La peine de mort dans le monde — Thème femme https://www.peinedemort.org/rss/theme?id=8 Thème femme : tous les documents concernant la peine de mort. fr Sophie Fotiadi <sophie.fotiadi@peinedemort.org>, 2019 Tue, 10 Dec 2019 16:48:43 +0100 Sat, 17 Aug 2019 19:30:07 +0200 120 Malawi : trois condamnations à mort pour le meurtre d'un albinos https://www.peinedemort.org/document/10643 Deux hommes et une femme ont été condamnés à mort par un tribunal du Malawi pour le meurtre d'un albinos, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. Les trois condamnés était accusés d'avoir tué à coups de barre de fer et de manche de pioche en 2015 un albinos, avant de le découper et de l'enterrer clandestinement. "Ils ont été reconnus coupables (de meurtre et de possession de fragments humains) et condamnés à mort", a déclaré à l'AFP Agness Patemba, une porte-parole de l'institution judiciaire. Le verdict a été rendu mardi, à Mchinji, dans l'ouest du pays. Il s'agit de la seconde décision de justice similaire au cours des trois derniers mois.En mai, un homme avait été condamné à mort pour le meurtre d'un albinos en 2017. Le Malawi n'a pas procédé à une exécution capitale depuis 1994. Les condamnations à mort sont commuées en détention à perpétuité. Les albinos en Afrique, Noirs à la peau blanche car dépigmentée, sont confrontés à des discriminations, mais aussi parfois pourchassés, tués et amputés de leurs membres et organes, ensuite utilisés pour des rituels magiques censés apporter richesse et chance.Le Malawi, l'un des pays les plus pauvres au monde, est confronté à une recrudescence des violences contre les albinos. L'Association locale des personnes albinos (Apam) y a recensé depuis 2014 au moins 148 cas de violences contre les albinos, dont pas moins de 21 meurtres. Moins d'un tiers de ces dossiers ont fait l'objet d'une enquête judiciaire qui, selon l'Apam, s'est conclue dans 90% des cas par un non-lieu ou un acquittement. Son président, Ian Simbota, s'est réjoui du verdict rendu à Mchinji, espérant qu'il décourage de nouvelles attaques contre les albinos. "Cette décision renforce notre foi dans le système judiciaire et la conviction qu'il est à notre côté dans la lutte contre les meurtres et les enlèvements d'albinos", a-t-il réagi. Sous pression de la société civile qui l'accuse d'inaction, le président du Malawi Peter Mutharika a nommé en mars une commission d'enquête pour élucider la récente vague d'attaques meurtrières visant des albinos.
"Ils ont été reconnus coupables (de meurtre et de possession de fragments humains) et condamnés à mort", a déclaré à l'AFP Agness Patemba, une porte-parole de l'institution judiciaire.
Le verdict a été rendu mardi, à Mchinji, dans l'ouest du pays. Il s'agit de la seconde décision de justice similaire au cours des trois derniers mois.En mai, un homme avait été condamné à mort pour le meurtre d'un albinos en 2017.

Le Malawi n'a pas procédé à une exécution capitale depuis 1994. Les condamnations à mort sont commuées en détention à perpétuité.

Les albinos en Afrique, Noirs à la peau blanche car dépigmentée, sont confrontés à des discriminations, mais aussi parfois pourchassés, tués et amputés de leurs membres et organes, ensuite utilisés pour des rituels magiques censés apporter richesse et chance.Le Malawi, l'un des pays les plus pauvres au monde, est confronté à une recrudescence des violences contre les albinos. L'Association locale des personnes albinos (Apam) y a recensé depuis 2014 au moins 148 cas de violences contre les albinos, dont pas moins de 21 meurtres.

Moins d'un tiers de ces dossiers ont fait l'objet d'une enquête judiciaire qui, selon l'Apam, s'est conclue dans 90% des cas par un non-lieu ou un acquittement.

Son président, Ian Simbota, s'est réjoui du verdict rendu à Mchinji, espérant qu'il décourage de nouvelles attaques contre les albinos. "Cette décision renforce notre foi dans le système judiciaire et la conviction qu'il est à notre côté dans la lutte contre les meurtres et les enlèvements d'albinos", a-t-il réagi.

Sous pression de la société civile qui l'accuse d'inaction, le président du Malawi Peter Mutharika a nommé en mars une commission d'enquête pour élucider la récente vague d'attaques meurtrières visant des albinos.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10643 Wed, 14 Aug 2019 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
La chrétienne Asia Bibi a quitté le Pakistan https://www.peinedemort.org/document/10498 La chrétienne Asia Bibi a quitté le Pakistan, a indiqué mercredi à l'AFP un cadre du gouvernement pakistanais, plus de six mois après avoir été acquittée d'une condamnation à mort pour blasphème, qui avait suscité l'indignation à l'étranger. "Asia Bibi a quitté le Pakistan de son plein gré", a déclaré cette source, qui a requis l'anonymat. Plusieurs médias pakistanais avaient annoncé la nouvelle mercredi matin. L'avocat de la chrétienne Saif ul Mulook, tout en admettant ne pas avoir parlé directement à sa cliente, a indiqué à l'AFP avoir compris après s'être entretenu avec ses propres "sources" qu'elle était au Canada, où ses filles ont fui il y a plusieurs mois, selon plusieurs sources diplomatiques. Les autorités pakistanaises et l'ambassade canadienne à Islamabad ne se sont toutefois pas encore prononcées officiellement sur sa destination ou les conditions de son départ. Le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt s'est félicité sur Twitter qu'Asia Bibi "semble avoir quitté le Pakistan saine et sauve". "Avec des efforts concertés, de bonnes choses peuvent se produire", a-t-il poursuivi. Asia Bibi avait été condamnée à mort pour blasphème en 2010, après avoir été accusée par deux villageoises musulmanes avec qui elle travaillait d'avoir "insulté" le prophète Mahomet lors d'une querelle autour d'un verre d'eau. Son cas était devenu emblématique des dérives de la loi sur le blasphème au Pakistan, souvent instrumentalisée, selon ses détracteurs, pour régler des conflits personnels, via la diffusion de fausses accusations. "C'est un grand soulagement que cette épreuve honteuse soit enfin arrivée à son terme et que Asia Bibi et sa famille soient en sécurité", a déclaré Omar Waraich, directeur adjoint du programme Asie du Sud d'Amnesty International. - "Abroger" la loi - "Elle n'aurait jamais dû être emprisonnée, et encore moins subir les menaces constantes qui pèsent sur sa vie", a-t-il poursuivi, appelant à "abroger" la loi sur le blasphème au Pakistan. Mme Bibi, ouvrière agricole chrétienne âgée d'une cinquantaine d'années, avait fini par être acquittée en octobre par la Cour suprême pakistanaise, la plus haute instance judiciaire du pays, après avoir passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort. Après son acquittement, des milliers d'islamistes du groupe Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP) avaient bloqué trois jours durant les principaux axes du pays pour exiger sa pendaison, le blasphème étant une question incendiaire au Pakistan. Cette même Cour suprême l'avait ensuite définitivement blanchie en janvier en rejetant un recours contre son acquittement. Depuis lors, Asia Bibi était vraisemblablement gardée en résidence surveillée, les conditions de son séjour ces derniers mois n'ayant pas été explicitées par Islamabad. Le sort d'Asia Bibi a eu un retentissement international, attirant l'attention des papes Benoît XVI et François. L'une de ses filles a rencontré ce dernier à deux reprises. "Asia Bibi est enfin libre", s'est réjouie une association de chrétiens britanniques d'origine pakistanaise (British pakistani christian association), qui dit s'être impliquée dans l'affaire Asia Bibi. "La plus célèbre victime de la loi pakistanaise sur le blasphème, a finalement été libérée de son pays natal, où elle est devenue la figure la plus détestée du pays, bien que les tribunaux l'aient exonérée des fausses accusations qui l'avaient maintenue en cellule d'isolement pendant presque 10 ans", a poursuivi cette association dans un communiqué. Les chrétiens, qui comptent pour environ 2% de la population pakistanaise, à très large majorité musulmane, constituent l'une des communautés les plus déclassées d'un pays. Ils vivent souvent dans des bidonvilles et se voient offrir des emplois peu rémunérés de balayeurs, agents d'entretien ou cuisiniers.
"Asia Bibi a quitté le Pakistan de son plein gré", a déclaré cette source, qui a requis l'anonymat. Plusieurs médias pakistanais avaient annoncé la nouvelle mercredi matin.

L'avocat de la chrétienne Saif ul Mulook, tout en admettant ne pas avoir parlé directement à sa cliente, a indiqué à l'AFP avoir compris après s'être entretenu avec ses propres "sources" qu'elle était au Canada, où ses filles ont fui il y a plusieurs mois, selon plusieurs sources diplomatiques.

Les autorités pakistanaises et l'ambassade canadienne à Islamabad ne se sont toutefois pas encore prononcées officiellement sur sa destination ou les conditions de son départ.

Le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt s'est félicité sur Twitter qu'Asia Bibi "semble avoir quitté le Pakistan saine et sauve". "Avec des efforts concertés, de bonnes choses peuvent se produire", a-t-il poursuivi.

Asia Bibi avait été condamnée à mort pour blasphème en 2010, après avoir été accusée par deux villageoises musulmanes avec qui elle travaillait d'avoir "insulté" le prophète Mahomet lors d'une querelle autour d'un verre d'eau.

Son cas était devenu emblématique des dérives de la loi sur le blasphème au Pakistan, souvent instrumentalisée, selon ses détracteurs, pour régler des conflits personnels, via la diffusion de fausses accusations.

"C'est un grand soulagement que cette épreuve honteuse soit enfin arrivée à son terme et que Asia Bibi et sa famille soient en sécurité", a déclaré Omar Waraich, directeur adjoint du programme Asie du Sud d'Amnesty International.

- "Abroger" la loi -

"Elle n'aurait jamais dû être emprisonnée, et encore moins subir les menaces constantes qui pèsent sur sa vie", a-t-il poursuivi, appelant à "abroger" la loi sur le blasphème au Pakistan.

Mme Bibi, ouvrière agricole chrétienne âgée d'une cinquantaine d'années, avait fini par être acquittée en octobre par la Cour suprême pakistanaise, la plus haute instance judiciaire du pays, après avoir passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort.

Après son acquittement, des milliers d'islamistes du groupe Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP) avaient bloqué trois jours durant les principaux axes du pays pour exiger sa pendaison, le blasphème étant une question incendiaire au Pakistan.

Cette même Cour suprême l'avait ensuite définitivement blanchie en janvier en rejetant un recours contre son acquittement.

Depuis lors, Asia Bibi était vraisemblablement gardée en résidence surveillée, les conditions de son séjour ces derniers mois n'ayant pas été explicitées par Islamabad.

Le sort d'Asia Bibi a eu un retentissement international, attirant l'attention des papes Benoît XVI et François. L'une de ses filles a rencontré ce dernier à deux reprises.

"Asia Bibi est enfin libre", s'est réjouie une association de chrétiens britanniques d'origine pakistanaise (British pakistani christian association), qui dit s'être impliquée dans l'affaire Asia Bibi.

"La plus célèbre victime de la loi pakistanaise sur le blasphème, a finalement été libérée de son pays natal, où elle est devenue la figure la plus détestée du pays, bien que les tribunaux l'aient exonérée des fausses accusations qui l'avaient maintenue en cellule d'isolement pendant presque 10 ans", a poursuivi cette association dans un communiqué.

Les chrétiens, qui comptent pour environ 2% de la population pakistanaise, à très large majorité musulmane, constituent l'une des communautés les plus déclassées d'un pays. Ils vivent souvent dans des bidonvilles et se voient offrir des emplois peu rémunérés de balayeurs, agents d'entretien ou cuisiniers.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10498 Wed, 08 May 2019 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
Asia Bibi, symbole des dérives de la loi sur le blasphème au Pakistan https://www.peinedemort.org/document/10501 La chrétienne Asia Bibi, qui a quitté le Pakistan, est devenue malgré elle l'incarnation des dérives de la loi sur le blasphème dans ce pays, où elle a été condamnée à mort puis acquittée plus de huit ans plus tard. Son départ, confirmé mercredi de source gouvernementale pakistanaise, marque un nouveau chapitre dans une saga judiciaire vieille d'une décennie, qui a embrasé le pays et passionné le monde entier. Selon son avocat, Asia Bibi pourrait avoir rejoint ses filles au Canada. Pour cette mère de famille illettrée originaire de la province du Pendjab (centre) et âgée aujourd'hui d'une cinquantaine d'années, le cauchemar a commencé en 2009 lors d'une dispute alors qu'elle travaillait aux champs. Invoquant des raisons religieuses, deux femmes musulmanes refusent de partager un verre d'eau avec elle. Une querelle éclate. Quelques jours plus tard, ces femmes relatent l'affaire à un imam local, qui l'accuse ensuite d'avoir "insulté" le prophète de l'islam, ce que la chrétienne a toujours nié. Le religieux se rend ensuite auprès de la police, qui ouvre une enquête. Asia Bibi est arrêtée et poursuivie en justice en application de l'article 295 C du Code pénal pakistanais, qui prévoit la peine de mort dans un tel cas. Elle est condamnée à la pendaison en 2010. Mme Bibi dépose un recours auprès de la Cour suprême en 2014. Deux ans plus tard, l'un des trois magistrats appelés à se prononcer sur son cas se désiste, reportant à nouveau toute évolution dans ce dossier. Durant ces années de bataille judiciaire, son cas devient emblématique des dérives de la législation réprimant le blasphème au Pakistan, souvent instrumentalisée, selon ses détracteurs, pour régler des conflits personnels, via la diffusion de fausses accusations. - Peur permanente - Asia Bibi est acquittée fin octobre par la Cour suprême pakistanaise, la plus haute instance judiciaire du pays, après plus de huit ans passés dans les couloirs de la mort. Mais des manifestations violentes embrasent alors le Pakistan pendant trois jours, le blasphème étant une question incendiaire dans le pays. Son acquittement est toutefois confirmé par la Cour suprême en janvier, épilogue d'un intense combat judiciaire. Durant sa longue incarcération, sa famille a reçu des menaces et a été contrainte de fuir son domicile. Son mari Ashiq Masih avait dû trouver refuge dans un quartier populaire de Lahore, où il vivait avec les deux plus jeunes filles du couple, Esha et Ehsam. "Papa me disait de ne pas sortir, que la situation au dehors était très mauvaise", expliquait à l'AFP Esham en 2016, à une période où la famille se sentait particulièrement menacée. "Nous restions à l'intérieur en permanence", poursuivait-elle, confessant sa peur. "Un jour, quelqu'un va venir et me demander: +es-tu la fille d'Asia Bibi?+" Selon plusieurs sources diplomatiques, les filles d'Asia Bibi ont fui au Canada il y a plusieurs mois. Mme Bibi, dont le sort a ému plusieurs dirigeants occidentaux ainsi que les papes Benoît XVI et François, avait pour sa part été placée à l'isolement dans la prison pour femmes de la ville de Multan (centre) en raison d'inquiétudes pour sa sécurité. Un autre de ses défenseurs, l'ex-gouverneur de la province pakistanaise du Pendjab, Salman Taseer, l'un des rares politiciens du pays à oser critiquer ouvertement l'islamisme, avait été assassiné en 2011 par l'un de ses propres gardes du corps, qui l'avait criblé de 29 balles à Islamabad. L'assassin, Mumtaz Qadri, avait été condamné à mort et pendu en 2016, suscitant la fureur des extrémistes. Ceux-ci exigeaient depuis que la chrétienne soit à son tour exécutée. Interrogée par l'AFP par téléphone juste après l'annonce de son acquittement, Asia Bibi avait indiqué : "je n'arrive pas à croire ce que j'entends. Je vais sortir? Ils vont vraiment me laisser sortir?". "J'ai tant rêvé que les murs de la prison tomberaient", avait-elle ajouté.
Son départ, confirmé mercredi de source gouvernementale pakistanaise, marque un nouveau chapitre dans une saga judiciaire vieille d'une décennie, qui a embrasé le pays et passionné le monde entier. Selon son avocat, Asia Bibi pourrait avoir rejoint ses filles au Canada.

Pour cette mère de famille illettrée originaire de la province du Pendjab (centre) et âgée aujourd'hui d'une cinquantaine d'années, le cauchemar a commencé en 2009 lors d'une dispute alors qu'elle travaillait aux champs.

Invoquant des raisons religieuses, deux femmes musulmanes refusent de partager un verre d'eau avec elle. Une querelle éclate. Quelques jours plus tard, ces femmes relatent l'affaire à un imam local, qui l'accuse ensuite d'avoir "insulté" le prophète de l'islam, ce que la chrétienne a toujours nié.

Le religieux se rend ensuite auprès de la police, qui ouvre une enquête. Asia Bibi est arrêtée et poursuivie en justice en application de l'article 295 C du Code pénal pakistanais, qui prévoit la peine de mort dans un tel cas. Elle est condamnée à la pendaison en 2010.

Mme Bibi dépose un recours auprès de la Cour suprême en 2014. Deux ans plus tard, l'un des trois magistrats appelés à se prononcer sur son cas se désiste, reportant à nouveau toute évolution dans ce dossier.

Durant ces années de bataille judiciaire, son cas devient emblématique des dérives de la législation réprimant le blasphème au Pakistan, souvent instrumentalisée, selon ses détracteurs, pour régler des conflits personnels, via la diffusion de fausses accusations.

- Peur permanente -

Asia Bibi est acquittée fin octobre par la Cour suprême pakistanaise, la plus haute instance judiciaire du pays, après plus de huit ans passés dans les couloirs de la mort.

Mais des manifestations violentes embrasent alors le Pakistan pendant trois jours, le blasphème étant une question incendiaire dans le pays. Son acquittement est toutefois confirmé par la Cour suprême en janvier, épilogue d'un intense combat judiciaire.

Durant sa longue incarcération, sa famille a reçu des menaces et a été contrainte de fuir son domicile. Son mari Ashiq Masih avait dû trouver refuge dans un quartier populaire de Lahore, où il vivait avec les deux plus jeunes filles du couple, Esha et Ehsam.

"Papa me disait de ne pas sortir, que la situation au dehors était très mauvaise", expliquait à l'AFP Esham en 2016, à une période où la famille se sentait particulièrement menacée.

"Nous restions à l'intérieur en permanence", poursuivait-elle, confessant sa peur. "Un jour, quelqu'un va venir et me demander: +es-tu la fille d'Asia Bibi?+"

Selon plusieurs sources diplomatiques, les filles d'Asia Bibi ont fui au Canada il y a plusieurs mois.

Mme Bibi, dont le sort a ému plusieurs dirigeants occidentaux ainsi que les papes Benoît XVI et François, avait pour sa part été placée à l'isolement dans la prison pour femmes de la ville de Multan (centre) en raison d'inquiétudes pour sa sécurité.

Un autre de ses défenseurs, l'ex-gouverneur de la province pakistanaise du Pendjab, Salman Taseer, l'un des rares politiciens du pays à oser critiquer ouvertement l'islamisme, avait été assassiné en 2011 par l'un de ses propres gardes du corps, qui l'avait criblé de 29 balles à Islamabad.

L'assassin, Mumtaz Qadri, avait été condamné à mort et pendu en 2016, suscitant la fureur des extrémistes. Ceux-ci exigeaient depuis que la chrétienne soit à son tour exécutée.

Interrogée par l'AFP par téléphone juste après l'annonce de son acquittement, Asia Bibi avait indiqué : "je n'arrive pas à croire ce que j'entends. Je vais sortir? Ils vont vraiment me laisser sortir?".

"J'ai tant rêvé que les murs de la prison tomberaient", avait-elle ajouté.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10501 Wed, 08 May 2019 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
La Pakistanaise accusée de blasphème Asia Bibi est arrivée au Canada https://www.peinedemort.org/document/10502 (La Presse canadienne) Islamabad - L'avocat représentant une chrétienne acquittée de blasphème au Pakistan après avoir passé huit ans dans le « couloir de la mort » affirme qu'elle est maintenant arrivée au Canada. Asia Bibi avait été reconnue coupable de blasphème en 2009 à la suite d'une querelle avec une collègue ouvrière dans les champs. La Cour suprême du Pakistan a finalement annulé sa condamnation à mort l'année dernière et elle avait été depuis placée en lieu sûr, protégée par les forces de sécurité pakistanaises - des islamistes menaçaient de la tuer. Les mêmes extrémistes, dont plusieurs ont été emprisonnés par la suite, avaient également appelé au renversement du gouvernement à la suite de l'acquittement de Mme Bibi. « Elle est enfin libérée de toutes ses épreuves », a déclaré Saif-ul Malook à La Presse canadienne, mercredi, dans une entrevue téléphonique depuis Lahore, au Pakistan. Me Malook n'a pas rencontré sa cliente ni ne lui a parlé avant son départ, mais il assure qu'elle est arrivée au Canada mardi matin. « Ses filles sont à Ottawa. Elles étaient arrivées en décembre, alors elle a dû les rejoindre, j'imagine », a déclaré l'avocat. Des responsables pakistanais et d'autres personnes impliquées dans cette affaire ont aussi affirmé mercredi que Mme Bibi avait quitté le Pakistan pour retrouver ses filles au Canada, où l'asile leur avait été accordé. Me Malook a déclaré que sa cliente, aujourd'hui dans la cinquantaine, était impatiente de venir au Canada. « Si vous êtes en enfer et que quelqu'un vous dit que vous serez bientôt au paradis, il n'y a pas de question à se poser. » Quand Mme Bibi était en prison, son avocat lui disait : « Quand vous serez libérée, le président américain vous enverra son avion, et elle partait à rire. » Retrouver l'anonymat L'avocat, qui dit avoir été lui aussi victime de menaces, espère maintenant que Mme Bibi trouvera la paix au Canada. « La Cour suprême du Pakistan a annoncé que les accusations de blasphème portées contre elle étaient fausses », a-t-il rappelé. « De grâce, ne la suivez pas : laissez-la mener le reste de sa vie en paix. » Wilson Chawdhry, de l'Association des chrétiens britanniques d'origine pakistanaise, a déclaré à l'Associated Press mercredi qu'il avait reçu un message texte d'un diplomate britannique dans lequel il était écrit : « Asia est partie. » Dans un communiqué, l'association indique qu'elle a reçu une confirmation mardi soir que Mme Bibi « avait quitté le Pakistan en toute sécurité ». « Asia Bibi a courageusement gardé sa foi malgré la plus brutale des incarcérations, au cours de laquelle elle avait accès à la lumière du jour deux heures par mois », selon l'association. « Maintenant, elle se rend enfin au Canada pour y rejoindre ses enfants. » M. Chowdhry indique d'ailleurs dans le communiqué de l'association que Mme Bibi est « malade » après une décennie d'isolement _ d'abord en prison puis, plus tard, pour sa sécurité. « Elle doit être traitée avec le plus grand soin et recevoir les soins médicaux appropriés maintenant qu'elle est libre », a-t-il déclaré. Un ami proche de Mme Bibi, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat par peur de représailles, a également confirmé qu'elle avait quitté le pays. Cet ami, qui lui a parlé pour la dernière fois mardi, a déclaré que Mme Bibi et son mari, Ashiq Masih, avaient passé les dernières semaines à mettre leurs documents en ordre. Il a ajouté que Mme Bibi avait hâte de voir ses filles, avec qui elle s'entretenait presque quotidiennement. Des responsables des ministères pakistanais de l'Intérieur et des Affaires étrangères ont également confirmé son départ, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, car ils n'étaient pas autorisés à informer les médias. À Ottawa Le premier ministre Justin Trudeau, qui avait déclaré en novembre que le Canada était en pourparlers avec le gouvernement pakistanais au sujet de Mme Bibi, n'a pas voulu discuter de l'affaire, mercredi. « De toute évidence, il y a des problèmes de confidentialité et de sécurité délicats à cet égard et, malheureusement, je ne peux pas en dire plus pour le moment », a-t-il dit. Affaires mondiales Canada n'a pas voulu commenter non plus. L'affaire avait attiré l'attention du monde sur cette controversée loi pakistanaise qui interdit le blasphème _ et qui prévoit automatiquement la peine de mort. Mais le simple soupçon de blasphème contre l'islam dans ce pays suffit aussi à déclencher les lynchages de la foule. L'accusation de blasphème a également été utilisée au Pakistan pour intimider les minorités religieuses et régler des comptes. Les islamistes radicaux ont fait de la punition du blasphème un grand cri de ralliement, en mobilisant des dizaines de milliers de personnes dans les rues et en paralysant les grandes villes. Salman Taseer, gouverneur de la province du Pendjab, a été assassiné par l'un de ses gardes du corps en 2011 pour avoir défendu Mme Bibi et critiqué la loi sur le blasphème. L'assassin, Mumtaz Qadri, a été élevé au rang de martyr par les extrémistes après sa pendaison, et des millions de personnes se sont rendues dans un sanctuaire érigé pour lui près d'Islamabad. Le ministre pakistanais des Minorités, Shahbaz Bhatti, a été assassiné plus tard la même année après avoir demandé que justice soit faite pour Mme Bibi. Le premier ministre Imran Khan a juré de ne pas se laisser intimider par les émeutiers, affirmant que l'État de droit prévaudrait dans ce dossier. Mais on a quand même refusé à Mme Bibi la permission de quitter le pays pendant plusieurs mois, jusqu'à ce que les esprits s'apaisent. En janvier, un comité de trois juges de la Cour suprême a finalement levé le dernier obstacle juridique en concluant qu'il n'y avait aucune raison de revenir sur l'acquittement prononcé un peu plus tôt. Les juges ont d'autre part accusé de parjure ceux qui avaient porté les accusations de blasphème contre Mme Bibi _ mais ils ont déclaré que ces accusés ne seraient pas poursuivis, en raison de la sensibilité de l'affaire. Les juges de la Cour suprême ont par ailleurs confirmé la validité de la loi sur le blasphème.
Asia Bibi avait été reconnue coupable de blasphème en 2009 à la suite d'une querelle avec une collègue ouvrière dans les champs. La Cour suprême du Pakistan a finalement annulé sa condamnation à mort l'année dernière et elle avait été depuis placée en lieu sûr, protégée par les forces de sécurité pakistanaises - des islamistes menaçaient de la tuer. Les mêmes extrémistes, dont plusieurs ont été emprisonnés par la suite, avaient également appelé au renversement du gouvernement à la suite de l'acquittement de Mme Bibi.

« Elle est enfin libérée de toutes ses épreuves », a déclaré Saif-ul Malook à La Presse canadienne, mercredi, dans une entrevue téléphonique depuis Lahore, au Pakistan. Me Malook n'a pas rencontré sa cliente ni ne lui a parlé avant son départ, mais il assure qu'elle est arrivée au Canada mardi matin. « Ses filles sont à Ottawa. Elles étaient arrivées en décembre, alors elle a dû les rejoindre, j'imagine », a déclaré l'avocat.

Des responsables pakistanais et d'autres personnes impliquées dans cette affaire ont aussi affirmé mercredi que Mme Bibi avait quitté le Pakistan pour retrouver ses filles au Canada, où l'asile leur avait été accordé.

Me Malook a déclaré que sa cliente, aujourd'hui dans la cinquantaine, était impatiente de venir au Canada. « Si vous êtes en enfer et que quelqu'un vous dit que vous serez bientôt au paradis, il n'y a pas de question à se poser. » Quand Mme Bibi était en prison, son avocat lui disait : « Quand vous serez libérée, le président américain vous enverra son avion, et elle partait à rire. »

Retrouver l'anonymat

L'avocat, qui dit avoir été lui aussi victime de menaces, espère maintenant que Mme Bibi trouvera la paix au Canada. « La Cour suprême du Pakistan a annoncé que les accusations de blasphème portées contre elle étaient fausses », a-t-il rappelé. « De grâce, ne la suivez pas : laissez-la mener le reste de sa vie en paix. »

Wilson Chawdhry, de l'Association des chrétiens britanniques d'origine pakistanaise, a déclaré à l'Associated Press mercredi qu'il avait reçu un message texte d'un diplomate britannique dans lequel il était écrit : « Asia est partie. » Dans un communiqué, l'association indique qu'elle a reçu une confirmation mardi soir que Mme Bibi « avait quitté le Pakistan en toute sécurité ».

« Asia Bibi a courageusement gardé sa foi malgré la plus brutale des incarcérations, au cours de laquelle elle avait accès à la lumière du jour deux heures par mois », selon l'association. « Maintenant, elle se rend enfin au Canada pour y rejoindre ses enfants. »

M. Chowdhry indique d'ailleurs dans le communiqué de l'association que Mme Bibi est « malade » après une décennie d'isolement _ d'abord en prison puis, plus tard, pour sa sécurité. « Elle doit être traitée avec le plus grand soin et recevoir les soins médicaux appropriés maintenant qu'elle est libre », a-t-il déclaré.

Un ami proche de Mme Bibi, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat par peur de représailles, a également confirmé qu'elle avait quitté le pays. Cet ami, qui lui a parlé pour la dernière fois mardi, a déclaré que Mme Bibi et son mari, Ashiq Masih, avaient passé les dernières semaines à mettre leurs documents en ordre. Il a ajouté que Mme Bibi avait hâte de voir ses filles, avec qui elle s'entretenait presque quotidiennement.

Des responsables des ministères pakistanais de l'Intérieur et des Affaires étrangères ont également confirmé son départ, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, car ils n'étaient pas autorisés à informer les médias.

À Ottawa

Le premier ministre Justin Trudeau, qui avait déclaré en novembre que le Canada était en pourparlers avec le gouvernement pakistanais au sujet de Mme Bibi, n'a pas voulu discuter de l'affaire, mercredi. « De toute évidence, il y a des problèmes de confidentialité et de sécurité délicats à cet égard et, malheureusement, je ne peux pas en dire plus pour le moment », a-t-il dit.

Affaires mondiales Canada n'a pas voulu commenter non plus.

L'affaire avait attiré l'attention du monde sur cette controversée loi pakistanaise qui interdit le blasphème _ et qui prévoit automatiquement la peine de mort. Mais le simple soupçon de blasphème contre l'islam dans ce pays suffit aussi à déclencher les lynchages de la foule. L'accusation de blasphème a également été utilisée au Pakistan pour intimider les minorités religieuses et régler des comptes.

Les islamistes radicaux ont fait de la punition du blasphème un grand cri de ralliement, en mobilisant des dizaines de milliers de personnes dans les rues et en paralysant les grandes villes.

Salman Taseer, gouverneur de la province du Pendjab, a été assassiné par l'un de ses gardes du corps en 2011 pour avoir défendu Mme Bibi et critiqué la loi sur le blasphème. L'assassin, Mumtaz Qadri, a été élevé au rang de martyr par les extrémistes après sa pendaison, et des millions de personnes se sont rendues dans un sanctuaire érigé pour lui près d'Islamabad. Le ministre pakistanais des Minorités, Shahbaz Bhatti, a été assassiné plus tard la même année après avoir demandé que justice soit faite pour Mme Bibi.

Le premier ministre Imran Khan a juré de ne pas se laisser intimider par les émeutiers, affirmant que l'État de droit prévaudrait dans ce dossier. Mais on a quand même refusé à Mme Bibi la permission de quitter le pays pendant plusieurs mois, jusqu'à ce que les esprits s'apaisent.

En janvier, un comité de trois juges de la Cour suprême a finalement levé le dernier obstacle juridique en concluant qu'il n'y avait aucune raison de revenir sur l'acquittement prononcé un peu plus tôt. Les juges ont d'autre part accusé de parjure ceux qui avaient porté les accusations de blasphème contre Mme Bibi _ mais ils ont déclaré que ces accusés ne seraient pas poursuivis, en raison de la sensibilité de l'affaire.

Les juges de la Cour suprême ont par ailleurs confirmé la validité de la loi sur le blasphème.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10502 Wed, 08 May 2019 00:00:00 +0200 Presse Canadienne
Ancienne condamnée à mort pour blasphème, Asia Bibi a pu quitter le Pakistan pour rejoindre le Canada https://www.peinedemort.org/document/10513 Asia Bibi a rejoint sa famille au Canada où elle avait obtenu l'asile. Asia Bibi avait été condamnée à mort au Pakistan pour blasphème en 2010, puis acquittée en octobre 2018 par la Cour suprême.
Asia Bibi avait été condamnée à mort au Pakistan pour blasphème en 2010, puis acquittée en octobre 2018 par la Cour suprême.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10513 Wed, 08 May 2019 00:00:00 +0200 Sophie Fotiadi
Arabie: quatre personnes exécutées pour trafic de drogue https://www.peinedemort.org/document/10443 Quatre personnes dont une femme ont été exécutées lundi en Arabie saoudite après avoir été condamnées pour trafic de drogue, a indiqué le ministère de l'Intérieur, portant à 53 le nombre de personnes mises à mort en 2019. Deux Pakistanais, un Yéménite et une Nigériane ont été exécutés dans la ville sainte de la Mecque (ouest), a indiqué le ministère de l'Intérieur dans des communiqués publiés par l'agence de presse officielle SPA. Depuis le début de l'année, 53 personnes ont été mises a mort en Arabie saoudite, selon un décompte réalisé à partir de chiffres officiels publiés par SPA. Le royaume saoudien est régi par une version rigoriste de la charia, la loi islamique, et applique la peine capitale dans des affaires de terrorisme, de meurtre, de viol, de vol à main armée et de trafic de drogue. Il compte l'un des taux d'exécutions les plus élevés au monde. Des experts des droits humains tirent régulièrement la sonnette d'alarme sur le manque d'équité des procès dans ce pays. Les autorités invoquent elles la dissuasion pour justifier la peine de mort. En 2018, 120 personnes ont été exécutées en Arabie saoudite.
Deux Pakistanais, un Yéménite et une Nigériane ont été exécutés dans la ville sainte de la Mecque (ouest), a indiqué le ministère de l'Intérieur dans des communiqués publiés par l'agence de presse officielle SPA.

Depuis le début de l'année, 53 personnes ont été mises a mort en Arabie saoudite, selon un décompte réalisé à partir de chiffres officiels publiés par SPA.

Le royaume saoudien est régi par une version rigoriste de la charia, la loi islamique, et applique la peine capitale dans des affaires de terrorisme, de meurtre, de viol, de vol à main armée et de trafic de drogue. Il compte l'un des taux d'exécutions les plus élevés au monde.

Des experts des droits humains tirent régulièrement la sonnette d'alarme sur le manque d'équité des procès dans ce pays. Les autorités invoquent elles la dissuasion pour justifier la peine de mort.

En 2018, 120 personnes ont été exécutées en Arabie saoudite. ]]>
https://www.peinedemort.org/document/10443 Mon, 01 Apr 2019 00:00:00 +0200 Agence mondiale d'information - AFP
L'ONU déplore l'impact disproportionné de la peine de mort sur les minorités et personnes de milieux pauvres https://www.peinedemort.org/document/10391 Lors de la réunion-débat biennale de haut niveau du Conseil des droits de l'homme, la Haut commissaire des droits de l'homme de l'ONU s'est félicitée mardi de la tendance à l'abolition de la peine de mort de par le monde. Michelle Bachelet a signalé qu'en fin 2018, quelque 121 Etats ont voté en faveur de la résolution de l'Assemblée générale appelant à un moratoire sur la peine de mort. Le problème reste pourtant entier. Lorsque les équipes du Haut-Commissariat aux droits de l'homme se rendent souvent dans des prisons, elles constatent que les condamnés à mort sont souvent des personnes vulnérables, que la pauvreté et les barrières linguistiques se traduisent souvent par un non-respect des obligations juridiques. « Et ces personnes vulnérables ne sont pas informées du droit à une procédure consulaire », a-t-elle fait valoir. Dans ces cas, la punition est irréversible et arbitraire, a souligné Mme Bachelet. En gros, beaucoup trop de dénis de justice sont fondés sur la discrimination et les stéréotypes. « Continuer à condamner à mort alors qu'il existe toujours un risque d'erreur, même infime, est inacceptable », a relevé la Haut-Commissaire, encourageant tous les Etats à abolir la peine de mort. A cet égard, elle rappelle que dans certains États, des personnes sont condamnées parce qu'elles sont lesbiennes, gays, bisexuelles ou transsexuelles (LGBT) ou pour leur opinion politique ou leur appartenance à une religion. La Belgique juge regrettable d'appliquer la peine de mort pour l'apostasie, le blasphème, l'adultère Parlant au nom des États porteurs de la résolution etablissant le panel de haut nivau sur la peine de mort, le Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères et européennes de la Belgique, Didier Reynders, a jugé « regrettable » que la peine de mort continue à être appliquée dans un nombre limité de pays, y compris pour des comportements tels que l'apostasie, le blasphème, l'adultère ou des relations sexuelles consensuelles entre personnes de même sexe, à savoir, des conduites qui ne répondent pas du tout au critère des « crimes les plus graves » tel que défini par le droit international. La pauvreté et la peine de mort sont inextricablement liées en raison du coût de l'assistance juridique. « L'application de la peine de mort dans ces cas revêt un caractère particulièrement discriminatoire », a déclaré M. Didier Reynders. Cela ne devrait plus exister au 21ème, a insisté le Ministre belge. M. Reynders a déploré l'impact disproportionné de la peine de mort sur les personnes issues de milieux pauvres, soulignant que la pauvreté et la peine de mort sont inextricablement liées en raison du coût de l'assistance juridique. Selon le Vice-Premier ministre belge, les nombreuses dépenses associées à l'accès à la justice sont un obstacle majeur pour les personnes provenant d'un environnement économique défavorable. Cette peine a également un impact disproportionné à l'encontre des membres de minorités raciales et ethniques, ainsi qu'à l'encontre d'autres groupes tels que les ressortissants étrangers, les minorités sexuelles et les femmes. Parfois, elle procède d'une application discriminatoire ou arbitraire de la loi. Concluant son intervention, M. Reynders a indiqué que son pays accueillait cette semaine, à Bruxelles, le Septième Congrès mondial contre la peine de mort, organisé par l'ONG Ensemble contre la peine de mort. Michelle Bachelet a signalé qu'en fin 2018, quelque 121 Etats ont voté en faveur de la résolution de l'Assemblée générale appelant à un moratoire sur la peine de mort.

Le problème reste pourtant entier.

Lorsque les équipes du Haut-Commissariat aux droits de l'homme se rendent souvent dans des prisons, elles constatent que les condamnés à mort sont souvent des personnes vulnérables, que la pauvreté et les barrières linguistiques se traduisent souvent par un non-respect des obligations juridiques.

« Et ces personnes vulnérables ne sont pas informées du droit à une procédure consulaire », a-t-elle fait valoir.

Dans ces cas, la punition est irréversible et arbitraire, a souligné Mme Bachelet.

En gros, beaucoup trop de dénis de justice sont fondés sur la discrimination et les stéréotypes.

« Continuer à condamner à mort alors qu'il existe toujours un risque d'erreur, même infime, est inacceptable », a relevé la Haut-Commissaire, encourageant tous les Etats à abolir la peine de mort.

A cet égard, elle rappelle que dans certains États, des personnes sont condamnées parce qu'elles sont lesbiennes, gays, bisexuelles ou transsexuelles (LGBT) ou pour leur opinion politique ou leur appartenance à une religion.


La Belgique juge regrettable d'appliquer la peine de mort pour l'apostasie, le blasphème, l'adultère

Parlant au nom des États porteurs de la résolution etablissant le panel de haut nivau sur la peine de mort, le Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères et européennes de la Belgique, Didier Reynders, a jugé « regrettable » que la peine de mort continue à être appliquée dans un nombre limité de pays, y compris pour des comportements tels que l'apostasie, le blasphème, l'adultère ou des relations sexuelles consensuelles entre personnes de même sexe, à savoir, des conduites qui ne répondent pas du tout au critère des « crimes les plus graves » tel que défini par le droit international.

La pauvreté et la peine de mort sont inextricablement liées en raison du coût de l'assistance juridique.
« L'application de la peine de mort dans ces cas revêt un caractère particulièrement discriminatoire », a déclaré M. Didier Reynders. Cela ne devrait plus exister au 21ème, a insisté le Ministre belge.

M. Reynders a déploré l'impact disproportionné de la peine de mort sur les personnes issues de milieux pauvres, soulignant que la pauvreté et la peine de mort sont inextricablement liées en raison du coût de l'assistance juridique.

Selon le Vice-Premier ministre belge, les nombreuses dépenses associées à l'accès à la justice sont un obstacle majeur pour les personnes provenant d'un environnement économique défavorable.

Cette peine a également un impact disproportionné à l'encontre des membres de minorités raciales et ethniques, ainsi qu'à l'encontre d'autres groupes tels que les ressortissants étrangers, les minorités sexuelles et les femmes.

Parfois, elle procède d'une application discriminatoire ou arbitraire de la loi.

Concluant son intervention, M. Reynders a indiqué que son pays accueillait cette semaine, à Bruxelles, le Septième Congrès mondial contre la peine de mort, organisé par l'ONG Ensemble contre la peine de mort.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10391 Tue, 26 Feb 2019 00:00:00 +0100 Conseil des droits de l'homme
Jihadisme: Moscou rapatrie 27 enfants de Russes détenues en Irak https://www.peinedemort.org/document/10358 Bagdad, 10 fév 2019 (AFP) - Moscou a organisé dimanche le rapatriement de 27 enfants russes dont les mères sont détenues en Irak pour leur appartenance présumée au groupe Etat islamique (EI), a indiqué à l'AFP une source au sein de la diplomatie russe. Alors que 30 enfants avaient déjà rejoint Moscou fin décembre, "27 enfants russes sont en train d'être rapatriés de Bagdad", a assuré un responsable du ministère russe des Affaires étrangères. Cette information a été confirmée par le service de presse de la déléguée russe pour les droits de l'Enfant, Anna Kouznetsova, cité par l'agence de presse russe Tass. Les 27 enfants, "âgés de 4 à 13 ans et originaires de 10 différentes régions russes", doivent arriver dimanche soir à l'aéroport Ramenskoïe, non loin de Moscou, à bord d'un avion du ministère russe des situations d'urgence, a indiqué le service de presse de Mme Kouznetsova. Les pères de ces enfants, garçons et filles, auraient été tués dans les trois années de combats entre le groupe jihadiste et les troupes irakiennes qui ont chassé fin 2017 l'EI de l'ensemble des centres urbains du pays, a précisé de son côté à l'AFP le responsable du ministère russe des Affaires étrangères. Début janvier, le Kremlin avait annoncé que 115 enfants russes de moins de 10 ans, et huit âgés de 11 à 17 ans se trouvaient encore en Irak. La loi irakienne permet aux détenues de garder leurs enfants avec elles jusqu'à l'âge de trois ans mais, au-delà, les enfants doivent être confiés à des proches. Une centaine d'enfants et de femmes --la plupart originaires des républiques russes du Caucase-- sont jusqu'à présent revenus en Russie. Près de 4.500 citoyens russes étaient partis à l'étranger pour combattre "du côté des terroristes", avait indiqué il y a un an les services de sécurité russes (FSB). Plus de 300 personnes, dont une centaine d'étrangères, ont été condamnées à mort en Irak, et autant d'autres à la prison à perpétuité, pour appartenance à l'EI. La plupart des condamnées sont de nationalité turque ou originaires des anciennes républiques de l'Union soviétique. Alors que 30 enfants avaient déjà rejoint Moscou fin décembre, "27 enfants russes sont en train d'être rapatriés de Bagdad", a assuré un responsable du ministère russe des Affaires étrangères.

Cette information a été confirmée par le service de presse de la déléguée russe pour les droits de l'Enfant, Anna Kouznetsova, cité par l'agence de presse russe Tass.

Les 27 enfants, "âgés de 4 à 13 ans et originaires de 10 différentes régions russes", doivent arriver dimanche soir à l'aéroport Ramenskoïe, non loin de Moscou, à bord d'un avion du ministère russe des situations d'urgence, a indiqué le service de presse de Mme Kouznetsova.

Les pères de ces enfants, garçons et filles, auraient été tués dans les trois années de combats entre le groupe jihadiste et les troupes irakiennes qui ont chassé fin 2017 l'EI de l'ensemble des centres urbains du pays, a précisé de son côté à l'AFP le responsable du ministère russe des Affaires étrangères.

Début janvier, le Kremlin avait annoncé que 115 enfants russes de moins de 10 ans, et huit âgés de 11 à 17 ans se trouvaient encore en Irak.

La loi irakienne permet aux détenues de garder leurs enfants avec elles jusqu'à l'âge de trois ans mais, au-delà, les enfants doivent être confiés à des proches.

Une centaine d'enfants et de femmes --la plupart originaires des républiques russes du Caucase-- sont jusqu'à présent revenus en Russie.

Près de 4.500 citoyens russes étaient partis à l'étranger pour combattre "du côté des terroristes", avait indiqué il y a un an les services de sécurité russes (FSB).

Plus de 300 personnes, dont une centaine d'étrangères, ont été condamnées à mort en Irak, et autant d'autres à la prison à perpétuité, pour appartenance à l'EI.

La plupart des condamnées sont de nationalité turque ou originaires des anciennes républiques de l'Union soviétique.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10358 Sun, 10 Feb 2019 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
Asia Bibi empêchée de quitter le Pakistan pour venir au Canada https://www.peinedemort.org/document/10355 (Associated Press) Islamabad - Une chrétienne acquittée d'une accusation de blasphème après avoir passé huit ans dans le quartier des condamnés à mort au Pakistan a été transférée d'un lieu secret proche de la capitale à un autre à Karachi, mais ne peut toujours pas quitter le pays pour rejoindre ses filles au Canada, a déclaré un ami, samedi. Aman Ullah, qui dit avoir parlé à Aasia Bibi par téléphone vendredi, a raconté que la femme âgée de 54 ans était détenue dans une pièce d'une résidence située dans la ville portuaire du sud du pays. Il a ajouté que Mme Bibi, qui menacée de mort par des islamistes radicaux, était frustrée et effrayée, ne sachant pas quand elle pourrait quitter le Pakistan. « Elle n'a aucune indication quant au moment où elle partira. On ne lui a pas pourquoi elle ne pouvait pas partir », a-t-il dit. M. Ullah a lui-même fui le Pakistan après avoir reçu vendredi des menaces proférées par des extrémistes mécontents de son aide à Mme Bibi. Il assure la liaison entre elle et des diplomates européens qui ont cherché à l'aider. Le calvaire de la femme a commencé en 2009 lorsque deux ouvrières agricoles lui ont reproché de boire dans un puits réservé aux musulmans. Une querelle s'en est suivie et Mme Bibi a été accusée de blasphème. Les juges de la Cour suprême ont par la suite conclu qu'il y avait de nombreuses incohérences dans les témoignages contre Mme Bibi, qui a toujours maintenu son innocence. M. Ullah craint que Mme Bibi ne puisse quitter le Pakistan qu'à moyen terme. Mme Bibi serait enfermée dans une pièce d'une maison. « La porte ne s'ouvre que pour l'heure des repas », a témoigné M. Ullah. La prisonnière est autorisée à passer des appels téléphoniques le matin et de nouveau la nuit. Elle en profite pour appeler ses filles. Le mari de M. Bibi est avec elle, a ajouté M. Ullah. « Elle vit avec sa famille et dispose des conditions de sécurité nécessaires », a déclaré le ministre de l'Information, Fawad Chaudhry, dans un courriel. Il a dit que le gouvernement prenait « toutes les mesures possibles » pour la protéger, ainsi que sa famille, ajoutant qu'elle est « une citoyenne libre après sa libération de prison et qu'elle peut se déplacer n'importe où au Pakistan ou à l'étranger ».
Aman Ullah, qui dit avoir parlé à Aasia Bibi par téléphone vendredi, a raconté que la femme âgée de 54 ans était détenue dans une pièce d'une résidence située dans la ville portuaire du sud du pays. Il a ajouté que Mme Bibi, qui menacée de mort par des islamistes radicaux, était frustrée et effrayée, ne sachant pas quand elle pourrait quitter le Pakistan.

« Elle n'a aucune indication quant au moment où elle partira. On ne lui a pas pourquoi elle ne pouvait pas partir », a-t-il dit.

M. Ullah a lui-même fui le Pakistan après avoir reçu vendredi des menaces proférées par des extrémistes mécontents de son aide à Mme Bibi. Il assure la liaison entre elle et des diplomates européens qui ont cherché à l'aider.

Le calvaire de la femme a commencé en 2009 lorsque deux ouvrières agricoles lui ont reproché de boire dans un puits réservé aux musulmans. Une querelle s'en est suivie et Mme Bibi a été accusée de blasphème. Les juges de la Cour suprême ont par la suite conclu qu'il y avait de nombreuses incohérences dans les témoignages contre Mme Bibi, qui a toujours maintenu son innocence.

M. Ullah craint que Mme Bibi ne puisse quitter le Pakistan qu'à moyen terme.

Mme Bibi serait enfermée dans une pièce d'une maison.

« La porte ne s'ouvre que pour l'heure des repas », a témoigné M. Ullah. La prisonnière est autorisée à passer des appels téléphoniques le matin et de nouveau la nuit. Elle en profite pour appeler ses filles.

Le mari de M. Bibi est avec elle, a ajouté M. Ullah.

« Elle vit avec sa famille et dispose des conditions de sécurité nécessaires », a déclaré le ministre de l'Information, Fawad Chaudhry, dans un courriel.

Il a dit que le gouvernement prenait « toutes les mesures possibles » pour la protéger, ainsi que sa famille, ajoutant qu'elle est « une citoyenne libre après sa libération de prison et qu'elle peut se déplacer n'importe où au Pakistan ou à l'étranger ».]]>
https://www.peinedemort.org/document/10355 Sat, 09 Feb 2019 00:00:00 +0100 Associated Press - AP
La Pakistanaise Asia Bibi a obtenu l'asile au Canada (presse) https://www.peinedemort.org/document/10346 Asia Bibi, une chrétienne condamnée à mort pour blasphème en première instance en 2010 avant d'être définitivement acquittée mardi, se trouve désormais au Canada, rapporte vendredi le Frankfurter Allgemeine Zeitung. "Elle a retrouvé sa famille", a déclaré son avocat Saif ul Malook au FAZ. Cette mère de quatre enfants a été en 2010 la première femme au Pakistan à être condamnée à la peine capitale par pendaison pour blasphème. Rejetant cette accusation, elle avait fait appel avec succès de cette décision devant la Cour suprême qui a rejeté mardi un dernier recours déposé contre son acquittement. Il lui était reproché d'avoir tenu des propos critiques envers l'islam quand des voisins lui avaient demandé de ne pas boire de l'eau dans le même verre qu'eux parce qu'elle était chrétienne. Plusieurs pays ont proposé de l'accueillir, l'Allemagne et le Canada par exemple, Asia Bibi étant toujours menacée de mort au Pakistan, où les fondamentalistes dénoncent la clémence de la justice. Son cas a provoqué l'indignation des chrétiens du monde entier et a semé la division au sein de la société pakistanaise, où deux hommes politiques qui avaient pris position en sa faveur ont été assassinés.
Cette mère de quatre enfants a été en 2010 la première femme au Pakistan à être condamnée à la peine capitale par pendaison pour blasphème. Rejetant cette accusation, elle avait fait appel avec succès de cette décision devant la Cour suprême qui a rejeté mardi un dernier recours déposé contre son acquittement.

Il lui était reproché d'avoir tenu des propos critiques envers l'islam quand des voisins lui avaient demandé de ne pas boire de l'eau dans le même verre qu'eux parce qu'elle était chrétienne.

Plusieurs pays ont proposé de l'accueillir, l'Allemagne et le Canada par exemple, Asia Bibi étant toujours menacée de mort au Pakistan, où les fondamentalistes dénoncent la clémence de la justice.

Son cas a provoqué l'indignation des chrétiens du monde entier et a semé la division au sein de la société pakistanaise, où deux hommes politiques qui avaient pris position en sa faveur ont été assassinés.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10346 Fri, 01 Feb 2019 00:00:00 +0100 Reuters
Arabie: une militante de la minorité chiite ne risque plus la peine de mort (ONG) https://www.peinedemort.org/document/10349 La militante de la minorité chiite saoudienne Israa al-Ghomgham, emprisonnée depuis décembre 2015, ne risque plus la peine mort, ont indiqué vendredi Amnesty International et une organisation régionale, le Gulf Centre for Human Rights (GCHR). Selon ces deux organisations, la justice saoudienne a renoncé à requérir la peine de mort contre la militante jugée pour son implication dans des manifestations hostiles au gouvernement dans le sillage du Printemps arabe en 2011. Aucune annonce officielle n'a été faite à ce sujet par les autorités saoudiennes. Dans un communiqué, Samah Hadid, directrice des campagnes d'Amnesty International pour le Moyen-Orient, a accueilli cette décision avec "un énorme soulagement". Elle a toutefois ajouté que "bien que sa vie ne soit plus en danger, (Israa al-Ghomgham) risque toujours une peine de prison simplement pour avoir participé à des manifestations pacifiques". La responsable d'Amnesty International a appelé la justice saoudienne à "abandonner immédiatement" les demandes de peine de mort contre quatre autres accusés jugés aux côtés d'Israa al-Ghomgham. Les personnes jugées dans cette affaire sont accusées d'avoir incité à la contestation au sein de la minorité musulmane chiite dans une région stratégique de l'est du pays riche en pétrole. L'Arabie saoudite est dirigée par une dynastie sunnite. Selon le GCHR, la militante continue de risquer une longue peine de prison dans le cadre d'un nouveau procès dont la date n'a pas encore été fixée. Cette organisation a rappelé que le procureur général saoudien avait requis la peine de mort par décapitation contre Israa al-Ghomgham à l'ouverture de son procès le 6 août 2018. Il a appelé à la fin des poursuites contre cette militante et contre les quatre autres accusés. Israa al-Ghomgham s'était faite connaître en documentant à partir de 2011 les manifestations antigouvernementales dans la Province orientale, où se concentre la majeure partie de la minorité chiite qui se plaint régulièrement d'être persécutée et marginalisée. Si le juge avait suivi les réquisitions du parquet, Israa al-Ghomgham, serait devenue la première femme exécutée en Arabie saoudite pour des activités liées à la défense des droits humains.
Selon ces deux organisations, la justice saoudienne a renoncé à requérir la peine de mort contre la militante jugée pour son implication dans des manifestations hostiles au gouvernement dans le sillage du Printemps arabe en 2011.

Aucune annonce officielle n'a été faite à ce sujet par les autorités saoudiennes.

Dans un communiqué, Samah Hadid, directrice des campagnes d'Amnesty International pour le Moyen-Orient, a accueilli cette décision avec "un énorme soulagement".

Elle a toutefois ajouté que "bien que sa vie ne soit plus en danger, (Israa al-Ghomgham) risque toujours une peine de prison simplement pour avoir participé à des manifestations pacifiques".

La responsable d'Amnesty International a appelé la justice saoudienne à "abandonner immédiatement" les demandes de peine de mort contre quatre autres accusés jugés aux côtés d'Israa al-Ghomgham.

Les personnes jugées dans cette affaire sont accusées d'avoir incité à la contestation au sein de la minorité musulmane chiite dans une région stratégique de l'est du pays riche en pétrole. L'Arabie saoudite est dirigée par une dynastie sunnite.

Selon le GCHR, la militante continue de risquer une longue peine de prison dans le cadre d'un nouveau procès dont la date n'a pas encore été fixée.

Cette organisation a rappelé que le procureur général saoudien avait requis la peine de mort par décapitation contre Israa al-Ghomgham à l'ouverture de son procès le 6 août 2018.

Il a appelé à la fin des poursuites contre cette militante et contre les quatre autres accusés.

Israa al-Ghomgham s'était faite connaître en documentant à partir de 2011 les manifestations antigouvernementales dans la Province orientale, où se concentre la majeure partie de la minorité chiite qui se plaint régulièrement d'être persécutée et marginalisée.

Si le juge avait suivi les réquisitions du parquet, Israa al-Ghomgham, serait devenue la première femme exécutée en Arabie saoudite pour des activités liées à la défense des droits humains. ]]>
https://www.peinedemort.org/document/10349 Fri, 01 Feb 2019 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP
L'acquittement d'Asia Bibi est confirmé au Pakistan https://www.peinedemort.org/document/10341 La Cour suprême du Pakistan rejette le recours contre l'acquittement d'Asia Bibi. Asia Bibi avait été condamnée à mort pour blasphème en 2010, puis acquittée en octobre 2018 par la Cour suprême. Le gouvernement pakistanais avait conclu un accord avec les extrémistes qui manifestaient pour l'exécution d'Asia Bibi, en leur assurant qu'elle ne quitterait pas le pays avant le dernier recours en révision qu'ils réclamaient.
Asia Bibi avait été condamnée à mort pour blasphème en 2010, puis acquittée en octobre 2018 par la Cour suprême. Le gouvernement pakistanais avait conclu un accord avec les extrémistes qui manifestaient pour l'exécution d'Asia Bibi, en leur assurant qu'elle ne quitterait pas le pays avant le dernier recours en révision qu'ils réclamaient.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10341 Tue, 29 Jan 2019 00:00:00 +0100 Sophie Fotiadi
Déclaration de la haute représentante/vice-présidente Federica Mogherini concernant Asia Bibi https://www.peinedemort.org/document/10342 Bruxelles, 29/01/2019 - Aujourd'hui, Asia Bibi est enfin libre. La décision de la Cour suprême du Pakistan de confirmer sa décision d'acquitter Asia Bibi marque la conclusion positive tant attendue de la procédure judiciaire. Nous attendons du gouvernement du Pakistan qu'il continue de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité d'Asia Bibi et de sa famille, comme il le ferait pour tout citoyen pakistanais. En tant qu'Union européenne, nous continuerons de défendre la protection et le renforcement des droits fondamentaux partout dans le monde et de nous exprimer sur ce sujet. Aujourd'hui, Asia Bibi est enfin libre.

La décision de la Cour suprême du Pakistan de confirmer sa décision d'acquitter Asia Bibi marque la conclusion positive tant attendue de la procédure judiciaire.

Nous attendons du gouvernement du Pakistan qu'il continue de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité d'Asia Bibi et de sa famille, comme il le ferait pour tout citoyen pakistanais.

En tant qu'Union européenne, nous continuerons de défendre la protection et le renforcement des droits fondamentaux partout dans le monde et de nous exprimer sur ce sujet.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10342 Tue, 29 Jan 2019 00:00:00 +0100 Union européenne
L'Irak a condamné plus de 600 étrangers en 2018 pour appartenance à l'EI https://www.peinedemort.org/document/10313 Bagdad - Plus de 600 étrangers, quasiment tous des femmes, ont été condamnés en Irak durant l'année écoulée pour appartenance au groupe Etat islamique (EI), a indiqué lundi la justice irakienne, ajoutant qu'une centaine d'autres devaient encore comparaître. L'Irak a déclaré fin 2017 la "victoire" sur l'EI mais continue de juger quasi-quotidiennement des accusés parmi les quelque 20.000 personnes arrêtées pour suspicion de terrorisme depuis la percée jihadiste de 2014. En tout, "616 hommes et femmes, accusés d'appartenance à l'EI ont été condamnés" cette année "en vertu de la loi anti-terrorisme" qui prévoit jusqu'à la peine de mort, a détaillé dans un communiqué le juge Abdel Settar Bayraqdar, porte-parole du Conseil supérieur de la magistrature. Parmi eux, "508 adultes ont été condamnés dont 466 femmes et 42 hommes, ainsi que 108 mineurs --31 garçons et 77 filles", a-t-il ajouté sans toutefois détailler leurs peines. En outre, "99 personnes, dont 73 femmes" subissent encore des interrogatoires du Parquet ou ont vu leur procès s'ouvrir récemment, selon le juge Bayraqdar. Deux tribunaux jugent les affaires de terrorisme en Irak, l'un à Tel Keif, près de Mossoul (nord) --l'ancienne "capitale" irakienne du "califat" autoproclamé de l'EI--, et l'autre à Bagdad, où la Cour pénale centrale s'occupe notamment des étrangers et des femmes. La plupart des condamnées sont Turques ou originaires des anciennes républiques de l'Union soviétique. Une Allemande a également été condamnée à la peine capitale, de même qu'un Belge et un Russe. En outre, trois Français --deux femmes et un homme-- ont été condamnés à la prison à vie. En avril, des sources judiciaires avaient indiqué à l'AFP que plus de 300 personnes, dont une centaine d'étrangères, avaient été condamnées à mort en Irak, et autant d'autres à la prison à perpétuité, pour appartenance à l'EI. De nombreuses femmes avaient suivi leurs époux avec leurs enfants, dont certains sont toujours en attente de rapatriement d'Irak, alors que leur mère est en prison. Dimanche, 30 enfants russes sont toutefois arrivés à Moscou dans une nouvelle opération d'évacuation d'enfants vers leur pays d'origine.
L'Irak a déclaré fin 2017 la "victoire" sur l'EI mais continue de juger quasi-quotidiennement des accusés parmi les quelque 20.000 personnes arrêtées pour suspicion de terrorisme depuis la percée jihadiste de 2014.

En tout, "616 hommes et femmes, accusés d'appartenance à l'EI ont été condamnés" cette année "en vertu de la loi anti-terrorisme" qui prévoit jusqu'à la peine de mort, a détaillé dans un communiqué le juge Abdel Settar Bayraqdar, porte-parole du Conseil supérieur de la magistrature.

Parmi eux, "508 adultes ont été condamnés dont 466 femmes et 42 hommes, ainsi que 108 mineurs --31 garçons et 77 filles", a-t-il ajouté sans toutefois détailler leurs peines.

En outre, "99 personnes, dont 73 femmes" subissent encore des interrogatoires du Parquet ou ont vu leur procès s'ouvrir récemment, selon le juge Bayraqdar.

Deux tribunaux jugent les affaires de terrorisme en Irak, l'un à Tel Keif, près de Mossoul (nord) --l'ancienne "capitale" irakienne du "califat" autoproclamé de l'EI--, et l'autre à Bagdad, où la Cour pénale centrale s'occupe notamment des étrangers et des femmes.

La plupart des condamnées sont Turques ou originaires des anciennes républiques de l'Union soviétique. Une Allemande a également été condamnée à la peine capitale, de même qu'un Belge et un Russe.

En outre, trois Français --deux femmes et un homme-- ont été condamnés à la prison à vie.

En avril, des sources judiciaires avaient indiqué à l'AFP que plus de 300 personnes, dont une centaine d'étrangères, avaient été condamnées à mort en Irak, et autant d'autres à la prison à perpétuité, pour appartenance à l'EI.

De nombreuses femmes avaient suivi leurs époux avec leurs enfants, dont certains sont toujours en attente de rapatriement d'Irak, alors que leur mère est en prison.

Dimanche, 30 enfants russes sont toutefois arrivés à Moscou dans une nouvelle opération d'évacuation d'enfants vers leur pays d'origine.]]>
https://www.peinedemort.org/document/10313 Mon, 31 Dec 2018 00:00:00 +0100 Agence mondiale d'information - AFP