La peine de mort dans le monde — Dépêches et communiqués dans le monde https://www.peinedemort.org/rss/depeches Toutes les dépêches et les communiqués concernant la peine de mort dans le monde fr Sophie Fotiadi <sophie.fotiadi@peinedemort.org>, 2020 Mon, 28 Sep 2020 12:08:38 +0000 Fri, 25 Sep 2020 11:47:49 +0000 120 Septième exécution fédérale en trois mois aux États-Unis https://www.peinedemort.org/document/11036 Les États-Unis ont exécuté jeudi un homme noir condamné à la peine capitale pour un double meurtre en 1999, la septième exécution fédérale en trois mois, malgré les appels à la clémence de ses soutiens, qui soulignaient son manque de maturité au moment des faits. Christopher Andre Vialva, 40 ans, a reçu une injection létale dans le pénitencier de Terre Haute (Indiana), a confirmé le ministère de la Justice. Son décès a été prononcé à 18 h 46 (00 h 46 suisses vendredi). La Cour suprême avait rejeté dans la journée un recours déposé par ses avocats. Il avait été condamné en 2000 à la peine de mort pour avoir volé la voiture d'un couple, puis tué ses deux victimes par balles avant de mettre le feu au véhicule et aux corps au Texas. «Malgré la nature très, très horrible du crime pour lequel Christopher a été condamné, ma position, basée sur la science, est que son cerveau n'était pas celui d'un adulte pleinement constitué», a estimé Jason Chein, professeur de psychologie à l'université Temple, cité par CNN. Trump renoue avec les exécutions fédérales Aux États-Unis, les crimes sont généralement jugés par les tribunaux des États, mais la justice fédérale est saisie des cas les plus graves. Elle prononce rarement des peines de mort et exécute encore plus rarement les condamnés. De 1988 à 2003, seuls trois condamnés ont été exécutés au niveau fédéral, puis aucun pendant 17 ans. Mais le gouvernement du président républicain Donald Trump, un fervent partisan de la peine de mort, qui espère décrocher un second mandat le 3 novembre avec un discours de fermeté, a décidé il y a un an de renouer avec les exécutions fédérales. Après différents rebondissements juridiques, il y est parvenu en juillet. L'exécution de Christopher Vialva est depuis l'été la septième, après celle d'un Amérindien, malgré l'opposition de la tribu navajo, et de cinq Blancs. La peine de mort est en déclin aux États-Unis, où une poignée d'États seulement, notamment dans le Sud, y ont encore recours. Selon les sondages, le soutien à la peine capitale a reculé dans la population américaine, mais reste fort chez les électeurs républicains.
Christopher Andre Vialva, 40 ans, a reçu une injection létale dans le pénitencier de Terre Haute (Indiana), a confirmé le ministère de la Justice. Son décès a été prononcé à 18 h 46 (00 h 46 suisses vendredi). La Cour suprême avait rejeté dans la journée un recours déposé par ses avocats.

Il avait été condamné en 2000 à la peine de mort pour avoir volé la voiture d'un couple, puis tué ses deux victimes par balles avant de mettre le feu au véhicule et aux corps au Texas.

«Malgré la nature très, très horrible du crime pour lequel Christopher a été condamné, ma position, basée sur la science, est que son cerveau n'était pas celui d'un adulte pleinement constitué», a estimé Jason Chein, professeur de psychologie à l'université Temple, cité par CNN.

Trump renoue avec les exécutions fédérales

Aux États-Unis, les crimes sont généralement jugés par les tribunaux des États, mais la justice fédérale est saisie des cas les plus graves. Elle prononce rarement des peines de mort et exécute encore plus rarement les condamnés. De 1988 à 2003, seuls trois condamnés ont été exécutés au niveau fédéral, puis aucun pendant 17 ans.

Mais le gouvernement du président républicain Donald Trump, un fervent partisan de la peine de mort, qui espère décrocher un second mandat le 3 novembre avec un discours de fermeté, a décidé il y a un an de renouer avec les exécutions fédérales. Après différents rebondissements juridiques, il y est parvenu en juillet.

L'exécution de Christopher Vialva est depuis l'été la septième, après celle d'un Amérindien, malgré l'opposition de la tribu navajo, et de cinq Blancs. La peine de mort est en déclin aux États-Unis, où une poignée d'États seulement, notamment dans le Sud, y ont encore recours. Selon les sondages, le soutien à la peine capitale a reculé dans la population américaine, mais reste fort chez les électeurs républicains.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11036 Fri, 25 Sep 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Egypte : 3 policiers et 4 prisonniers tués dans une tentative d'évasion manquée https://www.peinedemort.org/document/11032 LE CAIRE, 23 septembre (Xinhua) -- Trois policiers égyptiens et quatre détenus ont été tués mercredi au cours d'une tentative d'évasion déjouée par la police dans une prison du Caire, a rapporté le site d'information Al-Ahram, citant une source au sein des forces de sécurité. Les quatre prisonniers tués dans l'affrontement avaient été condamnés à mort, et attendaient leur exécution dans la prison de Tora lorsqu'ils ont tenté de s'échapper, selon Al-Ahram. Une enquête plus approfondie sur l'incident est en cours. La presse locale a indiqué que trois des quatre détenus avaient été condamnés pour terrorisme après avoir rejoint un groupe extrémiste.
Les quatre prisonniers tués dans l'affrontement avaient été condamnés à mort, et attendaient leur exécution dans la prison de Tora lorsqu'ils ont tenté de s'échapper, selon Al-Ahram.

Une enquête plus approfondie sur l'incident est en cours.

La presse locale a indiqué que trois des quatre détenus avaient été condamnés pour terrorisme après avoir rejoint un groupe extrémiste.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11032 Wed, 23 Sep 2020 00:00:00 +0000 Xinhua
Cour suprême: Trump promet un nom rapidement, probablement une femme https://www.peinedemort.org/document/11027 Donald Trump a affirmé dans la nuit de samedi à dimanche qu'il proposerait rapidement un nom, celui d'une femme, pour remplacer la juge à la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg, icône de la gauche américaine décédée vendredi. La volonté affichée du locataire de la Maison Blanche d'aller vite, en dépit des critiques démocrates, promet une fin de campagne présidentielle électrique aux Etats-Unis. "Je pense que cela va aller très vite", a déclaré M. Trump depuis les jardins de la Maison Blanche, évoquant une annonce "la semaine prochaine". En soirée, lors d'un meeting en Caroline du Nord, il a précisé: "Ce sera une femme. Une femme très talentueuse, très brillante, que je n'ai pas encore choisie - mais nous avons beaucoup de femmes dans notre liste". La juge "RBG", comme elle était surnommée, s'est éteinte vendredi des suites d'un cancer du pancréas à l'âge de 87 ans. Sa mort a suscité une vague d'émotion dans le pays et aussi une immense inquiétude dans le camp démocrate, doublée d'un tir de barrage politique. Car l'arrivée d'un nouveau juge nommé par Donald Trump ancrerait le temple du droit américain dans le camp conservateur pour longtemps. - 45 jours - A 45 jours de l'élection présidentielle, le candidat démocrate Joe Biden et l'ex-président Barack Obama ont immédiatement mis en garde Donald Trump. "Les électeurs doivent choisir le président, et le président doit proposer un juge au Sénat", a dit Joe Biden. Barack Obama a appelé son successeur républicain à s'abstenir alors que "des bulletins de vote sont déjà déposés" pour le scrutin du 3 novembre, par anticipation ou par correspondance. Les neuf juges de la Cour suprême sont nommés à vie, et Donald Trump a déjà procédé à deux nominations, celles des conservateurs Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh. Son camp dispose actuellement de cinq juges. L'enjeu est considérable puisque la Cour tranche les principales questions de société, comme l'avortement, le droit de porter des armes ou les droits des homosexuels, qui sont souvent aussi les lignes de fracture d'une société américaine plus divisée que jamais. La haute cour a aussi le dernier mot sur les litiges électoraux, comme lors de la présidentielle de 2000 finalement remportée par George W. Bush face à Al Gore. La santé de la juge Ginsburg était chancelante et les républicains se préparaient à cette vacance. Donald Trump avait présenté début septembre une liste de personnalités qu'il pourrait présenter. Parmi eux, deux sénateurs ultra-conservateurs, Ted Cruz et Tom Cotton. Le chef de la majorité au Sénat Mitch McConnell a prévenu dès vendredi soir qu'il était disposé à aller de l'avant dans le processus de nomination. Dans des circonstances comparables, il y a quatre ans, il avait pourtant bloqué la désignation d'un juge par Barack Obama. - Trump en campagne - Les républicains estimaient alors qu'on ne change pas un juge en année électorale. Le président de la commission judiciaire de Sénat Lindsey Graham a pris acte samedi du souhait de Donald Trump, dont il est très proche. "Je comprends parfaitement" le président, a-t-il dit. Le président dispose d'une majorité républicaine de 53 contre 47 au Sénat, mais une poignée de sénateurs pourraient faire défaut, notamment ceux confrontés à des réélections difficiles dans des Etats modérés. L'équation politique est donc complexe. La sénatrice républicaine modérée du Maine, Susan Collins, a annoncé samedi sa position: le Sénat ne doit pas confirmer un nouveau juge à la Cour suprême avant la présidentielle du 3 novembre. "Par honnêteté envers le peuple américain (...) cette décision de nomination à vie à la Cour suprême devrait être prise par le président qui sera élu le 3 novembre", a-t-elle estimé. Le lancement d'une bataille parlementaire sur la Cour suprême changerait complètement la physionomie de la campagne, aujourd'hui dominée par la pandémie de Covid-19 et ses conséquences. Donald Trump est pour l'instant en retard dans les sondages par Joe Biden, et sévèrement critiqué par les Américain pour sa gestion du coronavirus. - Une pionnière - Samedi, sous un soleil frais, plusieurs centaines de personnes s'étaient rassemblées devant la Cour suprême pour s'incliner devant la mémoire de RBG, née en 1933 à Brooklyn dans une famille juive américaine et morte le jour de Rosh Hashana, le nouvel an juif. Parmi eux, la colistière de Joe Biden, Kamala Harris, venue se recueillir avec son mari. "RBG était pour moi une pionnière, une icône, une combattante. Elle était une femme à tous les sens du terme", a-t-elle confié à une journaliste de l'AFP. Candidate à la vice-présidence mais aussi membre éminente de la commission judiciaire du Sénat, Kamala Harris jouera un rôle déterminant dans les prochains mois. Ruth Bader Ginsburg gardera une place à part dans l'histoire de la conquête des droits et de la lutte contre les discriminations. Avocate, elle obtint de la Cour suprême le démantèlement des lois discriminatoires à l'encontre des femmes. Entrée à la Cour suprême il y a 27 ans sur nomination de Bill Clinton, elle fait l'objet d'un culte aux Etats-Unis. Aucun détail n'était connu samedi sur l'organisation de ses obsèques.
La volonté affichée du locataire de la Maison Blanche d'aller vite, en dépit des critiques démocrates, promet une fin de campagne présidentielle électrique aux Etats-Unis.

"Je pense que cela va aller très vite", a déclaré M. Trump depuis les jardins de la Maison Blanche, évoquant une annonce "la semaine prochaine".

En soirée, lors d'un meeting en Caroline du Nord, il a précisé: "Ce sera une femme. Une femme très talentueuse, très brillante, que je n'ai pas encore choisie - mais nous avons beaucoup de femmes dans notre liste".

La juge "RBG", comme elle était surnommée, s'est éteinte vendredi des suites d'un cancer du pancréas à l'âge de 87 ans. Sa mort a suscité une vague d'émotion dans le pays et aussi une immense inquiétude dans le camp démocrate, doublée d'un tir de barrage politique.
Car l'arrivée d'un nouveau juge nommé par Donald Trump ancrerait le temple du droit américain dans le camp conservateur pour longtemps.

- 45 jours -

A 45 jours de l'élection présidentielle, le candidat démocrate Joe Biden et l'ex-président Barack Obama ont immédiatement mis en garde Donald Trump.

"Les électeurs doivent choisir le président, et le président doit proposer un juge au Sénat", a dit Joe Biden. Barack Obama a appelé son successeur républicain à s'abstenir alors que "des bulletins de vote sont déjà déposés" pour le scrutin du 3 novembre, par anticipation ou par correspondance.

Les neuf juges de la Cour suprême sont nommés à vie, et Donald Trump a déjà procédé à deux nominations, celles des conservateurs Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh. Son camp dispose actuellement de cinq juges.

L'enjeu est considérable puisque la Cour tranche les principales questions de société, comme l'avortement, le droit de porter des armes ou les droits des homosexuels, qui sont souvent aussi les lignes de fracture d'une société américaine plus divisée que jamais.

La haute cour a aussi le dernier mot sur les litiges électoraux, comme lors de la présidentielle de 2000 finalement remportée par George W. Bush face à Al Gore.

La santé de la juge Ginsburg était chancelante et les républicains se préparaient à cette vacance. Donald Trump avait présenté début septembre une liste de personnalités qu'il pourrait présenter. Parmi eux, deux sénateurs ultra-conservateurs, Ted Cruz et Tom Cotton.

Le chef de la majorité au Sénat Mitch McConnell a prévenu dès vendredi soir qu'il était disposé à aller de l'avant dans le processus de nomination. Dans des circonstances comparables, il y a quatre ans, il avait pourtant bloqué la désignation d'un juge par Barack Obama.

- Trump en campagne -

Les républicains estimaient alors qu'on ne change pas un juge en année électorale. Le président de la commission judiciaire de Sénat Lindsey Graham a pris acte samedi du souhait de Donald Trump, dont il est très proche. "Je comprends parfaitement" le président, a-t-il dit.

Le président dispose d'une majorité républicaine de 53 contre 47 au Sénat, mais une poignée de sénateurs pourraient faire défaut, notamment ceux confrontés à des réélections difficiles dans des Etats modérés. L'équation politique est donc complexe.

La sénatrice républicaine modérée du Maine, Susan Collins, a annoncé samedi sa position: le Sénat ne doit pas confirmer un nouveau juge à la Cour suprême avant la présidentielle du 3 novembre.

"Par honnêteté envers le peuple américain (...) cette décision de nomination à vie à la Cour suprême devrait être prise par le président qui sera élu le 3 novembre", a-t-elle estimé.

Le lancement d'une bataille parlementaire sur la Cour suprême changerait complètement la physionomie de la campagne, aujourd'hui dominée par la pandémie de Covid-19 et ses conséquences.

Donald Trump est pour l'instant en retard dans les sondages par Joe Biden, et sévèrement critiqué par les Américain pour sa gestion du coronavirus.

- Une pionnière -

Samedi, sous un soleil frais, plusieurs centaines de personnes s'étaient rassemblées devant la Cour suprême pour s'incliner devant la mémoire de RBG, née en 1933 à Brooklyn dans une famille juive américaine et morte le jour de Rosh Hashana, le nouvel an juif.

Parmi eux, la colistière de Joe Biden, Kamala Harris, venue se recueillir avec son mari. "RBG était pour moi une pionnière, une icône, une combattante. Elle était une femme à tous les sens du terme", a-t-elle confié à une journaliste de l'AFP.

Candidate à la vice-présidence mais aussi membre éminente de la commission judiciaire du Sénat, Kamala Harris jouera un rôle déterminant dans les prochains mois.

Ruth Bader Ginsburg gardera une place à part dans l'histoire de la conquête des droits et de la lutte contre les discriminations.

Avocate, elle obtint de la Cour suprême le démantèlement des lois discriminatoires à l'encontre des femmes. Entrée à la Cour suprême il y a 27 ans sur nomination de Bill Clinton, elle fait l'objet d'un culte aux Etats-Unis.

Aucun détail n'était connu samedi sur l'organisation de ses obsèques.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11027 Sun, 20 Sep 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Bataille politique aux Etats-Unis après le décès de la juge Ruth Bader Ginsburg https://www.peinedemort.org/document/11029 Donald Trump s'est prononcé samedi pour un remplacement rapide de la juge à la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg, icône décédée de la gauche américaine, un choix qui promet une fin de campagne présidentielle acharnée et passionnelle aux Etats-Unis. Nommer les magistrats du temple du Droit est "la décision la plus importante" pour laquelle un président est élu, a-t-il dit sur Twitter. "Nous avons cette obligation, sans délai". "On aura un nominé très rapidement", a déclaré le président républicain avant de s'envoler pour un meeting de campagne en Caroline du Nord. "Ce sera très probablement une femme", a-t-il ajouté. La juge "RBG", comme elle était surnommée, s'est éteinte vendredi des suites d'un cancer du pancréas à l'âge de 87 ans. Sa mort a suscité une vague d'émotion dans le pays et aussi une immense inquiétude dans le camp démocrate, doublée d'un tir de barrage politique. Car l'arrivée d'un nouveau juge nommé par Donald Trump ancrerait la Cour suprême américaine dans le camp conservateur pour longtemps. A 45 jours de l'élection présidentielle, le candidat démocrate Joe Biden et l'ex-président Barack Obama ont immédiatement mis en garde Donald Trump. "Les électeurs doivent choisir le président, et le président doit proposer un juge au Sénat", a dit Joe Biden. Barack Obama a appelé son successeur républicain à s'abstenir alors que "des bulletins de vote sont déjà déposés" pour le scrutin du 3 novembre, par anticipation ou par correspondance. Les neuf juges de la Cour suprême sont nommés à vie, et Donald Trump a déjà procédé à deux nominations, celles des conservateurs Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh. Son camp dispose actuellement de cinq juges sur neuf. Aucun président américain n'a eu l'occasion de nommer trois juges suprêmes depuis Ronald Reagan, qui avait fait basculer la Cour dans le camp conservateur dans les années 1980. L'enjeu est considérable puisque la Cour tranche les principales questions de société, comme l'avortement, le droit de porter des armes ou les droits des homosexuels, qui sont souvent aussi les lignes de fracture d'une société américaine plus divisée que jamais. La Haute Cour a aussi le dernier mot sur les litiges électoraux, comme lors de la présidentielle de 2000 finalement remportée par George W. Bush face à Al Gore. La santé de la juge Ginsburg était chancelante et les républicains se préparaient à cette vacance. Donald Trump avait présenté début septembre une liste de personnalités qu'il pourrait présenter. Parmi eux, deux sénateurs ultra-conservateurs, Ted Cruz et Tom Cotton. Le chef de la majorité au Sénat Mitch McConnell a prévenu dès vendredi soir qu'il était disposé à aller de l'avant dans le processus de nomination. Dans des circonstances comparables, il y a quatre ans, il avait pourtant bloqué la désignation d'un juge par Barack Obama. Les républicains estimaient alors qu'on ne change pas un juge en année électorale. Le remplacement de Ginsburg nécessitera l'accord du Sénat, où les républicains disposent d'une majorité de 53 sièges sur 100. Mais une poignée de sénateurs pourraient faire défaut, notamment ceux confrontés à des réélections difficiles dans des Etats modérés. L'équation politique est donc complexe. "Etant donné la proximité de l'élection présidentielle, je ne pense pas que le Sénat devrait voter sur le candidat retenu avant le scrutin", a d'ailleurs écrit dans un communiqué la sénatrice républicaine du Maine, Susan Collins. Le lancement d'une bataille parlementaire sur la Cour suprême changerait complètement la physionomie de la campagne, aujourd'hui dominée par la pandémie de Covid-19 et ses conséquences.
Nommer les magistrats du temple du Droit est "la décision la plus importante" pour laquelle un président est élu, a-t-il dit sur Twitter. "Nous avons cette obligation, sans délai".

"On aura un nominé très rapidement", a déclaré le président républicain avant de s'envoler pour un meeting de campagne en Caroline du Nord. "Ce sera très probablement une femme", a-t-il ajouté.

La juge "RBG", comme elle était surnommée, s'est éteinte vendredi des suites d'un cancer du pancréas à l'âge de 87 ans. Sa mort a suscité une vague d'émotion dans le pays et aussi une immense inquiétude dans le camp démocrate, doublée d'un tir de barrage politique.

Car l'arrivée d'un nouveau juge nommé par Donald Trump ancrerait la Cour suprême américaine dans le camp conservateur pour longtemps.


A 45 jours de l'élection présidentielle, le candidat démocrate Joe Biden et l'ex-président Barack Obama ont immédiatement mis en garde Donald Trump.

"Les électeurs doivent choisir le président, et le président doit proposer un juge au Sénat", a dit Joe Biden. Barack Obama a appelé son successeur républicain à s'abstenir alors que "des bulletins de vote sont déjà déposés" pour le scrutin du 3 novembre, par anticipation ou par correspondance.

Les neuf juges de la Cour suprême sont nommés à vie, et Donald Trump a déjà procédé à deux nominations, celles des conservateurs Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh. Son camp dispose actuellement de cinq juges sur neuf.

Aucun président américain n'a eu l'occasion de nommer trois juges suprêmes depuis Ronald Reagan, qui avait fait basculer la Cour dans le camp conservateur dans les années 1980.


L'enjeu est considérable puisque la Cour tranche les principales questions de société, comme l'avortement, le droit de porter des armes ou les droits des homosexuels, qui sont souvent aussi les lignes de fracture d'une société américaine plus divisée que jamais.

La Haute Cour a aussi le dernier mot sur les litiges électoraux, comme lors de la présidentielle de 2000 finalement remportée par George W. Bush face à Al Gore.

La santé de la juge Ginsburg était chancelante et les républicains se préparaient à cette vacance. Donald Trump avait présenté début septembre une liste de personnalités qu'il pourrait présenter. Parmi eux, deux sénateurs ultra-conservateurs, Ted Cruz et Tom Cotton.



Le chef de la majorité au Sénat Mitch McConnell a prévenu dès vendredi soir qu'il était disposé à aller de l'avant dans le processus de nomination. Dans des circonstances comparables, il y a quatre ans, il avait pourtant bloqué la désignation d'un juge par Barack Obama. Les républicains estimaient alors qu'on ne change pas un juge en année électorale.

Le remplacement de Ginsburg nécessitera l'accord du Sénat, où les républicains disposent d'une majorité de 53 sièges sur 100. Mais une poignée de sénateurs pourraient faire défaut, notamment ceux confrontés à des réélections difficiles dans des Etats modérés. L'équation politique est donc complexe.

"Etant donné la proximité de l'élection présidentielle, je ne pense pas que le Sénat devrait voter sur le candidat retenu avant le scrutin", a d'ailleurs écrit dans un communiqué la sénatrice républicaine du Maine, Susan Collins.


Le lancement d'une bataille parlementaire sur la Cour suprême changerait complètement la physionomie de la campagne, aujourd'hui dominée par la pandémie de Covid-19 et ses conséquences.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11029 Sun, 20 Sep 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Nomination d'un juge à la Cour suprême. Pas de vote avant la présidentielle, plaide une sénatrice républicaine https://www.peinedemort.org/document/11028 (Washington) Le Sénat des États-Unis ne doit pas confirmer un nouveau juge à la Cour suprême avant la présidentielle du 3 novembre, a estimé samedi la sénatrice républicaine modérée Susan Collins, au lendemain de la mort de la juge Ruth Bader Ginsburg. « Étant donné la proximité de l'élection présidentielle, je ne pense pas que le Sénat devrait voter sur le candidat retenu avant le scrutin », a écrit dans un communiqué l'élue du Maine, la première élue du parti républicain à prendre position en ce sens. Les républicains disposent d'une majorité de 53 élus contre 47 aux démocrates à la chambre haute du Congrès. Susan Collins fait partie de la poignée d'élus modérés qui pourraient faire défaut en cas de vote d'approbation d'un nouveau juge que Donald Trump souhaite voir se tenir rapidement. Le président « a l'autorité constitutionnelle pour affecter un poste vacant à la Cour suprême et je n'ai pas d'objection à ce que la commission judiciaire du Sénat commence à examiner les références de son nommé », a encore écrit Susan Collins, qui mène une campagne difficile pour conserver son siège. Mais « par honnêteté envers le peuple américain […] cette décision de nomination à vie à la Cour suprême devrait être prise par le président qui sera élu le 3 novembre », a-t-elle ajouté. « Nous devons agir équitablement et de manière cohérente, quel que soit le parti au pouvoir », a encore estimé Susan Collins, en référence au refus des sénateurs républicains d'auditionner le candidat à la Cour suprême choisi par le président démocrate Barack Obama en 2016, sous prétexte que l'élection était trop proche. La doyenne de la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg est morte vendredi à 87 ans des suites d'un cancer du pancréas, laissant vacant un poste très influent que Donald Trump aimerait pourvoir avec un juge conservateur pour satisfaire ses électeurs de la droite religieuse.
« Étant donné la proximité de l'élection présidentielle, je ne pense pas que le Sénat devrait voter sur le candidat retenu avant le scrutin », a écrit dans un communiqué l'élue du Maine, la première élue du parti républicain à prendre position en ce sens.

Les républicains disposent d'une majorité de 53 élus contre 47 aux démocrates à la chambre haute du Congrès. Susan Collins fait partie de la poignée d'élus modérés qui pourraient faire défaut en cas de vote d'approbation d'un nouveau juge que Donald Trump souhaite voir se tenir rapidement.

Le président « a l'autorité constitutionnelle pour affecter un poste vacant à la Cour suprême et je n'ai pas d'objection à ce que la commission judiciaire du Sénat commence à examiner les références de son nommé », a encore écrit Susan Collins, qui mène une campagne difficile pour conserver son siège.

Mais « par honnêteté envers le peuple américain […] cette décision de nomination à vie à la Cour suprême devrait être prise par le président qui sera élu le 3 novembre », a-t-elle ajouté.

« Nous devons agir équitablement et de manière cohérente, quel que soit le parti au pouvoir », a encore estimé Susan Collins, en référence au refus des sénateurs républicains d'auditionner le candidat à la Cour suprême choisi par le président démocrate Barack Obama en 2016, sous prétexte que l'élection était trop proche.

La doyenne de la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg est morte vendredi à 87 ans des suites d'un cancer du pancréas, laissant vacant un poste très influent que Donald Trump aimerait pourvoir avec un juge conservateur pour satisfaire ses électeurs de la droite religieuse.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11028 Sat, 19 Sep 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
USA: la doyenne de la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg s'éteint à 87 ans https://www.peinedemort.org/document/11026 La doyenne de la Cour suprême des Etats-Unis Ruth Bader Ginsburg est décédée vendredi à l'âge de 87 ans, laissant vacant un poste doté de grands pouvoirs, ce qui augure d'une intense bataille politique avant la présidentielle du 3 novembre. Cette juge progressiste, devenue une véritable icône à gauche, est morte des suites d'un cancer du pancréas, entourée par sa famille, a annoncé la plus haute juridiction des Etats-Unis dans un communiqué. Fragile depuis quelques années, cette championne de la cause des femmes, des minorités ou encore de l'environnement, avait été hospitalisée à deux reprises cet été et ses bulletins de santé étaient suivis de près par les démocrates qui craignent que le président Donald Trump s'empresse de nommer son successeur. Le milliardaire républicain, en lice pour sa réélection, a été informé de son décès par des journalistes à la fin d'un meeting de campagne dans le Minnesota. Il a salué une «vie exceptionnelle», sans dévoiler ses intentions avant de la qualifier quelques heures plus tard de «colosse du Droit». Son rival démocrate, Joe Biden, a lui rendu un hommage appuyé à la magistrate la plus connue des Etats-Unis. «Ruth Bader Ginsburg s'est battue pour nous tous, et elle était très aimée», a-t-il souligné, en appelant à ne pas se précipiter pour la remplacer. «Les électeurs doivent choisir le président, et le président doit proposer un juge au Sénat», a-t-il dit dans une déclaration à la presse. Elle était «une héroïne américaine» et «une voix infatigable dans la quête de l'idéal américain suprême : l'égalité de tous devant la loi», a-t-il également salué. Ruth Bader Ginsburg «s'est battue jusqu'au bout», «avec une foi inébranlable en notre démocratie et ses idéaux», a déclaré sur Twitter Barack Obama, le prédécesseur de Donald Trump à la Maison Blanche. Selon la radio NPR, la juge «RBG», comme elle avait été surnommée, avait elle-même confié ses dernières volontés à sa petite fille, Clara Spera. «Mon voeu le plus cher est de ne pas être remplacée tant qu'un nouveau président n'aura pas prêté serment», lui a-t-elle dicté quelques jours avant sa mort. - Extrêmement populaire - Devant le siège de la Cour suprême à Washington, où les deux drapeaux américains situés de chaque côté du batiment étaient en berne, des centaines de personnes sont venues lui rendre hommage en y déposant des fleurs et des bougies. Parmi elles, de très nombreux jeunes, dont Erin Drumm, étudiant de 19 ans à l'Université catholique des Etats-Unis. «Je suis venu ici car j'estime que RBG représente tout ce pour quoi l'Amérique devrait se mobiliser», a-t-il dit, citant notamment «le respect (...) de l'autre, quel que soit son genre, sa race, son origine ethnique ou sa religion». Taylor Gutierrez, 26 ans, est venu saluer sa mémoire, «en particulier en tant qu'homosexuel sachant qu'elle a aidé à créer une société plus juste pour nous». Mais désormais, ajoute-t-il, «il y a une crainte réelle d'un retour en arrière sur tous ces acquis». Donald Trump avait déclaré en août qu'il n'hésiterait pas à nommer un juge à la Cour suprême même très près de l'élection. «J'avancerai vite», avait-il déclaré sur une radio conservatrice. Soucieux de galvaniser les électeurs de la droite religieuse, il a depuis publié une pré-sélection de candidats, des juges conservateurs, pour la plupart opposés à l'avortement et favorables au port d'armes. Selon la Constitution, une fois qu'il aura arrêté son choix, il reviendra au Sénat de l'avaliser. Son chef, le républicain Mitch McConnell a déjà fait savoir qu'il organiserait un vote, même s'il avait refusé d'auditionner un juge choisi pour ce poste par Barack Obama en 2016, au prétexte qu'il s'agissait d'une année électorale. Même si les républicains disposent d'une majorité de 53 sièges sur 100 à la chambre haute, certains élus républicains modérés, qui font face à des campagnes de réélection compliquées, pourraient toutefois faire défection et chaque camp va, sans aucune doute, déployer les grands moyens pour tenter de les convaincre. Aujourd'hui, les cinq juges conservateurs - sur neuf - ne font pas bloc, et il est fréquent que l'un d'entre eux vote avec ses confrères progressistes. Or la Cour est l'arbitre de tous les grands sujets de société aux Etats-Unis: avortement, droit des minorités, port d'armes, peine de mort... - «Pionnière» - Nommée en 1993 à la haute cour par le président Bill Clinton, après s'être distinguée en faisant avancer les droits des femmes dans les années 1970, Ruth Bader Ginsburg était devenue extrêmement populaire malgré le sérieux de sa fonction. Grâce à son positionnement en phase avec les aspirations des plus jeunes, elle les avait conquis, au point de gagner le surnom de «Notorious RBG» en référence au rappeur Notorious BIG. Malgré son positionnement à gauche, républicains et démocrates lui ont immédiatement rendu hommage. «Chaque femme, chaque fille, chaque famille en Amérique a bénéficié de son intelligence éclatante», a déclaré la chef des démocrates au Congrès Nancy Pelosi. «On a perdu une géante dans l'histoire du pays», a renchéri la benjamine de la Chambre et représentante de l'aile gauche du parti, Alexandria Ocasio-Cortez. Mêmes louanges à l'autre bout de l'échiquier politique. C'était «une championne du Droit» pour le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, une juriste «brillante», «admirée» et «influente» selon le ministre de la Justice Bill Barr. Le sénateur républicain Lindsey Graham, un proche du président, s'est même dit «triste» de son décès. Petite voix dissonante, le sénateur républicain Ted Cruz, qui figure sur la liste des potentiels candidats à la Cour suprême du président Trump, n'a pas attendu pour exiger qu'elle soit remplacée. Il a réclamé sur Twitter que le président annonce son successeur dès la semaine prochaine et que le Sénat le confirme avant l'élection. «Cette nomination, c'est pour ça que Donald Trump a été élu», a-t-il jugé.
Cette juge progressiste, devenue une véritable icône à gauche, est morte des suites d'un cancer du pancréas, entourée par sa famille, a annoncé la plus haute juridiction des Etats-Unis dans un communiqué.

Fragile depuis quelques années, cette championne de la cause des femmes, des minorités ou encore de l'environnement, avait été hospitalisée à deux reprises cet été et ses bulletins de santé étaient suivis de près par les démocrates qui craignent que le président Donald Trump s'empresse de nommer son successeur.

Le milliardaire républicain, en lice pour sa réélection, a été informé de son décès par des journalistes à la fin d'un meeting de campagne dans le Minnesota. Il a salué une «vie exceptionnelle», sans dévoiler ses intentions avant de la qualifier quelques heures plus tard de «colosse du Droit».

Son rival démocrate, Joe Biden, a lui rendu un hommage appuyé à la magistrate la plus connue des Etats-Unis. «Ruth Bader Ginsburg s'est battue pour nous tous, et elle était très aimée», a-t-il souligné, en appelant à ne pas se précipiter pour la remplacer.

«Les électeurs doivent choisir le président, et le président doit proposer un juge au Sénat», a-t-il dit dans une déclaration à la presse.

Elle était «une héroïne américaine» et «une voix infatigable dans la quête de l'idéal américain suprême : l'égalité de tous devant la loi», a-t-il également salué.

Ruth Bader Ginsburg «s'est battue jusqu'au bout», «avec une foi inébranlable en notre démocratie et ses idéaux», a déclaré sur Twitter Barack Obama, le prédécesseur de Donald Trump à la Maison Blanche.

Selon la radio NPR, la juge «RBG», comme elle avait été surnommée, avait elle-même confié ses dernières volontés à sa petite fille, Clara Spera. «Mon voeu le plus cher est de ne pas être remplacée tant qu'un nouveau président n'aura pas prêté serment», lui a-t-elle dicté quelques jours avant sa mort.

- Extrêmement populaire -

Devant le siège de la Cour suprême à Washington, où les deux drapeaux américains situés de chaque côté du batiment étaient en berne, des centaines de personnes sont venues lui rendre hommage en y déposant des fleurs et des bougies.

Parmi elles, de très nombreux jeunes, dont Erin Drumm, étudiant de 19 ans à l'Université catholique des Etats-Unis. «Je suis venu ici car j'estime que RBG représente tout ce pour quoi l'Amérique devrait se mobiliser», a-t-il dit, citant notamment «le respect (...) de l'autre, quel que soit son genre, sa race, son origine ethnique ou sa religion».

Taylor Gutierrez, 26 ans, est venu saluer sa mémoire, «en particulier en tant qu'homosexuel sachant qu'elle a aidé à créer une société plus juste pour nous». Mais désormais, ajoute-t-il, «il y a une crainte réelle d'un retour en arrière sur tous ces acquis».

Donald Trump avait déclaré en août qu'il n'hésiterait pas à nommer un juge à la Cour suprême même très près de l'élection. «J'avancerai vite», avait-il déclaré sur une radio conservatrice. Soucieux de galvaniser les électeurs de la droite religieuse, il a depuis publié une pré-sélection de candidats, des juges conservateurs, pour la plupart opposés à l'avortement et favorables au port d'armes.

Selon la Constitution, une fois qu'il aura arrêté son choix, il reviendra au Sénat de l'avaliser. Son chef, le républicain Mitch McConnell a déjà fait savoir qu'il organiserait un vote, même s'il avait refusé d'auditionner un juge choisi pour ce poste par Barack Obama en 2016, au prétexte qu'il s'agissait d'une année électorale.

Même si les républicains disposent d'une majorité de 53 sièges sur 100 à la chambre haute, certains élus républicains modérés, qui font face à des campagnes de réélection compliquées, pourraient toutefois faire défection et chaque camp va, sans aucune doute, déployer les grands moyens pour tenter de les convaincre.

Aujourd'hui, les cinq juges conservateurs - sur neuf - ne font pas bloc, et il est fréquent que l'un d'entre eux vote avec ses confrères progressistes. Or la Cour est l'arbitre de tous les grands sujets de société aux Etats-Unis: avortement, droit des minorités, port d'armes, peine de mort...

- «Pionnière» -

Nommée en 1993 à la haute cour par le président Bill Clinton, après s'être distinguée en faisant avancer les droits des femmes dans les années 1970, Ruth Bader Ginsburg était devenue extrêmement populaire malgré le sérieux de sa fonction. Grâce à son positionnement en phase avec les aspirations des plus jeunes, elle les avait conquis, au point de gagner le surnom de «Notorious RBG» en référence au rappeur Notorious BIG.

Malgré son positionnement à gauche, républicains et démocrates lui ont immédiatement rendu hommage. «Chaque femme, chaque fille, chaque famille en Amérique a bénéficié de son intelligence éclatante», a déclaré la chef des démocrates au Congrès Nancy Pelosi. «On a perdu une géante dans l'histoire du pays», a renchéri la benjamine de la Chambre et représentante de l'aile gauche du parti, Alexandria Ocasio-Cortez.

Mêmes louanges à l'autre bout de l'échiquier politique. C'était «une championne du Droit» pour le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, une juriste «brillante», «admirée» et «influente» selon le ministre de la Justice Bill Barr. Le sénateur républicain Lindsey Graham, un proche du président, s'est même dit «triste» de son décès.

Petite voix dissonante, le sénateur républicain Ted Cruz, qui figure sur la liste des potentiels candidats à la Cour suprême du président Trump, n'a pas attendu pour exiger qu'elle soit remplacée. Il a réclamé sur Twitter que le président annonce son successeur dès la semaine prochaine et que le Sénat le confirme avant l'élection. «Cette nomination, c'est pour ça que Donald Trump a été élu», a-t-il jugé.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11026 Sat, 19 Sep 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Mali: l'ex-dictateur Moussa Traoré inhumé à Bamako après des obsèques nationales https://www.peinedemort.org/document/11022 L'ex-dictateur et président du Mali Moussa Traoré, à la tête du pays pendant 22 ans, a été inhumé vendredi à Bamako après des obsèques nationales en présence de responsables de la junte au pouvoir et anciens responsables nationaux, mais boudées par les dirigeants étrangers. Une fanfare mortuaire a marqué dans la matinée l'arrivée du corps dans un cercueil drapé aux couleurs du Mali dans un camp militaire de Bamako où se sont déroulées les obsèques, en présence de soldats en tenue d'apparat, selon des journalistes de l'AFP. Moussa Traoré est décédé le 15 septembre à Bamako à l'âge de 83 ans, après avoir dirigé le Mali pendant 22 ans, à la suite d'un coup d'Etat qui avait renversé en 1968 le président Modibo Keïta, au pouvoir depuis 1960. Moussa Traoré, alors lieutenant avant de devenir général par la suite, était devenu président de la République un an plus tard et aura exercé un pouvoir quasiment sans partage. Son corps a été placé près de la tribune présidentielle, en présence du colonel Assimi Goïta, chef du Comité national de salut public (CNSP), l'organe mis en place par la junte actuellement au pouvoir. Le colonel Goïta, aux côtés d'autres responsables de la junte, n'a pas pris la parole lors de la cérémonie à laquelle ont assisté des centaines de personnes. Le décès de Moussa Traoré est survenu moins d'un mois après le quatrième coup d'Etat depuis l'indépendance en 1960 dans ce pays sahélien déjà en proie aux attaques jihadistes. Le président Ibrahim Boubacar Keïta, élu en 2013 puis réélu en 2018, et qui avait le soutien de la communauté internationale dans sa lutte contre les jihadistes, a été renversé le 18 août par la junte, actuellement sous pression des voisins ouest-africains. Ils ont ordonné aux putschistes de nommer immédiatement un président et un Premier ministre de transition civils. Le commissaire de l'Union africaine à la paix et la sécurité, Smail Chergui, a appelé jeudi soir sur Twitter "à un retour à l'ordre constitutionnel et à une transition rapide menée par des civils au Mali". Après la cérémonie, le corps a été remis à la famille. Cette cérémonie a été suivie dans l'après-midi d'une prière mortuaire dans une mosquée de Bamako suivie de l'inhumation dans un cimetière de la capitale, en présence de plusieurs centaines de personnes, selon un journaliste de l'AFP. - Ex-dirigeants présents - L'ancien président Amadou Toumani Touré (1991-2012), qui a renversé en 1991 le président Moussa Traoré, le dirigeant de la transition en 2012 Dioncounda Traoré, ainsi que l'ancien Premier ministre Cheik Modibo Diarra, également beau-fils du défunt, étaient présents pendant la cérémonie. Des diplomates russes ont également pris part aux obsèques. L'ancien président Alpha Oumar Konaré qui a dirigé le Mali de 1992 à 2002, après une transition consécutive à la chute de M. Traoré, n'était pas présent pendant ces obsèques. Aucun représentant de l'ambassade de France et d'un pays membre de l'Union européenne n'était présent lors de cette cérémonie, également boudée par les dirigeants étrangers alors que le Mali a été placé sous embargo par ses voisins ouest-africains après le putsch du 18 août. L'ancien président Amadou Toumani Touré dit ATT a salué "un homme de confiance" qu'il a servi notamment comme chef de la garde présidentielle avant que "la vie, les évènements ne décident autrement", en allusion à son putsch en 1991. "Nous avons perdu en lui (Moussa Traoré) un homme de vérité, un homme complet, un homme réellement patriote", a déclaré à l'AFP le colonel Missa Traoré, son ancien ministre de la Santé avec qui il a mené le putsch en 1968. Mais au Mali, l'évocation de Moussa Traoré ne réveille pas que de bons souvenirs comme le rappelle un ancien responsable d'un syndicat d'étudiants faisant état d'"arrestations arbitraires, emprisonnements et brimades" dont ont été victimes ses camarades sous le pouvoir de Traoré. Après sa chute, Moussa Traoré a été en février 1993 condamné à mort pour "crimes de sang". Le président Alpha Oumar Konaré commue sa peine en détention à perpétuité en décembre 1997. Condamné à nouveau à la peine capitale pour "crimes économiques" en 1999, il est gracié en 2002. Pendant les dernières années de sa vie, Moussa Traoré était devenu une sorte de vieux sage que des politiciens allaient consulter.
Une fanfare mortuaire a marqué dans la matinée l'arrivée du corps dans un cercueil drapé aux couleurs du Mali dans un camp militaire de Bamako où se sont déroulées les obsèques, en présence de soldats en tenue d'apparat, selon des journalistes de l'AFP.

Moussa Traoré est décédé le 15 septembre à Bamako à l'âge de 83 ans, après avoir dirigé le Mali pendant 22 ans, à la suite d'un coup d'Etat qui avait renversé en 1968 le président Modibo Keïta, au pouvoir depuis 1960.

Moussa Traoré, alors lieutenant avant de devenir général par la suite, était devenu président de la République un an plus tard et aura exercé un pouvoir quasiment sans partage.

Son corps a été placé près de la tribune présidentielle, en présence du colonel Assimi Goïta, chef du Comité national de salut public (CNSP), l'organe mis en place par la junte actuellement au pouvoir.

Le colonel Goïta, aux côtés d'autres responsables de la junte, n'a pas pris la parole lors de la cérémonie à laquelle ont assisté des centaines de personnes.

Le décès de Moussa Traoré est survenu moins d'un mois après le quatrième coup d'Etat depuis l'indépendance en 1960 dans ce pays sahélien déjà en proie aux attaques jihadistes.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta, élu en 2013 puis réélu en 2018, et qui avait le soutien de la communauté internationale dans sa lutte contre les jihadistes, a été renversé le 18 août par la junte, actuellement sous pression des voisins ouest-africains.

Ils ont ordonné aux putschistes de nommer immédiatement un président et un Premier ministre de transition civils.

Le commissaire de l'Union africaine à la paix et la sécurité, Smail Chergui, a appelé jeudi soir sur Twitter "à un retour à l'ordre constitutionnel et à une transition rapide menée par des civils au Mali".

Après la cérémonie, le corps a été remis à la famille. Cette cérémonie a été suivie dans l'après-midi d'une prière mortuaire dans une mosquée de Bamako suivie de l'inhumation dans un cimetière de la capitale, en présence de plusieurs centaines de personnes, selon un journaliste de l'AFP.

- Ex-dirigeants présents -

L'ancien président Amadou Toumani Touré (1991-2012), qui a renversé en 1991 le président Moussa Traoré, le dirigeant de la transition en 2012 Dioncounda Traoré, ainsi que l'ancien Premier ministre Cheik Modibo Diarra, également beau-fils du défunt, étaient présents pendant la cérémonie.

Des diplomates russes ont également pris part aux obsèques.

L'ancien président Alpha Oumar Konaré qui a dirigé le Mali de 1992 à 2002, après une transition consécutive à la chute de M. Traoré, n'était pas présent pendant ces obsèques.

Aucun représentant de l'ambassade de France et d'un pays membre de l'Union européenne n'était présent lors de cette cérémonie, également boudée par les dirigeants étrangers alors que le Mali a été placé sous embargo par ses voisins ouest-africains après le putsch du 18 août.

L'ancien président Amadou Toumani Touré dit ATT a salué "un homme de confiance" qu'il a servi notamment comme chef de la garde présidentielle avant que "la vie, les évènements ne décident autrement", en allusion à son putsch en 1991.

"Nous avons perdu en lui (Moussa Traoré) un homme de vérité, un homme complet, un homme réellement patriote", a déclaré à l'AFP le colonel Missa Traoré, son ancien ministre de la Santé avec qui il a mené le putsch en 1968.

Mais au Mali, l'évocation de Moussa Traoré ne réveille pas que de bons souvenirs comme le rappelle un ancien responsable d'un syndicat d'étudiants faisant état d'"arrestations arbitraires, emprisonnements et brimades" dont ont été victimes ses camarades sous le pouvoir de Traoré.

Après sa chute, Moussa Traoré a été en février 1993 condamné à mort pour "crimes de sang". Le président Alpha Oumar Konaré commue sa peine en détention à perpétuité en décembre 1997. Condamné à nouveau à la peine capitale pour "crimes économiques" en 1999, il est gracié en 2002.

Pendant les dernières années de sa vie, Moussa Traoré était devenu une sorte de vieux sage que des politiciens allaient consulter.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11022 Fri, 18 Sep 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Viêt Nam: déclaration de la porte-parole sur deux condamnations à mort https://www.peinedemort.org/document/11033 Le 14 septembre 2020, le tribunal populaire de Hanoï a prononcé des condamnations à mort contre les accusés Le Dinh Cong et Le Dinh Chuc en raison de leur implication dans l'affrontement tragique qui a eu lieu entre des civils et les forces de sécurité dans la commune de Dong Tam le 9 janvier 2020. L'Union européenne est opposée au recours à la peine capitale sous toutes ses formes et en toutes circonstances, et ne cesse d'appeler à son abolition universelle. La peine de mort est cruelle et inhumaine et son abolition est essentielle pour protéger le droit de chacun à la vie. Le consensus contre le recours à la peine de mort est de plus en plus large dans le monde. L'UE exhorte le Viêt Nam à adopter un moratoire sur le recours à cette peine, en guise de première étape vers son abolition. En outre, les informations reçues sur les conditions et le déroulement du procès suscitent de vives inquiétudes. L'UE et ses États membres plaident fermement en faveur de l'état de droit et du plein respect du droit à accéder à un tribunal impartial, comme le prévoit l'article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont le Viêt Nam est signataire.
L'Union européenne est opposée au recours à la peine capitale sous toutes ses formes et en toutes circonstances, et ne cesse d'appeler à son abolition universelle. La peine de mort est cruelle et inhumaine et son abolition est essentielle pour protéger le droit de chacun à la vie. Le consensus contre le recours à la peine de mort est de plus en plus large dans le monde. L'UE exhorte le Viêt Nam à adopter un moratoire sur le recours à cette peine, en guise de première étape vers son abolition.

En outre, les informations reçues sur les conditions et le déroulement du procès suscitent de vives inquiétudes. L'UE et ses États membres plaident fermement en faveur de l'état de droit et du plein respect du droit à accéder à un tribunal impartial, comme le prévoit l'article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont le Viêt Nam est signataire.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11033 Fri, 18 Sep 2020 00:00:00 +0000 Union européenne
En exécutant un jeune champion, l'Iran choisit d'ignorer l'indignation générale https://www.peinedemort.org/document/11020 La décision de l'Iran d'exécuter, avec une rapidité inhabituelle, un lutteur dont le cas avait suscité une mobilisation internationale, prouve sa détermination à ignorer l'indignation croissante envers son recours à la peine de mort contre les personnes arrêtées pendant des manifestations, soulignent les défenseurs des droits de l'Homme. Navid Afkari, 27 ans, un lutteur iranien qui avait remporté plusieurs compétitions nationales, a été exécuté samedi, après avoir été condamné à mort en vertu du « qesas » (la « loi du talion ») pour le meurtre d'un fonctionnaire, poignardé le 2 août 2018 lors de manifestations contre le gouvernement à Chiraz (sud). Comme plusieurs autres villes d'Iran, Chiraz avait été le théâtre ce jour-là de manifestations hostiles au pouvoir. Le verdict à l'encontre du lutteur avait fait polémique. Les soutiens avaient afflué en Iran comme à l'étranger après la publication d'informations affirmant que Navid Afkari avait été condamné sur la base d'aveux extorqués sous la torture. Ces accusations avaient été rejetées par les autorités judiciaires en Iran. « Bouleversant » L'exécution du lutteur a été largement dénoncée sur les réseaux sociaux et à l'étranger. Le Comité international olympique (CIO) s'est déclaré « choqué », jugeant « profondément bouleversant » que les demandes d'athlètes et d'organisations à travers le monde pour empêcher l'exécution n'aient pas été entendues. Un panel d'experts indépendants des droits humains rassemblés par l'ONU a condamné lundi cette exécution, appelant la communauté internationale « à réagir fortement ». Utilisant un procédé qui a été régulièrement dénoncé à l'extérieur de l'Iran, la télévision d'État iranienne Irib News avait diffusé le 5 août une présumée confession de Navid Afkari, où il a été vu en train de rejouer la scène de crime présumée. Les défenseurs des droits de l'Homme sont révoltés par le fait que le système judiciaire n'ait pas pris en compte les déclarations - faites par M. Afkari lui même dans une plainte - où il affirmait que ses aveux lui avaient été extorqués sous la torture, et notamment des passages à tabac, des suffocations avec un sac plastique et en lui faisant absorber de l'alcool par le nez. Cette exécution intervient alors que le recours à la peine capitale en Iran - qui est, après la Chine, le pays qui y a le plus recours - est de plus en plus scruté, après que le gouvernement eut été confronté à des manifestations déclenchées par la grave crise économique. « Tenues pour responsables » Tara Sepehri Far, chercheuse sur l'Iran à Human Rights Watch, juge « inhabituelle » la rapidité avec laquelle le verdict a été exécuté. M. Afkari avait été condamné à mort en octobre 2019, et le jugement avait été confirmé en appel en avril. « Au moins une partie du régime (iranien) (...) a le sentiment que prendre en compte l'indignation internationale serait reculer et pourrait le rendre plus vulnérable », explique à l'AFP Mme Far. « Il y a aussi un mouvement anti-peine de mort croissant à l'intérieur de l'Iran contre ces verdicts prononcés dans des affaires liées aux manifestations et je pense que les autorités craignent que si elles ne font pas une démonstration de force, elles apparaîtront faibles ». La justice iranienne a annoncé en juillet la suspension de l'exécution de trois jeunes hommes accusés de vandalisme et de pyromanie pendant les manifestations de novembre 2019, face à l'ampleur inédite de la campagne #N'exécutez_pas. Mais le répit a été de courte durée puisque Mostafa Salehi, un autre manifestant, arrêté, lui, à l'hiver 2017-2018 dans la province d'Ispahan a été pendu début août. Selon Mansoureh Mills, chercheuse à Amnesty International, « l'opinion générale au sein de la population iranienne quant à la peine de mort est en train de changer » alors que le monde « regarde avec horreur » son usage croissant contre, notamment, les manifestants et les dissidents. Les défenseurs des droits de l'Homme dénoncent le fait que les autorités aient non seulement ignoré les accusations d'aveux extorqués sous la torture, mais aussi accéléré l'exécution alors que selon l'avocat de M. Afkari, une rencontre avec la famille de la victime aurait dû avoir lieu dimanche pour « demander pardon » et éviter ainsi éventuellement la mise à mort. « Les autorités craignaient que le coût politique d'attendre une semaine de plus soit trop dommageable », commente Mahmood Amiry-Moghaddam, fondateur de l'ONG Iran Human Rights, basée à Oslo. « Silence » Une « explication vraisemblable », selon M. Amiry-Moghaddam, est que l'état de santé de M. Afkari était tellement précaire à cause de la torture qu'il a été décidé de le pendre pour éviter plus d'embarras sur le sujet. Le lutteur a aussi été enterré à la hâte, pendant la nuit, a-t-il noté. « Ce processus judiciaire injuste, le fait d'extorquer de faux aveux sous la torture, le harcèlement de la famille de Navid, et son exécution précipitée sont des crimes dont les répercussions doivent être beaucoup plus sévères que des condamnations verbales par la communauté internationale » , a-t-il martelé. De son côté, l'Autorité judiciaire dans la province de Fars (dont la capitale est Chiraz) a indiqué que « toutes les étapes juridiques appropriées » avaient été respectées, rejetant les allégations selon lesquelles M. Afkari avait été torturé et fustigeant la publication de « fausses informations » sur cette affaire, dans un communiqué cité par le site officiel Mizan Online. Selon un document publié par l'agence de presse « Human Rights Activists News Agency », Navid Afkari avait déposé une plainte le 13 septembre 2019 dans laquelle il déclarait avoir été forcé sous la torture à faire de faux aveux. « Votre silence équivaut à un soutien à la brutalité », dit une voix attribuée à M. Afkari par ses soutiens dans un enregistrement sonore devenu viral après son exécution. « J'ai toutes sortes de documents pour prouver mon innocence. Si je suis exécuté, les gens doivent savoir qu'au XXIème siècle, l'Iran exécute toujours des innocents ».
Navid Afkari, 27 ans, un lutteur iranien qui avait remporté plusieurs compétitions nationales, a été exécuté samedi, après avoir été condamné à mort en vertu du « qesas » (la « loi du talion ») pour le meurtre d'un fonctionnaire, poignardé le 2 août 2018 lors de manifestations contre le gouvernement à Chiraz (sud).

Comme plusieurs autres villes d'Iran, Chiraz avait été le théâtre ce jour-là de manifestations hostiles au pouvoir.

Le verdict à l'encontre du lutteur avait fait polémique. Les soutiens avaient afflué en Iran comme à l'étranger après la publication d'informations affirmant que Navid Afkari avait été condamné sur la base d'aveux extorqués sous la torture. Ces accusations avaient été rejetées par les autorités judiciaires en Iran.

« Bouleversant »

L'exécution du lutteur a été largement dénoncée sur les réseaux sociaux et à l'étranger. Le Comité international olympique (CIO) s'est déclaré « choqué », jugeant « profondément bouleversant » que les demandes d'athlètes et d'organisations à travers le monde pour empêcher l'exécution n'aient pas été entendues.

Un panel d'experts indépendants des droits humains rassemblés par l'ONU a condamné lundi cette exécution, appelant la communauté internationale « à réagir fortement ».

Utilisant un procédé qui a été régulièrement dénoncé à l'extérieur de l'Iran, la télévision d'État iranienne Irib News avait diffusé le 5 août une présumée confession de Navid Afkari, où il a été vu en train de rejouer la scène de crime présumée.

Les défenseurs des droits de l'Homme sont révoltés par le fait que le système judiciaire n'ait pas pris en compte les déclarations - faites par M. Afkari lui même dans une plainte - où il affirmait que ses aveux lui avaient été extorqués sous la torture, et notamment des passages à tabac, des suffocations avec un sac plastique et en lui faisant absorber de l'alcool par le nez.

Cette exécution intervient alors que le recours à la peine capitale en Iran - qui est, après la Chine, le pays qui y a le plus recours - est de plus en plus scruté, après que le gouvernement eut été confronté à des manifestations déclenchées par la grave crise économique.

« Tenues pour responsables »

Tara Sepehri Far, chercheuse sur l'Iran à Human Rights Watch, juge « inhabituelle » la rapidité avec laquelle le verdict a été exécuté. M. Afkari avait été condamné à mort en octobre 2019, et le jugement avait été confirmé en appel en avril.

« Au moins une partie du régime (iranien) (...) a le sentiment que prendre en compte l'indignation internationale serait reculer et pourrait le rendre plus vulnérable », explique à l'AFP Mme Far.

« Il y a aussi un mouvement anti-peine de mort croissant à l'intérieur de l'Iran contre ces verdicts prononcés dans des affaires liées aux manifestations et je pense que les autorités craignent que si elles ne font pas une démonstration de force, elles apparaîtront faibles ».

La justice iranienne a annoncé en juillet la suspension de l'exécution de trois jeunes hommes accusés de vandalisme et de pyromanie pendant les manifestations de novembre 2019, face à l'ampleur inédite de la campagne #N'exécutez_pas. Mais le répit a été de courte durée puisque Mostafa Salehi, un autre manifestant, arrêté, lui, à l'hiver 2017-2018 dans la province d'Ispahan a été pendu début août.

Selon Mansoureh Mills, chercheuse à Amnesty International, « l'opinion générale au sein de la population iranienne quant à la peine de mort est en train de changer » alors que le monde « regarde avec horreur » son usage croissant contre, notamment, les manifestants et les dissidents.

Les défenseurs des droits de l'Homme dénoncent le fait que les autorités aient non seulement ignoré les accusations d'aveux extorqués sous la torture, mais aussi accéléré l'exécution alors que selon l'avocat de M. Afkari, une rencontre avec la famille de la victime aurait dû avoir lieu dimanche pour « demander pardon » et éviter ainsi éventuellement la mise à mort.

« Les autorités craignaient que le coût politique d'attendre une semaine de plus soit trop dommageable », commente Mahmood Amiry-Moghaddam, fondateur de l'ONG Iran Human Rights, basée à Oslo.

« Silence »

Une « explication vraisemblable », selon M. Amiry-Moghaddam, est que l'état de santé de M. Afkari était tellement précaire à cause de la torture qu'il a été décidé de le pendre pour éviter plus d'embarras sur le sujet. Le lutteur a aussi été enterré à la hâte, pendant la nuit, a-t-il noté.

« Ce processus judiciaire injuste, le fait d'extorquer de faux aveux sous la torture, le harcèlement de la famille de Navid, et son exécution précipitée sont des crimes dont les répercussions doivent être beaucoup plus sévères que des condamnations verbales par la communauté internationale » , a-t-il martelé.

De son côté, l'Autorité judiciaire dans la province de Fars (dont la capitale est Chiraz) a indiqué que « toutes les étapes juridiques appropriées » avaient été respectées, rejetant les allégations selon lesquelles M. Afkari avait été torturé et fustigeant la publication de « fausses informations » sur cette affaire, dans un communiqué cité par le site officiel Mizan Online.

Selon un document publié par l'agence de presse « Human Rights Activists News Agency », Navid Afkari avait déposé une plainte le 13 septembre 2019 dans laquelle il déclarait avoir été forcé sous la torture à faire de faux aveux.

« Votre silence équivaut à un soutien à la brutalité », dit une voix attribuée à M. Afkari par ses soutiens dans un enregistrement sonore devenu viral après son exécution. « J'ai toutes sortes de documents pour prouver mon innocence. Si je suis exécuté, les gens doivent savoir qu'au XXIème siècle, l'Iran exécute toujours des innocents ».]]>
https://www.peinedemort.org/document/11020 Thu, 17 Sep 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
L'Arabie saoudite dénoncée par 29 pays devant le Conseil des droits de l'homme https://www.peinedemort.org/document/11017 Les violations des droits humains par l'Arabie saoudite - y compris l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi - ont été dénoncées par 29 pays mardi devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève, la troisième mise en cause du genre. C'est l'ambassadeur du Danemark, Carsten Staur, qui a lu une déclaration dans laquelle les 29 pays signataires font état de leur profonde inquiétude sur les violations des droits humains à répétition dans le royaume wahabite: torture, détention arbitraire ou encore disparition forcée. L'ambassadeur a toutefois salué quelques progrès dans le pays, comme par exemple "les restrictions à la flagellation ou la renonciation à la peine de mort contre des mineurs pour la plupart des crimes". Mais il a dénoncé "la persécution, les détentions et l'intimidation dont les membres de la société civile, les défenseurs des droits de l'homme, les journalistes et les opposants politiques font l'objet". Il en va de même pour les droits des femmes. Les pays signataires ont salué "des développement positifs récents" mais "s'inquiètent profondément de la discrimination persistante dont font l'objet les femmes et les jeunes filles". L'ambassadeur a cité le cas de cinq femmes défendant les droits humains toujours emprisonnées. Une déclaration qui fait écho à celles la veille de la Haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Michelle Bachelet, qui affirmait que ces femmes "voulaient simplement avoir le droit de faire leurs propres choix" et exigeait leur libération immédiate. L'ambassadeur saoudien auprès des Nations unies à Genève, Abdulaziz M.O. Alwasil, a rétorqué que "la détention de quelques femmes que ce soit n'a rien à voir avec la liberté d'expression mais avec le fait qu'elles ont violé la loi". "Leurs droits sont totalement respectés en tant que détenues", a-t-il affirmé, alors que des militantes accusent leurs geôliers de les avoir torturées et harcelées sexuellement. "Nous réitérons notre appel à libérer tous les prisonniers politiques et nous sommes particulièrement inquiets de l'usage qui est fait des lois antiterroristes et d'autres dispositifs sécuritaires contre des individus qui exercent leurs droits pacifiquement", a accusé le diplomate danois. La déclaration est aussi revenue sur l'assassinat de Jamal Khashoggi, un journaliste tué et démembré dans le consulat saoudien d'Istanbul en 2018, et réclame que "tous les coupables soient punis". Ce meurtre a terni l'image du prince héritier Mohammad ben Salmane, accusé par des responsables turcs et américains d'être le commanditaire. Un jugement définitif prononcé récemment dans l'affaire a été dénoncé comme une parodie de justice par des défenseurs des droits humains et de "farce" par la fiancée du journaliste défunt. Riyad essaye d'obtenir l'un des 47 sièges du Conseil des droits de l'homme de l'ONU mais, a prévenu l'ambassadeur danois, "on attend des membres du Conseil qu'ils soient exemplaires dans la promotion et la défense des droits de l'homme". C'est la troisième fois que le royaume est ainsi cloué au pilori devant l'instance onusienne.
C'est l'ambassadeur du Danemark, Carsten Staur, qui a lu une déclaration dans laquelle les 29 pays signataires font état de leur profonde inquiétude sur les violations des droits humains à répétition dans le royaume wahabite: torture, détention arbitraire ou encore disparition forcée.

L'ambassadeur a toutefois salué quelques progrès dans le pays, comme par exemple "les restrictions à la flagellation ou la renonciation à la peine de mort contre des mineurs pour la plupart des crimes". Mais il a dénoncé "la persécution, les détentions et l'intimidation dont les membres de la société civile, les défenseurs des droits de l'homme, les journalistes et les opposants politiques font l'objet". Il en va de même pour les droits des femmes. Les pays signataires ont salué "des développement positifs récents" mais "s'inquiètent profondément de la discrimination persistante dont font l'objet les femmes et les jeunes filles". L'ambassadeur a cité le cas de cinq femmes défendant les droits humains toujours emprisonnées. Une déclaration qui fait écho à celles la veille de la Haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Michelle Bachelet, qui affirmait que ces femmes "voulaient simplement avoir le droit de faire leurs propres choix" et exigeait leur libération immédiate.

L'ambassadeur saoudien auprès des Nations unies à Genève, Abdulaziz M.O. Alwasil, a rétorqué que "la détention de quelques femmes que ce soit n'a rien à voir avec la liberté d'expression mais avec le fait qu'elles ont violé la loi". "Leurs droits sont totalement respectés en tant que détenues", a-t-il affirmé, alors que des militantes accusent leurs geôliers de les avoir torturées et harcelées sexuellement. "Nous réitérons notre appel à libérer tous les prisonniers politiques et nous sommes particulièrement inquiets de l'usage qui est fait des lois antiterroristes et d'autres dispositifs sécuritaires contre des individus qui exercent leurs droits pacifiquement", a accusé le diplomate danois.

La déclaration est aussi revenue sur l'assassinat de Jamal Khashoggi, un journaliste tué et démembré dans le consulat saoudien d'Istanbul en 2018, et réclame que "tous les coupables soient punis". Ce meurtre a terni l'image du prince héritier Mohammad ben Salmane, accusé par des responsables turcs et américains d'être le commanditaire.

Un jugement définitif prononcé récemment dans l'affaire a été dénoncé comme une parodie de justice par des défenseurs des droits humains et de "farce" par la fiancée du journaliste défunt. Riyad essaye d'obtenir l'un des 47 sièges du Conseil des droits de l'homme de l'ONU mais, a prévenu l'ambassadeur danois, "on attend des membres du Conseil qu'ils soient exemplaires dans la promotion et la défense des droits de l'homme".

C'est la troisième fois que le royaume est ainsi cloué au pilori devant l'instance onusienne. ]]>
https://www.peinedemort.org/document/11017 Tue, 15 Sep 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Les Français majoritairement favorables au rétablissement de la peine de mort https://www.peinedemort.org/document/11012 Les Français sont majoritairement favorables au rétablissement de la peine de mort et réclament "un vrai chef pour remettre de l'ordre", selon une étude Ipsos/Sopra Steria publiée lundi. Quelque 55% des Français (+11 points sur 2019), un record, affirment ainsi qu'il "faudrait rétablir la peine de mort en France", selon cette étude réalisée pour la 8e année consécutive pour le quotidien Le Monde, la Fondation Jean Jaurès, et l'Institut Montaigne. Mais le sujet reste "très clivant politiquement", selon l'étude, puisque seuls les sympathisants RN (85%) et LR (71%, +23 points) adhèrent majoritairement à cette affirmation, approuvée par une minorité (39%) dans les autres partis. On notera une très forte progression (+31 points sur un an) des partisans de la peine de mort chez LFI+PCF. Les ouvriers (68%), les employés (60%) et les retraité (55%) approuvent majoritairement cette affirmation, contre 41% des cadres et 40% des professions intermédiaires. Environ 82% des Français estiment par ailleurs qu'"on a besoin d'un vrai chef en France pour remettre de l'ordre", soit 3 points de plus que l'an dernier. closevolume_off Les Français étaient toutefois plus nombreux les années précédentes à exprimer ce souhait, à l'exception de 2019 (79%). Cette affirmation est plébiscitée par les sympathisants des Républicains et du Rassemblement national (97% chacun, +9 points chez LR) mais aussi par ceux de La France Insoumise et du Parti communiste (80%, +33 points). Quelque 71% des sympathisants EELV (+ 6 points), 69% de ceux du Parti socialiste et 67% de ceux d'En Marche soutiennent également cette demande. Les ouvriers (88%), les retraités (86%) et les employés (85%) adhèrent davantage à cette affirmation que les professions intermédiaires (79%) et les cadres (67%). Les Français sont en outre 88% (+5 points sur 2019), un record, à considérer que "l'autorité est une valeur qui est trop souvent critiquée aujourd'hui". Cette affirmation est plébiscitée par les sympathisants LR (96%), LREM (95%) et RN (90%) mais aussi par ceux du PS (81%), des Verts (79%) et de LFI+PCF (75%, + 27 points). Toutes les catégories, retraités en tête (91%), adhèrent à cette affirmation. Sondage réalisé du 1er au 3 septembre auprès de 1.030 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.
Quelque 55% des Français (+11 points sur 2019), un record, affirment ainsi qu'il "faudrait rétablir la peine de mort en France", selon cette étude réalisée pour la 8e année consécutive pour le quotidien Le Monde, la Fondation Jean Jaurès, et l'Institut Montaigne.

Mais le sujet reste "très clivant politiquement", selon l'étude, puisque seuls les sympathisants RN (85%) et LR (71%, +23 points) adhèrent majoritairement à cette affirmation, approuvée par une minorité (39%) dans les autres partis.

On notera une très forte progression (+31 points sur un an) des partisans de la peine de mort chez LFI+PCF.

Les ouvriers (68%), les employés (60%) et les retraité (55%) approuvent majoritairement cette affirmation, contre 41% des cadres et 40% des professions intermédiaires.

Environ 82% des Français estiment par ailleurs qu'"on a besoin d'un vrai chef en France pour remettre de l'ordre", soit 3 points de plus que l'an dernier.


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Les Français étaient toutefois plus nombreux les années précédentes à exprimer ce souhait, à l'exception de 2019 (79%).

Cette affirmation est plébiscitée par les sympathisants des Républicains et du Rassemblement national (97% chacun, +9 points chez LR) mais aussi par ceux de La France Insoumise et du Parti communiste (80%, +33 points).

Quelque 71% des sympathisants EELV (+ 6 points), 69% de ceux du Parti socialiste et 67% de ceux d'En Marche soutiennent également cette demande.

Les ouvriers (88%), les retraités (86%) et les employés (85%) adhèrent davantage à cette affirmation que les professions intermédiaires (79%) et les cadres (67%).

Les Français sont en outre 88% (+5 points sur 2019), un record, à considérer que "l'autorité est une valeur qui est trop souvent critiquée aujourd'hui".

Cette affirmation est plébiscitée par les sympathisants LR (96%), LREM (95%) et RN (90%) mais aussi par ceux du PS (81%), des Verts (79%) et de LFI+PCF (75%, + 27 points).

Toutes les catégories, retraités en tête (91%), adhèrent à cette affirmation.

Sondage réalisé du 1er au 3 septembre auprès de 1.030 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11012 Mon, 14 Sep 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
L'Iran dénonce "l'ingérence des ambassades allemande et française dans les affaires internes" du pays https://www.peinedemort.org/document/11013 TEHERAN, 14 septembre (Xinhua) -- Ali Bagheri, assistant en charge des affaires internationales pour le pouvoir judiciaire iranien, a vivement critiqué lundi les "interférences de certaines ambassades européennes dans les affaires internes de l'Iran", a rapporté l'agence de presse officielle Mizan. "Si vous n'avez aucune idée du sens de la justice et de l'équité, respectez au moins l'étiquette diplomatique et ne propagez pas de mensonges comme un groupe d'opposition", a déclaré M. Bagheri lors d'une réunion du Conseil suprême de la justice. Lundi, les ambassades d'Allemagne et de France à Téhéran ont publié des communiqués séparés pour condamner la mise en application dimanche de la peine de mort ("qisas") contre un lutteur pour le meurtre d'un agent de sécurité, à la demande de la famille de la victime. Selon le responsable iranien, les pressions étrangères "n'émousseront pas la fine lame de la justice du pouvoir judiciaire et ne réduiront pas la vaste étendue de la compassion islamique". M. Bagheri a affirmé que les Etats européens avaient "une longue histoire de soutien aux dictateurs, de vente d'armes de destruction massive au dictateur Saddam (Hussein) et de boycott des aliments et médicaments dont les gens ordinaires ont besoin", et ne peuvent "même pas prétendre défendre les droits humains".
"Si vous n'avez aucune idée du sens de la justice et de l'équité, respectez au moins l'étiquette diplomatique et ne propagez pas de mensonges comme un groupe d'opposition", a déclaré M. Bagheri lors d'une réunion du Conseil suprême de la justice.

Lundi, les ambassades d'Allemagne et de France à Téhéran ont publié des communiqués séparés pour condamner la mise en application dimanche de la peine de mort ("qisas") contre un lutteur pour le meurtre d'un agent de sécurité, à la demande de la famille de la victime.

Selon le responsable iranien, les pressions étrangères "n'émousseront pas la fine lame de la justice du pouvoir judiciaire et ne réduiront pas la vaste étendue de la compassion islamique".

M. Bagheri a affirmé que les Etats européens avaient "une longue histoire de soutien aux dictateurs, de vente d'armes de destruction massive au dictateur Saddam (Hussein) et de boycott des aliments et médicaments dont les gens ordinaires ont besoin", et ne peuvent "même pas prétendre défendre les droits humains".]]>
https://www.peinedemort.org/document/11013 Mon, 14 Sep 2020 00:00:00 +0000 Xinhua
L'UE condamne "dans les termes les plus forts" l'exécution du lutteur Navid Afkari https://www.peinedemort.org/document/11016 L'Union européenne a condamné lundi l'exécution samedi par Téhéran d'un jeune lutteur, Navid Afkari, accusé du meurtre d'un fonctionnaire lors de manifestations contre le gouvernement en 2018. "L'UE condamne dans les termes les plus forts cette exécution", a déclaré un porte-parole de la Commission européenne, Peter Stano, dans un communiqué. "Les droits de l'homme restent un élément central de notre engagement avec l'Iran. Nous continuerons à dialoguer avec les autorités iraniennes sur cette question, notamment par l'intermédiaire de la représentation locale de l'UE à Téhéran, ainsi que sur des cas individuels tels que cette récente exécution", a-t-il ajouté. "L'UE est opposée à la peine de mort en toutes circonstances et dans tous les cas sans exception", a rappelé M. Stano. "Il s'agit d'un châtiment cruel et inhumain, qui n'a aucun effet dissuasif et qui représente un déni inacceptable de la dignité et de l'intégrité humaines", a-t-il estimé. L'organisation de défense des droits humains Amnesty International avait dénoncé samedi l'exécution "secrète" de Navid Afkari, la qualifiant de "parodie de justice" après un procès "manifestement inéquitable". Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo s'était également indigné contre cette exécution "cruelle". Le hashtag en persan #Navid_Afkari avait été largement partagé sur Twitter pour soutenir le jeune homme et s'opposer à son exécution.
"L'UE condamne dans les termes les plus forts cette exécution", a déclaré un porte-parole de la Commission européenne, Peter Stano, dans un communiqué.

"Les droits de l'homme restent un élément central de notre engagement avec l'Iran. Nous continuerons à dialoguer avec les autorités iraniennes sur cette question, notamment par l'intermédiaire de la représentation locale de l'UE à Téhéran, ainsi que sur des cas individuels tels que cette récente exécution", a-t-il ajouté.

"L'UE est opposée à la peine de mort en toutes circonstances et dans tous les cas sans exception", a rappelé M. Stano. "Il s'agit d'un châtiment cruel et inhumain, qui n'a aucun effet dissuasif et qui représente un déni inacceptable de la dignité et de l'intégrité humaines", a-t-il estimé.

L'organisation de défense des droits humains Amnesty International avait dénoncé samedi l'exécution "secrète" de Navid Afkari, la qualifiant de "parodie de justice" après un procès "manifestement inéquitable".

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo s'était également indigné contre cette exécution "cruelle".

Le hashtag en persan #Navid_Afkari avait été largement partagé sur Twitter pour soutenir le jeune homme et s'opposer à son exécution.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11016 Mon, 14 Sep 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Exécution d'un lutteur en Iran : l'ambassadeur allemand convoqué https://www.peinedemort.org/document/11015 L'Iran a convoqué lundi l'ambassadeur allemand à Téhéran, Hans-Udo Muzel, pour protester contre des tweets condamnant l'exécution d'un lutteur iranien, Navid Afkari, condamné pour meurtre lors de manifestations antigouvernementales en 2018, a annoncé le ministère des Affaires étrangères iranien. Le ministère a « fermement condamné » devant l'ambassadeur les tweets publiés sur le compte de l'ambassade et jugés comme une « interférence dans les affaires internes » de l'Iran, selon un communiqué. L'Iran a annoncé samedi avoir exécuté Navid Afkari, 27 ans, condamné à mort en vertu du « qesas » (la « loi du talion ») pour le meurtre d'un fonctionnaire poignardé le 2 août 2018 lors de manifestations contre le gouvernement à Chiraz (Sud). Le verdict, annoncé début septembre, avait fait polémique et les soutiens avaient afflué en Iran comme à l'étranger après la publication d'informations affirmant que Navid Afkari avait été condamné sur la base d'aveux extorqués sous la torture. Ces accusations avaient été rejetées par les autorités judiciaires en Iran. Des « droits juridiques élémentaires ignorés » L'exécution du lutteur a été largement dénoncée sur les réseaux sociaux et à l'étranger. L'ambassade d'Allemagne à Téhéran a réagi dimanche dans un tweet publié en persan sur son compte officiel : « Nous avons été profondément choqués par l'exécution de Navid Afkari. Il n'est pas acceptable que les droits juridiques élémentaires soient ignorés pour faire taire les voix de l'opposition. » Le ministère iranien a appelé dans son communiqué l'ambassade allemande à « reconnaître les limites de ses responsabilités diplomatiques et à ne pas les dépasser », ajoutant que « l'interférence dans les lois et procédures judiciaires iraniennes […] n'était en aucun cas tolérable ». Plus tôt lundi, Ali Bagheri, un responsable de la justice iranienne, avait condamné les « interférences de certaines ambassades européennes », les appelant à « ne pas se faire le porte-voix des mensonges comme [le ferait] un groupe d'opposition ». Un panel d'experts indépendants des droits humains rassemblés par l'ONU a condamné « fermement » l'exécution dans un communiqué publié lundi, appelant la communauté internationale « à réagir » à ces actions. Dans son tweet, l'ambassade d'Allemagne a ajouté que les deux frères de Navid Afkari « sont toujours emprisonnés et ont besoin de solidarité ». L'organisation de défense des droits humains Amnesty International s'était alarmée vendredi de l'« exécution secrète imminente » de Navid Afkari, affirmant que lui et ses deux frères, condamnés à de lourdes peines de prison dans la même affaire, étaient les « dernières victimes du système judiciaire iranien déficient ». Avec au moins 251 exécutions en 2019, l'Iran est, après la Chine, le pays qui a le plus recours à la peine capitale, selon le dernier rapport mondial sur la peine de mort publié par Amnesty International.
L'Iran a annoncé samedi avoir exécuté Navid Afkari, 27 ans, condamné à mort en vertu du « qesas » (la « loi du talion ») pour le meurtre d'un fonctionnaire poignardé le 2 août 2018 lors de manifestations contre le gouvernement à Chiraz (Sud). Le verdict, annoncé début septembre, avait fait polémique et les soutiens avaient afflué en Iran comme à l'étranger après la publication d'informations affirmant que Navid Afkari avait été condamné sur la base d'aveux extorqués sous la torture. Ces accusations avaient été rejetées par les autorités judiciaires en Iran.

Des « droits juridiques élémentaires ignorés »

L'exécution du lutteur a été largement dénoncée sur les réseaux sociaux et à l'étranger. L'ambassade d'Allemagne à Téhéran a réagi dimanche dans un tweet publié en persan sur son compte officiel : « Nous avons été profondément choqués par l'exécution de Navid Afkari. Il n'est pas acceptable que les droits juridiques élémentaires soient ignorés pour faire taire les voix de l'opposition. »

Le ministère iranien a appelé dans son communiqué l'ambassade allemande à « reconnaître les limites de ses responsabilités diplomatiques et à ne pas les dépasser », ajoutant que « l'interférence dans les lois et procédures judiciaires iraniennes […] n'était en aucun cas tolérable ». Plus tôt lundi, Ali Bagheri, un responsable de la justice iranienne, avait condamné les « interférences de certaines ambassades européennes », les appelant à « ne pas se faire le porte-voix des mensonges comme [le ferait] un groupe d'opposition ».

Un panel d'experts indépendants des droits humains rassemblés par l'ONU a condamné « fermement » l'exécution dans un communiqué publié lundi, appelant la communauté internationale « à réagir » à ces actions. Dans son tweet, l'ambassade d'Allemagne a ajouté que les deux frères de Navid Afkari « sont toujours emprisonnés et ont besoin de solidarité ». L'organisation de défense des droits humains Amnesty International s'était alarmée vendredi de l'« exécution secrète imminente » de Navid Afkari, affirmant que lui et ses deux frères, condamnés à de lourdes peines de prison dans la même affaire, étaient les « dernières victimes du système judiciaire iranien déficient ».

Avec au moins 251 exécutions en 2019, l'Iran est, après la Chine, le pays qui a le plus recours à la peine capitale, selon le dernier rapport mondial sur la peine de mort publié par Amnesty International.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11015 Mon, 14 Sep 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Affaire de Dông Tâm : deux personnes condamnées à mort https://www.peinedemort.org/document/11021 Dans l'après-midi du 14 septembre, le Tribunal populaire de Hanoï a rendu le verdict à l'encontre des 29 accusés dans les affaires de "meurtre" et d'"actes d'opposition à l'encontre de personnes exerçant une fonction publique", dans le hameau de Hoành (commune de Dông Tâm, district de My Duc, Hanoï). Lê Dinh Công et Lê Dinh Chuc ont été condamnés à mort ; Lê Dinh Doanh, à l'emprisonnement à perpétuité ; Bui Viêt Hiêu, à 16 ans de prison ; Nguyên Quôc Tiên, à 13 ans de prison ; Nguyên Van Tuyên, à 12 ans de prison, tous pour “meurtre” selon l'article 123 du Code pénal de 2015. Les 23 autres accusés ont été condamnés à des peines d'emprisonnement allant de 15 mois à 6 ans de prison pour "actes d'opposition à l'encontre de personnes exerçant une fonction publique" selon l'article 330 du Code pénal de 2015. Le verdict de première instance a déclaré qu'il s'agissait d'une affaire pénale grave, que les actes criminels des accusés étaient particulièrement dangereux pour la société, défiant la loi, au mépris de la vie et de la santé des autres, en particulier des personnes en service. Selon l'acte d'accusation, bien que sachant que le champ de Senh de la commune de Dông Tâm était utilisé à des fins de défense sous la direction du ministère de la Défense, Lê Dinh Kinh (né en 1936, résidant dans le hameau de Hoanh) et d'autres ont mis en place un soi-disant "groupe de consensus" dans le but de réoccuper et de se partager le terrain. Ils ont fréquemment incité les habitants à déposer des plaintes concernant la gestion et l'utilisation des terres par l'administration de Dông Tâm, ont utilisé les réseaux sociaux pour diffuser de fausses informations selon lesquelles le champ de Senh appartenait à la commune de Dông Tâm et ont appelé la population locale à "lutter pour garder la terre". À la fin de 2019 et au début de 2020, après avoir appris que la Police de Hanoï a coopéré avec la défense aérienne de l'armée de l'air du ministère de la Défense pour déployer du personnel pour protéger les personnes ayant participé à la construction des murs de clôture pour protéger l'aéroport de Miêu Môn sur le terrain de Sênh, Lê Dinh Kinh et ses complices ont acheté des armes dans le but de résister aux forces compétentes. Le 9 janvier 2020, certaines personnes ont résisté aux forces de l'ordre, utilisé des grenades, des cocktails Molotov et des couteaux pour attaquer les forces compétentes et les personnes exerçant une fonction publique et troubler l'ordre public. Elles ont versé de l'essence à plusieurs reprises dans une fosse où trois policiers ont été piégés avant d'y mettre le feu, ce qui avait directement causé la mort de ceux-ci. Des policiers ont trouvé Lê Dinh Kinh tenant une grenade et appelant les autres à résister, alors ils ont décidé de le tuer. Toujours le 9 janvier, alors que la police menait sa mission à Dông Tâm, trois personnes sont venues les attaquer avec des couteaux. Après avoir été arrêtées par la police, deux femmes ont continué d'attaquer la force policière avec des couteaux et des pierres. Les femmes ont réussi à s'enfuir mais ont ensuite été capturées.
Lê Dinh Công et Lê Dinh Chuc ont été condamnés à mort ; Lê Dinh Doanh, à l'emprisonnement à perpétuité ; Bui Viêt Hiêu, à 16 ans de prison ; Nguyên Quôc Tiên, à 13 ans de prison ; Nguyên Van Tuyên, à 12 ans de prison, tous pour “meurtre” selon l'article 123 du Code pénal de 2015.

Les 23 autres accusés ont été condamnés à des peines d'emprisonnement allant de 15 mois à 6 ans de prison pour "actes d'opposition à l'encontre de personnes exerçant une fonction publique" selon l'article 330 du Code pénal de 2015.

Le verdict de première instance a déclaré qu'il s'agissait d'une affaire pénale grave, que les actes criminels des accusés étaient particulièrement dangereux pour la société, défiant la loi, au mépris de la vie et de la santé des autres, en particulier des personnes en service.

Selon l'acte d'accusation, bien que sachant que le champ de Senh de la commune de Dông Tâm était utilisé à des fins de défense sous la direction du ministère de la Défense, Lê Dinh Kinh (né en 1936, résidant dans le hameau de Hoanh) et d'autres ont mis en place un soi-disant "groupe de consensus" dans le but de réoccuper et de se partager le terrain.

Ils ont fréquemment incité les habitants à déposer des plaintes concernant la gestion et l'utilisation des terres par l'administration de Dông Tâm, ont utilisé les réseaux sociaux pour diffuser de fausses informations selon lesquelles le champ de Senh appartenait à la commune de Dông Tâm et ont appelé la population locale à "lutter pour garder la terre".

À la fin de 2019 et au début de 2020, après avoir appris que la Police de Hanoï a coopéré avec la défense aérienne de l'armée de l'air du ministère de la Défense pour déployer du personnel pour protéger les personnes ayant participé à la construction des murs de clôture pour protéger l'aéroport de Miêu Môn sur le terrain de Sênh, Lê Dinh Kinh et ses complices ont acheté des armes dans le but de résister aux forces compétentes.

Le 9 janvier 2020, certaines personnes ont résisté aux forces de l'ordre, utilisé des grenades, des cocktails Molotov et des couteaux pour attaquer les forces compétentes et les personnes exerçant une fonction publique et troubler l'ordre public. Elles ont versé de l'essence à plusieurs reprises dans une fosse où trois policiers ont été piégés avant d'y mettre le feu, ce qui avait directement causé la mort de ceux-ci.

Des policiers ont trouvé Lê Dinh Kinh tenant une grenade et appelant les autres à résister, alors ils ont décidé de le tuer.

Toujours le 9 janvier, alors que la police menait sa mission à Dông Tâm, trois personnes sont venues les attaquer avec des couteaux. Après avoir été arrêtées par la police, deux femmes ont continué d'attaquer la force policière avec des couteaux et des pierres. Les femmes ont réussi à s'enfuir mais ont ensuite été capturées.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11021 Mon, 14 Sep 2020 00:00:00 +0000 Agence Vietnamienne d'Information - AVI
Iran : l'exécution d'un athlète envoie un message profondément troublant aux manifestants, selon des experts de l'ONU https://www.peinedemort.org/document/11014 Plusieurs experts des droits de l'homme de l'ONU ont fermement condamné lundi l'exécution sommaire du champion de lutte Navid Afkari en Iran, sonnant l'alarme face à la dernière mise en oeuvre d'une série de condamnations à la peine de mort prononcées dans le cadre des manifestations de 2018 et 2019. « Il est profondément troublant que les autorités semblent avoir utilisé la peine de mort contre un athlète comme un avertissement à sa population dans un climat de troubles sociaux croissants », ont déclaré dans un communiqué les experts. Pour eux, ce mépris flagrant du droit à la vie par le biais d'exécutions sommaires n'est pas une question de préoccupation uniquement du ressort de Téhéran. Ils ont appelé la communauté internationale à réagir fermement à ces actions de la République islamique d'Iran. « L'exécution d'Afkari, la deuxième exécution en lien avec les manifestations des deux derniers mois, ainsi que la fréquence alarmante des condamnations à la peine de mort prononcées contre des manifestants suscitent des inquiétudes quant à la réaction future des autorités aux manifestations et à toute expression d'opposition ou d'opinion dissidente », ont-ils prévenu. Navid Afkari a participé à des manifestations dans la ville iranienne de Shiraz en 2018. Il a été arrêté le 17 septembre 2018, accusé d'avoir tué un agent de sécurité. Il a par la suite été reconnu coupable et condamné à mort sous qisas (châtiment en nature) par un tribunal pénal de la province du Fars. Dans un autre procès, la première chambre du tribunal révolutionnaire de Shiraz a condamné Afkari pour moharebeh (prise d'armes pour prendre des vies ou des biens et semer la peur dans le public) et l'a condamné à mort une seconde fois. Le 25 avril 2020, la Cour suprême a confirmé la condamnation pour meurtre et la peine de mort qui l'accompagne sous qisas, tandis que la peine de mort pour moharebeh ordonnée par le tribunal révolutionnaire était toujours en appel. « Si Afkari était coupable de meurtre, pourquoi le procès a-t-il été conduit à huis clos et en recourant à des aveux forcés extorqués sous la torture ? », ont demandé les experts. Ces derniers estiment que l'exécution de l'athlète était « sommaire et arbitraire, imposée à la suite d'un processus qui ne respectait même pas les normes de fond ou de procédure équitables les plus élémentaires, derrière un écran de fumée d'une accusation de meurtre ». Aucune enquête menée sur les allégations de torture faite au détenu Navid Afkari s'est plaint à la justice, affirmant que des fonctionnaires l'avaient sévèrement battu aux bras, aux jambes, à l'abdomen et au dos avec des bâtons et des matraques, qu'ils lui avaient couvert la tête avec un sac en plastique et l'avaient étouffé jusqu'au point de mourir et lui avaient versé de l'alcool dans le nez. « Nous sommes consternés par ces graves allégations de torture sur lesquelles aucune enquête n'a été menée, la diffusion de ses aveux forcés par la télévision d'État et le recours à des procès à huis clos et secrets », ont déclaré les experts, soulignant le « caractère intrinsèquement cruel, inhumain et dégradant de la nature de la peine de mort ». En vertu de la loi iranienne, les condamnations à mort pour les qisas permettent à la famille de la personne condamnée de demander grâce à la famille de la victime du meurtre. La famille d'Afkari venait d'arriver à l'aéroport de Shiraz afin de rencontrer la famille de la victime du meurtre, lorsqu'elle a été informée que l'exécution avait eu lieu le 12 septembre. Les individus condamnés à la peine de mort ont également droit à une dernière visite familiale avant l'exécution. Mais ce droit a été refusé à la famille de Navid Afkari qui a été enterré secrètement la nuit, et la famille n'a été autorisée à voir son visage que par la suite. « Le cours des événements dans l'affaire de Navid Afkari soulève de sérieux doutes quant à la véracité du fondement de l'inculpation de meurtre portée contre lui. L'exécution secrète précipitée, les aveux forcés sous la torture comme seule preuve, le procès à huis clos et le non-respect des exigences nationales de réconciliation et le refus d'une dernière visite familiale suggèrent que les autorités ont tenté d'accélérer son exécution », ont dit les experts. Téhéran sommé de mettre fin aux exécutions de manifestants Les experts de l'ONU ont exhorté le gouvernement iranien à respecter ses obligations en vertu du droit international et à mettre immédiatement fin à toutes les exécutions de manifestants condamnés à mort. « Nous rappelons une fois de plus que, si la peine de mort doit être appliquée dans des pays qui ne l'ont pas encore abolie, le droit international exige qu'elle ne soit prononcée qu'à l'issue de procédures respectant le plus haut niveau de respect des normes d'équité et de procédure régulière. La disposition sur les ‘crimes les plus graves' exige en outre qu'elle ne soit imposée que pour le crime d'homicide intentionnel », ont fait remarquer les experts, soulignant que l'exécution persistante d'individus pour avoir exercé leurs droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion pacifique est contraire aux principes et normes universellement reconnus des droits humains. Les experts : Javaid Rehman, Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme en République islamique d'Iran ; Agnès Callamard, Rapporteure spéciale sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires ; Clément Nyaletsossi Voule, Rapporteur spécial sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d'association ; Nils Melzer, Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ; et Irene Khan, Rapporteure spéciale sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression. NOTE : Les rapporteurs spéciaux font partie de ce que l'on appelle les procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme. Les procédures spéciales, le plus grand organe d'experts indépendants du système des droits de l'homme des Nations Unies, est le nom général des mécanismes indépendants d'enquête et de surveillance du Conseil qui traitent de situations spécifiques à des pays ou de questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent sur une base volontaire ; ils ne font pas partie du personnel des Nations Unies et ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou organisation et servent à titre individuel.
« Il est profondément troublant que les autorités semblent avoir utilisé la peine de mort contre un athlète comme un avertissement à sa population dans un climat de troubles sociaux croissants », ont déclaré dans un communiqué les experts.

Pour eux, ce mépris flagrant du droit à la vie par le biais d'exécutions sommaires n'est pas une question de préoccupation uniquement du ressort de Téhéran. Ils ont appelé la communauté internationale à réagir fermement à ces actions de la République islamique d'Iran.

« L'exécution d'Afkari, la deuxième exécution en lien avec les manifestations des deux derniers mois, ainsi que la fréquence alarmante des condamnations à la peine de mort prononcées contre des manifestants suscitent des inquiétudes quant à la réaction future des autorités aux manifestations et à toute expression d'opposition ou d'opinion dissidente », ont-ils prévenu.

Navid Afkari a participé à des manifestations dans la ville iranienne de Shiraz en 2018. Il a été arrêté le 17 septembre 2018, accusé d'avoir tué un agent de sécurité. Il a par la suite été reconnu coupable et condamné à mort sous qisas (châtiment en nature) par un tribunal pénal de la province du Fars.

Dans un autre procès, la première chambre du tribunal révolutionnaire de Shiraz a condamné Afkari pour moharebeh (prise d'armes pour prendre des vies ou des biens et semer la peur dans le public) et l'a condamné à mort une seconde fois. Le 25 avril 2020, la Cour suprême a confirmé la condamnation pour meurtre et la peine de mort qui l'accompagne sous qisas, tandis que la peine de mort pour moharebeh ordonnée par le tribunal révolutionnaire était toujours en appel.

« Si Afkari était coupable de meurtre, pourquoi le procès a-t-il été conduit à huis clos et en recourant à des aveux forcés extorqués sous la torture ? », ont demandé les experts. Ces derniers estiment que l'exécution de l'athlète était « sommaire et arbitraire, imposée à la suite d'un processus qui ne respectait même pas les normes de fond ou de procédure équitables les plus élémentaires, derrière un écran de fumée d'une accusation de meurtre ».

Aucune enquête menée sur les allégations de torture faite au détenu

Navid Afkari s'est plaint à la justice, affirmant que des fonctionnaires l'avaient sévèrement battu aux bras, aux jambes, à l'abdomen et au dos avec des bâtons et des matraques, qu'ils lui avaient couvert la tête avec un sac en plastique et l'avaient étouffé jusqu'au point de mourir et lui avaient versé de l'alcool dans le nez.

« Nous sommes consternés par ces graves allégations de torture sur lesquelles aucune enquête n'a été menée, la diffusion de ses aveux forcés par la télévision d'État et le recours à des procès à huis clos et secrets », ont déclaré les experts, soulignant le « caractère intrinsèquement cruel, inhumain et dégradant de la nature de la peine de mort ».

En vertu de la loi iranienne, les condamnations à mort pour les qisas permettent à la famille de la personne condamnée de demander grâce à la famille de la victime du meurtre. La famille d'Afkari venait d'arriver à l'aéroport de Shiraz afin de rencontrer la famille de la victime du meurtre, lorsqu'elle a été informée que l'exécution avait eu lieu le 12 septembre.

Les individus condamnés à la peine de mort ont également droit à une dernière visite familiale avant l'exécution. Mais ce droit a été refusé à la famille de Navid Afkari qui a été enterré secrètement la nuit, et la famille n'a été autorisée à voir son visage que par la suite.

« Le cours des événements dans l'affaire de Navid Afkari soulève de sérieux doutes quant à la véracité du fondement de l'inculpation de meurtre portée contre lui. L'exécution secrète précipitée, les aveux forcés sous la torture comme seule preuve, le procès à huis clos et le non-respect des exigences nationales de réconciliation et le refus d'une dernière visite familiale suggèrent que les autorités ont tenté d'accélérer son exécution », ont dit les experts.

Téhéran sommé de mettre fin aux exécutions de manifestants

Les experts de l'ONU ont exhorté le gouvernement iranien à respecter ses obligations en vertu du droit international et à mettre immédiatement fin à toutes les exécutions de manifestants condamnés à mort.

« Nous rappelons une fois de plus que, si la peine de mort doit être appliquée dans des pays qui ne l'ont pas encore abolie, le droit international exige qu'elle ne soit prononcée qu'à l'issue de procédures respectant le plus haut niveau de respect des normes d'équité et de procédure régulière. La disposition sur les ‘crimes les plus graves' exige en outre qu'elle ne soit imposée que pour le crime d'homicide intentionnel », ont fait remarquer les experts, soulignant que l'exécution persistante d'individus pour avoir exercé leurs droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion pacifique est contraire aux principes et normes universellement reconnus des droits humains.

Les experts :

Javaid Rehman, Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme en République islamique d'Iran ; Agnès Callamard, Rapporteure spéciale sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires ; Clément Nyaletsossi Voule, Rapporteur spécial sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d'association ; Nils Melzer, Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ; et Irene Khan, Rapporteure spéciale sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression.

NOTE :

Les rapporteurs spéciaux font partie de ce que l'on appelle les procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme. Les procédures spéciales, le plus grand organe d'experts indépendants du système des droits de l'homme des Nations Unies, est le nom général des mécanismes indépendants d'enquête et de surveillance du Conseil qui traitent de situations spécifiques à des pays ou de questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent sur une base volontaire ; ils ne font pas partie du personnel des Nations Unies et ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou organisation et servent à titre individuel.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11014 Mon, 14 Sep 2020 00:00:00 +0000 Organisation des Nations Unies
Iran: déclaration du porte-parole concernant l'exécution de Navid Afkari https://www.peinedemort.org/document/11018 Le 12 septembre 2020, Navid Afkari, 27 ans, a été exécuté en Iran après avoir été reconnu coupable du meurtre d'un agent de sécurité lors de manifestations antigouvernementales en 2018. L'Union européenne condamne cette exécution avec la plus grande fermeté. Les droits de l'homme demeurent au cœur de notre dialogue avec l'Iran. Nous continuerons à dialoguer avec les autorités iraniennes sur cette question, notamment par l'intermédiaire de la représentation locale de l'UE à Téhéran, ainsi que sur des cas individuels tels que cette récente exécution. L'Union européenne est opposée à la peine de mort en toutes circonstances et dans tous les cas sans exception. Il s'agit d'une sanction cruelle et inhumaine, qui n'a aucun effet dissuasif et représente une négation inacceptable de la dignité et de l'intégrité humaines.
L'Union européenne condamne cette exécution avec la plus grande fermeté.

Les droits de l'homme demeurent au cœur de notre dialogue avec l'Iran. Nous continuerons à dialoguer avec les autorités iraniennes sur cette question, notamment par l'intermédiaire de la représentation locale de l'UE à Téhéran, ainsi que sur des cas individuels tels que cette récente exécution.

L'Union européenne est opposée à la peine de mort en toutes circonstances et dans tous les cas sans exception. Il s'agit d'une sanction cruelle et inhumaine, qui n'a aucun effet dissuasif et représente une négation inacceptable de la dignité et de l'intégrité humaines.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11018 Mon, 14 Sep 2020 00:00:00 +0000 Union européenne
[position de la France] Iran – Exécution de Navid Afkari https://www.peinedemort.org/document/11008 [Communiqué du ministère de l'Europe et des affaires étrangères] La France condamne l'exécution de Navid Afkari en Iran le 12 septembre 2020. La France rappelle son attachement à la liberté d'expression et à la liberté de manifestation pacifique ainsi que le droit de chacun à un procès équitable. Elle réitère son opposition constante à la peine de mort, en tous lieux et en toutes circonstances. La France reste engagée avec détermination pour l'abolition universelle de ce châtiment injuste, inhumain et inefficace. Elle appelle tous les Etats appliquant encore la peine de mort à établir un moratoire en vue de son abolition définitive.
La France condamne l'exécution de Navid Afkari en Iran le 12 septembre 2020.

La France rappelle son attachement à la liberté d'expression et à la liberté de manifestation pacifique ainsi que le droit de chacun à un procès équitable.

Elle réitère son opposition constante à la peine de mort, en tous lieux et en toutes circonstances. La France reste engagée avec détermination pour l'abolition universelle de ce châtiment injuste, inhumain et inefficace. Elle appelle tous les Etats appliquant encore la peine de mort à établir un moratoire en vue de son abolition définitive.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11008 Sun, 13 Sep 2020 00:00:00 +0000 Ministère des Affaires Etrangères français
Exécution d'un lutteur en Iran : Pompeo dénonce "un acte cruel" https://www.peinedemort.org/document/11019 Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a dénoncé samedi l'exécution en Iran d'un jeune lutteur, Navid Afkari, accusé du meurtre d'un fonctionnaire lors de manifestations contre le gouvernement en 2018, estimant qu'il s'agissait d'un acte "cruel". "L'exécution par le régime iranien de Navid Afkari est un acte malveillant et cruel. Nous la condamnons dans les termes les plus forts", a tweeté le secrétaire d'Etat américain. "C'est une attaque scandaleuse contre la dignité humaine, même selon les critères ignobles de ce régime".
"L'exécution par le régime iranien de Navid Afkari est un acte malveillant et cruel. Nous la condamnons dans les termes les plus forts", a tweeté le secrétaire d'Etat américain. "C'est une attaque scandaleuse contre la dignité humaine, même selon les critères ignobles de ce régime".]]>
https://www.peinedemort.org/document/11019 Sat, 12 Sep 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Iran : l'annonce de l'exécution d'un lutteur dénoncée à l'international https://www.peinedemort.org/document/11007 (Téhéran) L'Iran a annoncé samedi avoir exécuté un jeune lutteur, Navid Afkari, pour le meurtre d'un fonctionnaire lors de manifestations contre le gouvernement en 2018, une décision dénoncée sur les réseaux sociaux et à l'étranger. La sentence du « qesas », c'est-à-dire la « loi du talion », une peine de « rétribution », a été exécutée ce matin dans une prison de Chiraz (sud), a indiqué à la télévision le procureur général de la province de Fars, Kazem Mousavi. La peine capitale a été appliquée « face à l'insistance de la famille de la victime », Navid Afkari a-t-il ajouté. Mais selon l'avocat de M. Afkari, Me Hassan Younessi, une rencontre avec la famille de la victime aurait dû avoir lieu dimanche pour « demander pardon » et ainsi éviter l'application de la peine capitale. M. Younessi s'était insurgé sur Twitter : « Étiez-vous si pressés que vous avez refusé à Navid son droit à une dernière visite », comme le prévoit le Code pénal selon lui. Le Comité international olympique (CIO) s'est déclaré « choqué » par l'exécution, jugeant « profondément regrettable » que les demandes d'athlètes et d'organisations à travers le monde pour empêcher l'exécution du lutteur n'aient pas été entendues. « Nos pensées sont avec la famille et les amis de Navid Afkari », a réagi le CIO dans un communiqué. Global Athlete, association de sportifs de haut niveau souvent critique envers les instances sportives, a demandé au CIO et à la Fédération internationale de lutte des sanctions immédiates pour exclure l'Iran. Après cette « exécution odieuse », « ce gouvernement ne mérite plus le privilège de participer aux compétitions internationales de sport », a estimé Global Athlete. Une association mondiale représentant 85 000 athlètes, World Players United, avait appelé l'Iran à épargner le sportif. Selon Amnistie internationale, le dernier contact entre M. Afkari et sa famille a eu lieu le 6 septembre par téléphone. L'organisation de défense des droits de la personne a dénoncé dans un communiqué l'exécution « secrète » de Navid Afkari, la qualifiant de « parodie de justice » après un procès « manifestement inéquitable ». Selon l'Autorité judiciaire, M. Afkari avait été reconnu coupable d'« homicide volontaire » sur un fonctionnaire de la régie publique de l'eau à Chiraz (sud), poignardé le 2 août 2018. Comme plusieurs autres villes d'Iran, Chiraz avait été le théâtre ce jour-là de manifestations hostiles au pouvoir et dénonçant la situation économique et sociale du pays. Réactions internationales Le verdict, annoncé début septembre, avait fait polémique et les soutiens avaient afflué en Iran comme à l'étranger après la publication d'informations affirmant que M. Afkari, 27 ans, avait été condamné sur la base d'aveux extorqués sous la torture. Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a dénoncé cette exécution « cruelle ». « C'est une attaque scandaleuse contre la dignité humaine, même selon les critères ignobles de ce régime », a-t-il tweeté. Le président américain Donald Trump avait appelé l'Iran à « épargner » la vie d'une « grande vedette de la lutte […] qui n'a fait que participer à une manifestation antigouvernementale ». Le hashtag en persan #Navid_Afkari a été largement partagé sur Twitter pour soutenir le jeune homme et s'opposer à son exécution. A Londres, un groupe de manifestants a protesté samedi devant l'ambassade d'Iran contre l'exécution, brandissant des portraits du guide suprême et du président iraniens barrés d'une croix. Sur Twitter, la ministre suédoise des Affaires étrangères, Ann Linde, s'est dite « consternée par l'annonce de l'exécution du lutteur iranien Navid Afkari ». L'exécution de M. Afkari est « un grand péché » et l'Autorité judiciaire aurait dû essayer de convaincre la famille de l'homme tué de pardonner le lutteur, a tweeté le militant iranien des droits de la personne Emaddein Baghi. L'avocat Babak Paknia a également critiqué « la hâte » de l'Autorité judiciaire à exécuter la sentence. « Même si le meurtre a bien eu lieu, n'est-il pas le rôle de l'Autorité judiciaire de tout faire pour que (le condamné) soit pardonné ? » a-t-il relevé sur Twitter. Avec au moins 251 exécutions en 2019, l'Iran est, après la Chine, le pays qui a le plus recours à la peine capitale, selon le dernier rapport mondial sur la peine de mort publié par Amnistie.
La sentence du « qesas », c'est-à-dire la « loi du talion », une peine de « rétribution », a été exécutée ce matin dans une prison de Chiraz (sud), a indiqué à la télévision le procureur général de la province de Fars, Kazem Mousavi.

La peine capitale a été appliquée « face à l'insistance de la famille de la victime », Navid Afkari a-t-il ajouté.

Mais selon l'avocat de M. Afkari, Me Hassan Younessi, une rencontre avec la famille de la victime aurait dû avoir lieu dimanche pour « demander pardon » et ainsi éviter l'application de la peine capitale.

M. Younessi s'était insurgé sur Twitter : « Étiez-vous si pressés que vous avez refusé à Navid son droit à une dernière visite », comme le prévoit le Code pénal selon lui.

Le Comité international olympique (CIO) s'est déclaré « choqué » par l'exécution, jugeant « profondément regrettable » que les demandes d'athlètes et d'organisations à travers le monde pour empêcher l'exécution du lutteur n'aient pas été entendues.

« Nos pensées sont avec la famille et les amis de Navid Afkari », a réagi le CIO dans un communiqué.

Global Athlete, association de sportifs de haut niveau souvent critique envers les instances sportives, a demandé au CIO et à la Fédération internationale de lutte des sanctions immédiates pour exclure l'Iran.

Après cette « exécution odieuse », « ce gouvernement ne mérite plus le privilège de participer aux compétitions internationales de sport », a estimé Global Athlete.

Une association mondiale représentant 85 000 athlètes, World Players United, avait appelé l'Iran à épargner le sportif.

Selon Amnistie internationale, le dernier contact entre M. Afkari et sa famille a eu lieu le 6 septembre par téléphone.

L'organisation de défense des droits de la personne a dénoncé dans un communiqué l'exécution « secrète » de Navid Afkari, la qualifiant de « parodie de justice » après un procès « manifestement inéquitable ».

Selon l'Autorité judiciaire, M. Afkari avait été reconnu coupable d'« homicide volontaire » sur un fonctionnaire de la régie publique de l'eau à Chiraz (sud), poignardé le 2 août 2018.

Comme plusieurs autres villes d'Iran, Chiraz avait été le théâtre ce jour-là de manifestations hostiles au pouvoir et dénonçant la situation économique et sociale du pays.

Réactions internationales

Le verdict, annoncé début septembre, avait fait polémique et les soutiens avaient afflué en Iran comme à l'étranger après la publication d'informations affirmant que M. Afkari, 27 ans, avait été condamné sur la base d'aveux extorqués sous la torture.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a dénoncé cette exécution « cruelle ». « C'est une attaque scandaleuse contre la dignité humaine, même selon les critères ignobles de ce régime », a-t-il tweeté.

Le président américain Donald Trump avait appelé l'Iran à « épargner » la vie d'une « grande vedette de la lutte […] qui n'a fait que participer à une manifestation antigouvernementale ».

Le hashtag en persan #Navid_Afkari a été largement partagé sur Twitter pour soutenir le jeune homme et s'opposer à son exécution.

A Londres, un groupe de manifestants a protesté samedi devant l'ambassade d'Iran contre l'exécution, brandissant des portraits du guide suprême et du président iraniens barrés d'une croix.

Sur Twitter, la ministre suédoise des Affaires étrangères, Ann Linde, s'est dite « consternée par l'annonce de l'exécution du lutteur iranien Navid Afkari ».

L'exécution de M. Afkari est « un grand péché » et l'Autorité judiciaire aurait dû essayer de convaincre la famille de l'homme tué de pardonner le lutteur, a tweeté le militant iranien des droits de la personne Emaddein Baghi.

L'avocat Babak Paknia a également critiqué « la hâte » de l'Autorité judiciaire à exécuter la sentence.

« Même si le meurtre a bien eu lieu, n'est-il pas le rôle de l'Autorité judiciaire de tout faire pour que (le condamné) soit pardonné ? » a-t-il relevé sur Twitter.

Avec au moins 251 exécutions en 2019, l'Iran est, après la Chine, le pays qui a le plus recours à la peine capitale, selon le dernier rapport mondial sur la peine de mort publié par Amnistie.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11007 Sat, 12 Sep 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Manifestation à Bruxelles après l'exécution d'un Iranien reconnu coupable de meurtre https://www.peinedemort.org/document/11009 Une dizaine de ressortissants iraniens se sont rassemblés, dimanche, devant l'ambassade d'Iran à Bruxelles afin de protester contre l'exécution de Navid Afkari. Ce lutteur de 27 ans avait été condamné à mort pour le meurtre d'un agent de sécurité lors de manifestations contre le régime en 2018. Les médias d'État ont annoncé samedi matin l'exécution du sportif, dont les frères ont été condamnés à 54 et 27 ans de prison dans la même affaire. Cette exécution a suscité l'indignation de la communauté internationale. Plusieurs organisations, telles qu'Amnesty International ainsi que le Comité international olympique (CIO) et la FIFA, avaient appelé l'Iran à ne pas exécuter le jeune lutteur. "Le gouvernement belge et l'Union européenne doivent prendre des mesures efficaces contre le régime iranien", ont réclamé les manifestants à Bruxelles. "Le silence et le manque d'action contre les crimes du régime iranien sont considérés par les mollahs comme une approbation et équivalent à une complicité".
Les médias d'État ont annoncé samedi matin l'exécution du sportif, dont les frères ont été condamnés à 54 et 27 ans de prison dans la même affaire. Cette exécution a suscité l'indignation de la communauté internationale.

Plusieurs organisations, telles qu'Amnesty International ainsi que le Comité international olympique (CIO) et la FIFA, avaient appelé l'Iran à ne pas exécuter le jeune lutteur.

"Le gouvernement belge et l'Union européenne doivent prendre des mesures efficaces contre le régime iranien", ont réclamé les manifestants à Bruxelles.

"Le silence et le manque d'action contre les crimes du régime iranien sont considérés par les mollahs comme une approbation et équivalent à une complicité".]]>
https://www.peinedemort.org/document/11009 Sat, 12 Sep 2020 00:00:00 +0000 Belga - Agence Télégraphique Belge de Presse
Le Comité international olympique "choqué" par l'exécution du lutteur Navid Afkari https://www.peinedemort.org/document/11010 Le Comité international olympique (CIO) s'est dit "choqué" par l'exécution du lutteur iranien Navid Afkari, condamné à mort pour le meurtre d'un fonctionnaire lors d'"émeutes" en 2018, a réagi l'instance basée à Lausanne, dans un communiqué samedi. "Il est profondément regrettable que les appels des athlètes du monde entier, et tout le travail en coulisses du CIO, avec le Comité national olympique iranien, la Fédération internationale de lutte et la Fédération iranienne de lutte, n'aient pas atteint leur objectif", a regretté le CIO, dont les "pensées vont à la famille et aux amis" du lutteur exécuté samedi. "L'exécution du lutteur iranien Navid Afkari est une nouvelle très triste", a déploré le CIO. Tout en "respectant la souveraineté de la République islamique d'Iran", le président du CIO, l'Allemand Thomas Bach, en a personnellement appelé cette semaine au Guide suprême Ali Khamenei et au président de l'Iran Hassan Rohani dans des lettres, et "a demandé grâce pour Navid Afkari". Selon l'Autorité judiciaire, Navid Afkari a été reconnu coupable d'"homicide volontaire" sur un fonctionnaire de la régie publique de l'eau à Chiraz (sud), poignardé le 2 août 2018. Comme plusieurs autres villes d'Iran, Chiraz avait été le théâtre ce jour-là de manifestations hostiles au pouvoir et dénonçant la situation économique et sociale du pays. La sentence du "qesas", c'est-à-dire la "loi du talion", une peine de "rétribution", a été exécutée samedi matin dans une prison de Chiraz, a indiqué à la télévision étatique le procureur général de la province de Fars, Kazem Mousavi. La peine capitale a été appliquée "face à l'insistance de la famille de la victime", a-t-il ajouté. Le verdict avait fait polémique et les soutiens avaient afflué en Iran comme à l'étranger après la publication d'informations à l'étranger affirmant que le lutteur de 27 ans avait été condamné sur la base d'aveux extorqués sous la torture. L'agence de l'Autorité judiciaire Mizan online avait démenti début septembre ces accusations. Le président américain Donald Trump avait appelé l'Iran à "épargner" la vie d'une "grande star de la lutte (...) qui n'a fait que participer à une manifestation anti-gouvernement".
"Il est profondément regrettable que les appels des athlètes du monde entier, et tout le travail en coulisses du CIO, avec le Comité national olympique iranien, la Fédération internationale de lutte et la Fédération iranienne de lutte, n'aient pas atteint leur objectif", a regretté le CIO, dont les "pensées vont à la famille et aux amis" du lutteur exécuté samedi. "L'exécution du lutteur iranien Navid Afkari est une nouvelle très triste", a déploré le CIO.

Tout en "respectant la souveraineté de la République islamique d'Iran", le président du CIO, l'Allemand Thomas Bach, en a personnellement appelé cette semaine au Guide suprême Ali Khamenei et au président de l'Iran Hassan Rohani dans des lettres, et "a demandé grâce pour Navid Afkari".

Selon l'Autorité judiciaire, Navid Afkari a été reconnu coupable d'"homicide volontaire" sur un fonctionnaire de la régie publique de l'eau à Chiraz (sud), poignardé le 2 août 2018. Comme plusieurs autres villes d'Iran, Chiraz avait été le théâtre ce jour-là de manifestations hostiles au pouvoir et dénonçant la situation économique et sociale du pays.

La sentence du "qesas", c'est-à-dire la "loi du talion", une peine de "rétribution", a été exécutée samedi matin dans une prison de Chiraz, a indiqué à la télévision étatique le procureur général de la province de Fars, Kazem Mousavi. La peine capitale a été appliquée "face à l'insistance de la famille de la victime", a-t-il ajouté.

Le verdict avait fait polémique et les soutiens avaient afflué en Iran comme à l'étranger après la publication d'informations à l'étranger affirmant que le lutteur de 27 ans avait été condamné sur la base d'aveux extorqués sous la torture. L'agence de l'Autorité judiciaire Mizan online avait démenti début septembre ces accusations.

Le président américain Donald Trump avait appelé l'Iran à "épargner" la vie d'une "grande star de la lutte (...) qui n'a fait que participer à une manifestation anti-gouvernement".]]>
https://www.peinedemort.org/document/11010 Sat, 12 Sep 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Un homme condamné à mort pour une attaque au couteau dans une école maternelle https://www.peinedemort.org/document/11006 NANNING, 9 septembre (Xinhua) -- Un tribunal de la région autonome Zhuang du Guangxi (sud de la Chine) a condamné mardi un homme à la peine de mort pour une attaque au couteau dans une école maternelle. Cet homme, Li Xiaowen, a reçu la peine capitale après avoir été reconnu coupable d'homicide, selon le Tribunal intermédiaire populaire de la ville de Wuzhou. Le 4 juin de cette année, Li Xiaowen, un agent de sécurité de l'école, a blessé des dizaines de personnes, dont des enfants, dans une attaque au couteau à l'école maternelle affiliée à l'école centrale du bourg de Wangfu, dans le district de Cangwu, selon le tribunal.
Cet homme, Li Xiaowen, a reçu la peine capitale après avoir été reconnu coupable d'homicide, selon le Tribunal intermédiaire populaire de la ville de Wuzhou.

Le 4 juin de cette année, Li Xiaowen, un agent de sécurité de l'école, a blessé des dizaines de personnes, dont des enfants, dans une attaque au couteau à l'école maternelle affiliée à l'école centrale du bourg de Wangfu, dans le district de Cangwu, selon le tribunal.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11006 Wed, 09 Sep 2020 00:00:00 +0000 Xinhua
Meurtre de Khashoggi : un verdict final saoudien annule les cinq peines capitales https://www.peinedemort.org/document/11005 Un tribunal de Ryad a annulé lundi les peines capitales prononcées pour le meurtre en 2018 à Istanbul du journaliste Jamal Khashoggi, dans un verdict final aussitôt dénoncé par une experte de l'ONU, la Turquie et la fiancée turque de cet ancien critique du pouvoir saoudien. "Cinq prévenus ont été condamnés à 20 ans de prison et trois autres à des peines allant de 7 à 10 ans", a indiqué l'agence officielle saoudienne SPA, citant les services du procureur général. "Le procureur saoudien a joué un nouvel acte dans cette parodie de justice", a réagi sur Twitter la rapporteure spéciale de l'ONU sur les exécutions sommaires, Agnès Callamard, selon qui "ces verdicts n'ont aucune légitimité juridique ou morale". Le verdict "est loin de satisfaire les attentes de la Turquie et de la communauté internationale", a pour sa part écrit sur Twitter Fahrettin Altun, porte-parole de la présidence turque. "Nous ne savons toujours pas ce qu'il est advenu du corps de Khashoggi, qui voulait sa mort ni s'il y a eu des complices locaux - ce qui met en cause la crédibilité" du procès, a ajouté le porte-parole. La fiancée turque de Jamal Khashoggi, Hatice Cengiz, a elle qualifié le verdict de "farce": "Les autorités saoudiennes ont clos ce dossier sans que le monde sache la vérité sur qui est responsable du meurtre de Jamal". Reporters sans frontières (RSF) a également dénoncé un "procès sans public ni journalistes n'a pas permis de connaître la vérité et de comprendre ce qui s'est passé le 2 octobre 2018 au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul et qui avait donné préalablement l'ordre de commettre ce crime d'Etat", a déclaré à l'AFP le secrétaire général de l'ONG, Christophe Deloire. Depuis le début de la procédure judiciaire en Arabie saoudite, il n'y a eu "que des tentatives répétées de dissimulation", a déclaré à l'AFP Ines Osman, directrice de MENA, une ONG de défense des droits humains basée à Genève. Le verdict intervient après que les fils de Jamal Khashoggi ont annoncé en mai "avoir pardonné" ses tueurs. Par le passé, son fils ainé Salah Khashoggi avait assuré avoir "pleinement confiance" dans le système judiciaire saoudien. En avril 2019, le Washington Post avait affirmé que les quatre enfants du journaliste, y compris Salah, avaient reçu des maisons d'une valeur de plusieurs millions de dollars et étaient payés des milliers de dollars par mois par les autorités. La famille avait alors démenti. - Versions - Collaborateur du Washington Post et critique du régime saoudien après en avoir été proche, Khashoggi a été assassiné et son corps découpé en morceaux dans le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, où il s'était rendu pour récupérer un document. Il avait alors 59 ans et ses restes n'ont jamais été retrouvés. Ce meurtre a plongé l'Arabie saoudite dans l'une de ses pires crises diplomatiques et terni l'image du prince héritier Mohammed ben Salmane, dit "MBS", désigné par des responsables turcs et américains comme le commanditaire du meurtre. Après avoir nié l'assassinat, puis avancé plusieurs versions, Ryad a affirmé qu'il avait été commis par des agents saoudiens qui auraient agi seuls et sans recevoir d'ordres de leurs dirigeants. Le procureur saoudien a innocenté le prince héritier. Ce dernier a déclaré à la télévision américaine PBS qu'il acceptait la responsabilité du meurtre, parce qu'il s'est produit alors qu'il était "aux commandes" tout en niant en avoir eu connaissance auparavant. La CIA américaine aurait également conclu que le prince, qui contrôle tous les leviers du pouvoir, avait probablement ordonné le meurtre. La justice saoudienne s'était elle-même saisie de l'affaire et, en décembre dernier, à l'issue d'un procès opaque, cinq Saoudiens avaient été condamnés à mort et trois autres à des peines de prison, sur un total de 11 personnes inculpées. Les trois autres avaient été "blanchies". - "Fin" - Les personnes condamnées lundi n'ont pas été identifiées. Les services du procureur général ont en revanche souligné que ce nouveau jugement mettait "fin" à l'affaire, marquant la volonté de Ryad de tourner définitivement la page. La justice turque a pour sa part commencé début juillet à juger par contumace 20 Saoudiens, dont deux proches du prince héritier, l'ex-conseiller Saoud al-Qahtani et l'ancien numéro deux du renseignement, le général Ahmed al-Assiri, identifiés comme les commanditaires du meurtre. Le premier a fait l'objet d'une enquête en Arabie saoudite mais n'a pas été inculpé "en raison de preuves insuffisantes" et le second, mis en accusation, a été acquitté pour les mêmes motifs, selon le parquet saoudien. Les deux hommes ont été officiellement évincés du cercle politique de MBS.
"Cinq prévenus ont été condamnés à 20 ans de prison et trois autres à des peines allant de 7 à 10 ans", a indiqué l'agence officielle saoudienne SPA, citant les services du procureur général.

"Le procureur saoudien a joué un nouvel acte dans cette parodie de justice", a réagi sur Twitter la rapporteure spéciale de l'ONU sur les exécutions sommaires, Agnès Callamard, selon qui "ces verdicts n'ont aucune légitimité juridique ou morale".

Le verdict "est loin de satisfaire les attentes de la Turquie et de la communauté internationale", a pour sa part écrit sur Twitter Fahrettin Altun, porte-parole de la présidence turque.

"Nous ne savons toujours pas ce qu'il est advenu du corps de Khashoggi, qui voulait sa mort ni s'il y a eu des complices locaux - ce qui met en cause la crédibilité" du procès, a ajouté le porte-parole.

La fiancée turque de Jamal Khashoggi, Hatice Cengiz, a elle qualifié le verdict de "farce": "Les autorités saoudiennes ont clos ce dossier sans que le monde sache la vérité sur qui est responsable du meurtre de Jamal".

Reporters sans frontières (RSF) a également dénoncé un "procès sans public ni journalistes n'a pas permis de connaître la vérité et de comprendre ce qui s'est passé le 2 octobre 2018 au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul et qui avait donné préalablement l'ordre de commettre ce crime d'Etat", a déclaré à l'AFP le secrétaire général de l'ONG, Christophe Deloire.

Depuis le début de la procédure judiciaire en Arabie saoudite, il n'y a eu "que des tentatives répétées de dissimulation", a déclaré à l'AFP Ines Osman, directrice de MENA, une ONG de défense des droits humains basée à Genève.

Le verdict intervient après que les fils de Jamal Khashoggi ont annoncé en mai "avoir pardonné" ses tueurs. Par le passé, son fils ainé Salah Khashoggi avait assuré avoir "pleinement confiance" dans le système judiciaire saoudien.

En avril 2019, le Washington Post avait affirmé que les quatre enfants du journaliste, y compris Salah, avaient reçu des maisons d'une valeur de plusieurs millions de dollars et étaient payés des milliers de dollars par mois par les autorités. La famille avait alors démenti.

- Versions -

Collaborateur du Washington Post et critique du régime saoudien après en avoir été proche, Khashoggi a été assassiné et son corps découpé en morceaux dans le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, où il s'était rendu pour récupérer un document.

Il avait alors 59 ans et ses restes n'ont jamais été retrouvés.

Ce meurtre a plongé l'Arabie saoudite dans l'une de ses pires crises diplomatiques et terni l'image du prince héritier Mohammed ben Salmane, dit "MBS", désigné par des responsables turcs et américains comme le commanditaire du meurtre.

Après avoir nié l'assassinat, puis avancé plusieurs versions, Ryad a affirmé qu'il avait été commis par des agents saoudiens qui auraient agi seuls et sans recevoir d'ordres de leurs dirigeants.

Le procureur saoudien a innocenté le prince héritier. Ce dernier a déclaré à la télévision américaine PBS qu'il acceptait la responsabilité du meurtre, parce qu'il s'est produit alors qu'il était "aux commandes" tout en niant en avoir eu connaissance auparavant.

La CIA américaine aurait également conclu que le prince, qui contrôle tous les leviers du pouvoir, avait probablement ordonné le meurtre.

La justice saoudienne s'était elle-même saisie de l'affaire et, en décembre dernier, à l'issue d'un procès opaque, cinq Saoudiens avaient été condamnés à mort et trois autres à des peines de prison, sur un total de 11 personnes inculpées. Les trois autres avaient été "blanchies".

- "Fin" -

Les personnes condamnées lundi n'ont pas été identifiées.

Les services du procureur général ont en revanche souligné que ce nouveau jugement mettait "fin" à l'affaire, marquant la volonté de Ryad de tourner définitivement la page.

La justice turque a pour sa part commencé début juillet à juger par contumace 20 Saoudiens, dont deux proches du prince héritier, l'ex-conseiller Saoud al-Qahtani et l'ancien numéro deux du renseignement, le général Ahmed al-Assiri, identifiés comme les commanditaires du meurtre.

Le premier a fait l'objet d'une enquête en Arabie saoudite mais n'a pas été inculpé "en raison de preuves insuffisantes" et le second, mis en accusation, a été acquitté pour les mêmes motifs, selon le parquet saoudien.

Les deux hommes ont été officiellement évincés du cercle politique de MBS.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11005 Tue, 08 Sep 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Un chrétien condamné à mort pour des SMS "blasphématoires" https://www.peinedemort.org/document/11011 Un chrétien accusé d'avoir envoyé des SMS contenant des "contenus blasphématoires" a été condamné mardi à mort par la justice pakistanaise, s'est ému son avocat. Asif Pervaiz, 37 ans, est en détention depuis 2013 pour des accusations de blasphème portées contre lui par le superviseur d'une entreprise qu'il venait de quitter, alors que cet homme avait tenté de le convertir à l'islam, selon Me Saif-ul-Malook, l'ex-défenseur d'Asia Bibi. Il a nié toutes les accusations portées contre lui, a déclaré Me Malook à l'AFP, ajoutant que son client s'était contenté de transférer les SMS en question. "Cette affaire aurait dû être rejetée par le juge", a-t-il regretté, ajoutant qu'il ferait appel du verdict auprès d'une juridiction supérieure. "Il a déjà passé sept ans à attendre la décision du tribunal. Qui sait combien d'années encore il devra attendre jusqu'à ce que tout cela soit terminé ?", a-t-il poursuivi, les appels prenant des années à être traités dans un système judiciaire pakistanais totalement engorgé. Le blasphème est une question brûlante au Pakistan, où même des allégations non prouvées d'offense à l'islam peuvent entraîner assassinats et lynchages. Un citoyen américain accusé de blasphème a récemment été tué par balle dans l'enceinte d'un tribunal de Peshawar (Nord-Ouest). L'acquittement fin octobre 2018 de la chrétienne Asia Bibi, qui avait passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort pour blasphème, ce qu'elle a toujours nié, avait provoqué des manifestations violentes dans tout le Pakistan. Asia Bibi vit désormais au Canada avec sa famille. D'après la commission internationale américaine pour les libertés religieuses, quelque 80 personnes sont emprisonnées pour blasphème au Pakistan, dont la moitié sont condamnés à la prison à perpétuité ou à la peine de mort. Aucun condamné pour blasphème n'y a jusqu'ici été exécuté. Les minorités religieuses sont particulièrement vulnérables aux accusations de blasphème : elles sont proportionnellement les plus visées par ces lois, même si les musulmans en sont les principales victimes, selon la fondation Engage.
Asif Pervaiz, 37 ans, est en détention depuis 2013 pour des accusations de blasphème portées contre lui par le superviseur d'une entreprise qu'il venait de quitter, alors que cet homme avait tenté de le convertir à l'islam, selon Me Saif-ul-Malook, l'ex-défenseur d'Asia Bibi. Il a nié toutes les accusations portées contre lui, a déclaré Me Malook à l'AFP, ajoutant que son client s'était contenté de transférer les SMS en question. "Cette affaire aurait dû être rejetée par le juge", a-t-il regretté, ajoutant qu'il ferait appel du verdict auprès d'une juridiction supérieure. "Il a déjà passé sept ans à attendre la décision du tribunal. Qui sait combien d'années encore il devra attendre jusqu'à ce que tout cela soit terminé ?", a-t-il poursuivi, les appels prenant des années à être traités dans un système judiciaire pakistanais totalement engorgé.

Le blasphème est une question brûlante au Pakistan, où même des allégations non prouvées d'offense à l'islam peuvent entraîner assassinats et lynchages. Un citoyen américain accusé de blasphème a récemment été tué par balle dans l'enceinte d'un tribunal de Peshawar (Nord-Ouest).

L'acquittement fin octobre 2018 de la chrétienne Asia Bibi, qui avait passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort pour blasphème, ce qu'elle a toujours nié, avait provoqué des manifestations violentes dans tout le Pakistan. Asia Bibi vit désormais au Canada avec sa famille.

D'après la commission internationale américaine pour les libertés religieuses, quelque 80 personnes sont emprisonnées pour blasphème au Pakistan, dont la moitié sont condamnés à la prison à perpétuité ou à la peine de mort. Aucun condamné pour blasphème n'y a jusqu'ici été exécuté.

Les minorités religieuses sont particulièrement vulnérables aux accusations de blasphème : elles sont proportionnellement les plus visées par ces lois, même si les musulmans en sont les principales victimes, selon la fondation Engage.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11011 Tue, 08 Sep 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Trump appelle l'Iran à ne pas exécuter un jeune lutteur https://www.peinedemort.org/document/11004 (Washington) Le président américain Donald Trump a appelé jeudi l'Iran à ne pas exécuter un jeune homme condamné à mort pour, selon Téhéran, le meurtre d'un fonctionnaire lors d'« émeutes » en 2018. Selon Mizan Online, l'agence officielle de l'Autorité judiciaire, Navid Afkari, présenté comme un ancien lutteur, a été reconnu coupable d'« homicide volontaire » sur un fonctionnaire de la régie publique de l'eau à Chiraz (sud), poignardé le 2 août 2018. Comme plusieurs autres villes d'Iran, Chiraz avait été le théâtre ce jour-là de manifestations hostiles au pouvoir et dénonçant la situation économique et sociale du pays. « J'apprends que l'Iran s'apprête à exécuter une grande star de la lutte, Navid Afkari, 27 ans, qui n'a fait que participer à une manifestation anti-gouvernement », a réagi le président américain sur Twitter. « À l'attention des dirigeants iraniens, j'apprécierais vraiment que vous épargniez la vie de ce jeune homme et que vous ne l'exécutiez pas. Merci ! », a-t-il ajouté. Les soutiens à l'accusé ont aussi fleuri sur les réseaux sociaux, avec le mot-dièse « N'exécutez pas notre Navid », notamment après la publication d'informations à l'étranger affirmant que M. Afkari avait été condamné sur la base d'aveux extorqués sous la torture. Avec au moins 251 exécutions en 2019, l'Iran est, après la Chine, le pays du monde qui a le plus recours à la peine capitale selon le dernier rapport mondial sur la peine de mort publié par Amnistie internationale. L'organisation de défense des droits de la personne note néanmoins que « le nombre d'exécutions recensées » en Iran « a diminué de moitié » par rapport à 2018.
Selon Mizan Online, l'agence officielle de l'Autorité judiciaire, Navid Afkari, présenté comme un ancien lutteur, a été reconnu coupable d'« homicide volontaire » sur un fonctionnaire de la régie publique de l'eau à Chiraz (sud), poignardé le 2 août 2018.

Comme plusieurs autres villes d'Iran, Chiraz avait été le théâtre ce jour-là de manifestations hostiles au pouvoir et dénonçant la situation économique et sociale du pays.

« J'apprends que l'Iran s'apprête à exécuter une grande star de la lutte, Navid Afkari, 27 ans, qui n'a fait que participer à une manifestation anti-gouvernement », a réagi le président américain sur Twitter.

« À l'attention des dirigeants iraniens, j'apprécierais vraiment que vous épargniez la vie de ce jeune homme et que vous ne l'exécutiez pas. Merci ! », a-t-il ajouté.

Les soutiens à l'accusé ont aussi fleuri sur les réseaux sociaux, avec le mot-dièse « N'exécutez pas notre Navid », notamment après la publication d'informations à l'étranger affirmant que M. Afkari avait été condamné sur la base d'aveux extorqués sous la torture.

Avec au moins 251 exécutions en 2019, l'Iran est, après la Chine, le pays du monde qui a le plus recours à la peine capitale selon le dernier rapport mondial sur la peine de mort publié par Amnistie internationale.

L'organisation de défense des droits de la personne note néanmoins que « le nombre d'exécutions recensées » en Iran « a diminué de moitié » par rapport à 2018.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11004 Thu, 03 Sep 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Arabie saoudite : Sept condamnés à mort pour une attaque antichiite https://www.peinedemort.org/document/11003 Une cour pénale saoudienne a condamné à mort sept hommes et trois autres ont reçu une peine d'emprisonnement pour une attaque en 2014 contre un lieu de culte chiite lors des commémorations d'Achoura, a annoncé mercredi la télévision d'Etat. Le 3 novembre 2014, des hommes armés tuent sept personnes et en blessent plusieurs autres dans le village d'Al-Dalwa, dans l'Est saoudien où se concentre la population chiite, à la veille de la plus grande commémoration religieuse de cette communauté musulmane minoritaire dans le royaume sunnite. Les assaillants sont d'anciens prisonniers liés au groupe Etat islamique (EI), selon les autorités. La cour pénale de Ryad a rendu "un premier verdict contre les accusés de l'opération terroriste d'Al-Dalwa", condamnant sept d'entre eux à la peine de mort et trois autres à 25 ans d'emprisonnement, a annoncé mercredi la chaîne de télévision gouvernementale Al-Ekhbariya. La juridiction a par ailleurs fixé une date ultérieure pour le procès de deux autres accusés, précise la télévision d'Etat. Les condamnés peuvent faire appel de la décision. L'Arabie saoudite a été le théâtre depuis 2014 d'une série d'attaques, revendiquées notamment par l'EI, visant principalement les chiites, que l'organisation extrémiste considère comme hérétiques. L'attentat avait ouvert la voie à de nouvelles attaques dans le royaume et à des tensions avec les chiites, qui constituent la majorité de la population de la région orientale, riche en pétrole. En mai 2015, au moins 21 personnes ont été tuées à Qatif (est) dans un attentat revendiqué par l'EI visant une mosquée chiite. En octobre de la même année, un homme a ouvert le feu sur des chiites, tuant cinq personnes. Cette minorité musulmane, qui représente entre 10 et 15% des 33 millions d'habitants du royaume, se plaint de marginalisation et se dit victime de la montée des tensions entre l'Arabie saoudite et l'Iran, le grand rival régional chiite.
Le 3 novembre 2014, des hommes armés tuent sept personnes et en blessent plusieurs autres dans le village d'Al-Dalwa, dans l'Est saoudien où se concentre la population chiite, à la veille de la plus grande commémoration religieuse de cette communauté musulmane minoritaire dans le royaume sunnite. Les assaillants sont d'anciens prisonniers liés au groupe Etat islamique (EI), selon les autorités.

La cour pénale de Ryad a rendu "un premier verdict contre les accusés de l'opération terroriste d'Al-Dalwa", condamnant sept d'entre eux à la peine de mort et trois autres à 25 ans d'emprisonnement, a annoncé mercredi la chaîne de télévision gouvernementale Al-Ekhbariya. La juridiction a par ailleurs fixé une date ultérieure pour le procès de deux autres accusés, précise la télévision d'Etat. Les condamnés peuvent faire appel de la décision.

L'Arabie saoudite a été le théâtre depuis 2014 d'une série d'attaques, revendiquées notamment par l'EI, visant principalement les chiites, que l'organisation extrémiste considère comme hérétiques. L'attentat avait ouvert la voie à de nouvelles attaques dans le royaume et à des tensions avec les chiites, qui constituent la majorité de la population de la région orientale, riche en pétrole.

En mai 2015, au moins 21 personnes ont été tuées à Qatif (est) dans un attentat revendiqué par l'EI visant une mosquée chiite. En octobre de la même année, un homme a ouvert le feu sur des chiites, tuant cinq personnes.

Cette minorité musulmane, qui représente entre 10 et 15% des 33 millions d'habitants du royaume, se plaint de marginalisation et se dit victime de la montée des tensions entre l'Arabie saoudite et l'Iran, le grand rival régional chiite.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11003 Wed, 02 Sep 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Amnesty accuse l'Iran de "torture" après des manifestations https://www.peinedemort.org/document/11035 Les forces de sécurité iraniennes ont utilisé la "torture" pour obtenir des "aveux" de personnes arrêtées et des centaines ont été condamnées à des peines de prison depuis la sévère répression de manifestations en Iran l'an dernier, a accusé mercredi Amnesty international. Des manifestations déclenchées en novembre 2019 à travers l'Iran, après une forte hausse du prix du pétrole, ont été rapidement et sévèrement réprimées par les forces de sécurité, qui ont procédé à de nombreuses arrestations, sur fond de coupure quasi complète d'internet. Amnesty dit avoir recueilli des dizaines de témoignages de personnes arrêtées, estimant le nombre total d'interpellations à 7.000, dont des enfants. Les témoignages révèlent "une liste de violations choquantes des droits humains, dont des détentions arbitraires, des disparitions forcées, la torture et d'autres mauvais traitements", a dénoncé l'ONG dans un rapport. Les personnes arrêtées ont été soumises à la torture pour admettre avoir participé aux manifestations, être membre d'un groupe d'opposition ou être en contact avec des gouvernements ou médias étrangers, précise Amnesty. La torture et les mauvais traitements, notamment par la police et des membres des renseignements, "étaient généralisés", d'après l'ONG. Elle affirme avoir recueilli les noms de plus de 500 personnes "soumises à des poursuites pénales inéquitables en lien avec les manifestations". "Des centaines de personnes ont ainsi été condamnées à des peines de prison et de flagellation et plusieurs personnes à la peine de mort après des procès largement inéquitables à huis clos présidés par des juges biaisés", a accusé Amnesty, précisant que les peines de prison allaient d'un mois à 10 ans. Les techniques de torture utilisées incluent des simulacres d'exécution ou de noyade, des coups, l'électrocution, la pulvérisation de gaz poivré sur les parties génitales, des violences sexuelles, et l'arrachage d'ongles, selon Amnesty. "J'avais l'impression que des millions d'aiguilles perçaient tout mon corps", a affirmé à l'ONG un homme disant avoir subi des électrocutions. Un autre dit avoir été suspendu, les bras et jambes attachés à un poteau, une méthode qui serait nommée "le chicken kebab" par ses bourreaux. En mai, le ministre iranien de l'Intérieur a indiqué que près de 225 personnes avaient été tuées durant les manifestations émaillées de violences. Un groupe d'experts indépendants de l'ONU a avancé en décembre un bilan pouvant être supérieur à 400 morts durant la répression, selon des informations non confirmées. L'Iran a accusé des "émeutiers" d'être à l'origine des violences, soutenus par Israël, les Etats-unis et l'Arabie saoudite, ses ennemis.
Des manifestations déclenchées en novembre 2019 à travers l'Iran, après une forte hausse du prix du pétrole, ont été rapidement et sévèrement réprimées par les forces de sécurité, qui ont procédé à de nombreuses arrestations, sur fond de coupure quasi complète d'internet. Amnesty dit avoir recueilli des dizaines de témoignages de personnes arrêtées, estimant le nombre total d'interpellations à 7.000, dont des enfants. Les témoignages révèlent "une liste de violations choquantes des droits humains, dont des détentions arbitraires, des disparitions forcées, la torture et d'autres mauvais traitements", a dénoncé l'ONG dans un rapport.

Les personnes arrêtées ont été soumises à la torture pour admettre avoir participé aux manifestations, être membre d'un groupe d'opposition ou être en contact avec des gouvernements ou médias étrangers, précise Amnesty. La torture et les mauvais traitements, notamment par la police et des membres des renseignements, "étaient généralisés", d'après l'ONG.

Elle affirme avoir recueilli les noms de plus de 500 personnes "soumises à des poursuites pénales inéquitables en lien avec les manifestations". "Des centaines de personnes ont ainsi été condamnées à des peines de prison et de flagellation et plusieurs personnes à la peine de mort après des procès largement inéquitables à huis clos présidés par des juges biaisés", a accusé Amnesty, précisant que les peines de prison allaient d'un mois à 10 ans.

Les techniques de torture utilisées incluent des simulacres d'exécution ou de noyade, des coups, l'électrocution, la pulvérisation de gaz poivré sur les parties génitales, des violences sexuelles, et l'arrachage d'ongles, selon Amnesty. "J'avais l'impression que des millions d'aiguilles perçaient tout mon corps", a affirmé à l'ONG un homme disant avoir subi des électrocutions. Un autre dit avoir été suspendu, les bras et jambes attachés à un poteau, une méthode qui serait nommée "le chicken kebab" par ses bourreaux.

En mai, le ministre iranien de l'Intérieur a indiqué que près de 225 personnes avaient été tuées durant les manifestations émaillées de violences. Un groupe d'experts indépendants de l'ONU a avancé en décembre un bilan pouvant être supérieur à 400 morts durant la répression, selon des informations non confirmées.

L'Iran a accusé des "émeutiers" d'être à l'origine des violences, soutenus par Israël, les Etats-unis et l'Arabie saoudite, ses ennemis.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11035 Wed, 02 Sep 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
A Bagdad, Macron soutient la souveraineté de l'Irak face aux "ingérences" https://www.peinedemort.org/document/11034 Le président français Emmanuel Macron a affirmé mercredi à Bagdad son soutien à "la souveraineté" de l'Irak face aux "ingérences étrangères" qui fragilisent ce pays, soumis aux vives tensions entre ses deux alliés, Washington et Téhéran. En provenance de Beyrouth, le chef de l'Etat a également assuré que la France continuerait "à agir au côté" de l'Irak dans la lutte contre les jihadistes, qui "n'est pas terminée même si nous avons vaincu le califat" du groupe Etat islamique (EI) en 2017. "L'Irak traverse une période de défi depuis plusieurs années, marquée par la guerre et le terrorisme", a déclaré Emmanuel Macron en entamant sa première visite dans ce pays depuis son élection en 2017. "Vous avez une transition à mener" et la France souhaite "pleinement" la soutenir, a-t-il ajouté après un entretien avec le président irakien Barham Saleh. Le président français n'a passé que quelques heures à Bagdad, le temps de rencontrer les principaux responsables politiques, parmi lesquels le nouveau Premier ministre Moustafa al-Kazimi. Outre les relations bilatérales entre les deux pays, il a discuté des moyens pour "accompagner la démarche de souveraineté" de l'Irak. Bagdad est confronté au "défi des ingérences extérieures multiples, qu'elles datent de plusieurs années ou soient plus récentes", a précisé le président français. Face à ces ingérences, "le défi des autorités est de renforcer l'Etat irakien, d'apporter des réponses éducatives, économiques et sociales, de poursuivre la réforme de l'armée et d'y intégrer toutes les composantes militaires et milices aujourd'hui présentes en Irak", a-t-il développé. "Ces défis se jouent dans un contexte régional extraordinairement tendu, avec une présence et une influence très forte de l'Iran et avec des incursions répétées et une volonté accrue de la Turquie d'intervenir davantage dans la vie domestique irakienne", a dénoncé M. Macron. "Nous ne voulons pas être un espace de confrontation, mais de stabilité et de modération", a affirmé M. Kazimi. - En étau - L'Irak est pris en étau depuis des années entre ses deux partenaires les plus influents, Washington et Téhéran, une position qui est devenue encore plus difficile à tenir à partir de 2018 avec la campagne de "pression maximale" exercée par les Etats-Unis de Donald Trump contre l'Iran. Ces dernières années, les Etats-Unis se sont progressivement désengagés d'Irak. Le président Donald Trump a réaffirmé le 21 août sa volonté de retirer les troupes américaines d'Irak, mais sans préciser de calendrier. Quelque 5.000 soldats et diplomates américains y sont encore déployés. Le grand voisin iranien dispose sur le sol irakien du soutien crucial du Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires intégrée à l'Etat et qui réclame au Parlement l'expulsion des troupes américaines. La relation entre Bagdad et Téhéran doit se faire "d'Etat à Etat et non via des milices", a récemment déclaré M. Kazimi. Pour Emmanuel Macron, la communauté internationale a "intérêt" à soutenir "le projet" du gouvernement irakien de mener des réformes et diversifier son économie afin de répondre au puissant mouvement de contestation populaire. M. Kazimi devrait se rendre à Paris "dans un mois" pour approfondir ces questions, a indiqué Emmanuel Macron. Deuxième plus important producteur de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), l'Irak a été fortement touché par la chute des prix du pétrole, et la pandémie de nouveau coronavirus a encore aggravé les difficultés. M. Kazimi a indiqué que son pays pourrait demander à la France de l'aider à développer son énergie nucléaire civile. Emmanuel Macron a par ailleurs réitéré la doctrine française concernant les jihadistes présumés français emprisonnés en Irak. "Ceux qui ont fait le choix libre d'aller combattre" en Irak ont vocation à "être judiciarisés dans cet Etat", a-t-il rappelé. "Cela a été comme ça par le passé, ce sera comme ça pour l'avenir", selon lui. Parmi les 150 Français arrêtés pour avoir appartenu à l'EI, presque tous sont dans les camps et prisons sommaires des Kurdes du nord-est de la Syrie. Onze Français sont détenus en Irak, où ils ont été condamnés à mort.
En provenance de Beyrouth, le chef de l'Etat a également assuré que la France continuerait "à agir au côté" de l'Irak dans la lutte contre les jihadistes, qui "n'est pas terminée même si nous avons vaincu le califat" du groupe Etat islamique (EI) en 2017.

"L'Irak traverse une période de défi depuis plusieurs années, marquée par la guerre et le terrorisme", a déclaré Emmanuel Macron en entamant sa première visite dans ce pays depuis son élection en 2017.

"Vous avez une transition à mener" et la France souhaite "pleinement" la soutenir, a-t-il ajouté après un entretien avec le président irakien Barham Saleh.

Le président français n'a passé que quelques heures à Bagdad, le temps de rencontrer les principaux responsables politiques, parmi lesquels le nouveau Premier ministre Moustafa al-Kazimi. Outre les relations bilatérales entre les deux pays, il a discuté des moyens pour "accompagner la démarche de souveraineté" de l'Irak.

Bagdad est confronté au "défi des ingérences extérieures multiples, qu'elles datent de plusieurs années ou soient plus récentes", a précisé le président français.

Face à ces ingérences, "le défi des autorités est de renforcer l'Etat irakien, d'apporter des réponses éducatives, économiques et sociales, de poursuivre la réforme de l'armée et d'y intégrer toutes les composantes militaires et milices aujourd'hui présentes en Irak", a-t-il développé.

"Ces défis se jouent dans un contexte régional extraordinairement tendu, avec une présence et une influence très forte de l'Iran et avec des incursions répétées et une volonté accrue de la Turquie d'intervenir davantage dans la vie domestique irakienne", a dénoncé M. Macron.

"Nous ne voulons pas être un espace de confrontation, mais de stabilité et de modération", a affirmé M. Kazimi.

- En étau -

L'Irak est pris en étau depuis des années entre ses deux partenaires les plus influents, Washington et Téhéran, une position qui est devenue encore plus difficile à tenir à partir de 2018 avec la campagne de "pression maximale" exercée par les Etats-Unis de Donald Trump contre l'Iran.

Ces dernières années, les Etats-Unis se sont progressivement désengagés d'Irak. Le président Donald Trump a réaffirmé le 21 août sa volonté de retirer les troupes américaines d'Irak, mais sans préciser de calendrier. Quelque 5.000 soldats et diplomates américains y sont encore déployés.

Le grand voisin iranien dispose sur le sol irakien du soutien crucial du Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires intégrée à l'Etat et qui réclame au Parlement l'expulsion des troupes américaines.

La relation entre Bagdad et Téhéran doit se faire "d'Etat à Etat et non via des milices", a récemment déclaré M. Kazimi.

Pour Emmanuel Macron, la communauté internationale a "intérêt" à soutenir "le projet" du gouvernement irakien de mener des réformes et diversifier son économie afin de répondre au puissant mouvement de contestation populaire. M. Kazimi devrait se rendre à Paris "dans un mois" pour approfondir ces questions, a indiqué Emmanuel Macron.

Deuxième plus important producteur de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), l'Irak a été fortement touché par la chute des prix du pétrole, et la pandémie de nouveau coronavirus a encore aggravé les difficultés.

M. Kazimi a indiqué que son pays pourrait demander à la France de l'aider à développer son énergie nucléaire civile.

Emmanuel Macron a par ailleurs réitéré la doctrine française concernant les jihadistes présumés français emprisonnés en Irak. "Ceux qui ont fait le choix libre d'aller combattre" en Irak ont vocation à "être judiciarisés dans cet Etat", a-t-il rappelé. "Cela a été comme ça par le passé, ce sera comme ça pour l'avenir", selon lui.

Parmi les 150 Français arrêtés pour avoir appartenu à l'EI, presque tous sont dans les camps et prisons sommaires des Kurdes du nord-est de la Syrie. Onze Français sont détenus en Irak, où ils ont été condamnés à mort.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11034 Wed, 02 Sep 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Les États-Unis procèdent à une 5e exécution fédérale en deux mois https://www.peinedemort.org/document/11001 Pour la cinquième fois en deux mois, les États-Unis ont exécuté vendredi un homme condamné à la peine capitale, pour le meurtre d'un enfant. Keith Nelson, 45 ans, a reçu une injection létale dans le pénitencier de Terre Haute, ont annoncé ses avocats. Il avait été condamné en 2003 à la peine de mort pour avoir enlevé une petite fille âgée de dix ans qui faisait du patin à roulettes devant sa maison dans l'État du Kansas. Il l'avait violée puis étranglée avant d'abandonner son corps dans l'État voisin du Missouri. Aux États-Unis, les crimes sont généralement jugés par les tribunaux des États, mais la justice fédérale est saisie des cas les plus graves, ou comme ici, commis entre plusieurs juridictions. Elle prononce rarement des peines de mort et exécute encore plus rarement les condamnés. De 1988 à 2003, seuls trois condamnés ont été exécutés au niveau fédéral, puis aucun pendant 17 ans. Mais le gouvernement du président républicain Donald Trump, un fervent partisan de la peine de mort qui espère décrocher un second mandat le 3 novembre avec un discours de fermeté, a décidé il y a un an de renouer avec les exécutions fédérales. Après différents rebondissements juridiques, il y est parvenu en juillet et, avec M. Nelson, il a depuis procédé à cinq exécutions, dont celle d'un Amérindien mercredi malgré l'opposition de la nation Navajo. La peine de mort est en déclin aux États-Unis, où une poignée d'États seulement, notamment dans le sud, y ont encore recours. Vingt-deux exécutions ont eu lieu en 2019 et douze depuis le début de l'année 2020. Selon les sondages, le soutien à la peine de mort a reculé dans la population américaine, mais il reste fort chez les électeurs républicains. Keith Nelson, 45 ans, a reçu une injection létale dans le pénitencier de Terre Haute, ont annoncé ses avocats.
Il avait été condamné en 2003 à la peine de mort pour avoir enlevé une petite fille âgée de dix ans qui faisait du patin à roulettes devant sa maison dans l'État du Kansas. Il l'avait violée puis étranglée avant d'abandonner son corps dans l'État voisin du Missouri.

Aux États-Unis, les crimes sont généralement jugés par les tribunaux des États, mais la justice fédérale est saisie des cas les plus graves, ou comme ici, commis entre plusieurs juridictions.

Elle prononce rarement des peines de mort et exécute encore plus rarement les condamnés. De 1988 à 2003, seuls trois condamnés ont été exécutés au niveau fédéral, puis aucun pendant 17 ans.

Mais le gouvernement du président républicain Donald Trump, un fervent partisan de la peine de mort qui espère décrocher un second mandat le 3 novembre avec un discours de fermeté, a décidé il y a un an de renouer avec les exécutions fédérales.

Après différents rebondissements juridiques, il y est parvenu en juillet et, avec M. Nelson, il a depuis procédé à cinq exécutions, dont celle d'un Amérindien mercredi malgré l'opposition de la nation Navajo.

La peine de mort est en déclin aux États-Unis, où une poignée d'États seulement, notamment dans le sud, y ont encore recours. Vingt-deux exécutions ont eu lieu en 2019 et douze depuis le début de l'année 2020.

Selon les sondages, le soutien à la peine de mort a reculé dans la population américaine, mais il reste fort chez les électeurs républicains.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11001 Fri, 28 Aug 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP