La peine de mort dans le monde — Syrie https://www.peinedemort.org/rss/pays?id=SYR Syrie : tous les documents concernant la peine de mort. fr Sophie Fotiadi <sophie.fotiadi@peinedemort.org>, 2018 Mon, 22 Jan 2018 09:33:31 +0100 Mon, 15 Jan 2018 17:05:38 +0100 120 En Irak et Syrie, "souhait légitime" des autorités de juger les jihadistes français (Parly) https://www.peinedemort.org/document/9714 La ministre des Armées Florence Parly confirme la volonté du gouvernement de laisser les autorités locales en Irak et en Syrie juger les jihadistes français du groupe Etat islamique arrêtés sur place, dans un entretien à paraître lundi dans Libération. "Dans l'examen des situations, l'intérêt de l'autorité judiciaire française est pris en compte. Mais beaucoup de ces personnes détenues sur ces théâtres continuent d'affirmer leur volonté de rentrer pour poursuivre le combat en France. Aussi, le souhait légitime des autorités locales de juger les crimes commis sur leur territoire ne saurait être négligé", déclare-t-elle au quotidien. D'après une source française proche du dossier, une quarantaine de jihadistes français adultes, autant d'hommes que de femmes, accompagnés d'une vingtaine d'enfants, ont été arrêtés en Syrie et Irak, dont la grande majorité par les forces kurdes en Syrie. "Pour la Syrie, la situation est complexe car nous n'avons pas de relations diplomatiques avec ce pays (...) Dans la partie tenue par les Kurdes, les autorités locales se prononceront sur la responsabilité éventuelle des ressortissants français concernant les crimes ou délits commis sur ce territoire", affirme la ministre. En Irak, "la situation est plus simple : c'est un Etat qui dispose d'institutions et avec lequel nous avons d'étroites relations", dit-elle. Quid de l'existence de la peine de mort en Irak? "La France est par principe opposée à la peine de mort. Dans le monde entier, des ressortissants français, qui ne sont pas des terroristes, risquent la peine capitale s'ils commettent des crimes dans les pays où ils se trouvent et qui l'appliquent. Le réseau diplomatique leur porte l'assistance due à tout citoyen français, mais chaque pays a des règles", rétorque Florence Parly. Ses propos font écho à ceux de la ministre de la Justice Nicole Belloubet, qui affirmait début janvier que la France n'irait "pas nécessairement chercher" les jihadistes français détenus en Syrie ou en Irak et qui demandent à être rapatriés pour être jugés. "Au Levant, de 500 à 600 personnes sont présentes, 300 environ seraient décédées", selon Mme Parly, qui évoque "moins de 20" cas de retours en France "en 2017". Par ailleurs, Paris n'observe "pas de basculement massif vers d'autres pays" de jihadistes français partis combattre en Irak ou en Syrie, "mais il ne faut pas exclure des fuites individuelles", souligne-t-elle. "Pour les enfants, certaines femmes arrêtées ont demandé qu'ils soient rapatriés en France. Une cinquantaine d'enfants sont déjà rentrés, dont la moitié ont moins de 5 ans. Tous sont pris en charge par la justice et placés dans des familles d'accueil ou chez des proches", précise la ministre. Au Levant, après les écrasantes défaites militaires infligées à l'EI par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis, la France mobilise encore quelque 1.200 hommes mais "va faire évoluer son dispositif". Paris a déjà rapatrié deux Rafale de la région (mais en conserve dix au total basés en Jordanie et aux Émirats arabes unis, ndlr) et "d'autres ajustements interviendront en 2018, l'objectif étant de revoir à la baisse notre dispositif", baptisé "Chammal", rappelle Mme Parly. De source militaire, la France va prochainement retirer son artillerie d'Irak. Mais en parallèle, "nous sommes à la disposition des autorités irakiennes pour poursuivre, voire amplifier, la formation que nous leur accordons. Nous souhaitons basculer d'une logique d'intervention militaire à un objectif de stabilisation politique", souligne-t-elle. "Il ne s'agit pas uniquement de terminer les combats, il faut gagner la paix".
"Dans l'examen des situations, l'intérêt de l'autorité judiciaire française est pris en compte. Mais beaucoup de ces personnes détenues sur ces théâtres continuent d'affirmer leur volonté de rentrer pour poursuivre le combat en France. Aussi, le souhait légitime des autorités locales de juger les crimes commis sur leur territoire ne saurait être négligé", déclare-t-elle au quotidien.

