La peine de mort dans le monde — Etats-Unis https://www.peinedemort.org/rss/pays/USA Etats-Unis : tous les documents concernant la peine de mort. fr Sophie Fotiadi <sophie.fotiadi@peinedemort.org>, 2019 Sat, 17 Aug 2019 15:47:28 +0200 Fri, 16 Aug 2019 22:44:09 +0200 120 USA: Exécution d'un condamné qui a choisi la chaise électrique https://www.peinedemort.org/document/10642 Un condamné à mort américain, qui a opté en dernier ressort pour la chaise électrique plutôt qu'une injection létale, a été exécuté jeudi soir dans l'Etat du Tennessee, a annoncé l'administration pénitentiaire locale. Stephen West - meurtrier il y a plus de trente ans d'une mère et de sa fille - "a été exécuté par la méthode de l'électrocution", a écrit dans un communiqué l'administration pénitentiaire. Le prisonnier a "été prononcé mort" à 19H27 (00H27 GMT vendredi) dans un pénitencier de Nashville. Stephen West s'était vu refuser mardi un recours en grâce déposé auprès du gouverneur républicain du Tennessee, Bill Lee. "Après un examen approfondi de la demande de grâce de Stephen West et de l'affaire, la sentence de l'État du Tennessee sera maintenue, et je n'interviendrai pas" avait-il déclaré dans un communiqué. Selon des médias locaux, Stephen West refusait jusqu'au dernier moment de choisir sa méthode d'exécution, espérant ainsi probablement la retarder. Plus tôt cette année, un condamné avait choisi la chaise électrique à la dernière minute, ce qui lui avait permis d'obtenir un sursis de dix jours. Pour son dernier repas, Stephen West a commandé un sandwich et des frites, a précisé l'administration.
Stephen West - meurtrier il y a plus de trente ans d'une mère et de sa fille - "a été exécuté par la méthode de l'électrocution", a écrit dans un communiqué l'administration pénitentiaire. Le prisonnier a "été prononcé mort" à 19H27 (00H27 GMT vendredi) dans un pénitencier de Nashville.

Stephen West s'était vu refuser mardi un recours en grâce déposé auprès du gouverneur républicain du Tennessee, Bill Lee. "Après un examen approfondi de la demande de grâce de Stephen West et de l'affaire, la sentence de l'État du Tennessee sera maintenue, et je n'interviendrai pas" avait-il déclaré dans un communiqué.

Selon des médias locaux, Stephen West refusait jusqu'au dernier moment de choisir sa méthode d'exécution, espérant ainsi probablement la retarder. Plus tôt cette année, un condamné avait choisi la chaise électrique à la dernière minute, ce qui lui avait permis d'obtenir un sursis de dix jours. Pour son dernier repas, Stephen West a commandé un sandwich et des frites, a précisé l'administration.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10642 Fri, 16 Aug 2019 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Tous les États ont pour responsabilité la protection contre les attaques haineuses (ONU) https://www.peinedemort.org/document/10637 La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, a ajouté mardi sa voix aux condamnations des fusillades qui ont eu lieu le week-end dernier aux États-Unis, insistant sur le fait que « tous les États, et pas uniquement les États-Unis » devraient faire plus pour mettre fin aux discriminations. « Nous condamnons sans équivoque le racisme, la xénophobie et l'intolérance - y compris le suprémacisme blanc - et appelons les États, pas seulement les États-Unis, mais tous les États, à prendre des mesures positives pour éliminer la discrimination », a dit Rupert Colville, le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH). S'adressant aux journalistes à Genève, M. Colville a salué la condamnation par les États-Unis du « racisme, de la haine et du suprémacisme blanc » à la suite de ces « deux terribles tragédies » qui ont fait au moins 29 morts samedi et dimanche, dans les Etats du Texas et de l'Ohio. Cette déclaration fait écho aux propos lundi du Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, à la suite des fusillades, dans lesquels il exprimait sa solidarité « avec les peuples et les gouvernements des États-Unis et du Mexique, dont sont originaires plusieurs personnes tuées ou blessées lors de l'attaque d'El Paso ». Toutes les autorités devraient veiller à ce que leurs actions ne contribuent en aucune façon à des attitudes publiques discriminatoires, qui stigmatisent ou déshumanisent des minorités Dans sa déclaration, M. Guterres a également souligné la nécessité pour « tous de lutter ensemble contre la violence fondée sur la haine, le racisme, la xénophobie et toutes les formes de discrimination ». En réponse à une question demandant si la rhétorique du Président américain au sujet des migrants aurait pu contribuer aux dernières violences, M. Colville a répondu que toutes les autorités devraient veiller à ce que leurs actions ne contribuent en aucune façon à des attitudes publiques discriminatoires, qui stigmatisent ou déshumanisent des minorités. Le porte-parole a insisté sur le fait que les migrants, les réfugiés, les femmes, les personnes LGBT, « ou tout groupe qualifié 'd'autre' », restent vulnérables aux représailles et aux attaques tant que les autorités n'assument pas leurs responsabilités. S'agissant de la référence faite par le Président américain Donald Trump à une nouvelle loi qui inclurait la peine de mort pour les crimes de haine et les auteurs de fusillade, M. Colville a souligné que le HCDH était opposé à la peine de mort en toutes circonstances et qu'elle n'a pas sa place au XXIe siècle. Il a ajouté qu'il fallait s'attaquer aux crimes motivés par la haine et à leurs causes, mais que les nouvelles lois devaient également être très prudentes, afin qu'elles prennent en compte les droits de l'homme et les libertés. Interrogé sur l'état mental des personnes responsables de ces fusillades, M. Colville a cité l'ancien Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, qui a déclaré qu'il était « difficile de trouver une justification rationnelle qui explique la facilité avec laquelle les gens peuvent acheter des armes à feu, notamment des armes d'assaut, malgré leurs antécédents criminels, leur toxicomanie, leur passé en matière de violence familiale et de maladie mentale ou leur contact direct avec des extrémistes, tant nationaux qu'étrangers ». S'agissant des mesures qui pourraient mettre fin à un nombre croissant de crimes haineux aux États-Unis et ailleurs - et à leur lien avec les médias sociaux - M. Colville a exhorté les entreprises de communications en ligne et les gouvernements à travailler de pair pour faire en sorte que les droits de la personne soient pris en compte lors de l'élaboration des lois, politiques et produits de médias sociaux, afin de cerner et réduire les risques. « Nous condamnons sans équivoque le racisme, la xénophobie et l'intolérance - y compris le suprémacisme blanc - et appelons les États, pas seulement les États-Unis, mais tous les États, à prendre des mesures positives pour éliminer la discrimination », a dit Rupert Colville, le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH).

S'adressant aux journalistes à Genève, M. Colville a salué la condamnation par les États-Unis du « racisme, de la haine et du suprémacisme blanc » à la suite de ces « deux terribles tragédies » qui ont fait au moins 29 morts samedi et dimanche, dans les Etats du Texas et de l'Ohio.

Cette déclaration fait écho aux propos lundi du Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, à la suite des fusillades, dans lesquels il exprimait sa solidarité « avec les peuples et les gouvernements des États-Unis et du Mexique, dont sont originaires plusieurs personnes tuées ou blessées lors de l'attaque d'El Paso ».

Toutes les autorités devraient veiller à ce que leurs actions ne contribuent en aucune façon à des attitudes publiques discriminatoires, qui stigmatisent ou déshumanisent des minorités
Dans sa déclaration, M. Guterres a également souligné la nécessité pour « tous de lutter ensemble contre la violence fondée sur la haine, le racisme, la xénophobie et toutes les formes de discrimination ».

En réponse à une question demandant si la rhétorique du Président américain au sujet des migrants aurait pu contribuer aux dernières violences, M. Colville a répondu que toutes les autorités devraient veiller à ce que leurs actions ne contribuent en aucune façon à des attitudes publiques discriminatoires, qui stigmatisent ou déshumanisent des minorités.

Le porte-parole a insisté sur le fait que les migrants, les réfugiés, les femmes, les personnes LGBT, « ou tout groupe qualifié 'd'autre' », restent vulnérables aux représailles et aux attaques tant que les autorités n'assument pas leurs responsabilités.

S'agissant de la référence faite par le Président américain Donald Trump à une nouvelle loi qui inclurait la peine de mort pour les crimes de haine et les auteurs de fusillade, M. Colville a souligné que le HCDH était opposé à la peine de mort en toutes circonstances et qu'elle n'a pas sa place au XXIe siècle.

Il a ajouté qu'il fallait s'attaquer aux crimes motivés par la haine et à leurs causes, mais que les nouvelles lois devaient également être très prudentes, afin qu'elles prennent en compte les droits de l'homme et les libertés.

Interrogé sur l'état mental des personnes responsables de ces fusillades, M. Colville a cité l'ancien Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, qui a déclaré qu'il était « difficile de trouver une justification rationnelle qui explique la facilité avec laquelle les gens peuvent acheter des armes à feu, notamment des armes d'assaut, malgré leurs antécédents criminels, leur toxicomanie, leur passé en matière de violence familiale et de maladie mentale ou leur contact direct avec des extrémistes, tant nationaux qu'étrangers ».

S'agissant des mesures qui pourraient mettre fin à un nombre croissant de crimes haineux aux États-Unis et ailleurs - et à leur lien avec les médias sociaux - M. Colville a exhorté les entreprises de communications en ligne et les gouvernements à travailler de pair pour faire en sorte que les droits de la personne soient pris en compte lors de l'élaboration des lois, politiques et produits de médias sociaux, afin de cerner et réduire les risques.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10637 Tue, 06 Aug 2019 00:00:00 +0200 Organisation des Nations Unies
Rétablissement de la peine de mort aux États-Unis : le rapporteur regrette la décision du gouvernement fédéral https://www.peinedemort.org/document/10631 Titus Corlatean (Roumanie, SOC), rapporteur général de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) sur l'abolition de la peine de mort, a exprimé son profond regret face à la décision du Gouvernement fédéral des Etats-Unis d'Amérique de rétablir la peine capitale et de programmer l'exécution de cinq condamnés à mort, annoncée le 25 juillet par le Département de la Justice. « Je suis profondément déçu que le gouvernement fédéral américain ait décidé de rétablir la peine de mort après un moratoire de fait de 16 ans sur les exécutions. Alors que 21 Etats ont aboli la peine capitale et que les gouverneurs de quatre Etats ont instauré un moratoire sur les exécutions, cette décision du gouvernement fédéral va à l'encontre de la tendance croissante à l'abolition de cette peine tant dans le pays que dans le monde », a déclaré le rapporteur. « La peine de mort est toujours un châtiment cruel et inhumain, quel que soit le crime, et elle ne devrait plus être appliquée dans les États démocratiques qui respectent les droits de l'homme. J'appelle les autorités fédérales des Etats-Unis, Etat observateur auprès du Conseil de l'Europe, à réévaluer au niveau politique la possibilité de supprimer totalement cette condamnation, conformément à nos valeurs communes telles qu'énoncées dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et dans les traités internationaux », a-t-il ajouté.
« Je suis profondément déçu que le gouvernement fédéral américain ait décidé de rétablir la peine de mort après un moratoire de fait de 16 ans sur les exécutions. Alors que 21 Etats ont aboli la peine capitale et que les gouverneurs de quatre Etats ont instauré un moratoire sur les exécutions, cette décision du gouvernement fédéral va à l'encontre de la tendance croissante à l'abolition de cette peine tant dans le pays que dans le monde », a déclaré le rapporteur.

« La peine de mort est toujours un châtiment cruel et inhumain, quel que soit le crime, et elle ne devrait plus être appliquée dans les États démocratiques qui respectent les droits de l'homme. J'appelle les autorités fédérales des Etats-Unis, Etat observateur auprès du Conseil de l'Europe, à réévaluer au niveau politique la possibilité de supprimer totalement cette condamnation, conformément à nos valeurs communes telles qu'énoncées dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et dans les traités internationaux », a-t-il ajouté.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10631 Fri, 02 Aug 2019 00:00:00 +0200 Conseil de l'Europe
Les Etats-Unis programment des exécutions fédérales après 16 ans d'interruption https://www.peinedemort.org/document/10605 Le gouvernement américain a annoncé jeudi la reprise des exécutions au niveau fédéral après seize ans d'interruption, en écho aux appels répétés du président Donald Trump d'utiliser davantage la peine capitale. Le ministère de la Justice a adopté un nouveau protocole d'injection létale et a programmé cinq exécutions dans un pénitencier fédéral à Terre Haute dans l'Indiana (nord) en décembre 2019 et janvier 2020. Elles doivent concerner cinq hommes condamnés par des jurys fédéraux pour avoir tué, et parfois torturé et violé, des enfants ou des personnes âgées, et qui ont épuisé tous les recours légaux, selon les autorités. "Nous devons, pour les victimes et leurs familles, appliquer les peines déclarées par notre système judiciaire", a justifié Bill Barr, ministre de la Justice, cité dans un communiqué. Donald Trump, qui brigue un second mandat en 2020, réclame régulièrement un usage renforcé de la peine capitale, notamment pour les tueurs de policiers, les islamistes ou pour lutter contre le trafic de drogue. Il l'avait également réclamée après la tuerie dans une synagogue de Pittsburgh en octobre 2018 (11 morts). Selon les sondages, le soutien pour la peine de mort s'est érodé chez les Américains qui ne sont plus que 54% à y être favorables pour les meurtriers, contre environ 80% au début des années 1990. Mais il existe d'énormes différences selon les affiliations politiques: 77% des républicains la jugent justifiée en cas de meurtre, contre 35% des démocrates. - "Immorale" - Les prétendants à l'investiture démocrate pour 2020 se sont empressés de dénoncer la décision de l'administration. "Nous avons besoin d'un moratoire au niveau national sur la peine de mort, pas d'une résurrection", a tweeté la sénatrice et ancienne procureure Kamala Harris, jugeant la peine capitale "immorale". "Il y a suffisamment de violence dans le monde, le gouvernement ne devrait pas en ajouter", a renchéri le sénateur Bernie Sanders. L'administration "est à nouveau du mauvais côté de l'histoire", a également jugé la puissante association de défense des droits civiques ACLU, soulignant que la peine capitale se caractérise par d'importantes disparités raciales et géographiques. Quelque 21 Etats américains ont aboli la peine de mort et quatre ont prononcé un moratoire sur les exécutions. Sur les 25 Etats où elle reste légale, plusieurs ne l'appliquent pas en raison de difficultés d'approvisionnement en substances létales et d'interrogations sur la légalité de ces produits. Les exécutions se concentrent principalement dans le sud du pays. Sur les 25 menées en 2018, treize l'ont été au Texas. Si la plupart des meurtres sont jugés au niveau des Etats, les tribunaux fédéraux peuvent être saisis des cas les plus graves (attentats, crimes racistes, meurtre d'un témoin, etc). Au total, 62 personnes se trouvent dans les couloirs de la mort de pénitenciers fédéraux, contre plus de 2.600 dans les prisons des Etats, selon le Centre d'information sur la peine de mort (DPIC). - "Arbitraire" - Au niveau fédéral, seules trois exécutions ont été réalisées au cours des 45 dernières années, dont Timothy McVeigh responsable de l'attentat d'Oklahoma City (168 morts en 1995) exécuté en 2001, et Louis Jones en 2003 pour le meurtre d'une militaire. L'ancien président démocrate Barack Obama avait exprimé en 2015 ses réserves sur la peine capitale, citant notamment la sur-représentation des Noirs dans les couloirs de la mort et des incidents avec des injections létales "horribles et mal menées". Après ces exécutions difficiles, plusieurs recours ont été introduits en justice au nom de la Constitution, qui interdit les punitions "cruelles". En parallèle, les grands laboratoires pharmaceutiques ont commencé à refuser de livrer certains produits pour ne pas être associés à la peine capitale. Le ministère de la Justice a expliqué jeudi avoir renoncé à un cocktail controversé de trois produits au profit du seul pentobarbital. Il prévoit de l'utiliser le 9 décembre pour exécuter Daniel Lee, un partisan de la suprématie blanche condamné en 1999 pour le meurtre d'une famille de trois personnes dont une fillette de huit ans. Son avocat Morris Moon a expliqué que Daniel Lee avait été jugé avec un autre homme qui, pour les mêmes faits, a écopé de la perpétuité ce qui montre, selon lui, le côté "arbitraire" de la peine de mort.
Le ministère de la Justice a adopté un nouveau protocole d'injection létale et a programmé cinq exécutions dans un pénitencier fédéral à Terre Haute dans l'Indiana (nord) en décembre 2019 et janvier 2020.

Elles doivent concerner cinq hommes condamnés par des jurys fédéraux pour avoir tué, et parfois torturé et violé, des enfants ou des personnes âgées, et qui ont épuisé tous les recours légaux, selon les autorités.

"Nous devons, pour les victimes et leurs familles, appliquer les peines déclarées par notre système judiciaire", a justifié Bill Barr, ministre de la Justice, cité dans un communiqué.

Donald Trump, qui brigue un second mandat en 2020, réclame régulièrement un usage renforcé de la peine capitale, notamment pour les tueurs de policiers, les islamistes ou pour lutter contre le trafic de drogue. Il l'avait également réclamée après la tuerie dans une synagogue de Pittsburgh en octobre 2018 (11 morts).

Selon les sondages, le soutien pour la peine de mort s'est érodé chez les Américains qui ne sont plus que 54% à y être favorables pour les meurtriers, contre environ 80% au début des années 1990.

Mais il existe d'énormes différences selon les affiliations politiques: 77% des républicains la jugent justifiée en cas de meurtre, contre 35% des démocrates.

- "Immorale" -

Les prétendants à l'investiture démocrate pour 2020 se sont empressés de dénoncer la décision de l'administration.

"Nous avons besoin d'un moratoire au niveau national sur la peine de mort, pas d'une résurrection", a tweeté la sénatrice et ancienne procureure Kamala Harris, jugeant la peine capitale "immorale". "Il y a suffisamment de violence dans le monde, le gouvernement ne devrait pas en ajouter", a renchéri le sénateur Bernie Sanders.

L'administration "est à nouveau du mauvais côté de l'histoire", a également jugé la puissante association de défense des droits civiques ACLU, soulignant que la peine capitale se caractérise par d'importantes disparités raciales et géographiques.

Quelque 21 Etats américains ont aboli la peine de mort et quatre ont prononcé un moratoire sur les exécutions.

Sur les 25 Etats où elle reste légale, plusieurs ne l'appliquent pas en raison de difficultés d'approvisionnement en substances létales et d'interrogations sur la légalité de ces produits.

Les exécutions se concentrent principalement dans le sud du pays. Sur les 25 menées en 2018, treize l'ont été au Texas.

Si la plupart des meurtres sont jugés au niveau des Etats, les tribunaux fédéraux peuvent être saisis des cas les plus graves (attentats, crimes racistes, meurtre d'un témoin, etc).

Au total, 62 personnes se trouvent dans les couloirs de la mort de pénitenciers fédéraux, contre plus de 2.600 dans les prisons des Etats, selon le Centre d'information sur la peine de mort (DPIC).

- "Arbitraire" -

Au niveau fédéral, seules trois exécutions ont été réalisées au cours des 45 dernières années, dont Timothy McVeigh responsable de l'attentat d'Oklahoma City (168 morts en 1995) exécuté en 2001, et Louis Jones en 2003 pour le meurtre d'une militaire.

L'ancien président démocrate Barack Obama avait exprimé en 2015 ses réserves sur la peine capitale, citant notamment la sur-représentation des Noirs dans les couloirs de la mort et des incidents avec des injections létales "horribles et mal menées".

Après ces exécutions difficiles, plusieurs recours ont été introduits en justice au nom de la Constitution, qui interdit les punitions "cruelles". En parallèle, les grands laboratoires pharmaceutiques ont commencé à refuser de livrer certains produits pour ne pas être associés à la peine capitale.

Le ministère de la Justice a expliqué jeudi avoir renoncé à un cocktail controversé de trois produits au profit du seul pentobarbital.

Il prévoit de l'utiliser le 9 décembre pour exécuter Daniel Lee, un partisan de la suprématie blanche condamné en 1999 pour le meurtre d'une famille de trois personnes dont une fillette de huit ans.

Son avocat Morris Moon a expliqué que Daniel Lee avait été jugé avec un autre homme qui, pour les mêmes faits, a écopé de la perpétuité ce qui montre, selon lui, le côté "arbitraire" de la peine de mort.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10605 Fri, 26 Jul 2019 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Déclaration de la porte-parole sur l'annonce faite par le ministère de la justice des États Unis concernant le rétablissement de la peine capitale https://www.peinedemort.org/document/10613 Après un moratoire de fait de seize ans, le ministère de la justice des États-Unis a annoncé hier que le gouvernement fédéral rétablirait la peine capitale. Cette décision va à l'encontre de la tendance croissante en faveur de l'abolition de la peine de mort tant aux États-Unis que dans le monde. La peine de mort constitue une violation du droit inaliénable à la vie consacré dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et est un châtiment cruel, inhumain et dégradant. L'Union européenne s'oppose fermement à la peine de mort et continuera d'œuvrer en faveur de son abolition dans le monde entier.
L'Union européenne s'oppose fermement à la peine de mort et continuera d'œuvrer en faveur de son abolition dans le monde entier.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10613 Fri, 26 Jul 2019 00:00:00 +0200 Union européenne
"Réseau de la CIA" démantelé en Iran: 17 arrestations, des condamnations à mort https://www.peinedemort.org/document/10600 Téhéran a annoncé lundi avoir arrêté 17 Iraniens et en avoir condamné à mort plusieurs dans le cadre du démantèlement d'un "réseau d'espions" de l'Agence centrale du renseignement des Etats-Unis (CIA), des affirmations "totalement fausses" selon le président américain Donald Trump. Le démantèlement de ce "réseau d'espions" avait été annoncé le 18 juin par Téhéran; les arrestations ont eu lieu entre mars 2018 et mars 2019. La publication de détails sur cette opération du contre-espionnage iranien survient dans un contexte de fortes tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, plus d'un an après le retrait unilatéral américain de l'accord international sur le nucléaire iranien, et d'escalade militaire dans le Golfe. "Ceux qui ont délibérément trahi leur pays ont été remis à la justice. Certains ont été condamnés à mort et d'autres à de longues peines de prison", a déclaré au cours d'une conférence de presse à Téhéran le chef du contre-espionnage au ministère des Renseignements iranien, dont l'identité n'a pas été révélée. Les suspects étaient employés "dans des secteurs sensibles" ou dans des activités privées liées à ces secteurs, et agissaient indépendamment les uns des autres, a-t-il dit sans fournir de précisions. Les suspects agissaient indépendamment les uns des autres, a-t-il ajouté, sans indiquer combien avaient été condamnés à mort. - "Empirer" - "Les informations selon lesquelles l'Iran aurait arrêté des espions de la CIA sont totalement fausses. Pas une once de vérité", a tweeté M. Trump. "Leur économie est morte et cela va empirer", a-t-il encore écrit, alors que son administration a rétabli de lourdes sanctions contre l'Iran. La CIA n'avait pas immédiatement réagi lundi matin. L'agence refuse généralement de s'exprimer sur l'arrestation ou la mort de ses agents ou informateurs. Selon le responsable iranien, certains des condamnés avaient été recrutés en tombant dans un "piège" tendu par la CIA alors qu'ils étaient en quête de visas pour se rendre aux Etats-Unis. "Certains ont été approchés alors qu'ils faisaient leur demande de visa, d'autres avaient déjà des visas mais ont été soumis à la pression de la CIA au moment de leur renouvellement", a-t-il affirmé. Le ministère des Renseignements évoque également le cas d'"approches directes" de citoyens iraniens par des agents de la CIA sous couverture diplomatique, en marge de conférences scientifiques en Europe, en Afrique ou en Asie. La mission des Iraniens recrutés était de mener des "opérations de renseignement et des interventions techniques à l'aide d'un équipement de pointe dans des centres névralgiques", a encore déclaré le responsable iranien. Dans un CD transmis à la presse, le ministère des Renseignements a reproduit des scans de ce qu'il présente comme des cartes de visite de diplomates américains en poste en Autriche, Finlande, Inde, Turquie ou Zimbabwe, et travaillant en fait, selon Téhéran, pour le compte de la CIA. Le CD contient également des photos de ce que l'Iran présente comme certains de ces "agents de la CIA" démasqués par le contre-espionnage. - "Nid d'espions" - La télévision d'Etat iranienne a commencé à diffuser lundi un "documentaire" intitulé "Chékar-é djassoussa" ("La traque des espions") dont la bande-annonce figure sur le DVD fourni par le ministère. Le documentaire alterne des "reconstitutions" jouées par des acteurs et montrant par exemple un espion rencontrant un officier traitant, entrecoupées d'interviews avec des responsables, comme le ministre des Renseignements, Mahmoud Alavi. La méfiance vis-à-vis de l'ingérence étrangère en Iran est aussi vieille que la République islamique. L'ambassade des Etats-Unis à Téhéran, prise d'assaut par des étudiants en novembre 1979, était alors appelée le "nid d'espions". Récemment, la télévision d'Etat a diffusé une série en 30 épisodes, baptisée "Gando" (le nom d'une espèce de crocodile endémique en Iran) et glorifiant l'action de services de contre-espionnage iraniens. Inspirée en partie du cas de Jason Rezaian, correspondant irano-américain du Washington Post à Téhéran emprisonné pendant 544 jours pour des accusations d'espionnage, "Gando" présente ce dernier comme un maître-espion. M. Rezaian avait été relâché en 2016 dans le cadre d'un échange de prisonniers avec Washington. Les annonces d'arrestations sur des soupçons d'espionnage sont fréquentes en Iran. Le 22 juin, l'agence semi-officielle Isna avait rapporté l'exécution d'un prestataire du ministère de la Défense condamné pour espionnage au profit de la CIA.
Le démantèlement de ce "réseau d'espions" avait été annoncé le 18 juin par Téhéran; les arrestations ont eu lieu entre mars 2018 et mars 2019.

La publication de détails sur cette opération du contre-espionnage iranien survient dans un contexte de fortes tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, plus d'un an après le retrait unilatéral américain de l'accord international sur le nucléaire iranien, et d'escalade militaire dans le Golfe.

"Ceux qui ont délibérément trahi leur pays ont été remis à la justice. Certains ont été condamnés à mort et d'autres à de longues peines de prison", a déclaré au cours d'une conférence de presse à Téhéran le chef du contre-espionnage au ministère des Renseignements iranien, dont l'identité n'a pas été révélée.

Les suspects étaient employés "dans des secteurs sensibles" ou dans des activités privées liées à ces secteurs, et agissaient indépendamment les uns des autres, a-t-il dit sans fournir de précisions. Les suspects agissaient indépendamment les uns des autres, a-t-il ajouté, sans indiquer combien avaient été condamnés à mort.

- "Empirer" -

"Les informations selon lesquelles l'Iran aurait arrêté des espions de la CIA sont totalement fausses. Pas une once de vérité", a tweeté M. Trump. "Leur économie est morte et cela va empirer", a-t-il encore écrit, alors que son administration a rétabli de lourdes sanctions contre l'Iran.

La CIA n'avait pas immédiatement réagi lundi matin. L'agence refuse généralement de s'exprimer sur l'arrestation ou la mort de ses agents ou informateurs.

Selon le responsable iranien, certains des condamnés avaient été recrutés en tombant dans un "piège" tendu par la CIA alors qu'ils étaient en quête de visas pour se rendre aux Etats-Unis.

"Certains ont été approchés alors qu'ils faisaient leur demande de visa, d'autres avaient déjà des visas mais ont été soumis à la pression de la CIA au moment de leur renouvellement", a-t-il affirmé.

Le ministère des Renseignements évoque également le cas d'"approches directes" de citoyens iraniens par des agents de la CIA sous couverture diplomatique, en marge de conférences scientifiques en Europe, en Afrique ou en Asie.

La mission des Iraniens recrutés était de mener des "opérations de renseignement et des interventions techniques à l'aide d'un équipement de pointe dans des centres névralgiques", a encore déclaré le responsable iranien.

Dans un CD transmis à la presse, le ministère des Renseignements a reproduit des scans de ce qu'il présente comme des cartes de visite de diplomates américains en poste en Autriche, Finlande, Inde, Turquie ou Zimbabwe, et travaillant en fait, selon Téhéran, pour le compte de la CIA.

Le CD contient également des photos de ce que l'Iran présente comme certains de ces "agents de la CIA" démasqués par le contre-espionnage.

- "Nid d'espions" -

La télévision d'Etat iranienne a commencé à diffuser lundi un "documentaire" intitulé "Chékar-é djassoussa" ("La traque des espions") dont la bande-annonce figure sur le DVD fourni par le ministère.

Le documentaire alterne des "reconstitutions" jouées par des acteurs et montrant par exemple un espion rencontrant un officier traitant, entrecoupées d'interviews avec des responsables, comme le ministre des Renseignements, Mahmoud Alavi.

La méfiance vis-à-vis de l'ingérence étrangère en Iran est aussi vieille que la République islamique. L'ambassade des Etats-Unis à Téhéran, prise d'assaut par des étudiants en novembre 1979, était alors appelée le "nid d'espions".

Récemment, la télévision d'Etat a diffusé une série en 30 épisodes, baptisée "Gando" (le nom d'une espèce de crocodile endémique en Iran) et glorifiant l'action de services de contre-espionnage iraniens.

Inspirée en partie du cas de Jason Rezaian, correspondant irano-américain du Washington Post à Téhéran emprisonné pendant 544 jours pour des accusations d'espionnage, "Gando" présente ce dernier comme un maître-espion.

M. Rezaian avait été relâché en 2016 dans le cadre d'un échange de prisonniers avec Washington.

Les annonces d'arrestations sur des soupçons d'espionnage sont fréquentes en Iran.

Le 22 juin, l'agence semi-officielle Isna avait rapporté l'exécution d'un prestataire du ministère de la Défense condamné pour espionnage au profit de la CIA. ]]>
https://www.peinedemort.org/document/10600 Mon, 22 Jul 2019 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
L'Iran dit avoir démantelé un réseau d'espions de la CIA https://www.peinedemort.org/document/10602 TEHERAN, 22 juillet (Xinhua) -- Le ministère iranien des Renseignements a annoncé lundi avoir démantelé un réseau d'espions de la CIA, le service de renseignement extérieur des Etats-Unis. Au total, 17 personnes ont été arrêtées, a-t-il dit dans un communiqué cité par l'agence de presse officielle IRNA. Certaines d'entre elles ont été condamnées à mort, a ajouté le ministère, sans donner leurs noms. "Les espions identifiés étaient employés dans des secteurs privés sensibles et importants, dans le domaine de l'économie, du nucléaire, des infrastructures, de l'armée et de l'informatique (...) où ils ont recueilli des informations classées", selon le communiqué également cité par la chaîne Press TV.
Au total, 17 personnes ont été arrêtées, a-t-il dit dans un communiqué cité par l'agence de presse officielle IRNA. Certaines d'entre elles ont été condamnées à mort, a ajouté le ministère, sans donner leurs noms.

"Les espions identifiés étaient employés dans des secteurs privés sensibles et importants, dans le domaine de l'économie, du nucléaire, des infrastructures, de l'armée et de l'informatique (...) où ils ont recueilli des informations classées", selon le communiqué également cité par la chaîne Press TV.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10602 Mon, 22 Jul 2019 00:00:00 +0200 Xinhua
Washington demande à l'Arabie saoudite de libérer le blogueur Raef Badaoui https://www.peinedemort.org/document/10591 Le vice-président américain Mike Pence a demandé jeudi à l'Arabie saoudite de libérer le blogueur Raef Badaoui, dans une rare prise de distance de l'administration Trump à l'égard de cet allié stratégique. S'exprimant lors d'une conférence sur la liberté religieuse à Washington, Mike Pence s'est livrée aux habituelles dénonciations des violations de droits humains en Chine, en Iran ou au Venezuela. Mais il a aussi soulevé le cas de Raef Badaoui, 35 ans, Saoudien critique du régime de Ryad et devenu un symbole des atteintes à la liberté d'expression. La séance de flagellation publique sur une place de Jeddah qu'il avait dû subir en 2015 avait suscité un tollé dans le monde. Le vice-président américain a cité Raef Badaoui dans une liste de personnes détenues pour s'être exprimées sur les religions en Arabie saoudite, mais aussi en Erythrée, en Mauritanie et au Pakistan. "Le peuple américain est à leurs côtés, et aujourd'hui les Etats-Unis d'Amérique appellent les gouvernements d'Erythrée, de Mauritanie, du Pakistan et d'Arabie saoudite à respecter le droit de conscience de ces hommes et à les libérer", a dit le vice-président républicain. "En Arabie saoudite, le blogueur Raef Badaoui est toujours en prison sous l'accusation d'avoir critiqué l'islam sur des médias électroniques", a souligné Mike Pence. Raef Badaoui est emprisonné depuis 2012 et a été condamné en novembre 2014 à 10 ans de prison et 1.000 coups de fouet pour "insulte à l'islam". Les 50 premiers coups de fouet lui avaient été infligés en 2015 à Jeddah mais les autres séances, qui devaient être hebdomadaires, avaient été suspendues après une vague de protestations. Farouche défenseur de la liberté d'expression, Raef Badaoui avait demandé sur son site internet la fin de l'influence religieuse dans le royaume saoudien, régi par le wahhabisme, version rigoriste de l'islam. - L'ombre de Kashoggi - L'administration du président Donald Trump est sous pression des démocrates du Congrès et de certains républicains pour avoir répondu de façon trop conciliante selon eux à l'assassinat du journaliste Jamal Kashoggi, étranglé et démembré dans les locaux du consulat saoudien à Istanbul. Kashoggi, résident aux Etats-Unis, s'y était rendu pour effectuer une démarche administrative. Donald Trump loue au contraire ses excellentes relations avec le prince héritier Mohammed Ben Salmane, homme fort du régime. Il estime aussi qu'il n'est pas question de se brouiller avec un régime qui est un des tout premiers clients de l'industrie d'armement américaine et qui partage son hostilité à l'égard de l'Iran. Signe de ces résistances à sa politique vis-à-vis de Ryad, le Congrès a voté mercredi une résolution bloquant une vente d'armes à l'Arabie saoudite, qu'il ne pourra surmonter qu'en y apposant son véto. Le blogueur Raef Badaoui s'était vu décerner en 2015 le Prix Sakharov par le Parlement européen, une prestigieuse distinction en faveur des droits humains et de la liberté d'expression. Son épouse, Ensaf Haidar, et ses trois enfants vivent au Canada, où le Premier ministre Justin Trudeau a fait de sa libération une de ses priorités. Parmi les défenseurs des droits humains dont il réclame la libération, Mike Pence a également cité Junaid Hafeez, un universitaire pakistanais accusé d'avoir dénigré le prophète Mahomet en 2013. En Erythrée, c'est l'ancien patriarche de l'Eglise orthodoxe Abune Antonios qui est en résidence surveillée depuis 12 ans. En Mauritanie, un autre blogueur, Mohamed Cheikh Ould Mkhaïtir, considéré par des ONG comme "symbole de la répression" dans le pays, avait été condamné à mort en 2014 pour "aposthasie", c'est-à-dire le reniement de sa religion.
S'exprimant lors d'une conférence sur la liberté religieuse à Washington, Mike Pence s'est livrée aux habituelles dénonciations des violations de droits humains en Chine, en Iran ou au Venezuela.

Mais il a aussi soulevé le cas de Raef Badaoui, 35 ans, Saoudien critique du régime de Ryad et devenu un symbole des atteintes à la liberté d'expression. La séance de flagellation publique sur une place de Jeddah qu'il avait dû subir en 2015 avait suscité un tollé dans le monde.

Le vice-président américain a cité Raef Badaoui dans une liste de personnes détenues pour s'être exprimées sur les religions en Arabie saoudite, mais aussi en Erythrée, en Mauritanie et au Pakistan.

"Le peuple américain est à leurs côtés, et aujourd'hui les Etats-Unis d'Amérique appellent les gouvernements d'Erythrée, de Mauritanie, du Pakistan et d'Arabie saoudite à respecter le droit de conscience de ces hommes et à les libérer", a dit le vice-président républicain.

"En Arabie saoudite, le blogueur Raef Badaoui est toujours en prison sous l'accusation d'avoir critiqué l'islam sur des médias électroniques", a souligné Mike Pence.

Raef Badaoui est emprisonné depuis 2012 et a été condamné en novembre 2014 à 10 ans de prison et 1.000 coups de fouet pour "insulte à l'islam". Les 50 premiers coups de fouet lui avaient été infligés en 2015 à Jeddah mais les autres séances, qui devaient être hebdomadaires, avaient été suspendues après une vague de protestations.

Farouche défenseur de la liberté d'expression, Raef Badaoui avait demandé sur son site internet la fin de l'influence religieuse dans le royaume saoudien, régi par le wahhabisme, version rigoriste de l'islam.

- L'ombre de Kashoggi -

L'administration du président Donald Trump est sous pression des démocrates du Congrès et de certains républicains pour avoir répondu de façon trop conciliante selon eux à l'assassinat du journaliste Jamal Kashoggi, étranglé et démembré dans les locaux du consulat saoudien à Istanbul.

Kashoggi, résident aux Etats-Unis, s'y était rendu pour effectuer une démarche administrative.

Donald Trump loue au contraire ses excellentes relations avec le prince héritier Mohammed Ben Salmane, homme fort du régime.

Il estime aussi qu'il n'est pas question de se brouiller avec un régime qui est un des tout premiers clients de l'industrie d'armement américaine et qui partage son hostilité à l'égard de l'Iran.

Signe de ces résistances à sa politique vis-à-vis de Ryad, le Congrès a voté mercredi une résolution bloquant une vente d'armes à l'Arabie saoudite, qu'il ne pourra surmonter qu'en y apposant son véto.

Le blogueur Raef Badaoui s'était vu décerner en 2015 le Prix Sakharov par le Parlement européen, une prestigieuse distinction en faveur des droits humains et de la liberté d'expression.

Son épouse, Ensaf Haidar, et ses trois enfants vivent au Canada, où le Premier ministre Justin Trudeau a fait de sa libération une de ses priorités.

Parmi les défenseurs des droits humains dont il réclame la libération, Mike Pence a également cité Junaid Hafeez, un universitaire pakistanais accusé d'avoir dénigré le prophète Mahomet en 2013.

En Erythrée, c'est l'ancien patriarche de l'Eglise orthodoxe Abune Antonios qui est en résidence surveillée depuis 12 ans. En Mauritanie, un autre blogueur, Mohamed Cheikh Ould Mkhaïtir, considéré par des ONG comme "symbole de la répression" dans le pays, avait été condamné à mort en 2014 pour "aposthasie", c'est-à-dire le reniement de sa religion.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10591 Thu, 18 Jul 2019 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Décès de John Paul Stevens, qui a siégé 35 ans à la Cour suprême https://www.peinedemort.org/document/10597 (Agence France-Presse) Washington - L'ancien juge John Paul Stevens, qui a siégé pendant près de 35 ans à la Cour suprême des États-Unis, est décédé mardi soir à l'âge de 99 ans, a annoncé la haute juridiction. Le magistrat, qui avait pris sa retraite en 2010 à 90 ans, est mort dans un hôpital de Floride au lendemain d'un AVC, a précisé la Cour dans un communiqué. Nommé en 1975 par le président républicain Gerald Ford, cet ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale, spécialiste du droit de la concurrence, avait progressivement rejoint le camp des juges libéraux, au point d'en être l'une des voix principales. Alors qu'il avait soutenu le rétablissement de la peine de mort en 1976, il s'était ensuite prononcé pour l'interdire pour les personnes mineures ou souffrant de problèmes mentaux. En 2000, il s'était opposé à la décision de la Cour de valider l'élection contestée du républicain George Bush face au démocrate Al Gore. Il «avait apporté à notre banc un mélange inimitable de gentillesse, d'humilité, de sagesse et d'indépendance», a déclaré l'actuel président de la Cour suprême, le juge John Roberts, cité dans le communiqué. Les 35 ans de John Stevens dans l'enceinte du temple du droit en font le troisième juge ayant été le plus longtemps à son service de toute l'histoire des États-Unis. Lors de sa dernière audience, juges, avocats et membres du public avaient adopté un noeud papillon en hommage à son accessoire de prédilection.
Le magistrat, qui avait pris sa retraite en 2010 à 90 ans, est mort dans un hôpital de Floride au lendemain d'un AVC, a précisé la Cour dans un communiqué.

Nommé en 1975 par le président républicain Gerald Ford, cet ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale, spécialiste du droit de la concurrence, avait progressivement rejoint le camp des juges libéraux, au point d'en être l'une des voix principales.

Alors qu'il avait soutenu le rétablissement de la peine de mort en 1976, il s'était ensuite prononcé pour l'interdire pour les personnes mineures ou souffrant de problèmes mentaux.

En 2000, il s'était opposé à la décision de la Cour de valider l'élection contestée du républicain George Bush face au démocrate Al Gore.

Il «avait apporté à notre banc un mélange inimitable de gentillesse, d'humilité, de sagesse et d'indépendance», a déclaré l'actuel président de la Cour suprême, le juge John Roberts, cité dans le communiqué.

Les 35 ans de John Stevens dans l'enceinte du temple du droit en font le troisième juge ayant été le plus longtemps à son service de toute l'histoire des États-Unis.

Lors de sa dernière audience, juges, avocats et membres du public avaient adopté un noeud papillon en hommage à son accessoire de prédilection.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10597 Wed, 17 Jul 2019 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Assange ne sera pas extradé vers un pays où il encourt la peine de mort https://www.peinedemort.org/document/10596 (Agence France-Presse) Quito - Le fondateur de WikiLeaks, l'Australien Julian Assange, ne sera pas extradé vers un pays où il pourrait risquer la peine de mort, a assuré lundi le ministre d'État britannique pour l'Europe et les Amériques Alan Duncan, lors d'une visite en Équateur. C'est « une condition fondamentale de l'accord auquel nous sommes parvenus, que nous ne permettrons pas qu'il soit extradé dans un lieu où il pourrait risquer la peine de mort. Cette garantie reste solide », a affirmé M. Duncan, lors d'une conférence de presse à Quito. Julian Assange est accusé d'espionnage par les États-Unis, qui ont requis son extradition. L'audience pour étudier cette demande aura lieu fin février 2020 au Royaume Uni. Les États-Unis lui reprochent d'avoir mis en danger certaines de leurs sources lors de la publication en 2010 par WikiLeaks de 250 000 câbles diplomatiques et d'environ 500 000 documents confidentiels portant sur les activités de l'armée américaine en Irak et en Afghanistan. Ils l'accusent également d'avoir « comploté » avec l'ex-analyste militaire Chelsea Manning, à l'origine de cette fuite sans précédent. Réfugié pendant près de sept ans à l'ambassade d'Équateur à Londres où il bénéficiait de l'asile politique, Julian Assange en a été extrait le 11 avril par la police britannique avec l'aval de ce pays sud-américain. Il a été immédiatement placé en détention puis condamné à une peine de 50 semaines de prison le 1er mai pour violation des conditions de sa liberté provisoire. Le gouvernement équatorien a affirmé avoir reçu des garanties écrites de Londres, au moment où il a retiré l'asile à l'Australien, que ce dernier ne serait pas extradé vers un pays où il pourrait subir des tortures ou la peine de mort. Les États-Unis ont retenu 18 chefs d'inculpation contre Julian Assange, et le cumul des peines encourues pour toutes ces accusations se monte à quelque 175 ans de prison. La justice fédérale américaine autorise la peine de mort pour les crimes passibles de la peine capitale, y compris l'espionnage, selon le site spécialisé Death Penalty Information Center.
C'est « une condition fondamentale de l'accord auquel nous sommes parvenus, que nous ne permettrons pas qu'il soit extradé dans un lieu où il pourrait risquer la peine de mort. Cette garantie reste solide », a affirmé M. Duncan, lors d'une conférence de presse à Quito.

Julian Assange est accusé d'espionnage par les États-Unis, qui ont requis son extradition. L'audience pour étudier cette demande aura lieu fin février 2020 au Royaume Uni.

Les États-Unis lui reprochent d'avoir mis en danger certaines de leurs sources lors de la publication en 2010 par WikiLeaks de 250 000 câbles diplomatiques et d'environ 500 000 documents confidentiels portant sur les activités de l'armée américaine en Irak et en Afghanistan. Ils l'accusent également d'avoir « comploté » avec l'ex-analyste militaire Chelsea Manning, à l'origine de cette fuite sans précédent.


Réfugié pendant près de sept ans à l'ambassade d'Équateur à Londres où il bénéficiait de l'asile politique, Julian Assange en a été extrait le 11 avril par la police britannique avec l'aval de ce pays sud-américain.

