La peine de mort dans le monde — Dépêches et communiqués dans le monde https://www.peinedemort.org/rss/depeches Toutes les dépêches et les communiqués concernant la peine de mort dans le monde fr Sophie Fotiadi <sophie.fotiadi@peinedemort.org>, 2020 Thu, 09 Apr 2020 03:59:48 +0000 Tue, 07 Apr 2020 23:35:21 +0000 120 Guinée : le président Condé promulgue la nouvelle Constitution https://www.peinedemort.org/document/10890 CONAKRY, 6 avril (Xinhua) -- Le président guinéen Alpha Condé a promulgué lundi par décret la nouvelle Constitution de la République de Guinée, a annoncé la télévision publique RTG. La nouvelle loi fondamentale du pays contient plus d'une centaine d'articles et 18 titres traitant de plusieurs domaines. Elle a été adoptée le 22 mars dernier lors d'un référendum qui a vu 89,76% des votants l'approuver, alors que 10,24% s'y sont opposés.
La nouvelle loi fondamentale du pays contient plus d'une centaine d'articles et 18 titres traitant de plusieurs domaines. Elle a été adoptée le 22 mars dernier lors d'un référendum qui a vu 89,76% des votants l'approuver, alors que 10,24% s'y sont opposés.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10890 Mon, 06 Apr 2020 00:00:00 +0000 Xinhua
Keir Starmer, nouveau visage modéré et europhile de l'opposition britannique https://www.peinedemort.org/document/10888 En portant Keir Starmer à leur tête, les travaillistes britanniques ont choisi une figure modérée et europhile, un ancien avocat spécialisé dans la défense des droits de l'Homme, pour mener l'opposition dans le Royaume-Uni de l'après-Brexit. Elu à une large majorité samedi, cet homme de 57 ans au visage carré a réussi à rallier les centristes du parti, tout en parvenant à conserver le soutien des partisans de son prédécesseur, le très à gauche Jeremy Corbyn. Keir Starmer a réussi ce pari en ne jetant aux orties ni le programme - qui prévoit des nationalisations massives - ni le radicalisme de l'ancien chef de parti travailliste, qui a subi aux élections législatives du 12 décembre une défaite sans commune mesure depuis 1935, notamment en raison du manque de clarté de sa position sur le Brexit. Chargé depuis 2016 au sein du parti de cette question qui a déchiré le pays pendant plus de trois ans, Keir Starmer s'est nettement démarqué de la ligne attentiste de Jeremy Corbyn, en se prononçant pour un nouveau référendum et surtout pour le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne. Juste après le vote qui a vu le "leave" l'emporter à 52% en juin 2016, il a fait partie du mouvement de rébellion au sein du Labour contre Jeremy Corbyn, étrillé pour sa molle campagne pour le maintien dans l'UE. Keir Starmer devra rassembler et mener à la victoire un parti éclaté par les divisions, qui a perdu les clés de Downing Street au profit des conservateurs depuis dix ans. Il devra aussi assainir un parti gangréné par l'antisémitisme, que Jeremy Corbyn est accusé au mieux de ne pas avoir assez combattu, au pire d'avoir laissé complaisamment prospérer. C'est d'ailleurs l'un des engagements qu'il a pris sitôt élu, s'excusant de cette "tache" sur le parti. Ni corbyniste ni blairiste (du nom de l'ancien Premier ministre Tony Blair, au libéralisme assumé), Keir Starmer déclarait en décembre au Guardian : "Je n'ai pas besoin du nom de quelqu'un d'autre tatoué sur le front pour savoir ce que je pense". "Starmer va être le bureaucrate compétent, celui qui fait les choses. (...) Il demandera au gouvernement de rendre des comptes", estime Steven Fielding, professeur d'histoire politique à l'université de Nottingham, interrogé par l'AFP. - Défenseur puis accusateur - Selon Andrew Rawnsley, éditorialiste de l'hebdomadaire de gauche The Observer, "beaucoup s'interrogent sur sa capacité à inspirer". Sérieux, parfois même décrit comme terne face à un Boris Johnson, au pouvoir depuis juillet, et haut en couleurs, Keir Starmer a plus un profil de juriste que de politique pur jus. Il n'est d'ailleurs membre du Parlement que depuis 2015, élu dans la circonscription de Holborn et Saint-Pancras à Londres. Dans la foulée de la démission d'Ed Miliband après la défaite des travaillistes - la pire depuis 1987 - les proches de Keir Starmer le pressent de se lancer dans la course à la tête du parti. Faute d'expérience, il refusera et apportera son soutien à Andy Burnham, battu par Jeremy Corbyn. Né le 2 septembre 1962, Keir Starmer avait pour camarade d'école le DJ Fatboy Slim, avec qui il prenait des cours de violon. Son père était tourneur-ajusteur, sa mère, infirmière souffrant d'une grave maladie auto-immune, ce qui l'a amené à fréquenter les hôpitaux depuis sa jeunesse. Son épouse, avec qui il a deux enfants, travaille pour le NHS, le service public de santé britannique, qui a été au coeur de sa campagne. Après des études de droit, à Leeds puis Oxford, il devient avocat et se spécialise dans la défense des droits de l'Homme. C'est ainsi qu'il mènera des batailles judiciaires contre la peine de mort dans les Caraïbes ou défendra des salariés de McDonald poursuivis pour avoir critiqué l'enseigne. En 2008, il passe de défenseur à accusateur, en prenant la tête du parquet d'Angleterre et du Pays de Galles, poste qu'il occupera jusqu'en 2013. Pendant cette période, il mène les poursuites contre des députés abusant de leurs frais de mandats, mais essuie des critiques pour avoir initialement refusé d'engager des poursuites contre un policier dans l'affaire de la mort d'un vendeur de journaux lors des manifestations de 2009 lors du G20 à Londres. Fan d'Arsenal, il est passionné de foot, et joue tous les week-ends.
Elu à une large majorité samedi, cet homme de 57 ans au visage carré a réussi à rallier les centristes du parti, tout en parvenant à conserver le soutien des partisans de son prédécesseur, le très à gauche Jeremy Corbyn.

Keir Starmer a réussi ce pari en ne jetant aux orties ni le programme - qui prévoit des nationalisations massives - ni le radicalisme de l'ancien chef de parti travailliste, qui a subi aux élections législatives du 12 décembre une défaite sans commune mesure depuis 1935, notamment en raison du manque de clarté de sa position sur le Brexit.

Chargé depuis 2016 au sein du parti de cette question qui a déchiré le pays pendant plus de trois ans, Keir Starmer s'est nettement démarqué de la ligne attentiste de Jeremy Corbyn, en se prononçant pour un nouveau référendum et surtout pour le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne.

Juste après le vote qui a vu le "leave" l'emporter à 52% en juin 2016, il a fait partie du mouvement de rébellion au sein du Labour contre Jeremy Corbyn, étrillé pour sa molle campagne pour le maintien dans l'UE.

Keir Starmer devra rassembler et mener à la victoire un parti éclaté par les divisions, qui a perdu les clés de Downing Street au profit des conservateurs depuis dix ans.

Il devra aussi assainir un parti gangréné par l'antisémitisme, que Jeremy Corbyn est accusé au mieux de ne pas avoir assez combattu, au pire d'avoir laissé complaisamment prospérer. C'est d'ailleurs l'un des engagements qu'il a pris sitôt élu, s'excusant de cette "tache" sur le parti.

Ni corbyniste ni blairiste (du nom de l'ancien Premier ministre Tony Blair, au libéralisme assumé), Keir Starmer déclarait en décembre au Guardian : "Je n'ai pas besoin du nom de quelqu'un d'autre tatoué sur le front pour savoir ce que je pense".

"Starmer va être le bureaucrate compétent, celui qui fait les choses. (...) Il demandera au gouvernement de rendre des comptes", estime Steven Fielding, professeur d'histoire politique à l'université de Nottingham, interrogé par l'AFP.

- Défenseur puis accusateur -

Selon Andrew Rawnsley, éditorialiste de l'hebdomadaire de gauche The Observer, "beaucoup s'interrogent sur sa capacité à inspirer".

Sérieux, parfois même décrit comme terne face à un Boris Johnson, au pouvoir depuis juillet, et haut en couleurs, Keir Starmer a plus un profil de juriste que de politique pur jus.

Il n'est d'ailleurs membre du Parlement que depuis 2015, élu dans la circonscription de Holborn et Saint-Pancras à Londres. Dans la foulée de la démission d'Ed Miliband après la défaite des travaillistes - la pire depuis 1987 - les proches de Keir Starmer le pressent de se lancer dans la course à la tête du parti. Faute d'expérience, il refusera et apportera son soutien à Andy Burnham, battu par Jeremy Corbyn.

Né le 2 septembre 1962, Keir Starmer avait pour camarade d'école le DJ Fatboy Slim, avec qui il prenait des cours de violon.

Son père était tourneur-ajusteur, sa mère, infirmière souffrant d'une grave maladie auto-immune, ce qui l'a amené à fréquenter les hôpitaux depuis sa jeunesse. Son épouse, avec qui il a deux enfants, travaille pour le NHS, le service public de santé britannique, qui a été au coeur de sa campagne.

Après des études de droit, à Leeds puis Oxford, il devient avocat et se spécialise dans la défense des droits de l'Homme. C'est ainsi qu'il mènera des batailles judiciaires contre la peine de mort dans les Caraïbes ou défendra des salariés de McDonald poursuivis pour avoir critiqué l'enseigne.

En 2008, il passe de défenseur à accusateur, en prenant la tête du parquet d'Angleterre et du Pays de Galles, poste qu'il occupera jusqu'en 2013.

Pendant cette période, il mène les poursuites contre des députés abusant de leurs frais de mandats, mais essuie des critiques pour avoir initialement refusé d'engager des poursuites contre un policier dans l'affaire de la mort d'un vendeur de journaux lors des manifestations de 2009 lors du G20 à Londres.

Fan d'Arsenal, il est passionné de foot, et joue tous les week-ends.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10888 Sat, 04 Apr 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Guinée : la Cour constitutionnelle valide l'adoption d'une nouvelle constitution https://www.peinedemort.org/document/10889 CONAKRY, 3 avril (Xinhua) -- A l'issue des travaux de la session plénière, la Cour constitutionnelle de la Guinée a validé vendredi les résultats du référendum constitutionnel du 22 mars dernier, a constaté sur place un correspondant de Xinhua. Selon le président de la Cour constitutionnelle Mohamed Lamine Bangoura, sur les 3.164.887 votants, 2.663.198 ont voté en faveur de la nouvelle Constitution, contre seulement 333.689 qui ont voté "non". Selon les données statistiques annoncées par la Cour Constitutionnelle conformément aux résultats provisoires déposés la semaine dernière par la Commission électorale nationale indépendante (CENI, organe en charge des élections), le "oui" est estimé à 89,76%, contre 10,24% pour le "non". Le nombre d'électeurs inscrits dans le fichier électoral pour le vote du referendum est estimé à 5.285.580, alors que les votants réels ont été s à 3.164.887, avec 2.970.178 de suffrages exprimés. La Cour constitutionnelle est l'institution qui veille sur la régulation des élections nationales et qui statue sur la constitutionnalité des lois avant leur promulgation par le président guinéen.
Selon le président de la Cour constitutionnelle Mohamed Lamine Bangoura, sur les 3.164.887 votants, 2.663.198 ont voté en faveur de la nouvelle Constitution, contre seulement 333.689 qui ont voté "non".

Selon les données statistiques annoncées par la Cour Constitutionnelle conformément aux résultats provisoires déposés la semaine dernière par la Commission électorale nationale indépendante (CENI, organe en charge des élections), le "oui" est estimé à 89,76%, contre 10,24% pour le "non".

Le nombre d'électeurs inscrits dans le fichier électoral pour le vote du referendum est estimé à 5.285.580, alors que les votants réels ont été s à 3.164.887, avec 2.970.178 de suffrages exprimés.

La Cour constitutionnelle est l'institution qui veille sur la régulation des élections nationales et qui statue sur la constitutionnalité des lois avant leur promulgation par le président guinéen.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10889 Fri, 03 Apr 2020 00:00:00 +0000 Xinhua
Pakistan: peine capitale annulée pour le Britannique condamné dans le meurtre de Daniel Pearl https://www.peinedemort.org/document/10886 Un extrémiste islamiste britannique, condamné à mort pour l'enlèvement et le meurtre en 2002 du journaliste américain Daniel Pearl au Pakistan, a vu sa peine annulée par un tribunal du Sud du pays. La peine capitale prononcée contre Omar Sheikh, également appelé Sheikh Omar ou Ahmed Saeed Sheikh, a été commuée en 7 ans de prison, une durée couverte par ses 18 années déjà passées en détention, a indiqué à l'AFP son avocat Khawja Naveed. Saleem Akhtar, l'avocat général dans cette affaire, a confirmé à l'AFP cette décision prise par la Haute cour du Sindh (Sud), province dont Karachi est la capitale, ajoutant qu'il ferait appel "vraisemblablement dans les deux jours". Le tribunal n'a pas encore émis d'ordre de remise en liberté, a observé Me Naveed. L'annulation de la peine a été dénoncée par le département d'Etat américain, qui a critiqué "un affront aux victimes du terrorisme à travers le monde". "Les responsables du rapt et du meurtre haineux de Daniel doivent faire face à la justice", a également asséné sur Twitter Alice Wells, la responsable de l'Asie du Sud pour la diplomatie américaine. Trois autres hommes, Salman Saquib, Fahad Nasim et Sheikh Adil, condamnés en juillet 2002 à la perpétuité pour avoir notamment envoyé des courriers électroniques revendiquant le rapt, ont tous été acquittés, a poursuivi Me Naveed. Le quotidien américain The Wall Street Journal, pour lequel travaillait Daniel Pearl, a déclaré dans un communiqué continuer "à demander justice pour (son) meurtre". L'association Committee to Protect Journalists (CPJ), basée à New York, s'est dite de son côté "profondément déçue" par cette décision et a appelé les procureurs à faire appel. Daniel Pearl, journaliste juif américain de 38 ans, avait disparu le 23 janvier 2002 à Karachi, après avoir informé sa femme Mariane, alors enceinte de six mois, qu'il allait rencontrer un chef islamiste. Il enquêtait sur les réseaux islamistes, alors très implantés à Karachi et susceptibles d'avoir des liens avec Al-Qaïda, le réseau d'Oussama ben Laden, quelques mois après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Son enlèvement avait été revendiqué par une organisation méconnue, qui réclamait la libération des Pakistanais capturés par les Etats-Unis lors de la campagne militaire en Afghanistan ayant démarré en octobre 2001, dont la plupart étaient détenus sur la base de Guantanamo, à Cuba. Après un mois de doute, sa mort avait été annoncée par l'envoi au consulat américain de Karachi d'une cassette vidéo, montrant Daniel Pearl égorgé, puis décapité. - Fils de bonne famille - Sheikh Omar, militant islamiste alors âgé de 29 ans, dispose de la double nationalité pakistanaise et britannique. Fils de bonne famille né en Grande-Bretagne, où il a grandi et étudié, violemment anti-américain, il était considéré comme le cerveau de l'enlèvement par la justice pakistanaise. Lors d'une première comparution après son arrestation, il avait, selon l'accusation, avoué être le commanditaire. Mais au cours du procès, il n'avait cessé de nier les faits. Le jour de sa condamnation, il avait menacé les autorités pakistanaises de représailles. "Nous verrons qui mourra en premier, moi ou les autorités qui ont arrangé ma condamnation à mort", avait-il écrit dans un message lu par un de ses avocats. Il avait ensuite interjeté appel. Mais son procès avait été ajourné à des dizaines de reprises. L'armée pakistanaise avait indiqué en février 2016 avoir mis en échec un projet d'attaque impliquant plusieurs organisations extrémistes et deux voitures piégées pour le faire évader de la prison centrale d'Hyderabad, où il était détenu. Une enquête indépendante menée pendant trois ans dans le cadre du "Pearl Project" avait toutefois déterminé en 2011 que la justice pakistanaise s'était fourvoyée, les quatre hommes condamnés pour l'assassinat de Daniel Pearl n'étant même pas présents lors de son exécution. Selon Asra Nomani, une ancienne collègue et une amie du journaliste du Wall Street Journal, qui avait dirigé cette enquête, c'est bien Khaled Cheikh Mohammed (KSM selon ses initiales en anglais), le cerveau autorevendiqué des attentats du 11 septembre 2001, qui l'a exécuté. "KSM", arrêté en 2003, est incarcéré dans la prison américaine de Guantanamo. Un psychologue qui l'avait interrogé a affirmé que le détenu lui avait confessé avoir décapité Daniel Pearl.
La peine capitale prononcée contre Omar Sheikh, également appelé Sheikh Omar ou Ahmed Saeed Sheikh, a été commuée en 7 ans de prison, une durée couverte par ses 18 années déjà passées en détention, a indiqué à l'AFP son avocat Khawja Naveed.

Saleem Akhtar, l'avocat général dans cette affaire, a confirmé à l'AFP cette décision prise par la Haute cour du Sindh (Sud), province dont Karachi est la capitale, ajoutant qu'il ferait appel "vraisemblablement dans les deux jours".

Le tribunal n'a pas encore émis d'ordre de remise en liberté, a observé Me Naveed.

L'annulation de la peine a été dénoncée par le département d'Etat américain, qui a critiqué "un affront aux victimes du terrorisme à travers le monde".

"Les responsables du rapt et du meurtre haineux de Daniel doivent faire face à la justice", a également asséné sur Twitter Alice Wells, la responsable de l'Asie du Sud pour la diplomatie américaine.

Trois autres hommes, Salman Saquib, Fahad Nasim et Sheikh Adil, condamnés en juillet 2002 à la perpétuité pour avoir notamment envoyé des courriers électroniques revendiquant le rapt, ont tous été acquittés, a poursuivi Me Naveed.

Le quotidien américain The Wall Street Journal, pour lequel travaillait Daniel Pearl, a déclaré dans un communiqué continuer "à demander justice pour (son) meurtre".

L'association Committee to Protect Journalists (CPJ), basée à New York, s'est dite de son côté "profondément déçue" par cette décision et a appelé les procureurs à faire appel.

Daniel Pearl, journaliste juif américain de 38 ans, avait disparu le 23 janvier 2002 à Karachi, après avoir informé sa femme Mariane, alors enceinte de six mois, qu'il allait rencontrer un chef islamiste.

Il enquêtait sur les réseaux islamistes, alors très implantés à Karachi et susceptibles d'avoir des liens avec Al-Qaïda, le réseau d'Oussama ben Laden, quelques mois après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

Son enlèvement avait été revendiqué par une organisation méconnue, qui réclamait la libération des Pakistanais capturés par les Etats-Unis lors de la campagne militaire en Afghanistan ayant démarré en octobre 2001, dont la plupart étaient détenus sur la base de Guantanamo, à Cuba.

Après un mois de doute, sa mort avait été annoncée par l'envoi au consulat américain de Karachi d'une cassette vidéo, montrant Daniel Pearl égorgé, puis décapité.

- Fils de bonne famille -

Sheikh Omar, militant islamiste alors âgé de 29 ans, dispose de la double nationalité pakistanaise et britannique. Fils de bonne famille né en Grande-Bretagne, où il a grandi et étudié, violemment anti-américain, il était considéré comme le cerveau de l'enlèvement par la justice pakistanaise.

Lors d'une première comparution après son arrestation, il avait, selon l'accusation, avoué être le commanditaire. Mais au cours du procès, il n'avait cessé de nier les faits.

Le jour de sa condamnation, il avait menacé les autorités pakistanaises de représailles. "Nous verrons qui mourra en premier, moi ou les autorités qui ont arrangé ma condamnation à mort", avait-il écrit dans un message lu par un de ses avocats.

Il avait ensuite interjeté appel. Mais son procès avait été ajourné à des dizaines de reprises.

L'armée pakistanaise avait indiqué en février 2016 avoir mis en échec un projet d'attaque impliquant plusieurs organisations extrémistes et deux voitures piégées pour le faire évader de la prison centrale d'Hyderabad, où il était détenu.

Une enquête indépendante menée pendant trois ans dans le cadre du "Pearl Project" avait toutefois déterminé en 2011 que la justice pakistanaise s'était fourvoyée, les quatre hommes condamnés pour l'assassinat de Daniel Pearl n'étant même pas présents lors de son exécution.

Selon Asra Nomani, une ancienne collègue et une amie du journaliste du Wall Street Journal, qui avait dirigé cette enquête, c'est bien Khaled Cheikh Mohammed (KSM selon ses initiales en anglais), le cerveau autorevendiqué des attentats du 11 septembre 2001, qui l'a exécuté.

"KSM", arrêté en 2003, est incarcéré dans la prison américaine de Guantanamo. Un psychologue qui l'avait interrogé a affirmé que le détenu lui avait confessé avoir décapité Daniel Pearl.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10886 Thu, 02 Apr 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Deux condamnés à mort exécutés au Botswana https://www.peinedemort.org/document/10877 Deux hommes âgés de 39 et 33 ans condamnés à mort en 2017 pour le meurtre d'un chauffeur de taxi ont été exécutés par pendaison au Botswana, ont annoncé samedi les services pénitentiaires locaux. Moabi Seabelo Mabiletsa et Matshidiso Tshid Boikanyo sont les troisième et quatrième condamnés à la peine capitale par pendaison depuis l'arrivée au pouvoir en octobre 2019 du président Mokgweetsi Masisi. Selon l'ONG de défense des droits humains Amnesty International, le Botswana est le dernier pays d'Afrique australe à “systématiquement exécuter” les condamnés. La peine de mort a été instituée au Botswana depuis son indépendance de la Grande-Bretagne en 1966.
Moabi Seabelo Mabiletsa et Matshidiso Tshid Boikanyo sont les troisième et quatrième condamnés à la peine capitale par pendaison depuis l'arrivée au pouvoir en octobre 2019 du président Mokgweetsi Masisi.

Selon l'ONG de défense des droits humains Amnesty International, le Botswana est le dernier pays d'Afrique australe à “systématiquement exécuter” les condamnés.

La peine de mort a été instituée au Botswana depuis son indépendance de la Grande-Bretagne en 1966.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10877 Sat, 28 Mar 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Grâce présidentielle pour 808 détenus au Ghana https://www.peinedemort.org/document/10883 APA-Accra (Ghana) - Le président du Ghana, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, a gracié 808 prisonniers, a appris APA vendredi. Il s'agit de 783 délinquants primaires, qui ont purgé la moitié de leur peine, 11 prisonniers gravement malades et très âgés. Sept prisonniers qui ont été condamnés à mort, ont vu leur peine convertie en peine de prison à perpétuité. La grâce a été accordée sur recommandation du Conseil des services pénitentiaires, en consultation avec le Conseil d'Etat, explique un communiqué du Directeur général des prisons, Patrick Darko Missah. Il a ajouté que sept condamnés à mort ont vu leur peine commuée en réclusion à perpétuité, tandis que quatre détenus purgeant une peine d'emprisonnement à perpétuité ne devraient plus purger qu'une peine de 20 ans. La Constitution du Ghana donne au président la possibilité d'accorder le pardon aux détenus qui présentent des signes de bonne conduite, sur avis du Conseil d'Etat et des Services pénitentiaires.
Il s'agit de 783 délinquants primaires, qui ont purgé la moitié de leur peine, 11 prisonniers gravement malades et très âgés. Sept prisonniers qui ont été condamnés à mort, ont vu leur peine convertie en peine de prison à perpétuité.

La grâce a été accordée sur recommandation du Conseil des services pénitentiaires, en consultation avec le Conseil d'Etat, explique un communiqué du Directeur général des prisons, Patrick Darko Missah.

Il a ajouté que sept condamnés à mort ont vu leur peine commuée en réclusion à perpétuité, tandis que quatre détenus purgeant une peine d'emprisonnement à perpétuité ne devraient plus purger qu'une peine de 20 ans.

La Constitution du Ghana donne au président la possibilité d'accorder le pardon aux détenus qui présentent des signes de bonne conduite, sur avis du Conseil d'Etat et des Services pénitentiaires.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10883 Fri, 27 Mar 2020 00:00:00 +0000 Agence de Presse Africaine - APA
La peine de mort est abolie dans l'Etat américain du Colorado https://www.peinedemort.org/document/10873 Le Colorado est devenu le 22e Etat américain à abolir la peine de mort. Jared Polis, le gouverneur de cet Etat de l'ouest américain a ratifié lundi une loi en ce sens, jugeant que la peine de mort "ne pouvait pas et n'avait jamais été administrée équitablement dans l'Etat du Colorado". Il a par la même occasion commué la peine de trois condamnés à mort en attente d'exécution. La sanction la plus sévère dans cet Etat de l'Ouest américain sera désormais la prison à perpétuité sans possibilité de remise de peine. "Au milieu de toute la folie dans laquelle nous vivons, voici une nouvelle formidable", a salué Udi Ofer de la puissante association des droits civiques ACLU. Les élus du Colorado avaient essayé à maintes reprises de supprimer la peine de mort depuis son rétablissement dans l'Etat en 1979, en vain jusqu'à présent. Le seul condamné à mort à avoir été effectivement exécuté dans l'Etat depuis cette date était Gary Davis, reconnu coupable de viol et meurtre, mort en 1997. "Rares seront ceux au Colorado aujourd'hui qui se réjouiront d'épargner la vie de ces meurtriers", a dénoncé le procureur général du Colorado, George Brauchler. L'an dernier, 22 exécutions ont été recensées aux Etats-Unis, concentrées dans sept Etats, quasiment tous situés dans le Sud conservateur et religieux du pays, notamment au Texas, où l'on a compté neuf exécutions.
Jared Polis, le gouverneur de cet Etat de l'ouest américain a ratifié lundi une loi en ce sens, jugeant que la peine de mort "ne pouvait pas et n'avait jamais été administrée équitablement dans l'Etat du Colorado". Il a par la même occasion commué la peine de trois condamnés à mort en attente d'exécution.

La sanction la plus sévère dans cet Etat de l'Ouest américain sera désormais la prison à perpétuité sans possibilité de remise de peine.
"Au milieu de toute la folie dans laquelle nous vivons, voici une nouvelle formidable", a salué Udi Ofer de la puissante association des droits civiques ACLU.

Les élus du Colorado avaient essayé à maintes reprises de supprimer la peine de mort depuis son rétablissement dans l'Etat en 1979, en vain jusqu'à présent. Le seul condamné à mort à avoir été effectivement exécuté dans l'Etat depuis cette date était Gary Davis, reconnu coupable de viol et meurtre, mort en 1997.

"Rares seront ceux au Colorado aujourd'hui qui se réjouiront d'épargner la vie de ces meurtriers", a dénoncé le procureur général du Colorado, George Brauchler.

L'an dernier, 22 exécutions ont été recensées aux Etats-Unis, concentrées dans sept Etats, quasiment tous situés dans le Sud conservateur et religieux du pays, notamment au Texas, où l'on a compté neuf exécutions.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10873 Tue, 24 Mar 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Un rapporteur général salue la décision du Colorado d'abolir la peine de mort https://www.peinedemort.org/document/10874 Titus Corlatean (Roumanie, SOC), rapporteur général de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) sur l'abolition de la peine de mort, a salué la décision de l'Etat du Colorado (Etats-Unis) d'abolir la peine de mort dans l'Etat et de commuer les peines des personnes condamnées à mort, en peines de réclusion à perpétuité. « Cette décision de l'Etat du Colorado, qui n'a eu recours à la peine de mort que rarement, montre sa détermination à combattre cette peine cruelle et inhumaine et à poursuivre la tendance abolitionniste croissante. Le Colorado a ainsi rejoint les 21 États américains qui ont aboli la peine de mort de jure et les 12 autres qui ne l'ont pas appliquée au cours des dix dernières années ou plus », a-t-il déclaré. « La peine de mort est toujours un châtiment cruel et inhumain, quel que soit le crime, et elle ne devrait plus être appliquée dans les États démocratiques qui respectent les droits de l'homme. J'appelle les Etats-Unis, Etat observateur au Conseil de l'Europe, à réévaluer au niveau politique, la possibilité de supprimer totalement cette peine, afin de l'abolir de jure ou de facto au niveau fédéral et dans les Etats où elle est encore appliquée, ou dont la législation permet encore son utilisation », a-t-il ajouté. « Une telle approche serait conforme à nos valeurs communes, telles qu'énoncées dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et les traités internationaux », a conclu le rapporteur. *** Lundi, le gouverneur du Colorado, Jared S. Polis, a signé une loi d'abrogation, qui avait été adoptée par le Sénat du Colorado en janvier et par la Chambre des représentants en février. Il a également commué les peines de trois hommes encore dans le couloir de la mort, en prison à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle.
« Cette décision de l'Etat du Colorado, qui n'a eu recours à la peine de mort que rarement, montre sa détermination à combattre cette peine cruelle et inhumaine et à poursuivre la tendance abolitionniste croissante. Le Colorado a ainsi rejoint les 21 États américains qui ont aboli la peine de mort de jure et les 12 autres qui ne l'ont pas appliquée au cours des dix dernières années ou plus », a-t-il déclaré.

« La peine de mort est toujours un châtiment cruel et inhumain, quel que soit le crime, et elle ne devrait plus être appliquée dans les États démocratiques qui respectent les droits de l'homme. J'appelle les Etats-Unis, Etat observateur au Conseil de l'Europe, à réévaluer au niveau politique, la possibilité de supprimer totalement cette peine, afin de l'abolir de jure ou de facto au niveau fédéral et dans les Etats où elle est encore appliquée, ou dont la législation permet encore son utilisation », a-t-il ajouté.

« Une telle approche serait conforme à nos valeurs communes, telles qu'énoncées dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et les traités internationaux », a conclu le rapporteur.

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Lundi, le gouverneur du Colorado, Jared S. Polis, a signé une loi d'abrogation, qui avait été adoptée par le Sénat du Colorado en janvier et par la Chambre des représentants en février. Il a également commué les peines de trois hommes encore dans le couloir de la mort, en prison à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10874 Tue, 24 Mar 2020 00:00:00 +0000 Conseil de l'Europe
États-Unis: Déclaration du porte-parole sur l'abolition de la peine de mort au Colorado https://www.peinedemort.org/document/10884 L'Union européenne salue la décision d'abolir la peine de mort prise par l'État du Colorado. Le Colorado devient le 22e État américain à franchir cette étape importante, tandis que 12 autres États n'ont procédé à aucune exécution au cours des 10 dernières années. Au total, 34 États américains, par la loi ou de facto, n'appliquent pas la peine de mort. Dans l'ensemble des États-Unis, le nombre d'exécutions et de nouvelles condamnations à mort demeure proche de son niveau historiquement le plus bas. La décision de l'État du Colorado renforce la tendance croissante à abandonner la peine capitale aux États-Unis. Cela va dans le sens de la tendance mondiale, le nombre de pays n'ayant procédé à aucune exécution depuis au moins 10 ans s'élevant déjà à 160. La peine de mort est un châtiment cruel, inhumain et dégradant, et il n'existe aucune preuve convaincante démontrant qu'elle aurait un effet dissuasif sur la criminalité, tandis que les erreurs judiciaires sont irréversibles. L'Union européenne est fermement opposée à la peine de mort et continuera à œuvrer en faveur de son abolition dans les quelques pays restants qui l'appliquent encore.
La décision de l'État du Colorado renforce la tendance croissante à abandonner la peine capitale aux États-Unis. Cela va dans le sens de la tendance mondiale, le nombre de pays n'ayant procédé à aucune exécution depuis au moins 10 ans s'élevant déjà à 160.

La peine de mort est un châtiment cruel, inhumain et dégradant, et il n'existe aucune preuve convaincante démontrant qu'elle aurait un effet dissuasif sur la criminalité, tandis que les erreurs judiciaires sont irréversibles.

L'Union européenne est fermement opposée à la peine de mort et continuera à œuvrer en faveur de son abolition dans les quelques pays restants qui l'appliquent encore.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10884 Tue, 24 Mar 2020 00:00:00 +0000 Union européenne
Le gouverneur du Colorado signe l'abrogation de la peine de mort et commue les peines des condamnés à mort https://www.peinedemort.org/document/10871 DENVER (Reuters) – Le gouverneur du Colorado a signé lundi une abrogation de la loi de l'État sur la peine de mort et a commué les peines des trois condamnés à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle, suscitant de vives critiques de la part d'un procureur du district dont le bureau a poursuivi les condamnés. L'action du gouverneur Jared Polis pour signer l'abrogation était attendue, car il avait indiqué son soutien à l'abolition de la peine capitale alors qu'elle était débattue à la législature de l'État le mois dernier, mais le sort des condamnés à mort restait inconnu jusqu'à lundi. Polis a déclaré dans un communiqué qu'il épargnait la vie des détenus non pas en raison de changements dans leur cas individuel, mais pour refléter la nouvelle législation. "La commutation de ces individus méprisables et coupables est compatible avec l'abolition de la peine de mort dans l'État du Colorado", a déclaré Polis, un démocrate de premier mandat. Cette décision a été déchaînée par le procureur du district du comté d'Arapahoe, George Brauchler, dont les prédécesseurs ont condamné et condamné à mort les trois condamnés à mort. "Avec un simple coup de stylo et enfoui sous la couverture d'une pandémie mondiale urgente, Gov Polis a effacé trois verdicts du jury unanimes distincts pour certains des pires assassins de l'histoire de notre état", a déclaré Brauchler, un républicain. Le Colorado n'a exécuté qu'un seul détenu par injection létale depuis que la Cour suprême des États-Unis a rétabli la peine capitale en 1976 après un moratoire national de quatre ans. Vingt-huit États ont encore des lois sur la peine de mort dans leurs livres, selon la Conférence nationale des législatures des États. La peine capitale demeure également dans le code pénal du gouvernement fédéral et des systèmes de justice militaire américains. Depuis 2004, 22 États ont aboli la peine de mort par voie législative ou judiciaire, selon le Death Penalty Information Center de Washington, qui suit la question. Cette année, cinq prisonniers ont été exécutés aux États-Unis. En vertu de la nouvelle loi du Colorado, les procureurs d'État ne pourront plus demander la peine capitale dans toute affaire de meurtre déposée après le 1er juillet. Le procès de la peine de mort d'un homme accusé du meurtre d'un policier a commencé ce mois-ci dans un comté de la banlieue de Denver, mais a été suspendu jusqu'au 6 avril en raison de préoccupations concernant l'épidémie de coronavirus.
L'action du gouverneur Jared Polis pour signer l'abrogation était attendue, car il avait indiqué son soutien à l'abolition de la peine capitale alors qu'elle était débattue à la législature de l'État le mois dernier, mais le sort des condamnés à mort restait inconnu jusqu'à lundi.

Polis a déclaré dans un communiqué qu'il épargnait la vie des détenus non pas en raison de changements dans leur cas individuel, mais pour refléter la nouvelle législation.



"La commutation de ces individus méprisables et coupables est compatible avec l'abolition de la peine de mort dans l'État du Colorado", a déclaré Polis, un démocrate de premier mandat.

Cette décision a été déchaînée par le procureur du district du comté d'Arapahoe, George Brauchler, dont les prédécesseurs ont condamné et condamné à mort les trois condamnés à mort.

"Avec un simple coup de stylo et enfoui sous la couverture d'une pandémie mondiale urgente, Gov Polis a effacé trois verdicts du jury unanimes distincts pour certains des pires assassins de l'histoire de notre état", a déclaré Brauchler, un républicain.

Le Colorado n'a exécuté qu'un seul détenu par injection létale depuis que la Cour suprême des États-Unis a rétabli la peine capitale en 1976 après un moratoire national de quatre ans.

Vingt-huit États ont encore des lois sur la peine de mort dans leurs livres, selon la Conférence nationale des législatures des États. La peine capitale demeure également dans le code pénal du gouvernement fédéral et des systèmes de justice militaire américains.

Depuis 2004, 22 États ont aboli la peine de mort par voie législative ou judiciaire, selon le Death Penalty Information Center de Washington, qui suit la question. Cette année, cinq prisonniers ont été exécutés aux États-Unis.

En vertu de la nouvelle loi du Colorado, les procureurs d'État ne pourront plus demander la peine capitale dans toute affaire de meurtre déposée après le 1er juillet.

Le procès de la peine de mort d'un homme accusé du meurtre d'un policier a commencé ce mois-ci dans un comté de la banlieue de Denver, mais a été suspendu jusqu'au 6 avril en raison de préoccupations concernant l'épidémie de coronavirus.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10871 Mon, 23 Mar 2020 00:00:00 +0000 Reuters
HRW dénonce des tortures et disparitions de mineurs en Egypte https://www.peinedemort.org/document/10875 Human Rights Watch (HRW) a dénoncé dans un rapport publié lundi des cas de disparition et de tortures de mineurs en Egypte, appelant les puissances occidentales à cesser leur aide sécuritaire au Caire. Dans ce document de 43 pages, préparé par HRW et l'ONG "Belady: an Island for Humanity", plusieurs témoignages ont été rassemblés concernant des abus sur 20 mineurs âgés de 12 à 17 ans. "Les récits poignants de ces enfants et de leurs familles révèlent comment la machine répressive égyptienne a commis de graves abus sur des enfants", dit Aya Hijazi, co-directrice de Belady citée dans le communiqué. Le document, intitulé "Personne ne se souciait que c'était un enfant", a été élaboré sur la base de témoignages de mineurs, de leurs familles et de documents officiels, de vidéos, ou encore de documents médicaux obtenus par les avocats de la défense. Quinze des 20 mineurs interrogés disent avoir été torturés lors d'une détention provisoire. Sept enfants ont raconté avoir été torturés avec de l'électricité, y compris au pistolet paralysant. Un garçon de 16 ans a affirmé à un parent qu'il était inquiet de ne "jamais pouvoir se marier ou d'avoir d'enfants" en raison du traitement qui lui a été infligé en prison. Deux mineurs ont aussi raconté avoir eu les mains liées derrière le dos avant d'être suspendus par les bras, entraînant de graves blessures aux épaules, selon le rapport. Selon HRW, la majorité des cas rapportés ont été le fait de l'Agence de sécurité nationale du ministère de l'Intérieur, mais la police et l'armée étaient également parfois impliqués. Dans ces conditions, HRW a estimé dans un communiqué lundi que les Etats-Unis, la France et d'autres pays de l'Union européenne devraient cesser de soutenir les forces de sécurité égyptiennes. Toujours selon le rapport, des mineurs ont disparu pour des périodes allant jusqu'à 13 mois. La loi égyptienne prévoit pourtant que les personnes arrêtées doivent être présentées au parquet dans les 24 heures qui suivent leur arrestation. Ils ont aussi raconté avoir été détenus dans des prisons pour adultes surpeuplées. Un mineur cité dans le rapport a également été condamné à mort en avril 2019, en violation de la loi internationale, une condamnation finalement annulée en octobre. Depuis la destitution en 2013 par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi, et l'arrivée au pouvoir d'Abdel Fattah al-Sissi, les services de sécurité mènent une répression impitoyable contre toute forme d'opposition.
Dans ce document de 43 pages, préparé par HRW et l'ONG "Belady: an Island for Humanity", plusieurs témoignages ont été rassemblés concernant des abus sur 20 mineurs âgés de 12 à 17 ans.

"Les récits poignants de ces enfants et de leurs familles révèlent comment la machine répressive égyptienne a commis de graves abus sur des enfants", dit Aya Hijazi, co-directrice de Belady citée dans le communiqué.

Le document, intitulé "Personne ne se souciait que c'était un enfant", a été élaboré sur la base de témoignages de mineurs, de leurs familles et de documents officiels, de vidéos, ou encore de documents médicaux obtenus par les avocats de la défense.

Quinze des 20 mineurs interrogés disent avoir été torturés lors d'une détention provisoire.

Sept enfants ont raconté avoir été torturés avec de l'électricité, y compris au pistolet paralysant.

Un garçon de 16 ans a affirmé à un parent qu'il était inquiet de ne "jamais pouvoir se marier ou d'avoir d'enfants" en raison du traitement qui lui a été infligé en prison.

Deux mineurs ont aussi raconté avoir eu les mains liées derrière le dos avant d'être suspendus par les bras, entraînant de graves blessures aux épaules, selon le rapport.

Selon HRW, la majorité des cas rapportés ont été le fait de l'Agence de sécurité nationale du ministère de l'Intérieur, mais la police et l'armée étaient également parfois impliqués.

Dans ces conditions, HRW a estimé dans un communiqué lundi que les Etats-Unis, la France et d'autres pays de l'Union européenne devraient cesser de soutenir les forces de sécurité égyptiennes.

Toujours selon le rapport, des mineurs ont disparu pour des périodes allant jusqu'à 13 mois. La loi égyptienne prévoit pourtant que les personnes arrêtées doivent être présentées au parquet dans les 24 heures qui suivent leur arrestation.

Ils ont aussi raconté avoir été détenus dans des prisons pour adultes surpeuplées.

Un mineur cité dans le rapport a également été condamné à mort en avril 2019, en violation de la loi internationale, une condamnation finalement annulée en octobre.

Depuis la destitution en 2013 par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi, et l'arrivée au pouvoir d'Abdel Fattah al-Sissi, les services de sécurité mènent une répression impitoyable contre toute forme d'opposition.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10875 Mon, 23 Mar 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
L'Inde exécute les responsables du viol collectif de Delhi https://www.peinedemort.org/document/10868 L'Inde a exécuté vendredi à l'aube quatre hommes pour le viol collectif d'une étudiante dans un bus de Delhi en décembre 2012, un crime qui avait révulsé la nation d'Asie du Sud et le reste du monde. Ce drame avait braqué une lumière crue sur le lourd silence autour des violences sexuelles dans le pays, les carences de son système judiciaire en matière de lutte contre les viols et, au-delà, le traitement des femmes dans la société indienne. Mukesh Singh, Vinay Sharma, Pawan Gupta et Akshay Thakur ont été pendus à 05H30 locales (minuit GMT) dans la prison de Tihar de la capitale, une application exceptionnelle de la peine de mort en Inde. Quelques manifestants s'étaient rassemblés devant l'établissement pénitentiaire pour saluer cette exécution, agitant des drapeaux indiens. "La justice a triomphé. Il est de la plus grande importance de garantir la dignité et la sécurité des femmes", a réagi le Premier ministre Narendra Modi sur son compte Twitter. "Nous avons la satisfaction que ma fille ait enfin reçu justice au bout de sept ans. Les animaux ont été pendus", a pour sa part déclaré à des journalistes Asha Devi, mère de la victime Jyoti Singh. Le dimanche 16 décembre 2012 au soir, l'étudiante de 23 ans sort d'une séance du film "L'Odyssée de Pi" dans un grand centre commercial avec un ami. Ils montent dans un bus privé tenu par une bande ivre de six hommes, croyant qu'il s'agit d'un transport collectif allant dans leur direction. À bord, son ami est passé à tabac. Pendant une vingtaine de minutes, la jeune femme est sauvagement violée à tour de rôle à l'arrière du bus roulant à travers Delhi, lumières éteintes, et grièvement blessée avec une barre de fer. Les agresseurs se débarrassent d'eux au bord d'une route. Dès le lendemain, l'affaire provoque une onde de choc dans l'opinion publique et déclenche de gigantesques manifestations spontanées, qui redoublent avec la mort de la victime de ses blessures le 29 décembre dans un hôpital de Singapour. "Le mouvement qui a suivi le viol en réunion de 2012 a été comme un barrage qui cède", explique à l'AFP Kavita Krishnan, militante pour les droits des femmes. - 'Châtiment cruel et inhumain' - Car ce fait divers, survenu au cœur de la capitale, a touché une corde sensible auprès de la jeunesse indienne. Dans une société changée en profondeur par vingt ans de libéralisation de l'économie, nombre d'Indiennes et d'Indiens se sont identifiés à cette jeune femme souhaitant faire des études et avoir un travail, plutôt que de vivre sous la tutelle d'un mari et rester au foyer. Ce viol de "la fille de l'Inde" a vu le choc brutal de deux visions sociétales antagonistes. D'un côté, une classe moyenne émergente, aspirant à l'émancipation et à la liberté individuelle, en particulier pour les femmes. De l'autre, une conception conservatrice traditionnelle considérant les femmes comme inférieures aux hommes. "Une fille décente ne traîne pas dehors à neuf heures du soir. Une fille est bien plus responsable du viol qu'un garçon", se justifiait ainsi Mukesh Singh, l'un des violeurs, dans un documentaire de la BBC sorti en 2015 et qui a fait scandale en Inde. À la suite du drame, le gouvernement a durci la législation contre les violences sexuelles et prévu des procédures judiciaires accélérées. Le nombre de signalements de viols dans le pays de 1,3 milliard d'habitants s'est envolé les années suivantes, même si les experts estiment que ces chiffres ne restent encore que la partie émergée de l'iceberg. Au nom de son opposition à la peine de mort, l'Union européenne a déploré vendredi le "châtiment cruel et inhumain" réservé aux quatre hommes, tout en réitérant sa condamnation de leur crime. Des six suspects arrêtés par les forces de l'ordre, le meneur présumé est mort en détention quelques semaines plus tard, officiellement à la suite d'un suicide. Un autre, âgé de 17 ans à l'époque, a bénéficié d'une peine réduite en raison de sa minorité et a été libéré au bout de trois ans. Si près de 400 condamnés attendent actuellement dans le couloir de la mort en Inde, les autorités procèdent rarement aux exécutions, les réservant aux cas emblématiques. Les peines capitales sont normalement commuées en prison à vie. La précédente exécution en Inde remontait à 2015.
Ce drame avait braqué une lumière crue sur le lourd silence autour des violences sexuelles dans le pays, les carences de son système judiciaire en matière de lutte contre les viols et, au-delà, le traitement des femmes dans la société indienne.

Mukesh Singh, Vinay Sharma, Pawan Gupta et Akshay Thakur ont été pendus à 05H30 locales (minuit GMT) dans la prison de Tihar de la capitale, une application exceptionnelle de la peine de mort en Inde. Quelques manifestants s'étaient rassemblés devant l'établissement pénitentiaire pour saluer cette exécution, agitant des drapeaux indiens.

"La justice a triomphé. Il est de la plus grande importance de garantir la dignité et la sécurité des femmes", a réagi le Premier ministre Narendra Modi sur son compte Twitter.
"Nous avons la satisfaction que ma fille ait enfin reçu justice au bout de sept ans. Les animaux ont été pendus", a pour sa part déclaré à des journalistes Asha Devi, mère de la victime Jyoti Singh.

Le dimanche 16 décembre 2012 au soir, l'étudiante de 23 ans sort d'une séance du film "L'Odyssée de Pi" dans un grand centre commercial avec un ami. Ils montent dans un bus privé tenu par une bande ivre de six hommes, croyant qu'il s'agit d'un transport collectif allant dans leur direction.

À bord, son ami est passé à tabac. Pendant une vingtaine de minutes, la jeune femme est sauvagement violée à tour de rôle à l'arrière du bus roulant à travers Delhi, lumières éteintes, et grièvement blessée avec une barre de fer. Les agresseurs se débarrassent d'eux au bord d'une route.

Dès le lendemain, l'affaire provoque une onde de choc dans l'opinion publique et déclenche de gigantesques manifestations spontanées, qui redoublent avec la mort de la victime de ses blessures le 29 décembre dans un hôpital de Singapour.

"Le mouvement qui a suivi le viol en réunion de 2012 a été comme un barrage qui cède", explique à l'AFP Kavita Krishnan, militante pour les droits des femmes.

- 'Châtiment cruel et inhumain' -

Car ce fait divers, survenu au cœur de la capitale, a touché une corde sensible auprès de la jeunesse indienne. Dans une société changée en profondeur par vingt ans de libéralisation de l'économie, nombre d'Indiennes et d'Indiens se sont identifiés à cette jeune femme souhaitant faire des études et avoir un travail, plutôt que de vivre sous la tutelle d'un mari et rester au foyer.

Ce viol de "la fille de l'Inde" a vu le choc brutal de deux visions sociétales antagonistes. D'un côté, une classe moyenne émergente, aspirant à l'émancipation et à la liberté individuelle, en particulier pour les femmes. De l'autre, une conception conservatrice traditionnelle considérant les femmes comme inférieures aux hommes.

"Une fille décente ne traîne pas dehors à neuf heures du soir. Une fille est bien plus responsable du viol qu'un garçon", se justifiait ainsi Mukesh Singh, l'un des violeurs, dans un documentaire de la BBC sorti en 2015 et qui a fait scandale en Inde.

À la suite du drame, le gouvernement a durci la législation contre les violences sexuelles et prévu des procédures judiciaires accélérées. Le nombre de signalements de viols dans le pays de 1,3 milliard d'habitants s'est envolé les années suivantes, même si les experts estiment que ces chiffres ne restent encore que la partie émergée de l'iceberg.

Au nom de son opposition à la peine de mort, l'Union européenne a déploré vendredi le "châtiment cruel et inhumain" réservé aux quatre hommes, tout en réitérant sa condamnation de leur crime.

Des six suspects arrêtés par les forces de l'ordre, le meneur présumé est mort en détention quelques semaines plus tard, officiellement à la suite d'un suicide. Un autre, âgé de 17 ans à l'époque, a bénéficié d'une peine réduite en raison de sa minorité et a été libéré au bout de trois ans.

Si près de 400 condamnés attendent actuellement dans le couloir de la mort en Inde, les autorités procèdent rarement aux exécutions, les réservant aux cas emblématiques. Les peines capitales sont normalement commuées en prison à vie.

La précédente exécution en Inde remontait à 2015.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10868 Fri, 20 Mar 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Déclaration de la porte-parole sur quatre exécutions en Inde https://www.peinedemort.org/document/10876 Aujourd'hui, quatre exécutions ont eu lieu en Inde. Les personnes exécutées avaient été condamnées pour le viol collectif et le meurtre d'une étudiante dans le secteur paramédical. L'Union européenne condamne une nouvelle fois avec la plus grande fermeté ces crimes odieux et exprime sa sympathie à la famille de la victime. Les auteurs de tels crimes doivent répondre de leurs actes et se voir imposer des sanctions appropriées. Dans le même temps, l'UE rappelle qu'elle est catégoriquement opposée au recours à la peine de mort en toutes circonstances. Il s'agit d'une sanction cruelle et inhumaine, qui n'a aucun effet dissuasif et représente une négation inacceptable de la dignité et de l'intégrité humaines.
Dans le même temps, l'UE rappelle qu'elle est catégoriquement opposée au recours à la peine de mort en toutes circonstances. Il s'agit d'une sanction cruelle et inhumaine, qui n'a aucun effet dissuasif et représente une négation inacceptable de la dignité et de l'intégrité humaines.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10876 Fri, 20 Mar 2020 00:00:00 +0000 Union européenne
Une exécution reportée au Texas en raison du coronavirus https://www.peinedemort.org/document/10866 Un tribunal américain a ordonné de reporter de 60 jours une exécution prévue mercredi dans l'Etat du Texas, en raison du nouveau coronavirus. Une cour d'appel texane a rejeté lundi les arguments juridiques soulevés par John Hummel dans un dernier recours, mais elle a lui a quand même donné un répit "eu égard à la crise sanitaire en cours et aux énormes ressources nécessaires pour une exécution". Cet homme de 44 ans a été condamné à la peine capitale pour avoir tué, en 2009, sa femme enceinte, leur fille de 5 ans et son beau-père. Il devait recevoir une injection létale au pénitencier de Hunstville, dans le sud du pays. Comme pour chaque condamné à mort, son exécution aurait impliqué un grand nombre de personnes: les gardiens de prison, ses avocats, des témoins, ses proches et ceux de ses victimes. D'autres exécutions sont prévues prochainement aux Etats-Unis, notamment le 25 mars à nouveau au Texas. Il est probable que les condamnés essaient à leur tour d'obtenir un sursis en raison de l'épidémie de Covid-19 mais aucune décision globale n'a été prise à l'heure actuelle. Les Etats-Unis, où de nombreuses mesures d'isolement ont été prises, ont franchi mardi la barre des 100 morts liés au nouveau coronavirus et recensaient au moins 6.200 cas confirmés.
Une cour d'appel texane a rejeté lundi les arguments juridiques soulevés par John Hummel dans un dernier recours, mais elle a lui a quand même donné un répit "eu égard à la crise sanitaire en cours et aux énormes ressources nécessaires pour une exécution".

Cet homme de 44 ans a été condamné à la peine capitale pour avoir tué, en 2009, sa femme enceinte, leur fille de 5 ans et son beau-père. Il devait recevoir une injection létale au pénitencier de Hunstville, dans le sud du pays.

Comme pour chaque condamné à mort, son exécution aurait impliqué un grand nombre de personnes: les gardiens de prison, ses avocats, des témoins, ses proches et ceux de ses victimes.

D'autres exécutions sont prévues prochainement aux Etats-Unis, notamment le 25 mars à nouveau au Texas.

Il est probable que les condamnés essaient à leur tour d'obtenir un sursis en raison de l'épidémie de Covid-19 mais aucune décision globale n'a été prise à l'heure actuelle.

Les Etats-Unis, où de nombreuses mesures d'isolement ont été prises, ont franchi mardi la barre des 100 morts liés au nouveau coronavirus et recensaient au moins 6.200 cas confirmés. ]]>
https://www.peinedemort.org/document/10866 Wed, 18 Mar 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Japon: Un homme accusé du meurtre de 19 personnes condamné à mort https://www.peinedemort.org/document/10865 YOKOHAMA, Japon (Reuters) - Satoshi Uematsu a été condamné lundi à la peine capitale par un tribunal de Yokohama, près de Tokyo, pour avoir poignardé à mort 19 personnes handicapées en 2016, l'une des pires tueries de masse depuis des décennies au Japon. L'homme âgé de 30 ans a reconnu avoir tué ou blessé une quarantaine de personnes dans un centre pour handicapés d'une ville située non loin de Tokyo. La plupart des victimes ont été poignardées alors qu'elles dormaient. Cette tuerie avait provoqué une onde de choc à travers le pays, où les crimes violents sont rares, notamment du fait d'un contrôle strict des armes à feu. Elle a aussi alimenté un débat sur la nécessité de changements au sein d'une société où les personnes en situation de handicap peuvent encore être stigmatisées et vivre dans la honte.
L'homme âgé de 30 ans a reconnu avoir tué ou blessé une quarantaine de personnes dans un centre pour handicapés d'une ville située non loin de Tokyo. La plupart des victimes ont été poignardées alors qu'elles dormaient.

Cette tuerie avait provoqué une onde de choc à travers le pays, où les crimes violents sont rares, notamment du fait d'un contrôle strict des armes à feu. Elle a aussi alimenté un débat sur la nécessité de changements au sein d'une société où les personnes en situation de handicap peuvent encore être stigmatisées et vivre dans la honte.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10865 Mon, 16 Mar 2020 00:00:00 +0000 Reuters
Titus Corlăţean condamne la nouvelle peine de mort prononcée au Bélarus https://www.peinedemort.org/document/10864 Titus Corlatean (Roumanie, SOC), rapporteur général de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) sur l'abolition de la peine de mort, a condamné la peine de mort prononcée à l'encontre de Viktar Skrundzik pour le meurtre de deux personnes âgées en janvier 2019 au Bélarus. Il s'agirait de la troisième condamnation à mort prononcée dans le pays depuis le début de l'année. « Bien que j'éprouve de la compassion pour les victimes et leurs familles dans cette affaire, l'Assemblée et le Conseil de l'Europe restent résolument opposés à la peine de mort, qui est contraire à nos valeurs les plus fondamentales », a déclaré M. Corlatean. « Les relations avec le Bélarus ne pourront pas s'améliorer tant que cette question fondamentale ne sera pas résolue. Une fois de plus, j'appelle instamment les autorités à instaurer un moratoire sur la peine de mort, comme premier pas vers son abolition totale ».
« Bien que j'éprouve de la compassion pour les victimes et leurs familles dans cette affaire, l'Assemblée et le Conseil de l'Europe restent résolument opposés à la peine de mort, qui est contraire à nos valeurs les plus fondamentales », a déclaré M. Corlatean. « Les relations avec le Bélarus ne pourront pas s'améliorer tant que cette question fondamentale ne sera pas résolue. Une fois de plus, j'appelle instamment les autorités à instaurer un moratoire sur la peine de mort, comme premier pas vers son abolition totale ».]]>
https://www.peinedemort.org/document/10864 Tue, 10 Mar 2020 00:00:00 +0000
Biélorussie: déclaration du porte-parole sur une nouvelle condamnation à mort https://www.peinedemort.org/document/10867 Le 6 mars 2020, Viktar Skrundzik a été condamné à mort par le tribunal régional de Minsk, en Biélorussie. L'Union européenne réaffirme qu'elle est fermement opposée à l'application de la peine capitale en toutes circonstances. La peine de mort constitue une violation du droit inaliénable à la vie tel qu'il est consacré dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et représente la forme la plus extrême de châtiment cruel, inhumain et dégradant. Les erreurs judiciaires, inévitables dans tout système judiciaire, sont irréversibles. La tendance dans le monde est à l'abandon de la peine capitale: au cours des dix dernières années au moins, aucune exécution n'a eu lieu dans 160 pays. La commutation par la Biélorussie des condamnations à mort déjà prononcées et l'instauration d'un moratoire sur la peine de mort constitueraient une première avancée très positive vers son abolition.
L'Union européenne réaffirme qu'elle est fermement opposée à l'application de la peine capitale en toutes circonstances. La peine de mort constitue une violation du droit inaliénable à la vie tel qu'il est consacré dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et représente la forme la plus extrême de châtiment cruel, inhumain et dégradant. Les erreurs judiciaires, inévitables dans tout système judiciaire, sont irréversibles.

La tendance dans le monde est à l'abandon de la peine capitale: au cours des dix dernières années au moins, aucune exécution n'a eu lieu dans 160 pays. La commutation par la Biélorussie des condamnations à mort déjà prononcées et l'instauration d'un moratoire sur la peine de mort constitueraient une première avancée très positive vers son abolition.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10867 Sat, 07 Mar 2020 00:00:00 +0000 Union européenne
Un condamné exécuté dans l'Alabama malgré une forte mobilisation https://www.peinedemort.org/document/10858 Un homme condamné à mort pour le meurtre de trois policiers a été exécuté jeudi soir dans l'Alabama malgré la mobilisation de plusieurs personnalités qui doutaient de sa culpabilité, dont Kim Kardashian. La Cour suprême des Etats-Unis, ultime recours des condamnés, avait accordé à la dernière minute un sursis à Nathaniel Woods, 44 ans, suspendant son exécution "jusqu'à nouvel ordre". Mais le temple du droit américain a finalement donné peu de temps après son feu vert à l'exécution, par injection létale dans un pénitencier près d'Atmore, dans le sud des Etats-Unis. "Justice a été rendue ce soir", a déclaré jeudi dans un communiqué le procureur général de l'Alabama, Steve Marshall. "Nathaniel Woods, l'un des deux tueurs derrière la journée la plus sanglante de l'histoire de la police de Birmingham, a eu ce qu'il méritait". En 2004, des policiers étaient venus arrêter Nathaniel Woods dans un appartement utilisé pour du trafic de drogue dans la ville de Birmingham. Lors de l'intervention, trois agents avaient été abattus et un quatrième blessé. M. Woods n'avait pas pressé la gâchette. Mais en 2005, il avait écopé de la même peine que l'auteur des tirs, son colocataire Kerry Spencer, parce qu'il avait été considéré comme le "cerveau" de l'attaque. Lors de son procès, les procureurs l'avaient en effet accusé d'avoir attiré les enquêteurs dans un guet-apens, sachant que son complice les tuerait. Lui avait toujours maintenu son innocence. Dans un courrier récent diffusé par les médias américains, son ancien colocataire Kerry Spencer assurait que Nathaniel Woods était "100% innocent". "Je le sais parce que c'est moi qui ai tiré et tué les policiers", écrivait-il. Autre fait troublant pour ses défenseurs: il avait été condamné par dix jurés sur douze, l'Alabama étant le seul Etat américain qui permette d'infliger la peine de mort sans jury unanime. A l'approche de la date programmée pour son exécution, quelque 120.000 personnes, dont des personnalités, avaient demandé à la gouverneure de l'Alabama Kay Ivey de lui accorder un sursis. "Voulez-vous autoriser l'exécution d'un homme qui est peut-être innocent?", lui avait notamment écrit le militant des droits civiques Martin Luther King III, fils du pasteur assassiné. "Rejoignez la large coalition -- dont des membres du jury et des proches des victimes -- qui demandent" un report de l'exécution, avait également tweeté la star de la téléréalité Kim Kardashian. En parallèle, les avocats de Nathaniel Woods avaient introduit un ultime recours devant la Cour suprême, contestant la méthode d'exécution retenue. C'est le cinquième condamné à mort exécuté aux Etats-Unis depuis le début de l'année 2020.
La Cour suprême des Etats-Unis, ultime recours des condamnés, avait accordé à la dernière minute un sursis à Nathaniel Woods, 44 ans, suspendant son exécution "jusqu'à nouvel ordre".

Mais le temple du droit américain a finalement donné peu de temps après son feu vert à l'exécution, par injection létale dans un pénitencier près d'Atmore, dans le sud des Etats-Unis.

"Justice a été rendue ce soir", a déclaré jeudi dans un communiqué le procureur général de l'Alabama, Steve Marshall. "Nathaniel Woods, l'un des deux tueurs derrière la journée la plus sanglante de l'histoire de la police de Birmingham, a eu ce qu'il méritait".

En 2004, des policiers étaient venus arrêter Nathaniel Woods dans un appartement utilisé pour du trafic de drogue dans la ville de Birmingham. Lors de l'intervention, trois agents avaient été abattus et un quatrième blessé.

M. Woods n'avait pas pressé la gâchette. Mais en 2005, il avait écopé de la même peine que l'auteur des tirs, son colocataire Kerry Spencer, parce qu'il avait été considéré comme le "cerveau" de l'attaque.

Lors de son procès, les procureurs l'avaient en effet accusé d'avoir attiré les enquêteurs dans un guet-apens, sachant que son complice les tuerait. Lui avait toujours maintenu son innocence.

Dans un courrier récent diffusé par les médias américains, son ancien colocataire Kerry Spencer assurait que Nathaniel Woods était "100% innocent". "Je le sais parce que c'est moi qui ai tiré et tué les policiers", écrivait-il.

Autre fait troublant pour ses défenseurs: il avait été condamné par dix jurés sur douze, l'Alabama étant le seul Etat américain qui permette d'infliger la peine de mort sans jury unanime.

A l'approche de la date programmée pour son exécution, quelque 120.000 personnes, dont des personnalités, avaient demandé à la gouverneure de l'Alabama Kay Ivey de lui accorder un sursis.

"Voulez-vous autoriser l'exécution d'un homme qui est peut-être innocent?", lui avait notamment écrit le militant des droits civiques Martin Luther King III, fils du pasteur assassiné.

"Rejoignez la large coalition -- dont des membres du jury et des proches des victimes -- qui demandent" un report de l'exécution, avait également tweeté la star de la téléréalité Kim Kardashian.

En parallèle, les avocats de Nathaniel Woods avaient introduit un ultime recours devant la Cour suprême, contestant la méthode d'exécution retenue.

C'est le cinquième condamné à mort exécuté aux Etats-Unis depuis le début de l'année 2020.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10858 Fri, 06 Mar 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Yémen : l'ONU demande l'annulation des condamnations à mort par contumace de 35 parlementaires https://www.peinedemort.org/document/10870 Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a demandé vendredi aux autorités de facto à Sana'a, au Yémen, d'annuler les condamnations à mort prononcées contre 35 parlementaires. « Nous sommes très préoccupés par le fait que 35 parlementaires yéménites ont été condamnés à mort - par contumace et par un tribunal de Sana'a, contrôlée par les Houthis - pour trahison, et leurs biens confisqués et leurs familles menacées », a dit une porte-parole du HCDH, Liz Throssell, lors d'un point de presse à Genève. « Nous appelons les autorités de facto à annuler immédiatement les peines prononcées contre les députés et à veiller à ce que leurs familles ne soient pas harcelées », a-t-elle ajouté. Les députés pro-gouvernementaux ont été condamnés le 3 mars par un tribunal pénal spécialisé à Sana'a. Aucun ne se trouvait dans le nord du Yémen, qui est contrôlé par les rebelles houthis. « Nous sommes extrêmement préoccupés par le déroulement général du procès et par son caractère politique, ainsi que par son non-respect des normes et standards internationaux », a dit la porte-parole du HCDH. « Notre Bureau comprend que les politiciens ont été condamnés à mort pour ‘avoir pris des mesures menaçant la stabilité de la République du Yémen, son unité et la sécurité de son territoire'. L'accusation porte sur leur participation à une réunion parlementaire tenue à Saywun (gouvernorat d'Hadramaout) le 11 avril 2019, convoquée par le Président reconnu internationalement Abdo Rabo Mansour Hadi », a-t-elle ajouté. À la suite des condamnations prononcées à Sana'a, le HCDH a reçu des informations selon lesquelles les domiciles de certains parlementaires à Sana'a auraient été saccagés par un groupe de femmes policières houthies et des membres de leur famille, qui se trouvaient à l'intérieur de leur domicile, ont reçu pour ordre de partir dans les 24 heures. « Nous rappelons aux autorités de facto que la peine de mort est une forme extrême de peine réservée aux ‘crimes les plus graves' impliquant des homicides intentionnels. Si elle est utilisée, elle ne devrait être imposée qu'après un procès équitable respectant les garanties de procédure régulière les plus strictes, comme le stipule le droit international des droits de l'homme », a dit la porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme. « Nous sommes très préoccupés par le fait que 35 parlementaires yéménites ont été condamnés à mort - par contumace et par un tribunal de Sana'a, contrôlée par les Houthis - pour trahison, et leurs biens confisqués et leurs familles menacées », a dit une porte-parole du HCDH, Liz Throssell, lors d'un point de presse à Genève.

« Nous appelons les autorités de facto à annuler immédiatement les peines prononcées contre les députés et à veiller à ce que leurs familles ne soient pas harcelées », a-t-elle ajouté.

Les députés pro-gouvernementaux ont été condamnés le 3 mars par un tribunal pénal spécialisé à Sana'a. Aucun ne se trouvait dans le nord du Yémen, qui est contrôlé par les rebelles houthis.

« Nous sommes extrêmement préoccupés par le déroulement général du procès et par son caractère politique, ainsi que par son non-respect des normes et standards internationaux », a dit la porte-parole du HCDH.

« Notre Bureau comprend que les politiciens ont été condamnés à mort pour ‘avoir pris des mesures menaçant la stabilité de la République du Yémen, son unité et la sécurité de son territoire'. L'accusation porte sur leur participation à une réunion parlementaire tenue à Saywun (gouvernorat d'Hadramaout) le 11 avril 2019, convoquée par le Président reconnu internationalement Abdo Rabo Mansour Hadi », a-t-elle ajouté.

À la suite des condamnations prononcées à Sana'a, le HCDH a reçu des informations selon lesquelles les domiciles de certains parlementaires à Sana'a auraient été saccagés par un groupe de femmes policières houthies et des membres de leur famille, qui se trouvaient à l'intérieur de leur domicile, ont reçu pour ordre de partir dans les 24 heures.

« Nous rappelons aux autorités de facto que la peine de mort est une forme extrême de peine réservée aux ‘crimes les plus graves' impliquant des homicides intentionnels. Si elle est utilisée, elle ne devrait être imposée qu'après un procès équitable respectant les garanties de procédure régulière les plus strictes, comme le stipule le droit international des droits de l'homme », a dit la porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme. ]]>
https://www.peinedemort.org/document/10870 Fri, 06 Mar 2020 00:00:00 +0000 Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU
Primé à la Berlinale, l'Iranien Rasoulof sommé par Téhéran de se rendre en prison https://www.peinedemort.org/document/10854 Le réalisateur iranien Mohammad Rasoulof, primé samedi à Berlin, a été sommé de se présenter à la justice de son pays pour purger une peine d'un an de prison, a-t-on appris jeudi auprès de son avocat. Il "a reçu (mercredi) un texto (le sommant) de se présenter (devant le juge de l'exécution des peines en vue de) commencer à purger" la sienne, a déclaré à l'AFP Me Nasser Zarafchan. Le dernier film de M. Rasoulof, "There is No Evil", a reçu samedi soir l'Ours d'or à Berlin, en l'absence du cinéaste, condamné en 2019 à un an de prison et à deux ans d'interdiction de sortie de son pays. Jugeant "sans valeur légale" une convocation envoyée par simple texto, Me Zarafchan a indiqué avoir conseillé à son client de ne pas y répondre pour l'instant, surtout au vu de la situation créée par le nouveau coronavirus en Iran. "Avec la surpopulation carcérale (...) des instructions claires du pouvoir judiciaire ordonnent que soient données des permissions de sorties à des détenus et que les peines ne soient pas exécutées jusqu'à la fin de l'année" iranienne qui s'achève le 19 mars, a dit l'avocat à l'AFP. L'Iran est frappé de plein fouet par le nouveau coronavirus. Avec 107 personnes ayant succombé à la maladie Covid-19, selon les derniers chiffres officiels, la République islamique est, avec l'Italie, un des pays où l'épidémie a fait le plus de morts après la Chine. Selon Me Zarafchan, la condamnation de M. Rasoulof à un an de prison pour "propagande contre le système" politique de la République islamique en 2019 a été confirmée en appel depuis lors. Elle est "principalement" due au film "Un homme intègre" ("Lerd", soit "La Lie", en persan), qui avait valu à M. Rasoulof le prix "Un Certain regard" au festival de Cannes 2017. Le réalisateur de 48 ans s'était fait confisquer son passeport quelques mois plus tard par les autorités de son pays. Charge contre la corruption en Iran, "Un homme intègre" raconte l'histoire d'un homme à la vie simple qui tente de se battre contre les manœuvres malhonnêtes d'une compagnie privée poussant des villageois à vendre leurs biens. "There is No Evil" traite de la peine de mort, vue par les bourreaux et par les familles des victimes. Selon le dernier rapport annuel d'Amnesty International sur la peine capitale, au moins 253 personnes ont été exécutées en Iran en 2018.
Le dernier film de M. Rasoulof, "There is No Evil", a reçu samedi soir l'Ours d'or à Berlin, en l'absence du cinéaste, condamné en 2019 à un an de prison et à deux ans d'interdiction de sortie de son pays.

Jugeant "sans valeur légale" une convocation envoyée par simple texto, Me Zarafchan a indiqué avoir conseillé à son client de ne pas y répondre pour l'instant, surtout au vu de la situation créée par le nouveau coronavirus en Iran.

"Avec la surpopulation carcérale (...) des instructions claires du pouvoir judiciaire ordonnent que soient données des permissions de sorties à des détenus et que les peines ne soient pas exécutées jusqu'à la fin de l'année" iranienne qui s'achève le 19 mars, a dit l'avocat à l'AFP.

L'Iran est frappé de plein fouet par le nouveau coronavirus. Avec 107 personnes ayant succombé à la maladie Covid-19, selon les derniers chiffres officiels, la République islamique est, avec l'Italie, un des pays où l'épidémie a fait le plus de morts après la Chine.

Selon Me Zarafchan, la condamnation de M. Rasoulof à un an de prison pour "propagande contre le système" politique de la République islamique en 2019 a été confirmée en appel depuis lors. Elle est "principalement" due au film "Un homme intègre" ("Lerd", soit "La Lie", en persan), qui avait valu à M. Rasoulof le prix "Un Certain regard" au festival de Cannes 2017.

Le réalisateur de 48 ans s'était fait confisquer son passeport quelques mois plus tard par les autorités de son pays.

Charge contre la corruption en Iran, "Un homme intègre" raconte l'histoire d'un homme à la vie simple qui tente de se battre contre les manœuvres malhonnêtes d'une compagnie privée poussant des villageois à vendre leurs biens.

"There is No Evil" traite de la peine de mort, vue par les bourreaux et par les familles des victimes. Selon le dernier rapport annuel d'Amnesty International sur la peine capitale, au moins 253 personnes ont été exécutées en Iran en 2018.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10854 Thu, 05 Mar 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Sursis de dernière minute dans l'Alabama pour un condamné à mort https://www.peinedemort.org/document/10860 Prévue jeudi soir dans l'Etat américain de l'Alabama, l'exécution d'un condamné à mort défendu par plusieurs personnalités qui doutent de sa culpabilité, dont Kim Kardashian, a été suspendue à la dernière minute et "jusqu'à nouvel ordre" par la Cour suprême des Etats-Unis. La décision du temple du droit américain, ultime recours des condamnés, offre un sursis à Nathaniel Woods, 44 ans, qui devait recevoir en soirée une injection létale dans un pénitencier près d'Atmore, dans le sud des Etats-Unis. Après examen du recours déposé par ses avocats, la Cour suprême "ordonne la suspension jusqu'à nouvel ordre de l'exécution de la peine de mort", sans donner plus de précisions. En 2004, des policiers étaient venus arrêter Nathaniel Woods dans un appartement utilisé pour du trafic de drogue à Birmingham. Lors de l'intervention, trois agents avaient été abattus et un quatrième blessé. M. Woods n'avait pas pressé la gâchette. Mais en 2005, il a écopé de la même peine que l'auteur des tirs, son colocataire Kerry Spencer, parce qu'il a été considéré comme le "cerveau" de l'attaque. Lors de son procès, les procureurs l'ont en effet accusé d'avoir attiré les enquêteurs dans un guet-apens, sachant que son complice les tuerait. Lui a toujours maintenu son innocence. Dans un courrier récent diffusé par les médias américains, son ancien colocataire Kerry Spencer assure que Nathaniel Woods est "100% innocent". "Je le sais parce que c'est moi qui ai tiré et tué les policiers", écrit-il. Autre fait troublant pour ses défenseurs: il a été condamné par dix jurés sur douze, l'Alabama étant le seul Etat américain qui permette d'infliger la peine de mort sans jury unanime. A l'approche de la date programmée pour son exécution, quelque 120.000 personnes, dont des personnalités, ont demandé à la gouverneure de l'Alabama Kay Ivey de lui accorder un sursis. "Voulez-vous autoriser l'exécution d'un homme qui est peut-être innocent?", lui a notamment écrit le militant des droits civiques Martin Luther King III, fils du pasteur assassiné. "Rejoignez la large coalition -- dont des membres du jury et des proches des victimes -- qui demandent" un report de l'exécution, a également tweeté la star de la téléréalité Kim Kardashian. En parallèle, les avocats de Nathaniel Woods avaient introduit un ultime recours devant la Cour suprême, contestant la méthode d'exécution retenue. Son exécution devait être la cinquième aux Etats-Unis depuis le début de l'année 2020.
La décision du temple du droit américain, ultime recours des condamnés, offre un sursis à Nathaniel Woods, 44 ans, qui devait recevoir en soirée une injection létale dans un pénitencier près d'Atmore, dans le sud des Etats-Unis.

Après examen du recours déposé par ses avocats, la Cour suprême "ordonne la suspension jusqu'à nouvel ordre de l'exécution de la peine de mort", sans donner plus de précisions.

En 2004, des policiers étaient venus arrêter Nathaniel Woods dans un appartement utilisé pour du trafic de drogue à Birmingham. Lors de l'intervention, trois agents avaient été abattus et un quatrième blessé.

M. Woods n'avait pas pressé la gâchette. Mais en 2005, il a écopé de la même peine que l'auteur des tirs, son colocataire Kerry Spencer, parce qu'il a été considéré comme le "cerveau" de l'attaque.

Lors de son procès, les procureurs l'ont en effet accusé d'avoir attiré les enquêteurs dans un guet-apens, sachant que son complice les tuerait. Lui a toujours maintenu son innocence.

Dans un courrier récent diffusé par les médias américains, son ancien colocataire Kerry Spencer assure que Nathaniel Woods est "100% innocent". "Je le sais parce que c'est moi qui ai tiré et tué les policiers", écrit-il.

Autre fait troublant pour ses défenseurs: il a été condamné par dix jurés sur douze, l'Alabama étant le seul Etat américain qui permette d'infliger la peine de mort sans jury unanime.

A l'approche de la date programmée pour son exécution, quelque 120.000 personnes, dont des personnalités, ont demandé à la gouverneure de l'Alabama Kay Ivey de lui accorder un sursis.

"Voulez-vous autoriser l'exécution d'un homme qui est peut-être innocent?", lui a notamment écrit le militant des droits civiques Martin Luther King III, fils du pasteur assassiné.

"Rejoignez la large coalition -- dont des membres du jury et des proches des victimes -- qui demandent" un report de l'exécution, a également tweeté la star de la téléréalité Kim Kardashian.

En parallèle, les avocats de Nathaniel Woods avaient introduit un ultime recours devant la Cour suprême, contestant la méthode d'exécution retenue.

Son exécution devait être la cinquième aux Etats-Unis depuis le début de l'année 2020.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10860 Thu, 05 Mar 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Inde : L'exécution de quatre hommes condamnés pour viol collectif à Delhi fixée au 20 mars https://www.peinedemort.org/document/10861 Viol collectif et meurtre d'une étudiante de 23 ans à Delhi: après plusieurs reports, la pendaison de quatre des six agresseurs est fixée au 20 mars La justice indienne a fixé jeudi au 20 mars l'exécution, trois fois reportée, de quatre hommes condamnés à mort pour le viol collectif d'une étudiante dans un bus de Delhi, qui avait choqué le monde en 2012. Un tribunal de la capitale a programmé au vendredi 20 mars, à 05H30, heure locale (23h00 HB), la pendaison de Mukesh Singh, Vinay Sharma, Pawan Gupta et Akshay Thakur dans la prison de Tihar, ont rapporté les médias indiens. Initialement prévue pour le 22 janvier, cette exécution a été reportée trois fois, souvent à la dernière minute, car les condamnés disposaient encore de recours judiciaires. Les quatre détenus, qui doivent être pendus ensemble, se relayaient depuis des semaines pour déposer à tour de rôle des recours tardifs et ainsi gagner du temps. Tous ont désormais vu leur demande de grâce présidentielle rejetée. « Tant qu'ils ne sont pas pendus, le combat continuera », a déclaré la mère de leur victime à l'agence Press Trust of India. Le viol collectif de Delhi du 16 décembre 2012, dont la victime âgée de 23 ans avait succombé à ses blessures, avait braqué une lumière crue sur le lourd silence autour des violences sexuelles en Inde, les carences de son système judiciaire en matière de lutte contre les viols et, au-delà, le traitement des femmes dans la société indienne. L'affaire avait provoqué une onde de choc dans l'opinion publique et entraîné de gigantesques manifestations dans le pays. À la suite du drame, les autorités avaient durci la législation contre les violences sexuelles et prévu des procédures judiciaires accélérées. Des six suspects arrêtés par les forces de l'ordre, le meneur présumé est mort en détention, officiellement d'un suicide. Un autre, encore mineur à l'époque, a bénéficié d'une peine réduite en raison de son âge et a été libéré au bout de trois ans. L'Inde applique rarement la peine de mort, préférant commuer les peines capitales en prison à vie, et ne procède aux exécutions que dans de rares cas emblématiques. La dernière pendaison en date dans le pays remonte à 2015.
La justice indienne a fixé jeudi au 20 mars l'exécution, trois fois reportée, de quatre hommes condamnés à mort pour le viol collectif d'une étudiante dans un bus de Delhi, qui avait choqué le monde en 2012.

Un tribunal de la capitale a programmé au vendredi 20 mars, à 05H30, heure locale (23h00 HB), la pendaison de Mukesh Singh, Vinay Sharma, Pawan Gupta et Akshay Thakur dans la prison de Tihar, ont rapporté les médias indiens.

Initialement prévue pour le 22 janvier, cette exécution a été reportée trois fois, souvent à la dernière minute, car les condamnés disposaient encore de recours judiciaires.

Les quatre détenus, qui doivent être pendus ensemble, se relayaient depuis des semaines pour déposer à tour de rôle des recours tardifs et ainsi gagner du temps. Tous ont désormais vu leur demande de grâce présidentielle rejetée.

« Tant qu'ils ne sont pas pendus, le combat continuera », a déclaré la mère de leur victime à l'agence Press Trust of India.

Le viol collectif de Delhi du 16 décembre 2012, dont la victime âgée de 23 ans avait succombé à ses blessures, avait braqué une lumière crue sur le lourd silence autour des violences sexuelles en Inde, les carences de son système judiciaire en matière de lutte contre les viols et, au-delà, le traitement des femmes dans la société indienne.

L'affaire avait provoqué une onde de choc dans l'opinion publique et entraîné de gigantesques manifestations dans le pays. À la suite du drame, les autorités avaient durci la législation contre les violences sexuelles et prévu des procédures judiciaires accélérées.

Des six suspects arrêtés par les forces de l'ordre, le meneur présumé est mort en détention, officiellement d'un suicide. Un autre, encore mineur à l'époque, a bénéficié d'une peine réduite en raison de son âge et a été libéré au bout de trois ans.

L'Inde applique rarement la peine de mort, préférant commuer les peines capitales en prison à vie, et ne procède aux exécutions que dans de rares cas emblématiques.

La dernière pendaison en date dans le pays remonte à 2015.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10861 Thu, 05 Mar 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Egypte : le chef jihadiste Hicham el-Achmawy exécuté https://www.peinedemort.org/document/10857 Le chef jihadiste égyptien Hicham el-Achmawy, un ancien officier des forces spéciales ayant pris les armes contre les autorités, a été exécuté mercredi, a annoncé le porte-parole de l'armée sur sa page Facebook. Arrêté en Libye en octobre 2018, Achmawy avait été extradé vers l'Egypte en mai 2019, puis condamné à mort en novembre dernier par un tribunal militaire, pour son implication dans une quinzaine de crimes dont une attaque contre un check-point à la frontière avec la Libye en 2014, au cours duquel 22 soldats avaient péri.
Arrêté en Libye en octobre 2018, Achmawy avait été extradé vers l'Egypte en mai 2019, puis condamné à mort en novembre dernier par un tribunal militaire, pour son implication dans une quinzaine de crimes dont une attaque contre un check-point à la frontière avec la Libye en 2014, au cours duquel 22 soldats avaient péri.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10857 Wed, 04 Mar 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Égypte : 37 jihadistes dont un chef condamnés à mort https://www.peinedemort.org/document/10855 Un tribunal égyptien a condamné lundi à la peine capitale 37 jihadistes, dont Hicham el-Achmawy, un ancien officier des forces spéciales ayant pris les armes contre les autorités, selon une source judiciaire. Achmawy et les 36 autres accusés ont été condamnés "à mort par pendaison pour avoir pris part à 54 crimes", a précisé la même source. Parmi ces crimes: une tentative d'assassinat en 2013 contre Mohamed Ibrahim, le ministre de l'Intérieur d'alors, le meurtre de policiers, et plusieurs attaques contre des installations de sécurité. Les condamnés ont la possibilité d'interjeter appel. Accusé d'avoir joué un rôle important dans les réseaux jihadistes transfrontaliers d'Afrique du Nord, Achmawy, qui avait quitté l'armée en 2012, a longtemps été l'un des hommes les plus recherchés d'Egypte. Aujourd'hui âgé de 37 ans, le jihadiste avait été arrêté en octobre 2018 dans la Libye voisine, avant d'être remis en mai 2019 aux autorités égyptiennes par le maréchal libyen Khalifa Haftar, l'homme fort de l'est de ce pays. En novembre dernier, un tribunal militaire l'avait déjà condamné à mort pour son implication dans une quinzaine de crimes dont une attaque contre un check-point à la frontière avec la Libye en 2014, au cours duquel 22 soldats avaient péri. Devant ce même tribunal, Achmawy avait également été reconnu coupable d'avoir dirigé le groupe jihadiste Ansar beit al-Maqdes, dans la péninsule du Sinaï, dans l'est du pays, où sévit une insurrection qui s'est intensifiée après la destitution du président islamiste Mohamed Morsi en 2013. Achmawy aurait quitté le Sinaï pour la Libye en 2013, avant qu'Ansar Beit al-Maqdes ne fasse allégeance en novembre 2014 au groupe jihadiste Etat islamique (EI), restant proche de l'organisation jihadiste rivale, El-Qaëda.
Achmawy et les 36 autres accusés ont été condamnés "à mort par pendaison pour avoir pris part à 54 crimes", a précisé la même source.

Parmi ces crimes: une tentative d'assassinat en 2013 contre Mohamed Ibrahim, le ministre de l'Intérieur d'alors, le meurtre de policiers, et plusieurs attaques contre des installations de sécurité.

Les condamnés ont la possibilité d'interjeter appel.

Accusé d'avoir joué un rôle important dans les réseaux jihadistes transfrontaliers d'Afrique du Nord, Achmawy, qui avait quitté l'armée en 2012, a longtemps été l'un des hommes les plus recherchés d'Egypte.

Aujourd'hui âgé de 37 ans, le jihadiste avait été arrêté en octobre 2018 dans la Libye voisine, avant d'être remis en mai 2019 aux autorités égyptiennes par le maréchal libyen Khalifa Haftar, l'homme fort de l'est de ce pays.

En novembre dernier, un tribunal militaire l'avait déjà condamné à mort pour son implication dans une quinzaine de crimes dont une attaque contre un check-point à la frontière avec la Libye en 2014, au cours duquel 22 soldats avaient péri.

Devant ce même tribunal, Achmawy avait également été reconnu coupable d'avoir dirigé le groupe jihadiste Ansar beit al-Maqdes, dans la péninsule du Sinaï, dans l'est du pays, où sévit une insurrection qui s'est intensifiée après la destitution du président islamiste Mohamed Morsi en 2013.

Achmawy aurait quitté le Sinaï pour la Libye en 2013, avant qu'Ansar Beit al-Maqdes ne fasse allégeance en novembre 2014 au groupe jihadiste Etat islamique (EI), restant proche de l'organisation jihadiste rivale, El-Qaëda.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10855 Mon, 02 Mar 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Coronavirus: un Chinois condamné à mort après un crime "extrêmement haineux" https://www.peinedemort.org/document/10862 Un homme a été condamné à mort pour avoir poignardé deux fonctionnaires dans le sud-ouest de la Chine à un barrage contrôlant la présence d'éventuels porteurs du nouveau coronavirus, indique lundi une source judiciaire. Ma Jianguo, a été condamné à mort dimanche par un tribunal local après un incident meurtrier survenu le 6 février alors qu'il tentait de forcer un barrage de ce type. L'homme, qui conduisait un minivan, avait refusé de s'arrêter à un poste de contrôle de l'épidémie à Honghe, un village dans la province du Yunnan, frontalière du Vietnam, et son passager avait tenté de dégager les obstacles bloquant la route, selon le tribunal local. Un fonctionnaire, qui filmait la scène sur son téléphone portable, a alors reçu de M. Ma un coup de couteau à la poitrine et à l'abdomen. Le conducteur s'en est ensuite pris à un autre homme venu à la rescousse, ajoute le communiqué du tribunal intermédiaire de Honghe. Les deux fonctionnaires sont morts de leurs blessures. Le tribunal a estimé que M. Ma n'avait "pas obéi" aux cadres locaux, "ignoré la loi nationale" relative à l'épidémie et commis un crime "extrêmement haineux". En Chine, les autorités à tous les niveaux ont adopté des restrictions de circulation drastiques et des mesures de confinement à travers le pays pour enrayer la propagation du nouveau virus apparu fin 2019.
L'homme, qui conduisait un minivan, avait refusé de s'arrêter à un poste de contrôle de l'épidémie à Honghe, un village dans la province du Yunnan, frontalière du Vietnam, et son passager avait tenté de dégager les obstacles bloquant la route, selon le tribunal local.

Un fonctionnaire, qui filmait la scène sur son téléphone portable, a alors reçu de M. Ma un coup de couteau à la poitrine et à l'abdomen. Le conducteur s'en est ensuite pris à un autre homme venu à la rescousse, ajoute le communiqué du tribunal intermédiaire de Honghe. Les deux fonctionnaires sont morts de leurs blessures.

Le tribunal a estimé que M. Ma n'avait "pas obéi" aux cadres locaux, "ignoré la loi nationale" relative à l'épidémie et commis un crime "extrêmement haineux".

En Chine, les autorités à tous les niveaux ont adopté des restrictions de circulation drastiques et des mesures de confinement à travers le pays pour enrayer la propagation du nouveau virus apparu fin 2019.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10862 Mon, 02 Mar 2020 00:00:00 +0000 Belga - Agence Télégraphique Belge de Presse
Interdit de quitter l'Iran, le cinéaste Mohammad Rasoulof sacré à Berlin https://www.peinedemort.org/document/10853 Au terme d'une 70e édition aux accents politiques, la Berlinale a attribué l'Ours d'or à "There is No Evil", film sur la peine de mort de l'Iranien Mohammad Rasoulof, interdit de quitter son pays, et a aussi récompensé un drame sur l'avortement. Le jury présidé par l'acteur britannique Jeremy Irons a remis samedi soir le prix le plus important de cette édition à un absent, déjà primé en 2017 à Cannes pour "Un homme intègre", qui lui avait valu une condamnation deux ans plus tard à deux ans d'interdiction de quitter le territoire. "J'aurais aimé que Mohammad soit ici en personne, mais malheureusement il est interdit de quitter le territoire. Je tiens à remercier l'incroyable équipe qui a mis sa vie en danger pour être dans ce film", a déclaré le producteur Farzad Pak, en recevant ce prix. Rasoulof s'étant aussi vu interdire de tourner, il a fallu user de subterfuges pour le réaliser. "Je suis submergée par l'émotion et heureuse, ce prix est pour un cinéaste qui ne peut pas être là. Je peux dire au nom de toute l'équipe qu'il est pour lui", a souligné, émue, l'actrice Baran Rasoulof, fille du réalisateur. L'équipe a reçu une ovation debout. Le film - le dernier des 18 en lice pour l'Ours d'or - traite en quatre séquences distinctes de la peine de mort - un thème tabou en Iran - vue par les bourreaux et par les familles des victimes. [...]
Le jury présidé par l'acteur britannique Jeremy Irons a remis samedi soir le prix le plus important de cette édition à un absent, déjà primé en 2017 à Cannes pour "Un homme intègre", qui lui avait valu une condamnation deux ans plus tard à deux ans d'interdiction de quitter le territoire.

"J'aurais aimé que Mohammad soit ici en personne, mais malheureusement il est interdit de quitter le territoire. Je tiens à remercier l'incroyable équipe qui a mis sa vie en danger pour être dans ce film", a déclaré le producteur Farzad Pak, en recevant ce prix. Rasoulof s'étant aussi vu interdire de tourner, il a fallu user de subterfuges pour le réaliser.
"Je suis submergée par l'émotion et heureuse, ce prix est pour un cinéaste qui ne peut pas être là. Je peux dire au nom de toute l'équipe qu'il est pour lui", a souligné, émue, l'actrice Baran Rasoulof, fille du réalisateur. L'équipe a reçu une ovation debout.

Le film - le dernier des 18 en lice pour l'Ours d'or - traite en quatre séquences distinctes de la peine de mort - un thème tabou en Iran - vue par les bourreaux et par les familles des victimes.

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https://www.peinedemort.org/document/10853 Sat, 29 Feb 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Le Conseil constitutionnel ouvre la voie à une forme de réhabilitation des condamnés à mort exécutés https://www.peinedemort.org/document/10850 Le Conseil constitutionnel, saisi par le fils de Jacques Fesch, guillotiné en 1957, qui souhaite obtenir sa réhabilitation judiciaire, a ouvert la voie vendredi à la possibilité de rétablir "l'honneur" des condamnés à mort exécutés. Les "Sages" avaient examiné le 4 février une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déposée par Gérard Fesch au soutien de la requête en réhabilitation de son père. Ce dernier avait été condamné à mort le 6 avril 1957 et décapité le 1er octobre de la même année à l'âge de 27 ans, pour un braquage suivi du meurtre d'un gardien de la paix à Paris. En prison, il avait trouvé la foi et sa conversion fulgurante est considérée par l'Eglise catholique, qui envisage de le béatifier, comme un modèle de repentance. Plus de 38 ans après l'abolition de la peine de mort, Gérard Fesch, un enfant de l'Assistance publique qui a découvert tardivement et fortuitement ce lien de filiation, s'est lancé dans un combat singulier: avoir le droit de demander la réhabilitation judiciaire de son père, actuellement rendue impossible par la loi. Il demandait donc la levée de cette interdiction pour les condamnés à mort qui ont été exécutés, à la différence de ceux qui ont été graciés et de tous les autres condamnés à une peine criminelle. L'un de ses avocats, Me Patrice Spinosi, avait exhorté les "Sages" de "réparer une injustice assez criante de la loi", en rendant "une décision forte", "humaniste". Dans sa décision, le Conseil constitutionnel rappelle que la réhabilitation judiciaire "vise à favoriser le reclassement du condamné", autrement dit à l'encourager de son vivant à s'amender, une fois sa peine exécutée. "Dès lors, les personnes condamnées à la peine de mort et exécutées se trouvaient dans l'impossibilité de remplir les conditions prévues par la loi", soulignent les "Sages". Ils ont donc écarté les critiques d'une méconnaissance des principes d'égalité devant la loi et la justice, et déclaré les dispositions attaquées conformes à la Constitution. Mais dès lors que l'abolition de la peine de mort a été inscrite dans la Constitution par la loi du 23 février 2007, les "Sages" invitent le législateur à "instituer une procédure judiciaire" spécifique, distincte de la réhabilitation judiciaire. Cette procédure pourrait être "ouverte aux ayants droit d'une personne condamnée à la peine de mort dont la peine a été exécutée, tendant au rétablissement de son honneur à raison des gages d'amendement qu'elle a pu fournir", écrit le Conseil constitutionnel.
Les "Sages" avaient examiné le 4 février une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déposée par Gérard Fesch au soutien de la requête en réhabilitation de son père.

Ce dernier avait été condamné à mort le 6 avril 1957 et décapité le 1er octobre de la même année à l'âge de 27 ans, pour un braquage suivi du meurtre d'un gardien de la paix à Paris. En prison, il avait trouvé la foi et sa conversion fulgurante est considérée par l'Eglise catholique, qui envisage de le béatifier, comme un modèle de repentance.

Plus de 38 ans après l'abolition de la peine de mort, Gérard Fesch, un enfant de l'Assistance publique qui a découvert tardivement et fortuitement ce lien de filiation, s'est lancé dans un combat singulier: avoir le droit de demander la réhabilitation judiciaire de son père, actuellement rendue impossible par la loi.

Il demandait donc la levée de cette interdiction pour les condamnés à mort qui ont été exécutés, à la différence de ceux qui ont été graciés et de tous les autres condamnés à une peine criminelle.

L'un de ses avocats, Me Patrice Spinosi, avait exhorté les "Sages" de "réparer une injustice assez criante de la loi", en rendant "une décision forte", "humaniste".

Dans sa décision, le Conseil constitutionnel rappelle que la réhabilitation judiciaire "vise à favoriser le reclassement du condamné", autrement dit à l'encourager de son vivant à s'amender, une fois sa peine exécutée.

"Dès lors, les personnes condamnées à la peine de mort et exécutées se trouvaient dans l'impossibilité de remplir les conditions prévues par la loi", soulignent les "Sages".

Ils ont donc écarté les critiques d'une méconnaissance des principes d'égalité devant la loi et la justice, et déclaré les dispositions attaquées conformes à la Constitution.

Mais dès lors que l'abolition de la peine de mort a été inscrite dans la Constitution par la loi du 23 février 2007, les "Sages" invitent le législateur à "instituer une procédure judiciaire" spécifique, distincte de la réhabilitation judiciaire.

Cette procédure pourrait être "ouverte aux ayants droit d'une personne condamnée à la peine de mort dont la peine a été exécutée, tendant au rétablissement de son honneur à raison des gages d'amendement qu'elle a pu fournir", écrit le Conseil constitutionnel. ]]>
https://www.peinedemort.org/document/10850 Fri, 28 Feb 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Reçue par Macron, Asia Bibi dit sa "joie" de la "chaleur" de l'accueil https://www.peinedemort.org/document/10856 La chrétienne pakistanaise Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème en 2010 et acquittée huit ans plus tard, a été reçue vendredi par le chef de l'Etat français Emmanuel Macron qu'elle a remercié pour son "accueil" et sa "chaleur". "J'ai été tellement émue, tellement heureuse de rencontrer monsieur le président", a affirmé Asia Bibi qui a dit sa "joie" à l'issue de l'entretien. "Je n'avais jamais imaginé qu'un jour je recevrais autant d'affection, un tel accueil, une telle chaleur", a affirmé en ourdou Asia Bibi, assurant : "j'avais l'impression d'être à la maison". Actuellement à Paris pour présenter son livre de témoignage "Enfin libre !", Asia Bibi a exprimé lundi son "désir" de s'installer en France. La présidence avait alors affirmé que "la France est prête à accueillir Mme Asia Bibi et sa famille en France si tel est leur souhait". Interrogée pour savoir si elle avait déjà déposé sa demande d'asile, elle a répondu qu'"on m'a laissé cette possibilité, mais je pense que j'ai besoin de prendre un petit peu de temps parce que je suis souffrante". "J'ai bien reçu l'invitation, l'accueil de votre président et de la République française et j'en suis extrêmement honorée mais pour le moment je dois penser à mes enfants, à ma santé", a-t-elle ajouté. Asia Bibi a été faite citoyenne d'honneur de la ville de Paris mardi par la maire socialiste de la capitale Anne Hidalgo. Elle avait été condamnée à mort pour "blasphème" en 2010 à la suite d'une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau. S'en était suivie une longue saga judiciaire qui avait divisé le pays et ému la communauté internationale, attirant l'attention des papes Benoît XVI et François. Après avoir passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort au Pakistan, jusqu'à son acquittement en octobre 2018, elle vit depuis mai 2019 au Canada.
"J'ai été tellement émue, tellement heureuse de rencontrer monsieur le président", a affirmé Asia Bibi qui a dit sa "joie" à l'issue de l'entretien. "Je n'avais jamais imaginé qu'un jour je recevrais autant d'affection, un tel accueil, une telle chaleur", a affirmé en ourdou Asia Bibi, assurant : "j'avais l'impression d'être à la maison".


Actuellement à Paris pour présenter son livre de témoignage "Enfin libre !", Asia Bibi a exprimé lundi son "désir" de s'installer en France. La présidence avait alors affirmé que "la France est prête à accueillir Mme Asia Bibi et sa famille en France si tel est leur souhait".

Interrogée pour savoir si elle avait déjà déposé sa demande d'asile, elle a répondu qu'"on m'a laissé cette possibilité, mais je pense que j'ai besoin de prendre un petit peu de temps parce que je suis souffrante". "J'ai bien reçu l'invitation, l'accueil de votre président et de la République française et j'en suis extrêmement honorée mais pour le moment je dois penser à mes enfants, à ma santé", a-t-elle ajouté.

Asia Bibi a été faite citoyenne d'honneur de la ville de Paris mardi par la maire socialiste de la capitale Anne Hidalgo.

Elle avait été condamnée à mort pour "blasphème" en 2010 à la suite d'une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau. S'en était suivie une longue saga judiciaire qui avait divisé le pays et ému la communauté internationale, attirant l'attention des papes Benoît XVI et François. Après avoir passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort au Pakistan, jusqu'à son acquittement en octobre 2018, elle vit depuis mai 2019 au Canada.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10856 Fri, 28 Feb 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Au Pakistan le péril du blasphème, malgré Asia Bibi https://www.peinedemort.org/document/10847 Avant, quand le pasteur chrétien Adnan Prince, accusé de blasphème, se présentait devant les juges, il devait affronter les appels à la mort de dizaines de religieux. Aujourd'hui, au moins, il n'y a plus ni insultes ni menaces dans ce tribunal de Lahore, dans l'est du Pakistan. L'affaire Asia Bibi est passée par là, du nom de cette chrétienne devenue symbole des abus judiciaires dans ce pays sous prétexte de blasphème contre le prophète Mahomet après avoir été acquittée de sa condamnation à mort par la Cour suprême en octobre 2018, sous la pression internationale. L'habitude jusque là, c'était de voir des maulanas (religieux) prendre d'assaut les salles d'audience, en récitant le Coran et en criant vengeance, pour faire pression sur les magistrats chargés de juger les "blasphémateurs", relatent plusieurs avocats. "Avant qu'Asia Bibi ne soit relâchée, des dizaines de maulanas venaient à chacune des audiences où j'étais entendu", raconte Adnan Prince accusé d'avoir "souillé" un Coran en 2013, un crime passible de la perpétuité et qu'il nie. Devant une cour, son dénonciateur avait lancé: "Il ne faut pas le laisser en vie". "Mais depuis lors, ils ne sont plus là", se réjouit cet homme de 28 ans aux cheveux teintés de rouge, libéré sous caution après trois ans de prison et qui attend d'être innocenté. Dans un pays où de telles accusations peuvent facilement être instrumentalisées et mener au lynchage, l'acquittement d'Asia Bibi confirmé en janvier 2019 avait provoqué un déferlement de violences. Le parti radical islamiste Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP, Mouvement au service du prophète) avait appelé à tuer les juges impliqués dans le verdict et même l'armée à se mutiner. Des milliers d'extrémistes avaient finalement été arrêtés. Plus de 80 ont été condamnés en janvier à 55 ans de prison dans un jugement inhabituellement sévère pour ce genre d'affaires au Pakistan. - "Un signal" - Ce coup de filet a "envoyé un signal" aux extrémistes qui ont ensuite délaissé les prétoires, observe Asad Jamal, l'avocat du pasteur et d'autres accusés de blasphème. "La voix des plus extrêmes est moins audible", dit-il. "Mais si l'intensité n'est plus la même, la peur est toujours là" parmi les juges. Dans les juridictions inférieures, le problème est particulièrement criant. Les magistrats, plus proches de la population, sont vulnérables face aux "pressions des religieux et de la communauté", observe un ancien juge qui a accepté de parler à l'AFP sous couvert d'anonymat. Car dans les affaires de blasphème, les magistrats eux-mêmes risquent d'être qualifiés de "blasphémateurs" s'ils acquittent un accusé, ce qui les pousse à "toujours condamner", reconnaît-il. Le cas d'un professeur d'université de Multan (centre), Junaid Hafeez, illustre cette tendance. En 2013 il est accusé de blasphème pour insulte au prophète. Un an après, son avocat est assassiné, un crime jamais puni. Huit juges plus tard en revanche, l'universitaire de 33 ans vient d'être condamné à mort. Devant l'"impunité" dont bénéficient les "justiciers en puissance", "un juge pourrait-il prendre le risque de se montrer juste ?" s'interrogent sa famille et ses avocats. Dans les instances supérieures, les juges annulent régulièrement des sentences de mort pour blasphème. "La majorité sont fondées sur de fausses accusations liées à des problèmes fonciers ou des vengeances personnelles", a reconnu la Cour suprême dans un arrêt de 2015. Mais, la justice est engorgée, le processus d'appel lent. Ainsi, le musulman Wajih-ul-Hassan, condamné à mort à l'âge de 25 ans, a dû croupir 18 années en prison avant d'être acquitté fin septembre par la Cour suprême. "Il est complètement perdu dans le monde réel. Il découvre les téléphones portables, internet", dit son avocat Me Nadeem Anthony. Et "même s'il a été acquitté, dans l'esprit des gens il est encore coupable. Il doit donc se cacher", poursuit son défenseur. - Craintes et fantasmes intacts - Quelques avancées donc. Mais sur le fond, au sein de la justice, dans la société, le monde politique, de fait, le blasphème génère toujours fantasmes, craintes et instrumentalisation. Les lois qui l'encadrent et prévoient la peine capitale pour toute insulte au prophète - même si elle n'a jamais été appliquée - "ont créé un environnement dans lequel certains (...) se croient autorisés à faire justice eux-mêmes", notait un rapport d'Amnesty international paru en 2016. Les minorités religieuses y sont particulièrement vulnérables: elles sont proportionnellement les plus visées par ces lois même si les musulmans en sont les principales victimes, selon la fondation Engage. Dans la ville de Rabwah (centre), les quelque 55.000 Ahmadis, musulmans considérés hérétiques pour leur croyance en un prophète postérieur à Mahomet vivent terrés, une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Au-delà des discriminations usuelles (bastonnades, arrestations...), Sajjad (nom d'emprunt), un sexagénaire maigre à la longue barbe blanche, a vu en novembre son fils cadet, la vingtaine, "le seul à avoir fait quelques études", emprisonné pour blasphème. Attiré hors de Rabwah par un islamiste se faisant passer pour une femme, il est tombé dans les mains d'extrémistes et de policiers, raconte-il en pleurs. "La première fois que nous sommes allés le voir en prison, nous pouvions à peine parler tellement il avait été frappé." L'acquittement d'Asia Bibi n'a que peu d'impact car les lois sur le blasphème sont "toujours là", constate Usman Ahmad, un porte-parole des Ahmadis. "Tant que les gens accepteront leur légitimité, les plus faibles resteront fragilisés", regrette-t-il. Les plus forts ne le sont pas moins. En 2011, un ministre favorable à Asia Bibi a été abattu à Islamabad. La même année, le gouverneur de la province du Pendjab, critique des lois punissant le blasphème, a été tué de 29 balles tirées par l'un de ses gardes du corps. L'assassin, pendu en 2016, repose en martyr dans un mausolée des abords de la capitale. Aujourd'hui, plus aucun politicien ne s'aventure à dénigrer ouvertement ces lois. Durant sa campagne électorale en 2018, le Premier ministre Imran Khan s'y était dit "entièrement" favorable. Se défendant d'avoir cédé aux extrémistes, le gouvernement rappelle avoir "soutenu et aidé" Asia Bibi une fois son acquittement prononcé "malgré les pressions". Et, poursuit sa porte-parole Firdous Ashiq Awan, ils ne représentent que "1% de la population" et non "l'état d'esprit général". - "Le blasphème pour attirer les électeurs" - Peut-être. Mais l'inflammable TLP, qui a séduit plus de 2,2 millions de votants aux élections générales de 2018, opère "une politisation de la question du blasphème au-delà du blasphème", s'inquiète Fatima Anwar, chercheuse pour la fondation Engage qui a publié en 2019 un rapport fouillé sur la question. En campagne pour les élections locales prévues cette année, le parti radical a réuni en novembre des milliers de sympathisants extatiques lors d'un meeting triomphal près de la monumentale mosquée Badshahi, l'un des lieux les plus symboliques de Lahore. "Le blasphème est une manière pour nous d'attirer les gens", expliquait alors Rehman Ali Tarar, futur candidat du TLP qui vient d'empêcher la diffusion d'un film, Zindagi Tamasha, car il "(encourageait) le blasphème", selon un de ses porte-paroles. Paradoxalement, "si les choses ont changé institutionnellement, dans la société les gens sont de plus en plus polarisés" depuis l'acquittement d'Asia Bibi, vécu comme une trahison de leurs croyances par le système judiciaire, constate Fatima Anwar. Asia Bibi vit désormais avec sa famille au Canada. Dans un livre sorti en janvier, elle raconte ses huit années de prison, sa "peur lancinante" d'y être tuée ou la longue chaîne reliée à sa gorge. D'après la Commission américaine pour la liberté religieuse, un organisme public, au moins 40 accusés de blasphème sont détenus à perpétuité ou dans les couloirs de la mort au Pakistan.
L'affaire Asia Bibi est passée par là, du nom de cette chrétienne devenue symbole des abus judiciaires dans ce pays sous prétexte de blasphème contre le prophète Mahomet après avoir été acquittée de sa condamnation à mort par la Cour suprême en octobre 2018, sous la pression internationale.

L'habitude jusque là, c'était de voir des maulanas (religieux) prendre d'assaut les salles d'audience, en récitant le Coran et en criant vengeance, pour faire pression sur les magistrats chargés de juger les "blasphémateurs", relatent plusieurs avocats.

"Avant qu'Asia Bibi ne soit relâchée, des dizaines de maulanas venaient à chacune des audiences où j'étais entendu", raconte Adnan Prince accusé d'avoir "souillé" un Coran en 2013, un crime passible de la perpétuité et qu'il nie. Devant une cour, son dénonciateur avait lancé: "Il ne faut pas le laisser en vie".

"Mais depuis lors, ils ne sont plus là", se réjouit cet homme de 28 ans aux cheveux teintés de rouge, libéré sous caution après trois ans de prison et qui attend d'être innocenté.

Dans un pays où de telles accusations peuvent facilement être instrumentalisées et mener au lynchage, l'acquittement d'Asia Bibi confirmé en janvier 2019 avait provoqué un déferlement de violences.

Le parti radical islamiste Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP, Mouvement au service du prophète) avait appelé à tuer les juges impliqués dans le verdict et même l'armée à se mutiner. Des milliers d'extrémistes avaient finalement été arrêtés. Plus de 80 ont été condamnés en janvier à 55 ans de prison dans un jugement inhabituellement sévère pour ce genre d'affaires au Pakistan.

- "Un signal" -

Ce coup de filet a "envoyé un signal" aux extrémistes qui ont ensuite délaissé les prétoires, observe Asad Jamal, l'avocat du pasteur et d'autres accusés de blasphème. "La voix des plus extrêmes est moins audible", dit-il.

"Mais si l'intensité n'est plus la même, la peur est toujours là" parmi les juges.

Dans les juridictions inférieures, le problème est particulièrement criant. Les magistrats, plus proches de la population, sont vulnérables face aux "pressions des religieux et de la communauté", observe un ancien juge qui a accepté de parler à l'AFP sous couvert d'anonymat.

Car dans les affaires de blasphème, les magistrats eux-mêmes risquent d'être qualifiés de "blasphémateurs" s'ils acquittent un accusé, ce qui les pousse à "toujours condamner", reconnaît-il.

Le cas d'un professeur d'université de Multan (centre), Junaid Hafeez, illustre cette tendance. En 2013 il est accusé de blasphème pour insulte au prophète. Un an après, son avocat est assassiné, un crime jamais puni. Huit juges plus tard en revanche, l'universitaire de 33 ans vient d'être condamné à mort.

Devant l'"impunité" dont bénéficient les "justiciers en puissance", "un juge pourrait-il prendre le risque de se montrer juste ?" s'interrogent sa famille et ses avocats.

Dans les instances supérieures, les juges annulent régulièrement des sentences de mort pour blasphème. "La majorité sont fondées sur de fausses accusations liées à des problèmes fonciers ou des vengeances personnelles", a reconnu la Cour suprême dans un arrêt de 2015.

Mais, la justice est engorgée, le processus d'appel lent.

Ainsi, le musulman Wajih-ul-Hassan, condamné à mort à l'âge de 25 ans, a dû croupir 18 années en prison avant d'être acquitté fin septembre par la Cour suprême. "Il est complètement perdu dans le monde réel. Il découvre les téléphones portables, internet", dit son avocat Me Nadeem Anthony.

Et "même s'il a été acquitté, dans l'esprit des gens il est encore coupable. Il doit donc se cacher", poursuit son défenseur.

- Craintes et fantasmes intacts -

Quelques avancées donc. Mais sur le fond, au sein de la justice, dans la société, le monde politique, de fait, le blasphème génère toujours fantasmes, craintes et instrumentalisation.

Les lois qui l'encadrent et prévoient la peine capitale pour toute insulte au prophète - même si elle n'a jamais été appliquée - "ont créé un environnement dans lequel certains (...) se croient autorisés à faire justice eux-mêmes", notait un rapport d'Amnesty international paru en 2016.

Les minorités religieuses y sont particulièrement vulnérables: elles sont proportionnellement les plus visées par ces lois même si les musulmans en sont les principales victimes, selon la fondation Engage.

Dans la ville de Rabwah (centre), les quelque 55.000 Ahmadis, musulmans considérés hérétiques pour leur croyance en un prophète postérieur à Mahomet vivent terrés, une épée de Damoclès au-dessus de la tête.

Au-delà des discriminations usuelles (bastonnades, arrestations...), Sajjad (nom d'emprunt), un sexagénaire maigre à la longue barbe blanche, a vu en novembre son fils cadet, la vingtaine, "le seul à avoir fait quelques études", emprisonné pour blasphème.

Attiré hors de Rabwah par un islamiste se faisant passer pour une femme, il est tombé dans les mains d'extrémistes et de policiers, raconte-il en pleurs. "La première fois que nous sommes allés le voir en prison, nous pouvions à peine parler tellement il avait été frappé."

L'acquittement d'Asia Bibi n'a que peu d'impact car les lois sur le blasphème sont "toujours là", constate Usman Ahmad, un porte-parole des Ahmadis. "Tant que les gens accepteront leur légitimité, les plus faibles resteront fragilisés", regrette-t-il.

Les plus forts ne le sont pas moins. En 2011, un ministre favorable à Asia Bibi a été abattu à Islamabad. La même année, le gouverneur de la province du Pendjab, critique des lois punissant le blasphème, a été tué de 29 balles tirées par l'un de ses gardes du corps. L'assassin, pendu en 2016, repose en martyr dans un mausolée des abords de la capitale.

Aujourd'hui, plus aucun politicien ne s'aventure à dénigrer ouvertement ces lois.

Durant sa campagne électorale en 2018, le Premier ministre Imran Khan s'y était dit "entièrement" favorable.

Se défendant d'avoir cédé aux extrémistes, le gouvernement rappelle avoir "soutenu et aidé" Asia Bibi une fois son acquittement prononcé "malgré les pressions". Et, poursuit sa porte-parole Firdous Ashiq Awan, ils ne représentent que "1% de la population" et non "l'état d'esprit général".

- "Le blasphème pour attirer les électeurs" -

Peut-être. Mais l'inflammable TLP, qui a séduit plus de 2,2 millions de votants aux élections générales de 2018, opère "une politisation de la question du blasphème au-delà du blasphème", s'inquiète Fatima Anwar, chercheuse pour la fondation Engage qui a publié en 2019 un rapport fouillé sur la question.

En campagne pour les élections locales prévues cette année, le parti radical a réuni en novembre des milliers de sympathisants extatiques lors d'un meeting triomphal près de la monumentale mosquée Badshahi, l'un des lieux les plus symboliques de Lahore.

"Le blasphème est une manière pour nous d'attirer les gens", expliquait alors Rehman Ali Tarar, futur candidat du TLP qui vient d'empêcher la diffusion d'un film, Zindagi Tamasha, car il "(encourageait) le blasphème", selon un de ses porte-paroles.

Paradoxalement, "si les choses ont changé institutionnellement, dans la société les gens sont de plus en plus polarisés" depuis l'acquittement d'Asia Bibi, vécu comme une trahison de leurs croyances par le système judiciaire, constate Fatima Anwar.

Asia Bibi vit désormais avec sa famille au Canada. Dans un livre sorti en janvier, elle raconte ses huit années de prison, sa "peur lancinante" d'y être tuée ou la longue chaîne reliée à sa gorge.

D'après la Commission américaine pour la liberté religieuse, un organisme public, au moins 40 accusés de blasphème sont détenus à perpétuité ou dans les couloirs de la mort au Pakistan.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10847 Thu, 27 Feb 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Le Colorado, 22e Etat américain à abolir la peine de mort https://www.peinedemort.org/document/10845 Le Colorado va devenir le 22e Etat américain à officiellement abolir la peine de mort: les députés locaux ont adopté mercredi par 38 voix contre 27 une loi qui supprime cette disposition à partir du 1er juillet 2020. Le texte a été transmis au gouverneur de cet Etat de l'ouest américain, le démocrate Jared Polis, qui a déjà exprimé son intention de le ratifier et de commuer la peine de trois condamnés à mort en attente d'exécution. L'abolition de cette mesure très contestée, notamment par l'opposition républicaine, a fait l'objet d'intenses débats. Vraisemblablement à court d'arguments, un représentant républicain, Steve Humphrey, avait lu la Bible pendant près de 45 minutes. A compter du 1er juillet, la sanction pénale la plus sévère au Colorado deviendra la prison à perpétuité sans possibilité de remise de peine. "J'ai été impressionné et ému par les témoignages et les débats que nous avons entendus", a déclaré le chef de file de la majorité démocrate, Alec Garnett. "J'ai espoir en une société où l'on dépense des ressources pour la rééducation, pas dans les recours en appel; dans le traitement des addictions, et pas dans les injections létales", a-t-il poursuivi dans un communiqué transmis aux médias locaux. Les élus du Colorado avaient essayé à maintes reprises de supprimer la peine de mort depuis son rétablissement en 1979, en vain jusqu'à présent. Le seul condamné à mort à avoir été effectivement exécuté dans cet Etat depuis cette date était Gary Davis, reconnu coupable de viol et meurtre, mort en 1997. La puissante organisation américaine de défense des droits humains ACLU s'est réjouie de cette décision, qualifiée de "victoire phénoménale pour la justice", dans un communiqué transmis à l'AFP. "La peine de mort n'a pas de place en Amérique. Près de 50 ans de statistiques sur la peine de mort ont prouvé qu'il n'y a aucun moyen d'exécuter des gens sans biais lié à la race, sans que ce soit arbitraire, coûteux et inhumain", a réagi Cassandra Stubbs, responsable de la campagne d'ACLU contre les exécutions capitales. "En outre, 167 innocents ont été officiellement blanchis alors qu'ils attendaient leur exécution, depuis 1973. Il n'y a aucune excuse pour qu'un gouvernement qui respecte la justice, l'équité et la dignité humaine continue à exécuter son peuple", conclut-elle. L'an dernier, 22 exécutions ont été recensées aux Etats-Unis, concentrées dans sept Etats, quasiment tous situés dans le Sud conservateur et religieux du pays, notamment au Texas, où l'on a compté neuf exécutions.
Le texte a été transmis au gouverneur de cet Etat de l'ouest américain, le démocrate Jared Polis, qui a déjà exprimé son intention de le ratifier et de commuer la peine de trois condamnés à mort en attente d'exécution.

L'abolition de cette mesure très contestée, notamment par l'opposition républicaine, a fait l'objet d'intenses débats. Vraisemblablement à court d'arguments, un représentant républicain, Steve Humphrey, avait lu la Bible pendant près de 45 minutes.

A compter du 1er juillet, la sanction pénale la plus sévère au Colorado deviendra la prison à perpétuité sans possibilité de remise de peine.

"J'ai été impressionné et ému par les témoignages et les débats que nous avons entendus", a déclaré le chef de file de la majorité démocrate, Alec Garnett. "J'ai espoir en une société où l'on dépense des ressources pour la rééducation, pas dans les recours en appel; dans le traitement des addictions, et pas dans les injections létales", a-t-il poursuivi dans un communiqué transmis aux médias locaux.

Les élus du Colorado avaient essayé à maintes reprises de supprimer la peine de mort depuis son rétablissement en 1979, en vain jusqu'à présent.

Le seul condamné à mort à avoir été effectivement exécuté dans cet Etat depuis cette date était Gary Davis, reconnu coupable de viol et meurtre, mort en 1997.

La puissante organisation américaine de défense des droits humains ACLU s'est réjouie de cette décision, qualifiée de "victoire phénoménale pour la justice", dans un communiqué transmis à l'AFP.

"La peine de mort n'a pas de place en Amérique. Près de 50 ans de statistiques sur la peine de mort ont prouvé qu'il n'y a aucun moyen d'exécuter des gens sans biais lié à la race, sans que ce soit arbitraire, coûteux et inhumain", a réagi Cassandra Stubbs, responsable de la campagne d'ACLU contre les exécutions capitales.

"En outre, 167 innocents ont été officiellement blanchis alors qu'ils attendaient leur exécution, depuis 1973. Il n'y a aucune excuse pour qu'un gouvernement qui respecte la justice, l'équité et la dignité humaine continue à exécuter son peuple", conclut-elle.

L'an dernier, 22 exécutions ont été recensées aux Etats-Unis, concentrées dans sept Etats, quasiment tous situés dans le Sud conservateur et religieux du pays, notamment au Texas, où l'on a compté neuf exécutions.]]>
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