D'après une source française proche du dossier, une quarantaine de jihadistes français adultes, autant d'hommes que de femmes, accompagnés d'une vingtaine d'enfants, ont été arrêtés en Syrie et Irak, dont la grande majorité par les forces kurdes en Syrie.

"Pour la Syrie, la situation est complexe car nous n'avons pas de relations diplomatiques avec ce pays (...) Dans la partie tenue par les Kurdes, les autorités locales se prononceront sur la responsabilité éventuelle des ressortissants français concernant les crimes ou délits commis sur ce territoire", affirme la ministre.

En Irak, "la situation est plus simple : c'est un Etat qui dispose d'institutions et avec lequel nous avons d'étroites relations", dit-elle.

Quid de l'existence de la peine de mort en Irak? "La France est par principe opposée à la peine de mort. Dans le monde entier, des ressortissants français, qui ne sont pas des terroristes, risquent la peine capitale s'ils commettent des crimes dans les pays où ils se trouvent et qui l'appliquent. Le réseau diplomatique leur porte l'assistance due à tout citoyen français, mais chaque pays a des règles", rétorque Florence Parly.

Ses propos font écho à ceux de la ministre de la Justice Nicole Belloubet, qui affirmait début janvier que la France n'irait "pas nécessairement chercher" les jihadistes français détenus en Syrie ou en Irak et qui demandent à être rapatriés pour être jugés.

"Au Levant, de 500 à 600 personnes sont présentes, 300 environ seraient décédées", selon Mme Parly, qui évoque "moins de 20" cas de retours en France "en 2017".

Par ailleurs, Paris n'observe "pas de basculement massif vers d'autres pays" de jihadistes français partis combattre en Irak ou en Syrie, "mais il ne faut pas exclure des fuites individuelles", souligne-t-elle.

"Pour les enfants, certaines femmes arrêtées ont demandé qu'ils soient rapatriés en France. Une cinquantaine d'enfants sont déjà rentrés, dont la moitié ont moins de 5 ans. Tous sont pris en charge par la justice et placés dans des familles d'accueil ou chez des proches", précise la ministre.

Au Levant, après les écrasantes défaites militaires infligées à l'EI par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis, la France mobilise encore quelque 1.200 hommes mais "va faire évoluer son dispositif".

Paris a déjà rapatrié deux Rafale de la région (mais en conserve dix au total basés en Jordanie et aux Émirats arabes unis, ndlr) et "d'autres ajustements interviendront en 2018, l'objectif étant de revoir à la baisse notre dispositif", baptisé "Chammal", rappelle Mme Parly.

De source militaire, la France va prochainement retirer son artillerie d'Irak.

Mais en parallèle, "nous sommes à la disposition des autorités irakiennes pour poursuivre, voire amplifier, la formation que nous leur accordons. Nous souhaitons basculer d'une logique d'intervention militaire à un objectif de stabilisation politique", souligne-t-elle. "Il ne s'agit pas uniquement de terminer les combats, il faut gagner la paix".]]>
https://www.peinedemort.org/document/9714 Sun, 14 Jan 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Jordanie : un Syrien condamné à mort pour une attaque "terroriste" https://www.peinedemort.org/document/9655 Un tribunal jordanien a condamné à mort par pendaison lundi un Syrien reconnu coupable d'avoir mené une attaque "terroriste" qui avait tué sept soldats près de la frontière avec la Syrie en 2016. Le tribunal militaire a condamné à mort par pendaison Najm al-Amour, 21 ans, reconnu coupable d'"acte terroriste ayant entraîné mort d'homme", a rapporté un journaliste de l'AFP présent à la cour de sûreté de l'Etat Il est considéré comme le cerveau de l'attaque et décrit dans l'acte d'accusation comme membre du groupe jihadiste Etat islamique (EI). Trois autres Syriens ont également été condamnés à mort, mais leur peine a été réduite à la réclusion à perpétuité, la cour ayant "tenu compte des circonstances atténuantes éventuelles." Et un cinquième ressortissant syrien a écopé de deux ans de prison pour entrée illégale en Jordanie. Selon l'acte d'accusation, il avait été envoyé en Jordanie pour planifier l'attaque. Tous les cinq, âgés d'une vingtaine d'années, étaient jugés depuis mars pour un attentat suicide ayant tué sept soldats et blessé 13 autres en juin 2016 dans un no man's land près du point de passage de Rokbane, à la frontière avec la Syrie. Peu après l'attaque, l'armée jordanienne avait déclaré "zones militaires fermées" les vastes régions désertiques qui s'étendent au nord-est de la Syrie et à l'est de l'Irak. Cette mesure avait entraîné le blocage de dizaines de milliers de réfugiés syriens dans la région, plusieurs ONG internationales appelant le royaume hachémite à abandonner la décision. La Jordanie est membre de la coalition internationale anti-EI dirigée par Washington.
Le tribunal militaire a condamné à mort par pendaison Najm al-Amour, 21 ans, reconnu coupable d'"acte terroriste ayant entraîné mort d'homme", a rapporté un journaliste de l'AFP présent à la cour de sûreté de l'Etat Il est considéré comme le cerveau de l'attaque et décrit dans l'acte d'accusation comme membre du groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Trois autres Syriens ont également été condamnés à mort, mais leur peine a été réduite à la réclusion à perpétuité, la cour ayant "tenu compte des circonstances atténuantes éventuelles." Et un cinquième ressortissant syrien a écopé de deux ans de prison pour entrée illégale en Jordanie. Selon l'acte d'accusation, il avait été envoyé en Jordanie pour planifier l'attaque.

Tous les cinq, âgés d'une vingtaine d'années, étaient jugés depuis mars pour un attentat suicide ayant tué sept soldats et blessé 13 autres en juin 2016 dans un no man's land près du point de passage de Rokbane, à la frontière avec la Syrie.

Peu après l'attaque, l'armée jordanienne avait déclaré "zones militaires fermées" les vastes régions désertiques qui s'étendent au nord-est de la Syrie et à l'est de l'Irak. Cette mesure avait entraîné le blocage de dizaines de milliers de réfugiés syriens dans la région, plusieurs ONG internationales appelant le royaume hachémite à abandonner la décision.

La Jordanie est membre de la coalition internationale anti-EI dirigée par Washington.]]>
https://www.peinedemort.org/document/9655 Mon, 04 Dec 2017 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Un informaticien très connu en Syrie exécuté en détention https://www.peinedemort.org/document/9527 Un informaticien syrien connu, Bassel Khartabil Safadi, a été exécuté en 2015 trois ans après son arrestation par les forces du régime en pleine guerre dans le pays, a annoncé sa veuve. Grand défenseur d'un meilleur accès à internet en Syrie avant le déclenchement du conflit, Safadi est de père palestinien et de mère syrienne. Des rumeurs sur son exécution en détention avaient circulé en 2015. "Les mots me viennent difficilement au moment où je m'apprête à annoncer (...) la confirmation de la peine de mort et l'exécution de mon mari Bassel Khartabil Safadi", a écrit Noura Ghazi Safadi sur sa page Facebook dans la nuit de mardi à mercredi. "Il a été exécuté quelques jours après avoir été transféré de la prison d'Adra (près de Damas) en octobre 2015. C'est une fin qui sied à un héros comme lui", poursuit sa veuve qui avait épousé Bassel Safadi alors qu'il était en détention. "C'est une perte pour la Syrie, c'est une perte pour la Palestine, c'est une perte pour moi", ajoute-t-elle. Bassel Safadi avait été arrêté en mars 2012 dans la foulée de la répression menée par le régime du président Bachar el-Assad contre la révolte pacifique déclenchée un an plus tôt. Des pétitions et des appels d'ONG comme Human Rights Watch et Amnesty avaient été lancées pour la libération de l'informaticien, exécuté à l'âge de 34 ans. Ce dernier était très connu dans la communauté mondiale dite de l'internet libre (open internet), qui prône une utilisation non restreinte de la toile. Son travail était d'autant plus important dans un pays régi par régime autoritaire depuis plus d'un demi-siècle et où la censure est reine. Internet n'a été introduit en Syrie que dans les années 2000 avec des restrictions imposées sur plusieurs sites. En 2016, HRW avait souligné que la détention de l'informaticien "semble être la conséquence directe de son travail légitime et pacifique pour la promotion et la protection du droit à la liberté d'expression". Bassel Safadi a notamment contribué à des projets dits "open source" comme Mozilla Firefox ou Wikipedia. Ayant lancé à Damas en 2010 Aiki Lab -dédié aux technologies collaboratives-, il a "permis aux gens d'avoir de nouveaux instruments pour s'exprimer et de communiquer", écrivait le Guardian dans un portrait de lui en 2015. De quoi inquiéter le pouvoir à Damas, d'autant plus que les réseaux sociaux ont été le moyen de communication privilégiée des militants anti-régime pour couvrir la révolte. Celle-ci, durement réprimée, s'est transformée en guerre civile sanglante qui a fait plus de 330.000 morts. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a lui aussi confirmé l'exécution de Bassel Safadi. Plus de 60.000 personnes ont été exécutées ou sont mortes sous la torture dans les geôles du pouvoir, selon l'ONG qui estime à plus de 200.000 le nombre des détenus aux mains du régime.
Grand défenseur d'un meilleur accès à internet en Syrie avant le déclenchement du conflit, Safadi est de père palestinien et de mère syrienne. Des rumeurs sur son exécution en détention avaient circulé en 2015.

"Les mots me viennent difficilement au moment où je m'apprête à annoncer (...) la confirmation de la peine de mort et l'exécution de mon mari Bassel Khartabil Safadi", a écrit Noura Ghazi Safadi sur sa page Facebook dans la nuit de mardi à mercredi.

"Il a été exécuté quelques jours après avoir été transféré de la prison d'Adra (près de Damas) en octobre 2015. C'est une fin qui sied à un héros comme lui", poursuit sa veuve qui avait épousé Bassel Safadi alors qu'il était en détention.

"C'est une perte pour la Syrie, c'est une perte pour la Palestine, c'est une perte pour moi", ajoute-t-elle.

Bassel Safadi avait été arrêté en mars 2012 dans la foulée de la répression menée par le régime du président Bachar el-Assad contre la révolte pacifique déclenchée un an plus tôt.

Des pétitions et des appels d'ONG comme Human Rights Watch et Amnesty avaient été lancées pour la libération de l'informaticien, exécuté à l'âge de 34 ans.

Ce dernier était très connu dans la communauté mondiale dite de l'internet libre (open internet), qui prône une utilisation non restreinte de la toile.

Son travail était d'autant plus important dans un pays régi par régime autoritaire depuis plus d'un demi-siècle et où la censure est reine. Internet n'a été introduit en Syrie que dans les années 2000 avec des restrictions imposées sur plusieurs sites.

En 2016, HRW avait souligné que la détention de l'informaticien "semble être la conséquence directe de son travail légitime et pacifique pour la promotion et la protection du droit à la liberté d'expression".

Bassel Safadi a notamment contribué à des projets dits "open source" comme Mozilla Firefox ou Wikipedia.
Ayant lancé à Damas en 2010 Aiki Lab -dédié aux technologies collaboratives-, il a "permis aux gens d'avoir de nouveaux instruments pour s'exprimer et de communiquer", écrivait le Guardian dans un portrait de lui en 2015.

De quoi inquiéter le pouvoir à Damas, d'autant plus que les réseaux sociaux ont été le moyen de communication privilégiée des militants anti-régime pour couvrir la révolte.
Celle-ci, durement réprimée, s'est transformée en guerre civile sanglante qui a fait plus de 330.000 morts.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a lui aussi confirmé l'exécution de Bassel Safadi.
Plus de 60.000 personnes ont été exécutées ou sont mortes sous la torture dans les geôles du pouvoir, selon l'ONG qui estime à plus de 200.000 le nombre des détenus aux mains du régime.]]>
https://www.peinedemort.org/document/9527 Wed, 02 Aug 2017 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP