La peine de mort dans le monde — Pakistan https://www.peinedemort.org/rss/pays/PAK Pakistan : tous les documents concernant la peine de mort. fr Sophie Fotiadi <sophie.fotiadi@peinedemort.org>, 2020 Fri, 23 Oct 2020 02:36:26 +0000 Fri, 09 Oct 2020 10:20:42 +0000 120 Peine de mort annulée contre un chrétien condamné pour blasphème https://www.peinedemort.org/document/11043 La justice pakistanaise a annulé la condamnation à mort prononcée en 2014 contre un chrétien accusé de blasphème dans une affaire qui avait conduit une foule en colère à incendier des églises et 150 maisons, a annoncé mercredi son avocat. Sawan Masih, travailleur sanitaire et père de trois enfants, avait été arrêté en 2013 dans la ville de Lahore (Est) pour avoir insulté le prophète Mahomet, puis condamné à mort en 2014, bien qu'il ait clamé son innocence. Suite à son arrestation, une foule avait mis le feu à sa maison, ainsi qu'à deux églises et à environ 150 autres habitations d'un quartier chrétien de la ville. Lundi, la Haute Cour de Lahore a annulé sa condamnation, a déclaré son avocat à l'AFP. "Le dossier de l'accusation manquait de preuves et était plein de contradictions", a déclaré l'avocat Nadeem Anthony. "Nous avons payé un prix élevé pour cet acquittement... Qui rendra ces sept années de vie à Masih ?", a-t-il questionné. Le blasphème est une question très sensible au Pakistan, deuxième pays musulman le plus peuplé avec près de 220 millions d'habitants, où même des allégations non prouvées d'offense à l'islam peuvent entraîner assassinats et lynchages. Les lois très controversées sur la question, qui prévoient la peine de mort pour insulte au prophète, sont utilisées de manière disproportionnée contre les minorités religieuses, notamment la communauté chrétienne. Ses critiques affirment qu'elles servent souvent à régler des comptes personnels. Pour Sawan Masih, les graves accusations portées à son encontre faisaient partie d'un complot de négociants en fer locaux qui voulaient s'emparer des terres du quartier chrétien où il vivait. En 2017, un autre tribunal pakistanais avait acquitté 115 personnes accusées d'avoir participé à l'attaque contre son quartier, faute de preuves. En octobre 2018, l'acquittement de la chrétienne Asia Bibi, qui avait passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort pour blasphème, ce qu'elle a toujours nié, avait provoqué des marches violentes dans tout le Pakistan. En août, un Américain faisant face à de telles accusations a été abattu dans l'enceinte d'un tribunal à Peshawar (Nord-Ouest). Environ 80 personnes sont emprisonnées au Pakistan pour blasphème, dont la moitié risquent la prison à vie ou la peine de mort, selon la Commission américaine sur la liberté religieuse.
Suite à son arrestation, une foule avait mis le feu à sa maison, ainsi qu'à deux églises et à environ 150 autres habitations d'un quartier chrétien de la ville.

Lundi, la Haute Cour de Lahore a annulé sa condamnation, a déclaré son avocat à l'AFP. "Le dossier de l'accusation manquait de preuves et était plein de contradictions", a déclaré l'avocat Nadeem Anthony.

"Nous avons payé un prix élevé pour cet acquittement... Qui rendra ces sept années de vie à Masih ?", a-t-il questionné.

Le blasphème est une question très sensible au Pakistan, deuxième pays musulman le plus peuplé avec près de 220 millions d'habitants, où même des allégations non prouvées d'offense à l'islam peuvent entraîner assassinats et lynchages.

Les lois très controversées sur la question, qui prévoient la peine de mort pour insulte au prophète, sont utilisées de manière disproportionnée contre les minorités religieuses, notamment la communauté chrétienne.

Ses critiques affirment qu'elles servent souvent à régler des comptes personnels. Pour Sawan Masih, les graves accusations portées à son encontre faisaient partie d'un complot de négociants en fer locaux qui voulaient s'emparer des terres du quartier chrétien où il vivait.

En 2017, un autre tribunal pakistanais avait acquitté 115 personnes accusées d'avoir participé à l'attaque contre son quartier, faute de preuves.

En octobre 2018, l'acquittement de la chrétienne Asia Bibi, qui avait passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort pour blasphème, ce qu'elle a toujours nié, avait provoqué des marches violentes dans tout le Pakistan.

En août, un Américain faisant face à de telles accusations a été abattu dans l'enceinte d'un tribunal à Peshawar (Nord-Ouest).

Environ 80 personnes sont emprisonnées au Pakistan pour blasphème, dont la moitié risquent la prison à vie ou la peine de mort, selon la Commission américaine sur la liberté religieuse.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11043 Wed, 07 Oct 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Pakistan: Deux condamnations à mort pour un incendie meurtrier dans une usine textile https://www.peinedemort.org/document/11058 KARACHI, Pakistan (Reuters) - La justice pakistanaise a condamné à mort mardi deux hommes jugés coupables d'un incendie volontaire ayant fait plus de 260 morts en 2012 dans une usine textile à Karachi. La Cour antiterroriste a jugé Rehman Bhola et Zubair Chariya, tous deux militants du Muttahida Qaumi Movement-Pakistan (MQM-P), parti aujourd'hui représenté au sein du gouvernement de coalition d'Imran Khan, coupables d'avoir mis le feu à l'usine car ses propriétaires refusaient de céder à leur tentative d'extorsion. Cet incendie à Ali Entreprise, une usine de confection de vêtements de plusieurs étages, a choqué les Pakistanais, les survivants racontant le calvaire des victimes piégées derrière les portes verrouillées du site. Sur les huit autres personnes accusées, quatre ont été jugées complices et quatre ont été acquittées dont Rauf Siddiqui, ministre régional de l'Industrie à l'époque, a déclaré l'avocat de la défense Abid Zaman à la presse à l'extérieur du tribunal. Rauf Siddiqui est membre du MQM. La direction actuelle du MQM dément toute implication dans l'incendie.
La Cour antiterroriste a jugé Rehman Bhola et Zubair Chariya, tous deux militants du Muttahida Qaumi Movement-Pakistan (MQM-P), parti aujourd'hui représenté au sein du gouvernement de coalition d'Imran Khan, coupables d'avoir mis le feu à l'usine car ses propriétaires refusaient de céder à leur tentative d'extorsion.

Cet incendie à Ali Entreprise, une usine de confection de vêtements de plusieurs étages, a choqué les Pakistanais, les survivants racontant le calvaire des victimes piégées derrière les portes verrouillées du site.

Sur les huit autres personnes accusées, quatre ont été jugées complices et quatre ont été acquittées dont Rauf Siddiqui, ministre régional de l'Industrie à l'époque, a déclaré l'avocat de la défense Abid Zaman à la presse à l'extérieur du tribunal. Rauf Siddiqui est membre du MQM.

La direction actuelle du MQM dément toute implication dans l'incendie.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11058 Tue, 22 Sep 2020 00:00:00 +0000 Reuters
Un chrétien condamné à mort pour des SMS "blasphématoires" https://www.peinedemort.org/document/11011 Un chrétien accusé d'avoir envoyé des SMS contenant des "contenus blasphématoires" a été condamné mardi à mort par la justice pakistanaise, s'est ému son avocat. Asif Pervaiz, 37 ans, est en détention depuis 2013 pour des accusations de blasphème portées contre lui par le superviseur d'une entreprise qu'il venait de quitter, alors que cet homme avait tenté de le convertir à l'islam, selon Me Saif-ul-Malook, l'ex-défenseur d'Asia Bibi. Il a nié toutes les accusations portées contre lui, a déclaré Me Malook à l'AFP, ajoutant que son client s'était contenté de transférer les SMS en question. "Cette affaire aurait dû être rejetée par le juge", a-t-il regretté, ajoutant qu'il ferait appel du verdict auprès d'une juridiction supérieure. "Il a déjà passé sept ans à attendre la décision du tribunal. Qui sait combien d'années encore il devra attendre jusqu'à ce que tout cela soit terminé ?", a-t-il poursuivi, les appels prenant des années à être traités dans un système judiciaire pakistanais totalement engorgé. Le blasphème est une question brûlante au Pakistan, où même des allégations non prouvées d'offense à l'islam peuvent entraîner assassinats et lynchages. Un citoyen américain accusé de blasphème a récemment été tué par balle dans l'enceinte d'un tribunal de Peshawar (Nord-Ouest). L'acquittement fin octobre 2018 de la chrétienne Asia Bibi, qui avait passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort pour blasphème, ce qu'elle a toujours nié, avait provoqué des manifestations violentes dans tout le Pakistan. Asia Bibi vit désormais au Canada avec sa famille. D'après la commission internationale américaine pour les libertés religieuses, quelque 80 personnes sont emprisonnées pour blasphème au Pakistan, dont la moitié sont condamnés à la prison à perpétuité ou à la peine de mort. Aucun condamné pour blasphème n'y a jusqu'ici été exécuté. Les minorités religieuses sont particulièrement vulnérables aux accusations de blasphème : elles sont proportionnellement les plus visées par ces lois, même si les musulmans en sont les principales victimes, selon la fondation Engage.
Asif Pervaiz, 37 ans, est en détention depuis 2013 pour des accusations de blasphème portées contre lui par le superviseur d'une entreprise qu'il venait de quitter, alors que cet homme avait tenté de le convertir à l'islam, selon Me Saif-ul-Malook, l'ex-défenseur d'Asia Bibi. Il a nié toutes les accusations portées contre lui, a déclaré Me Malook à l'AFP, ajoutant que son client s'était contenté de transférer les SMS en question. "Cette affaire aurait dû être rejetée par le juge", a-t-il regretté, ajoutant qu'il ferait appel du verdict auprès d'une juridiction supérieure. "Il a déjà passé sept ans à attendre la décision du tribunal. Qui sait combien d'années encore il devra attendre jusqu'à ce que tout cela soit terminé ?", a-t-il poursuivi, les appels prenant des années à être traités dans un système judiciaire pakistanais totalement engorgé.

Le blasphème est une question brûlante au Pakistan, où même des allégations non prouvées d'offense à l'islam peuvent entraîner assassinats et lynchages. Un citoyen américain accusé de blasphème a récemment été tué par balle dans l'enceinte d'un tribunal de Peshawar (Nord-Ouest).

L'acquittement fin octobre 2018 de la chrétienne Asia Bibi, qui avait passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort pour blasphème, ce qu'elle a toujours nié, avait provoqué des manifestations violentes dans tout le Pakistan. Asia Bibi vit désormais au Canada avec sa famille.

D'après la commission internationale américaine pour les libertés religieuses, quelque 80 personnes sont emprisonnées pour blasphème au Pakistan, dont la moitié sont condamnés à la prison à perpétuité ou à la peine de mort. Aucun condamné pour blasphème n'y a jusqu'ici été exécuté.

Les minorités religieuses sont particulièrement vulnérables aux accusations de blasphème : elles sont proportionnellement les plus visées par ces lois, même si les musulmans en sont les principales victimes, selon la fondation Engage.]]>
https://www.peinedemort.org/document/11011 Tue, 08 Sep 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Pakistan: un Indien condamné à mort pour espionnage refuse de faire appel https://www.peinedemort.org/document/10951 Un ancien ingénieur de la Marine indienne condamné à mort pour espionnage au Pakistan en 2017 a refusé de faire appel de la sentence, a annoncé mercredi un membre du parquet général pakistanais. Kulbhushan Sudhir Jadhav, un ancien ingénieur de la Marine indienne, a été condamné à mort par une cour martiale pakistanaise en avril 2017 pour "espionnage, sabotage et terrorisme". L'Inde a toujours démenti qu'il soit un espion et ce verdict y avait provoqué l'indignation. "Le commandant Jadhav a refusé de déposer une demande de révision et de réexamen de sa peine et de sa condamnation", a déclaré le procureur général adjoint Ahmad Irfan lors d'une conférence de presse. "Il a préféré donner suite à sa demande de grâce en cours de traitement". Jadhav avait été arrêté en mars 2016 dans la province instable du Baloutchistan, dans le sud-ouest du Pakistan. Les autorités pakistanaises affirment qu'il a reconnu être un espion travaillant pour le compte des services de renseignement indiens. New Delhi avait accusé le Pakistan d'avoir enlevé l'ancien ingénieur en Iran "où il se livrait à des activités commerciales après avoir pris sa retraite de la Marine indienne". Le porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères Anurag Srivastava a affirmé dans la soirée de mercredi que Jadhav "a clairement été forcé à ne pas faire réexaminer son dossier". "Le Pakistan ne cherche qu'à créer l'illusion d'une solution", a-t-il insisté. La Cour internationale de justice, plus haute instance judiciaire des Nations unies, avait ordonné en juillet 2019 au Pakistan de "réexaminer" la condamnation à mort de M. Jadhav et estimé qu'Islamabad avait "privé" l'Inde du "droit de communiquer" avec lui. La CIJ, qui a son siège à La Haye, a conclu que le Pakistan était "tenu de fournir, par les moyens de son choix, un contrôle et un réexamen effectifs de la déclaration de culpabilité et de la peine" de l'accusé. Les relations historiquement tendues entre l'Inde et le Pakistan, puissances nucléaires voisines, se sont encore dégradées depuis l'annonce en août dernier par les autorités indiennes de la révocation du statut spécial d'autonomie de la partie du Cachemire sous leur contrôle. Le Pakistan blâme depuis longtemps l'Inde pour le financement du mouvement séparatiste du Baloutchistan et d'autres groupes. L'Inde, quant à elle, accuse le Pakistan de soutenir des groupes extrémistes dans la région disputée du Cachemire et ailleurs.
Kulbhushan Sudhir Jadhav, un ancien ingénieur de la Marine indienne, a été condamné à mort par une cour martiale pakistanaise en avril 2017 pour "espionnage, sabotage et terrorisme". L'Inde a toujours démenti qu'il soit un espion et ce verdict y avait provoqué l'indignation.

"Le commandant Jadhav a refusé de déposer une demande de révision et de réexamen de sa peine et de sa condamnation", a déclaré le procureur général adjoint Ahmad Irfan lors d'une conférence de presse. "Il a préféré donner suite à sa demande de grâce en cours de traitement".

Jadhav avait été arrêté en mars 2016 dans la province instable du Baloutchistan, dans le sud-ouest du Pakistan. Les autorités pakistanaises affirment qu'il a reconnu être un espion travaillant pour le compte des services de renseignement indiens.

New Delhi avait accusé le Pakistan d'avoir enlevé l'ancien ingénieur en Iran "où il se livrait à des activités commerciales après avoir pris sa retraite de la Marine indienne".

Le porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères Anurag Srivastava a affirmé dans la soirée de mercredi que Jadhav "a clairement été forcé à ne pas faire réexaminer son dossier".

"Le Pakistan ne cherche qu'à créer l'illusion d'une solution", a-t-il insisté.

La Cour internationale de justice, plus haute instance judiciaire des Nations unies, avait ordonné en juillet 2019 au Pakistan de "réexaminer" la condamnation à mort de M. Jadhav et estimé qu'Islamabad avait "privé" l'Inde du "droit de communiquer" avec lui.

La CIJ, qui a son siège à La Haye, a conclu que le Pakistan était "tenu de fournir, par les moyens de son choix, un contrôle et un réexamen effectifs de la déclaration de culpabilité et de la peine" de l'accusé.

Les relations historiquement tendues entre l'Inde et le Pakistan, puissances nucléaires voisines, se sont encore dégradées depuis l'annonce en août dernier par les autorités indiennes de la révocation du statut spécial d'autonomie de la partie du Cachemire sous leur contrôle.

Le Pakistan blâme depuis longtemps l'Inde pour le financement du mouvement séparatiste du Baloutchistan et d'autres groupes.

L'Inde, quant à elle, accuse le Pakistan de soutenir des groupes extrémistes dans la région disputée du Cachemire et ailleurs.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10951 Wed, 08 Jul 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Les parents du journaliste américain Daniel Pearl contestent la libération de ses meurtriers condamnés https://www.peinedemort.org/document/10916 ISLAMABAD (Reuters) – Les parents du journaliste américain tué Daniel Pearl ont demandé à la Cour suprême pakistanaise de renverser une décision qui a libéré quatre hommes qui avaient été condamnés en 2002 de leur implication dans son meurtre, a déclaré samedi leur avocat. "Nous défendons la justice, non seulement pour notre fils, mais pour tous nos chers amis au Pakistan afin qu'ils puissent vivre dans une société sans violence et sans terrorisme", a déclaré le père de Pearl, Judea, dans un message vidéo émotionnel publié sur Twitter. Leur avocat Faisal Siddiqi a déclaré à Reuters qu'il avait déposé la pétition en leur nom. Un fonctionnaire du tribunal a déclaré qu'il n'avait pas encore été admis pour de nouvelles procédures. "Une simple lecture de l'ensemble du dossier révélerait qu'il y avait une pléthore de preuves incriminantes, à la fois médico-légales et orales, qui prouvaient que le meurtre avait été commis et que tous les accusés avaient aidé et encouragé le meurtre", a déclaré la requête en appel. Le militant islamiste Ahmed Omar Saeed Sheikh, un Britannique d'origine pakistanaise condamné à mort en 2002 pour avoir dirigé le meurtre de Pearl, a vu sa peine commuée le mois dernier et trois de ses collaborateurs condamnés à perpétuité ont été acquittés faute de preuves par une haute cour dans la ville portuaire sud de Karachi. Les autorités pakistanaises ont cependant ordonné que les quatre soient maintenus en détention pendant trois mois. Les États-Unis ont dénoncé la décision de la Haute Cour, le plus grand diplomate américain pour l'Asie du Sud affirmant que c'était "un affront aux victimes du terrorisme partout dans le monde". Le journaliste du Wall Street Journal, Pearl, 38 ans, a été enlevé en janvier 2002 alors qu'il enquêtait sur des militants islamistes à Karachi, capitale de la province du sud du Sindh. Il a été décapité quelques semaines plus tard.
"Nous défendons la justice, non seulement pour notre fils, mais pour tous nos chers amis au Pakistan afin qu'ils puissent vivre dans une société sans violence et sans terrorisme", a déclaré le père de Pearl, Judea, dans un message vidéo émotionnel publié sur Twitter.

Leur avocat Faisal Siddiqi a déclaré à Reuters qu'il avait déposé la pétition en leur nom. Un fonctionnaire du tribunal a déclaré qu'il n'avait pas encore été admis pour de nouvelles procédures.

"Une simple lecture de l'ensemble du dossier révélerait qu'il y avait une pléthore de preuves incriminantes, à la fois médico-légales et orales, qui prouvaient que le meurtre avait été commis et que tous les accusés avaient aidé et encouragé le meurtre", a déclaré la requête en appel.

Le militant islamiste Ahmed Omar Saeed Sheikh, un Britannique d'origine pakistanaise condamné à mort en 2002 pour avoir dirigé le meurtre de Pearl, a vu sa peine commuée le mois dernier et trois de ses collaborateurs condamnés à perpétuité ont été acquittés faute de preuves par une haute cour dans la ville portuaire sud de Karachi.

Les autorités pakistanaises ont cependant ordonné que les quatre soient maintenus en détention pendant trois mois.

Les États-Unis ont dénoncé la décision de la Haute Cour, le plus grand diplomate américain pour l'Asie du Sud affirmant que c'était "un affront aux victimes du terrorisme partout dans le monde".

Le journaliste du Wall Street Journal, Pearl, 38 ans, a été enlevé en janvier 2002 alors qu'il enquêtait sur des militants islamistes à Karachi, capitale de la province du sud du Sindh. Il a été décapité quelques semaines plus tard.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10916 Sun, 03 May 2020 00:00:00 +0000 Reuters
Pakistan: peine capitale annulée pour le Britannique condamné dans le meurtre de Daniel Pearl https://www.peinedemort.org/document/10886 Un extrémiste islamiste britannique, condamné à mort pour l'enlèvement et le meurtre en 2002 du journaliste américain Daniel Pearl au Pakistan, a vu sa peine annulée par un tribunal du Sud du pays. La peine capitale prononcée contre Omar Sheikh, également appelé Sheikh Omar ou Ahmed Saeed Sheikh, a été commuée en 7 ans de prison, une durée couverte par ses 18 années déjà passées en détention, a indiqué à l'AFP son avocat Khawja Naveed. Saleem Akhtar, l'avocat général dans cette affaire, a confirmé à l'AFP cette décision prise par la Haute cour du Sindh (Sud), province dont Karachi est la capitale, ajoutant qu'il ferait appel "vraisemblablement dans les deux jours". Le tribunal n'a pas encore émis d'ordre de remise en liberté, a observé Me Naveed. L'annulation de la peine a été dénoncée par le département d'Etat américain, qui a critiqué "un affront aux victimes du terrorisme à travers le monde". "Les responsables du rapt et du meurtre haineux de Daniel doivent faire face à la justice", a également asséné sur Twitter Alice Wells, la responsable de l'Asie du Sud pour la diplomatie américaine. Trois autres hommes, Salman Saquib, Fahad Nasim et Sheikh Adil, condamnés en juillet 2002 à la perpétuité pour avoir notamment envoyé des courriers électroniques revendiquant le rapt, ont tous été acquittés, a poursuivi Me Naveed. Le quotidien américain The Wall Street Journal, pour lequel travaillait Daniel Pearl, a déclaré dans un communiqué continuer "à demander justice pour (son) meurtre". L'association Committee to Protect Journalists (CPJ), basée à New York, s'est dite de son côté "profondément déçue" par cette décision et a appelé les procureurs à faire appel. Daniel Pearl, journaliste juif américain de 38 ans, avait disparu le 23 janvier 2002 à Karachi, après avoir informé sa femme Mariane, alors enceinte de six mois, qu'il allait rencontrer un chef islamiste. Il enquêtait sur les réseaux islamistes, alors très implantés à Karachi et susceptibles d'avoir des liens avec Al-Qaïda, le réseau d'Oussama ben Laden, quelques mois après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Son enlèvement avait été revendiqué par une organisation méconnue, qui réclamait la libération des Pakistanais capturés par les Etats-Unis lors de la campagne militaire en Afghanistan ayant démarré en octobre 2001, dont la plupart étaient détenus sur la base de Guantanamo, à Cuba. Après un mois de doute, sa mort avait été annoncée par l'envoi au consulat américain de Karachi d'une cassette vidéo, montrant Daniel Pearl égorgé, puis décapité. - Fils de bonne famille - Sheikh Omar, militant islamiste alors âgé de 29 ans, dispose de la double nationalité pakistanaise et britannique. Fils de bonne famille né en Grande-Bretagne, où il a grandi et étudié, violemment anti-américain, il était considéré comme le cerveau de l'enlèvement par la justice pakistanaise. Lors d'une première comparution après son arrestation, il avait, selon l'accusation, avoué être le commanditaire. Mais au cours du procès, il n'avait cessé de nier les faits. Le jour de sa condamnation, il avait menacé les autorités pakistanaises de représailles. "Nous verrons qui mourra en premier, moi ou les autorités qui ont arrangé ma condamnation à mort", avait-il écrit dans un message lu par un de ses avocats. Il avait ensuite interjeté appel. Mais son procès avait été ajourné à des dizaines de reprises. L'armée pakistanaise avait indiqué en février 2016 avoir mis en échec un projet d'attaque impliquant plusieurs organisations extrémistes et deux voitures piégées pour le faire évader de la prison centrale d'Hyderabad, où il était détenu. Une enquête indépendante menée pendant trois ans dans le cadre du "Pearl Project" avait toutefois déterminé en 2011 que la justice pakistanaise s'était fourvoyée, les quatre hommes condamnés pour l'assassinat de Daniel Pearl n'étant même pas présents lors de son exécution. Selon Asra Nomani, une ancienne collègue et une amie du journaliste du Wall Street Journal, qui avait dirigé cette enquête, c'est bien Khaled Cheikh Mohammed (KSM selon ses initiales en anglais), le cerveau autorevendiqué des attentats du 11 septembre 2001, qui l'a exécuté. "KSM", arrêté en 2003, est incarcéré dans la prison américaine de Guantanamo. Un psychologue qui l'avait interrogé a affirmé que le détenu lui avait confessé avoir décapité Daniel Pearl.
La peine capitale prononcée contre Omar Sheikh, également appelé Sheikh Omar ou Ahmed Saeed Sheikh, a été commuée en 7 ans de prison, une durée couverte par ses 18 années déjà passées en détention, a indiqué à l'AFP son avocat Khawja Naveed.

Saleem Akhtar, l'avocat général dans cette affaire, a confirmé à l'AFP cette décision prise par la Haute cour du Sindh (Sud), province dont Karachi est la capitale, ajoutant qu'il ferait appel "vraisemblablement dans les deux jours".

Le tribunal n'a pas encore émis d'ordre de remise en liberté, a observé Me Naveed.

L'annulation de la peine a été dénoncée par le département d'Etat américain, qui a critiqué "un affront aux victimes du terrorisme à travers le monde".

"Les responsables du rapt et du meurtre haineux de Daniel doivent faire face à la justice", a également asséné sur Twitter Alice Wells, la responsable de l'Asie du Sud pour la diplomatie américaine.

Trois autres hommes, Salman Saquib, Fahad Nasim et Sheikh Adil, condamnés en juillet 2002 à la perpétuité pour avoir notamment envoyé des courriers électroniques revendiquant le rapt, ont tous été acquittés, a poursuivi Me Naveed.

Le quotidien américain The Wall Street Journal, pour lequel travaillait Daniel Pearl, a déclaré dans un communiqué continuer "à demander justice pour (son) meurtre".

L'association Committee to Protect Journalists (CPJ), basée à New York, s'est dite de son côté "profondément déçue" par cette décision et a appelé les procureurs à faire appel.

Daniel Pearl, journaliste juif américain de 38 ans, avait disparu le 23 janvier 2002 à Karachi, après avoir informé sa femme Mariane, alors enceinte de six mois, qu'il allait rencontrer un chef islamiste.

Il enquêtait sur les réseaux islamistes, alors très implantés à Karachi et susceptibles d'avoir des liens avec Al-Qaïda, le réseau d'Oussama ben Laden, quelques mois après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

Son enlèvement avait été revendiqué par une organisation méconnue, qui réclamait la libération des Pakistanais capturés par les Etats-Unis lors de la campagne militaire en Afghanistan ayant démarré en octobre 2001, dont la plupart étaient détenus sur la base de Guantanamo, à Cuba.

Après un mois de doute, sa mort avait été annoncée par l'envoi au consulat américain de Karachi d'une cassette vidéo, montrant Daniel Pearl égorgé, puis décapité.

- Fils de bonne famille -

Sheikh Omar, militant islamiste alors âgé de 29 ans, dispose de la double nationalité pakistanaise et britannique. Fils de bonne famille né en Grande-Bretagne, où il a grandi et étudié, violemment anti-américain, il était considéré comme le cerveau de l'enlèvement par la justice pakistanaise.

Lors d'une première comparution après son arrestation, il avait, selon l'accusation, avoué être le commanditaire. Mais au cours du procès, il n'avait cessé de nier les faits.

Le jour de sa condamnation, il avait menacé les autorités pakistanaises de représailles. "Nous verrons qui mourra en premier, moi ou les autorités qui ont arrangé ma condamnation à mort", avait-il écrit dans un message lu par un de ses avocats.

Il avait ensuite interjeté appel. Mais son procès avait été ajourné à des dizaines de reprises.

L'armée pakistanaise avait indiqué en février 2016 avoir mis en échec un projet d'attaque impliquant plusieurs organisations extrémistes et deux voitures piégées pour le faire évader de la prison centrale d'Hyderabad, où il était détenu.

Une enquête indépendante menée pendant trois ans dans le cadre du "Pearl Project" avait toutefois déterminé en 2011 que la justice pakistanaise s'était fourvoyée, les quatre hommes condamnés pour l'assassinat de Daniel Pearl n'étant même pas présents lors de son exécution.

Selon Asra Nomani, une ancienne collègue et une amie du journaliste du Wall Street Journal, qui avait dirigé cette enquête, c'est bien Khaled Cheikh Mohammed (KSM selon ses initiales en anglais), le cerveau autorevendiqué des attentats du 11 septembre 2001, qui l'a exécuté.

"KSM", arrêté en 2003, est incarcéré dans la prison américaine de Guantanamo. Un psychologue qui l'avait interrogé a affirmé que le détenu lui avait confessé avoir décapité Daniel Pearl.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10886 Thu, 02 Apr 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Assassinat de Daniel Pearl : Washington dénonce la décision de justice pakistanaise https://www.peinedemort.org/document/10896 Les Etats-Unis ont critiqué jeudi la décision d'un tribunal pakistanais d'annuler la condamnation à mort d'un extrémiste islamiste britannique, reconnu coupable de l'enlèvement et du meurtre en 2002 du journaliste américain Daniel Pearl au Pakistan. «La commutation de peine pour le meurtre de Daniel Pearl est un affront aux victimes du terrorisme à travers le monde», a indiqué Alice Wells, la responsable de l'Asie du Sud pour la diplomatie américaine. Elle a cependant salué le fait que les procureurs pakistanais pourraient faire appel de cette décision de commuer la peine capitale prononcée contre cet extrémiste britannique en peine de 7 ans de prison.
«La commutation de peine pour le meurtre de Daniel Pearl est un affront aux victimes du terrorisme à travers le monde», a indiqué Alice Wells, la responsable de l'Asie du Sud pour la diplomatie américaine.

Elle a cependant salué le fait que les procureurs pakistanais pourraient faire appel de cette décision de commuer la peine capitale prononcée contre cet extrémiste britannique en peine de 7 ans de prison.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10896 Thu, 02 Apr 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Reçue par Macron, Asia Bibi dit sa "joie" de la "chaleur" de l'accueil https://www.peinedemort.org/document/10856 La chrétienne pakistanaise Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème en 2010 et acquittée huit ans plus tard, a été reçue vendredi par le chef de l'Etat français Emmanuel Macron qu'elle a remercié pour son "accueil" et sa "chaleur". "J'ai été tellement émue, tellement heureuse de rencontrer monsieur le président", a affirmé Asia Bibi qui a dit sa "joie" à l'issue de l'entretien. "Je n'avais jamais imaginé qu'un jour je recevrais autant d'affection, un tel accueil, une telle chaleur", a affirmé en ourdou Asia Bibi, assurant : "j'avais l'impression d'être à la maison". Actuellement à Paris pour présenter son livre de témoignage "Enfin libre !", Asia Bibi a exprimé lundi son "désir" de s'installer en France. La présidence avait alors affirmé que "la France est prête à accueillir Mme Asia Bibi et sa famille en France si tel est leur souhait". Interrogée pour savoir si elle avait déjà déposé sa demande d'asile, elle a répondu qu'"on m'a laissé cette possibilité, mais je pense que j'ai besoin de prendre un petit peu de temps parce que je suis souffrante". "J'ai bien reçu l'invitation, l'accueil de votre président et de la République française et j'en suis extrêmement honorée mais pour le moment je dois penser à mes enfants, à ma santé", a-t-elle ajouté. Asia Bibi a été faite citoyenne d'honneur de la ville de Paris mardi par la maire socialiste de la capitale Anne Hidalgo. Elle avait été condamnée à mort pour "blasphème" en 2010 à la suite d'une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau. S'en était suivie une longue saga judiciaire qui avait divisé le pays et ému la communauté internationale, attirant l'attention des papes Benoît XVI et François. Après avoir passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort au Pakistan, jusqu'à son acquittement en octobre 2018, elle vit depuis mai 2019 au Canada.
"J'ai été tellement émue, tellement heureuse de rencontrer monsieur le président", a affirmé Asia Bibi qui a dit sa "joie" à l'issue de l'entretien. "Je n'avais jamais imaginé qu'un jour je recevrais autant d'affection, un tel accueil, une telle chaleur", a affirmé en ourdou Asia Bibi, assurant : "j'avais l'impression d'être à la maison".


Actuellement à Paris pour présenter son livre de témoignage "Enfin libre !", Asia Bibi a exprimé lundi son "désir" de s'installer en France. La présidence avait alors affirmé que "la France est prête à accueillir Mme Asia Bibi et sa famille en France si tel est leur souhait".

Interrogée pour savoir si elle avait déjà déposé sa demande d'asile, elle a répondu qu'"on m'a laissé cette possibilité, mais je pense que j'ai besoin de prendre un petit peu de temps parce que je suis souffrante". "J'ai bien reçu l'invitation, l'accueil de votre président et de la République française et j'en suis extrêmement honorée mais pour le moment je dois penser à mes enfants, à ma santé", a-t-elle ajouté.

Asia Bibi a été faite citoyenne d'honneur de la ville de Paris mardi par la maire socialiste de la capitale Anne Hidalgo.

Elle avait été condamnée à mort pour "blasphème" en 2010 à la suite d'une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau. S'en était suivie une longue saga judiciaire qui avait divisé le pays et ému la communauté internationale, attirant l'attention des papes Benoît XVI et François. Après avoir passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort au Pakistan, jusqu'à son acquittement en octobre 2018, elle vit depuis mai 2019 au Canada.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10856 Fri, 28 Feb 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Au Pakistan le péril du blasphème, malgré Asia Bibi https://www.peinedemort.org/document/10847 Avant, quand le pasteur chrétien Adnan Prince, accusé de blasphème, se présentait devant les juges, il devait affronter les appels à la mort de dizaines de religieux. Aujourd'hui, au moins, il n'y a plus ni insultes ni menaces dans ce tribunal de Lahore, dans l'est du Pakistan. L'affaire Asia Bibi est passée par là, du nom de cette chrétienne devenue symbole des abus judiciaires dans ce pays sous prétexte de blasphème contre le prophète Mahomet après avoir été acquittée de sa condamnation à mort par la Cour suprême en octobre 2018, sous la pression internationale. L'habitude jusque là, c'était de voir des maulanas (religieux) prendre d'assaut les salles d'audience, en récitant le Coran et en criant vengeance, pour faire pression sur les magistrats chargés de juger les "blasphémateurs", relatent plusieurs avocats. "Avant qu'Asia Bibi ne soit relâchée, des dizaines de maulanas venaient à chacune des audiences où j'étais entendu", raconte Adnan Prince accusé d'avoir "souillé" un Coran en 2013, un crime passible de la perpétuité et qu'il nie. Devant une cour, son dénonciateur avait lancé: "Il ne faut pas le laisser en vie". "Mais depuis lors, ils ne sont plus là", se réjouit cet homme de 28 ans aux cheveux teintés de rouge, libéré sous caution après trois ans de prison et qui attend d'être innocenté. Dans un pays où de telles accusations peuvent facilement être instrumentalisées et mener au lynchage, l'acquittement d'Asia Bibi confirmé en janvier 2019 avait provoqué un déferlement de violences. Le parti radical islamiste Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP, Mouvement au service du prophète) avait appelé à tuer les juges impliqués dans le verdict et même l'armée à se mutiner. Des milliers d'extrémistes avaient finalement été arrêtés. Plus de 80 ont été condamnés en janvier à 55 ans de prison dans un jugement inhabituellement sévère pour ce genre d'affaires au Pakistan. - "Un signal" - Ce coup de filet a "envoyé un signal" aux extrémistes qui ont ensuite délaissé les prétoires, observe Asad Jamal, l'avocat du pasteur et d'autres accusés de blasphème. "La voix des plus extrêmes est moins audible", dit-il. "Mais si l'intensité n'est plus la même, la peur est toujours là" parmi les juges. Dans les juridictions inférieures, le problème est particulièrement criant. Les magistrats, plus proches de la population, sont vulnérables face aux "pressions des religieux et de la communauté", observe un ancien juge qui a accepté de parler à l'AFP sous couvert d'anonymat. Car dans les affaires de blasphème, les magistrats eux-mêmes risquent d'être qualifiés de "blasphémateurs" s'ils acquittent un accusé, ce qui les pousse à "toujours condamner", reconnaît-il. Le cas d'un professeur d'université de Multan (centre), Junaid Hafeez, illustre cette tendance. En 2013 il est accusé de blasphème pour insulte au prophète. Un an après, son avocat est assassiné, un crime jamais puni. Huit juges plus tard en revanche, l'universitaire de 33 ans vient d'être condamné à mort. Devant l'"impunité" dont bénéficient les "justiciers en puissance", "un juge pourrait-il prendre le risque de se montrer juste ?" s'interrogent sa famille et ses avocats. Dans les instances supérieures, les juges annulent régulièrement des sentences de mort pour blasphème. "La majorité sont fondées sur de fausses accusations liées à des problèmes fonciers ou des vengeances personnelles", a reconnu la Cour suprême dans un arrêt de 2015. Mais, la justice est engorgée, le processus d'appel lent. Ainsi, le musulman Wajih-ul-Hassan, condamné à mort à l'âge de 25 ans, a dû croupir 18 années en prison avant d'être acquitté fin septembre par la Cour suprême. "Il est complètement perdu dans le monde réel. Il découvre les téléphones portables, internet", dit son avocat Me Nadeem Anthony. Et "même s'il a été acquitté, dans l'esprit des gens il est encore coupable. Il doit donc se cacher", poursuit son défenseur. - Craintes et fantasmes intacts - Quelques avancées donc. Mais sur le fond, au sein de la justice, dans la société, le monde politique, de fait, le blasphème génère toujours fantasmes, craintes et instrumentalisation. Les lois qui l'encadrent et prévoient la peine capitale pour toute insulte au prophète - même si elle n'a jamais été appliquée - "ont créé un environnement dans lequel certains (...) se croient autorisés à faire justice eux-mêmes", notait un rapport d'Amnesty international paru en 2016. Les minorités religieuses y sont particulièrement vulnérables: elles sont proportionnellement les plus visées par ces lois même si les musulmans en sont les principales victimes, selon la fondation Engage. Dans la ville de Rabwah (centre), les quelque 55.000 Ahmadis, musulmans considérés hérétiques pour leur croyance en un prophète postérieur à Mahomet vivent terrés, une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Au-delà des discriminations usuelles (bastonnades, arrestations...), Sajjad (nom d'emprunt), un sexagénaire maigre à la longue barbe blanche, a vu en novembre son fils cadet, la vingtaine, "le seul à avoir fait quelques études", emprisonné pour blasphème. Attiré hors de Rabwah par un islamiste se faisant passer pour une femme, il est tombé dans les mains d'extrémistes et de policiers, raconte-il en pleurs. "La première fois que nous sommes allés le voir en prison, nous pouvions à peine parler tellement il avait été frappé." L'acquittement d'Asia Bibi n'a que peu d'impact car les lois sur le blasphème sont "toujours là", constate Usman Ahmad, un porte-parole des Ahmadis. "Tant que les gens accepteront leur légitimité, les plus faibles resteront fragilisés", regrette-t-il. Les plus forts ne le sont pas moins. En 2011, un ministre favorable à Asia Bibi a été abattu à Islamabad. La même année, le gouverneur de la province du Pendjab, critique des lois punissant le blasphème, a été tué de 29 balles tirées par l'un de ses gardes du corps. L'assassin, pendu en 2016, repose en martyr dans un mausolée des abords de la capitale. Aujourd'hui, plus aucun politicien ne s'aventure à dénigrer ouvertement ces lois. Durant sa campagne électorale en 2018, le Premier ministre Imran Khan s'y était dit "entièrement" favorable. Se défendant d'avoir cédé aux extrémistes, le gouvernement rappelle avoir "soutenu et aidé" Asia Bibi une fois son acquittement prononcé "malgré les pressions". Et, poursuit sa porte-parole Firdous Ashiq Awan, ils ne représentent que "1% de la population" et non "l'état d'esprit général". - "Le blasphème pour attirer les électeurs" - Peut-être. Mais l'inflammable TLP, qui a séduit plus de 2,2 millions de votants aux élections générales de 2018, opère "une politisation de la question du blasphème au-delà du blasphème", s'inquiète Fatima Anwar, chercheuse pour la fondation Engage qui a publié en 2019 un rapport fouillé sur la question. En campagne pour les élections locales prévues cette année, le parti radical a réuni en novembre des milliers de sympathisants extatiques lors d'un meeting triomphal près de la monumentale mosquée Badshahi, l'un des lieux les plus symboliques de Lahore. "Le blasphème est une manière pour nous d'attirer les gens", expliquait alors Rehman Ali Tarar, futur candidat du TLP qui vient d'empêcher la diffusion d'un film, Zindagi Tamasha, car il "(encourageait) le blasphème", selon un de ses porte-paroles. Paradoxalement, "si les choses ont changé institutionnellement, dans la société les gens sont de plus en plus polarisés" depuis l'acquittement d'Asia Bibi, vécu comme une trahison de leurs croyances par le système judiciaire, constate Fatima Anwar. Asia Bibi vit désormais avec sa famille au Canada. Dans un livre sorti en janvier, elle raconte ses huit années de prison, sa "peur lancinante" d'y être tuée ou la longue chaîne reliée à sa gorge. D'après la Commission américaine pour la liberté religieuse, un organisme public, au moins 40 accusés de blasphème sont détenus à perpétuité ou dans les couloirs de la mort au Pakistan.
L'affaire Asia Bibi est passée par là, du nom de cette chrétienne devenue symbole des abus judiciaires dans ce pays sous prétexte de blasphème contre le prophète Mahomet après avoir été acquittée de sa condamnation à mort par la Cour suprême en octobre 2018, sous la pression internationale.

L'habitude jusque là, c'était de voir des maulanas (religieux) prendre d'assaut les salles d'audience, en récitant le Coran et en criant vengeance, pour faire pression sur les magistrats chargés de juger les "blasphémateurs", relatent plusieurs avocats.

"Avant qu'Asia Bibi ne soit relâchée, des dizaines de maulanas venaient à chacune des audiences où j'étais entendu", raconte Adnan Prince accusé d'avoir "souillé" un Coran en 2013, un crime passible de la perpétuité et qu'il nie. Devant une cour, son dénonciateur avait lancé: "Il ne faut pas le laisser en vie".

"Mais depuis lors, ils ne sont plus là", se réjouit cet homme de 28 ans aux cheveux teintés de rouge, libéré sous caution après trois ans de prison et qui attend d'être innocenté.

Dans un pays où de telles accusations peuvent facilement être instrumentalisées et mener au lynchage, l'acquittement d'Asia Bibi confirmé en janvier 2019 avait provoqué un déferlement de violences.

Le parti radical islamiste Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP, Mouvement au service du prophète) avait appelé à tuer les juges impliqués dans le verdict et même l'armée à se mutiner. Des milliers d'extrémistes avaient finalement été arrêtés. Plus de 80 ont été condamnés en janvier à 55 ans de prison dans un jugement inhabituellement sévère pour ce genre d'affaires au Pakistan.

- "Un signal" -

Ce coup de filet a "envoyé un signal" aux extrémistes qui ont ensuite délaissé les prétoires, observe Asad Jamal, l'avocat du pasteur et d'autres accusés de blasphème. "La voix des plus extrêmes est moins audible", dit-il.

"Mais si l'intensité n'est plus la même, la peur est toujours là" parmi les juges.

Dans les juridictions inférieures, le problème est particulièrement criant. Les magistrats, plus proches de la population, sont vulnérables face aux "pressions des religieux et de la communauté", observe un ancien juge qui a accepté de parler à l'AFP sous couvert d'anonymat.

Car dans les affaires de blasphème, les magistrats eux-mêmes risquent d'être qualifiés de "blasphémateurs" s'ils acquittent un accusé, ce qui les pousse à "toujours condamner", reconnaît-il.

Le cas d'un professeur d'université de Multan (centre), Junaid Hafeez, illustre cette tendance. En 2013 il est accusé de blasphème pour insulte au prophète. Un an après, son avocat est assassiné, un crime jamais puni. Huit juges plus tard en revanche, l'universitaire de 33 ans vient d'être condamné à mort.

Devant l'"impunité" dont bénéficient les "justiciers en puissance", "un juge pourrait-il prendre le risque de se montrer juste ?" s'interrogent sa famille et ses avocats.

Dans les instances supérieures, les juges annulent régulièrement des sentences de mort pour blasphème. "La majorité sont fondées sur de fausses accusations liées à des problèmes fonciers ou des vengeances personnelles", a reconnu la Cour suprême dans un arrêt de 2015.

Mais, la justice est engorgée, le processus d'appel lent.

Ainsi, le musulman Wajih-ul-Hassan, condamné à mort à l'âge de 25 ans, a dû croupir 18 années en prison avant d'être acquitté fin septembre par la Cour suprême. "Il est complètement perdu dans le monde réel. Il découvre les téléphones portables, internet", dit son avocat Me Nadeem Anthony.

Et "même s'il a été acquitté, dans l'esprit des gens il est encore coupable. Il doit donc se cacher", poursuit son défenseur.

- Craintes et fantasmes intacts -

Quelques avancées donc. Mais sur le fond, au sein de la justice, dans la société, le monde politique, de fait, le blasphème génère toujours fantasmes, craintes et instrumentalisation.

Les lois qui l'encadrent et prévoient la peine capitale pour toute insulte au prophète - même si elle n'a jamais été appliquée - "ont créé un environnement dans lequel certains (...) se croient autorisés à faire justice eux-mêmes", notait un rapport d'Amnesty international paru en 2016.

Les minorités religieuses y sont particulièrement vulnérables: elles sont proportionnellement les plus visées par ces lois même si les musulmans en sont les principales victimes, selon la fondation Engage.

Dans la ville de Rabwah (centre), les quelque 55.000 Ahmadis, musulmans considérés hérétiques pour leur croyance en un prophète postérieur à Mahomet vivent terrés, une épée de Damoclès au-dessus de la tête.

Au-delà des discriminations usuelles (bastonnades, arrestations...), Sajjad (nom d'emprunt), un sexagénaire maigre à la longue barbe blanche, a vu en novembre son fils cadet, la vingtaine, "le seul à avoir fait quelques études", emprisonné pour blasphème.

Attiré hors de Rabwah par un islamiste se faisant passer pour une femme, il est tombé dans les mains d'extrémistes et de policiers, raconte-il en pleurs. "La première fois que nous sommes allés le voir en prison, nous pouvions à peine parler tellement il avait été frappé."

L'acquittement d'Asia Bibi n'a que peu d'impact car les lois sur le blasphème sont "toujours là", constate Usman Ahmad, un porte-parole des Ahmadis. "Tant que les gens accepteront leur légitimité, les plus faibles resteront fragilisés", regrette-t-il.

Les plus forts ne le sont pas moins. En 2011, un ministre favorable à Asia Bibi a été abattu à Islamabad. La même année, le gouverneur de la province du Pendjab, critique des lois punissant le blasphème, a été tué de 29 balles tirées par l'un de ses gardes du corps. L'assassin, pendu en 2016, repose en martyr dans un mausolée des abords de la capitale.

Aujourd'hui, plus aucun politicien ne s'aventure à dénigrer ouvertement ces lois.

Durant sa campagne électorale en 2018, le Premier ministre Imran Khan s'y était dit "entièrement" favorable.

Se défendant d'avoir cédé aux extrémistes, le gouvernement rappelle avoir "soutenu et aidé" Asia Bibi une fois son acquittement prononcé "malgré les pressions". Et, poursuit sa porte-parole Firdous Ashiq Awan, ils ne représentent que "1% de la population" et non "l'état d'esprit général".

- "Le blasphème pour attirer les électeurs" -

Peut-être. Mais l'inflammable TLP, qui a séduit plus de 2,2 millions de votants aux élections générales de 2018, opère "une politisation de la question du blasphème au-delà du blasphème", s'inquiète Fatima Anwar, chercheuse pour la fondation Engage qui a publié en 2019 un rapport fouillé sur la question.

En campagne pour les élections locales prévues cette année, le parti radical a réuni en novembre des milliers de sympathisants extatiques lors d'un meeting triomphal près de la monumentale mosquée Badshahi, l'un des lieux les plus symboliques de Lahore.

"Le blasphème est une manière pour nous d'attirer les gens", expliquait alors Rehman Ali Tarar, futur candidat du TLP qui vient d'empêcher la diffusion d'un film, Zindagi Tamasha, car il "(encourageait) le blasphème", selon un de ses porte-paroles.

Paradoxalement, "si les choses ont changé institutionnellement, dans la société les gens sont de plus en plus polarisés" depuis l'acquittement d'Asia Bibi, vécu comme une trahison de leurs croyances par le système judiciaire, constate Fatima Anwar.

Asia Bibi vit désormais avec sa famille au Canada. Dans un livre sorti en janvier, elle raconte ses huit années de prison, sa "peur lancinante" d'y être tuée ou la longue chaîne reliée à sa gorge.

D'après la Commission américaine pour la liberté religieuse, un organisme public, au moins 40 accusés de blasphème sont détenus à perpétuité ou dans les couloirs de la mort au Pakistan.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10847 Thu, 27 Feb 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Libérée des geôles pakistanaises, Asia Bibi "espère" rentrer un jour au pays https://www.peinedemort.org/document/10843 La chrétienne pakistanaise Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème en 2010 et acquittée huit ans plus tard avant de trouver refuge au Canada, a confié mardi son espoir de pouvoir rentrer un jour au Pakistan. De passage à Paris pour promouvoir son livre autobiographique "Enfin Libre!", elle a évoqué sa nouvelle vie au Canada, qui lui a accordé un permis de séjour d'un an, lors d'un entretien avec l'AFP. "Je n'ai pas encore visité le Canada. La plupart du temps, je reste à la maison (...) Je ne sors pas beaucoup, surtout en raison du froid et de la neige", a raconté cette ancienne ouvrière agricole de 48 ans, qui s'exprimait en ourdou, via un traducteur en anglais. Illettrée, Asia Bibi ne maîtrise aucune des deux langues officielles du Canada, le français et l'anglais. Mais elle a trouvé dans son pays d'accueil une sécurité qu'elle n'a pas connue depuis des années. Elle vit avec son époux Ashiq, 58 ans, et ses deux filles Eisha (21 ans) et Eisham (20 ans) dans un appartement de trois pièces, à l'adresse gardée secrète en raison des menaces dont elle reste la cible. Ses soeurs, son frère, son père et sa belle-famille lui manquent. Mais plus que tout, sa "culture et (sa) nourriture !", sourit-elle. "Personne ne peut oublier son pays natal", dit-elle, confiant son espoir que la situation de son pays évolue et lui permette d'y revenir un jour. "Je l'espère vraiment, tout comme je gardais l'espoir d'être libérée un jour quand j'étais en prison". - Un avenir en France ? - Mme Bibi avait été condamnée à mort pour "blasphème" à la suite d'une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau. Le blasphème est un sujet incendiaire au Pakistan, où de simples accusations suffisent parfois à entraîner des lynchages meurtriers. Une condamnation sans aucun fondement, a répété mardi Asia Bibi. "En aucun cas (...) Il ne me viendrait jamais à l'idée d'insulter un prophète", a insisté cette ardente catholique. S'en était suivie une longue saga judiciaire qui avait divisé le pays et ému la communauté internationale, attirant l'attention des papes Benoît XVI et François. Après avoir passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort au Pakistan, jusqu'à son acquittement en octobre 2018, elle vit depuis mai 2019 au Canada. Son livre - co-écrit avec la journaliste française Anne-Isabelle Tollet qui a mené campagne pour sa libération - retrace ces dix années de calvaire, entre maltraitances et menaces de mort, jusqu'au fond d'une geôle crasseuse. Où ira t-elle dans un futur proche? Asia Bibi ne le sait pas encore. "Je n'ai pas décidé. Je sais que l'Union européenne travaille très dur sur mon cas et qu'ils sont ceux qui vont décider où je vais vivre", explique celle qui devrait "très probablement" aborder le sujet d'une demande d'asile à la France lors d'une rencontre avec le président Emmanuel Macron vendredi. Mardi, Asia Bibi a été faite citoyenne d'honneur de la ville de Paris, par la maire Anne Hildago, une distinction symbolique. "Votre courage, votre calme, votre force intérieure nous a époustouflés. Vous êtes une leçon de vie", a lancé Mme Hidalgo lors de la cérémonie, ajoutant qu'elle soutiendrait sa demande d'asile en France.
De passage à Paris pour promouvoir son livre autobiographique "Enfin Libre!", elle a évoqué sa nouvelle vie au Canada, qui lui a accordé un permis de séjour d'un an, lors d'un entretien avec l'AFP.

"Je n'ai pas encore visité le Canada. La plupart du temps, je reste à la maison (...) Je ne sors pas beaucoup, surtout en raison du froid et de la neige", a raconté cette ancienne ouvrière agricole de 48 ans, qui s'exprimait en ourdou, via un traducteur en anglais.

Illettrée, Asia Bibi ne maîtrise aucune des deux langues officielles du Canada, le français et l'anglais. Mais elle a trouvé dans son pays d'accueil une sécurité qu'elle n'a pas connue depuis des années.

Elle vit avec son époux Ashiq, 58 ans, et ses deux filles Eisha (21 ans) et Eisham (20 ans) dans un appartement de trois pièces, à l'adresse gardée secrète en raison des menaces dont elle reste la cible.
Ses soeurs, son frère, son père et sa belle-famille lui manquent. Mais plus que tout, sa "culture et (sa) nourriture !", sourit-elle.

"Personne ne peut oublier son pays natal", dit-elle, confiant son espoir que la situation de son pays évolue et lui permette d'y revenir un jour. "Je l'espère vraiment, tout comme je gardais l'espoir d'être libérée un jour quand j'étais en prison".

- Un avenir en France ? -

Mme Bibi avait été condamnée à mort pour "blasphème" à la suite d'une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau. Le blasphème est un sujet incendiaire au Pakistan, où de simples accusations suffisent parfois à entraîner des lynchages meurtriers.

Une condamnation sans aucun fondement, a répété mardi Asia Bibi.

"En aucun cas (...) Il ne me viendrait jamais à l'idée d'insulter un prophète", a insisté cette ardente catholique.

S'en était suivie une longue saga judiciaire qui avait divisé le pays et ému la communauté internationale, attirant l'attention des papes Benoît XVI et François.

Après avoir passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort au Pakistan, jusqu'à son acquittement en octobre 2018, elle vit depuis mai 2019 au Canada.

Son livre - co-écrit avec la journaliste française Anne-Isabelle Tollet qui a mené campagne pour sa libération - retrace ces dix années de calvaire, entre maltraitances et menaces de mort, jusqu'au fond d'une geôle crasseuse.

Où ira t-elle dans un futur proche? Asia Bibi ne le sait pas encore.

"Je n'ai pas décidé. Je sais que l'Union européenne travaille très dur sur mon cas et qu'ils sont ceux qui vont décider où je vais vivre", explique celle qui devrait "très probablement" aborder le sujet d'une demande d'asile à la France lors d'une rencontre avec le président Emmanuel Macron vendredi.

Mardi, Asia Bibi a été faite citoyenne d'honneur de la ville de Paris, par la maire Anne Hildago, une distinction symbolique.

"Votre courage, votre calme, votre force intérieure nous a époustouflés. Vous êtes une leçon de vie", a lancé Mme Hidalgo lors de la cérémonie, ajoutant qu'elle soutiendrait sa demande d'asile en France. ]]>
https://www.peinedemort.org/document/10843 Tue, 25 Feb 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
La Pakistanaise Asia Bibi souhaite obtenir l'asile en France https://www.peinedemort.org/document/10839 La chrétienne pakistanaise Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème en 2010 et acquittée huit ans plus tard avant de trouver refuge au Canada, a souhaité lundi obtenir l'asile politique en France. Vivre en France "est mon désir", a-t-elle déclaré au micro de la radio française RTL, pour sa première prise de parole en France où elle est venue présenter cette semaine son livre de témoignage "Enfin libre!". "La France est le pays où j'ai reçu une nouvelle vie (...) Anne-Isabelle est pour moi comme un ange", a expliqué Asia Bibi, en référence à la journaliste française Anne-Isabelle Tollet, avec laquelle elle a co-écrit son livre autobiographique et espère continuer à travailler. Paru fin janvier en français - il sortira en septembre en anglais -, l'ouvrage livre peu de détails sur sa nouvelle vie au Canada, mais revient longuement sur son emprisonnement. "Evidemment, j'ai le désir que le président entende ma demande" d'asile, a-t-elle ajouté, espérant avoir l'occasion de rencontrer Emmanuel Macron et son épouse lors de son séjour à Paris, qui se déroule sous protection en raison des menaces dont elle reste la cible. Asia Bibi doit recevoir mardi après-midi des mains de la maire socialiste de la capitale Anne Hidalgo, le diplôme d'honneur de la Ville de Paris qui lui avait été décerné en 2014. Ce devrait être sa première apparition publique. Elle doit aussi rencontrer des journalistes en fin de semaine. Ouvrière agricole et mère de famille d'une cinquantaine d'années, Mme Bibi avait été condamnée à mort pour "blasphème" à la suite d'une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau. Le blasphème est un sujet incendiaire au Pakistan, où de simples accusations suffisent parfois à entraîner des lynchages meurtriers. S'en était suivie une longue saga judiciaire qui avait divisé le pays et ému la communauté internationale, attirant l'attention des papes Benoît XVI et François. Après avoir passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort au Pakistan, jusqu'à son acquittement en octobre 2018, elle vit depuis mai 2019 au Canada. "J'ai une profonde gratitude à l'égard du Canada qui m'a donné une place pour séjourner, je tiens à les en remercier", a souligné lundi Asia Bibi. "Le pape aussi je souhaiterais le remercier, lui aussi a parlé en mon nom", a-t-elle ajouté. Les chrétiens, qui comptent pour environ 2% de la population pakistanaise majoritairement musulmane, constituent l'une des communautés les plus défavorisées du Pakistan.
Vivre en France "est mon désir", a-t-elle déclaré au micro de la radio française RTL, pour sa première prise de parole en France où elle est venue présenter cette semaine son livre de témoignage "Enfin libre!".

"La France est le pays où j'ai reçu une nouvelle vie (...) Anne-Isabelle est pour moi comme un ange", a expliqué Asia Bibi, en référence à la journaliste française Anne-Isabelle Tollet, avec laquelle elle a co-écrit son livre autobiographique et espère continuer à travailler.

Paru fin janvier en français - il sortira en septembre en anglais -, l'ouvrage livre peu de détails sur sa nouvelle vie au Canada, mais revient longuement sur son emprisonnement.

"Evidemment, j'ai le désir que le président entende ma demande" d'asile, a-t-elle ajouté, espérant avoir l'occasion de rencontrer Emmanuel Macron et son épouse lors de son séjour à Paris, qui se déroule sous protection en raison des menaces dont elle reste la cible.

Asia Bibi doit recevoir mardi après-midi des mains de la maire socialiste de la capitale Anne Hidalgo, le diplôme d'honneur de la Ville de Paris qui lui avait été décerné en 2014. Ce devrait être sa première apparition publique. Elle doit aussi rencontrer des journalistes en fin de semaine.

Ouvrière agricole et mère de famille d'une cinquantaine d'années, Mme Bibi avait été condamnée à mort pour "blasphème" à la suite d'une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau.

Le blasphème est un sujet incendiaire au Pakistan, où de simples accusations suffisent parfois à entraîner des lynchages meurtriers.

S'en était suivie une longue saga judiciaire qui avait divisé le pays et ému la communauté internationale, attirant l'attention des papes Benoît XVI et François.

Après avoir passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort au Pakistan, jusqu'à son acquittement en octobre 2018, elle vit depuis mai 2019 au Canada.

"J'ai une profonde gratitude à l'égard du Canada qui m'a donné une place pour séjourner, je tiens à les en remercier", a souligné lundi Asia Bibi.

"Le pape aussi je souhaiterais le remercier, lui aussi a parlé en mon nom", a-t-elle ajouté.

Les chrétiens, qui comptent pour environ 2% de la population pakistanaise majoritairement musulmane, constituent l'une des communautés les plus défavorisées du Pakistan.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10839 Mon, 24 Feb 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Macron va recevoir Asia Bibi, qui souhaite obtenir l'asile en France https://www.peinedemort.org/document/10840 Le président français Emmanuel Macron va recevoir vendredi la chrétienne pakistanaise Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème en 2010 et acquittée huit ans plus tard avant de trouver refuge au Canada, qui a de nouveau exprimé le souhait d'obtenir l'asile en France, a indiqué lundi l'Élysée. "Comme nous l'avons toujours dit, la France est prête à accueillir Mme Asia Bibi et sa famille en France si tel est leur souhait", a affirmé la présidence, en annonçant que la Pakistanaise serait reçue vendredi à l'Élysée. Actuellement à Paris pour y présenter cette semaine son livre de témoignage "Enfin libre!", Asia Bibi a déclaré lundi sur RTL que vivre en France était son "désir". "Évidemment, j'ai le désir que le président entende ma demande" d'asile, a-t-elle ajouté, espérant avoir l'occasion de rencontrer Emmanuel Macron et son épouse lors de son séjour à Paris, qui se déroule sous protection en raison des menaces dont elle reste la cible. "Depuis sa condamnation en 2010 pour délit de blasphème, la France a été mobilisée aux côtés d'Asia Bibi", souligne l'Élysée. "Nous avons plaidé pour son acquittement et agi, avec nos partenaires européens et canadiens, pour sa libération effective". "La France est le pays où j'ai reçu une nouvelle vie (...) Anne-Isabelle est pour moi comme un ange", a expliqué Asia Bibi, en référence à la journaliste française Anne-Isabelle Tollet, avec laquelle elle a écrit son livre autobiographique et espère continuer à travailler. Paru fin janvier en français - il sortira en septembre en anglais -, l'ouvrage livre peu de détails sur sa nouvelle vie au Canada, mais revient longuement sur son emprisonnement. Asia Bibi doit recevoir mardi après-midi des mains de la maire socialiste de la capitale Anne Hidalgo, le diplôme d'honneur de la Ville de Paris qui lui avait été décerné en 2014. Ce devrait être sa première apparition publique. Elle doit aussi rencontrer des journalistes en fin de semaine. Ouvrière agricole et mère de famille d'une cinquantaine d'années, Mme Bibi avait été condamnée à mort pour "blasphème" à la suite d'une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau. Le blasphème est un sujet incendiaire au Pakistan, où de simples accusations suffisent parfois à entraîner des lynchages meurtriers. S'en était suivie une longue saga judiciaire qui avait divisé le pays et ému la communauté internationale, attirant l'attention des papes Benoît XVI et François. Après avoir passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort au Pakistan, jusqu'à son acquittement en octobre 2018, elle vit depuis mai 2019 au Canada. "J'ai une profonde gratitude à l'égard du Canada qui m'a donné une place pour séjourner, je tiens à les en remercier", a souligné lundi Asia Bibi. "Le pape aussi, je souhaiterais le remercier, lui aussi a parlé en mon nom", a-t-elle ajouté. Les chrétiens, qui comptent pour environ 2% de la population pakistanaise très majoritairement musulmane, constituent l'une des communautés les plus déclassées du Pakistan.
"Comme nous l'avons toujours dit, la France est prête à accueillir Mme Asia Bibi et sa famille en France si tel est leur souhait", a affirmé la présidence, en annonçant que la Pakistanaise serait reçue vendredi à l'Élysée.

Actuellement à Paris pour y présenter cette semaine son livre de témoignage "Enfin libre!", Asia Bibi a déclaré lundi sur RTL que vivre en France était son "désir".

"Évidemment, j'ai le désir que le président entende ma demande" d'asile, a-t-elle ajouté, espérant avoir l'occasion de rencontrer Emmanuel Macron et son épouse lors de son séjour à Paris, qui se déroule sous protection en raison des menaces dont elle reste la cible.

"Depuis sa condamnation en 2010 pour délit de blasphème, la France a été mobilisée aux côtés d'Asia Bibi", souligne l'Élysée. "Nous avons plaidé pour son acquittement et agi, avec nos partenaires européens et canadiens, pour sa libération effective".

"La France est le pays où j'ai reçu une nouvelle vie (...) Anne-Isabelle est pour moi comme un ange", a expliqué Asia Bibi, en référence à la journaliste française Anne-Isabelle Tollet, avec laquelle elle a écrit son livre autobiographique et espère continuer à travailler.

Paru fin janvier en français - il sortira en septembre en anglais -, l'ouvrage livre peu de détails sur sa nouvelle vie au Canada, mais revient longuement sur son emprisonnement.

Asia Bibi doit recevoir mardi après-midi des mains de la maire socialiste de la capitale Anne Hidalgo, le diplôme d'honneur de la Ville de Paris qui lui avait été décerné en 2014. Ce devrait être sa première apparition publique. Elle doit aussi rencontrer des journalistes en fin de semaine.

Ouvrière agricole et mère de famille d'une cinquantaine d'années, Mme Bibi avait été condamnée à mort pour "blasphème" à la suite d'une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau.

Le blasphème est un sujet incendiaire au Pakistan, où de simples accusations suffisent parfois à entraîner des lynchages meurtriers.

S'en était suivie une longue saga judiciaire qui avait divisé le pays et ému la communauté internationale, attirant l'attention des papes Benoît XVI et François.

Après avoir passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort au Pakistan, jusqu'à son acquittement en octobre 2018, elle vit depuis mai 2019 au Canada.

"J'ai une profonde gratitude à l'égard du Canada qui m'a donné une place pour séjourner, je tiens à les en remercier", a souligné lundi Asia Bibi.

"Le pape aussi, je souhaiterais le remercier, lui aussi a parlé en mon nom", a-t-elle ajouté.

Les chrétiens, qui comptent pour environ 2% de la population pakistanaise très majoritairement musulmane, constituent l'une des communautés les plus déclassées du Pakistan.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10840 Mon, 24 Feb 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
"J'ai souvent vu la mort arriver" : Asia Bibi sort de son silence https://www.peinedemort.org/document/10812 "J'ai souvent vu la mort arriver" : pour la première fois depuis sa libération, la chrétienne pakistanaise Asia Bibi raconte ses dix ans de calvaire, entre maltraitances et menaces, du jour où elle a bu dans le même verre que des musulmanes à sa fuite au Canada, espoir incertain d'échapper à l'emprise des islamistes. "Mon histoire, vous la connaissez à travers les médias", reconnaît la mère de famille devenue une icône de la liberté religieuse après avoir été condamnée à mort pour blasphème en 2010 au Pakistan, puis acquittée fin 2018 après une vaste campagne internationale de soutien qui lui a permis de trouver refuge au Canada. "Mais vous êtes loin de vous représenter mon quotidien, en prison, ou dans ma nouvelle vie", confie-t-elle sur la quatrième de couverture d'"Enfin libre!" (Éditions du Rocher). Ce récit exclusif a été reconstitué par la journaliste française Anne-Isabelle Tollet, une ancienne correspondante au Pakistan qui a mené une campagne de soutien à Asia Bibi. Paru mercredi en français - il sortira en septembre en anglais -, il livre peu de détails sur sa nouvelle vie au Canada, mais revient longuement sur son emprisonnement. Anne-Isabelle Tollet est la seule journaliste à l'avoir rencontrée au Canada, dans un endroit qui reste secret. "Moi, Asia Bibi, condamnée à être pendue parce que j'avais soif", commence Asia Bibi dans ce récit. "Je suis devenue prisonnière du fanatisme", raconte l'ancienne ouvrière agricole illettrée sous la plume de la journaliste. Les islamistes, même s'ils ne sont "pas représentatifs", "dictent leur volonté (...) parce qu'ils n'hésitent pas à mettre des bombes", accuse-t-elle, certaine que sa condamnation pour "blasphème" est le fait de juges à la solde d'extrémistes voulant chasser les chrétiens. Le blasphème est un sujet incendiaire au Pakistan, où de simples accusations suffisent parfois à entraîner des lynchages meurtriers. Les Chrétiens, qui représentent environ 2% de la population pakistanaise très majoritairement musulmane, souffrent de "toutes sortes de mépris" quand ils ne sont pas purement et simplement éliminés, comme ce couple de chrétiens brûlés vifs dans un village proche de celui d'Asia Bibi, se souvient celle-ci. Condamnée à mort, la "blasphématrice" est jetée en prison avec, souvent, "les larmes pour seules compagnes de cellule". - Libre ? - "Une longue chaîne traîne sur le sol crasseux, elle relie ma gorge à la main menottée du gardien qui me tire comme un chien en laisse. Au plus profond de moi, une peur sourde m'entraîne vers la profondeur des ténèbres. Une peur lancinante qui ne me quittera jamais", écrit-elle. Derrière les barreaux, ils sont nombreux ceux qui veulent exaucer le souhait des codétenues qui hurlent "à mort !" ou "pendue !" quand Asia Bibi passe dans les couloirs. Sa compagne de cellule, une musulmane, meurt empoisonnée car jugée "trop gentille" avec la paria. "Si j'étais toi, je ferais attention à ce que je mange...", conseille-t-on à Asia Bibi. Elle raconte qu'un commando de talibans réussira même à s'introduire dans sa prison avant d'être capturé non loin de sa cellule. Dans cette "antichambre de la mort" qu'est sa cellule, Asia Bibi ne trouve de salut que dans les prières adressées à la Sainte-Vierge, chassant les pensées suicidaires... et les espoirs déçus. Le gouverneur qui vient lui rendre visite et lui promet de la "sortir de là" : elle apprendra plus tard qu'il a été assassiné. La gardienne attentionnée : elle se trouve être la personne qui s'introduit la nuit dans sa cellule pour la rouer de coups. Et le pape Benoît XVI qui appelle à sa libération : cela intensifie la haine envers les chrétiens au Pakistan et la tête d'Asia Bibi est mise à prix par un mollah. Elle n'y croira même pas quand, enfin, la Cour suprême l'acquittera. Le 9 mai 2019, un communiqué officiel tombe : "Asia Bibi a quitté le Pakistan de son plein gré" pour le Canada. Mais c'est un point d'interrogation qui suit l'"Enfin libre" en tête de l'avant-dernier chapitre. Car la menace ne connaît pas les frontières. A l'arrivée d'Asia Bibi, un islamiste diffuse une vidéo sur les réseaux sociaux assurant s'être lui aussi rendu au Canada... pour tuer la "blasphématrice".
"Mon histoire, vous la connaissez à travers les médias", reconnaît la mère de famille devenue une icône de la liberté religieuse après avoir été condamnée à mort pour blasphème en 2010 au Pakistan, puis acquittée fin 2018 après une vaste campagne internationale de soutien qui lui a permis de trouver refuge au Canada.

"Mais vous êtes loin de vous représenter mon quotidien, en prison, ou dans ma nouvelle vie", confie-t-elle sur la quatrième de couverture d'"Enfin libre!" (Éditions du Rocher). Ce récit exclusif a été reconstitué par la journaliste française Anne-Isabelle Tollet, une ancienne correspondante au Pakistan qui a mené une campagne de soutien à Asia Bibi.

Paru mercredi en français - il sortira en septembre en anglais -, il livre peu de détails sur sa nouvelle vie au Canada, mais revient longuement sur son emprisonnement.

Anne-Isabelle Tollet est la seule journaliste à l'avoir rencontrée au Canada, dans un endroit qui reste secret.

"Moi, Asia Bibi, condamnée à être pendue parce que j'avais soif", commence Asia Bibi dans ce récit. "Je suis devenue prisonnière du fanatisme", raconte l'ancienne ouvrière agricole illettrée sous la plume de la journaliste. Les islamistes, même s'ils ne sont "pas représentatifs", "dictent leur volonté (...) parce qu'ils n'hésitent pas à mettre des bombes", accuse-t-elle, certaine que sa condamnation pour "blasphème" est le fait de juges à la solde d'extrémistes voulant chasser les chrétiens.

Le blasphème est un sujet incendiaire au Pakistan, où de simples accusations suffisent parfois à entraîner des lynchages meurtriers.

Les Chrétiens, qui représentent environ 2% de la population pakistanaise très majoritairement musulmane, souffrent de "toutes sortes de mépris" quand ils ne sont pas purement et simplement éliminés, comme ce couple de chrétiens brûlés vifs dans un village proche de celui d'Asia Bibi, se souvient celle-ci.

Condamnée à mort, la "blasphématrice" est jetée en prison avec, souvent, "les larmes pour seules compagnes de cellule".

- Libre ? -

"Une longue chaîne traîne sur le sol crasseux, elle relie ma gorge à la main menottée du gardien qui me tire comme un chien en laisse. Au plus profond de moi, une peur sourde m'entraîne vers la profondeur des ténèbres. Une peur lancinante qui ne me quittera jamais", écrit-elle.

Derrière les barreaux, ils sont nombreux ceux qui veulent exaucer le souhait des codétenues qui hurlent "à mort !" ou "pendue !" quand Asia Bibi passe dans les couloirs.

Sa compagne de cellule, une musulmane, meurt empoisonnée car jugée "trop gentille" avec la paria. "Si j'étais toi, je ferais attention à ce que je mange...", conseille-t-on à Asia Bibi.

Elle raconte qu'un commando de talibans réussira même à s'introduire dans sa prison avant d'être capturé non loin de sa cellule.

Dans cette "antichambre de la mort" qu'est sa cellule, Asia Bibi ne trouve de salut que dans les prières adressées à la Sainte-Vierge, chassant les pensées suicidaires... et les espoirs déçus.

Le gouverneur qui vient lui rendre visite et lui promet de la "sortir de là" : elle apprendra plus tard qu'il a été assassiné. La gardienne attentionnée : elle se trouve être la personne qui s'introduit la nuit dans sa cellule pour la rouer de coups. Et le pape Benoît XVI qui appelle à sa libération : cela intensifie la haine envers les chrétiens au Pakistan et la tête d'Asia Bibi est mise à prix par un mollah.

Elle n'y croira même pas quand, enfin, la Cour suprême l'acquittera. Le 9 mai 2019, un communiqué officiel tombe : "Asia Bibi a quitté le Pakistan de son plein gré" pour le Canada.

Mais c'est un point d'interrogation qui suit l'"Enfin libre" en tête de l'avant-dernier chapitre. Car la menace ne connaît pas les frontières. A l'arrivée d'Asia Bibi, un islamiste diffuse une vidéo sur les réseaux sociaux assurant s'être lui aussi rendu au Canada... pour tuer la "blasphématrice".]]>
https://www.peinedemort.org/document/10812 Wed, 29 Jan 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Pakistan: 80 islamistes condamnés à de lourdes peines pour les manifestations anti-Asia Bibi https://www.peinedemort.org/document/10806 Un tribunal pakistanais a condamné plus de 80 islamistes à une peine de 55 ans de prison chacun, pour leur participation à des violentes manifestations contre l'acquittement de la chrétienne Asia Bibi, accusée de blasphème contre l'islam, a-t-on appris vendredi auprès d'un responsable de la mouvance islamiste. Le jugement, inhabituellement sévère pour ce genre d'affaires au Pakistan, où la question du blasphème est particulièrement sensible, a été prononcé jeudi par un tribunal de Rawalpindi, a déclaré à l'AFP Pir Ejaz Ashrafi, un cadre du parti islamiste Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP). Les 86 condamnés, à l'issue d'un procès qui a duré plus d'un an, étaient membres du parti, un mouvement extrémiste qui avait organisé de violentes manifestations à travers le pays pour dénoncer l'acquittement de la chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème en 2010 puis acquittée fin 2018. Après son acquittement, des milliers de membres du TLP avaient bloqué trois jours durant les principaux axes du pays pour exiger sa pendaison. Le TLP avait appelé à assassiner les juges de la Cour suprême ayant pris la décision, et à des mutineries dans l'armée. Les autorités avaient ordonné l'arrestation du chef du parti, Khadim Hussain Rizvi, pour calmer les esprits. Il avait été remis en liberté en mai 2019. "C'est une parodie de justice, avec des peines particulièrement lourdes", a dénoncé Pir Ejaz Ashrafi, qui a assuré que le parti allait faire appel du jugement. Le blasphème est un sujet incendiaire au Pakistan, où de simples accusations suffisent parfois à entraîner des lynchages meurtriers. Mme Bibi, ouvrière agricole d'une cinquantaine d'années et mère de famille, avait été condamnée à mort à la suite d'une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau. S'en était suivie une longue saga judiciaire qui avait divisé le pays et ému la communauté internationale, attirant l'attention des papes Benoît XVI et François. Après avoir passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort au Pakistan, elle vit désormais au Canada. Les chrétiens, qui comptent pour environ 2% de la population pakistanaise majoritairement musulmane, constituent l'une des communautés les plus déclassées du Pakistan. Ils vivent souvent dans des bidonvilles et se voient offrir des emplois peu rémunérés de balayeurs, d'agents d'entretien ou de cuisiniers.
Le jugement, inhabituellement sévère pour ce genre d'affaires au Pakistan, où la question du blasphème est particulièrement sensible, a été prononcé jeudi par un tribunal de Rawalpindi, a déclaré à l'AFP Pir Ejaz Ashrafi, un cadre du parti islamiste Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP).

Les 86 condamnés, à l'issue d'un procès qui a duré plus d'un an, étaient membres du parti, un mouvement extrémiste qui avait organisé de violentes manifestations à travers le pays pour dénoncer l'acquittement de la chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème en 2010 puis acquittée fin 2018.

Après son acquittement, des milliers de membres du TLP avaient bloqué trois jours durant les principaux axes du pays pour exiger sa pendaison.

Le TLP avait appelé à assassiner les juges de la Cour suprême ayant pris la décision, et à des mutineries dans l'armée.

Les autorités avaient ordonné l'arrestation du chef du parti, Khadim Hussain Rizvi, pour calmer les esprits. Il avait été remis en liberté en mai 2019.

"C'est une parodie de justice, avec des peines particulièrement lourdes", a dénoncé Pir Ejaz Ashrafi, qui a assuré que le parti allait faire appel du jugement.

Le blasphème est un sujet incendiaire au Pakistan, où de simples accusations suffisent parfois à entraîner des lynchages meurtriers.

Mme Bibi, ouvrière agricole d'une cinquantaine d'années et mère de famille, avait été condamnée à mort à la suite d'une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau.

S'en était suivie une longue saga judiciaire qui avait divisé le pays et ému la communauté internationale, attirant l'attention des papes Benoît XVI et François.

Après avoir passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort au Pakistan, elle vit désormais au Canada.

Les chrétiens, qui comptent pour environ 2% de la population pakistanaise majoritairement musulmane, constituent l'une des communautés les plus déclassées du Pakistan. Ils vivent souvent dans des bidonvilles et se voient offrir des emplois peu rémunérés de balayeurs, d'agents d'entretien ou de cuisiniers.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10806 Fri, 17 Jan 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
La justice pakistanaise annule la condamnation à mort de Musharraf https://www.peinedemort.org/document/10799 La justice pakistanaise a annulé lundi la condamnation à mort par contumace de l'ex-président et général Pervez Musharraf exilé à Dubaï, arguant que la cour spéciale qui l'avait déclaré coupable de trahison était inconstitutionnelle. "Le dépôt de la plainte, la constitution du tribunal, la sélection de l'équipe de l'accusation sont illégaux. (...) Le jugement complet a été annulé", a déclaré à l'AFP le procureur Ishtiaq A Khan, qui défendait le gouvernement pakistanais devant la Haute cour de Lahore (Est). "Oui, c'est un homme libre. Il n'y a à ce moment plus aucune condamnation en vigueur à son égard" dans cette affaire, a ajouté le procureur. Azhar Siddique, un avocat de l'ex-général, a confirmé à des journalistes devant ce tribunal que la justice avait "tout annulé". Le parquet peut maintenant choisir de poursuivre à nouveau l'ancien chef de l'Etat, encore accusé dans plusieurs autres affaires, avec l'aval du gouvernement pakistanais. Mais Saroop Ijaz, un avocat expérimenté de Lahore qui n'est pas impliqué dans l'affaire, a déclaré douter, à moins que la Haute cour ne l'ordonne dans son verdict détaillé, qu'une nouvelle action en justice soit lancée. La plainte avait initialement été formulée par l'ancien Premier ministre Nawaz Sharif, très véhément face à l'armée, a-t-il souligné, et non par l'actuel gouvernement d'Imran Khan, dont "les visées politiques sont absolument claires - ils ne veulent pas poursuivre cette affaire". - "Haute trahison" - Le 17 décembre dernier, un tribunal spécial avait condamné Pervez Musharraf à la peine de mort par contumace pour "haute trahison" pour avoir instauré l'état d'urgence dans le pays en 2007. Si l'actuel Premier ministre Imran Khan avait alors appelé à la résistance contre l'état d'urgence, l'opposition l'accuse d'avoir plus récemment bénéficié d'un soutien des militaires, qui lui auraient permis de remporter les législatives de 2018 et d'accéder au pouvoir. L'annulation de la condamnation à mort est "un pas en avant vers (...) la suprématie de la loi", a réagi la ministre de l'Information Firdous Ashiq Awan lors d'un point presse. "Cette décision apportera de la stabilité au Pakistan", a-t-elle poursuivi. Les termes très crus du jugement - si Pervez Musharraf "est trouvé mort, son cadavre (sera) traîné jusqu'à (...) Islamabad et pendu pendant trois jours" - avaient provoqué une vive polémique dans le pays et la colère de la puissante armée, qui a dirigé le Pakistan près de la moitié de son histoire. En exil à Dubaï, l'ancien général avait lui dénoncé une "vendetta personnelle". Il était apparu dans une vidéo depuis un lit d'hôpital, l'air frêle et peinant à parler. Personnage central de la vie politique pakistanaise, Pervez Musharraf était parvenu au pouvoir par un coup d'Etat sans effusion de sang en octobre 1999, en écartant du pouvoir le Premier ministre Nawaz Sharif, avant de s'autoproclamer président en juin 2001 et de remporter en avril 2002 un référendum controversé. Fumeur de cigares et buveur de whisky, vu comme un modéré, il était devenu un allié clé des Etats-Unis dans la "guerre contre le terrorisme" après les attentats du 11 septembre 2001. Il a échappé à au moins trois tentatives d'assassinat d'Al-Qaïda au cours de ses neuf années de mandat. Il n'avait guère rencontré d'opposition jusqu'à ce qu'il tente de démettre le président de la Cour suprême en mars 2007, déclenchant des manifestations dans tout le pays et des mois de troubles qui avaient débouché sur l'imposition de l'état d'urgence. Il avait finalement dû démissionner en août 2008 face à la menace d'une procédure de destitution initiée par une nouvelle majorité de coalition, et s'était brièvement exilé. Il était revenu au Pakistan en 2013, mais avait été empêché de prendre part aux élections. Une série de poursuites en justice l'avaient également empêché de quitter le pays. L'interdiction avait finalement été levée en 2016, et il avait rejoint Dubaï pour des traitements médicaux. Il y vit toujours. En août 2017, la justice pakistanaise l'a déclaré "fugitif" dans le procès du meurtre de l'ex-Première ministre Benazir Bhutto, sa rivale politique, pour lequel il demeure le seul suspect.
"Le dépôt de la plainte, la constitution du tribunal, la sélection de l'équipe de l'accusation sont illégaux. (...) Le jugement complet a été annulé", a déclaré à l'AFP le procureur Ishtiaq A Khan, qui défendait le gouvernement pakistanais devant la Haute cour de Lahore (Est).

"Oui, c'est un homme libre. Il n'y a à ce moment plus aucune condamnation en vigueur à son égard" dans cette affaire, a ajouté le procureur.

Azhar Siddique, un avocat de l'ex-général, a confirmé à des journalistes devant ce tribunal que la justice avait "tout annulé".

Le parquet peut maintenant choisir de poursuivre à nouveau l'ancien chef de l'Etat, encore accusé dans plusieurs autres affaires, avec l'aval du gouvernement pakistanais.

Mais Saroop Ijaz, un avocat expérimenté de Lahore qui n'est pas impliqué dans l'affaire, a déclaré douter, à moins que la Haute cour ne l'ordonne dans son verdict détaillé, qu'une nouvelle action en justice soit lancée.

La plainte avait initialement été formulée par l'ancien Premier ministre Nawaz Sharif, très véhément face à l'armée, a-t-il souligné, et non par l'actuel gouvernement d'Imran Khan, dont "les visées politiques sont absolument claires - ils ne veulent pas poursuivre cette affaire".

- "Haute trahison" -

Le 17 décembre dernier, un tribunal spécial avait condamné Pervez Musharraf à la peine de mort par contumace pour "haute trahison" pour avoir instauré l'état d'urgence dans le pays en 2007.

Si l'actuel Premier ministre Imran Khan avait alors appelé à la résistance contre l'état d'urgence, l'opposition l'accuse d'avoir plus récemment bénéficié d'un soutien des militaires, qui lui auraient permis de remporter les législatives de 2018 et d'accéder au pouvoir.

L'annulation de la condamnation à mort est "un pas en avant vers (...) la suprématie de la loi", a réagi la ministre de l'Information Firdous Ashiq Awan lors d'un point presse. "Cette décision apportera de la stabilité au Pakistan", a-t-elle poursuivi.

Les termes très crus du jugement - si Pervez Musharraf "est trouvé mort, son cadavre (sera) traîné jusqu'à (...) Islamabad et pendu pendant trois jours" - avaient provoqué une vive polémique dans le pays et la colère de la puissante armée, qui a dirigé le Pakistan près de la moitié de son histoire.

En exil à Dubaï, l'ancien général avait lui dénoncé une "vendetta personnelle". Il était apparu dans une vidéo depuis un lit d'hôpital, l'air frêle et peinant à parler.

Personnage central de la vie politique pakistanaise, Pervez Musharraf était parvenu au pouvoir par un coup d'Etat sans effusion de sang en octobre 1999, en écartant du pouvoir le Premier ministre Nawaz Sharif, avant de s'autoproclamer président en juin 2001 et de remporter en avril 2002 un référendum controversé.

Fumeur de cigares et buveur de whisky, vu comme un modéré, il était devenu un allié clé des Etats-Unis dans la "guerre contre le terrorisme" après les attentats du 11 septembre 2001. Il a échappé à au moins trois tentatives d'assassinat d'Al-Qaïda au cours de ses neuf années de mandat.

Il n'avait guère rencontré d'opposition jusqu'à ce qu'il tente de démettre le président de la Cour suprême en mars 2007, déclenchant des manifestations dans tout le pays et des mois de troubles qui avaient débouché sur l'imposition de l'état d'urgence.

Il avait finalement dû démissionner en août 2008 face à la menace d'une procédure de destitution initiée par une nouvelle majorité de coalition, et s'était brièvement exilé.

Il était revenu au Pakistan en 2013, mais avait été empêché de prendre part aux élections. Une série de poursuites en justice l'avaient également empêché de quitter le pays.

L'interdiction avait finalement été levée en 2016, et il avait rejoint Dubaï pour des traitements médicaux. Il y vit toujours.

En août 2017, la justice pakistanaise l'a déclaré "fugitif" dans le procès du meurtre de l'ex-Première ministre Benazir Bhutto, sa rivale politique, pour lequel il demeure le seul suspect.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10799 Mon, 13 Jan 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Annulation de la condamnation à mort pour "hautre trahison" de l'ancien président pakistanais https://www.peinedemort.org/document/10800 La condamnation à mort par contumace de l'ancien président pakistanais Pervez Musharraf est annulée par la justice en raison de l'inconstitutionnalité du tribunal spécial qui l'avait prononcée en décembre 2019. https://www.peinedemort.org/document/10800 Mon, 13 Jan 2020 00:00:00 +0000 Sophie Fotiadi Pakistan : la formation du tribunal spécial qui a condamné Musharraf à mort était inconstitutionnelle (Haute Cour) https://www.peinedemort.org/document/10802 ISLAMABAD, 13 janvier (Xinhua) -- La Haute Cour de Lahore a jugé lundi que la formation du tribunal spécial qui a condamné à mort l'ancien président pakistanais Pervez Musharraf était inconstitutionnelle. M. Musharraf a fait appel à la Haute Cour contre le verdict du tribunal qui l'a condamné en décembre dernier, demandant à la cour de rejeter le jugement de ce tribunal qui serait illégal, incompétent et inconstitutionnel. Statuant sur la requête de M. Musharraf, la Haute Cour a aussi indiqué que la charge de trahison retenue contre l'ancien président n'avait pas été établie conformément à la loi. Bien que les trois membres du jury de la Haute Cour n'aient pas rendu de jugement sur la validité du verdict rendu par le tribunal spécial, les avocats de M. Musharraf ont affirmé que la décision était annulée puisque la formation même du tribunal spécial qui l'a condamné à mort a été déclarée illégale. M. Musharraf a été condamné à mort le 17 décembre dernier des suites d'un dossier déposé par l'ancien gouvernement pakistanais en 2013, au motif que l'ex-président a suspendu la Constitution en imposant un état d'urgence dans le pays en 2007.
M. Musharraf a fait appel à la Haute Cour contre le verdict du tribunal qui l'a condamné en décembre dernier, demandant à la cour de rejeter le jugement de ce tribunal qui serait illégal, incompétent et inconstitutionnel.

Statuant sur la requête de M. Musharraf, la Haute Cour a aussi indiqué que la charge de trahison retenue contre l'ancien président n'avait pas été établie conformément à la loi.

Bien que les trois membres du jury de la Haute Cour n'aient pas rendu de jugement sur la validité du verdict rendu par le tribunal spécial, les avocats de M. Musharraf ont affirmé que la décision était annulée puisque la formation même du tribunal spécial qui l'a condamné à mort a été déclarée illégale.

M. Musharraf a été condamné à mort le 17 décembre dernier des suites d'un dossier déposé par l'ancien gouvernement pakistanais en 2013, au motif que l'ex-président a suspendu la Constitution en imposant un état d'urgence dans le pays en 2007.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10802 Mon, 13 Jan 2020 00:00:00 +0000 Xinhua
Pakistan : la condamnation à mort de Junaid Hafeez pour blasphème est une parodie de justice (experts de l'ONU) https://www.peinedemort.org/document/10789 Des experts des droits de l'homme indépendants des Nations Unies * ont condamné la peine de mort prononcée par un tribunal pakistanais a l'encontre du professeur d'université Junaid Hafeez, accusé de blasphème. La condamnation a été prononcée, malgré l'arrêt-clé de la Cour suprême lors du procès pour blasphème d'Asia Bibi l'année dernière et l'appel urgent d'experts du système des Nations Unies lancé au gouvernement, soulevant des inquiétudes quant au fond de l'affaire. « La décision de la Cour suprême dans l'affaire Asia Bibi aurait dû créer un précédent permettant aux juridictions inférieures de rejeter toute affaire de blasphème qui n'a pas été prouvée au-delà de tout doute raisonnable », ont déclaré les experts. « À la lumière de cette décision, le verdict de culpabilité contre M. Hafeez est une parodie de justice et nous condamnons la peine de mort qui lui a été infligée. Nous prions instamment les cours supérieures du Pakistan d'entendre rapidement son appel, d'annuler la peine de mort et de l'acquitter », ont-ils ajouté. Le droit international n'autorise la peine de mort que dans des circonstances exceptionnelles et exige des preuves incontestables de meurtre intentionnel, ont noté les experts « La condamnation à mort prononcée contre M. Hafeez n'a aucun fondement ni en droit ni en preuves, et est donc contraire au droit international. L'exécution de la peine équivaudrait à un meurtre arbitraire », ont-ils déclaré. Les experts se sont dit très préoccupés par le fait que des accusations de blasphème sont toujours portées contre des personnes qui exercent légitimement leurs droits à la liberté de pensée, de conscience, de religion et d'expression. M. Hafeez, professeur de 33 ans à l'Université Bahauddin Zakariya de Multan, a été arrêté le 13 mars 2013 et inculpé en vertu des articles 295-B et -C du Code pénal pakistanais pour avoir prétendument fait des remarques blasphématoires lors de conférences et sur son compte Facebook. Il est incarcéré en isolement depuis le début de son procès en 2014, ce qui affecte gravement sa santé mentale et physique. La peine de mort a été prononcée par un tribunal du district de Multan le 21 décembre 2019. « Le régime d'incarcération en isolement prolongé pourrait bien être considéré comme de la torture ou d'autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants », ont déclaré les experts. Le cas de M. Hafeez a fait l'objet de longs procès à Multan, l'accusation n'ayant pas fourni de preuves convaincantes de sa culpabilité. « Nous notons également que certaines preuves documentaires soumises au tribunal n'ont jamais fait l'objet d'un examen médico-légal indépendant malgré les allégations selon lesquelles elles auraient été inventées, et qu'un avocat représentant M. Hafeez en 2014, Rashid Rehman, a été assassiné et que les tueurs n'ont pas été traduits en justice », ont-ils dit. « Il semble y avoir un climat de peur parmi les membres de la magistrature qui traitent cette affaire, ce qui peut expliquer pourquoi au moins sept juges ont été transférés au cours de ce long procès », ont constaté les experts. NOTE : Les experts indépendants font partie de la division des procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme. Les procédures spéciales, l'organe le plus important d'experts indépendants du Système des droits de l'homme de l'ONU, est le terme général appliqué aux mécanismes d'enquête et de suivi indépendants du Conseil qui s'adressent aux situations spécifiques des pays ou aux questions thématiques partout dans le monde. Les experts des procédures spéciales travaillent à titre bénévole ; ils ne font pas partie du personnel de l'ONU et ils ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants des gouvernements et des organisations et ils exercent leurs fonctions à titre indépendant. * Les experts des Nations Unies sont : Ahmed Shaheed, Rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de conviction ; Agnès Callamard, Rapporteuse spéciale sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires ; Nils Melzer, Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants et les membres du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire - José Antonio Guevara Bermúdez (Président), Leigh Toomey (Vice-présidente chargée des communications) ), Elina Steinerte (Vice-présidente chargée du suivi), Seong-Phil Hong et Sètondji Adjovi.
La condamnation a été prononcée, malgré l'arrêt-clé de la Cour suprême lors du procès pour blasphème d'Asia Bibi l'année dernière et l'appel urgent d'experts du système des Nations Unies lancé au gouvernement, soulevant des inquiétudes quant au fond de l'affaire.

« La décision de la Cour suprême dans l'affaire Asia Bibi aurait dû créer un précédent permettant aux juridictions inférieures de rejeter toute affaire de blasphème qui n'a pas été prouvée au-delà de tout doute raisonnable », ont déclaré les experts.

« À la lumière de cette décision, le verdict de culpabilité contre M. Hafeez est une parodie de justice et nous condamnons la peine de mort qui lui a été infligée. Nous prions instamment les cours supérieures du Pakistan d'entendre rapidement son appel, d'annuler la peine de mort et de l'acquitter », ont-ils ajouté.

Le droit international n'autorise la peine de mort que dans des circonstances exceptionnelles et exige des preuves incontestables de meurtre intentionnel, ont noté les experts

« La condamnation à mort prononcée contre M. Hafeez n'a aucun fondement ni en droit ni en preuves, et est donc contraire au droit international. L'exécution de la peine équivaudrait à un meurtre arbitraire », ont-ils déclaré.

Les experts se sont dit très préoccupés par le fait que des accusations de blasphème sont toujours portées contre des personnes qui exercent légitimement leurs droits à la liberté de pensée, de conscience, de religion et d'expression.

M. Hafeez, professeur de 33 ans à l'Université Bahauddin Zakariya de Multan, a été arrêté le 13 mars 2013 et inculpé en vertu des articles 295-B et -C du Code pénal pakistanais pour avoir prétendument fait des remarques blasphématoires lors de conférences et sur son compte Facebook. Il est incarcéré en isolement depuis le début de son procès en 2014, ce qui affecte gravement sa santé mentale et physique. La peine de mort a été prononcée par un tribunal du district de Multan le 21 décembre 2019.

« Le régime d'incarcération en isolement prolongé pourrait bien être considéré comme de la torture ou d'autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants », ont déclaré les experts.

Le cas de M. Hafeez a fait l'objet de longs procès à Multan, l'accusation n'ayant pas fourni de preuves convaincantes de sa culpabilité. « Nous notons également que certaines preuves documentaires soumises au tribunal n'ont jamais fait l'objet d'un examen médico-légal indépendant malgré les allégations selon lesquelles elles auraient été inventées, et qu'un avocat représentant M. Hafeez en 2014, Rashid Rehman, a été assassiné et que les tueurs n'ont pas été traduits en justice », ont-ils dit.

« Il semble y avoir un climat de peur parmi les membres de la magistrature qui traitent cette affaire, ce qui peut expliquer pourquoi au moins sept juges ont été transférés au cours de ce long procès », ont constaté les experts.



NOTE :

Les experts indépendants font partie de la division des procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme. Les procédures spéciales, l'organe le plus important d'experts indépendants du Système des droits de l'homme de l'ONU, est le terme général appliqué aux mécanismes d'enquête et de suivi indépendants du Conseil qui s'adressent aux situations spécifiques des pays ou aux questions thématiques partout dans le monde.

Les experts des procédures spéciales travaillent à titre bénévole ; ils ne font pas partie du personnel de l'ONU et ils ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants des gouvernements et des organisations et ils exercent leurs fonctions à titre indépendant.

* Les experts des Nations Unies sont : Ahmed Shaheed, Rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de conviction ; Agnès Callamard, Rapporteuse spéciale sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires ; Nils Melzer, Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants et les membres du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire - José Antonio Guevara Bermúdez (Président), Leigh Toomey (Vice-présidente chargée des communications) ), Elina Steinerte (Vice-présidente chargée du suivi), Seong-Phil Hong et Sètondji Adjovi.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10789 Fri, 27 Dec 2019 00:00:00 +0000 Organisation des Nations Unies
Pakistan: peine de mort pour un professeur d'université accusé de blasphème https://www.peinedemort.org/document/10768 Un professeur d'université accusé d'avoir dénigré le prophète Mahomet en 2013, et dont l'avocat avait été assassiné l'année suivante après avoir été menacé de mort durant une audience, a été condamné à mort samedi pour blasphème au Pakistan, où cette question est extrêmement sensible. Junaid Hafeez "doit être pendu par le cou jusqu'à sa mort", peut-on lire dans jugement du tribunal de première instance de Multan (centre). "Merci à Dieu, cette affaire est arrivée à sa juste conclusion", a commenté le procureur Zia ur Rehman, interrogé par l'AFP. A Multan, des avocats ont distribué des sucreries au barreau de la ville en chantant "Allah Akhbar" ("Dieu est le plus grand") ou encore "Mort aux blasphémateurs". "Ce verdict est la victoire de la vérité", s'est réjoui Airaz Ali, l'un d'entre eux. Junaid Hafeez, maître de conférence à l'université Bahauddin Zakariya de Multan (centre), est accusé d'avoir dénigré le prophète Mahomet en mars 2013 sur les réseaux sociaux. En mai 2014, trois hommes armés avaient assassiné son avocat, Rashid Rehman, après que les avocats de la partie civile l'eurent menacé de mort durant une audience. "Les personnes impliquées dans le meurtre n'ont jamais été appréhendées", ce qui est un gage "d'impunité pour d'autres éventuels justiciers en puissance", ont observé la famille de Junaid Hafeez et ses avocats samedi dans un communiqué dénonçant l'"injustice" de la sentence. "Dans de telles circonstances, un juge pourrait-il prendre le risque de rendre justice ?", se sont-ils interrogés, critiquant une décision "qui a moins à voir avec le bien-fondé juridique de l'affaire qu'avec l'environnement sociopolitique dans lequel les juridictions inférieures opèrent" au Pakistan. Junaid Hafeez, de confession musulmane, est détenu à l'isolement depuis mai juin 2014. Ses conditions de détention ont encore empiré cette dernière année, depuis qu'il est enfermé dans une cellule de 8 m2, au sein d'un baraquement dont il est le seul prisonnier et dont il n'a pas le droit de sortir, selon son avocat Asad Jamal. - "Consterné" - "Il ne peut y avoir de procès équitable dans les affaires de blasphème", a commenté Me Jamal à l'AFP. "Nous ferons appel de ce verdict", a-t-il poursuivi. La condamnation à mort de Junaid Hafeez est "une erreur judiciaire flagrante", "extrêmement décevante et surprenante", a réagi Rabia Mehmood, chercheuse pour Amnesty international. "Toute l'affaire Junaid et son long procès ont été une parodie de justice, a-t-elle déploré. Le gouvernement doit le libérer immédiatement et abandonner toutes les charges retenues contre lui". La Commission pakistanaise des droits de l'Homme, pointant également "les pressions" exercées sur le tribunal de première instance de Multan, s'est dite "consternée" dans un communiqué, espérant que "le verdict sera annulé en appel". Huit juges se sont succédé depuis que cette affaire à démarré, les sept premiers ayant été transférés, avait dénoncé Amnesty international en septembre, dénonçant "de sérieux retards de procédure". Le blasphème est une question brûlante au Pakistan, où même des allégations non prouvées d'insulte à l'islam peuvent entraîner assassinats et lynchages. L'acquittement fin octobre dernier de la chrétienne Asia Bibi, qui avait passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort pour blasphème, ce qu'elle a toujours nié, avait provoqué des manifestations violentes dans tout le Pakistan. Asia Bibi vit désormais au Canada avec sa famille. La plupart des affaires de blasphème concernent des musulmans au Pakistan, pays de 207 millions d'habitants dont au moins 95% de la population est musulmane. Les minorités religieuses, chrétiens, hindous et surtout Ahmadis - une branche de l'islam non reconnue au Pakistan car ses adeptes croient en un prophète après Mahomet, ce qui fait d'eux des hérétiques pour les plus conservateurs - sont toutefois surreprésentées au regard de leur faible nombre, selon plusieurs études sur le blasphème.
Junaid Hafeez "doit être pendu par le cou jusqu'à sa mort", peut-on lire dans jugement du tribunal de première instance de Multan (centre).

"Merci à Dieu, cette affaire est arrivée à sa juste conclusion", a commenté le procureur Zia ur Rehman, interrogé par l'AFP.

A Multan, des avocats ont distribué des sucreries au barreau de la ville en chantant "Allah Akhbar" ("Dieu est le plus grand") ou encore "Mort aux blasphémateurs". "Ce verdict est la victoire de la vérité", s'est réjoui Airaz Ali, l'un d'entre eux.

Junaid Hafeez, maître de conférence à l'université Bahauddin Zakariya de Multan (centre), est accusé d'avoir dénigré le prophète Mahomet en mars 2013 sur les réseaux sociaux.

En mai 2014, trois hommes armés avaient assassiné son avocat, Rashid Rehman, après que les avocats de la partie civile l'eurent menacé de mort durant une audience.

"Les personnes impliquées dans le meurtre n'ont jamais été appréhendées", ce qui est un gage "d'impunité pour d'autres éventuels justiciers en puissance", ont observé la famille de Junaid Hafeez et ses avocats samedi dans un communiqué dénonçant l'"injustice" de la sentence.

"Dans de telles circonstances, un juge pourrait-il prendre le risque de rendre justice ?", se sont-ils interrogés, critiquant une décision "qui a moins à voir avec le bien-fondé juridique de l'affaire qu'avec l'environnement sociopolitique dans lequel les juridictions inférieures opèrent" au Pakistan.

Junaid Hafeez, de confession musulmane, est détenu à l'isolement depuis mai juin 2014. Ses conditions de détention ont encore empiré cette dernière année, depuis qu'il est enfermé dans une cellule de 8 m2, au sein d'un baraquement dont il est le seul prisonnier et dont il n'a pas le droit de sortir, selon son avocat Asad Jamal.

- "Consterné" -

"Il ne peut y avoir de procès équitable dans les affaires de blasphème", a commenté Me Jamal à l'AFP. "Nous ferons appel de ce verdict", a-t-il poursuivi.

La condamnation à mort de Junaid Hafeez est "une erreur judiciaire flagrante", "extrêmement décevante et surprenante", a réagi Rabia Mehmood, chercheuse pour Amnesty international.

"Toute l'affaire Junaid et son long procès ont été une parodie de justice, a-t-elle déploré. Le gouvernement doit le libérer immédiatement et abandonner toutes les charges retenues contre lui".

La Commission pakistanaise des droits de l'Homme, pointant également "les pressions" exercées sur le tribunal de première instance de Multan, s'est dite "consternée" dans un communiqué, espérant que "le verdict sera annulé en appel".

Huit juges se sont succédé depuis que cette affaire à démarré, les sept premiers ayant été transférés, avait dénoncé Amnesty international en septembre, dénonçant "de sérieux retards de procédure".

Le blasphème est une question brûlante au Pakistan, où même des allégations non prouvées d'insulte à l'islam peuvent entraîner assassinats et lynchages.

L'acquittement fin octobre dernier de la chrétienne Asia Bibi, qui avait passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort pour blasphème, ce qu'elle a toujours nié, avait provoqué des manifestations violentes dans tout le Pakistan. Asia Bibi vit désormais au Canada avec sa famille.

La plupart des affaires de blasphème concernent des musulmans au Pakistan, pays de 207 millions d'habitants dont au moins 95% de la population est musulmane.

Les minorités religieuses, chrétiens, hindous et surtout Ahmadis - une branche de l'islam non reconnue au Pakistan car ses adeptes croient en un prophète après Mahomet, ce qui fait d'eux des hérétiques pour les plus conservateurs - sont toutefois surreprésentées au regard de leur faible nombre, selon plusieurs études sur le blasphème.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10768 Sat, 21 Dec 2019 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Pakistan - Peine de mort pour un intellectuel accusé de blasphème https://www.peinedemort.org/document/10770 ISLAMABAD, 21 décembre (Reuters) - Un tribunal anti-terroriste pakistanais a condamné samedi à la peine de mort un intellectuel et ancien professeur d'université accusé de blasphème. En 2013, Junaid Hafeez fut accusé par des étudiants d'avoir enseigné, lors de cours donnés dans une université du centre du Pakistan, une manière de poster des messages blasphématoires sur Facebook. Insulter le prophète Mahomet est passible de peine de mort obligatoire au Pakistan, pays musulman à 95%. Les avocats de Junaid Hafeez estiment que ce dernier, connu pour ses positions progressistes, avait été piégé par des étudiants membres d'un parti islamiste radical. Asad Jamal, l'avocat de la défense, a déclaré qu'il allait faire appel de la décision. "Il ne peut y avoir de procès équitable dans les cas de blasphème au Pakistan. Nous avons un système sans colonne vertébrale. Personne ne peut résister à l'accusation de blasphème", a-t-il dit à Reuters. Le procès de Junaid Hafeez s'est tenu dans une prison située dans la ville de Multan, au centre du pays, et ce dans un contexte de haute sécurité étant donné les menaces proférées à l'encontre de la famille et de l'avocat de l'intellectuel.
En 2013, Junaid Hafeez fut accusé par des étudiants d'avoir enseigné, lors de cours donnés dans une université du centre du Pakistan, une manière de poster des messages blasphématoires sur Facebook.

Insulter le prophète Mahomet est passible de peine de mort obligatoire au Pakistan, pays musulman à 95%.

Les avocats de Junaid Hafeez estiment que ce dernier, connu pour ses positions progressistes, avait été piégé par des étudiants membres d'un parti islamiste radical.

Asad Jamal, l'avocat de la défense, a déclaré qu'il allait faire appel de la décision.

"Il ne peut y avoir de procès équitable dans les cas de blasphème au Pakistan. Nous avons un système sans colonne vertébrale. Personne ne peut résister à l'accusation de blasphème", a-t-il dit à Reuters.

Le procès de Junaid Hafeez s'est tenu dans une prison située dans la ville de Multan, au centre du pays, et ce dans un contexte de haute sécurité étant donné les menaces proférées à l'encontre de la famille et de l'avocat de l'intellectuel.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10770 Sat, 21 Dec 2019 00:00:00 +0000 Reuters
Condamnation à mort d'un universitaire pour blasphème au Pakistan https://www.peinedemort.org/document/10790 Junaid Hafeez est condamné à mort pour blasphème par le tribunal de première instance de Multan. Chargé de cours à l'Université de Bahauddin Zakariya, à Multan, il a été arrêté en 2013 pour avoir fait des remarques blasphématoires lors de ses conférences et sur les réseaux sociaux. Il est détenu à l'isolement depuis mi-2014. En mai 2014, son avocat, Rashid Rehman, avait été abattu dans son cabinet après avoir reçu des menaces parce qu'il le défendait.
Chargé de cours à l'Université de Bahauddin Zakariya, à Multan, il a été arrêté en 2013 pour avoir fait des remarques blasphématoires lors de ses conférences et sur les réseaux sociaux. Il est détenu à l'isolement depuis mi-2014.
En mai 2014, son avocat, Rashid Rehman, avait été abattu dans son cabinet après avoir reçu des menaces parce qu'il le défendait.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10790 Sat, 21 Dec 2019 00:00:00 +0000 Sophie Fotiadi
Pakistan: pour Musharraf, sa condamnation à mort relève de la "vendetta personnelle" https://www.peinedemort.org/document/10766 L'ex-président pakistanais Pervez Musharraf, en exil à Dubaï, a qualifié mercredi soir de "vendetta personnelle" sa condamnation à mort par contumace pour trahison mardi, déplorant "un usage regrettable de la loi" pour le "viser". "Cette affaire a été montée et poursuivie en raison d'une vendetta personnelle de certaines personnes contre moi", a déclaré l'ancien général, désignant implicitement le pouvoir judiciaire comme étant à l'origine de cette vengeance. "L'usage regrettable de la loi, en visant une seule personne et en choisissant les incidents qui les arrangent, montre bien ce que ces personnes désirent", a poursuivi Pervez Musharraf, faisant par ailleurs référence au président de la Cour suprême qui aurait selon lui admis avoir "accéléré" la procédure. L'ancien chef de l'Etat, dont l'avocat affirmait mardi qu'il est à Dubaï et en mauvaise santé, est apparu dans une vidéo depuis un lit d'hôpital, l'air frêle et peinant à parler. "Pervez Musharraf souffre d'amylose cardiaque", une maladie provoquant des dysfonctionnements du coeur, a déclaré Mehrene Malik Adam, la secrétaire générale de la Ligue musulmane pour tout le Pakistan (APML), parti qu'il a fondé. "Il est hospitalisé depuis une dizaine de jours et est traité par chimiothérapie" à l'hôpital américain de Dubaï, a-t-elle ajouté. Un tribunal spécial a condamné mardi l'ancien général à la peine de mort par contumace pour "haute trahison" pour avoir instauré l'état d'urgence dans le pays en novembre 2007. Pervez Musharraf avait alors invoqué la défense de l'unité nationale face au terrorisme islamiste et l'opposition de la Cour suprême, qui devait se prononcer sur la légalité de sa réélection un mois plus tôt, pour suspendre la Constitution. La mesure, très impopulaire, avait fini par causer sa chute en 2008. Saluée par les principaux partis d'opposition comme une décision historique dans un pays gouverné durant près de la moitié de ses 72 années d'histoire par sa puissante armée, sa condamnation mardi a été fortement critiquée par les militaires. Musharraf, parvenu au pouvoir par un coup d'Etat sans effusion de sang en octobre 1999, avant de s'autoproclamer président en juin 2001 et de remporter en avril 2002 un référendum controversé, "ne peut assurément jamais être un traître", a déploré l'armée. "La procédure juridique régulière semble avoir été ignorée", ont poursuivi les militaires, pointant notamment "le déni du droit fondamental à la défense" du général et une affaire conduite selon elle "dans la précipitation". Le gouvernement d'Imran Khan s'est pour l'instant refusé à commenter le jugement. L'actuel Premier ministre, alors qu'il était dans l'opposition en 2007, avait lui-même appelé à la résistance contre l'état d'urgence imposé par Musharraf. Mais l'opposition l'accuse d'avoir plus récemment bénéficié d'un soutien de l'armée, qui lui aurait permis de remporter les législatives de 2018 et d'accéder au pouvoir. Le procureur général Anwar Mansoor Khan, nommé par le gouvernement, a, lui, estimé mardi que le jugement a été rendu "contre la Constitution". Sous le règne de Pervez Musharraf, un stratège connu pour son franc-parler, admirateur de Napoléon Bonaparte et amateur de cigares, le Pakistan avait vu sa croissance économique décoller, sa classe moyenne se développer, les médias se libéraliser et l'armée jouer la carte de l'apaisement face à l'Inde rivale. Mais ses opposants dénonçaient sa mainmise "dictatoriale" sur le pouvoir, le renvoi "illégal" de juges de la Cour suprême qui s'opposaient à lui ou l'assaut sanglant contre des islamistes lourdement armés réfugiés dans la mosquée Rouge d'Islamabad à l'été 2007.
"Cette affaire a été montée et poursuivie en raison d'une vendetta personnelle de certaines personnes contre moi", a déclaré l'ancien général, désignant implicitement le pouvoir judiciaire comme étant à l'origine de cette vengeance.

"L'usage regrettable de la loi, en visant une seule personne et en choisissant les incidents qui les arrangent, montre bien ce que ces personnes désirent", a poursuivi Pervez Musharraf, faisant par ailleurs référence au président de la Cour suprême qui aurait selon lui admis avoir "accéléré" la procédure.

L'ancien chef de l'Etat, dont l'avocat affirmait mardi qu'il est à Dubaï et en mauvaise santé, est apparu dans une vidéo depuis un lit d'hôpital, l'air frêle et peinant à parler.

"Pervez Musharraf souffre d'amylose cardiaque", une maladie provoquant des dysfonctionnements du coeur, a déclaré Mehrene Malik Adam, la secrétaire générale de la Ligue musulmane pour tout le Pakistan (APML), parti qu'il a fondé.

"Il est hospitalisé depuis une dizaine de jours et est traité par chimiothérapie" à l'hôpital américain de Dubaï, a-t-elle ajouté.

Un tribunal spécial a condamné mardi l'ancien général à la peine de mort par contumace pour "haute trahison" pour avoir instauré l'état d'urgence dans le pays en novembre 2007.

Pervez Musharraf avait alors invoqué la défense de l'unité nationale face au terrorisme islamiste et l'opposition de la Cour suprême, qui devait se prononcer sur la légalité de sa réélection un mois plus tôt, pour suspendre la Constitution.

La mesure, très impopulaire, avait fini par causer sa chute en 2008.

Saluée par les principaux partis d'opposition comme une décision historique dans un pays gouverné durant près de la moitié de ses 72 années d'histoire par sa puissante armée, sa condamnation mardi a été fortement critiquée par les militaires.

Musharraf, parvenu au pouvoir par un coup d'Etat sans effusion de sang en octobre 1999, avant de s'autoproclamer président en juin 2001 et de remporter en avril 2002 un référendum controversé, "ne peut assurément jamais être un traître", a déploré l'armée.

"La procédure juridique régulière semble avoir été ignorée", ont poursuivi les militaires, pointant notamment "le déni du droit fondamental à la défense" du général et une affaire conduite selon elle "dans la précipitation".

Le gouvernement d'Imran Khan s'est pour l'instant refusé à commenter le jugement. L'actuel Premier ministre, alors qu'il était dans l'opposition en 2007, avait lui-même appelé à la résistance contre l'état d'urgence imposé par Musharraf.

Mais l'opposition l'accuse d'avoir plus récemment bénéficié d'un soutien de l'armée, qui lui aurait permis de remporter les législatives de 2018 et d'accéder au pouvoir.

Le procureur général Anwar Mansoor Khan, nommé par le gouvernement, a, lui, estimé mardi que le jugement a été rendu "contre la Constitution".

Sous le règne de Pervez Musharraf, un stratège connu pour son franc-parler, admirateur de Napoléon Bonaparte et amateur de cigares, le Pakistan avait vu sa croissance économique décoller, sa classe moyenne se développer, les médias se libéraliser et l'armée jouer la carte de l'apaisement face à l'Inde rivale.

Mais ses opposants dénonçaient sa mainmise "dictatoriale" sur le pouvoir, le renvoi "illégal" de juges de la Cour suprême qui s'opposaient à lui ou l'assaut sanglant contre des islamistes lourdement armés réfugiés dans la mosquée Rouge d'Islamabad à l'été 2007.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10766 Thu, 19 Dec 2019 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Pakistan : l'ex-président Musharraf condamné à mort par contumace pour "haute trahison" https://www.peinedemort.org/document/10761 L'ex-président et général Pervez Musharraf, en exil à Dubaï, a été condamné à mort par contumace mardi pour "haute trahison", un verdict villipendé par la puissante armée pakistanaise, qui a dénoncé un déni de justice. La condamnation de ce personnage central de l'histoire récente du Pakistan a trait "à la décision qu'il a prise le 3 novembre 2007", soit l'instauration de l'état d'urgence dans le pays, a déclaré à l'AFP son avocat, Akhtar Shah. L'ex-président "n'a rien fait de mal", a-t-il souligné. Pervez Musharraf, qui "s'est battu dans des guerres pour la défense du pays", "ne peut assurément jamais être un traître", a critiqué l'armée dans un communiqué. "La procédure juridique régulière semble avoir été ignorée", a-t-elle poursuivi, pointant notamment "le déni du droit fondamental à la défense" du général et une affaire conduite selon elle "dans la précipitation". Le procureur général Anwar Mansoor Khan, nommé par le gouvernement pakistanais du Premier ministre Imran Khan, dont l'armée a selon l'opposition favorisé l'accession au pouvoir lors des législatives de 2018, a de son côté estimé que le jugement, prononcé par un tribunal spécial, a été rendu "contre la Constitution". "Chaque personne a droit à un procès juste", a-t-il estimé lors d'une conférence de presse. Pervez Musharraf avait invoqué la défense de l'unité nationale face au terrorisme islamiste et l'opposition de la Cour suprême, qui devait se prononcer sur la légalité de sa réélection un mois plus tôt, pour suspendre la Constitution. Cette mesure très impopulaire, levée en décembre 2007, avait fini par causer sa chute moins d'un an plus tard. "Il avait l'immunité. (...) Il était le président du Pakistan et le commandant suprême des forces armées", a observé mardi son avocat Akhtar Shah. Début décembre, une vidéo avait circulé montrant Pervez Musharraf dans un lit d'hôpital, où il racontait s'être "évanoui". "Cette affaire est sans fondement", avait-il lancé d'une voix faible. Talat Masood, un général en retraite et analyste sécuritaire, a qualifié le verdict d'"extraordinaire" dans un Pakistan gouverné par l'armée près de la moitié de ses 72 ans d'existence. Cette décision aura "un grand impact sur l'évolution démocratique du Pakistan". L'ONG Amnesty international a qualifié d'"encourageant" le fait que le Pakistan "en finisse avec une histoire d'impunité pour les puissants généraux", tout en rappelant son opposition à la peine capitale. - Mainmise "dictatoriale" - Aujourd'hui âgé de 76 ans, M. Musharraf était parvenu au pouvoir par un coup d'Etat sans effusion de sang en octobre 1999, puis s'était autoproclamé président en juin 2001, avant de remporter en avril 2002 un référendum controversé. Sous le règne de ce stratège connu pour son franc-parler, admirateur de Napoléon Bonaparte et amateur de cigares, le Pakistan avait vu sa croissance économique décoller, sa classe moyenne se développer, les médias se libéraliser et l'armée jouer la carte de l'apaisement face à l'Inde rivale. Mais ses opposants ont dénoncé sa mainmise "dictatoriale" sur le pouvoir, le renvoi "illégal" de juges de la Cour suprême qui s'opposaient à lui ou l'assaut sanglant contre des islamistes lourdement armés réfugiés dans la mosquée Rouge d'Islamabad à l'été 2007. En août 2008, très impopulaire et face à la pression croissante de l'opposition et de la justice, ce nationaliste avait démissionné, pour ensuite amorcer un luxueux exil volontaire entre Londres et Dubaï. Rentré en mars 2013 au Pakistan afin de participer aux élections, ses ambitions politiques avaient été brisées par de multiples poursuites judiciaires. Il avait à nouveau quitté le pays en mars 2016 pour des soins médicaux à Dubaï en promettant de revenir ensuite affronter ses juges. En août 2017, la justice pakistanaise l'a déclaré "fugitif" dans le procès du meurtre de Benazir Bhutto, sa rivale politique, pour lequel il demeure le seul suspect. Mme Bhutto, deux fois élue Premier ministre du Pakistan, et première femme de l'ère contemporaine à avoir dirigé un pays musulman, avait été assassinée dans un attentat-suicide à Rawalpindi le 27 décembre 2007. "La démocratie est la meilleure revanche", a tweeté mardi son fils Bilawal Bhutto Zardari, qui dirige le Parti du peuple pakistanais (PPP - opposition) en réaction au jugement.
La condamnation de ce personnage central de l'histoire récente du Pakistan a trait "à la décision qu'il a prise le 3 novembre 2007", soit l'instauration de l'état d'urgence dans le pays, a déclaré à l'AFP son avocat, Akhtar Shah. L'ex-président "n'a rien fait de mal", a-t-il souligné.

Pervez Musharraf, qui "s'est battu dans des guerres pour la défense du pays", "ne peut assurément jamais être un traître", a critiqué l'armée dans un communiqué.

"La procédure juridique régulière semble avoir été ignorée", a-t-elle poursuivi, pointant notamment "le déni du droit fondamental à la défense" du général et une affaire conduite selon elle "dans la précipitation".

Le procureur général Anwar Mansoor Khan, nommé par le gouvernement pakistanais du Premier ministre Imran Khan, dont l'armée a selon l'opposition favorisé l'accession au pouvoir lors des législatives de 2018, a de son côté estimé que le jugement, prononcé par un tribunal spécial, a été rendu "contre la Constitution".

"Chaque personne a droit à un procès juste", a-t-il estimé lors d'une conférence de presse.

Pervez Musharraf avait invoqué la défense de l'unité nationale face au terrorisme islamiste et l'opposition de la Cour suprême, qui devait se prononcer sur la légalité de sa réélection un mois plus tôt, pour suspendre la Constitution.

Cette mesure très impopulaire, levée en décembre 2007, avait fini par causer sa chute moins d'un an plus tard.

"Il avait l'immunité. (...) Il était le président du Pakistan et le commandant suprême des forces armées", a observé mardi son avocat Akhtar Shah.

Début décembre, une vidéo avait circulé montrant Pervez Musharraf dans un lit d'hôpital, où il racontait s'être "évanoui". "Cette affaire est sans fondement", avait-il lancé d'une voix faible.

Talat Masood, un général en retraite et analyste sécuritaire, a qualifié le verdict d'"extraordinaire" dans un Pakistan gouverné par l'armée près de la moitié de ses 72 ans d'existence. Cette décision aura "un grand impact sur l'évolution démocratique du Pakistan".

L'ONG Amnesty international a qualifié d'"encourageant" le fait que le Pakistan "en finisse avec une histoire d'impunité pour les puissants généraux", tout en rappelant son opposition à la peine capitale.

- Mainmise "dictatoriale" -

Aujourd'hui âgé de 76 ans, M. Musharraf était parvenu au pouvoir par un coup d'Etat sans effusion de sang en octobre 1999, puis s'était autoproclamé président en juin 2001, avant de remporter en avril 2002 un référendum controversé.

Sous le règne de ce stratège connu pour son franc-parler, admirateur de Napoléon Bonaparte et amateur de cigares, le Pakistan avait vu sa croissance économique décoller, sa classe moyenne se développer, les médias se libéraliser et l'armée jouer la carte de l'apaisement face à l'Inde rivale.

Mais ses opposants ont dénoncé sa mainmise "dictatoriale" sur le pouvoir, le renvoi "illégal" de juges de la Cour suprême qui s'opposaient à lui ou l'assaut sanglant contre des islamistes lourdement armés réfugiés dans la mosquée Rouge d'Islamabad à l'été 2007.

En août 2008, très impopulaire et face à la pression croissante de l'opposition et de la justice, ce nationaliste avait démissionné, pour ensuite amorcer un luxueux exil volontaire entre Londres et Dubaï.

Rentré en mars 2013 au Pakistan afin de participer aux élections, ses ambitions politiques avaient été brisées par de multiples poursuites judiciaires.

Il avait à nouveau quitté le pays en mars 2016 pour des soins médicaux à Dubaï en promettant de revenir ensuite affronter ses juges.

En août 2017, la justice pakistanaise l'a déclaré "fugitif" dans le procès du meurtre de Benazir Bhutto, sa rivale politique, pour lequel il demeure le seul suspect.

Mme Bhutto, deux fois élue Premier ministre du Pakistan, et première femme de l'ère contemporaine à avoir dirigé un pays musulman, avait été assassinée dans un attentat-suicide à Rawalpindi le 27 décembre 2007.

"La démocratie est la meilleure revanche", a tweeté mardi son fils Bilawal Bhutto Zardari, qui dirige le Parti du peuple pakistanais (PPP - opposition) en réaction au jugement.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10761 Tue, 17 Dec 2019 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Condamnation à mort de l'ancien président pakistanais pour "hautre trahison" https://www.peinedemort.org/document/10767 Un tribunal spécial condamne à mort par contumace l'ex-président du Pakistan, Pervez Musharraf, en exil à Dubaï. Il est condamné pour "haute trahison", pour avoir imposé l'état d'urgence en 2007. https://www.peinedemort.org/document/10767 Tue, 17 Dec 2019 00:00:00 +0000 Sophie Fotiadi