Il a été immédiatement placé en détention puis condamné à une peine de 50 semaines de prison le 1er mai pour violation des conditions de sa liberté provisoire.

Le gouvernement équatorien a affirmé avoir reçu des garanties écrites de Londres, au moment où il a retiré l'asile à l'Australien, que ce dernier ne serait pas extradé vers un pays où il pourrait subir des tortures ou la peine de mort.

Les États-Unis ont retenu 18 chefs d'inculpation contre Julian Assange, et le cumul des peines encourues pour toutes ces accusations se monte à quelque 175 ans de prison.

La justice fédérale américaine autorise la peine de mort pour les crimes passibles de la peine capitale, y compris l'espionnage, selon le site spécialisé Death Penalty Information Center.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10596 Mon, 15 Jul 2019 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Abandon des poursuites contre un Américain après 43 ans de prison https://www.peinedemort.org/document/10570 La justice américaine a abandonné les poursuites contre un octogénaire qui a passé 43 ans en prison pour un meurtre dont il s'est toujours dit innocent. Charles Ray Finch, aujourd'hui âgé de 81 ans, a été libéré en mai après l'annulation de son procès suite à la découverte de manipulations commises par les policiers en charge de l'enquête. Le 14 juin, un procureur a décidé qu'il était impossible d'organiser un nouveau procès, en l'absence des témoins de l'époque et a annulé la procédure. Cet Afro-américain avait été condamné à la peine de mort en juillet 1976 en Caroline du Nord pour le meurtre d'un commerçant lors d'un braquage dans une station-service. Cet État du sud-est ayant renoncé à appliquer la peine capitale, sa peine avait ensuite été commuée en rétention à perpétuité. En 2002, une association d'étudiants en Droit qui traque les erreurs judiciaires avait repris l'enquête. En interrogeant les acteurs et en épluchant le dossier, elle a réussi à prouver que la police avait manipulé les témoins lors de l'identification des suspects et menti sur des preuves balistiques de manière à l'incriminer. La police avait notamment demandé à Charles Finch d'enfiler une veste assez longue - le vêtement du coupable - lors de son passage devant les témoins, sans demander aux autres personnes présentées de le faire. En janvier une cour d'appel avait estimé que, si le jury avait eu connaissance de ces manipulations, il n'aurait sans doute pas condamné M. Finch, et avait annulé le verdict. En mai, le vieil homme était sorti de prison en fauteuil roulant et avait pu retrouver sa famille. Selon le centre d'information sur la peine de mort (DPIC), il s'agit du 166e condamné à mort exonéré aux États-Unis depuis le rétablissement de la peine capitale en 1973 et du 18e ayant passé plus de 25 ans derrière les barreaux. «L'exonération de M. Finch illustre l'échec du système judiciaire à protéger les innocents dans les dossiers passibles de la peine de mort, et surtout les détenus de couleur», a commenté le directeur du DPIC, Robert Dunham dans un communiqué.
Charles Ray Finch, aujourd'hui âgé de 81 ans, a été libéré en mai après l'annulation de son procès suite à la découverte de manipulations commises par les policiers en charge de l'enquête.

Le 14 juin, un procureur a décidé qu'il était impossible d'organiser un nouveau procès, en l'absence des témoins de l'époque et a annulé la procédure.

Cet Afro-américain avait été condamné à la peine de mort en juillet 1976 en Caroline du Nord pour le meurtre d'un commerçant lors d'un braquage dans une station-service.

Cet État du sud-est ayant renoncé à appliquer la peine capitale, sa peine avait ensuite été commuée en rétention à perpétuité.

En 2002, une association d'étudiants en Droit qui traque les erreurs judiciaires avait repris l'enquête.

En interrogeant les acteurs et en épluchant le dossier, elle a réussi à prouver que la police avait manipulé les témoins lors de l'identification des suspects et menti sur des preuves balistiques de manière à l'incriminer.

La police avait notamment demandé à Charles Finch d'enfiler une veste assez longue - le vêtement du coupable - lors de son passage devant les témoins, sans demander aux autres personnes présentées de le faire.

En janvier une cour d'appel avait estimé que, si le jury avait eu connaissance de ces manipulations, il n'aurait sans doute pas condamné M. Finch, et avait annulé le verdict.

En mai, le vieil homme était sorti de prison en fauteuil roulant et avait pu retrouver sa famille.

Selon le centre d'information sur la peine de mort (DPIC), il s'agit du 166e condamné à mort exonéré aux États-Unis depuis le rétablissement de la peine capitale en 1973 et du 18e ayant passé plus de 25 ans derrière les barreaux.

«L'exonération de M. Finch illustre l'échec du système judiciaire à protéger les innocents dans les dossiers passibles de la peine de mort, et surtout les détenus de couleur», a commenté le directeur du DPIC, Robert Dunham dans un communiqué.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10570 Thu, 27 Jun 2019 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Peine de mort annulée pour un Américain jugé six fois pour le même crime https://www.peinedemort.org/document/10568 La Cour suprême des Etats-Unis a annulé vendredi la condamnation à mort d'un homme jugé à six reprises pour le même crime dont il se dit innocent. Le temple du droit américain ne s'est pas prononcé sur la culpabilité de Curtis Flowers, un Afro-américain de 49 ans, emprisonné depuis 22 ans. La haute juridiction a annulé le verdict prononcé contre lui au motif que les citoyens noirs avaient été volontairement écartés par l'accusation lors de la sélection des jurés. "Lors des six procès combinés, l'Etat a écarté 41 des 42 jurés noirs potentiels. Au sixième procès, il en a écarté cinq sur six. De plus, au sixième procès, l'Etat a posé beaucoup plus de questions aux jurés potentiels noirs qu'aux blancs", écrit la Cour suprême dans sa décision prise à la majorité de sept juges sur neuf. Ce dossier "extraordinaire", de l'avis des juges, a commencé le 16 juillet 1996, quand quatre employés d'un magasin de meubles ont été abattus à Winona, une bourgade du Mississippi, dans le sud des Etats-Unis, marquée par l'esclavage et la ségrégation raciale. Environ six mois plus tard, la police a arrêté Curtis Flowers, qui avait brièvement travaillé dans le magasin, après des témoignages le localisant près des lieux du crime. Depuis, il a été jugé à six reprises et a, à chaque fois, clamé son innocence. Le droit américain interdit d'organiser un nouveau procès quand un accusé a été acquitté. Mais Curtis Flowers n'a jamais été blanchi: ses trois premiers procès se sont conclus sur des reconnaissances de culpabilité, avant d'être annulés en appel pour des vices de procédure. Les deux suivants n'ont pas débouché sur un verdict, faute d'unanimité parmi les jurés. En 2010, il avait été condamné à la peine capitale. C'est ce jugement que la Cour suprême vient d'invalider. Le même procureur, le "district attorney" Doug Evans, a gardé la main sur l'ensemble de l'accusation. Elu par les habitants de son comté, il est inamovible, à moins de perdre un scrutin. Or, depuis 1991, il a été réélu sans discontinuer. Pourtant les trois premiers procès ont été invalidés en raison de ses errements. Cela "en dit beaucoup sur la passion de cet homme pour ce dossier", avait relevé la juge Sonia Sotomayor lors de l'audience devant la Cour suprême en mars. Rien ne lui interdit légalement de convoquer un septième procès.
Le temple du droit américain ne s'est pas prononcé sur la culpabilité de Curtis Flowers, un Afro-américain de 49 ans, emprisonné depuis 22 ans.

La haute juridiction a annulé le verdict prononcé contre lui au motif que les citoyens noirs avaient été volontairement écartés par l'accusation lors de la sélection des jurés.

"Lors des six procès combinés, l'Etat a écarté 41 des 42 jurés noirs potentiels. Au sixième procès, il en a écarté cinq sur six. De plus, au sixième procès, l'Etat a posé beaucoup plus de questions aux jurés potentiels noirs qu'aux blancs", écrit la Cour suprême dans sa décision prise à la majorité de sept juges sur neuf.

Ce dossier "extraordinaire", de l'avis des juges, a commencé le 16 juillet 1996, quand quatre employés d'un magasin de meubles ont été abattus à Winona, une bourgade du Mississippi, dans le sud des Etats-Unis, marquée par l'esclavage et la ségrégation raciale.

Environ six mois plus tard, la police a arrêté Curtis Flowers, qui avait brièvement travaillé dans le magasin, après des témoignages le localisant près des lieux du crime. Depuis, il a été jugé à six reprises et a, à chaque fois, clamé son innocence.

Le droit américain interdit d'organiser un nouveau procès quand un accusé a été acquitté. Mais Curtis Flowers n'a jamais été blanchi: ses trois premiers procès se sont conclus sur des reconnaissances de culpabilité, avant d'être annulés en appel pour des vices de procédure. Les deux suivants n'ont pas débouché sur un verdict, faute d'unanimité parmi les jurés.

En 2010, il avait été condamné à la peine capitale. C'est ce jugement que la Cour suprême vient d'invalider.

Le même procureur, le "district attorney" Doug Evans, a gardé la main sur l'ensemble de l'accusation. Elu par les habitants de son comté, il est inamovible, à moins de perdre un scrutin. Or, depuis 1991, il a été réélu sans discontinuer.

Pourtant les trois premiers procès ont été invalidés en raison de ses errements. Cela "en dit beaucoup sur la passion de cet homme pour ce dossier", avait relevé la juge Sonia Sotomayor lors de l'audience devant la Cour suprême en mars.

Rien ne lui interdit légalement de convoquer un septième procès.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10568 Fri, 21 Jun 2019 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
La condamnation à mort d'un Américain annulée après six procès, l'histoire continue https://www.peinedemort.org/document/10569 La Cour suprême des Etats-Unis a annulé vendredi la condamnation à mort d'un homme jugé six fois pour un crime dont il se dit innocent, sans mettre un terme à ce dossier qui illustre à l'excès les maux du système judiciaire américain. Le temple du droit américain ne s'est pas prononcé sur la culpabilité de Curtis Flowers, un Afro-américain de 49 ans, dont 22 passés derrière des barreaux. La haute juridiction a annulé le dernier verdict prononcé contre lui, au motif que les citoyens noirs avaient été volontairement écartés par l'accusation lors de la sélection des jurés, ce qui est illégal. "Lors des six procès combinés, l'Etat a écarté 41 des 42 jurés noirs potentiels. Au sixième procès, il en a écarté cinq sur six", écrit la Cour suprême dans sa décision, prise à la majorité de sept juges sur neuf. De plus, lors du dernier procès, l'accusation "a posé 145 questions aux cinq jurés noirs écartés, contre 12 aux onze jurés blancs sélectionnés", souligne la Cour, y voyant la preuve qu'elle "cherchait des prétextes" pour les tenir à l'écart. Le juge conservateur Samuel Alito a ajouté dans un avis séparé que, dans un autre dossier, il aurait probablement pris une décision différente parce que les jurés avaient des liens avec l'accusé ou les victimes. "Mais ce dossier est très inhabituel. En fait, il est unique", a estimé le magistrat. Cette affaire hors norme a commencé le 16 juillet 1996, quand quatre employés d'un magasin de meubles ont été abattus à Winona, une bourgade du Mississippi, dans le sud des Etats-Unis, marquée par l'esclavage et la ségrégation raciale. Environ six mois plus tard, la police a arrêté Curtis Flowers, qui avait brièvement travaillé dans le magasin, après des témoignages le localisant près des lieux du crime. Iil a été jugé depuis à six reprises et a, à chaque fois, clamé son innocence. - Vers un septième procès? - Le droit américain interdit d'organiser un nouveau procès quand un accusé a été acquitté. Mais cela n'a jamais été le cas pour Curtis Flowers: ses trois premiers procès se sont conclus sur des reconnaissances de culpabilité, avant d'être annulés en appel pour des vices de procédure. Les deux suivants n'ont pas débouché sur un verdict, faute d'unanimité parmi les jurés. En 2010, il avait été condamné à la peine capitale. C'est ce jugement que la Cour suprême vient d'invalider. Le même procureur, le "district attorney" Doug Evans, a gardé la main sur l'ensemble de l'accusation. Elu par les habitants de son comté, il est inamovible, à moins de perdre un scrutin. Or, depuis 1991, il a été réélu sans discontinuer. Les trois premiers procès ont pourtant été invalidés en raison de ses errements. "A la lumière de ce qui avait eu lieu auparavant, c'était risqué de laisser le même procureur en charge du dossier", a souligné dans son commentaire le juge Alito. Pourtant, rien ne lui interdit de convoquer un nouveau procès. "Un septième procès serait sans précédent et complètement injustifié", ont estimé dans un communiqué les défenseurs de Curtis Flowers, en demandant aux autorités du Mississippi de "désavouer Doug Evans" et de "libérer leur client". Mais elles ne peuvent pas légalement retirer le dossier au procureur. Or Doug Evans n'est pas du genre à renoncer, selon Ray Charles Carter, qui a défendu Curtis Flowers lors de ses quatre premiers procès. "Il pense qu'il doit gagner ce procès, qu'une défaite entamerait sa légitimité dans sa communauté", avait déclaré l'avocat en amont de l'audience en mars. Au-delà de la question raciale, le dossier de Curtis Flowers illustre "l'absence de contrôle sur les procureurs" dans le système judiciaire américain, selon la journaliste Madeleine Baran, qui a fait connaître l'affaire au grand public dans le podcast "In the Dark".
Le temple du droit américain ne s'est pas prononcé sur la culpabilité de Curtis Flowers, un Afro-américain de 49 ans, dont 22 passés derrière des barreaux.

La haute juridiction a annulé le dernier verdict prononcé contre lui, au motif que les citoyens noirs avaient été volontairement écartés par l'accusation lors de la sélection des jurés, ce qui est illégal.

"Lors des six procès combinés, l'Etat a écarté 41 des 42 jurés noirs potentiels. Au sixième procès, il en a écarté cinq sur six", écrit la Cour suprême dans sa décision, prise à la majorité de sept juges sur neuf.

De plus, lors du dernier procès, l'accusation "a posé 145 questions aux cinq jurés noirs écartés, contre 12 aux onze jurés blancs sélectionnés", souligne la Cour, y voyant la preuve qu'elle "cherchait des prétextes" pour les tenir à l'écart.

Le juge conservateur Samuel Alito a ajouté dans un avis séparé que, dans un autre dossier, il aurait probablement pris une décision différente parce que les jurés avaient des liens avec l'accusé ou les victimes. "Mais ce dossier est très inhabituel. En fait, il est unique", a estimé le magistrat.

Cette affaire hors norme a commencé le 16 juillet 1996, quand quatre employés d'un magasin de meubles ont été abattus à Winona, une bourgade du Mississippi, dans le sud des Etats-Unis, marquée par l'esclavage et la ségrégation raciale.

Environ six mois plus tard, la police a arrêté Curtis Flowers, qui avait brièvement travaillé dans le magasin, après des témoignages le localisant près des lieux du crime. Iil a été jugé depuis à six reprises et a, à chaque fois, clamé son innocence.

- Vers un septième procès? -

Le droit américain interdit d'organiser un nouveau procès quand un accusé a été acquitté. Mais cela n'a jamais été le cas pour Curtis Flowers: ses trois premiers procès se sont conclus sur des reconnaissances de culpabilité, avant d'être annulés en appel pour des vices de procédure. Les deux suivants n'ont pas débouché sur un verdict, faute d'unanimité parmi les jurés.

En 2010, il avait été condamné à la peine capitale. C'est ce jugement que la Cour suprême vient d'invalider.

Le même procureur, le "district attorney" Doug Evans, a gardé la main sur l'ensemble de l'accusation. Elu par les habitants de son comté, il est inamovible, à moins de perdre un scrutin. Or, depuis 1991, il a été réélu sans discontinuer.

Les trois premiers procès ont pourtant été invalidés en raison de ses errements. "A la lumière de ce qui avait eu lieu auparavant, c'était risqué de laisser le même procureur en charge du dossier", a souligné dans son commentaire le juge Alito.

Pourtant, rien ne lui interdit de convoquer un nouveau procès.

"Un septième procès serait sans précédent et complètement injustifié", ont estimé dans un communiqué les défenseurs de Curtis Flowers, en demandant aux autorités du Mississippi de "désavouer Doug Evans" et de "libérer leur client".

Mais elles ne peuvent pas légalement retirer le dossier au procureur.

Or Doug Evans n'est pas du genre à renoncer, selon Ray Charles Carter, qui a défendu Curtis Flowers lors de ses quatre premiers procès. "Il pense qu'il doit gagner ce procès, qu'une défaite entamerait sa légitimité dans sa communauté", avait déclaré l'avocat en amont de l'audience en mars.

Au-delà de la question raciale, le dossier de Curtis Flowers illustre "l'absence de contrôle sur les procureurs" dans le système judiciaire américain, selon la journaliste Madeleine Baran, qui a fait connaître l'affaire au grand public dans le podcast "In the Dark".]]>
https://www.peinedemort.org/document/10569 Fri, 21 Jun 2019 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Les États-Unis exécutent un 10e prisonnier en 2019 https://www.peinedemort.org/document/10566 L'État américain de Géorgie a exécuté jeudi soir un homme condamné pour le meurtre, il y a plus de vingt ans, d'un gardien de prison en civil. Marion Wilson, 42 ans, a reçu une injection létale peu avant 22h00 dans un pénitencier près de Jackson, dans le sud des États-Unis, ont annoncé les services correctionnels de Géorgie. En mars 1996, il se trouvait dans un supermarché avec Robert Earl Butts qui, comme lui, faisait partie du violent «Folk Nation Gang». Les deux hommes avaient repéré à la caisse un gardien de prison de leur connaissance, Donovan Corey Parks, venu acheter de la nourriture pour ses chats. Selon l'accusation, ils avaient décidé de l'agresser pour accroître leur prestige au sein de leur gang. Ils l'avaient suivi sur le stationnement du supermarché et lui avait demandé de les ramener chez eux. Une fois à bord du véhicule, Robert Butts avait dégainé une arme. Quelques minutes plus tard, le corps sans vie de Donovan Parks était abandonné dans une rue. Les deux hommes avaient été rapidement arrêtés et condamnés à la peine capitale. Ils avaient ensuite multiplié les recours juridiques pour y échapper, mais Robert Butts a été exécuté en mai 2018. Marion Wilson, qui assurait ne pas avoir tiré le coup fatal, a tenté des appels jusqu'à la dernière minute. Il a essuyé jeudi des refus du bureau des grâces de Georgie et de la Cour suprême des États-Unis. Il est le dixième condamné à mort exécuté depuis janvier aux États-Unis.
Marion Wilson, 42 ans, a reçu une injection létale peu avant 22h00 dans un pénitencier près de Jackson, dans le sud des États-Unis, ont annoncé les services correctionnels de Géorgie.

En mars 1996, il se trouvait dans un supermarché avec Robert Earl Butts qui, comme lui, faisait partie du violent «Folk Nation Gang».

Les deux hommes avaient repéré à la caisse un gardien de prison de leur connaissance, Donovan Corey Parks, venu acheter de la nourriture pour ses chats.

Selon l'accusation, ils avaient décidé de l'agresser pour accroître leur prestige au sein de leur gang.

Ils l'avaient suivi sur le stationnement du supermarché et lui avait demandé de les ramener chez eux. Une fois à bord du véhicule, Robert Butts avait dégainé une arme. Quelques minutes plus tard, le corps sans vie de Donovan Parks était abandonné dans une rue.

Les deux hommes avaient été rapidement arrêtés et condamnés à la peine capitale.

Ils avaient ensuite multiplié les recours juridiques pour y échapper, mais Robert Butts a été exécuté en mai 2018.

Marion Wilson, qui assurait ne pas avoir tiré le coup fatal, a tenté des appels jusqu'à la dernière minute. Il a essuyé jeudi des refus du bureau des grâces de Georgie et de la Cour suprême des États-Unis.

Il est le dixième condamné à mort exécuté depuis janvier aux États-Unis.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10566 Thu, 20 Jun 2019 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Etats-Unis: un homme condamné à mort pour avoir tué ses cinq enfants https://www.peinedemort.org/document/10559 Un Américain de 37 ans a été condamné jeudi à la peine capitale pour le meurtre de ses cinq enfants, âgé d'un à huit ans, malgré la demande de leur mère aux jurés d'épargner la vie de son ex-mari. Ses avocats ont plaidé en vain qu'il souffrait de schizophrénie. "Il n'a montré aucune pitié pour mes enfants. Mais ils l'aimaient et je parle en leur nom", avait déclaré mardi son ex-femme devant le tribunal de Caroline du Sud, selon des propos rapportés par la presse locale. Elle avait ajouté avoir accepté de lui laisser la garde exclusive de leurs enfants, parce qu'il gagnait mieux sa vie qu'elle, en tant qu'ingénieur informatique. Le procureur avait requis la peine capitale pour celui qu'il a qualifié de "monstre" et de "tueur en série". Les jurés ont mis moins de deux heures pour rendre leur verdict. A l'été 2014, l'homme pensait que l'un de ses fils complotait avec son ex-femme et l'avait forcé à faire de l'exercice jusqu'à épuisement. Il avait ensuite égorgé les autres enfants, puis enveloppé leurs corps dans des sacs de poubelle et les avait abandonnés en contrebas d'une route. Il avait été arrêté en raison de l'odeur suspecte de son véhicule.
"Il n'a montré aucune pitié pour mes enfants. Mais ils l'aimaient et je parle en leur nom", avait déclaré mardi son ex-femme devant le tribunal de Caroline du Sud, selon des propos rapportés par la presse locale. Elle avait ajouté avoir accepté de lui laisser la garde exclusive de leurs enfants, parce qu'il gagnait mieux sa vie qu'elle, en tant qu'ingénieur informatique.

Le procureur avait requis la peine capitale pour celui qu'il a qualifié de "monstre" et de "tueur en série". Les jurés ont mis moins de deux heures pour rendre leur verdict.

A l'été 2014, l'homme pensait que l'un de ses fils complotait avec son ex-femme et l'avait forcé à faire de l'exercice jusqu'à épuisement. Il avait ensuite égorgé les autres enfants, puis enveloppé leurs corps dans des sacs de poubelle et les avait abandonnés en contrebas d'une route. Il avait été arrêté en raison de l'odeur suspecte de son véhicule.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10559 Fri, 14 Jun 2019 00:00:00 +0200 Agence Télégraphique Suisse - ATS
Un ancien condamné à mort innocenté en Caroline du Nord après près de 43 ans de prison https://www.peinedemort.org/document/10576 Toutes les charges sont abandonnées contre Charles Ray Finch qui avait été condamné à mort en juillet 1976 (avant que sa peine ne soit transformée en prison à vie). Charles Finch avait été libéré en mai 2019, à l'âge de 81 ans. C'est le 166ème ancien condamné à mort exonéré aux Etats-Unis depuis 1973 selon le décompte du Centre d'information sur la peine de mort (DPIC), le 9ème en Caroline du Nord.
C'est le 166ème ancien condamné à mort exonéré aux Etats-Unis depuis 1973 selon le décompte du Centre d'information sur la peine de mort (DPIC), le 9ème en Caroline du Nord.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10576 Fri, 14 Jun 2019 00:00:00 +0200 Sophie Fotiadi
Le rapporteur de l'APCE salue l'abolition de la peine de mort au New Hampshire https://www.peinedemort.org/document/10551 Titus Corlatean (Roumanie, SOC), rapporteur général de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) sur l'abolition de la peine de mort, a salué la décision de l'Etat du New Hampshire aux Etats-Unis d'abolir la peine capitale dans cet Etat. « Je salue chaleureusement les décisions de la Chambre et du Sénat du New Hampshire de passer outre au veto du gouverneur de l'État sur le projet de loi abolissant la peine de mort, qui montre la détermination des législateurs à combattre la peine capitale. Le New Hampshire devient le 21e État à abolir la peine de mort de jure aux États-Unis et s'associe à la tendance croissante à éliminer cette peine dans le pays et dans le monde », a-t-il déclaré. « Cette décision est conforme à nos valeurs communes, telles qu'elles sont énoncées dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et dans les traités internationaux », a-t-il ajouté. « La peine de mort est toujours un châtiment cruel et inhumain, quel que soit le crime, et elle ne devrait plus être appliquée dans les États démocratiques qui respectent les droits de l'homme. J'appelle les autorités des Etats-Unis, Etat observateur auprès du Conseil de l'Europe, à réévaluer au niveau politique la possibilité de supprimer totalement cette peine, afin de l'abolir de jure ou de facto dans les Etats où elle est encore appliquée, ou dont la loi permet encore son utilisation », a conclu le rapporteur. *** Le 30 mai, le Sénat de l'État du New Hampshire a abrogé sa peine de mort, passant outre par une majorité des deux tiers au veto du gouverneur de l'État, Chris Sununu. Auparavant, la semaine dernière, la Chambre du New Hampshire avait passé outre au veto avec la même majorité.
« Je salue chaleureusement les décisions de la Chambre et du Sénat du New Hampshire de passer outre au veto du gouverneur de l'État sur le projet de loi abolissant la peine de mort, qui montre la détermination des législateurs à combattre la peine capitale. Le New Hampshire devient le 21e État à abolir la peine de mort de jure aux États-Unis et s'associe à la tendance croissante à éliminer cette peine dans le pays et dans le monde », a-t-il déclaré.

« Cette décision est conforme à nos valeurs communes, telles qu'elles sont énoncées dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et dans les traités internationaux », a-t-il ajouté.

« La peine de mort est toujours un châtiment cruel et inhumain, quel que soit le crime, et elle ne devrait plus être appliquée dans les États démocratiques qui respectent les droits de l'homme. J'appelle les autorités des Etats-Unis, Etat observateur auprès du Conseil de l'Europe, à réévaluer au niveau politique la possibilité de supprimer totalement cette peine, afin de l'abolir de jure ou de facto dans les Etats où elle est encore appliquée, ou dont la loi permet encore son utilisation », a conclu le rapporteur.

***

Le 30 mai, le Sénat de l'État du New Hampshire a abrogé sa peine de mort, passant outre par une majorité des deux tiers au veto du gouverneur de l'État, Chris Sununu. Auparavant, la semaine dernière, la Chambre du New Hampshire avait passé outre au veto avec la même majorité.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10551 Wed, 05 Jun 2019 00:00:00 +0200 Conseil de l'Europe
Le New Hampshire abroge la peine de mort https://www.peinedemort.org/document/10535 (Associated Press) Concord - Le New Hampshire est le plus récent État à avoir abrogé la peine de mort, son Sénat ayant obtenu suffisamment de voix pour annuler le veto du gouverneur Chris Sununu. L'abrogation entre en vigueur immédiatement. Les 16 voix contre 8 votées jeudi forment la majorité de deux tiers nécessaire pour annuler le veto. La Chambre avait aussi voté de justesse la semaine dernière pour annuler le droit de veto de M. Sununu. La peine de mort dans le New Hampshire ne s'appliquait que dans sept scénarios. L'État n'a exécuté personne depuis 1939 et ne compte actuellement qu'un seul condamné à mort. L'abrogation ne s'appliquera pas rétroactivement à Michael Addison, qui a tué le policier de Manchester Michael Briggs, en 2006, mais des partisans de la peine capitale ont affirmé que les tribunaux pourraient l'interpréter différemment. M. Sununu a opposé son veto au projet de loi le mois dernier dans un centre communautaire nommé en l'honneur de Michael Briggs.
L'abrogation entre en vigueur immédiatement.

Les 16 voix contre 8 votées jeudi forment la majorité de deux tiers nécessaire pour annuler le veto. La Chambre avait aussi voté de justesse la semaine dernière pour annuler le droit de veto de M. Sununu.

La peine de mort dans le New Hampshire ne s'appliquait que dans sept scénarios. L'État n'a exécuté personne depuis 1939 et ne compte actuellement qu'un seul condamné à mort.

L'abrogation ne s'appliquera pas rétroactivement à Michael Addison, qui a tué le policier de Manchester Michael Briggs, en 2006, mais des partisans de la peine capitale ont affirmé que les tribunaux pourraient l'interpréter différemment.

M. Sununu a opposé son veto au projet de loi le mois dernier dans un centre communautaire nommé en l'honneur de Michael Briggs.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10535 Thu, 30 May 2019 00:00:00 +0200 Associated Press - AP
Abolition de la peine de mort dans l'Etat du New Hampshire https://www.peinedemort.org/document/10536 Après la chambre des représentants, le sénat du New Hampshire vote par 16 voix contre 8 pour outrepasser le veto du gouverneur, Chris Sununu, sur le projet de loi HB 455 abolissant la peine capitale. La majorité des deux tiers étant obtenue, la peine de mort est abolie dans le New Hampshire. La dernière exécution capitale dans le New Hampshire remontait à 1939.
La dernière exécution capitale dans le New Hampshire remontait à 1939.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10536 Thu, 30 May 2019 00:00:00 +0200 Sophie Fotiadi
Déclaration de la porte-parole sur l'abolition de la peine de mort dans l'État américain du New Hampshire https://www.peinedemort.org/document/10548 Le 30 mai, l'État du New Hampshire a aboli la peine de mort à la majorité des deux tiers tant au Sénat qu'à la Chambre des représentants. Cela porte à 21 le nombre d'États américains ayant aboli la peine capitale, outre les quatre États qui ont déclaré un moratoire sur les exécutions. Avec cette décision, le New Hampshire suit la tendance à la suppression de la peine de mort, de plus en plus répandue aux États-Unis et dans le monde, deux tiers des pays l'ayant déjà abolie par voie législative ou de fait. La peine capitale constitue une atteinte à la dignité humaine. C'est un châtiment cruel et dégradant et il n'existe pas de preuve qu'il ait un effet dissuasif sur la criminalité plus efficace que l'emprisonnement. En tant qu'Union européenne, nous sommes fermement opposés à la peine de mort et nous continuerons à encourager son abolition dans les quelques pays qui continuent de l'appliquer.
Avec cette décision, le New Hampshire suit la tendance à la suppression de la peine de mort, de plus en plus répandue aux États-Unis et dans le monde, deux tiers des pays l'ayant déjà abolie par voie législative ou de fait.

La peine capitale constitue une atteinte à la dignité humaine. C'est un châtiment cruel et dégradant et il n'existe pas de preuve qu'il ait un effet dissuasif sur la criminalité plus efficace que l'emprisonnement.

En tant qu'Union européenne, nous sommes fermement opposés à la peine de mort et nous continuerons à encourager son abolition dans les quelques pays qui continuent de l'appliquer.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10548 Thu, 30 May 2019 00:00:00 +0200 Union européenne
Un tueur en série exécuté en Floride 35 ans après ses crimes https://www.peinedemort.org/document/10521 Robert Long, dit "Bobby", 65 ans, a reçu une injection létale à 18H55 (22H55 GMT) dans la prison d'Etat de Floride, à Raiford, a indiqué la porte-parole des services pénitentiaires de cet Etat du sud-est des Etats-Unis, précisant que l'exécution s'était déroulée "sans incident". Il a été condamné à la peine capitale en septembre 1985 pour le meurtre d'une jeune femme commis un an plus tôt. Lors de l'enquête, il a avoué sept assassinats supplémentaires et de nombreux viols, selon l'ordonnance d'exécution. Ce père de deux enfants a basculé dans la violence au début des années 1980. Il venait de divorcer. Il a d'abord sélectionné ses victimes en épluchant les petites annonces dans la presse locale. Il contactait des femmes voulant vendre des objets, se rendait à leur domicile et les violait. Les médias l'avaient surnommé "le violeur des petites annonces". En 1984, Robert Long est passé au meurtre. En l'espace de huit mois, il a kidnappé au moins huit femmes, les a ligotées, violées, étouffées ou égorgées avant d'abandonner leurs cadavres. En septembre cette année-là, il a enlevé une jeune fille de 17 ans qui rentrait chez elle à vélo. Après avoir été violée à plusieurs reprises, elle a réussi à le convaincre de la laisser partir et a ensuite donné son signalement à la police. Depuis sa condamnation, Robert Long a multiplié en vain les recours en justice. Sa dernière demande de sursis, introduite auprès de la Cour suprême des Etats-Unis, a été rejetée peu avant l'horaire fixé pour son exécution, qui a donc eu lieu. Ses avocats avaient évoqué plusieurs motifs, notamment le fait qu'il souffrait d'épilepsie. Pour eux, le cocktail létal retenu n'allait pas bien fonctionner et risquait de lui causer d'importantes souffrances, en violation de la Constitution. C'est la huitième exécution depuis le début de l'année aux Etats-Unis.
Il a été condamné à la peine capitale en septembre 1985 pour le meurtre d'une jeune femme commis un an plus tôt. Lors de l'enquête, il a avoué sept assassinats supplémentaires et de nombreux viols, selon l'ordonnance d'exécution.

Ce père de deux enfants a basculé dans la violence au début des années 1980. Il venait de divorcer.

Il a d'abord sélectionné ses victimes en épluchant les petites annonces dans la presse locale. Il contactait des femmes voulant vendre des objets, se rendait à leur domicile et les violait. Les médias l'avaient surnommé "le violeur des petites annonces".

En 1984, Robert Long est passé au meurtre. En l'espace de huit mois, il a kidnappé au moins huit femmes, les a ligotées, violées, étouffées ou égorgées avant d'abandonner leurs cadavres.

En septembre cette année-là, il a enlevé une jeune fille de 17 ans qui rentrait chez elle à vélo. Après avoir été violée à plusieurs reprises, elle a réussi à le convaincre de la laisser partir et a ensuite donné son signalement à la police.

Depuis sa condamnation, Robert Long a multiplié en vain les recours en justice. Sa dernière demande de sursis, introduite auprès de la Cour suprême des Etats-Unis, a été rejetée peu avant l'horaire fixé pour son exécution, qui a donc eu lieu.

Ses avocats avaient évoqué plusieurs motifs, notamment le fait qu'il souffrait d'épilepsie. Pour eux, le cocktail létal retenu n'allait pas bien fonctionner et risquait de lui causer d'importantes souffrances, en violation de la Constitution.

C'est la huitième exécution depuis le début de l'année aux Etats-Unis.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10521 Fri, 24 May 2019 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
La chambre des représentants du New Hampshire maintient le projet d'abolition de la peine de mort, malgré le veto du gouverneur https://www.peinedemort.org/document/10533 La chambre des représentants du New Hampshire vote par 247 voix contre 123 pour outrepasser le veto du gouverneur, Chris Sununu, sur le projet de loi HB 455 abolissant la peine capitale. Une majorité des deux tiers était nécessaire, tout juste obtenue. Le sénat doit maintenant se prononcer. Pour outrepasser le veto du gouverneur il doit obtenir 16 voix, sachant qu'il avait adopté le projet de loi par 17 voix contre 6.
Le sénat doit maintenant se prononcer. Pour outrepasser le veto du gouverneur il doit obtenir 16 voix, sachant qu'il avait adopté le projet de loi par 17 voix contre 6.
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https://www.peinedemort.org/document/10533 Thu, 23 May 2019 00:00:00 +0200 Sophie Fotiadi
Deux Etats américains ont procédé à des exécutions https://www.peinedemort.org/document/10518 Deux exécutions par injection létale ont eu lieu jeudi soir dans le sud des Etats-Unis, où les gouverneurs de deux Etats voisins ont refusé d'accorder leur grâce aux condamnés. Michael Samra, 41 ans, a été exécuté dans l'Alabama 22 ans après avoir participé à un quadruple meurtre, ont annoncé les autorités. Quatre minutes plus tard, Donnie Edward Johnson, 68 ans, est mort dans le Tennessee, où il avait tué sa femme il y a 35 ans. En 1997, Michael Samra, alors âgé de 19 ans et doté d'une "intelligence très limitée" selon des documents judiciaires, avait participé à une virée meurtrière avec un ami. Celui-ci était en colère contre son père qui avait refusé de lui prêter une camionnette et avait convaincu Michael Samra de l'aider à se venger. Les deux jeunes hommes avaient abattu le père et sa compagne, avant d'égorger les deux filles de cette dernière, âgées de six et sept ans. Ils avaient tous les deux été condamnés à la peine capitale. Mais l'ami de Michael Samra, âgé de 16 ans au moment des faits, avait vu sa peine commuée en rétention à perpétuité, après que la Cour suprême eut interdit la peine de mort pour les mineurs. Les avocats de Michael Samra avaient saisi le temple du droit américain pour qu'il étende son raisonnement aux jeunes de moins de 21 ans. Ils avaient toutefois essuyé un refus mardi. Sur les mêmes motifs, ils avaient demandé à la gouverneure républicaine de l'Alabama, Kay Ivey, d'épargner Michael Samra. Kay Ivey, qui a promulgué mercredi une loi interdisant les avortements dans son Etat, a refusé, puis salué l'exécution. Elle envoie, selon elle, "le signal que l'Alabama ne tolère aucun acte meurtrier de quelque nature que ce soit. - "Rédemption" - Dans le Tennessee voisin, le gouverneur républicain Bill Lee a lui aussi refusé de gracier Donnie Edward Johnson malgré le soutien que lui ont apporté plusieurs responsables religieux. En 1984, il avait étouffé sa femme, en lui enfonçant un sac en plastique dans la gorge. "Je n'étais pas un homme, mais un monstre", a-t-il écrit dans un communiqué rendu public par ses avocats. Depuis, a-t-il assuré, la religion l'avait transformé. Très croyant, il était devenu un représentant de l'Eglise adventiste du septième jour auprès de ses codétenus. Il avait donc demandé la clémence du gouverneur au nom de sa "rédemption". Le chef de son Eglise, ainsi que des évêques catholiques, avaient soutenu sa demande, tout comme la fille de sa victime. Bill Lee ayant refusé sa requête, il est mort après avoir chanté et déclaré: "Je remets ma vie entre tes mains. Ta volonté sera faite. Au nom de Jésus, je prie, Amen", ont rapporté les médias locaux. Depuis le début de l'année, les Etats-Unis ont procédé à sept exécutions.
Michael Samra, 41 ans, a été exécuté dans l'Alabama 22 ans après avoir participé à un quadruple meurtre, ont annoncé les autorités.

Quatre minutes plus tard, Donnie Edward Johnson, 68 ans, est mort dans le Tennessee, où il avait tué sa femme il y a 35 ans.

En 1997, Michael Samra, alors âgé de 19 ans et doté d'une "intelligence très limitée" selon des documents judiciaires, avait participé à une virée meurtrière avec un ami.

Celui-ci était en colère contre son père qui avait refusé de lui prêter une camionnette et avait convaincu Michael Samra de l'aider à se venger.

Les deux jeunes hommes avaient abattu le père et sa compagne, avant d'égorger les deux filles de cette dernière, âgées de six et sept ans.

Ils avaient tous les deux été condamnés à la peine capitale.

Mais l'ami de Michael Samra, âgé de 16 ans au moment des faits, avait vu sa peine commuée en rétention à perpétuité, après que la Cour suprême eut interdit la peine de mort pour les mineurs.

Les avocats de Michael Samra avaient saisi le temple du droit américain pour qu'il étende son raisonnement aux jeunes de moins de 21 ans. Ils avaient toutefois essuyé un refus mardi.

Sur les mêmes motifs, ils avaient demandé à la gouverneure républicaine de l'Alabama, Kay Ivey, d'épargner Michael Samra.

Kay Ivey, qui a promulgué mercredi une loi interdisant les avortements dans son Etat, a refusé, puis salué l'exécution. Elle envoie, selon elle, "le signal que l'Alabama ne tolère aucun acte meurtrier de quelque nature que ce soit.

- "Rédemption" -

Dans le Tennessee voisin, le gouverneur républicain Bill Lee a lui aussi refusé de gracier Donnie Edward Johnson malgré le soutien que lui ont apporté plusieurs responsables religieux.

En 1984, il avait étouffé sa femme, en lui enfonçant un sac en plastique dans la gorge. "Je n'étais pas un homme, mais un monstre", a-t-il écrit dans un communiqué rendu public par ses avocats.

Depuis, a-t-il assuré, la religion l'avait transformé. Très croyant, il était devenu un représentant de l'Eglise adventiste du septième jour auprès de ses codétenus. Il avait donc demandé la clémence du gouverneur au nom de sa "rédemption".

Le chef de son Eglise, ainsi que des évêques catholiques, avaient soutenu sa demande, tout comme la fille de sa victime.

Bill Lee ayant refusé sa requête, il est mort après avoir chanté et déclaré: "Je remets ma vie entre tes mains. Ta volonté sera faite. Au nom de Jésus, je prie, Amen", ont rapporté les médias locaux.

Depuis le début de l'année, les Etats-Unis ont procédé à sept exécutions.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10518 Fri, 17 May 2019 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
USA: Dissensions sur la peine de mort au sein de la Cour suprême https://www.peinedemort.org/document/10512 WASHINGTON (Reuters) - Les désaccords au sein de la Cour suprême des Etats-Unis sur la peine de mort ont été mis en lumière lundi à l'occasion d'un différend sur la façon dont les juges ont géré les tentatives récentes des deux condamnés à mort en Alabama et au Texas de faire reporter leurs exécutions. Dans les deux cas, les juges conservateurs - ils sont majoritaires à la haute juridiction - expriment leur scepticisme concernant les motivations de ces recours de dernière minute de condamnés à mort. Dans l'affaire de l'Alabama, le juge Clarence Thomas, l'un des cinq juges dits conservateurs de la Cour sur les neuf, a produit un avis de 14 pages expliquant son point de vue défendant une décision de la Cour le 12 avril dernier qui ouvrait la voie à l'exécution de Christopher Price, 46 ans, condamné en 1993 à la peine capitale pour un meurtre commis en 1991 en Alabama. L'ordonnance de la Cour a toutefois été envoyée trop tard pour que l'exécution puisse avoir lieu et Christopher Price est toujours dans le couloir de la mort. Quelques minutes plus tard, la Cour suprême a oublié un avis du juge conservateur Samuel Alito critiquant une décision de la Cour du 28 mars d'ordonner un sursis à une exécution au Texas concernant Patrick Murphy parce que cet Etat avait empêché un conseiller spirituel bouddhiste de l'accompagner jusqu'à la chambre d'exécution. Dans sa décision de lundi, le juge Clarence Thomas, rejoint par ses confrères conservateurs Samuel Alito et Neil Gorsuch, s'en prend au magistrat Stephen Breyer, connu pour ses positions contre la peine de mort et qui, avec les trois autres juges progressistes de la Cour suprême, avait voté contre la décision du 12 avril au sujet du condamné Price. RETARDER SON EXÉCUTION Le condamné, écrit le juge Clarence Thomas lundi, avançait des arguments faibles sur le plan juridique ne visant qu'à retarder son exécution et pourtant, quatre membres de la Cour étaient prêts à soutenir sa stratégie non juridiquement étayée. Stephen Breyer est le critique le plus virulent de la peine de mort à la Cour suprême. Il conteste la constitutionnalité de la peine capitale et soutient qu'elle est infligée de manière arbitraire et différente dans les divers Etat du pays. Le mois dernier, Stephen Breyer écrivait que si les prisonniers ne peuvent être exécutés rapidement sans violer leurs droits, "il se peut qu'il n'y ait simplement pas de façon constitutionnelle d'appliquer la peine de mort". Concrètement lors du vote d'avril, la Cour suprême cassait deux décisions de juridictions inférieures qui avaient retardé l'exécution de Christopher Price afin qu'il puisse donner suite à sa demande d'être exécuté au moyen d'un gaz létal au lieu d'une injection létale. L'avis du juge Clarence Thomas rendu lundi a été publié en même temps que la décision de la Cour suprême rendu sur le fond. Dans l'affaire du Texas, le juge Samuel Alito estime que le détenu Patrick Murphy avait attendu trop longtemps pour présenter sa demande et que le sursis obtenu de la Cour était de nature à encourager d'autres personnes à intenter des actions similaires de dernière minute. "Cette Cour reçoit une demande de surseoir à pratiquement toutes les exécutions; ces demandes le sont presque toutes à la date d'exécution prévue ou peu après; et dans la grande majorité des cas, aucune raison valable ne justifie le dépôt tardif", écrit Samuel Alito. Patrick Murphy purgeait une peine de 50 ans pour agression sexuelle aggravée quand il s'est échappé de prison avec six autres détenus en 2000. Un policier avait été tué dans les violences qui avaient suivi.
Dans les deux cas, les juges conservateurs - ils sont majoritaires à la haute juridiction - expriment leur scepticisme concernant les motivations de ces recours de dernière minute de condamnés à mort.

Dans l'affaire de l'Alabama, le juge Clarence Thomas, l'un des cinq juges dits conservateurs de la Cour sur les neuf, a produit un avis de 14 pages expliquant son point de vue défendant une décision de la Cour le 12 avril dernier qui ouvrait la voie à l'exécution de Christopher Price, 46 ans, condamné en 1993 à la peine capitale pour un meurtre commis en 1991 en Alabama.

L'ordonnance de la Cour a toutefois été envoyée trop tard pour que l'exécution puisse avoir lieu et Christopher Price est toujours dans le couloir de la mort.

Quelques minutes plus tard, la Cour suprême a oublié un avis du juge conservateur Samuel Alito critiquant une décision de la Cour du 28 mars d'ordonner un sursis à une exécution au Texas concernant Patrick Murphy parce que cet Etat avait empêché un conseiller spirituel bouddhiste de l'accompagner jusqu'à la chambre d'exécution.

Dans sa décision de lundi, le juge Clarence Thomas, rejoint par ses confrères conservateurs Samuel Alito et Neil Gorsuch, s'en prend au magistrat Stephen Breyer, connu pour ses positions contre la peine de mort et qui, avec les trois autres juges progressistes de la Cour suprême, avait voté contre la décision du 12 avril au sujet du condamné Price.

RETARDER SON EXÉCUTION

Le condamné, écrit le juge Clarence Thomas lundi, avançait des arguments faibles sur le plan juridique ne visant qu'à retarder son exécution et pourtant, quatre membres de la Cour étaient prêts à soutenir sa stratégie non juridiquement étayée.

Stephen Breyer est le critique le plus virulent de la peine de mort à la Cour suprême. Il conteste la constitutionnalité de la peine capitale et soutient qu'elle est infligée de manière arbitraire et différente dans les divers Etat du pays.

Le mois dernier, Stephen Breyer écrivait que si les prisonniers ne peuvent être exécutés rapidement sans violer leurs droits, "il se peut qu'il n'y ait simplement pas de façon constitutionnelle d'appliquer la peine de mort".

Concrètement lors du vote d'avril, la Cour suprême cassait deux décisions de juridictions inférieures qui avaient retardé l'exécution de Christopher Price afin qu'il puisse donner suite à sa demande d'être exécuté au moyen d'un gaz létal au lieu d'une injection létale.

L'avis du juge Clarence Thomas rendu lundi a été publié en même temps que la décision de la Cour suprême rendu sur le fond.

Dans l'affaire du Texas, le juge Samuel Alito estime que le détenu Patrick Murphy avait attendu trop longtemps pour présenter sa demande et que le sursis obtenu de la Cour était de nature à encourager d'autres personnes à intenter des actions similaires de dernière minute.

"Cette Cour reçoit une demande de surseoir à pratiquement toutes les exécutions; ces demandes le sont presque toutes à la date d'exécution prévue ou peu après; et dans la grande majorité des cas, aucune raison valable ne justifie le dépôt tardif", écrit Samuel Alito.

Patrick Murphy purgeait une peine de 50 ans pour agression sexuelle aggravée quand il s'est échappé de prison avec six autres détenus en 2000. Un policier avait été tué dans les violences qui avaient suivi.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10512 Mon, 13 May 2019 00:00:00 +0200 Reuters
Le gouverneur du New Hampshire met à nouveau son veto à l'abolition de la peine de mort https://www.peinedemort.org/document/10494 Le Gouverneur du New Hampshire, Chris Sununu, rejette par veto le projet de loi abolissant la peine capitale qui avait été adopté en mars et avril par les deux assemblées parlementaires. C'est la deuxième fois qu'il utilise son droit de veto pour empêcher l'abolition de la peine capitale : il l'avait déjà fait en juin 2018. Cependant cette fois-ci les majorités obtenues lors des votes des deux chambres leur permettraient de contourner un veto.
C'est la deuxième fois qu'il utilise son droit de veto pour empêcher l'abolition de la peine capitale : il l'avait déjà fait en juin 2018. Cependant cette fois-ci les majorités obtenues lors des votes des deux chambres leur permettraient de contourner un veto. ]]>
https://www.peinedemort.org/document/10494 Fri, 03 May 2019 00:00:00 +0200 Sophie Fotiadi
États-Unis: la Géorgie exécute l'auteur d'un double meurtre https://www.peinedemort.org/document/10490 L'État américain de Géorgie a exécuté jeudi un homme condamné à la peine capitale pour un double meurtre commis en 1994 devant un enfant de cinq ans. Scotty Morrow, 52 ans, a reçu dans la soirée une injection létale dans un pénitencier situé près de Jackson, dans le sud-est des États-Unis. Son décès a été prononcé à 21 h 38 après une « dernière prière », ont rapporté les autorités. Peu après Noël 1994, il avait fait irruption au domicile de son ancienne petite amie qui venait de mettre un terme à leur relation. Elle s'y trouvait en compagnie de deux amies et de ses enfants. Scotty Morrow avait tiré sur les trois femmes, tuant deux d'entre elles. Son ex-compagne était morte sous les yeux de son fils de cinq ans. En 1999, il avait été condamné à la peine de mort pour ce double meurtre. Cette décision avait toutefois été annulée en 2011 par un tribunal au motif qu'il avait été mal défendu lors de son procès, ses avocats ayant notamment omis de souligner qu'il avait été victime de maltraitance et de viols dans son enfance. La Cour suprême de Géorgie était rapidement revenue sur cette décision, validant le verdict prononcé en 1999. Il avait ensuite tenté, en vain, plusieurs recours. Mercredi, la commission des grâces de Géorgie a écarté une demande de clémence formulée par ses défenseurs, selon lesquels il est devenu un prisonnier modèle qui regrette ses crimes. Jeudi, ils ont tenté un ultime recours qui a été rejeté par la Cour suprême de Géorgie à moins de trois heures de l'horaire fixé pour l'exécution. La Cour suprême des États-Unis a ensuite également rejeté la suspension de son exécution. Scotty Morrow est le cinquième condamné exécuté en 2019 aux États-Unis.
Scotty Morrow, 52 ans, a reçu dans la soirée une injection létale dans un pénitencier situé près de Jackson, dans le sud-est des États-Unis. Son décès a été prononcé à 21 h 38 après une « dernière prière », ont rapporté les autorités.

Peu après Noël 1994, il avait fait irruption au domicile de son ancienne petite amie qui venait de mettre un terme à leur relation. Elle s'y trouvait en compagnie de deux amies et de ses enfants.

Scotty Morrow avait tiré sur les trois femmes, tuant deux d'entre elles. Son ex-compagne était morte sous les yeux de son fils de cinq ans.

En 1999, il avait été condamné à la peine de mort pour ce double meurtre.

Cette décision avait toutefois été annulée en 2011 par un tribunal au motif qu'il avait été mal défendu lors de son procès, ses avocats ayant notamment omis de souligner qu'il avait été victime de maltraitance et de viols dans son enfance.

La Cour suprême de Géorgie était rapidement revenue sur cette décision, validant le verdict prononcé en 1999. Il avait ensuite tenté, en vain, plusieurs recours.

Mercredi, la commission des grâces de Géorgie a écarté une demande de clémence formulée par ses défenseurs, selon lesquels il est devenu un prisonnier modèle qui regrette ses crimes.

Jeudi, ils ont tenté un ultime recours qui a été rejeté par la Cour suprême de Géorgie à moins de trois heures de l'horaire fixé pour l'exécution.

La Cour suprême des États-Unis a ensuite également rejeté la suspension de son exécution.

Scotty Morrow est le cinquième condamné exécuté en 2019 aux États-Unis.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10490 Thu, 02 May 2019 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Exécutions: des démocrates américains appellent à redéfinir la relation avec Riyad https://www.peinedemort.org/document/10482 Des responsables démocrates américains ont appelé mercredi à repenser l'alliance entre Washington et Riyad après l'exécution de 37 Saoudiens condamnés pour "terrorisme". L'écrasante majorité de ces citoyens saoudiens exécutés mardi étaient issus de la minorité chiite. Selon l'ONU, au moins trois des suppliciés étaient mineurs au moment de leur procès. Pour le sénateur américain Bernie Sanders, candidat à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2020, ces exécutions "montrent à quel point il est devenu urgent pour les Etats-Unis de redéfinir notre relation avec le régime despotique en Arabie saoudite", allié historique de Etats-Unis au Moyen-Orient. Washington devrait "montrer que les Saoudiens n'ont pas carte blanche pour continuer à violer les droits humains et dicter notre politique étrangère", a estimé M. Sanders. La sénatrice démocrate Dianne Feinstein a rappelé avoir demandé de "reconsidérer notre relation avec l'Arabie saoudite" après l'assassinat en octobre du journaliste Jamal Khashoggi dans l'enceinte du consulat d'Arabie à Istanbul. "Ces dernières informations renforcent mes inquiétudes. Nous ne pouvons pas ignorer le recours croissant de l'Arabie saoudite aux exécutions, surtout quand tant de questions entourent la validité des procès", a-t-elle tweeté. M. Trump n'avait pas réagi dans l'immédiat. Le président républicain s'est engagé par le passé à préserver les relations étroites entre son administration et l'Arabie, même après le meurtre de Jamal Khashoggi. Interrogé au sujet des exécutions, le département d'Etat a affirmé que le secrétaire d'Etat Mike Pompeo avait soulevé la question des droits humains avec les dirigeants saoudiens "à chaque fois" qu'il y avait eu des inquiétudes. "Nous exhortons le gouvernement d'Arabie saoudite, et tous les gouvernements, à respecter et protéger les droits humains et les libertés fondamentales, à assurer des procès équitables (...) et la liberté de religion et de croyance", a indiqué une porte-parole du département d'Etat. Elle n'a pas commenté les exécutions mais a affirmé que les Etats-Unis s'opposaient à la peine capitale dans les cas où la personne exécutée était mineure au moment du crime présumé. L'administration Trump considère l'Arabie comme un partenaire de taille en raison de ses achats d'armes américaines, ses réserves de pétrole et son hostilité envers l'Iran, l'une des bêtes noires de Washington. Les Etats-Unis sont le seul pays occidental où la peine de mort existe encore.
L'écrasante majorité de ces citoyens saoudiens exécutés mardi étaient issus de la minorité chiite. Selon l'ONU, au moins trois des suppliciés étaient mineurs au moment de leur procès.

Pour le sénateur américain Bernie Sanders, candidat à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2020, ces exécutions "montrent à quel point il est devenu urgent pour les Etats-Unis de redéfinir notre relation avec le régime despotique en Arabie saoudite", allié historique de Etats-Unis au Moyen-Orient.

Washington devrait "montrer que les Saoudiens n'ont pas carte blanche pour continuer à violer les droits humains et dicter notre politique étrangère", a estimé M. Sanders.

La sénatrice démocrate Dianne Feinstein a rappelé avoir demandé de "reconsidérer notre relation avec l'Arabie saoudite" après l'assassinat en octobre du journaliste Jamal Khashoggi dans l'enceinte du consulat d'Arabie à Istanbul.

"Ces dernières informations renforcent mes inquiétudes. Nous ne pouvons pas ignorer le recours croissant de l'Arabie saoudite aux exécutions, surtout quand tant de questions entourent la validité des procès", a-t-elle tweeté.

M. Trump n'avait pas réagi dans l'immédiat. Le président républicain s'est engagé par le passé à préserver les relations étroites entre son administration et l'Arabie, même après le meurtre de Jamal Khashoggi.

Interrogé au sujet des exécutions, le département d'Etat a affirmé que le secrétaire d'Etat Mike Pompeo avait soulevé la question des droits humains avec les dirigeants saoudiens "à chaque fois" qu'il y avait eu des inquiétudes.

"Nous exhortons le gouvernement d'Arabie saoudite, et tous les gouvernements, à respecter et protéger les droits humains et les libertés fondamentales, à assurer des procès équitables (...) et la liberté de religion et de croyance", a indiqué une porte-parole du département d'Etat.

Elle n'a pas commenté les exécutions mais a affirmé que les Etats-Unis s'opposaient à la peine capitale dans les cas où la personne exécutée était mineure au moment du crime présumé.

L'administration Trump considère l'Arabie comme un partenaire de taille en raison de ses achats d'armes américaines, ses réserves de pétrole et son hostilité envers l'Iran, l'une des bêtes noires de Washington.

Les Etats-Unis sont le seul pays occidental où la peine de mort existe encore. ]]>
https://www.peinedemort.org/document/10482 Thu, 25 Apr 2019 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
USA: un suprémaciste blanc doit être exécuté 20 ans après le lynchage d'un Noir https://www.peinedemort.org/document/10476 Un suprémaciste blanc doit être exécuté mercredi dans le Texas pour avoir participé au meurtre d'un Noir il y a 20 ans lors d'une séance de torture qualifiée de "lynchage des temps modernes", qui avait révulsé l'Amérique. Dans la nuit du 7 juin 1998, James Byrd, 49 ans, rentrait chez lui à pied après une fête, quand trois hommes blancs à bord d'une camionnette lui ont proposé de le raccompagner. Son corps démembré avait été retrouvé devant une église noire de la petite ville de Jasper, au Texas. Les trois hommes l'avaient en fait mené dans un bois pour le battre férocement, avant de l'enchaîner à l'arrière de leur véhicule et de le traîner sur plus de trois kilomètres. En moins de 48 heures, la police avait interpellé les auteurs du crime: Shawn Berry, 23 ans, John King, 23 ans, et Lawrence Brewer, 31 ans. Le premier, qui avait coopéré avec les enquêteurs, a été condamné à la réclusion à perpétuité. Les deux autres, qui affichaient ouvertement leurs idées racistes et avaient rejoint un gang de partisans de la suprématie blanche en prison, ont écopé de la peine capitale. Lawrence Brewer a été exécuté en 2011. Mercredi soir, John King, désormais âgé de 44 ans, devrait à son tour subir une injection létale dans le pénitencier de Huntsville au Texas. - Tatouages nazis - Lors de son procès en 1999, des membres du Ku Klux Klan et d'une branche des Black Panthers avaient manifesté à Jasper, replongeant les Etats-Unis vers les heures sombres de leur histoire. Le père de l'accusé avait toutefois lancé un appel en faveur de la réconciliation raciale. "Nous sommes tous des êtres humains, noirs et blancs (...) nous devons apprendre à nous aimer pas à nous haïr", avait exhorté Ronald King. Dix ans plus tard, une loi au nom de James Byrd, mais aussi de Matthew Shepard, un jeune gay battu à mort la même année dans le Wyoming, a été adoptée au niveau fédéral pour renforcer la lutte contre les crimes motivés par une haine raciale, homophobe ou tout autre sentiment discriminatoire. De son côté, John King avait maintenu une attitude ambiguë. Dans une lettre adressée à un journal local, il avait clamé son innocence et imputé toute la responsabilité du crime à Shawn Berry. Sans s'expliquer sur les mégots de cigarettes retrouvés sur les lieux du crime avec son ADN, il avait ajouté être "persécuté" pour avoir "exprimé ouvertement" sa "fierté pour sa race". A l'audience, il n'avait pas pris la parole, laissant ses avocats accuser le système carcéral du Texas pour sa radicalisation. Selon eux, le jeune homme avait été violé par des détenus noirs et s'était ensuite placé sous la protection d'un gang aux idées extrémistes, d'où ses tatouages faisant référence au nazisme ou à la "fierté aryenne". - Pas de pardon - Pas convaincus, les jurés avaient mis moins de trois heures à le condamner à la peine capitale. Depuis, ses avocats ont multiplié les recours pour tenter d'annuler la sentence, arguant que John King avait été mal défendu au début de l'enquête ou regrettant que le procès n'ait pas été dépaysé. Toutes leurs procédures ont échoué et la Cour suprême a refusé en 2018 d'examiner son dossier. Lundi, le bureau des grâces et des pardons du Texas a refusé à l'unanimité de commuer sa peine. Sauf rebondissement de dernière minute, il sera donc le quatrième condamné à mort de l'année aux Etats-Unis. Certains proches de sa victime s'opposent toutefois à la peine capitale, a rappelé la chaîne CNN. En 2011, lors de l'exécution de Lawrence Brewer, le fils de James Byrd, Ross, avait protesté: "Vous ne pouvez pas combattre un crime avec un crime".
Dans la nuit du 7 juin 1998, James Byrd, 49 ans, rentrait chez lui à pied après une fête, quand trois hommes blancs à bord d'une camionnette lui ont proposé de le raccompagner.

Son corps démembré avait été retrouvé devant une église noire de la petite ville de Jasper, au Texas.

Les trois hommes l'avaient en fait mené dans un bois pour le battre férocement, avant de l'enchaîner à l'arrière de leur véhicule et de le traîner sur plus de trois kilomètres.

En moins de 48 heures, la police avait interpellé les auteurs du crime: Shawn Berry, 23 ans, John King, 23 ans, et Lawrence Brewer, 31 ans.

Le premier, qui avait coopéré avec les enquêteurs, a été condamné à la réclusion à perpétuité.

Les deux autres, qui affichaient ouvertement leurs idées racistes et avaient rejoint un gang de partisans de la suprématie blanche en prison, ont écopé de la peine capitale.

Lawrence Brewer a été exécuté en 2011. Mercredi soir, John King, désormais âgé de 44 ans, devrait à son tour subir une injection létale dans le pénitencier de Huntsville au Texas.

- Tatouages nazis -

Lors de son procès en 1999, des membres du Ku Klux Klan et d'une branche des Black Panthers avaient manifesté à Jasper, replongeant les Etats-Unis vers les heures sombres de leur histoire.

Le père de l'accusé avait toutefois lancé un appel en faveur de la réconciliation raciale. "Nous sommes tous des êtres humains, noirs et blancs (...) nous devons apprendre à nous aimer pas à nous haïr", avait exhorté Ronald King.

Dix ans plus tard, une loi au nom de James Byrd, mais aussi de Matthew Shepard, un jeune gay battu à mort la même année dans le Wyoming, a été adoptée au niveau fédéral pour renforcer la lutte contre les crimes motivés par une haine raciale, homophobe ou tout autre sentiment discriminatoire.

De son côté, John King avait maintenu une attitude ambiguë.

Dans une lettre adressée à un journal local, il avait clamé son innocence et imputé toute la responsabilité du crime à Shawn Berry.

Sans s'expliquer sur les mégots de cigarettes retrouvés sur les lieux du crime avec son ADN, il avait ajouté être "persécuté" pour avoir "exprimé ouvertement" sa "fierté pour sa race".

A l'audience, il n'avait pas pris la parole, laissant ses avocats accuser le système carcéral du Texas pour sa radicalisation.

Selon eux, le jeune homme avait été violé par des détenus noirs et s'était ensuite placé sous la protection d'un gang aux idées extrémistes, d'où ses tatouages faisant référence au nazisme ou à la "fierté aryenne".

- Pas de pardon -

Pas convaincus, les jurés avaient mis moins de trois heures à le condamner à la peine capitale.

Depuis, ses avocats ont multiplié les recours pour tenter d'annuler la sentence, arguant que John King avait été mal défendu au début de l'enquête ou regrettant que le procès n'ait pas été dépaysé.

Toutes leurs procédures ont échoué et la Cour suprême a refusé en 2018 d'examiner son dossier. Lundi, le bureau des grâces et des pardons du Texas a refusé à l'unanimité de commuer sa peine.

Sauf rebondissement de dernière minute, il sera donc le quatrième condamné à mort de l'année aux Etats-Unis.

Certains proches de sa victime s'opposent toutefois à la peine capitale, a rappelé la chaîne CNN. En 2011, lors de l'exécution de Lawrence Brewer, le fils de James Byrd, Ross, avait protesté: "Vous ne pouvez pas combattre un crime avec un crime".]]>
https://www.peinedemort.org/document/10476 Wed, 24 Apr 2019 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Un suprémaciste blanc exécuté 20 ans après le lynchage d'un Noir https://www.peinedemort.org/document/10478 Un suprémaciste blanc a été exécuté mercredi au Texas pour avoir tué un Noir il y a 20 ans lors d'une séance de torture, comparée à un «lynchage des temps modernes», qui avait révulsé l'Amérique. N'ayant pas obtenu de sursis de dernière minute de la Cour suprême, John King, 44 ans, a subi une injection létale à 19h08 (heure locale) dans le pénitencier de Huntsville. Cet homme, qui affichait des idées racistes et des tatouages nazis, avait été condamné à la peine capitale en 1999 pour avoir participé avec deux autres Blancs au meurtre de James Byrd. Dans la nuit du 7 juin 1998, ils avaient prétendu vouloir raccompagner cet homme noir de 49 ans qui rentrait à pied chez lui après une fête. Les trois hommes l'avaient en fait violemment battu, avant de l'enchaîner à l'arrière de leur camionnette et de le traîner sur plus de trois kilomètres. Son corps démembré avait été retrouvé le lendemain matin devant une église noire de la petite ville de Jasper, au Texas. En moins de 48 heures, la police avait interpellé les auteurs du crime: Shawn Berry, 23 ans, John King, 23 ans, et Lawrence Brewer, 31 ans. Les deux derniers, qui avaient rallié un gang de suprémacistes blancs lors d'un séjour en prison, ont été condamnés à la peine de mort dans des procès distincts. Lawrence Brewer a été exécuté en 2011. Shawn Berry, qui avait coopéré avec les enquêteurs, a écopé de la réclusion à perpétuité. KKK et SS Lors du procès de John King en 1999, des membres du Ku Klux Klan (KKK) et des Black Panthers avaient manifesté à Jasper, replongeant les États-Unis dans les heures sombres de leur histoire. Le père de l'accusé avait toutefois lancé un appel en faveur de la réconciliation raciale. «Nous sommes tous des êtres humains, noirs et blancs (...) Nous devons apprendre à nous aimer, pas à nous haïr», avait exhorté Ronald King. Dix ans plus tard, une loi au nom de James Byrd, mais aussi de Matthew Shepard, un jeune homosexuel battu à mort la même année dans le Wyoming, a été adoptée au niveau fédéral pour renforcer la lutte contre les crimes motivés par le racisme, l'homophobie ou toute autre haine ciblée. De son côté, John King a toujours maintenu une attitude ambiguë. Dans une lettre adressée à un journal local, il avait clamé son innocence et assuré ne pas avoir été sur les lieux du crime. Sans s'expliquer sur les mégots de cigarettes retrouvés avec son ADN ou les autres éléments à charge, il avait ajouté être «persécuté» pour avoir «exprimé ouvertement» sa «fierté pour sa race». À l'audience, il n'avait pas pris la parole, laissant ses avocats accuser le système carcéral du Texas pour sa radicalisation. Selon eux, le jeune homme avait été violé par des détenus noirs et s'était ensuite placé sous la protection d'un gang aux idées extrémistes, d'où ses tatouages faisant référence aux SS nazis, au KKK ou à la «fierté aryenne». «Justice» Pas convaincus, les jurés avaient mis moins de trois heures à le condamner à mort. Depuis, ses avocats ont multiplié les recours pour tenter de le sauver. Mardi, ils ont introduit une ultime requête - finalement rejetée - auprès de la Cour suprême des États-Unis pour qu'elle suspende l'exécution. Selon eux, les premiers avocats de John King ont violé les droits de leur client en ne plaidant pas l'innocence, comme il le leur avait demandé. Déjà sollicité avec cet argumentaire, le temple du droit américain avait refusé en 2018 de se saisir du dossier. John King est devenu le quatrième détenu exécuté en 2019 aux États-Unis. Certains proches de sa victime s'opposaient toutefois à son exécution, a rappelé la chaîne CNN. En 2011, lors de l'exécution de Lawrence Brewer, le fils de James Byrd, Ross, avait protesté: «Vous ne pouvez pas combattre un crime avec un crime». Mais trois de ses soeurs avaient prévu d'assister à l'exécution. «Cela ne nous guérira pas», a déclaré l'une d'elles, Louven Harris, au New York Times. «Mais justice aura été rendue».
N'ayant pas obtenu de sursis de dernière minute de la Cour suprême, John King, 44 ans, a subi une injection létale à 19h08 (heure locale) dans le pénitencier de Huntsville.

Cet homme, qui affichait des idées racistes et des tatouages nazis, avait été condamné à la peine capitale en 1999 pour avoir participé avec deux autres Blancs au meurtre de James Byrd.

Dans la nuit du 7 juin 1998, ils avaient prétendu vouloir raccompagner cet homme noir de 49 ans qui rentrait à pied chez lui après une fête.

Les trois hommes l'avaient en fait violemment battu, avant de l'enchaîner à l'arrière de leur camionnette et de le traîner sur plus de trois kilomètres.

Son corps démembré avait été retrouvé le lendemain matin devant une église noire de la petite ville de Jasper, au Texas.

En moins de 48 heures, la police avait interpellé les auteurs du crime: Shawn Berry, 23 ans, John King, 23 ans, et Lawrence Brewer, 31 ans.

Les deux derniers, qui avaient rallié un gang de suprémacistes blancs lors d'un séjour en prison, ont été condamnés à la peine de mort dans des procès distincts. Lawrence Brewer a été exécuté en 2011.

Shawn Berry, qui avait coopéré avec les enquêteurs, a écopé de la réclusion à perpétuité.

KKK et SS
Lors du procès de John King en 1999, des membres du Ku Klux Klan (KKK) et des Black Panthers avaient manifesté à Jasper, replongeant les États-Unis dans les heures sombres de leur histoire.

Le père de l'accusé avait toutefois lancé un appel en faveur de la réconciliation raciale. «Nous sommes tous des êtres humains, noirs et blancs (...) Nous devons apprendre à nous aimer, pas à nous haïr», avait exhorté Ronald King.

Dix ans plus tard, une loi au nom de James Byrd, mais aussi de Matthew Shepard, un jeune homosexuel battu à mort la même année dans le Wyoming, a été adoptée au niveau fédéral pour renforcer la lutte contre les crimes motivés par le racisme, l'homophobie ou toute autre haine ciblée.

De son côté, John King a toujours maintenu une attitude ambiguë.

Dans une lettre adressée à un journal local, il avait clamé son innocence et assuré ne pas avoir été sur les lieux du crime.

Sans s'expliquer sur les mégots de cigarettes retrouvés avec son ADN ou les autres éléments à charge, il avait ajouté être «persécuté» pour avoir «exprimé ouvertement» sa «fierté pour sa race».

À l'audience, il n'avait pas pris la parole, laissant ses avocats accuser le système carcéral du Texas pour sa radicalisation.

Selon eux, le jeune homme avait été violé par des détenus noirs et s'était ensuite placé sous la protection d'un gang aux idées extrémistes, d'où ses tatouages faisant référence aux SS nazis, au KKK ou à la «fierté aryenne».

«Justice»
Pas convaincus, les jurés avaient mis moins de trois heures à le condamner à mort.

Depuis, ses avocats ont multiplié les recours pour tenter de le sauver.

Mardi, ils ont introduit une ultime requête - finalement rejetée - auprès de la Cour suprême des États-Unis pour qu'elle suspende l'exécution. Selon eux, les premiers avocats de John King ont violé les droits de leur client en ne plaidant pas l'innocence, comme il le leur avait demandé.

Déjà sollicité avec cet argumentaire, le temple du droit américain avait refusé en 2018 de se saisir du dossier.

John King est devenu le quatrième détenu exécuté en 2019 aux États-Unis.

Certains proches de sa victime s'opposaient toutefois à son exécution, a rappelé la chaîne CNN. En 2011, lors de l'exécution de Lawrence Brewer, le fils de James Byrd, Ross, avait protesté: «Vous ne pouvez pas combattre un crime avec un crime».

Mais trois de ses soeurs avaient prévu d'assister à l'exécution. «Cela ne nous guérira pas», a déclaré l'une d'elles, Louven Harris, au New York Times. «Mais justice aura été rendue».]]>
https://www.peinedemort.org/document/10478 Wed, 24 Apr 2019 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
La Cour suprême américaine refuse d'examiner le recours d'un condamné à mort gay https://www.peinedemort.org/document/10469 La Cour suprême des Etats-Unis a refusé lundi d'examiner l'appel d'un condamné à mort homosexuel qui estime avoir été victime des préjugés d'un juré sur son orientation sexuelle. Charles Rhines a été condamné à la peine capitale pour avoir tué un employé lors d'un cambriolage dans un magasin du Dakota du Sud en 1992. Selon ses avocats, un des membres du jury avait refusé de le condamner à la perpétuité au motif que cela reviendrait à "l'envoyer où il rêve d'être", avec "des hommes en prison". Estimant que ses droits à un procès juste et équitable avaient été bafoués, sa défense avait demandé à la Cour suprême de se saisir du dossier et d'étendre sa jurisprudence récente sur les jurés racistes. En 2017, le temple du droit américain avait estimé que le secret des délibérations entre jurés pouvait être levé en cas de forts soupçons de racisme. "Tout comme les préjugés racistes, les préjugés homophobes n'ont pas de place dans le système de justice criminelle", a estimé l'avocat de M. Rhines, Shawn Nolan. "Les deux diminuent la confiance du public dans l'équité du système." La puissante organisation de défense des droits civiques ACLU s'était associée à ce recours. La Cour suprême n'a pas expliqué pourquoi elle a décidé de ne pas s'en saisir.
Charles Rhines a été condamné à la peine capitale pour avoir tué un employé lors d'un cambriolage dans un magasin du Dakota du Sud en 1992.

Selon ses avocats, un des membres du jury avait refusé de le condamner à la perpétuité au motif que cela reviendrait à "l'envoyer où il rêve d'être", avec "des hommes en prison".

Estimant que ses droits à un procès juste et équitable avaient été bafoués, sa défense avait demandé à la Cour suprême de se saisir du dossier et d'étendre sa jurisprudence récente sur les jurés racistes.

En 2017, le temple du droit américain avait estimé que le secret des délibérations entre jurés pouvait être levé en cas de forts soupçons de racisme.

"Tout comme les préjugés racistes, les préjugés homophobes n'ont pas de place dans le système de justice criminelle", a estimé l'avocat de M. Rhines, Shawn Nolan. "Les deux diminuent la confiance du public dans l'équité du système."

La puissante organisation de défense des droits civiques ACLU s'était associée à ce recours.

La Cour suprême n'a pas expliqué pourquoi elle a décidé de ne pas s'en saisir.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10469 Mon, 15 Apr 2019 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP