La peine de mort dans le monde — Arabie Saoudite https://www.peinedemort.org/rss/pays/SAU Arabie Saoudite : tous les documents concernant la peine de mort. fr Sophie Fotiadi <sophie.fotiadi@peinedemort.org>, 2020 Fri, 03 Jul 2020 20:51:37 +0000 Sun, 24 May 2020 22:12:37 +0000 120 Les enfants du journaliste Khashoggi "pardonnent" à ses assassins saoudiens https://www.peinedemort.org/document/10926 Les enfants du journaliste saoudien Jamal Khashoggi ont déclaré vendredi qu'ils "pardonnaient" aux assassins de leur père, une annonce qui devrait permettre aux accusés d'échapper à la peine de mort, selon des analystes. Jamal Khashoggi, critique du régime saoudien après en avoir été proche, a été assassiné et son corps découpé en morceaux le 2 octobre 2018 dans le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul où il s'était rendu pour récupérer un document, selon la Turquie. Après avoir nié l'assassinat, puis avancé plusieurs versions contradictoires, Ryad avait affirmé qu'il avait été commis par des agents saoudiens ayant agi seuls et sans ordre de hauts dirigeants. Des responsables turcs et américains avait cependant désigné le prince héritier Mohammed ben Salmane, surnommé MBS, comme le commanditaire du meurtre. - "Enorme pression" - "Nous, les enfants du martyr Jamal Khashoggi, annonçons que nous pardonnons à ceux qui ont tué notre père", a écrit sur Twitter Salah Khashoggi, fils aîné de l'ancien collaborateur du quotidien américain Washington Post. Les autorités saoudiennes n'ont pas réagi à cette annonce de Salah Khashoggi, qui vit en Arabie saoudite et a toujours nié un quelconque arrangement financier avec le pouvoir. Pour Ali Shihabi, auteur et analyste saoudien proche du gouvernement, "cela signifie principalement que les assassins éviteront la peine capitale puisque c'est un droit que la famille détient par le pardon", selon la charia. "Selon la charia appliquée en Arabie saoudite, les meurtriers ne seront pas exécutés", a aussi indiqué l'analyste Nabeel Nowairah sur Twitter. Mais pour la fiancée turque de Khashoggi, Hatice Cengiz, qui mène une campagne internationale contre les responsables saoudiens, "personne n'a le droit de pardonner. Nous ne pardonnerons ni aux tueurs, ni à ceux qui ont ordonné le meurtre." A l'issue d'un procès opaque en Arabie saoudite, cinq Saoudiens ont été condamnés à mort et trois condamnés à des peines de prison pour l'assassinat de Khashoggi, sur un total de 11 personnes inculpées. Le verdict prononcé en décembre, dénoncé par les organisations internationales de défense des droits humains, est intervenu alors que le royaume redoublait d'efforts diplomatiques pour tirer un trait sur cette crise et redorer son image, à l'approche du sommet du G20, organisé par Ryad cette année. "Il est triste de voir les fils de Khashoggi subir de nouvelles humiliations de la part du régime saoudien avec leur soi-disant pardon aux assassins de leur père", a réagi auprès de l'AFP Bessma Momani, spécialiste du Moyen-Orient et professeur à l'université de Waterloo au Canada. "Suggérer que cet acte de pardon est volontaire, c'est ignorer l'énorme pression politique et sociale probablement exercée sur les fils par le même cercle du pouvoir politique qui était derrière le meurtre de leur père", a-t-elle ajouté. La rapporteure spéciale des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, Agnès Callamard, a elle dénoncé dans un communiqué "le dernier acte bien répété d'une parodie de justice devant une communauté internationale qui ne peut plus être trompée". - "Pardonner, pas exonérer" - Par le passé, Salah Khashoggi avait déjà assuré avoir "pleinement confiance" dans le système judiciaire saoudien, critiquant les opposants qui, selon lui, cherchaient à exploiter cette affaire. En avril 2019, le Washington Post avait assuré que les quatre enfants du journaliste assassiné, dont Salah, avaient reçu des maisons d'une valeur de plusieurs millions de dollars et étaient payés des milliers de dollars par mois par les autorités. La famille avait alors démenti. Fin mars, la justice turque a lancé des poursuites contre 20 personnes dont deux proches de MBS, l'ex-conseiller Saoud al-Qahtani et l'ancien numéro deux du renseignement, le général Ahmed al-Assiri, identifiés comme les commanditaires du meurtre. En Arabie saoudite, le premier a fait l'objet d'une enquête mais n'a pas été inculpé "en raison de preuves insuffisantes" et le second, mis en accusation, a été acquitté pour les mêmes motifs, selon le parquet. Ces deux responsables ont été officiellement évincés du cercle politique du prince hériter. Depuis l'arrivée au pouvoir de facto de MBS, l'Arabie saoudite a accru la répression contre les voix critiques, notamment les défenseurs des droits humains. En septembre 2019, le prince héritier avait affirmé à une chaîne américaine assumer, en tant que dirigeant, la responsabilité du meurtre de Khashoggi, niant cependant en avoir eu connaissance avant qu'il ne soit commis. Sur Twitter, la soeur de la militante Loujain al-Hathloul, détenue pour avoir eu des contacts avec des médias, des diplomates et des ONG, a réagi à l'annonce de Salah Khashoggi. "Pardonner ne signifie pas exonérer l'auteur (du crime)", a estimé Alia al-Hathloul.
Jamal Khashoggi, critique du régime saoudien après en avoir été proche, a été assassiné et son corps découpé en morceaux le 2 octobre 2018 dans le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul où il s'était rendu pour récupérer un document, selon la Turquie.

Après avoir nié l'assassinat, puis avancé plusieurs versions contradictoires, Ryad avait affirmé qu'il avait été commis par des agents saoudiens ayant agi seuls et sans ordre de hauts dirigeants.

Des responsables turcs et américains avait cependant désigné le prince héritier Mohammed ben Salmane, surnommé MBS, comme le commanditaire du meurtre.

- "Enorme pression" -

"Nous, les enfants du martyr Jamal Khashoggi, annonçons que nous pardonnons à ceux qui ont tué notre père", a écrit sur Twitter Salah Khashoggi, fils aîné de l'ancien collaborateur du quotidien américain Washington Post.

Les autorités saoudiennes n'ont pas réagi à cette annonce de Salah Khashoggi, qui vit en Arabie saoudite et a toujours nié un quelconque arrangement financier avec le pouvoir.

Pour Ali Shihabi, auteur et analyste saoudien proche du gouvernement, "cela signifie principalement que les assassins éviteront la peine capitale puisque c'est un droit que la famille détient par le pardon", selon la charia.

"Selon la charia appliquée en Arabie saoudite, les meurtriers ne seront pas exécutés", a aussi indiqué l'analyste Nabeel Nowairah sur Twitter.

Mais pour la fiancée turque de Khashoggi, Hatice Cengiz, qui mène une campagne internationale contre les responsables saoudiens, "personne n'a le droit de pardonner. Nous ne pardonnerons ni aux tueurs, ni à ceux qui ont ordonné le meurtre."

A l'issue d'un procès opaque en Arabie saoudite, cinq Saoudiens ont été condamnés à mort et trois condamnés à des peines de prison pour l'assassinat de Khashoggi, sur un total de 11 personnes inculpées.

Le verdict prononcé en décembre, dénoncé par les organisations internationales de défense des droits humains, est intervenu alors que le royaume redoublait d'efforts diplomatiques pour tirer un trait sur cette crise et redorer son image, à l'approche du sommet du G20, organisé par Ryad cette année.

"Il est triste de voir les fils de Khashoggi subir de nouvelles humiliations de la part du régime saoudien avec leur soi-disant pardon aux assassins de leur père", a réagi auprès de l'AFP Bessma Momani, spécialiste du Moyen-Orient et professeur à l'université de Waterloo au Canada.

"Suggérer que cet acte de pardon est volontaire, c'est ignorer l'énorme pression politique et sociale probablement exercée sur les fils par le même cercle du pouvoir politique qui était derrière le meurtre de leur père", a-t-elle ajouté.

La rapporteure spéciale des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, Agnès Callamard, a elle dénoncé dans un communiqué "le dernier acte bien répété d'une parodie de justice devant une communauté internationale qui ne peut plus être trompée".

- "Pardonner, pas exonérer" -

Par le passé, Salah Khashoggi avait déjà assuré avoir "pleinement confiance" dans le système judiciaire saoudien, critiquant les opposants qui, selon lui, cherchaient à exploiter cette affaire.

En avril 2019, le Washington Post avait assuré que les quatre enfants du journaliste assassiné, dont Salah, avaient reçu des maisons d'une valeur de plusieurs millions de dollars et étaient payés des milliers de dollars par mois par les autorités. La famille avait alors démenti.

Fin mars, la justice turque a lancé des poursuites contre 20 personnes dont deux proches de MBS, l'ex-conseiller Saoud al-Qahtani et l'ancien numéro deux du renseignement, le général Ahmed al-Assiri, identifiés comme les commanditaires du meurtre.

En Arabie saoudite, le premier a fait l'objet d'une enquête mais n'a pas été inculpé "en raison de preuves insuffisantes" et le second, mis en accusation, a été acquitté pour les mêmes motifs, selon le parquet.

Ces deux responsables ont été officiellement évincés du cercle politique du prince hériter.

Depuis l'arrivée au pouvoir de facto de MBS, l'Arabie saoudite a accru la répression contre les voix critiques, notamment les défenseurs des droits humains.

En septembre 2019, le prince héritier avait affirmé à une chaîne américaine assumer, en tant que dirigeant, la responsabilité du meurtre de Khashoggi, niant cependant en avoir eu connaissance avant qu'il ne soit commis.

Sur Twitter, la soeur de la militante Loujain al-Hathloul, détenue pour avoir eu des contacts avec des médias, des diplomates et des ONG, a réagi à l'annonce de Salah Khashoggi.

"Pardonner ne signifie pas exonérer l'auteur (du crime)", a estimé Alia al-Hathloul.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10926 Fri, 22 May 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
L'Arabie saoudite supprime la peine de mort pour les crimes commis avant la majorité https://www.peinedemort.org/document/10912 L'Arabie saoudite a mis fin à la peine de mort pour les individus reconnus coupables de crimes commis alors qu'ils étaient mineurs, et ceci dans le cadre d'une série de réformes judiciaires dans le royaume conservateur. L'arrêté royal interdit les exécutions et, à la place, les accusés seront condamnés à une peine de prison de dix ans au maximum dans un centre de détention pour mineurs", a déclaré dimanche la Commission des droits de l'Homme (CDH) soutenue par l'État. D'autres réformes sont prévues", a déclaré le président de la commission, Awwad Alawwad. Cette annonce intervient peu de temps après que le royaume a déclaré qu'il avait abandonné la flagellation comme forme de punition, la remplaçant par des peines de prison ou des amendes. La semaine dernière, Amnesty International a révélé que l'Arabie saoudite avait exécuté 184 personnes en 2019, un record pour le royaume, la majorité d'entre elles pour des délits liés à la drogue et des meurtres.
D'autres réformes sont prévues", a déclaré le président de la commission, Awwad Alawwad. Cette annonce intervient peu de temps après que le royaume a déclaré qu'il avait abandonné la flagellation comme forme de punition, la remplaçant par des peines de prison ou des amendes. La semaine dernière, Amnesty International a révélé que l'Arabie saoudite avait exécuté 184 personnes en 2019, un record pour le royaume, la majorité d'entre elles pour des délits liés à la drogue et des meurtres.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10912 Mon, 27 Apr 2020 00:00:00 +0000 Belga - Agence Télégraphique Belge de Presse
Après la flagellation, Riyad abolit la peine de mort pour mineurs https://www.peinedemort.org/document/10910 (Ryad) L'Arabie saoudite a supprimé la peine de mort pour des crimes commis par des mineurs, a indiqué dimanche un responsable saoudien, quelques jours après l'annonce de l'abolition de la flagellation, des peines critiquées par les ONG. Le royaume ultraconservateur est régulièrement accusé de violations des droits de la personne par les ONG internationales. La peine de mort a été supprimée pour les individus reconnus coupables de crimes commis alors qu'ils étaient mineurs, a indiqué dans un communiqué le chef de la Commission des droits humains, un organisme gouvernemental, Awad Al-Awad, citant un décret royal. Une peine de prison ne dépassant pas les 10 ans dans un centre de détention pour mineurs remplacera la peine de mort, selon lui. Ce décret devrait épargner au moins six hommes de la communauté musulmane chiite, minoritaire dans le royaume sunnite, qui avaient été condamnés à mort pour participation à des manifestations antigouvernementales alors qu'ils étaient âgés de moins de 18 ans. « C'est un important jour pour l'Arabie saoudite », a dit M. Awad. « Ce décret nous aide à établir un code pénal plus moderne. » Dans un rapport sur la peine capitale dans le monde, publié cette semaine, Amnistie internationale a affirmé que « l'Arabie saoudite a exécuté un nombre record de personnes en 2019, malgré une baisse générale des exécutions dans le monde ». « Les autorités saoudiennes ont mis à mort 184 personnes l'année dernière, soit le nombre le plus élevé jamais enregistré par Amnistie en une seule année dans le pays », a-t-elle précisé. L'homicide, le viol, le vol à main armée, le trafic de drogue, les attaques à main armée, la sorcellerie, l'adultère, la sodomie, l'homosexualité et l'apostasie sont passibles de la peine capitale dans le royaume, qui suit une version rigoriste de l'islam. Vendredi, la Commission des droits humains a annoncé que la Cour suprême avait décidé « d'éliminer la flagellation comme peine potentielle ». Depuis que Mohammed ben Salmane est devenu prince héritier en 2017, l'Arabie saoudite est particulièrement pointée du doigt par les organisations de défense des droits de l'homme. L'ouverture économique et sociale promue par le prince Mohammed s'est accompagnée d'une répression accrue contre les voix discordantes, au sein de la famille royale comme dans le milieu des intellectuels et militants. Son image de réformateur a été grandement ternie par le meurtre du journaliste saoudien et critique du pouvoir, Jamal Khashoggi, assassiné au consulat de son pays à Istanbul en 2018. Un crime qui a provoqué un tollé international.
Le royaume ultraconservateur est régulièrement accusé de violations des droits de la personne par les ONG internationales.

La peine de mort a été supprimée pour les individus reconnus coupables de crimes commis alors qu'ils étaient mineurs, a indiqué dans un communiqué le chef de la Commission des droits humains, un organisme gouvernemental, Awad Al-Awad, citant un décret royal.

Une peine de prison ne dépassant pas les 10 ans dans un centre de détention pour mineurs remplacera la peine de mort, selon lui.

Ce décret devrait épargner au moins six hommes de la communauté musulmane chiite, minoritaire dans le royaume sunnite, qui avaient été condamnés à mort pour participation à des manifestations antigouvernementales alors qu'ils étaient âgés de moins de 18 ans.

« C'est un important jour pour l'Arabie saoudite », a dit M. Awad. « Ce décret nous aide à établir un code pénal plus moderne. »

Dans un rapport sur la peine capitale dans le monde, publié cette semaine, Amnistie internationale a affirmé que « l'Arabie saoudite a exécuté un nombre record de personnes en 2019, malgré une baisse générale des exécutions dans le monde ».

« Les autorités saoudiennes ont mis à mort 184 personnes l'année dernière, soit le nombre le plus élevé jamais enregistré par Amnistie en une seule année dans le pays », a-t-elle précisé.

L'homicide, le viol, le vol à main armée, le trafic de drogue, les attaques à main armée, la sorcellerie, l'adultère, la sodomie, l'homosexualité et l'apostasie sont passibles de la peine capitale dans le royaume, qui suit une version rigoriste de l'islam.

Vendredi, la Commission des droits humains a annoncé que la Cour suprême avait décidé « d'éliminer la flagellation comme peine potentielle ».

Depuis que Mohammed ben Salmane est devenu prince héritier en 2017, l'Arabie saoudite est particulièrement pointée du doigt par les organisations de défense des droits de l'homme.

L'ouverture économique et sociale promue par le prince Mohammed s'est accompagnée d'une répression accrue contre les voix discordantes, au sein de la famille royale comme dans le milieu des intellectuels et militants.

Son image de réformateur a été grandement ternie par le meurtre du journaliste saoudien et critique du pouvoir, Jamal Khashoggi, assassiné au consulat de son pays à Istanbul en 2018. Un crime qui a provoqué un tollé international.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10910 Sun, 26 Apr 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
L'Arabie saoudite abolit la peine de flagellation https://www.peinedemort.org/document/10906 (Riyad) L'Arabie saoudite a supprimé la flagellation de son système pénal, une peine très critiquée comme le bilan en matière de droits humains de ce pays par les ONG internationales, ont indiqué un responsable et des médias progouvernementaux. Le royaume ultraconservateur est régulièrement accusé de violations des droits de l'homme par les ONG qui dénoncent entre autres la peine de flagellation applicable en cas de meurtre, d'atteinte à « l'ordre public » ou même de relations extra-conjugales. « La Commission des droits humains se félicite de la récente décision de la Cour suprême d'éliminer la flagellation comme peine potentielle », a déclaré dans un communiqué vendredi soir, Awad Al-Awad, le président de cette commission, un organisme gouvernemental. « Aux termes de cette décision, les précédentes condamnations à la flagellation seront remplacées par des peines de prison et des amendes », a-t-il ajouté. « Cette réforme est un pas en avant considérable » en matière des droits de la personne, selon lui. La date exacte de la décision d'abolir la flagellation n'a pas été précisée. Elle n'a pas été rendue publique mais a été rapportée par plusieurs médias locaux, dont le journal gouvernemental Okaz, citant des « sources haut placées ». Selon Okaz, la Cour suprême a imposé aux tribunaux de n'appliquer la peine de flagellation « en aucun cas » et de se contenter « d'autres peines », tels l'emprisonnement ou les amendes. Depuis que Mohammed ben Salmane est devenu prince héritier en 2017, l'Arabie saoudite est particulièrement pointée du doigt par les organisations de défense des droits de l'homme. L'ouverture économique et sociale promue par le prince Mohammed s'est accompagnée d'une répression accrue contre les voix discordantes, au sein de la famille royale comme dans le milieu des intellectuels et militants. Son image de réformateur a été grandement ternie par le meurtre du journaliste saoudien et critique du pouvoir, Jamal Khashoggi, assassiné au consulat de son pays à Istanbul en 2018. Un crime qui a provoqué un tollé international. Vendredi, des ONG ont annoncé la mort en prison en Arabie saoudite, des suites d'un AVC, d'un important militant saoudien des droits de l'homme, Abdallah al-Hamid, qui purgeait une peine de 11 ans pour avoir « rompu l'allégeance » au roi, « incité au désordre » et cherché à déstabiliser la sécurité de l'État. Le cas du blogueur saoudien Raïf Badawi a été ces dernières années le plus emblématique. Défenseur de la liberté d'expression, il a été condamné en 2014 à 1000 coups de fouet et 10 ans de prison pour « insulte » à l'islam. Au-delà des coups de fouet, le recours massif à la peine de mort en Arabie saoudite est également dénoncé par les ONG. « L'Arabie saoudite a exécuté un nombre record de personnes en 2019, malgré une baisse générale des exécutions dans le monde », a regretté Amnistie dans son rapport sur la peine capitale dans le monde, publié cette semaine. « Les autorités saoudiennes ont mis à mort 184 personnes l'année dernière, soit le nombre le plus élevé jamais enregistré par Amnistie en une seule année dans le pays », a-t-elle précisé.
Le royaume ultraconservateur est régulièrement accusé de violations des droits de l'homme par les ONG qui dénoncent entre autres la peine de flagellation applicable en cas de meurtre, d'atteinte à « l'ordre public » ou même de relations extra-conjugales.

« La Commission des droits humains se félicite de la récente décision de la Cour suprême d'éliminer la flagellation comme peine potentielle », a déclaré dans un communiqué vendredi soir, Awad Al-Awad, le président de cette commission, un organisme gouvernemental.

« Aux termes de cette décision, les précédentes condamnations à la flagellation seront remplacées par des peines de prison et des amendes », a-t-il ajouté. « Cette réforme est un pas en avant considérable » en matière des droits de la personne, selon lui.

La date exacte de la décision d'abolir la flagellation n'a pas été précisée.

Elle n'a pas été rendue publique mais a été rapportée par plusieurs médias locaux, dont le journal gouvernemental Okaz, citant des « sources haut placées ».

Selon Okaz, la Cour suprême a imposé aux tribunaux de n'appliquer la peine de flagellation « en aucun cas » et de se contenter « d'autres peines », tels l'emprisonnement ou les amendes.

Depuis que Mohammed ben Salmane est devenu prince héritier en 2017, l'Arabie saoudite est particulièrement pointée du doigt par les organisations de défense des droits de l'homme. L'ouverture économique et sociale promue par le prince Mohammed s'est accompagnée d'une répression accrue contre les voix discordantes, au sein de la famille royale comme dans le milieu des intellectuels et militants.

Son image de réformateur a été grandement ternie par le meurtre du journaliste saoudien et critique du pouvoir, Jamal Khashoggi, assassiné au consulat de son pays à Istanbul en 2018. Un crime qui a provoqué un tollé international.

Vendredi, des ONG ont annoncé la mort en prison en Arabie saoudite, des suites d'un AVC, d'un important militant saoudien des droits de l'homme, Abdallah al-Hamid, qui purgeait une peine de 11 ans pour avoir « rompu l'allégeance » au roi, « incité au désordre » et cherché à déstabiliser la sécurité de l'État.

Le cas du blogueur saoudien Raïf Badawi a été ces dernières années le plus emblématique. Défenseur de la liberté d'expression, il a été condamné en 2014 à 1000 coups de fouet et 10 ans de prison pour « insulte » à l'islam.

Au-delà des coups de fouet, le recours massif à la peine de mort en Arabie saoudite est également dénoncé par les ONG.

« L'Arabie saoudite a exécuté un nombre record de personnes en 2019, malgré une baisse générale des exécutions dans le monde », a regretté Amnistie dans son rapport sur la peine capitale dans le monde, publié cette semaine.

« Les autorités saoudiennes ont mis à mort 184 personnes l'année dernière, soit le nombre le plus élevé jamais enregistré par Amnistie en une seule année dans le pays », a-t-elle précisé.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10906 Sat, 25 Apr 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Baisse du nombre des exécutions en 2019 https://www.peinedemort.org/document/10902 Amnesty International - Il y a eu une trentaine d'exécutions en moins en 2019 par rapport à l'année précédente. Mais le manque de transparence de plusieurs pays rend le décompte compliqué. Le nombre des exécutions a diminué l'an passé, selon Amnesty International, pour atteindre 657 cas. Il y en avait eu 690 en 2018. Mais ces chiffres ne disent de loin pas tout. Ils ne comprennent en effet pas les exécutions menées en Chine, qui se compteraient en milliers, les statistiques sur la peine capitale étant classées secret d'État dans le pays. D'autres pays parmi ceux procédant au plus grand nombre d'exécutions comme l'Iran, la Corée du Nord et le Vietnam ont continué de dissimuler l'ampleur de leur recours à la peine de mort, en entravant l'accès aux informations à ce sujet. Le nombre d'exécutions recensées à l'échelle mondiale a diminué pour la quatrième année consécutive pour atteindre le chiffre le plus bas enregistré ces dix dernières années. «La peine de mort est un châtiment atroce et inhumain et aucun élément crédible ne prouve qu'elle ait un effet plus dissuasif sur la criminalité que des peines de prison. Une vaste majorité des pays le reconnaissent et il est encourageant de constater que le nombre d'exécutions dans le monde continue de diminuer», a déclaré Clare Algar, directrice générale de la recherche, du plaidoyer et des politiques à Amnesty International. Inquiétant «Cependant, un petit nombre de pays ont défié la tendance mondiale vers l'abandon de la peine capitale, en procédant à davantage d'exécutions. Le recours croissant de l'Arabie saoudite à la peine de mort, notamment comme arme contre la dissidence politique, est une évolution très inquiétante. La très forte augmentation des exécutions recensées en Irak, où elles ont presque doublé, est également choquante», a-t-elle poursuivi. Les cinq pays ayant procédé au plus grand nombre d'exécutions en 2019 sont la Chine (des milliers), l'Iran (au moins 251), l'Arabie saoudite (184), l'Irak (au moins 100) et l'Égypte (au moins 32). Le chiffre concernant l'Arabie saoudite est le plus élevé jamais relevé dans ce pays. Tout juste 20 pays étaient responsables de toutes les exécutions recensées dans le monde. Parmi eux, l'Arabie saoudite, l'Irak, le Soudan du Sud et le Yémen ont exécuté considérablement plus de personnes en 2019 qu'en 2018. Maintenir la dynamique Pour la première fois depuis 2010, aucune exécution n'a été recensée en Afghanistan l'an dernier. Des interruptions ont été constatées à Taiwan et en Thaïlande, où des exécutions avaient été recensées en 2018. Le Kazakhstan, la Fédération de Russie, le Tadjikistan, la Malaisie et la Gambie ont continué d'observer des moratoires officiels sur les exécutions. À la fin de l'année 2019, 106 pays avaient aboli la peine de mort pour tous les crimes et 142 pays étaient abolitionnistes en droit ou en pratique. En outre, plusieurs pays ont pris des mesures positives en vue de mettre fin au recours à la peine capitale. «Il faut maintenir la dynamique en faveur de l'abolition mondiale de la peine de mort», a conclu Clare Algar.
Le nombre des exécutions a diminué l'an passé, selon Amnesty International, pour atteindre 657 cas. Il y en avait eu 690 en 2018. Mais ces chiffres ne disent de loin pas tout.

Ils ne comprennent en effet pas les exécutions menées en Chine, qui se compteraient en milliers, les statistiques sur la peine capitale étant classées secret d'État dans le pays. D'autres pays parmi ceux procédant au plus grand nombre d'exécutions comme l'Iran, la Corée du Nord et le Vietnam ont continué de dissimuler l'ampleur de leur recours à la peine de mort, en entravant l'accès aux informations à ce sujet.

Le nombre d'exécutions recensées à l'échelle mondiale a diminué pour la quatrième année consécutive pour atteindre le chiffre le plus bas enregistré ces dix dernières années. «La peine de mort est un châtiment atroce et inhumain et aucun élément crédible ne prouve qu'elle ait un effet plus dissuasif sur la criminalité que des peines de prison. Une vaste majorité des pays le reconnaissent et il est encourageant de constater que le nombre d'exécutions dans le monde continue de diminuer», a déclaré Clare Algar, directrice générale de la recherche, du plaidoyer et des politiques à Amnesty International.

Inquiétant

«Cependant, un petit nombre de pays ont défié la tendance mondiale vers l'abandon de la peine capitale, en procédant à davantage d'exécutions. Le recours croissant de l'Arabie saoudite à la peine de mort, notamment comme arme contre la dissidence politique, est une évolution très inquiétante. La très forte augmentation des exécutions recensées en Irak, où elles ont presque doublé, est également choquante», a-t-elle poursuivi.

Les cinq pays ayant procédé au plus grand nombre d'exécutions en 2019 sont la Chine (des milliers), l'Iran (au moins 251), l'Arabie saoudite (184), l'Irak (au moins 100) et l'Égypte (au moins 32). Le chiffre concernant l'Arabie saoudite est le plus élevé jamais relevé dans ce pays.

Tout juste 20 pays étaient responsables de toutes les exécutions recensées dans le monde. Parmi eux, l'Arabie saoudite, l'Irak, le Soudan du Sud et le Yémen ont exécuté considérablement plus de personnes en 2019 qu'en 2018.

Maintenir la dynamique

Pour la première fois depuis 2010, aucune exécution n'a été recensée en Afghanistan l'an dernier. Des interruptions ont été constatées à Taiwan et en Thaïlande, où des exécutions avaient été recensées en 2018. Le Kazakhstan, la Fédération de Russie, le Tadjikistan, la Malaisie et la Gambie ont continué d'observer des moratoires officiels sur les exécutions.

À la fin de l'année 2019, 106 pays avaient aboli la peine de mort pour tous les crimes et 142 pays étaient abolitionnistes en droit ou en pratique. En outre, plusieurs pays ont pris des mesures positives en vue de mettre fin au recours à la peine capitale. «Il faut maintenir la dynamique en faveur de l'abolition mondiale de la peine de mort», a conclu Clare Algar.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10902 Tue, 21 Apr 2020 00:00:00 +0000 Agence Télégraphique Suisse - ATS
Record d'exécutions en Arabie saoudite alors que la peine de mort recule dans le monde https://www.peinedemort.org/document/10903 (Belga) Le nombre d'exécutions a reculé au niveau mondial en 2019, indique mardi l'ONG Amnesty International dans son rapport annuel sur la peine de mort. Malgré ce contexte global de diminution, l'Arabie saoudite a exécuté un nombre record de personnes l'an dernier tandis que l'Irak a doublé ses mises à mort. En 2019, l'Arabie saoudite a mis à mort 184 individus, le nombre le plus élevé jamais recensé par Amnesty International en un an dans ce pays. En 2018, le pays avait exécuté 149 personnes. La majorité des détenus exécutés "l'ont été pour des infractions à la législation sur les stupéfiants ou pour meurtre", détaille l'ONG. Celle-ci observe toutefois une augmentation du recours à la peine de mort "comme arme politique contre les dissidents de la minorité musulmane chiite en Arabie saoudite". Le pays comptant le plus de mises à mort reste la Chine, où le nombre d'exécutions est toutefois soumis au secret d'Etat. Amnesty International estime que des milliers d'exécutions ont eu lieu dans ce pays l'an dernier. Suivent l'Iran, avec 251 mises à morts recensées, l'Arabie saoudite (184), l'Irak (au moins 100, contre 52 en 2018) et l'Égypte (au moins 32). La tendance générale est à la diminution du nombre d'exécutions. Avec 657 mises à mort recensées en 2019, contre au moins 690 en 2018, le nombre global baisse pour la quatrième année consécutive (-5%). Le total ne comprend pas les exécutions en Chine. "D'autres pays parmi ceux procédant au plus grand nombre d'exécutions, comme l'Iran, la Corée du Nord et le Vietnam, ont continué de dissimuler l'ampleur de leur recours à la peine de mort, en entravant l'accès aux informations à ce sujet", relève l'ONG de défense des droits humains dans son rapport annuel. Les exécutions ont été effectuées par 20 pays. Quatre ont exécuté "considérablement plus de personnes en 2019 qu'en 2018": l'Arabie saoudite, l'Irak, le Soudan du Sud et le Yémen. La région "Asie-Pacifique" connaît elle une diminution du nombre de pays pratiquant la peine de mort, une première depuis 2011, se réjouit Amnesty International. "Le nombre de personnes exécutées au Japon et à Singapour a diminué considérablement par rapport à 2018, passant respectivement de 15 à trois, et de 13 à quatre", relève le rapport. Aucune mise à mort n'a été recensée en Afghanistan l'an dernier, pour la première fois depuis 2010. Taïwan et la Thaïlande ont interrompu leurs exécutions tandis que "le Kazakhstan, la Fédération de Russie, le Tadjikistan, la Malaisie et la Gambie ont continué d'observer des moratoires officiels". A la fin 2019, 106 pays avaient aboli la peine de mort pour tous les crimes. En outre, 142 pays étaient "abolitionnistes en droit ou en pratique". Amnesty a également recensé 2.307 condamnations à mort dans le monde en 2019, contre 2.531 en 2018. La comparaison avec les années précédentes se révèle toutefois ardue en raison d'un manque d'informations dans certains pays. "À la connaissance d'Amnesty International, 26.604 personnes au moins se trouvaient sous le coup d'une condamnation à mort à la fin de l'année 2019 dans le monde", précise l'ONG.
En 2019, l'Arabie saoudite a mis à mort 184 individus, le nombre le plus élevé jamais recensé par Amnesty International en un an dans ce pays. En 2018, le pays avait exécuté 149 personnes. La majorité des détenus exécutés "l'ont été pour des infractions à la législation sur les stupéfiants ou pour meurtre", détaille l'ONG. Celle-ci observe toutefois une augmentation du recours à la peine de mort "comme arme politique contre les dissidents de la minorité musulmane chiite en Arabie saoudite".

Le pays comptant le plus de mises à mort reste la Chine, où le nombre d'exécutions est toutefois soumis au secret d'Etat. Amnesty International estime que des milliers d'exécutions ont eu lieu dans ce pays l'an dernier.
Suivent l'Iran, avec 251 mises à morts recensées, l'Arabie saoudite (184), l'Irak (au moins 100, contre 52 en 2018) et l'Égypte (au moins 32).

La tendance générale est à la diminution du nombre d'exécutions. Avec 657 mises à mort recensées en 2019, contre au moins 690 en 2018, le nombre global baisse pour la quatrième année consécutive (-5%). Le total ne comprend pas les exécutions en Chine.

"D'autres pays parmi ceux procédant au plus grand nombre d'exécutions, comme l'Iran, la Corée du Nord et le Vietnam, ont continué de dissimuler l'ampleur de leur recours à la peine de mort, en entravant l'accès aux informations à ce sujet", relève l'ONG de défense des droits humains dans son rapport annuel.

Les exécutions ont été effectuées par 20 pays. Quatre ont exécuté "considérablement plus de personnes en 2019 qu'en 2018": l'Arabie saoudite, l'Irak, le Soudan du Sud et le Yémen.

La région "Asie-Pacifique" connaît elle une diminution du nombre de pays pratiquant la peine de mort, une première depuis 2011, se réjouit Amnesty International. "Le nombre de personnes exécutées au Japon et à Singapour a diminué considérablement par rapport à 2018, passant respectivement de 15 à trois, et de 13 à quatre", relève le rapport.

Aucune mise à mort n'a été recensée en Afghanistan l'an dernier, pour la première fois depuis 2010. Taïwan et la Thaïlande ont interrompu leurs exécutions tandis que "le Kazakhstan, la Fédération de Russie, le Tadjikistan, la Malaisie et la Gambie ont continué d'observer des moratoires officiels".

A la fin 2019, 106 pays avaient aboli la peine de mort pour tous les crimes. En outre, 142 pays étaient "abolitionnistes en droit ou en pratique".

Amnesty a également recensé 2.307 condamnations à mort dans le monde en 2019, contre 2.531 en 2018. La comparaison avec les années précédentes se révèle toutefois ardue en raison d'un manque d'informations dans certains pays. "À la connaissance d'Amnesty International, 26.604 personnes au moins se trouvaient sous le coup d'une condamnation à mort à la fin de l'année 2019 dans le monde", précise l'ONG. ]]>
https://www.peinedemort.org/document/10903 Tue, 21 Apr 2020 00:00:00 +0000 Belga - Agence Télégraphique Belge de Presse
Arabie : exécution de l'auteur d'une attaque contre une troupe espagnole https://www.peinedemort.org/document/10894 Un Yéménite, condamné à mort pour avoir attaqué une troupe espagnole de théâtre en Arabie saoudite, a été exécuté, ont indiqué jeudi les autorités de ce royaume ultraconservateur. "La peine de mort a été exécutée (...) à Riyad", a déclaré le ministère saoudien de l'Intérieur dans un communiqué relayé par l'agence de presse officielle SPA. L'attaque au couteau avait fait quatre blessés parmi les membres de la troupe lors d'une représentation musicale le 11 novembre à Riyad. Il s'agit de la première attaque contre des artistes depuis l'assouplissement des restrictions sur le divertissement en Arabie saoudite. Bien que ces réformes soient populaires auprès d'une partie de la population saoudienne, elles suscitent le courroux de partisans de la ligne dure religieuse dans ce pays profondément conservateur qui applique une version rigoriste de l'islam. Ces réformes visent à diversifier les revenus du royaume saoudien, à l'économie fortement tributaire des cours du pétrole. La télévision d'Etat Al-Ekhbariya avait affirmé en novembre que l'assaillant, qui a agi avec un complice condamné à 12 ans et six mois de prison, avait reçu ses ordres du chef de l'antenne yéménite du groupe el-Qaëda. Mais ce dernier n'a pas revendiqué l'attaque. Engagée de longue date dans la lutte contre les jihadistes au Yémen, l'Arabie saoudite sunnite conduit depuis mars 2015 une coalition qui intervient militairement contre les rebelles yéménites houthis, soutenus par l'Iran chiite. Riyad mène également des opérations contre el-Qaëda dans la Péninsule arabique (Aqap) qui a profité du chaos au Yémen pour avancer ses pions dans la région. Le royaume est coutumier des exécutions de détenus: en 2019, 187 personnes ont été exécutées d'après un bilan fondé sur les chiffres officiels, le plus important depuis 1995 --année pendant laquelle 195 personnes ont été exécutées. Douze détenus ont été mis à mort en Arabie saoudite depuis début 2020.
"La peine de mort a été exécutée (...) à Riyad", a déclaré le ministère saoudien de l'Intérieur dans un communiqué relayé par l'agence de presse officielle SPA.

L'attaque au couteau avait fait quatre blessés parmi les membres de la troupe lors d'une représentation musicale le 11 novembre à Riyad. Il s'agit de la première attaque contre des artistes depuis l'assouplissement des restrictions sur le divertissement en Arabie saoudite. Bien que ces réformes soient populaires auprès d'une partie de la population saoudienne, elles suscitent le courroux de partisans de la ligne dure religieuse dans ce pays profondément conservateur qui applique une version rigoriste de l'islam. Ces réformes visent à diversifier les revenus du royaume saoudien, à l'économie fortement tributaire des cours du pétrole.

La télévision d'Etat Al-Ekhbariya avait affirmé en novembre que l'assaillant, qui a agi avec un complice condamné à 12 ans et six mois de prison, avait reçu ses ordres du chef de l'antenne yéménite du groupe el-Qaëda. Mais ce dernier n'a pas revendiqué l'attaque.

Engagée de longue date dans la lutte contre les jihadistes au Yémen, l'Arabie saoudite sunnite conduit depuis mars 2015 une coalition qui intervient militairement contre les rebelles yéménites houthis, soutenus par l'Iran chiite. Riyad mène également des opérations contre el-Qaëda dans la Péninsule arabique (Aqap) qui a profité du chaos au Yémen pour avancer ses pions dans la région.

Le royaume est coutumier des exécutions de détenus: en 2019, 187 personnes ont été exécutées d'après un bilan fondé sur les chiffres officiels, le plus important depuis 1995 --année pendant laquelle 195 personnes ont été exécutées. Douze détenus ont été mis à mort en Arabie saoudite depuis début 2020.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10894 Thu, 16 Apr 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Huit Saoudiens condamnés pour espionnage au profit de l'Iran https://www.peinedemort.org/document/10844 Un tribunal pénal saoudien a condamné mardi un Saoudien à la peine de mort et sept autres à différentes peines de prison pour trahison et espionnage au profit de l'Iran, principal rival régional de l'Arabie saoudite, a rapporté la télévision d'Etat. Le Saoudien condamné à mort était accusé d'avoir "trahi (son pays) et d'avoir fourni des renseignements à l'Iran", a précisé la télévision Al-Ekhbariya sur Twitter. Les autres ont été condamnés à des peine totalisant 58 ans de prison pour avoir "collaboré avec des personnes travaillant pour une ambassade de l'Iran", a-t-elle ajouté. Al-Ekhbariya n'a pas identifié les personnes ni expliqué avec quelle ambassade iranienne elles étaient accusées d'avoir collaboré. L'Arabie saoudite, puissance sunnite, a rompu ses relations diplomatiques avec l'Iran dominé par les chiites suite aux attaques de 2016 de manifestants contre ses missions en Iran, après l'exécution par le royaume du religieux chiite saoudien Nimr al-Nimr. L'Arabie saoudite est en désaccord avec Téhéran depuis la révolution islamique de 1979. Elle accuse l'Iran de s'ingérer dans les affaires des pays de la région. L'Iran a été accusé de la responsabilité des attaques contre des installations pétrolières saoudiennes en septembre dernier qui ont entraîné momentanément la baisse de moitié de la production saoudienne. Téhéran a nié toute responsabilité dans ces attaques.
Le Saoudien condamné à mort était accusé d'avoir "trahi (son pays) et d'avoir fourni des renseignements à l'Iran", a précisé la télévision Al-Ekhbariya sur Twitter. Les autres ont été condamnés à des peine totalisant 58 ans de prison pour avoir "collaboré avec des personnes travaillant pour une ambassade de l'Iran", a-t-elle ajouté.
Al-Ekhbariya n'a pas identifié les personnes ni expliqué avec quelle ambassade iranienne elles étaient accusées d'avoir collaboré.

L'Arabie saoudite, puissance sunnite, a rompu ses relations diplomatiques avec l'Iran dominé par les chiites suite aux attaques de 2016 de manifestants contre ses missions en Iran, après l'exécution par le royaume du religieux chiite saoudien Nimr al-Nimr. L'Arabie saoudite est en désaccord avec Téhéran depuis la révolution islamique de 1979. Elle accuse l'Iran de s'ingérer dans les affaires des pays de la région. L'Iran a été accusé de la responsabilité des attaques contre des installations pétrolières saoudiennes en septembre dernier qui ont entraîné momentanément la baisse de moitié de la production saoudienne. Téhéran a nié toute responsabilité dans ces attaques.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10844 Tue, 25 Feb 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Arabie saoudite : Amnesty dénonce un tribunal spécial pour les dissidents https://www.peinedemort.org/document/10821 Un tribunal pénal spécial est "utilisé" en Arabie saoudite pour "réduire au silence" les voix critiques du gouvernement au nom de la lutte antiterroriste et contre la cybercriminalité, dénonce jeudi l'ONG Amnesty International dans un rapport. L'Arabie saoudite est régulièrement critiquée par les défenseurs des droits humains qui l'accusent de réprimer violemment opposants, militants - dont des femmes - et membres de la minorité chiite. Le royaume saoudien assure que son système judiciaire est indépendant. "Le gouvernement saoudien utilise le Tribunal pénal spécial pour créer une fausse impression de légalité afin de masquer l'usage abusif qu'il fait de la loi de lutte contre le terrorisme dans le but de réduire ses détracteurs au silence", affirme Heba Morayef, directrice régionale pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à Amnesty International. Dans un communiqué publié par l'ONG, elle estime que "chaque étape de la procédure judiciaire de ce tribunal est entachée de violations des droits humains". Elle évoque ainsi la "privation de l'accès à un avocat", la "détention au secret" ou encore l'emploi de la torture pour "extorquer" des aveux. Contactées par l'AFP, les autorités saoudiennes n'étaient pas joignables dans l'immédiat. Amnesty International dit avoir examiné pièces judiciaires, déclarations du gouvernement et textes de droit national dans le cadre de huit procès contre 68 chiites accusés d'avoir participé à des manifestations et 27 personnes poursuivies pour avoir défendu des droits humains. L'ONG fustige des procès d'une "iniquité flagrante", avec des accusés déclarés coupables et parfois condamnés à mort "sur la base de chefs d'inculpation vagues" tels que "désobéissance au souverain" ou "incitation à troubler l'ordre public en appelant à des manifestations". Elle cite notamment le cas de Mohammad al-Otaibi, condamné à 14 ans de prison pour avoir fondé l'Union pour les droits humains, qui fait face à de nouvelles accusations pour avoir communiqué avec des organisations internationales et tenté de demander l'asile politique. Elle évoque également le cas de Salmane al-Awda, un religieux arrêté en septembre 2017 qui encourt la peine de mort après avoir appelé à la réconciliation entre l'Arabie saoudite et son adversaire du Golfe, le Qatar. Sous l'impulsion du puissant prince héritier Mohammed ben Salmane, l'Arabie saoudite s'est engagée dans un vaste plan de réformes économiques et sociales qui s'accompagne d'un assouplissement des restrictions imposées aux femmes et d'un accès plus facile au divertissement. "Si le roi et le prince héritier veulent montrer qu'ils prennent les réformes au sérieux, ils doivent commencer par libérer immédiatement et sans condition tous les prisonniers d'opinion", estime Heba Morayef.
L'Arabie saoudite est régulièrement critiquée par les défenseurs des droits humains qui l'accusent de réprimer violemment opposants, militants - dont des femmes - et membres de la minorité chiite. Le royaume saoudien assure que son système judiciaire est indépendant.

"Le gouvernement saoudien utilise le Tribunal pénal spécial pour créer une fausse impression de légalité afin de masquer l'usage abusif qu'il fait de la loi de lutte contre le terrorisme dans le but de réduire ses détracteurs au silence", affirme Heba Morayef, directrice régionale pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à Amnesty International.

Dans un communiqué publié par l'ONG, elle estime que "chaque étape de la procédure judiciaire de ce tribunal est entachée de violations des droits humains". Elle évoque ainsi la "privation de l'accès à un avocat", la "détention au secret" ou encore l'emploi de la torture pour "extorquer" des aveux.

Contactées par l'AFP, les autorités saoudiennes n'étaient pas joignables dans l'immédiat.

Amnesty International dit avoir examiné pièces judiciaires, déclarations du gouvernement et textes de droit national dans le cadre de huit procès contre 68 chiites accusés d'avoir participé à des manifestations et 27 personnes poursuivies pour avoir défendu des droits humains.

L'ONG fustige des procès d'une "iniquité flagrante", avec des accusés déclarés coupables et parfois condamnés à mort "sur la base de chefs d'inculpation vagues" tels que "désobéissance au souverain" ou "incitation à troubler l'ordre public en appelant à des manifestations".

Elle cite notamment le cas de Mohammad al-Otaibi, condamné à 14 ans de prison pour avoir fondé l'Union pour les droits humains, qui fait face à de nouvelles accusations pour avoir communiqué avec des organisations internationales et tenté de demander l'asile politique.

Elle évoque également le cas de Salmane al-Awda, un religieux arrêté en septembre 2017 qui encourt la peine de mort après avoir appelé à la réconciliation entre l'Arabie saoudite et son adversaire du Golfe, le Qatar.

Sous l'impulsion du puissant prince héritier Mohammed ben Salmane, l'Arabie saoudite s'est engagée dans un vaste plan de réformes économiques et sociales qui s'accompagne d'un assouplissement des restrictions imposées aux femmes et d'un accès plus facile au divertissement.

"Si le roi et le prince héritier veulent montrer qu'ils prennent les réformes au sérieux, ils doivent commencer par libérer immédiatement et sans condition tous les prisonniers d'opinion", estime Heba Morayef.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10821 Thu, 06 Feb 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Attaque contre des artistes espagnols à Ryad : un Yéménite condamné à mort https://www.peinedemort.org/document/10782 Un Yéménite a été condamné à mort pour avoir attaqué une troupe espagnole de théâtre en novembre en Arabie saoudite, un pays ultraconservateur où se multiplient les manifestations culturelles depuis l'assouplissement des restrictions sur le divertissement. Son complice, dont la nationalité n'a pas été précisée, a été condamné à 12 ans et six mois de prison, a indiqué dimanche la télévision d'Etat Al-Ekhbariyah. L'attaque, survenue lors d'une représentation le 11 novembre à Ryad et qui n'a pas été revendiquée, a fait quatre blessés parmi les membres de la troupe, selon Madrid. C'était la première attaque contre des artistes depuis que le royaume s'est ouvert aux divertissements. "La cour pénale a condamné à mort en première instance l'auteur de l'attaque terroriste de Ryad", a indiqué la télévision d'Etat sans préciser la date du verdict. Le Yéménite est en détention. On ignore si son complice a été arrêté. Les deux condamnés ont la possibilité d'interjeter appel. A l'ouverture de leur procès le 19 décembre, Al-Ekhbariyah avait indiqué que l'auteur de l'attaque avait reçu des ordres d'Al-Qaïda. L'organisation Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), basée au Yémen, est considérée par les Etats-Unis comme la branche la plus dangereuse de ce réseau radical. Selon l'acte d'accusation cité par le journal progouvernemental Okaz, le principal accusé, identifié par la police saoudienne comme un expatrié yéménite de 33 ans, appartient à Al-Qaïda et a combattu dans ses rangs. Ouvrir le pays aux touristes L'attaque a eu lieu lors d'une représentation musicale au parc du Roi Abdallah dans la capitale saoudienne, l'un des lieux accueillant un festival appelé "Saison de Ryad". Cette manifestation fait partie d'un programme visant à ouvrir le royaume aux touristes et à diversifier son économie, très dépendante du pétrole. Bien que ces réformes soient populaires auprès d'une partie de la population saoudienne, elles suscitent le courroux de partisans de la ligne dure religieuse dans ce pays profondément conservateur qui applique une version rigoriste de l'islam. Engagée de longue date dans la lutte contre les jihadistes au Yémen, l'Arabie saoudite sunnite conduit depuis mars 2015 un coalition qui intervient militairement contre les rebelles yéménites Houthis soutenus par l'Iran chiite. Plus tôt cette année, des militants ont rapporté l'arrestation du religieux Omar al-Muqbil qui avait accusé la General Entertainment Authority (GEA, chargé d'organiser les concerts et autres évènements de loisir) "d'effacer l'identité originelle de la société saoudienne". Ces réformes interviennent alors que le royaume, un poids lourd de l'Opep, est touché par la faiblesse des prix du pétrole et cherche à stimuler les dépenses intérieures et à diversifier son économie. Tactique de diversion Les Saoudiens dépensent des milliards de dollars par an pour voir des films et visiter des parcs d'attraction dans les centres touristiques voisins comme Dubaï et Bahreïn. Selon les critiques, l'assouplissement des restrictions sociales est une tactique de diversion visant à rendre les citoyens plus obéissants et à atténuer la frustration du public face au ralentissement économique et à l'intensification de la répression de la dissidence. Le royaume est sous les projecteurs de pays et d'organisations occidentaux en ce qui concerne son bilan en matière de droits humains depuis l'assassinat en octobre 2018 par un commando envoyé par Ryad, du journaliste et opposant saoudien Jamal Khashoggi au consulat de son pays à Istanbul. L'image du pays a également souffert de l'arrestation d'une douzaine de militantes, quelques semaines seulement avant la levée de l'interdiction faite aux femmes de conduire en 2018. En juillet dernier, la rappeuse américaine Nicki Minaj s'est retirée d'un concert en Arabie saoudite, dans ce qu'elle a décrit comme une manifestation de soutien aux droits des femmes et des homosexuels dans le royaume.
Son complice, dont la nationalité n'a pas été précisée, a été condamné à 12 ans et six mois de prison, a indiqué dimanche la télévision d'Etat Al-Ekhbariyah.

L'attaque, survenue lors d'une représentation le 11 novembre à Ryad et qui n'a pas été revendiquée, a fait quatre blessés parmi les membres de la troupe, selon Madrid. C'était la première attaque contre des artistes depuis que le royaume s'est ouvert aux divertissements.

"La cour pénale a condamné à mort en première instance l'auteur de l'attaque terroriste de Ryad", a indiqué la télévision d'Etat sans préciser la date du verdict.

Le Yéménite est en détention. On ignore si son complice a été arrêté. Les deux condamnés ont la possibilité d'interjeter appel.

A l'ouverture de leur procès le 19 décembre, Al-Ekhbariyah avait indiqué que l'auteur de l'attaque avait reçu des ordres d'Al-Qaïda.

L'organisation Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), basée au Yémen, est considérée par les Etats-Unis comme la branche la plus dangereuse de ce réseau radical.

Selon l'acte d'accusation cité par le journal progouvernemental Okaz, le principal accusé, identifié par la police saoudienne comme un expatrié yéménite de 33 ans, appartient à Al-Qaïda et a combattu dans ses rangs.

Ouvrir le pays aux touristes
L'attaque a eu lieu lors d'une représentation musicale au parc du Roi Abdallah dans la capitale saoudienne, l'un des lieux accueillant un festival appelé "Saison de Ryad".

Cette manifestation fait partie d'un programme visant à ouvrir le royaume aux touristes et à diversifier son économie, très dépendante du pétrole.

Bien que ces réformes soient populaires auprès d'une partie de la population saoudienne, elles suscitent le courroux de partisans de la ligne dure religieuse dans ce pays profondément conservateur qui applique une version rigoriste de l'islam.

Engagée de longue date dans la lutte contre les jihadistes au Yémen, l'Arabie saoudite sunnite conduit depuis mars 2015 un coalition qui intervient militairement contre les rebelles yéménites Houthis soutenus par l'Iran chiite.

Plus tôt cette année, des militants ont rapporté l'arrestation du religieux Omar al-Muqbil qui avait accusé la General Entertainment Authority (GEA, chargé d'organiser les concerts et autres évènements de loisir) "d'effacer l'identité originelle de la société saoudienne".

Ces réformes interviennent alors que le royaume, un poids lourd de l'Opep, est touché par la faiblesse des prix du pétrole et cherche à stimuler les dépenses intérieures et à diversifier son économie.

Tactique de diversion
Les Saoudiens dépensent des milliards de dollars par an pour voir des films et visiter des parcs d'attraction dans les centres touristiques voisins comme Dubaï et Bahreïn.

Selon les critiques, l'assouplissement des restrictions sociales est une tactique de diversion visant à rendre les citoyens plus obéissants et à atténuer la frustration du public face au ralentissement économique et à l'intensification de la répression de la dissidence.

Le royaume est sous les projecteurs de pays et d'organisations occidentaux en ce qui concerne son bilan en matière de droits humains depuis l'assassinat en octobre 2018 par un commando envoyé par Ryad, du journaliste et opposant saoudien Jamal Khashoggi au consulat de son pays à Istanbul.

L'image du pays a également souffert de l'arrestation d'une douzaine de militantes, quelques semaines seulement avant la levée de l'interdiction faite aux femmes de conduire en 2018.

En juillet dernier, la rappeuse américaine Nicki Minaj s'est retirée d'un concert en Arabie saoudite, dans ce qu'elle a décrit comme une manifestation de soutien aux droits des femmes et des homosexuels dans le royaume.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10782 Sun, 29 Dec 2019 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Affaire Khashoggi : le procès saoudien est « tout sauf justice », selon une experte indépendante de l'ONU https://www.peinedemort.org/document/10777 Une experte des droits humains de l'ONU a exprimé jeudi son « double choc » à la suite des condamnations à mort prononcées lundi en Arabie saoudite contre cinq personnes à l'issue d'un procès à huis clos pour le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. « Les bourreaux ont été reconnus coupables et condamnés à mort. Étant opposée à la peine de mort, cela constitue un premier choc pour moi », a déclaré dans un communiqué la Rapporteure spéciale des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Agnès Callamard. « Ceux qui ont ordonné les exécutions sont non seulement en liberté mais ils ont à peine été touchés par l'enquête et le procès. C'est là le deuxième choc. C'est l'antithèse de la justice et un manque de respect inacceptable envers les victimes », a ajouté l'experte indépendante de l'ONU. L'État doit être tenu responsable Selon la Rapporteure spéciale, « en vertu du droit international relatif aux droits de l'homme, le meurtre de M. Khashoggi est une exécution extrajudiciaire dont le Royaume d'Arabie saoudite doit être tenu responsable ». L'experte souligne que l'affaire du meurtre du journaliste exige qu'une « enquête sur la chaîne de commandement pour identifier les commanditaires, ainsi que ceux qui ont incité, permis ou fermé les yeux sur le meurtre, comme le prince héritier » soit diligentée. « Cependant, à aucun moment, le procès n'a pris en compte les responsabilités de l'État », a déploré Mme Callamard. « Les 18 fonctionnaires saoudiens, présents en tant que tels au consulat saoudien à Istanbul pendant plus de 10 jours, ont nettoyé la scène du crime. C'est une entrave à la justice et une violation du Protocole du Minnesota relatif aux enquêtes sur les exécutions arbitraires », a affirmé la Rapporteure spéciale. Un meurtre planifié Selon Mme Callamard, « la présence d'un médecin légiste inscrit dans l'équipe officielle du meurtre au moins 24 heures avant le crime, et discutant du démembrement de M. Khashoggi deux heures avant qu'il ne se produise réellement, indique aussi clairement que le meurtre était planifié ». La Rapporteure spéciale a fait remarquer que le juge semblait conclure que le meurtre de M. Khashoggi était un accident puisqu'il ne semblait pas y avoir d'intention, mais il a néanmoins condamné les accusés à la peine de mort, en violation flagrante du droit international relatif aux droits de l'homme. « La peine de mort ne devrait être prononcée que dans les conditions les plus strictes d'un procès équitable, dont l'une est appliquée en cas de meurtre intentionnel », a-t-elle déclaré. L'experte a également critiqué le déroulement des audiences à huis clos, alors qu'aucune des justifications de la tenue non publique d'un procès en droit international ne s'appliquait. Mme Callamard a déclaré que les accusés avaient déclaré à plusieurs reprises au cours des audiences qu'ils obéissaient aux ordres. Elle a également déploré que le conseiller personnel du Prince héritier, Saoud al-Qahtani, n'ait pas été inculpé et reste libre malgré le fait qu'il avait exigé l'enlèvement de M. Khashoggi au motif qu'il représentait une menace pour la sécurité nationale, comme l'a déclaré publiquement le Procureur. Le Consul d'Arabie saoudite à Istanbul, Mohammad al-Otaibi, qui avait accepté que son consulat et son bureau deviennent une scène de crime, a été déclaré non coupable, souligne également le communiqué de l'experte. « L'impunité pour le meurtre d'un journaliste peut généralement révéler de la répression politique, de la corruption, des abus de pouvoir, de la propagande et même de la complicité internationale ; et tous ces éléments sont présents dans le meurtre par l'Arabie saoudite de M. Jamal Khashoggi», a conclu Agnès Callamard. En juin 2019, à l'issue d'une enquête de six mois, Mme Callamard a publié un rapport sur le meurtre de M. Khashoggi en octobre 2018. Le rapport a analysé les preuves sur la base du droit international relatif aux droits de l'homme et a examiné les mesures qui auraient pu empêcher son assassinat.
« Les bourreaux ont été reconnus coupables et condamnés à mort. Étant opposée à la peine de mort, cela constitue un premier choc pour moi », a déclaré dans un communiqué la Rapporteure spéciale des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Agnès Callamard.

« Ceux qui ont ordonné les exécutions sont non seulement en liberté mais ils ont à peine été touchés par l'enquête et le procès. C'est là le deuxième choc. C'est l'antithèse de la justice et un manque de respect inacceptable envers les victimes », a ajouté l'experte indépendante de l'ONU.

L'État doit être tenu responsable

Selon la Rapporteure spéciale, « en vertu du droit international relatif aux droits de l'homme, le meurtre de M. Khashoggi est une exécution extrajudiciaire dont le Royaume d'Arabie saoudite doit être tenu responsable ». L'experte souligne que l'affaire du meurtre du journaliste exige qu'une « enquête sur la chaîne de commandement pour identifier les commanditaires, ainsi que ceux qui ont incité, permis ou fermé les yeux sur le meurtre, comme le prince héritier » soit diligentée.

« Cependant, à aucun moment, le procès n'a pris en compte les responsabilités de l'État », a déploré Mme Callamard.

« Les 18 fonctionnaires saoudiens, présents en tant que tels au consulat saoudien à Istanbul pendant plus de 10 jours, ont nettoyé la scène du crime. C'est une entrave à la justice et une violation du Protocole du Minnesota relatif aux enquêtes sur les exécutions arbitraires », a affirmé la Rapporteure spéciale.

Un meurtre planifié

Selon Mme Callamard, « la présence d'un médecin légiste inscrit dans l'équipe officielle du meurtre au moins 24 heures avant le crime, et discutant du démembrement de M. Khashoggi deux heures avant qu'il ne se produise réellement, indique aussi clairement que le meurtre était planifié ».

La Rapporteure spéciale a fait remarquer que le juge semblait conclure que le meurtre de M. Khashoggi était un accident puisqu'il ne semblait pas y avoir d'intention, mais il a néanmoins condamné les accusés à la peine de mort, en violation flagrante du droit international relatif aux droits de l'homme.

« La peine de mort ne devrait être prononcée que dans les conditions les plus strictes d'un procès équitable, dont l'une est appliquée en cas de meurtre intentionnel », a-t-elle déclaré.

L'experte a également critiqué le déroulement des audiences à huis clos, alors qu'aucune des justifications de la tenue non publique d'un procès en droit international ne s'appliquait.

Mme Callamard a déclaré que les accusés avaient déclaré à plusieurs reprises au cours des audiences qu'ils obéissaient aux ordres. Elle a également déploré que le conseiller personnel du Prince héritier, Saoud al-Qahtani, n'ait pas été inculpé et reste libre malgré le fait qu'il avait exigé l'enlèvement de M. Khashoggi au motif qu'il représentait une menace pour la sécurité nationale, comme l'a déclaré publiquement le Procureur. Le Consul d'Arabie saoudite à Istanbul, Mohammad al-Otaibi, qui avait accepté que son consulat et son bureau deviennent une scène de crime, a été déclaré non coupable, souligne également le communiqué de l'experte.

« L'impunité pour le meurtre d'un journaliste peut généralement révéler de la répression politique, de la corruption, des abus de pouvoir, de la propagande et même de la complicité internationale ; et tous ces éléments sont présents dans le meurtre par l'Arabie saoudite de M. Jamal Khashoggi», a conclu Agnès Callamard.

En juin 2019, à l'issue d'une enquête de six mois, Mme Callamard a publié un rapport sur le meurtre de M. Khashoggi en octobre 2018. Le rapport a analysé les preuves sur la base du droit international relatif aux droits de l'homme et a examiné les mesures qui auraient pu empêcher son assassinat.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10777 Thu, 26 Dec 2019 00:00:00 +0000 Organisation des Nations Unies
L'exécution des condamnés nuirait à la vérité, dit la fiancée de Khashoggi https://www.peinedemort.org/document/10788 ANKARA (Reuters) - Les condamnations à mort prononcées en Arabie saoudite pour le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi sont injustes et illégitimes, a estimé mardi sa fiancée Hatice Cengiz, selon laquelle l'exécution des condamnés nuirait encore à la vérité. Le chroniqueur du Washington Post, qui ne ménageait pas la famille régnante, a disparu après s'être rendu au consulat saoudien d'Istanbul, le 2 octobre 2018, pour y demander des documents nécessaires à son mariage. Après de multiples déclarations contradictoires, les autorités saoudiennes ont reconnu qu'il avait été tué et démembré par des agents du royaume ayant agi selon elles de leur propre chef. Cinq des onze prévenus jugés à huis clos pour son assassinat ont donc été condamnés à mort lundi, des peines de prison ont été prononcées à l'encontre de trois autres et les trois derniers ont été relaxés. “Si ces gens sont exécutés sans avoir pu s'exprimer ou s'expliquer, nous ne connaîtrons peut-être jamais la vérité sur ce meurtre”, écrit Hatice Cengiz, dans un communiqué diffusé mardi. “J'appelle toutes les autorités du monde à condamner ce type de justice et à s'opposer de toute urgence aux exécutions, qui ne seraient qu'une nouvelle étape dans la dissimulation de la vérité”, ajoute-t-elle. Une commission d'enquête de l'Onu a conclu en juin qu'il “existe des preuves crédibles justifiant des investigations supplémentaires de la responsabilité individuelle d'officiels saoudiens de haut niveau, y compris le prince héritier” Mohammed ben Salman, qui gouverne de facto le royaume.
Le chroniqueur du Washington Post, qui ne ménageait pas la famille régnante, a disparu après s'être rendu au consulat saoudien d'Istanbul, le 2 octobre 2018, pour y demander des documents nécessaires à son mariage.

Après de multiples déclarations contradictoires, les autorités saoudiennes ont reconnu qu'il avait été tué et démembré par des agents du royaume ayant agi selon elles de leur propre chef.

Cinq des onze prévenus jugés à huis clos pour son assassinat ont donc été condamnés à mort lundi, des peines de prison ont été prononcées à l'encontre de trois autres et les trois derniers ont été relaxés.

“Si ces gens sont exécutés sans avoir pu s'exprimer ou s'expliquer, nous ne connaîtrons peut-être jamais la vérité sur ce meurtre”, écrit Hatice Cengiz, dans un communiqué diffusé mardi.

“J'appelle toutes les autorités du monde à condamner ce type de justice et à s'opposer de toute urgence aux exécutions, qui ne seraient qu'une nouvelle étape dans la dissimulation de la vérité”, ajoute-t-elle.

Une commission d'enquête de l'Onu a conclu en juin qu'il “existe des preuves crédibles justifiant des investigations supplémentaires de la responsabilité individuelle d'officiels saoudiens de haut niveau, y compris le prince héritier” Mohammed ben Salman, qui gouverne de facto le royaume.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10788 Tue, 24 Dec 2019 00:00:00 +0000 Reuters
Affaire Khashoggi : cinq Saoudiens condamnés à mort à Ryad https://www.peinedemort.org/document/10772 Cinq Saoudiens poursuivis pour le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi ont été condamnés à mort par un tribunal de Ryad qui a disculpé deux des principaux suspects, un conseiller royal et un chef du renseignement. Jamal Khashoggi, un collaborateur du Washington Post, a été assassiné à 59 ans, en octobre 2018 lors d'une opération qui a plongé l'Arabie saoudite dans l'une de ses pires crises diplomatiques et terni l'image du prince héritier Mohammed ben Salmane, soupçonné d'être le commanditaire du meurtre. Critique du régime saoudien après en avoir été proche, le journaliste a été étranglé et son corps découpé en morceaux par une équipe de 15 hommes venus de Ryad dans le consulat du royaume à Istanbul, selon les responsables turcs. Ses restes n'ont jamais été retrouvés. Après avoir donné plusieurs versions du meurtre, les autorités de Ryad avaient fini d'admettre qu'il avait été commis par des agents saoudiens ayant agi seuls et sans ordre de hauts dirigeants. "Le tribunal a condamné à mort cinq hommes qui ont directement participé à l'assassinat", a indiqué le procureur dans un communiqué. Aucune accusation n'a été retenue contre Saoud al-Qahtani, un proche conseiller du prince héritier, a ajouté le procureur, indiquant que l'ancien numéro deux du renseignement, le général Ahmed al-Assiri, a été acquitté. Le général Assiri était soupçonné d'avoir supervisé l'assassinat du chroniqueur du Washington Post et d'avoir été conseillé par Saoud al-Qahtani, confident du prince héritier. Saoud al-Qahtani a été interrogé mais n'a pas été inculpé "faute de preuves" et le général Assiri a été inculpé mais acquitté pour les mêmes raisons, selon le communiqué du procureur général. Conseiller royal, Saoud al-Qahtani qui a dirigé de violentes campagnes sur les réseaux sociaux contre les opposants saoudiens, n'est pas apparu en public depuis le début de l'affaire. - "chef de file" - Maher Mutreb, un agent de renseignement qui voyageait fréquemment avec le prince héritier lors de ses déplacements à l'étranger, l'expert médico-légal Salah al-Tubaigy et Fahad al-Balawi, un membre de la garde royale saoudienne, faisaient partie des personnes inculpées dans l'affaire, ont indiqué des sources proches du dossier à l'AFP. Il n'est pas clair s'ils faisaient partie ou non des condamnés à mort. Ces sources ont indiqué que beaucoup de ces accusés se sont défendus devant le tribunal en affirmant qu'ils exécutaient les ordres d'Assiri, le décrivant comme le "chef de file" de l'opération. Sur les 11 personnes qui ont été inculpées dans cette affaire, cinq ont été condamnées à mort, trois à des peines de prison totalisant 24 ans, et les autres ont été acquittées. Les condamnés peuvent interjeter appel, selon le texte du communiqué. Le tribunal de Ryad chargé de l'affaire a tenu au total neuf audiences en présence de représentants de la communauté internationale ainsi que de proches de Jamal Khashoggi selon le communiqué. "Nous avons conclu que le meurtre de Khashoggi n'a pas été prémédité", précise le texte. La CIA et une experte de l'ONU ont mis en cause dans l'assassinat le prince héritier saoudien et homme fort du pays qui dément avoir ordonné l'assassinat du journaliste critique même s'il dit en porter la responsabilité en tant que dirigeant du royaume. Le président américain Donald Trump avait refusé de suivre les conclusions de la CIA et maintenu qu'il n'y avait pas de preuves solides sur une implication du prince héritier. Le meurtre de Khashoggi a choqué le monde à un moment où l'Arabie saoudite et son homme fort, le prince Mohammed, menaient une campagne de relations publiques pour donner au royaume ultraconservateur l'image d'un Etat moderne. Les Nations unies et les groupes de défense des droits humains ont demandé qu'une enquête indépendante soit menée sur ce meurtre.
Jamal Khashoggi, un collaborateur du Washington Post, a été assassiné à 59 ans, en octobre 2018 lors d'une opération qui a plongé l'Arabie saoudite dans l'une de ses pires crises diplomatiques et terni l'image du prince héritier Mohammed ben Salmane, soupçonné d'être le commanditaire du meurtre.

Critique du régime saoudien après en avoir été proche, le journaliste a été étranglé et son corps découpé en morceaux par une équipe de 15 hommes venus de Ryad dans le consulat du royaume à Istanbul, selon les responsables turcs. Ses restes n'ont jamais été retrouvés.

Après avoir donné plusieurs versions du meurtre, les autorités de Ryad avaient fini d'admettre qu'il avait été commis par des agents saoudiens ayant agi seuls et sans ordre de hauts dirigeants.

"Le tribunal a condamné à mort cinq hommes qui ont directement participé à l'assassinat", a indiqué le procureur dans un communiqué.

Aucune accusation n'a été retenue contre Saoud al-Qahtani, un proche conseiller du prince héritier, a ajouté le procureur, indiquant que l'ancien numéro deux du renseignement, le général Ahmed al-Assiri, a été acquitté.

Le général Assiri était soupçonné d'avoir supervisé l'assassinat du chroniqueur du Washington Post et d'avoir été conseillé par Saoud al-Qahtani, confident du prince héritier.

Saoud al-Qahtani a été interrogé mais n'a pas été inculpé "faute de preuves" et le général Assiri a été inculpé mais acquitté pour les mêmes raisons, selon le communiqué du procureur général.

Conseiller royal, Saoud al-Qahtani qui a dirigé de violentes campagnes sur les réseaux sociaux contre les opposants saoudiens, n'est pas apparu en public depuis le début de l'affaire.

- "chef de file" -

Maher Mutreb, un agent de renseignement qui voyageait fréquemment avec le prince héritier lors de ses déplacements à l'étranger, l'expert médico-légal Salah al-Tubaigy et Fahad al-Balawi, un membre de la garde royale saoudienne, faisaient partie des personnes inculpées dans l'affaire, ont indiqué des sources proches du dossier à l'AFP.

Il n'est pas clair s'ils faisaient partie ou non des condamnés à mort.

Ces sources ont indiqué que beaucoup de ces accusés se sont défendus devant le tribunal en affirmant qu'ils exécutaient les ordres d'Assiri, le décrivant comme le "chef de file" de l'opération.

Sur les 11 personnes qui ont été inculpées dans cette affaire, cinq ont été condamnées à mort, trois à des peines de prison totalisant 24 ans, et les autres ont été acquittées. Les condamnés peuvent interjeter appel, selon le texte du communiqué.

Le tribunal de Ryad chargé de l'affaire a tenu au total neuf audiences en présence de représentants de la communauté internationale ainsi que de proches de Jamal Khashoggi selon le communiqué.

"Nous avons conclu que le meurtre de Khashoggi n'a pas été prémédité", précise le texte.

La CIA et une experte de l'ONU ont mis en cause dans l'assassinat le prince héritier saoudien et homme fort du pays qui dément avoir ordonné l'assassinat du journaliste critique même s'il dit en porter la responsabilité en tant que dirigeant du royaume.

Le président américain Donald Trump avait refusé de suivre les conclusions de la CIA et maintenu qu'il n'y avait pas de preuves solides sur une implication du prince héritier.

Le meurtre de Khashoggi a choqué le monde à un moment où l'Arabie saoudite et son homme fort, le prince Mohammed, menaient une campagne de relations publiques pour donner au royaume ultraconservateur l'image d'un Etat moderne.

Les Nations unies et les groupes de défense des droits humains ont demandé qu'une enquête indépendante soit menée sur ce meurtre.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10772 Mon, 23 Dec 2019 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Affaire Khashoggi : l'ONU continue de souligner la nécessité de mener une enquête indépendante et impartiale https://www.peinedemort.org/document/10776 Les Nations Unies ont pris note des informations selon lesquelles huit personnes ont été reconnues coupables et condamnées lundi par un tribunal de Riyad pour le meurtre de Jamal Khashoggi, a déclaré le porte-parole du Secrétaire général de l'ONU, lors d'un point de presse. « Le Secrétaire général des Nations Unies continue de souligner la nécessité de mener d'une enquête indépendante et impartiale sur ce meurtre afin de garantir un examen complet des violations des droits de l'homme commises dans cette affaire et de faire en sorte que les responsables aient à répondre de leurs actes », a déclaré Stéphane Dujarric, en réponse à une question portant sur le verdict prononcé par le Procureur de Riyad dans l'affaire de l'assassinat du journaliste saoudien. Selon les informations rapportées par la presse, sur les onze personnes qui ont été inculpées dans cette affaire, cinq ont été condamnées à mort, trois à des peines de prison totalisant 24 ans d'incarcération, et trois autres ont été acquittées. Les Nations Unies sont, « par principe », opposées à la peine de mort, a rappelé M. Dujarric. « Le Secrétaire général réitère également l'engagement des Nations Unies à garantir la liberté d'expression et la protection des journalistes », a ajouté le porte-parole du Secrétaire général. De son côté, la Rapporteure spéciale des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires et arbitraires, Agnès Callamard, a réagi lundi à la décision du tribunal de Riyad dans une série de tweets. « Selon le droit international relatif aux droits de l'homme, le meurtre de M. Khashoggi était une exécution extrajudiciaire dont l'Arabie saoudite est responsable », a déclaré la Rapporteure spéciale sur son compte Twitter. « Mais à aucun moment le procès n'a pris en compte les responsabilités de l'Etat », a-t-elle ajouté. Selon Mme Callamard, la condamnation prononcée ce lundi « est tout sauf la justice pour Jamal Khashoggi », rappelant que les auditions se sont déroulées à huis clos. Pour la Rapporteure spéciale, l'exécution de Jamal Khashoggi requiert « une enquête sur la chaîne de commandement pour identifier les commanditaires, ainsi que ceux qui ont incité, permis ou fermé les yeux sur le meurtre, tels que le Prince Héritier ». « Cette enquête n'a pas eu lieu », a ajouté Mme Callamard. NOTE : Les Experts indépendants font partie de la division des procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme. Les procédures spéciales, l'organe le plus important d'experts indépendants du Système des droits de l'homme de l'ONU, est le terme général appliqué aux mécanismes d'enquête et de suivi indépendants du Conseil qui s'adressent aux situations spécifiques des pays ou aux questions thématiques partout dans le monde. Les experts des procédures spéciales travaillent à titre bénévole ; ils ne font pas partie du personnel de l'ONU et ils ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants des gouvernements et des organisations et ils exercent leurs fonctions à titre indépendant.
« Le Secrétaire général des Nations Unies continue de souligner la nécessité de mener d'une enquête indépendante et impartiale sur ce meurtre afin de garantir un examen complet des violations des droits de l'homme commises dans cette affaire et de faire en sorte que les responsables aient à répondre de leurs actes », a déclaré Stéphane Dujarric, en réponse à une question portant sur le verdict prononcé par le Procureur de Riyad dans l'affaire de l'assassinat du journaliste saoudien.

Selon les informations rapportées par la presse, sur les onze personnes qui ont été inculpées dans cette affaire, cinq ont été condamnées à mort, trois à des peines de prison totalisant 24 ans d'incarcération, et trois autres ont été acquittées.

Les Nations Unies sont, « par principe », opposées à la peine de mort, a rappelé M. Dujarric. « Le Secrétaire général réitère également l'engagement des Nations Unies à garantir la liberté d'expression et la protection des journalistes », a ajouté le porte-parole du Secrétaire général.

De son côté, la Rapporteure spéciale des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires et arbitraires, Agnès Callamard, a réagi lundi à la décision du tribunal de Riyad dans une série de tweets.

« Selon le droit international relatif aux droits de l'homme, le meurtre de M. Khashoggi était une exécution extrajudiciaire dont l'Arabie saoudite est responsable », a déclaré la Rapporteure spéciale sur son compte Twitter. « Mais à aucun moment le procès n'a pris en compte les responsabilités de l'Etat », a-t-elle ajouté.

Selon Mme Callamard, la condamnation prononcée ce lundi « est tout sauf la justice pour Jamal Khashoggi », rappelant que les auditions se sont déroulées à huis clos.

Pour la Rapporteure spéciale, l'exécution de Jamal Khashoggi requiert « une enquête sur la chaîne de commandement pour identifier les commanditaires, ainsi que ceux qui ont incité, permis ou fermé les yeux sur le meurtre, tels que le Prince Héritier ». « Cette enquête n'a pas eu lieu », a ajouté Mme Callamard.



NOTE :

Les Experts indépendants font partie de la division des procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme. Les procédures spéciales, l'organe le plus important d'experts indépendants du Système des droits de l'homme de l'ONU, est le terme général appliqué aux mécanismes d'enquête et de suivi indépendants du Conseil qui s'adressent aux situations spécifiques des pays ou aux questions thématiques partout dans le monde.

Les experts des procédures spéciales travaillent à titre bénévole ; ils ne font pas partie du personnel de l'ONU et ils ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants des gouvernements et des organisations et ils exercent leurs fonctions à titre indépendant.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10776 Mon, 23 Dec 2019 00:00:00 +0000 Organisation des Nations Unies
Déclaration de la Suisse : situations des droits de l'homme qui requièrent l'attention du Conseil https://www.peinedemort.org/document/10672 42e session du Conseil des droits de l'homme Point 4 de l'ordre du jour Situations des droits de l'homme qui requièrent l'attention du Conseil Genève, 17 septembre 2019 Déclaration de la Suisse [Seul le texte prononcé fait foi] Monsieur le Président, La Suisse s'oppose catégoriquement, et en toute circonstance, à la peine de mort. Celle-ci enfreint l'interdiction de la torture et d'autres obligations fondamentales des droits humains, comme le droit à la vie. Mon pays reconnait les souffrances des personnes ayant perdu un être cher ou ayant elles-mêmes été victimes d'un crime. Or, la peine de mort n'est pas un instrument approprié servant à la réconciliation, ni au dédommagement des victimes ou de leurs familles. Elle n'a pas non plus d'effets dissuasifs prouvés. La Suisse déplore ainsi fortement qu'en 2019, la communauté internationale ait été à nouveau témoin d'exécutions de masse et de mineurs au moment des faits. Mon pays appelle les dix Etats dans lesquels le nombre d'exécutions reste le plus élevé, soit la Chine, l'Iran, l'Arabie saoudite, le Vietnam, l'Irak, l'Egypte, les Etats-Unis, le Japon, le Pakistan, et Singapour à abolir la peine de mort ou à instaurer un moratoire, et à suspendre dans les faits l'exécution des peines capitales. Nous demandons aussi aux Etats qui condamnent à mort les personnes n'ayant pas commis les crimes les plus graves, notamment ceux liés aux drogues, à modifier leur législation, et ä pleinement garantir le droit à un procès équitable, aussi dans le contexte de la lutte anti- terroriste. Je vous remercie. Point 4 de l'ordre du jour
Situations des droits de l'homme qui requièrent l'attention du Conseil
Genève, 17 septembre 2019
Déclaration de la Suisse
[Seul le texte prononcé fait foi]

Monsieur le Président,

La Suisse s'oppose catégoriquement, et en toute circonstance, à la peine de mort. Celle-ci enfreint l'interdiction de la torture et d'autres obligations fondamentales des droits humains, comme le droit à la vie.

Mon pays reconnait les souffrances des personnes ayant perdu un être cher ou ayant elles-mêmes été victimes d'un crime. Or, la peine de mort n'est pas un instrument approprié servant à la réconciliation, ni au dédommagement des victimes ou de leurs familles. Elle n'a pas non plus d'effets dissuasifs prouvés.

La Suisse déplore ainsi fortement qu'en 2019, la communauté internationale ait été à nouveau témoin d'exécutions de masse et de mineurs au moment des faits.

Mon pays appelle les dix Etats dans lesquels le nombre d'exécutions reste le plus élevé, soit la Chine, l'Iran, l'Arabie saoudite, le Vietnam, l'Irak, l'Egypte, les Etats-Unis, le Japon, le Pakistan, et Singapour à abolir la peine de mort ou à instaurer un moratoire, et à suspendre dans les faits l'exécution des peines capitales.

Nous demandons aussi aux Etats qui condamnent à mort les personnes n'ayant pas commis les crimes les plus graves, notamment ceux liés aux drogues, à modifier leur législation, et ä pleinement garantir le droit à un procès équitable, aussi dans le contexte de la lutte anti- terroriste.

Je vous remercie.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10672 Tue, 17 Sep 2019 00:00:00 +0000 Département fédéral des affaires étrangères - Suisse
Washington demande à l'Arabie saoudite de libérer le blogueur Raef Badaoui https://www.peinedemort.org/document/10591 Le vice-président américain Mike Pence a demandé jeudi à l'Arabie saoudite de libérer le blogueur Raef Badaoui, dans une rare prise de distance de l'administration Trump à l'égard de cet allié stratégique. S'exprimant lors d'une conférence sur la liberté religieuse à Washington, Mike Pence s'est livrée aux habituelles dénonciations des violations de droits humains en Chine, en Iran ou au Venezuela. Mais il a aussi soulevé le cas de Raef Badaoui, 35 ans, Saoudien critique du régime de Ryad et devenu un symbole des atteintes à la liberté d'expression. La séance de flagellation publique sur une place de Jeddah qu'il avait dû subir en 2015 avait suscité un tollé dans le monde. Le vice-président américain a cité Raef Badaoui dans une liste de personnes détenues pour s'être exprimées sur les religions en Arabie saoudite, mais aussi en Erythrée, en Mauritanie et au Pakistan. "Le peuple américain est à leurs côtés, et aujourd'hui les Etats-Unis d'Amérique appellent les gouvernements d'Erythrée, de Mauritanie, du Pakistan et d'Arabie saoudite à respecter le droit de conscience de ces hommes et à les libérer", a dit le vice-président républicain. "En Arabie saoudite, le blogueur Raef Badaoui est toujours en prison sous l'accusation d'avoir critiqué l'islam sur des médias électroniques", a souligné Mike Pence. Raef Badaoui est emprisonné depuis 2012 et a été condamné en novembre 2014 à 10 ans de prison et 1.000 coups de fouet pour "insulte à l'islam". Les 50 premiers coups de fouet lui avaient été infligés en 2015 à Jeddah mais les autres séances, qui devaient être hebdomadaires, avaient été suspendues après une vague de protestations. Farouche défenseur de la liberté d'expression, Raef Badaoui avait demandé sur son site internet la fin de l'influence religieuse dans le royaume saoudien, régi par le wahhabisme, version rigoriste de l'islam. - L'ombre de Kashoggi - L'administration du président Donald Trump est sous pression des démocrates du Congrès et de certains républicains pour avoir répondu de façon trop conciliante selon eux à l'assassinat du journaliste Jamal Kashoggi, étranglé et démembré dans les locaux du consulat saoudien à Istanbul. Kashoggi, résident aux Etats-Unis, s'y était rendu pour effectuer une démarche administrative. Donald Trump loue au contraire ses excellentes relations avec le prince héritier Mohammed Ben Salmane, homme fort du régime. Il estime aussi qu'il n'est pas question de se brouiller avec un régime qui est un des tout premiers clients de l'industrie d'armement américaine et qui partage son hostilité à l'égard de l'Iran. Signe de ces résistances à sa politique vis-à-vis de Ryad, le Congrès a voté mercredi une résolution bloquant une vente d'armes à l'Arabie saoudite, qu'il ne pourra surmonter qu'en y apposant son véto. Le blogueur Raef Badaoui s'était vu décerner en 2015 le Prix Sakharov par le Parlement européen, une prestigieuse distinction en faveur des droits humains et de la liberté d'expression. Son épouse, Ensaf Haidar, et ses trois enfants vivent au Canada, où le Premier ministre Justin Trudeau a fait de sa libération une de ses priorités. Parmi les défenseurs des droits humains dont il réclame la libération, Mike Pence a également cité Junaid Hafeez, un universitaire pakistanais accusé d'avoir dénigré le prophète Mahomet en 2013. En Erythrée, c'est l'ancien patriarche de l'Eglise orthodoxe Abune Antonios qui est en résidence surveillée depuis 12 ans. En Mauritanie, un autre blogueur, Mohamed Cheikh Ould Mkhaïtir, considéré par des ONG comme "symbole de la répression" dans le pays, avait été condamné à mort en 2014 pour "aposthasie", c'est-à-dire le reniement de sa religion.
S'exprimant lors d'une conférence sur la liberté religieuse à Washington, Mike Pence s'est livrée aux habituelles dénonciations des violations de droits humains en Chine, en Iran ou au Venezuela.

Mais il a aussi soulevé le cas de Raef Badaoui, 35 ans, Saoudien critique du régime de Ryad et devenu un symbole des atteintes à la liberté d'expression. La séance de flagellation publique sur une place de Jeddah qu'il avait dû subir en 2015 avait suscité un tollé dans le monde.

Le vice-président américain a cité Raef Badaoui dans une liste de personnes détenues pour s'être exprimées sur les religions en Arabie saoudite, mais aussi en Erythrée, en Mauritanie et au Pakistan.

"Le peuple américain est à leurs côtés, et aujourd'hui les Etats-Unis d'Amérique appellent les gouvernements d'Erythrée, de Mauritanie, du Pakistan et d'Arabie saoudite à respecter le droit de conscience de ces hommes et à les libérer", a dit le vice-président républicain.

"En Arabie saoudite, le blogueur Raef Badaoui est toujours en prison sous l'accusation d'avoir critiqué l'islam sur des médias électroniques", a souligné Mike Pence.

Raef Badaoui est emprisonné depuis 2012 et a été condamné en novembre 2014 à 10 ans de prison et 1.000 coups de fouet pour "insulte à l'islam". Les 50 premiers coups de fouet lui avaient été infligés en 2015 à Jeddah mais les autres séances, qui devaient être hebdomadaires, avaient été suspendues après une vague de protestations.

Farouche défenseur de la liberté d'expression, Raef Badaoui avait demandé sur son site internet la fin de l'influence religieuse dans le royaume saoudien, régi par le wahhabisme, version rigoriste de l'islam.

- L'ombre de Kashoggi -

L'administration du président Donald Trump est sous pression des démocrates du Congrès et de certains républicains pour avoir répondu de façon trop conciliante selon eux à l'assassinat du journaliste Jamal Kashoggi, étranglé et démembré dans les locaux du consulat saoudien à Istanbul.

Kashoggi, résident aux Etats-Unis, s'y était rendu pour effectuer une démarche administrative.

Donald Trump loue au contraire ses excellentes relations avec le prince héritier Mohammed Ben Salmane, homme fort du régime.

Il estime aussi qu'il n'est pas question de se brouiller avec un régime qui est un des tout premiers clients de l'industrie d'armement américaine et qui partage son hostilité à l'égard de l'Iran.

Signe de ces résistances à sa politique vis-à-vis de Ryad, le Congrès a voté mercredi une résolution bloquant une vente d'armes à l'Arabie saoudite, qu'il ne pourra surmonter qu'en y apposant son véto.

Le blogueur Raef Badaoui s'était vu décerner en 2015 le Prix Sakharov par le Parlement européen, une prestigieuse distinction en faveur des droits humains et de la liberté d'expression.

Son épouse, Ensaf Haidar, et ses trois enfants vivent au Canada, où le Premier ministre Justin Trudeau a fait de sa libération une de ses priorités.

Parmi les défenseurs des droits humains dont il réclame la libération, Mike Pence a également cité Junaid Hafeez, un universitaire pakistanais accusé d'avoir dénigré le prophète Mahomet en 2013.

En Erythrée, c'est l'ancien patriarche de l'Eglise orthodoxe Abune Antonios qui est en résidence surveillée depuis 12 ans. En Mauritanie, un autre blogueur, Mohamed Cheikh Ould Mkhaïtir, considéré par des ONG comme "symbole de la répression" dans le pays, avait été condamné à mort en 2014 pour "aposthasie", c'est-à-dire le reniement de sa religion.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10591 Thu, 18 Jul 2019 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP