La peine de mort dans le monde — Thème conditions de détention https://www.peinedemort.org/rss/theme?id=57 Thème conditions de détention : tous les documents concernant la peine de mort. fr Sophie Fotiadi <sophie.fotiadi@peinedemort.org>, 2020 Sat, 05 Dec 2020 21:52:15 +0000 Sun, 03 May 2020 22:10:46 +0000 120 RDC: le coronavirus arrive en prison, risque de "catastrophe" https://www.peinedemort.org/document/10915 Le Covid-19 a commencé à frapper en milieu carcéral en République démocratique du Congo, avec des risques de "catastrophe" et d'"hécatombe" dans des prisons "insalubres et surpeuplées", où des détenus meurent par dizaines chaque année. Au total 43 détenus ont été testés positifs jeudi et vendredi à la prison militaire de Ndolo en plein centre de la capitale Kinshasa, troisième plus grande ville d'Afrique avec au moins dix millions d'habitants. Le bilan pourrait s'alourdir puisque les "prélèvements de tous les détenus sont en cours" d'après le dernier bulletin épidémiologique des autorités sanitaires vendredi. La prison militaire de Ndolo compte 1.900 à 2.000 prisonniers selon les sources. La RDC enregistrait officiellement en moyenne 10 à 20 nouveaux cas par jour depuis l'apparition du virus sur son sol le 10 mars (604 cas depuis cette date, dont 579 à Kinshasa, pour 32 décès). Le virus serait rentré en prison "par une dame qui est venue déposer de la nourriture", selon le ministre de la Santé Eteni Longondo, qui veut isoler les cas positifs et désinfecter les cellules. "Les prisons surpeuplées et insalubres de la RDC présentent un grave risque de propagation de l'épidémie de Covid-19", avait prévenu dès le 17 avril l'organisation de défense des droits de l'homme Human Right Watch (HRW). "Les prisons congolaises sont parmi les plus surpeuplées du monde", avec "un taux de surcapacité moyen de 432%", ajoutait HRW, qui prenait l'exemple de la prison de Goma (600%) ou de l'autre centre pénitentiaire de Kinshasa, la prison centrale de Makala (461%). Promiscuité Dans son communiqué, HRW diffusait des photos de prisonniers qui dorment à même le sol dans une cellule à Makala, "entrelacés comme des sardines dans une boîte de conserve", selon un détenu. "Dans le pavillon où j'étais jusqu'à récemment, nous étions au moins 850 personnes dans un espace prévu pour 100", a déclaré à HRW un détenu. "Quand il faut dormir, personne ne peut avoir plus d'un mètre carré d'espace. Si le coronavirus atteint Makala, il n'y restera plus personne". Il n'y a encore aucun cas à Makala, a assuré le ministre de la Santé. Mais avant même la pandémie, début janvier, au moins onze détenus y sont morts à cause d'une rupture de stock en nourriture et en médicaments, avait indiqué à l'AFP une source pénitentiaire. D'autres sources ont avancé un bilan plus lourd de 25 morts. Des centaines de détenus meurent chaque année dans les prisons congolaises (201 en 2017 et 223 en 2018 d'après les Nations unies), faute de nourriture et de soins. "La quantité de nourriture ne peut pas même suffire à un enfant de 2 ans", témoigne Augustin, un condamné à mort en 2005 détenu à Agenga (Equateur, nord-ouest) dans un rapport de l'ONG Ensemble contre la peine de mort publié fin 2019. "Trois toilettes pour 500 détenus" "Dans la majeure partie des établissements pénitentiaires visités, les détenus ont expliqué qu'en dehors du paracétamol et des traitements contre le paludisme et la tuberculose, il n'y avait aucun médicament disponible", ajoute l'ONG. Elle dénonce également l'absence de sanitaires, avec "trois toilettes pour 500 personnes" à Goma ou "trois toilettes pour 200 personnes" à Kindu (est). Comme toutes les administrations du pays, les prisons souffrent de problèmes budgétaires et de retard de paiement de la part du Trésor public. En début d'année, le ministre de la Justice a accusé son collègue des Finances de bloquer des fonds destinés à améliorer l'état des prisons. Les prisons congolaises regroupent 500 personnes condamnés à mort dans un pays qui observe depuis 2003 un moratoire sur la peine capitale, d'après Ensemble contre la peine de mort. Ces condamnés à mort cotoient d'autres détenus qui sont pour la plupart en détention préventive, dans l'attente d'un procès. "En RD Congo, environ 71% des détenus sont toujours dans l'attente d'un procès", selon Human Right Watch. "Au moins 1.200 détenus" sont sortis des prisons congolaises "afin de freiner la propagation du coronavirus", avait indiqué le 8 avril le ministre de la Justice Célestin Tunda. De nouvelles libérations pourraient intervenir dès lundi. Rien "n'a été mis en place financièrement pour soutenir ces mesures", déplore l'ONG congolaise de défense des droits de l'homme Justicia, qui a accusé vendredi le gouvernement de "négligence notoire" dans l'apparition des 43 premiers cas à la prison militaire de Ndolo. "Le gouvernement doit s'investir pour éviter l'hécatombe", prévient l'ONG.
Au total 43 détenus ont été testés positifs jeudi et vendredi à la prison militaire de Ndolo en plein centre de la capitale Kinshasa, troisième plus grande ville d'Afrique avec au moins dix millions d'habitants.

Le bilan pourrait s'alourdir puisque les "prélèvements de tous les détenus sont en cours" d'après le dernier bulletin épidémiologique des autorités sanitaires vendredi. La prison militaire de Ndolo compte 1.900 à 2.000 prisonniers selon les sources.

La RDC enregistrait officiellement en moyenne 10 à 20 nouveaux cas par jour depuis l'apparition du virus sur son sol le 10 mars (604 cas depuis cette date, dont 579 à Kinshasa, pour 32 décès).

Le virus serait rentré en prison "par une dame qui est venue déposer de la nourriture", selon le ministre de la Santé Eteni Longondo, qui veut isoler les cas positifs et désinfecter les cellules.

"Les prisons surpeuplées et insalubres de la RDC présentent un grave risque de propagation de l'épidémie de Covid-19", avait prévenu dès le 17 avril l'organisation de défense des droits de l'homme Human Right Watch (HRW).

"Les prisons congolaises sont parmi les plus surpeuplées du monde", avec "un taux de surcapacité moyen de 432%", ajoutait HRW, qui prenait l'exemple de la prison de Goma (600%) ou de l'autre centre pénitentiaire de Kinshasa, la prison centrale de Makala (461%).

Promiscuité

Dans son communiqué, HRW diffusait des photos de prisonniers qui dorment à même le sol dans une cellule à Makala, "entrelacés comme des sardines dans une boîte de conserve", selon un détenu.

"Dans le pavillon où j'étais jusqu'à récemment, nous étions au moins 850 personnes dans un espace prévu pour 100", a déclaré à HRW un détenu. "Quand il faut dormir, personne ne peut avoir plus d'un mètre carré d'espace. Si le coronavirus atteint Makala, il n'y restera plus personne".

Il n'y a encore aucun cas à Makala, a assuré le ministre de la Santé.

Mais avant même la pandémie, début janvier, au moins onze détenus y sont morts à cause d'une rupture de stock en nourriture et en médicaments, avait indiqué à l'AFP une source pénitentiaire. D'autres sources ont avancé un bilan plus lourd de 25 morts.

Des centaines de détenus meurent chaque année dans les prisons congolaises (201 en 2017 et 223 en 2018 d'après les Nations unies), faute de nourriture et de soins.

"La quantité de nourriture ne peut pas même suffire à un enfant de 2 ans", témoigne Augustin, un condamné à mort en 2005 détenu à Agenga (Equateur, nord-ouest) dans un rapport de l'ONG Ensemble contre la peine de mort publié fin 2019.

"Trois toilettes pour 500 détenus"

"Dans la majeure partie des établissements pénitentiaires visités, les détenus ont expliqué qu'en dehors du paracétamol et des traitements contre le paludisme et la tuberculose, il n'y avait aucun médicament disponible", ajoute l'ONG.

Elle dénonce également l'absence de sanitaires, avec "trois toilettes pour 500 personnes" à Goma ou "trois toilettes pour 200 personnes" à Kindu (est).

Comme toutes les administrations du pays, les prisons souffrent de problèmes budgétaires et de retard de paiement de la part du Trésor public. En début d'année, le ministre de la Justice a accusé son collègue des Finances de bloquer des fonds destinés à améliorer l'état des prisons.

Les prisons congolaises regroupent 500 personnes condamnés à mort dans un pays qui observe depuis 2003 un moratoire sur la peine capitale, d'après Ensemble contre la peine de mort.

Ces condamnés à mort cotoient d'autres détenus qui sont pour la plupart en détention préventive, dans l'attente d'un procès. "En RD Congo, environ 71% des détenus sont toujours dans l'attente d'un procès", selon Human Right Watch.

"Au moins 1.200 détenus" sont sortis des prisons congolaises "afin de freiner la propagation du coronavirus", avait indiqué le 8 avril le ministre de la Justice Célestin Tunda. De nouvelles libérations pourraient intervenir dès lundi.

Rien "n'a été mis en place financièrement pour soutenir ces mesures", déplore l'ONG congolaise de défense des droits de l'homme Justicia, qui a accusé vendredi le gouvernement de "négligence notoire" dans l'apparition des 43 premiers cas à la prison militaire de Ndolo. "Le gouvernement doit s'investir pour éviter l'hécatombe", prévient l'ONG.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10915 Sat, 02 May 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
La famille de Serge Atlaoui reste mobilisée https://www.peinedemort.org/document/10917 Cinq ans après avoir échappé de justesse à son exécution, le Lorrain condamné à mort en Indonésie reste emprisonné. Son épouse raconte son quotidien difficile. «On est traumatisés, on a du mal à se replonger dans cette période», souffle Sabine Atlaoui: le 29 avril 2015, son mari Serge, condamné à la peine capitale en Indonésie pour trafic de drogue échappait in extremis à son exécution, mais il reste depuis incarcéré dans le couloir de la mort. Quand la fin avril approche, «on revit toute cette souffrance et cette cruauté». De cela, elle ne parle pas avec son mari, de dix ans son aîné. «On évite de s'infliger cette douleur», glisse cette secrétaire, employée en Moselle. Serge Atlaoui avait été arrêté en 2005 lors du démantèlement d'un laboratoire clandestin d'ecstasy, dans la banlieue de Jakarta. Soudeur de profession, il soutenait n'avoir fait qu'installer des machines dans ce qu'il croyait être une usine d'acrylique. Ce travail au noir, il l'aurait accepté pour rembourser l'emprunt contracté pour s'offrir un pavillon. En 2007, il est condamné à mort, puis incarcéré sur l'île-prison de Nusakabangan. L'Indonésie a fait de la lutte contre les stupéfiants une priorité nationale. Les trafiquants y encourent de longues peines de prison, voire la peine capitale. Après la condamnation de son mari, Sabine Atlaoui multiplie les démarches. Mais en 2014, le nouveau président indonésien Joko Widodo rejette toutes les demandes de grâce des condamnés à mort pour trafic de drogue. Et début 2015, Jakarta ordonne l'exécution de dix trafiquants étrangers, dont Serge Atlaoui. Une course contre la montre s'engage: des rassemblements de soutien sont organisés à Paris et Metz, des démarches diplomatiques menées discrètement. Puis Paris hausse le ton. «S'il est exécuté, il y aura des conséquences avec la France et l'Europe, parce que l'on ne peut pas accepter ce type d'exécutions», prévient le président François Hollande. Visite suspendues «Je suis un simple travailleur ayant réparé des machines. On m'a accusé d'être un chimiste. Ce que je demande, c'est une chance de prouver que je suis un homme bon et un bon père», plaide Serge Atlaoui devant un tribunal qui rejettera son recours. Son nom et celui d'une ressortissante philippine sont finalement rayés de la liste, quelques jours avant la date fatidique du 29 avril. Mais les huit autres condamnés seront passés par les armes. Serge Atlaoui a épuisé toutes les voies de recours et même si Jakarta a suspendu les exécutions depuis 2016, il reste condamné à mort. «Serge Atlaoui est un innocent dans le couloir de la mort», affirme son avocat Richard Sédillot qui défend bénévolement le Lorrain. Le quotidien de Serge Atlaoui, qui suit l'actualité française, est rythmé par les lectures et les appels de sa famille. «C'est un lien indispensable pour qu'il se sente en vie, qu'il ne se laisse pas envahir par le couloir de la mort», souligne son épouse Sabine. Mais avec l'épidémie de Covid-19, «il n'a plus de visites, plus de livres, plus de nourriture de l'extérieur». Depuis 2005, elle se rend en Indonésie quand ses finances le permettent. Mais elle craint de devoir annuler son prochain voyage, prévu cet l'été avec leur fils conçu en prison en 2011.
«On est traumatisés, on a du mal à se replonger dans cette période», souffle Sabine Atlaoui: le 29 avril 2015, son mari Serge, condamné à la peine capitale en Indonésie pour trafic de drogue échappait in extremis à son exécution, mais il reste depuis incarcéré dans le couloir de la mort. Quand la fin avril approche, «on revit toute cette souffrance et cette cruauté». De cela, elle ne parle pas avec son mari, de dix ans son aîné. «On évite de s'infliger cette douleur», glisse cette secrétaire, employée en Moselle.

Serge Atlaoui avait été arrêté en 2005 lors du démantèlement d'un laboratoire clandestin d'ecstasy, dans la banlieue de Jakarta. Soudeur de profession, il soutenait n'avoir fait qu'installer des machines dans ce qu'il croyait être une usine d'acrylique. Ce travail au noir, il l'aurait accepté pour rembourser l'emprunt contracté pour s'offrir un pavillon. En 2007, il est condamné à mort, puis incarcéré sur l'île-prison de Nusakabangan. L'Indonésie a fait de la lutte contre les stupéfiants une priorité nationale. Les trafiquants y encourent de longues peines de prison, voire la peine capitale.

Après la condamnation de son mari, Sabine Atlaoui multiplie les démarches. Mais en 2014, le nouveau président indonésien Joko Widodo rejette toutes les demandes de grâce des condamnés à mort pour trafic de drogue. Et début 2015, Jakarta ordonne l'exécution de dix trafiquants étrangers, dont Serge Atlaoui. Une course contre la montre s'engage: des rassemblements de soutien sont organisés à Paris et Metz, des démarches diplomatiques menées discrètement. Puis Paris hausse le ton. «S'il est exécuté, il y aura des conséquences avec la France et l'Europe, parce que l'on ne peut pas accepter ce type d'exécutions», prévient le président François Hollande.

Visite suspendues

«Je suis un simple travailleur ayant réparé des machines. On m'a accusé d'être un chimiste. Ce que je demande, c'est une chance de prouver que je suis un homme bon et un bon père», plaide Serge Atlaoui devant un tribunal qui rejettera son recours. Son nom et celui d'une ressortissante philippine sont finalement rayés de la liste, quelques jours avant la date fatidique du 29 avril. Mais les huit autres condamnés seront passés par les armes. Serge Atlaoui a épuisé toutes les voies de recours et même si Jakarta a suspendu les exécutions depuis 2016, il reste condamné à mort. «Serge Atlaoui est un innocent dans le couloir de la mort», affirme son avocat Richard Sédillot qui défend bénévolement le Lorrain.

Le quotidien de Serge Atlaoui, qui suit l'actualité française, est rythmé par les lectures et les appels de sa famille. «C'est un lien indispensable pour qu'il se sente en vie, qu'il ne se laisse pas envahir par le couloir de la mort», souligne son épouse Sabine. Mais avec l'épidémie de Covid-19, «il n'a plus de visites, plus de livres, plus de nourriture de l'extérieur». Depuis 2005, elle se rend en Indonésie quand ses finances le permettent. Mais elle craint de devoir annuler son prochain voyage, prévu cet l'été avec leur fils conçu en prison en 2011.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10917 Fri, 01 May 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP
Note de conférence de presse sur l'Iran [décès d'un délinquant juvénile] https://www.peinedemort.org/document/10905 Porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme : Rupert Colville Lieu : Genève Date : 3 avril 2020 Sujet : Iran Concernant l'Iran, nous avons reçu des informations consternantes selon lesquelles un délinquant juvénile serait décédé après avoir été roué de coups par des agents de sécurité. Selon ces informations, Daniel Zeinolabedini aurait été placé en cellule d'isolement et battu par des agents de sécurité à la prison de Mahabad à Oroumiyeh, dans la province de l'Azerbaïdjan occidental, après une émeute qui a éclaté le 28 mars. Les prisonniers protestaient contre leurs conditions de détention et critiquaient l'incapacité des autorités à les libérer temporairement face à la pandémie de COVID-19. Il aurait ensuite été transféré à la prison de Miandoab, également située dans la province de l'Azerbaïdjan occidental, où il aurait subi d'autres sévices aux mains du personnel pénitentiaire. Sa famille a déclaré qu'il avait appelé le 31 mars pour expliquer qu'il avait été roué de coups, qu'il pouvait à peine respirer et avait désespérément besoin d'aide. Sa mort a été confirmée le 2 avril. Ces faits sont particulièrement choquants, étant donné que Daniel Zeinolabedini avait été condamné à mort pour un crime qu'il aurait commis en septembre 2017 alors qu'il avait 17 ans. La Cour suprême d'Iran l'avait déclaré coupable des faits et condamné à la peine de mort en octobre 2018, et il n'avait cessé de clamer son innocence. Comme nous l'avons déclaré à maintes reprises, l'imposition de la peine de mort pour des crimes commis par des personnes âgées de moins de 18 ans au moment des faits est strictement interdite par le droit international des droits de l'homme et de telles peines devraient être immédiatement annulées. Nous rappelons à l'Iran son obligation stricte de protéger la vie des personnes en détention. Nous demandons aux autorités iraniennes de procéder immédiatement à une enquête indépendante et impartiale sur la mort de Daniel Zeinolabedini et de traduire les responsables en justice. Nous sommes également préoccupés par le sort de six autres personnes qui auraient également été battues lors de l'émeute du 28 mars et transférées à la prison de Miandoab. Nous exhortons les autorités iraniennes à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la vie de ces personnes. Lieu : Genève
Date : 3 avril 2020
Sujet : Iran

Concernant l'Iran, nous avons reçu des informations consternantes selon lesquelles un délinquant juvénile serait décédé après avoir été roué de coups par des agents de sécurité.

Selon ces informations, Daniel Zeinolabedini aurait été placé en cellule d'isolement et battu par des agents de sécurité à la prison de Mahabad à Oroumiyeh, dans la province de l'Azerbaïdjan occidental, après une émeute qui a éclaté le 28 mars. Les prisonniers protestaient contre leurs conditions de détention et critiquaient l'incapacité des autorités à les libérer temporairement face à la pandémie de COVID-19.

Il aurait ensuite été transféré à la prison de Miandoab, également située dans la province de l'Azerbaïdjan occidental, où il aurait subi d'autres sévices aux mains du personnel pénitentiaire.

Sa famille a déclaré qu'il avait appelé le 31 mars pour expliquer qu'il avait été roué de coups, qu'il pouvait à peine respirer et avait désespérément besoin d'aide. Sa mort a été confirmée le 2 avril.

Ces faits sont particulièrement choquants, étant donné que Daniel Zeinolabedini avait été condamné à mort pour un crime qu'il aurait commis en septembre 2017 alors qu'il avait 17 ans. La Cour suprême d'Iran l'avait déclaré coupable des faits et condamné à la peine de mort en octobre 2018, et il n'avait cessé de clamer son innocence. Comme nous l'avons déclaré à maintes reprises, l'imposition de la peine de mort pour des crimes commis par des personnes âgées de moins de 18 ans au moment des faits est strictement interdite par le droit international des droits de l'homme et de telles peines devraient être immédiatement annulées.

Nous rappelons à l'Iran son obligation stricte de protéger la vie des personnes en détention. Nous demandons aux autorités iraniennes de procéder immédiatement à une enquête indépendante et impartiale sur la mort de Daniel Zeinolabedini et de traduire les responsables en justice.

Nous sommes également préoccupés par le sort de six autres personnes qui auraient également été battues lors de l'émeute du 28 mars et transférées à la prison de Miandoab. Nous exhortons les autorités iraniennes à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la vie de ces personnes.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10905 Fri, 03 Apr 2020 00:00:00 +0000 Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU
Décès en Iran d'un condamné à mort mineur au moment des faits https://www.peinedemort.org/document/10907 Daniel Zeinolabedini avait été condamné à mort en Iran pour un crime qui a été commis, en septembre 2017, alors qu'il avait 17 ans. Sa mort a été confirmée le 2 avril 2020. Selon les informations disponibles il aurait été roué de coups par les agents de la prison suite à une émeute quelques jours plus tôt qui était liée à la pandémie de Covid-19. Selon les informations disponibles il aurait été roué de coups par les agents de la prison suite à une émeute quelques jours plus tôt qui était liée à la pandémie de Covid-19.
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https://www.peinedemort.org/document/10907 Thu, 02 Apr 2020 00:00:00 +0000 Sophie Fotiadi
"J'ai souvent vu la mort arriver" : Asia Bibi sort de son silence https://www.peinedemort.org/document/10812 "J'ai souvent vu la mort arriver" : pour la première fois depuis sa libération, la chrétienne pakistanaise Asia Bibi raconte ses dix ans de calvaire, entre maltraitances et menaces, du jour où elle a bu dans le même verre que des musulmanes à sa fuite au Canada, espoir incertain d'échapper à l'emprise des islamistes. "Mon histoire, vous la connaissez à travers les médias", reconnaît la mère de famille devenue une icône de la liberté religieuse après avoir été condamnée à mort pour blasphème en 2010 au Pakistan, puis acquittée fin 2018 après une vaste campagne internationale de soutien qui lui a permis de trouver refuge au Canada. "Mais vous êtes loin de vous représenter mon quotidien, en prison, ou dans ma nouvelle vie", confie-t-elle sur la quatrième de couverture d'"Enfin libre!" (Éditions du Rocher). Ce récit exclusif a été reconstitué par la journaliste française Anne-Isabelle Tollet, une ancienne correspondante au Pakistan qui a mené une campagne de soutien à Asia Bibi. Paru mercredi en français - il sortira en septembre en anglais -, il livre peu de détails sur sa nouvelle vie au Canada, mais revient longuement sur son emprisonnement. Anne-Isabelle Tollet est la seule journaliste à l'avoir rencontrée au Canada, dans un endroit qui reste secret. "Moi, Asia Bibi, condamnée à être pendue parce que j'avais soif", commence Asia Bibi dans ce récit. "Je suis devenue prisonnière du fanatisme", raconte l'ancienne ouvrière agricole illettrée sous la plume de la journaliste. Les islamistes, même s'ils ne sont "pas représentatifs", "dictent leur volonté (...) parce qu'ils n'hésitent pas à mettre des bombes", accuse-t-elle, certaine que sa condamnation pour "blasphème" est le fait de juges à la solde d'extrémistes voulant chasser les chrétiens. Le blasphème est un sujet incendiaire au Pakistan, où de simples accusations suffisent parfois à entraîner des lynchages meurtriers. Les Chrétiens, qui représentent environ 2% de la population pakistanaise très majoritairement musulmane, souffrent de "toutes sortes de mépris" quand ils ne sont pas purement et simplement éliminés, comme ce couple de chrétiens brûlés vifs dans un village proche de celui d'Asia Bibi, se souvient celle-ci. Condamnée à mort, la "blasphématrice" est jetée en prison avec, souvent, "les larmes pour seules compagnes de cellule". - Libre ? - "Une longue chaîne traîne sur le sol crasseux, elle relie ma gorge à la main menottée du gardien qui me tire comme un chien en laisse. Au plus profond de moi, une peur sourde m'entraîne vers la profondeur des ténèbres. Une peur lancinante qui ne me quittera jamais", écrit-elle. Derrière les barreaux, ils sont nombreux ceux qui veulent exaucer le souhait des codétenues qui hurlent "à mort !" ou "pendue !" quand Asia Bibi passe dans les couloirs. Sa compagne de cellule, une musulmane, meurt empoisonnée car jugée "trop gentille" avec la paria. "Si j'étais toi, je ferais attention à ce que je mange...", conseille-t-on à Asia Bibi. Elle raconte qu'un commando de talibans réussira même à s'introduire dans sa prison avant d'être capturé non loin de sa cellule. Dans cette "antichambre de la mort" qu'est sa cellule, Asia Bibi ne trouve de salut que dans les prières adressées à la Sainte-Vierge, chassant les pensées suicidaires... et les espoirs déçus. Le gouverneur qui vient lui rendre visite et lui promet de la "sortir de là" : elle apprendra plus tard qu'il a été assassiné. La gardienne attentionnée : elle se trouve être la personne qui s'introduit la nuit dans sa cellule pour la rouer de coups. Et le pape Benoît XVI qui appelle à sa libération : cela intensifie la haine envers les chrétiens au Pakistan et la tête d'Asia Bibi est mise à prix par un mollah. Elle n'y croira même pas quand, enfin, la Cour suprême l'acquittera. Le 9 mai 2019, un communiqué officiel tombe : "Asia Bibi a quitté le Pakistan de son plein gré" pour le Canada. Mais c'est un point d'interrogation qui suit l'"Enfin libre" en tête de l'avant-dernier chapitre. Car la menace ne connaît pas les frontières. A l'arrivée d'Asia Bibi, un islamiste diffuse une vidéo sur les réseaux sociaux assurant s'être lui aussi rendu au Canada... pour tuer la "blasphématrice".
"Mon histoire, vous la connaissez à travers les médias", reconnaît la mère de famille devenue une icône de la liberté religieuse après avoir été condamnée à mort pour blasphème en 2010 au Pakistan, puis acquittée fin 2018 après une vaste campagne internationale de soutien qui lui a permis de trouver refuge au Canada.

"Mais vous êtes loin de vous représenter mon quotidien, en prison, ou dans ma nouvelle vie", confie-t-elle sur la quatrième de couverture d'"Enfin libre!" (Éditions du Rocher). Ce récit exclusif a été reconstitué par la journaliste française Anne-Isabelle Tollet, une ancienne correspondante au Pakistan qui a mené une campagne de soutien à Asia Bibi.

Paru mercredi en français - il sortira en septembre en anglais -, il livre peu de détails sur sa nouvelle vie au Canada, mais revient longuement sur son emprisonnement.

Anne-Isabelle Tollet est la seule journaliste à l'avoir rencontrée au Canada, dans un endroit qui reste secret.

"Moi, Asia Bibi, condamnée à être pendue parce que j'avais soif", commence Asia Bibi dans ce récit. "Je suis devenue prisonnière du fanatisme", raconte l'ancienne ouvrière agricole illettrée sous la plume de la journaliste. Les islamistes, même s'ils ne sont "pas représentatifs", "dictent leur volonté (...) parce qu'ils n'hésitent pas à mettre des bombes", accuse-t-elle, certaine que sa condamnation pour "blasphème" est le fait de juges à la solde d'extrémistes voulant chasser les chrétiens.

Le blasphème est un sujet incendiaire au Pakistan, où de simples accusations suffisent parfois à entraîner des lynchages meurtriers.

Les Chrétiens, qui représentent environ 2% de la population pakistanaise très majoritairement musulmane, souffrent de "toutes sortes de mépris" quand ils ne sont pas purement et simplement éliminés, comme ce couple de chrétiens brûlés vifs dans un village proche de celui d'Asia Bibi, se souvient celle-ci.

Condamnée à mort, la "blasphématrice" est jetée en prison avec, souvent, "les larmes pour seules compagnes de cellule".

- Libre ? -

"Une longue chaîne traîne sur le sol crasseux, elle relie ma gorge à la main menottée du gardien qui me tire comme un chien en laisse. Au plus profond de moi, une peur sourde m'entraîne vers la profondeur des ténèbres. Une peur lancinante qui ne me quittera jamais", écrit-elle.

Derrière les barreaux, ils sont nombreux ceux qui veulent exaucer le souhait des codétenues qui hurlent "à mort !" ou "pendue !" quand Asia Bibi passe dans les couloirs.

Sa compagne de cellule, une musulmane, meurt empoisonnée car jugée "trop gentille" avec la paria. "Si j'étais toi, je ferais attention à ce que je mange...", conseille-t-on à Asia Bibi.

Elle raconte qu'un commando de talibans réussira même à s'introduire dans sa prison avant d'être capturé non loin de sa cellule.

Dans cette "antichambre de la mort" qu'est sa cellule, Asia Bibi ne trouve de salut que dans les prières adressées à la Sainte-Vierge, chassant les pensées suicidaires... et les espoirs déçus.

Le gouverneur qui vient lui rendre visite et lui promet de la "sortir de là" : elle apprendra plus tard qu'il a été assassiné. La gardienne attentionnée : elle se trouve être la personne qui s'introduit la nuit dans sa cellule pour la rouer de coups. Et le pape Benoît XVI qui appelle à sa libération : cela intensifie la haine envers les chrétiens au Pakistan et la tête d'Asia Bibi est mise à prix par un mollah.

Elle n'y croira même pas quand, enfin, la Cour suprême l'acquittera. Le 9 mai 2019, un communiqué officiel tombe : "Asia Bibi a quitté le Pakistan de son plein gré" pour le Canada.

Mais c'est un point d'interrogation qui suit l'"Enfin libre" en tête de l'avant-dernier chapitre. Car la menace ne connaît pas les frontières. A l'arrivée d'Asia Bibi, un islamiste diffuse une vidéo sur les réseaux sociaux assurant s'être lui aussi rendu au Canada... pour tuer la "blasphématrice".]]>
https://www.peinedemort.org/document/10812 Wed, 29 Jan 2020 00:00:00 +0000 Agence mondiale d'information - AFP