.

Elle a été appliquée pour la dernière fois à l'encontre d'un criminel de guerre nazi, Adolf Eichmann, condamné en 1961 et pendu un an plus tard.

Une remise en vigueur de la peine capitale s'est jusqu'alors heurtée à des obstacles diplomatiques ou moraux, et aux doutes sur l'effet dissuasif, malgré la crispation d'une partie de l'opinion sur les questions sécuritaires et l'émotion suscitée par certains assassinats.

Cependant, l'approche de législatives dans les mois à venir est propice à un durcissement de ton.

Benjamin Netanyahu, à la tête du gouvernement considéré comme le plus à droite de l'histoire du pays, a exprimé son soutien à la peine capitale dans certains cas.

Mais le ministre de l'Energie Youval Steinitz, considéré comme proche de M. Netanyahu, a déclaré que ce projet était "dévastateur pour l'image d'Israël".

"Il n'y aura jamais de peine capitale pour les terroristes, ce n'est que de la politique", a-t-il écrit sur Twitter. Tous les services de sécurité, à commencer par l'armée et le Shin Beth (sécurité intérieure), jugent non seulement qu'elle ne servirait pas la lutte antiterroriste, mais aurait un effet contre-productif, a-t-il dit.

Le gouvernement palestinien a dénoncé mardi dans un communiqué le projet de loi comme une "invitation ouverte au meurtre et aux exécutions", déplorant une "violation flagrante du droit international et humanitaire".]]>
https://www.peinedemort.org/document/10234 Tue, 06 Nov 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Pakistan : Imran Khan dans la tourmente après l'accord avec des islamistes sur Asia Bibi https://www.peinedemort.org/document/10229 Le Premier ministre Imran Khan rentre lundi au Pakistan, où son gouvernement est fortement critiqué pour avoir passé un accord avec les islamistes ayant paralysé le pays après l'acquittement de la chrétienne Asia Bibi. L'ex-champion de cricket vient de passer quatre jours en Chine, d'où il espérait ramener une aide financière pour soulager les très précaires finances pakistanaises. Il retrouve un pays divisé autour du sort de Mme Bibi, condamnée à mort en 2010 pour blasphème, après avoir été dénoncée par un imam. La décision de la Cour suprême d'acquitter cette ouvrière agricole chrétienne âgée d'une cinquantaine d'années, après plus de huit ans passés dans les couloirs de la mort, a provoqué la fureur d'islamistes, qui ont bloqué les principaux axes du pays pendant trois jours. Le blasphème est un sujet extrêmement sensible au Pakistan, où l'islam est religion d'Etat. De simples accusations peuvent aboutir à des lynchages. Les manifestations ne se sont arrêtées qu'après la signature d'un accord controversé avec les manifestants. Le gouvernement s'y engage à lancer une procédure visant à interdire à Asia Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d'acquittement. Pour de nombreux Pakistanais, le gouvernement a capitulé face à des islamistes qui avaient pourtant appelé à assassiner les juges de la Cour suprême et avaient demandé aux militaires de se mutiner. "Le gouvernement ne paraît pas avoir de stratégie", observe l'analyste Fasi Zaka. Il a "juste gagné du temps". - Fin des louanges - Quelques jours plus tôt, Imran Khan s'était pourtant montré ferme face aux islamistes. "Ne nous forcez pas à agir", avait-il menacé, ajoutant "ne tolérer aucun sabotage". Son discours avait été loué même par ses détracteurs, qui l'accusent de sympathie avec des extrémistes. Durant la campagne électorale, le candidat Khan avait en outre affirmé soutenir la loi sur le blasphème. Pour beaucoup, son exécutif s'est incliné pour la deuxième fois face au Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), un parti qui s'est construit autour de la question du blasphème. En début de mandat, le gouvernement Khan avait déjà éconduit un conseiller économique ahmadi, une minorité persécutée au Pakistan, après des pressions du leader du TLP, Khadim Hussain Rizvi. "Khan a peut-être remporté les élections, mais c'est Rizvi qui semble diriger le Pakistan aujourd'hui", a estimé ce week-end l'éditorialiste Fahd Husain dans le quotidien the Express tribune. Asia Bibi, bien que libérée par la justice, reste donc incarcérée. Son mari réclame l'asile pour les siens aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou au Canada. Son avocat a fui aux Pays-Bas, poussé par l'ONU et l'UE "contre sa volonté". La première femme d'Imran Khan, la productrice Jemima Khan, qui l'avait fortement soutenu durant la campagne, s'est jointe au concert de critiques, affirmant que le gouvernement avait signé "l'arrêt de mort" d'Asia Bibi. "Ce n'est pas le Naya (nouveau) Pakistan que nous espérions, a-t-elle tweeté dimanche. - "Réussite" - Le gouvernement a défendu l'accord lundi, arguant qu'il avait empêché davantage de violence. "Nous les avons dispersés de manière pacifique, ce qui est une réussite", a déclaré le ministre de l'Information Fawad Chaudry. D'après l'analyste Zahid Hussain, l'exécutif a surtout eu peur d'un "retour de flamme" des extrémistes après les propos d'Imran Khan, alors que les manifestations faisaient boule de neige et que la puissante armée ne semblait pas soutenir un éventuel usage de la force. Pour ajouter à ses tourments, le Premier ministre est rentré les mains vides de Chine, alors que la Pakistan est au bord de l'insolvabilité. Imran Khan "fait face à un vrai problème et il est allé en Chine pour obtenir de l'aide, mais il a été reçu froidement", observe Fasi Zaka. "Les partis d'opposition vont lui mener la vie dure", pronostique-t-il. Les semaines à venir s'annoncent tendues, le TLP ayant à nouveau menacé les autorités lundi, après l'arrestation de dizaines de ses sympathisants. "Si vous violez l'accord, souvenez-vous que tout le pays se lèvera contre vous", a lancé l'un de ses leaders, Afzal Qadri, sur Facebook.
L'ex-champion de cricket vient de passer quatre jours en Chine, d'où il espérait ramener une aide financière pour soulager les très précaires finances pakistanaises. Il retrouve un pays divisé autour du sort de Mme Bibi, condamnée à mort en 2010 pour blasphème, après avoir été dénoncée par un imam.

La décision de la Cour suprême d'acquitter cette ouvrière agricole chrétienne âgée d'une cinquantaine d'années, après plus de huit ans passés dans les couloirs de la mort, a provoqué la fureur d'islamistes, qui ont bloqué les principaux axes du pays pendant trois jours.

Le blasphème est un sujet extrêmement sensible au Pakistan, où l'islam est religion d'Etat. De simples accusations peuvent aboutir à des lynchages.

Les manifestations ne se sont arrêtées qu'après la signature d'un accord controversé avec les manifestants. Le gouvernement s'y engage à lancer une procédure visant à interdire à Asia Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d'acquittement.

Pour de nombreux Pakistanais, le gouvernement a capitulé face à des islamistes qui avaient pourtant appelé à assassiner les juges de la Cour suprême et avaient demandé aux militaires de se mutiner.

"Le gouvernement ne paraît pas avoir de stratégie", observe l'analyste Fasi Zaka. Il a "juste gagné du temps".

- Fin des louanges -

Quelques jours plus tôt, Imran Khan s'était pourtant montré ferme face aux islamistes. "Ne nous forcez pas à agir", avait-il menacé, ajoutant "ne tolérer aucun sabotage".

Son discours avait été loué même par ses détracteurs, qui l'accusent de sympathie avec des extrémistes. Durant la campagne électorale, le candidat Khan avait en outre affirmé soutenir la loi sur le blasphème.

Pour beaucoup, son exécutif s'est incliné pour la deuxième fois face au Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), un parti qui s'est construit autour de la question du blasphème.

En début de mandat, le gouvernement Khan avait déjà éconduit un conseiller économique ahmadi, une minorité persécutée au Pakistan, après des pressions du leader du TLP, Khadim Hussain Rizvi.

"Khan a peut-être remporté les élections, mais c'est Rizvi qui semble diriger le Pakistan aujourd'hui", a estimé ce week-end l'éditorialiste Fahd Husain dans le quotidien the Express tribune.

Asia Bibi, bien que libérée par la justice, reste donc incarcérée. Son mari réclame l'asile pour les siens aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou au Canada. Son avocat a fui aux Pays-Bas, poussé par l'ONU et l'UE "contre sa volonté".

La première femme d'Imran Khan, la productrice Jemima Khan, qui l'avait fortement soutenu durant la campagne, s'est jointe au concert de critiques, affirmant que le gouvernement avait signé "l'arrêt de mort" d'Asia Bibi.

"Ce n'est pas le Naya (nouveau) Pakistan que nous espérions, a-t-elle tweeté dimanche.

- "Réussite" -

Le gouvernement a défendu l'accord lundi, arguant qu'il avait empêché davantage de violence.

"Nous les avons dispersés de manière pacifique, ce qui est une réussite", a déclaré le ministre de l'Information Fawad Chaudry.

D'après l'analyste Zahid Hussain, l'exécutif a surtout eu peur d'un "retour de flamme" des extrémistes après les propos d'Imran Khan, alors que les manifestations faisaient boule de neige et que la puissante armée ne semblait pas soutenir un éventuel usage de la force.

Pour ajouter à ses tourments, le Premier ministre est rentré les mains vides de Chine, alors que la Pakistan est au bord de l'insolvabilité.

Imran Khan "fait face à un vrai problème et il est allé en Chine pour obtenir de l'aide, mais il a été reçu froidement", observe Fasi Zaka. "Les partis d'opposition vont lui mener la vie dure", pronostique-t-il.

Les semaines à venir s'annoncent tendues, le TLP ayant à nouveau menacé les autorités lundi, après l'arrestation de dizaines de ses sympathisants. "Si vous violez l'accord, souvenez-vous que tout le pays se lèvera contre vous", a lancé l'un de ses leaders, Afzal Qadri, sur Facebook.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10229 Mon, 05 Nov 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
L'avocat d'Asia Bibi dit avoir quitté le Pakistan "contre sa volonté" https://www.peinedemort.org/document/10230 La Haye - L'avocat de la Pakistanaise chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème puis acquittée, a affirmé lundi à La Haye avoir quitté le pays "contre sa volonté", l'ONU et l'UE craignant pour sa sécurité face aux menaces d'islamistes radicaux. Lors d'une conférence de presse, Saif-ul-Mulook a expliqué avoir contacté un officiel des Nations unies à Islamabad après que l'acquittement historique d'Asia Bibi par la Cour suprême a provoqué la fureur des milieux extrémistes musulmans. "Ils (l'ONU) et les ambassadeurs des nations européennes à Islamabad m'ont gardé pendant trois jours et puis m'ont mis dans un avion contre mon gré", a déclaré l'avocat, qui a quitté le Pakistan samedi et se trouve à présent aux Pays-Bas. "Je leur ai dit que je ne quitterais pas le pays tant qu'Asia ne serait pas sortie de prison", a-t-il insisté. "Je ne suis pas heureux d'être ici sans elle mais tout le monde a dit +Non, tu es la cible principale pour le moment et le monde entier s'occupe d'Asia Bibi." "Ils étaient d'avis que ma vie était en danger imminent. Pendant trois jours, ils ne m'ont pas laissé ouvrir la porte. Un jour, j'ai appelé l'ambassadeur français et je lui ai dit que je ne voulais pas être ici", a ajouté l'avocat. Samedi, Saif-ul-Mulook avait annoncé quitter le Pakistan en disant craindre pour sa vie. "Dans le scénario actuel, il ne m'est pas possible de vivre au Pakistan", avait-il déclaré à l'AFP avant d'embarquer à bord d'un avion. Après un bref passage à Rome, l'avocat est arrivé à La Haye durant le week-end avec l'aide de la fondation néerlandaise HVC, qui défend les droits des minorités chrétiennes. Le sort d'Asia Bibi reste incertain après le dépôt d'un recours contre son acquittement. La libération de cette chrétienne condamnée à mort en 2010 pour blasphème a été remise en question à la suite d'un accord controversé conclu dans la nuit de vendredi à samedi entre les autorités et des manifestants islamistes qui paralysaient le pays depuis trois jours.
Lors d'une conférence de presse, Saif-ul-Mulook a expliqué avoir contacté un officiel des Nations unies à Islamabad après que l'acquittement historique d'Asia Bibi par la Cour suprême a provoqué la fureur des milieux extrémistes musulmans.

"Ils (l'ONU) et les ambassadeurs des nations européennes à Islamabad m'ont gardé pendant trois jours et puis m'ont mis dans un avion contre mon gré", a déclaré l'avocat, qui a quitté le Pakistan samedi et se trouve à présent aux Pays-Bas.

"Je leur ai dit que je ne quitterais pas le pays tant qu'Asia ne serait pas sortie de prison", a-t-il insisté.

"Je ne suis pas heureux d'être ici sans elle mais tout le monde a dit +Non, tu es la cible principale pour le moment et le monde entier s'occupe d'Asia Bibi."

"Ils étaient d'avis que ma vie était en danger imminent. Pendant trois jours, ils ne m'ont pas laissé ouvrir la porte. Un jour, j'ai appelé l'ambassadeur français et je lui ai dit que je ne voulais pas être ici", a ajouté l'avocat.

Samedi, Saif-ul-Mulook avait annoncé quitter le Pakistan en disant craindre pour sa vie. "Dans le scénario actuel, il ne m'est pas possible de vivre au Pakistan", avait-il déclaré à l'AFP avant d'embarquer à bord d'un avion.

Après un bref passage à Rome, l'avocat est arrivé à La Haye durant le week-end avec l'aide de la fondation néerlandaise HVC, qui défend les droits des minorités chrétiennes.

Le sort d'Asia Bibi reste incertain après le dépôt d'un recours contre son acquittement.

La libération de cette chrétienne condamnée à mort en 2010 pour blasphème a été remise en question à la suite d'un accord controversé conclu dans la nuit de vendredi à samedi entre les autorités et des manifestants islamistes qui paralysaient le pays depuis trois jours.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10230 Mon, 05 Nov 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
L'avocat de la chrétienne Asia Bibi n'est plus au Pakistan https://www.peinedemort.org/document/10221 ISLAMABAD (Reuters) - L'avocat pakistanais qui a fait acquitter la chrétienne Asia Bibi condamnée à mort pour blasphème a annoncé samedi avoir quitté le pays, disant craindre pour sa vie après les manifestations islamistes qui ont suivi la décision de la Cour suprême. Les dirigeants du groupe islamiste fondamentaliste Tehreek-e-Labaik (TLP) ont bloqué pendant trois jours les principales routes des plus grandes villes du Pakistan. Ils ont appelé à l'assassinat des juges de la Cour suprême qui ont acquitté mercredi Asia Bibi en demandant à leurs domestiques de les tuer. L'avocat, Saiful Mulook, s'était fait plutôt discret pendant toutes les années où il représentait Asia Bibi, en raison de la nature extrêmement sensible du dossier. Cette mère de cinq enfants a été condamnée à la peine capitale en 2010. Deux hommes politiques qui ont essayé de l'aider ont été assassinés. Dans un message WhatsApp, Saiful Mulook a déclaré à Reuters qu'il était parti à l'étranger "juste pour sauver [sa] vie" et échapper à "la foule en colère". Il dit également craindre pour la sécurité de sa famille. Il a ajouté qu'il retournerait au Pakistan s'il lui était accordé une protection policière. On ignore où se trouve Asia Bibi, mais les islamistes ont mis en garde les autorités contre son expulsion du pays. "Il y aura une guerre s'ils font quitter le pays à Asia", a menacé le chef du TLP, Khadim Hussain Rizvi. L'un de ses adjoints a appelé au meurtre du président de la Cour suprême du Pakistan, Saqib Nisar, et de deux autres juges qui ont statué dans cette affaire. Le TLP a été créé à la suite d'un mouvement soutenant un garde du corps ayant assassiné le gouverneur de la province du Punjab, Salman Taseer, qui avait pris la défense d'Asia Bibi en 2011. Le ministre fédéral des minorités, Shahbaz Bhatti, a également été tué après avoir réclamé sa libération. Asia Bibi a été reconnue coupable de blasphème en 2010 pour avoir fait des remarques désobligeantes à propos de l'islam. Ses voisins s'étaient opposés à ce qu'elle boive de l'eau dans leur verre parce qu'elle n'était pas musulmane. Elle a toujours nié avoir commis un blasphème. L'affaire a scandalisé les chrétiens du monde entier. C'est également une source de divisions au Pakistan, où des partis islamistes tels que le TLP considèrent que le gouvernement pakistanais, en libérant Asia Bibi, a cédé aux demandes occidentales. L'acquittement d'Asia Bibi fait l'objet d'une requête en révision. Il est toutefois extrêmement rare qu'une décision de la Cour suprême soit annulée par ce genre de demande.
Les dirigeants du groupe islamiste fondamentaliste Tehreek-e-Labaik (TLP) ont bloqué pendant trois jours les principales routes des plus grandes villes du Pakistan. Ils ont appelé à l'assassinat des juges de la Cour suprême qui ont acquitté mercredi Asia Bibi en demandant à leurs domestiques de les tuer.

L'avocat, Saiful Mulook, s'était fait plutôt discret pendant toutes les années où il représentait Asia Bibi, en raison de la nature extrêmement sensible du dossier. Cette mère de cinq enfants a été condamnée à la peine capitale en 2010. Deux hommes politiques qui ont essayé de l'aider ont été assassinés.

Dans un message WhatsApp, Saiful Mulook a déclaré à Reuters qu'il était parti à l'étranger "juste pour sauver [sa] vie" et échapper à "la foule en colère". Il dit également craindre pour la sécurité de sa famille.

Il a ajouté qu'il retournerait au Pakistan s'il lui était accordé une protection policière.

On ignore où se trouve Asia Bibi, mais les islamistes ont mis en garde les autorités contre son expulsion du pays.

"Il y aura une guerre s'ils font quitter le pays à Asia", a menacé le chef du TLP, Khadim Hussain Rizvi.

L'un de ses adjoints a appelé au meurtre du président de la Cour suprême du Pakistan, Saqib Nisar, et de deux autres juges qui ont statué dans cette affaire.

Le TLP a été créé à la suite d'un mouvement soutenant un garde du corps ayant assassiné le gouverneur de la province du Punjab, Salman Taseer, qui avait pris la défense d'Asia Bibi en 2011. Le ministre fédéral des minorités, Shahbaz Bhatti, a également été tué après avoir réclamé sa libération.

Asia Bibi a été reconnue coupable de blasphème en 2010 pour avoir fait des remarques désobligeantes à propos de l'islam. Ses voisins s'étaient opposés à ce qu'elle boive de l'eau dans leur verre parce qu'elle n'était pas musulmane.

Elle a toujours nié avoir commis un blasphème.

L'affaire a scandalisé les chrétiens du monde entier. C'est également une source de divisions au Pakistan, où des partis islamistes tels que le TLP considèrent que le gouvernement pakistanais, en libérant Asia Bibi, a cédé aux demandes occidentales.

L'acquittement d'Asia Bibi fait l'objet d'une requête en révision. Il est toutefois extrêmement rare qu'une décision de la Cour suprême soit annulée par ce genre de demande.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10221 Sun, 04 Nov 2018 00:00:00 +0100 Reuters
Pakistan - Le mari d'Asia Bibi appelle à l'aide Trump et May https://www.peinedemort.org/document/10222 ISLAMABAD, 4 novembre (Reuters) - Le mari d'Asia Bibi, chrétienne pakistanaise acquittée après avoir passé huit ans dans le couloir de la mort pour blasphème, demande à Donald Trump de les aider à quitter le Pakistan, en invoquant le danger que court la famille dans ce pays. Ashiq Masih implore aussi l'aide du Royaume-Uni et du Canada. Le parti islamiste Tehreek-e-Labaik (TLP) a bloqué les artères principales des plus grandes villes du pays pendant trois jours, cette semaine, en appelant au meurtre des juges de la Cour suprême qui ont acquitté Asia Bibi mercredi, et en qualifiant le Premier ministre, Imran Khan, et le chef des forces armées d'ennemis de l'islam. Le TLP a annoncé vendredi soir l'arrêt de ses manifestations après avoir conclu un accord avec le gouvernement en vertu duquel les autorités pourraient placer Asia Bibi sur une "liste de contrôle des sorties", l'interdisant ainsi de quitter le pays et ouvrant la voie à une révision du verdict d'acquittement. "Je demande au président des Etats-Unis Donald Trump de nous aider à quitter le Pakistan", a déclaré Ashiq Masih dans une vidéo consultée par Reuters. "Je demande aussi à la Première ministre britannique [Theresa May] de nous aider, ce que je demande aussi au Premier ministre canadien [Justin Trudeau]", ajoute-t-il dans la vidéo. L'ambassade des Etats-Unis et les missions diplomates de Grande-Bretagne et du Canada au Pakistan n'ont pas réagi pour le moment. Samedi, l'avocat d'Asia Bibi, Saiful Mulook, a déclaré à Reuters avoir quitté le Pakistan par crainte pour sa vie et en raison des menaces qui pèsent sur sa famille. Asia Bibi avait été reconnue coupable en 2010 de blasphème pour avoir tenu des propos désobligeants envers l'islam, lorsque des voisines avaient refusé qu'elle boive de l'eau dans leur verre parce qu'elle n'était pas musulmane. Elle a toujours démenti avoir commis quelque blasphème que ce soit.
Ashiq Masih implore aussi l'aide du Royaume-Uni et du Canada.

Le parti islamiste Tehreek-e-Labaik (TLP) a bloqué les artères principales des plus grandes villes du pays pendant trois jours, cette semaine, en appelant au meurtre des juges de la Cour suprême qui ont acquitté Asia Bibi mercredi, et en qualifiant le Premier ministre, Imran Khan, et le chef des forces armées d'ennemis de l'islam.

Le TLP a annoncé vendredi soir l'arrêt de ses manifestations après avoir conclu un accord avec le gouvernement en vertu duquel les autorités pourraient placer Asia Bibi sur une "liste de contrôle des sorties", l'interdisant ainsi de quitter le pays et ouvrant la voie à une révision du verdict d'acquittement.

"Je demande au président des Etats-Unis Donald Trump de nous aider à quitter le Pakistan", a déclaré Ashiq Masih dans une vidéo consultée par Reuters.

"Je demande aussi à la Première ministre britannique [Theresa May] de nous aider, ce que je demande aussi au Premier ministre canadien [Justin Trudeau]", ajoute-t-il dans la vidéo.

L'ambassade des Etats-Unis et les missions diplomates de Grande-Bretagne et du Canada au Pakistan n'ont pas réagi pour le moment.

Samedi, l'avocat d'Asia Bibi, Saiful Mulook, a déclaré à Reuters avoir quitté le Pakistan par crainte pour sa vie et en raison des menaces qui pèsent sur sa famille.

Asia Bibi avait été reconnue coupable en 2010 de blasphème pour avoir tenu des propos désobligeants envers l'islam, lorsque des voisines avaient refusé qu'elle boive de l'eau dans leur verre parce qu'elle n'était pas musulmane. Elle a toujours démenti avoir commis quelque blasphème que ce soit.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10222 Sun, 04 Nov 2018 00:00:00 +0100 Reuters
USA: la Cour suprême priée d'entendre la peine des bourreaux https://www.peinedemort.org/document/10224 Washington - La Cour suprême doit examiner mardi le dossier d'un condamné à mort susceptible de mal réagir à une injection létale, qui a reçu le soutien d'anciens agents pénitentiaires soucieux d'épargner à leurs collègues les affres d'une exécution ratée. "Quand une exécution tourne mal, ceux qui sont aux commandes souffrent" aussi, rappelle à l'AFP Jerry Givens qui fut bourreau en Virginie de 1982 à 1999. "On ferme les yeux de quelqu'un, mais nous, on les garde grands ouverts." Avec treize autres anciens gardiens ou directeurs de prison, il vient d'écrire à la plus haute juridiction américaine pour lui demander de prendre en compte cette souffrance quand elle se prononcera sur le dossier de Russell Bucklew. Cet homme de 50 ans, condamné à la peine capitale pour un viol et un meurtre, est atteint d'une maladie rare et risque, selon ses avocats, de s'étouffer avec son propre sang si l'Etat du Missouri l'exécute par injection comme prévu. Il demande donc à la Cour suprême d'invalider cette méthode et propose de mourir par suffocation dans une chambre à gaz. La haute cour, saisie en urgence, a déjà suspendu à deux reprises son exécution et a décidé de se pencher sur le fond du dossier. Elle doit entendre mercredi les arguments des deux parties. En prévision de cette audience, Jerry Givens et ses anciens collègues se sont portés parties à la procédure. "Etre face à un détenu et lui prendre sa vie est un lourd poids à porter", ont-ils écrit en soutien à M. Bucklew. "Quand, comme ici, une exécution a peu de chances de bien se passer, la charge devient insoutenable." - "Mes mains sur le type" - "Avec ce gars, la drogue va peut-être mal réagir, pourquoi prendre ce risque?", interroge M. Givens qui a procédé au cours de sa carrière à 62 exécutions, par injection ou électrocution. Même quand tout se passait comme prévu, "je n'aimais pas les injections, je me sentais trop attaché", confie à l'AFP cet homme de 65 ans. "J'avais mes mains sur le type, il fallait que j'administre la drogue avec une seringue, alors que sinon, il me suffisait de pousser un bouton." A l'époque, il tient le coup, convaincu de n'être qu'un rouage au service de la justice. Mis en cause dans une histoire complexe de voitures volées, il se retrouve à la fin des années 1990 sur le banc des accusés. S'estimant injustement condamné, il perd confiance dans la machine judiciaire et devient un farouche opposant à la peine capitale. "Le système est cassé. Tant qu'on ne l'aura pas réparé, on ne peut pas continuer" à procéder à des exécutions, estime le retraité. Malgré son militantisme, son passé continue de le hanter. "C'est toujours là. Tant que les Américains continueront à procéder à des exécutions, ma cicatrice peut rouvrir à tout moment, et les souvenirs remonter." - "Alcool, drogues et cauchemars" - Jerry Givens est l'un des rares anciens bourreaux à parler ouvertement de son expérience même si, "ces dernières années, de plus en plus d'agents des services correctionnels ont exprimé leur malaise", rappelle Sarah Turberville, directrice de l'association Constitution project qui défend Russell Bucklew. Quand la Cour suprême a décidé d'examiner son dossier sur le fond, alors qu'elle ne se penche pas souvent sur les méthodes d'exécution, "on les a contactés pour savoir s'ils accepteraient de partager leur expérience avec la Cour", raconte-t-elle. "Et beaucoup ont été partants." L'un d'eux, Allen Ault a supervisé cinq exécutions dans les années 1990 en Géorgie. A la Cour, il explique que ses collègues et lui ont souffert de "quelque chose qui ressemble à du stress post-traumatique. Beaucoup se sont tournés vers l'alcool ou la drogue. Pour moi, les nuits où j'arrivais à dormir étaient entachées de cauchemars." James Willett, qui ne fait pas partie des signataires, assure pour sa part à l'AFP "ne jamais avoir perdu une minute de sommeil", bien qu'il ait supervisé près d'une centaine d'exécutions à Huntsville, au Texas avant de prendre sa retraite en 2001. Il dit même s'être un peu endurci avec le temps. Avant d'ajouter: "Mais cela n'a jamais été facile de voir mourir une personne en bonne santé, surtout les jeunes hommes."
"Quand une exécution tourne mal, ceux qui sont aux commandes souffrent" aussi, rappelle à l'AFP Jerry Givens qui fut bourreau en Virginie de 1982 à 1999. "On ferme les yeux de quelqu'un, mais nous, on les garde grands ouverts."

Avec treize autres anciens gardiens ou directeurs de prison, il vient d'écrire à la plus haute juridiction américaine pour lui demander de prendre en compte cette souffrance quand elle se prononcera sur le dossier de Russell Bucklew.

Cet homme de 50 ans, condamné à la peine capitale pour un viol et un meurtre, est atteint d'une maladie rare et risque, selon ses avocats, de s'étouffer avec son propre sang si l'Etat du Missouri l'exécute par injection comme prévu.

Il demande donc à la Cour suprême d'invalider cette méthode et propose de mourir par suffocation dans une chambre à gaz.

La haute cour, saisie en urgence, a déjà suspendu à deux reprises son exécution et a décidé de se pencher sur le fond du dossier. Elle doit entendre mercredi les arguments des deux parties.

En prévision de cette audience, Jerry Givens et ses anciens collègues se sont portés parties à la procédure.

"Etre face à un détenu et lui prendre sa vie est un lourd poids à porter", ont-ils écrit en soutien à M. Bucklew. "Quand, comme ici, une exécution a peu de chances de bien se passer, la charge devient insoutenable."

- "Mes mains sur le type" -

"Avec ce gars, la drogue va peut-être mal réagir, pourquoi prendre ce risque?", interroge M. Givens qui a procédé au cours de sa carrière à 62 exécutions, par injection ou électrocution.

Même quand tout se passait comme prévu, "je n'aimais pas les injections, je me sentais trop attaché", confie à l'AFP cet homme de 65 ans. "J'avais mes mains sur le type, il fallait que j'administre la drogue avec une seringue, alors que sinon, il me suffisait de pousser un bouton."

A l'époque, il tient le coup, convaincu de n'être qu'un rouage au service de la justice.

Mis en cause dans une histoire complexe de voitures volées, il se retrouve à la fin des années 1990 sur le banc des accusés. S'estimant injustement condamné, il perd confiance dans la machine judiciaire et devient un farouche opposant à la peine capitale.

"Le système est cassé. Tant qu'on ne l'aura pas réparé, on ne peut pas continuer" à procéder à des exécutions, estime le retraité.

Malgré son militantisme, son passé continue de le hanter. "C'est toujours là. Tant que les Américains continueront à procéder à des exécutions, ma cicatrice peut rouvrir à tout moment, et les souvenirs remonter."

- "Alcool, drogues et cauchemars" -

Jerry Givens est l'un des rares anciens bourreaux à parler ouvertement de son expérience même si, "ces dernières années, de plus en plus d'agents des services correctionnels ont exprimé leur malaise", rappelle Sarah Turberville, directrice de l'association Constitution project qui défend Russell Bucklew.

Quand la Cour suprême a décidé d'examiner son dossier sur le fond, alors qu'elle ne se penche pas souvent sur les méthodes d'exécution, "on les a contactés pour savoir s'ils accepteraient de partager leur expérience avec la Cour", raconte-t-elle. "Et beaucoup ont été partants."

L'un d'eux, Allen Ault a supervisé cinq exécutions dans les années 1990 en Géorgie. A la Cour, il explique que ses collègues et lui ont souffert de "quelque chose qui ressemble à du stress post-traumatique. Beaucoup se sont tournés vers l'alcool ou la drogue. Pour moi, les nuits où j'arrivais à dormir étaient entachées de cauchemars."

James Willett, qui ne fait pas partie des signataires, assure pour sa part à l'AFP "ne jamais avoir perdu une minute de sommeil", bien qu'il ait supervisé près d'une centaine d'exécutions à Huntsville, au Texas avant de prendre sa retraite en 2001.

Il dit même s'être un peu endurci avec le temps. Avant d'ajouter: "Mais cela n'a jamais été facile de voir mourir une personne en bonne santé, surtout les jeunes hommes." ]]>
https://www.peinedemort.org/document/10224 Sun, 04 Nov 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Pakistan: le mari d'Asia Bibi demande l'asile pour sa famille https://www.peinedemort.org/document/10225 Le mari d'Asia Bibi réclame l'asile pour sa famille aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou au Canada alors que le sort de la Pakistanaise, acquittée cette semaine après avoir été condamnée à mort pour blasphème, demeure très incertain dans son pays. "Je demande au président Donald Trump de nous aider à partir. Après cela, je demande à la Première ministre britannique (Theresa May) de faire de son mieux pour nous aider", a déclaré Ashiq Masih dans un message vidéo vu par l'AFP. Le mari d'Asia Bibi a également sollicité l'"aide" du Premier ministre canadien Justin Trudeau. "La famille demande l'asile aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et au Canada", a affirmé dimanche à l'AFP Wilson Chowdhry, le président de l'association des chrétiens pakistanais de Grande-Bretagne, qui aide Asia Bibi et sa famille depuis des années. "Ces pays ont les plus grandes communautés de chrétiens pakistanais" et l'on y parle l'anglais, une langue qu'apprennent les filles d'Asia Bibi, mais qu'elle-même et son mari ne parlent pas, a-t-il expliqué. Dans la vidéo, Ashiq Masih réclame également l'asile pour Joseph Nadeem, qui a hébergé sa famille depuis la condamnation à mort de sa femme pour blasphème en 2010. "Si Asia Bibi quitte le pays, chaque membre de sa famille, chaque personne associée à elle, sera tuée", s'est inquiété Wilson Chowdhry, qui estime à "moins de vingt" le nombre de personnes devant obtenir l'asile dans cette affaire. Préalable à son départ du Pakistan, la libération de la chrétienne, qui semblait acquise après son acquittement mercredi par la Cour suprême, paraît toutefois incertaine. Le gouvernement a signé dans la nuit de vendredi à samedi un accord controversé avec des manifestants islamistes qui ont paralysé le pays trois jours durant. Il s'y est notamment engagé à lancer une procédure visant à interdire à Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d'acquittement initiée par un religieux. - "Famille totalement brisée" - Asia Bibi, bien que libérée par la justice, reste donc incarcérée à Multan (centre). "Ses filles pleurent. Elles n'ont toujours pas vu leur mère. La famille est totalement brisée. Leur espoir initial s'est transformé en angoisse", a commenté Wilson Chowdhry. Samedi, Ashiq Masih avait demandé aux autorités de "renforcer la sécurité" de son épouse "en prison". "Le gouvernement n'aurait jamais dû passer un tel accord", avait-il déploré lors d'un entretien avec la radio allemande Deutsche Welle, critiquant une tentative de "faire pression sur la justice". Le même jour, l'avocat de la chrétienne, Saif ul-Mulook, avait annoncé à l'AFP son départ du Pakistan, où la question du blasphème est très sensible et l'affaire Asia Bibi particulièrement explosive. En 2011, un ministre chrétien, Shahbaz Bhatti, qui s'opposait à la loi sur le blasphème, avait été assassiné à Islamabad. Quelques mois plus tard, un ex-gouverneur de la province pakistanaise du Pendjab, Salman Taseer, avait été abattu pour le même motif par un de ses propres gardes du corps. En 2014, un avocat pakistanais défendant un professeur d'université accusé d'avoir porté atteinte au prophète Mahomet avait lui aussi été tué. "J'ai besoin de rester en vie car je dois poursuivre la bataille judiciaire pour Asia Bibi", a commenté Me Mulook, qui ne s'est vu accorder aucune protection rapprochée après le verdict en faveur de sa cliente. S'il s'attendait à la réaction violente des extrémistes, qui ont bloqué tous les grands axes du pays et appelé au meurtre des juges de la Cour suprême et à des mutineries dans l'armée, "ce qui est douloureux, c'est la réponse du gouvernement, avait regretté le sexagénaire. Ils ne peuvent même pas (faire) appliquer un jugement de la plus haute cour du pays". Dimanche, la Commission des droits de l'Homme pakistanaise s'est dite "consternée" par l'"incapacité du gouvernement à protéger l'Etat et le caractère sacré de la loi", qualifiant l'accord signé avec les islamistes de "mascarade" après le jugement "historique" de la Cour suprême.
"Je demande au président Donald Trump de nous aider à partir. Après cela, je demande à la Première ministre britannique (Theresa May) de faire de son mieux pour nous aider", a déclaré Ashiq Masih dans un message vidéo vu par l'AFP. Le mari d'Asia Bibi a également sollicité l'"aide" du Premier ministre canadien Justin Trudeau.

"La famille demande l'asile aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et au Canada", a affirmé dimanche à l'AFP Wilson Chowdhry, le président de l'association des chrétiens pakistanais de Grande-Bretagne, qui aide Asia Bibi et sa famille depuis des années.

"Ces pays ont les plus grandes communautés de chrétiens pakistanais" et l'on y parle l'anglais, une langue qu'apprennent les filles d'Asia Bibi, mais qu'elle-même et son mari ne parlent pas, a-t-il expliqué.

Dans la vidéo, Ashiq Masih réclame également l'asile pour Joseph Nadeem, qui a hébergé sa famille depuis la condamnation à mort de sa femme pour blasphème en 2010.

"Si Asia Bibi quitte le pays, chaque membre de sa famille, chaque personne associée à elle, sera tuée", s'est inquiété Wilson Chowdhry, qui estime à "moins de vingt" le nombre de personnes devant obtenir l'asile dans cette affaire.

Préalable à son départ du Pakistan, la libération de la chrétienne, qui semblait acquise après son acquittement mercredi par la Cour suprême, paraît toutefois incertaine.

Le gouvernement a signé dans la nuit de vendredi à samedi un accord controversé avec des manifestants islamistes qui ont paralysé le pays trois jours durant. Il s'y est notamment engagé à lancer une procédure visant à interdire à Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d'acquittement initiée par un religieux.

- "Famille totalement brisée" -

Asia Bibi, bien que libérée par la justice, reste donc incarcérée à Multan (centre).

"Ses filles pleurent. Elles n'ont toujours pas vu leur mère. La famille est totalement brisée. Leur espoir initial s'est transformé en angoisse", a commenté Wilson Chowdhry.

Samedi, Ashiq Masih avait demandé aux autorités de "renforcer la sécurité" de son épouse "en prison". "Le gouvernement n'aurait jamais dû passer un tel accord", avait-il déploré lors d'un entretien avec la radio allemande Deutsche Welle, critiquant une tentative de "faire pression sur la justice".

Le même jour, l'avocat de la chrétienne, Saif ul-Mulook, avait annoncé à l'AFP son départ du Pakistan, où la question du blasphème est très sensible et l'affaire Asia Bibi particulièrement explosive.

En 2011, un ministre chrétien, Shahbaz Bhatti, qui s'opposait à la loi sur le blasphème, avait été assassiné à Islamabad. Quelques mois plus tard, un ex-gouverneur de la province pakistanaise du Pendjab, Salman Taseer, avait été abattu pour le même motif par un de ses propres gardes du corps. En 2014, un avocat pakistanais défendant un professeur d'université accusé d'avoir porté atteinte au prophète Mahomet avait lui aussi été tué.

"J'ai besoin de rester en vie car je dois poursuivre la bataille judiciaire pour Asia Bibi", a commenté Me Mulook, qui ne s'est vu accorder aucune protection rapprochée après le verdict en faveur de sa cliente.

S'il s'attendait à la réaction violente des extrémistes, qui ont bloqué tous les grands axes du pays et appelé au meurtre des juges de la Cour suprême et à des mutineries dans l'armée, "ce qui est douloureux, c'est la réponse du gouvernement, avait regretté le sexagénaire. Ils ne peuvent même pas (faire) appliquer un jugement de la plus haute cour du pays".

Dimanche, la Commission des droits de l'Homme pakistanaise s'est dite "consternée" par l'"incapacité du gouvernement à protéger l'Etat et le caractère sacré de la loi", qualifiant l'accord signé avec les islamistes de "mascarade" après le jugement "historique" de la Cour suprême.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10225 Sun, 04 Nov 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Un élu N-VA invite la Belgique à octroyer l'asile à Asia Bibi https://www.peinedemort.org/document/10228 Le député Peter Luykx (N-VA) a lancé dimanche un appel au soutien de la Belgique à la chrétienne Asia Bibi dont le sort reste incertain au Pakistan après que son acquittement d'une condamnation à mort pour blasphème a suscité l'ire des islamistes et provoqué un recours contre cette décision. «Tant Asia Bibi que son mari doivent être protégés. La Belgique peut leur offrir l'asile. Ce ne serait pas la première fois que le gouvernement agisse de la sorte», a indiqué dimanche Peter Luykx. Le député en appelle également à une réaction du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders afin qu'il s'inscrive dans les pas de la résolution votée en 2017 à la Chambre visant à protéger les minorités religieuses en proie à la violence de groupes extrémistes. Le temps est venu pour la Belgique de «condamner fermement la violence contre la minorité chrétienne au Pakistan», a estimé le député nationaliste. Peter Luykx a également fait référence à l'action du secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Theo Francken qui avait fait grand cas des quelques visas humanitaires octroyés à des ressortissants appartenant à des minorités chrétiennes au Moyen-Orient. Le secrétaire d'État N-VA a fait part de son empathie pour ces populations lors de prises de parole dans des églises dont disposent leurs représentants en Flandre. Sa politique discrétionnaire a été mise en cause par nombre d'observateurs, politiques et institutionnels. Au-delà de l'intérêt légitime porté à ces communautés, et au sort d'Asia Bibi en particulier, on observera qu'à six mois des élections législatives, ces élus de la N-VA poursuivent une quête identitaire digne d'un repli ultramontain, en témoignent la nouvelle campagne du même Theo Francken sur les réseaux sociaux contre la laïcisation des marchés et crèches de Noël ainsi que ses incantations régulières contre la charia, pourtant inexistante en Belgique.
«Tant Asia Bibi que son mari doivent être protégés. La Belgique peut leur offrir l'asile. Ce ne serait pas la première fois que le gouvernement agisse de la sorte», a indiqué dimanche Peter Luykx. Le député en appelle également à une réaction du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders afin qu'il s'inscrive dans les pas de la résolution votée en 2017 à la Chambre visant à protéger les minorités religieuses en proie à la violence de groupes extrémistes. Le temps est venu pour la Belgique de «condamner fermement la violence contre la minorité chrétienne au Pakistan», a estimé le député nationaliste.

Peter Luykx a également fait référence à l'action du secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Theo Francken qui avait fait grand cas des quelques visas humanitaires octroyés à des ressortissants appartenant à des minorités chrétiennes au Moyen-Orient. Le secrétaire d'État N-VA a fait part de son empathie pour ces populations lors de prises de parole dans des églises dont disposent leurs représentants en Flandre. Sa politique discrétionnaire a été mise en cause par nombre d'observateurs, politiques et institutionnels.

Au-delà de l'intérêt légitime porté à ces communautés, et au sort d'Asia Bibi en particulier, on observera qu'à six mois des élections législatives, ces élus de la N-VA poursuivent une quête identitaire digne d'un repli ultramontain, en témoignent la nouvelle campagne du même Theo Francken sur les réseaux sociaux contre la laïcisation des marchés et crèches de Noël ainsi que ses incantations régulières contre la charia, pourtant inexistante en Belgique.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10228 Sun, 04 Nov 2018 00:00:00 +0100 Belga - Agence Télégraphique Belge de Presse
Pakistan: l'avocat d'Asia Bibi a quitté le pays, craignant pour sa vie https://www.peinedemort.org/document/10215 L'avocat qui a sauvé la Pakistanaise chrétienne Asia Bibi d'une pendaison pour blasphème, Saif-ul-Mulook, a quitté le pays samedi, déclarant craindre pour sa vie après des menaces d'islamistes radicaux. M. Mulook était le défenseur de Mme Bibi dans l'affaire qui lui a valu de passer près de dix ans dans le couloir de la mort avant d'être acquittée mercredi par un verdict de la Cour suprême qui a provoqué la fureur des milieux extrémistes musulmans. Ceux-ci sont descendus dans les rues, paralysant une grande partie du pays pendant trois jours, avant qu'un accord y mettant fin ne soit conclu dans la nuit de vendredi à samedi entre les autorités et les manifestants. "Dans le scénario actuel, il ne m'est pas possible de vivre au Pakistan", a déclaré l'avocat à l'AFP avant d'embarquer à bord d'un avion tôt samedi. "J'ai besoin de rester en vie car je dois poursuivre la bataille judiciaire pour Asia Bibi", a expliqué le sexagénaire, qui ne s'est vu accorder aucune protection rapprochée après le verdict en faveur de sa cliente. La réaction violente des extrémistes au jugement était selon lui "malheureuse mais pas inattendue". "Je m'y attendais mais ce qui est douloureux, c'est la réponse du gouvernement. Ils ne peuvent même pas (faire) appliquer un jugement de la plus haute cour du pays", a-t-il déploré. Après trois jours de chaos dans le pays, les manifestants et le gouvernement ont indiqué être parvenus à un accord tard vendredi. Le texte en cinq points prévoit notamment que le gouvernement ne s'oppose pas au dépôt d'une requête en révision du jugement de la Cour suprême et qu'il lancera une procédure visant à interdire à Mme Bibi de quitter le territoire. Selon M. Mulook, cela signifie que Mme Bibi devra demeurer en prison ou dans un autre endroit sûr en attendant que la requête soit examinée. "Sa vie serait plus ou moins la même, que ce soit à l'intérieur d'une prison ou à l'extérieur à l'isolement en raison de craintes sécuritaires", a-t-il noté. Le gouvernement était vivement critiqué samedi pour cet accord, qualifié de "nouvelle reddition". "Un gouvernement de plus a capitulé face à des extrémistes religieux violents qui ne croient ni en la démocratie, ni en la Constitution", déplore le quotidien Dawn dans son éditorial samedi. Il semble que le discours de fermeté à l'égard des islamistes prononcé mercredi soir par le Premier ministre Imran Khan "soit déjà condamné à la poubelle de l'Histoire", conclut le journal.
M. Mulook était le défenseur de Mme Bibi dans l'affaire qui lui a valu de passer près de dix ans dans le couloir de la mort avant d'être acquittée mercredi par un verdict de la Cour suprême qui a provoqué la fureur des milieux extrémistes musulmans.

Ceux-ci sont descendus dans les rues, paralysant une grande partie du pays pendant trois jours, avant qu'un accord y mettant fin ne soit conclu dans la nuit de vendredi à samedi entre les autorités et les manifestants.

"Dans le scénario actuel, il ne m'est pas possible de vivre au Pakistan", a déclaré l'avocat à l'AFP avant d'embarquer à bord d'un avion tôt samedi.

"J'ai besoin de rester en vie car je dois poursuivre la bataille judiciaire pour Asia Bibi", a expliqué le sexagénaire, qui ne s'est vu accorder aucune protection rapprochée après le verdict en faveur de sa cliente.

La réaction violente des extrémistes au jugement était selon lui "malheureuse mais pas inattendue".

"Je m'y attendais mais ce qui est douloureux, c'est la réponse du gouvernement. Ils ne peuvent même pas (faire) appliquer un jugement de la plus haute cour du pays", a-t-il déploré.

Après trois jours de chaos dans le pays, les manifestants et le gouvernement ont indiqué être parvenus à un accord tard vendredi.

Le texte en cinq points prévoit notamment que le gouvernement ne s'oppose pas au dépôt d'une requête en révision du jugement de la Cour suprême et qu'il lancera une procédure visant à interdire à Mme Bibi de quitter le territoire.

Selon M. Mulook, cela signifie que Mme Bibi devra demeurer en prison ou dans un autre endroit sûr en attendant que la requête soit examinée. "Sa vie serait plus ou moins la même, que ce soit à l'intérieur d'une prison ou à l'extérieur à l'isolement en raison de craintes sécuritaires", a-t-il noté.

Le gouvernement était vivement critiqué samedi pour cet accord, qualifié de "nouvelle reddition".

"Un gouvernement de plus a capitulé face à des extrémistes religieux violents qui ne croient ni en la démocratie, ni en la Constitution", déplore le quotidien Dawn dans son éditorial samedi.

Il semble que le discours de fermeté à l'égard des islamistes prononcé mercredi soir par le Premier ministre Imran Khan "soit déjà condamné à la poubelle de l'Histoire", conclut le journal.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10215 Sat, 03 Nov 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Pakistan: le mari d'Asia Bibi critique l'accord avec les islamistes https://www.peinedemort.org/document/10218 Le mari de la Pakistanaise Asia Bibi, acquittée après dix ans de prison pour "blasphème", a critiqué samedi l'accord conclu la veille par le gouvernement avec les islamistes, qui compromet la libération de son épouse. Cet accord, après trois jours de manifestations contre l'acquittement de cette chrétienne initialement condamnée à mort, "n'aurait jamais dû avoir lieu", a estimé Ashiq Masih auprès de la radio allemande Deutsche Welle. Aux termes de ce texte controversé, le gouvernement d'Islamabad s'est engagé à lancer une procédure visant à interdire à Mme Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision de son acquittement, initiée par un religieux du nom de Qari Salam. "Il est mauvais de créer un précédent consistant à faire pression sur la justice", a dénoncé Ashiq Masih, pour qui "le gouvernement n'aurait jamais dû" céder à la pression des manifestants islamistes. Pour lui, la Cour suprême pakistanaise s'est montrée "très courageuse" mercredi en acquittant sa femme, une mère de famille illettrée d'une cinquantaine d'années, dont le cauchemar avait commencé en 2009 alors qu'elle travaillait aux champs. Invoquant des raisons religieuses, deux femmes musulmanes avaient refusé de partager un verre d'eau avec elle et une querelle avait éclaté. Quelques jours plus tard, ces femmes avaient relaté l'affaire à un imam local qui avait accusé la chrétienne d'avoir "insulté" le prophète de l'islam, ce que celle-ci a toujours nié. "La situation actuelle est très dangereuse pour nous. Nous n'avons aucune protection et nous nous cachons, changeant fréquemment de lieu", a expliqué M. Masih, alors que l'avocat d'Asia Bibi a quitté le Pakistan samedi matin en disant craindre pour sa vie. Ashiq Masih a demandé au gouvernement de renforcer "la sécurité" de sa femme "en prison", redoutant qu'elle n'y soit attaquée. "Il faut se souvenir que deux chrétiens de Faisalabad ont été tués par balles des années après avoir été libérés par la justice. Eux aussi avaient été accusés de blasphème", a-t-il rappelé.
Aux termes de ce texte controversé, le gouvernement d'Islamabad s'est engagé à lancer une procédure visant à interdire à Mme Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision de son acquittement, initiée par un religieux du nom de Qari Salam. "Il est mauvais de créer un précédent consistant à faire pression sur la justice", a dénoncé Ashiq Masih, pour qui "le gouvernement n'aurait jamais dû" céder à la pression des manifestants islamistes.

Pour lui, la Cour suprême pakistanaise s'est montrée "très courageuse" mercredi en acquittant sa femme, une mère de famille illettrée d'une cinquantaine d'années, dont le cauchemar avait commencé en 2009 alors qu'elle travaillait aux champs.

Invoquant des raisons religieuses, deux femmes musulmanes avaient refusé de partager un verre d'eau avec elle et une querelle avait éclaté. Quelques jours plus tard, ces femmes avaient relaté l'affaire à un imam local qui avait accusé la chrétienne d'avoir "insulté" le prophète de l'islam, ce que celle-ci a toujours nié.

"La situation actuelle est très dangereuse pour nous. Nous n'avons aucune protection et nous nous cachons, changeant fréquemment de lieu", a expliqué M. Masih, alors que l'avocat d'Asia Bibi a quitté le Pakistan samedi matin en disant craindre pour sa vie.

Ashiq Masih a demandé au gouvernement de renforcer "la sécurité" de sa femme "en prison", redoutant qu'elle n'y soit attaquée. "Il faut se souvenir que deux chrétiens de Faisalabad ont été tués par balles des années après avoir été libérés par la justice. Eux aussi avaient été accusés de blasphème", a-t-il rappelé.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10218 Sat, 03 Nov 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Pakistan: le sort d'Asia Bibi reste incertain malgré son acquittement https://www.peinedemort.org/document/10217 Le sort de la Pakistanaise Asia Bibi restait incertain samedi après le dépôt d'un recours contre son acquittement et le départ de son avocat qui a quitté le pays en disant craindre pour sa vie. Après avoir semblé imminente, la libération de cette chrétienne condamnée à mort en 2010 pour blasphème a été remise en question à la suite d'un accord controversé conclu dans la nuit de vendredi à samedi entre les autorités et des manifestants islamistes qui paralysaient le pays depuis trois jours. "Le gouvernement n'aurait jamais dû passer un tel accord", a déploré samedi Ashiq Masih, le mari d'Asia Bibi interrogé par la radio allemande Deutsche Welle, qui y voit une tentative de "faire pression sur la justice". Aux termes d'un texte en cinq points, le gouvernement s'est engagé à lancer une procédure visant à interdire à Mme Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d'acquittement initiée par un religieux du nom de Qari Salam. La requête a été déposée jeudi auprès des autorités compétentes à Lahore, a déclaré à l'AFP son avocat Chaudhry Ghulam Mustafa. "Nous craignons qu'Asia Bibi soit emmenée à l'étranger et avons donc demandé à la Cour que le cas soit auditionné rapidement", a-t-il expliqué. "Nous allons nous battre et exploiter tous les recours légaux pour nous assurer qu'elle soit pendue, conformément à la loi", a-t-il ajouté. - 'Rester en vie' - Concrètement, cela signifie que Mme Bibi, actuellement incarcérée à Multan (centre) devra dans l'immédiat demeurer soit en prison, soit dans un autre endroit sûr en attendant que la requête soit examinée, a estimé pour sa part l'avocat de la quinquagénaire, Saif-ul-Mulook, interrogé samedi par l'AFP. Le sujet du blasphème est explosif au Pakistan et le cas de Mme Bibi si extrême que sa famille juge hors de question de rester au Pakistan si elle est libérée. Dans l'intervalle, son mari demande d'ailleurs au gouvernement de "renforcer la sécurité" de son épouse "en prison". "Dans le scénario actuel, il ne m'est pas possible de vivre au Pakistan", a pour sa part déclaré l'avocat de Mme Bibi, juste avant d'embarquer à bord d'un avion pour l'Europe tôt samedi. "J'ai besoin de rester en vie car je dois poursuivre la bataille judiciaire pour Asia Bibi", a expliqué Me Mulook, qui ne s'est vu accorder aucune protection rapprochée après le verdict en faveur de sa cliente. S'il s'attendait à la réaction violente des extrémistes, "ce qui est douloureux, c'est la réponse du gouvernement. Ils ne peuvent même pas (faire) appliquer un jugement de la plus haute cour du pays", a déploré le sexagénaire. - Manifestation dimanche - L'accord signé entre les manifestants et le gouvernement dans la nuit de vendredi à samedi visait à mettre fin à la situation chaotique et violente qui a paralysé le pays ces trois derniers jours. Les principaux axes routiers étaient restés fermés et des dizaines de milliers de personnes avaient dû renoncer à se rendre à leur travail ou à leur école et avaient subi des heures entières de blocage dans les transports. Les barrages avaient été levés samedi et la vie avait repris un cours normal dans les grandes villes de Karachi, Lahore et Islamabad, a constaté l'AFP. Magasins et écoles avaient rouvert et les protestataires étaient rentrés chez eux. Une nouvelle manifestation est toutefois annoncée dimanche à Karachi. Mais le contenu de l'accord valait de vives critiques aux autorités, accusées de "reddition" face aux radicaux. "Un gouvernement de plus a capitulé face à des extrémistes religieux violents qui ne croient ni en la démocratie, ni en la Constitution", déplore le quotidien Dawn dans son éditorial samedi. Il semble que le discours de fermeté à l'égard des islamistes prononcé mercredi soir par le Premier ministre Imran Khan "soit déjà condamné à la poubelle de l'Histoire", conclut le journal. De nombreux observateurs comparaient l'épisode à un précédent bras-de-fer sur le blasphème en novembre 2017 entre le même parti islamiste, le TLP, et le gouvernement précédent, qui s'était soldé par la démission forcée d'un ministre.
Après avoir semblé imminente, la libération de cette chrétienne condamnée à mort en 2010 pour blasphème a été remise en question à la suite d'un accord controversé conclu dans la nuit de vendredi à samedi entre les autorités et des manifestants islamistes qui paralysaient le pays depuis trois jours.

"Le gouvernement n'aurait jamais dû passer un tel accord", a déploré samedi Ashiq Masih, le mari d'Asia Bibi interrogé par la radio allemande Deutsche Welle, qui y voit une tentative de "faire pression sur la justice".

Aux termes d'un texte en cinq points, le gouvernement s'est engagé à lancer une procédure visant à interdire à Mme Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d'acquittement initiée par un religieux du nom de Qari Salam.

La requête a été déposée jeudi auprès des autorités compétentes à Lahore, a déclaré à l'AFP son avocat Chaudhry Ghulam Mustafa.

"Nous craignons qu'Asia Bibi soit emmenée à l'étranger et avons donc demandé à la Cour que le cas soit auditionné rapidement", a-t-il expliqué.

"Nous allons nous battre et exploiter tous les recours légaux pour nous assurer qu'elle soit pendue, conformément à la loi", a-t-il ajouté.

- 'Rester en vie' -

Concrètement, cela signifie que Mme Bibi, actuellement incarcérée à Multan (centre) devra dans l'immédiat demeurer soit en prison, soit dans un autre endroit sûr en attendant que la requête soit examinée, a estimé pour sa part l'avocat de la quinquagénaire, Saif-ul-Mulook, interrogé samedi par l'AFP.

Le sujet du blasphème est explosif au Pakistan et le cas de Mme Bibi si extrême que sa famille juge hors de question de rester au Pakistan si elle est libérée. Dans l'intervalle, son mari demande d'ailleurs au gouvernement de "renforcer la sécurité" de son épouse "en prison".

"Dans le scénario actuel, il ne m'est pas possible de vivre au Pakistan", a pour sa part déclaré l'avocat de Mme Bibi, juste avant d'embarquer à bord d'un avion pour l'Europe tôt samedi.

"J'ai besoin de rester en vie car je dois poursuivre la bataille judiciaire pour Asia Bibi", a expliqué Me Mulook, qui ne s'est vu accorder aucune protection rapprochée après le verdict en faveur de sa cliente.

S'il s'attendait à la réaction violente des extrémistes, "ce qui est douloureux, c'est la réponse du gouvernement. Ils ne peuvent même pas (faire) appliquer un jugement de la plus haute cour du pays", a déploré le sexagénaire.

- Manifestation dimanche -

L'accord signé entre les manifestants et le gouvernement dans la nuit de vendredi à samedi visait à mettre fin à la situation chaotique et violente qui a paralysé le pays ces trois derniers jours.

Les principaux axes routiers étaient restés fermés et des dizaines de milliers de personnes avaient dû renoncer à se rendre à leur travail ou à leur école et avaient subi des heures entières de blocage dans les transports.

Les barrages avaient été levés samedi et la vie avait repris un cours normal dans les grandes villes de Karachi, Lahore et Islamabad, a constaté l'AFP. Magasins et écoles avaient rouvert et les protestataires étaient rentrés chez eux. Une nouvelle manifestation est toutefois annoncée dimanche à Karachi.

Mais le contenu de l'accord valait de vives critiques aux autorités, accusées de "reddition" face aux radicaux.

"Un gouvernement de plus a capitulé face à des extrémistes religieux violents qui ne croient ni en la démocratie, ni en la Constitution", déplore le quotidien Dawn dans son éditorial samedi.

Il semble que le discours de fermeté à l'égard des islamistes prononcé mercredi soir par le Premier ministre Imran Khan "soit déjà condamné à la poubelle de l'Histoire", conclut le journal.

De nombreux observateurs comparaient l'épisode à un précédent bras-de-fer sur le blasphème en novembre 2017 entre le même parti islamiste, le TLP, et le gouvernement précédent, qui s'était soldé par la démission forcée d'un ministre.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10217 Sat, 03 Nov 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Pakistan: l'armée met en garde les manifestants anti-Asia Bibi https://www.peinedemort.org/document/10213 La puissante armée pakistanaise a prévenu vendredi les extrémistes protestant contre l'acquittement de la chrétienne Asia Bibi que sa "patience" avait des limites, alors qu'ils bloquent plusieurs villes pour la troisième journée consécutive. La tolérance de l'armée a atteint "un seuil limite", a déclaré vendredi son porte-parole Asif Ghafoor alors qu'un des chefs de file des manifestants a appelé mercredi au meurtre de juges de la Cour suprême et à la mutinerie dans l'armée en réaction au verdict en faveur d'Asia Bibi. "Il s'agit d'une affaire judiciaire et l'armée n'a rien à voir avec cela. (...) Ne nous entraînez pas dans ce genre d'affaires", a-t-il dit, appelant à un règlement "amical" du conflit. "Nous tolérons des remarques contre nous, mais des actions peuvent être prises conformément à la loi et à la Constitution", a-t-il noté. "Ne nous forcez pas à entrer en action", a-t-il ajouté. Plusieurs milliers de manifestants sont attendus vendredi après-midi dans les rues pour une troisième journée consécutive de protestations, bloquant les grands axes et contraignant de nombreux commerces et écoles à fermer. Le réseau mobile était coupé vendredi dans les grandes villes et la circulation très perturbée dans le pays. Les milieux religieux protestent contre le jugement rendu mercredi par la Cour suprême, qui a prononcé l'acquittement de la chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort en 2010 pour blasphème, un sujet très sensible au Pakistan. La plupart des rassemblements sont menés par le parti radical Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), connu pour sa ligne particulièrement dure en matière de blasphème. D'autres partis religieux ont également annoncé des rassemblements séparés. Le TLP avait déjà bloqué l'accès à Islamabad pendant plusieurs semaines en novembre 2017 pour des motifs également liés à la question du blasphème et obtenu la démission du ministre de la Justice. Ces manifestations interviennent alors que le Premier ministre Imran Khan vient d'entamer un voyage de 4 jours en Chine, où il devrait négocier l'octroi d'une aide financière de plusieurs milliards pour le Pakistan. M. Khan avait vivement critiqué mercredi les extrémistes, les prévenant que l'Etat ne "tolèrerait pas le sabotage" et "prendrait ses responsabilités" si nécessaire. Des négociations ont depuis eu lieu, sans résultats dans l'immédiat.
La tolérance de l'armée a atteint "un seuil limite", a déclaré vendredi son porte-parole Asif Ghafoor alors qu'un des chefs de file des manifestants a appelé mercredi au meurtre de juges de la Cour suprême et à la mutinerie dans l'armée en réaction au verdict en faveur d'Asia Bibi.

"Il s'agit d'une affaire judiciaire et l'armée n'a rien à voir avec cela. (...) Ne nous entraînez pas dans ce genre d'affaires", a-t-il dit, appelant à un règlement "amical" du conflit.

"Nous tolérons des remarques contre nous, mais des actions peuvent être prises conformément à la loi et à la Constitution", a-t-il noté. "Ne nous forcez pas à entrer en action", a-t-il ajouté.

Plusieurs milliers de manifestants sont attendus vendredi après-midi dans les rues pour une troisième journée consécutive de protestations, bloquant les grands axes et contraignant de nombreux commerces et écoles à fermer. Le réseau mobile était coupé vendredi dans les grandes villes et la circulation très perturbée dans le pays.

Les milieux religieux protestent contre le jugement rendu mercredi par la Cour suprême, qui a prononcé l'acquittement de la chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort en 2010 pour blasphème, un sujet très sensible au Pakistan.

La plupart des rassemblements sont menés par le parti radical Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), connu pour sa ligne particulièrement dure en matière de blasphème. D'autres partis religieux ont également annoncé des rassemblements séparés.

Le TLP avait déjà bloqué l'accès à Islamabad pendant plusieurs semaines en novembre 2017 pour des motifs également liés à la question du blasphème et obtenu la démission du ministre de la Justice.

Ces manifestations interviennent alors que le Premier ministre Imran Khan vient d'entamer un voyage de 4 jours en Chine, où il devrait négocier l'octroi d'une aide financière de plusieurs milliards pour le Pakistan.

M. Khan avait vivement critiqué mercredi les extrémistes, les prévenant que l'Etat ne "tolèrerait pas le sabotage" et "prendrait ses responsabilités" si nécessaire. Des négociations ont depuis eu lieu, sans résultats dans l'immédiat.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10213 Fri, 02 Nov 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Pakistan: troisième jour de manifestations anti-Asia Bibi https://www.peinedemort.org/document/10214 Le Pakistan demeurait vendredi en grande partie paralysé par des islamistes protestant contre l'acquittement de la chrétienne Asia Bibi, bien que la puissante armée les ait appelés à ne pas abuser de sa patience. Tous les grands axes et autoroutes du pays étaient fermés au trafic vendredi, tandis que la circulation apparaissait réduite sur les routes secondaires, beaucoup de gens ayant préféré rester chez eux. De nombreux commerces et écoles sont restés fermés et le réseau mobile était coupé vendredi dans les grandes villes. Plusieurs groupes religieux avaient appelé à des manifestations vendredi après la prière et les rues apparaissaient désertées dans la plupart des grandes villes. Les milieux religieux musulmans extrémistes protestent contre le jugement rendu mercredi par la Cour suprême qui a prononcé l'acquittement de la chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort en 2010 pour blasphème, un sujet très sensible au Pakistan. A Islamabad, quelque 5.000 personnes se réclamant de partis religieux se sont rassemblées, appelant à la pendaison d'Asia Bibi et des juges qui l'ont acquittée, qualifiés eux aussi de "blasphémateurs", a constaté l'AFP. "Libérer Asia est un premier pas vers une abrogation de la loi sur le blasphème au Pakistan. L'Occident a toujours essayé de modifier cette loi mais nous résisterons", a lancé un orateur devant la foule. La plupart des rassemblements sont menés par le parti radical Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), connu pour sa ligne particulièrement dure en matière de blasphème. Des négociations jeudi avec les autorités se sont soldées par un échec, a déclaré l'un de leurs chefs de file, Pir Afzal Qadri. "Nos négociations sont au point mort et ils ont menacé de nous tuer. Nous avons décidé de rester sur place et aucune menace ne nous effraiera", a-t-il dit dans la nuit de jeudi à vendredi, selon une vidéo visible sur le site du parti. Le TLP avait déjà bloqué l'accès à Islamabad pendant plusieurs semaines en novembre 2017 pour des motifs également liés au blasphème et obtenu la démission du ministre de la Justice. "Pourquoi (les manifestants) punissent-ils les pauvres pour ce qu'ont fait des juges?", s'est lamenté vendredi Jabbar Khan, un vendeur de parfums quadragénaire à proximité du site d'une manifestation. "Nous ne pouvons rien dire car sinon ils vont nous frapper", a-t-il dit à l'AFP. - Limites à la patience - Les manifestations se poursuivent alors que le Premier ministre Imran Khan vient d'entamer un voyage de 4 jours en Chine, où il devrait négocier l'octroi d'une aide financière de plusieurs milliards pour le Pakistan. Il a rencontré dans la soirée le président Xi Jiping. M. Khan avait vivement critiqué mercredi les extrémistes, les prévenant que l'Etat ne "tolèrerait pas le sabotage" et "prendrait ses responsabilités" si nécessaire. De nombreux Pakistanais ont salué ce ton de fermeté mais s'inquiètent de voir le chaos s'installer et les autorités hésiter à intervenir. L'un des chefs de file des manifestants avait appelé mercredi au meurtre des juges de la Cour suprême et à la mutinerie dans l'armée, poussant cette dernière à entrer dans le jeu vendredi. "Il s'agit d'une affaire judiciaire et l'armée n'a rien à voir avec cela. (...) Ne nous entraînez pas dans ce genre d'affaires", a déclaré son porte-parole Asif Ghafoor. "Nous tolérons des remarques contre nous, mais des actions peuvent être prises conformément à la loi et à la Constitution", a-t-il noté. "Ne nous forcez pas à entrer en action", a-t-il dit, ajoutant qu'il espérait une résolution "pacifique". L'analyste pakistanais Fasi Zaka note que "les attentes étaient très fortes après le discours du Premier ministre", mais que le gouvernement redoutait visiblement une "réaction violente" en cas de victimes. "Le gouvernement semblait s'être finalement rendu compte qu'il était temps d'affronter les religieux radicaux mais cette perception a commencé à s'estomper dès le lendemain lorsque le gouvernement a annoncé qu'il négociait avec les manifestants", conclut-il.
Tous les grands axes et autoroutes du pays étaient fermés au trafic vendredi, tandis que la circulation apparaissait réduite sur les routes secondaires, beaucoup de gens ayant préféré rester chez eux.

De nombreux commerces et écoles sont restés fermés et le réseau mobile était coupé vendredi dans les grandes villes.

Plusieurs groupes religieux avaient appelé à des manifestations vendredi après la prière et les rues apparaissaient désertées dans la plupart des grandes villes.

Les milieux religieux musulmans extrémistes protestent contre le jugement rendu mercredi par la Cour suprême qui a prononcé l'acquittement de la chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort en 2010 pour blasphème, un sujet très sensible au Pakistan.

A Islamabad, quelque 5.000 personnes se réclamant de partis religieux se sont rassemblées, appelant à la pendaison d'Asia Bibi et des juges qui l'ont acquittée, qualifiés eux aussi de "blasphémateurs", a constaté l'AFP.

"Libérer Asia est un premier pas vers une abrogation de la loi sur le blasphème au Pakistan. L'Occident a toujours essayé de modifier cette loi mais nous résisterons", a lancé un orateur devant la foule.

La plupart des rassemblements sont menés par le parti radical Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), connu pour sa ligne particulièrement dure en matière de blasphème.

Des négociations jeudi avec les autorités se sont soldées par un échec, a déclaré l'un de leurs chefs de file, Pir Afzal Qadri.

"Nos négociations sont au point mort et ils ont menacé de nous tuer. Nous avons décidé de rester sur place et aucune menace ne nous effraiera", a-t-il dit dans la nuit de jeudi à vendredi, selon une vidéo visible sur le site du parti.

Le TLP avait déjà bloqué l'accès à Islamabad pendant plusieurs semaines en novembre 2017 pour des motifs également liés au blasphème et obtenu la démission du ministre de la Justice.

"Pourquoi (les manifestants) punissent-ils les pauvres pour ce qu'ont fait des juges?", s'est lamenté vendredi Jabbar Khan, un vendeur de parfums quadragénaire à proximité du site d'une manifestation. "Nous ne pouvons rien dire car sinon ils vont nous frapper", a-t-il dit à l'AFP.

- Limites à la patience -

Les manifestations se poursuivent alors que le Premier ministre Imran Khan vient d'entamer un voyage de 4 jours en Chine, où il devrait négocier l'octroi d'une aide financière de plusieurs milliards pour le Pakistan. Il a rencontré dans la soirée le président Xi Jiping.

M. Khan avait vivement critiqué mercredi les extrémistes, les prévenant que l'Etat ne "tolèrerait pas le sabotage" et "prendrait ses responsabilités" si nécessaire.

De nombreux Pakistanais ont salué ce ton de fermeté mais s'inquiètent de voir le chaos s'installer et les autorités hésiter à intervenir.

L'un des chefs de file des manifestants avait appelé mercredi au meurtre des juges de la Cour suprême et à la mutinerie dans l'armée, poussant cette dernière à entrer dans le jeu vendredi.

"Il s'agit d'une affaire judiciaire et l'armée n'a rien à voir avec cela. (...) Ne nous entraînez pas dans ce genre d'affaires", a déclaré son porte-parole Asif Ghafoor.

"Nous tolérons des remarques contre nous, mais des actions peuvent être prises conformément à la loi et à la Constitution", a-t-il noté. "Ne nous forcez pas à entrer en action", a-t-il dit, ajoutant qu'il espérait une résolution "pacifique".

L'analyste pakistanais Fasi Zaka note que "les attentes étaient très fortes après le discours du Premier ministre", mais que le gouvernement redoutait visiblement une "réaction violente" en cas de victimes.

"Le gouvernement semblait s'être finalement rendu compte qu'il était temps d'affronter les religieux radicaux mais cette perception a commencé à s'estomper dès le lendemain lorsque le gouvernement a annoncé qu'il négociait avec les manifestants", conclut-il.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10214 Fri, 02 Nov 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP