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    <title>La peine de mort dans le monde — Thème Badinter</title>
    <link>https://www.peinedemort.org/rss/theme?id=97</link>
    <description>Thème Badinter : tous les documents concernant la peine de mort.</description>
    <language>fr</language>
    <copyright>Sophie Fotiadi &amp;lt;sophie.fotiadi@peinedemort.org&amp;gt;, 2026</copyright>
    <pubDate>Sun, 05 Jul 2026 20:45:44 +0000</pubDate>
    <lastBuildDate>Wed, 01 Jul 2026 06:53:59 +0000</lastBuildDate>
    <ttl>120</ttl>
    <item>
      <title>9e Congrès mondial pour l'abolition universelle de la peine de mort - Discours de Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères</title>
      <link>https://www.peinedemort.org/document/12717</link>
      <description>Mesdames et Messieurs les représentants d'organisations internationales et non gouvernementales,&#13;
&#13;
Mesdames et Messieurs les ministres, parlementaires, ambassadrices, ambassadeurs, militants abolitionnistes, &#13;
&#13;
Mesdames et Messieurs, &#13;
&#13;
Il y a 45 ans, la France tournait une page de son histoire. Le 9 octobre 1981, sous l'impulsion du Garde des Sceaux, Robert Badinter, la loi abolissant la peine de mort était promulguée. Ce jour-là, comme le dit Robert Badinter devant l'Assemblée nationale, la justice française cessa d'être une « justice qui tue », « une justice d'angoisse et de mort ». Au nom de la dignité de la personne humaine, la France cessa d'appliquer en son territoire ce supplice inhumain, qui ne répondait d'aucune justification, ni morale, ni juridique. &#13;
&#13;
Mais ce combat n'est pas terminé, et c'est un combat universel. Or si la France a aboli, si l'Europe a aboli, trop de pays dans le monde pratiquent encore la peine de mort. En Iran, la peine capitale et les exécutions se sont multipliées depuis 2022. N'oublions pas nos frères et sœurs iraniens. En Chine, en Arabie saoudite, aux États-Unis, la peine capitale est encore largement appliquée. En 2025, Amnesty International recensait plus de 2.700 exécutions dans 17 pays.&#13;
&#13;
Cette réalité doit nous alerter : jamais autant d'exécutions n'ont eu lieu depuis 1981. Ce sont des milliers de vies arrachées au nom d'une justice qui se trompe de cible. Car tous les rapports le montrent, qu'ils proviennent des Nations unies ou de la société civile : la peine de mort n'a aucun effet dissuasif. Son application est le plus souvent discriminatoire à l'égard des opposants politiques, des groupes les plus vulnérables et des minorités. Les procédures ont un coût exorbitant. Non, la peine de mort ne répare pas : elle détruit.&#13;
&#13;
Aujourd'hui, un mouvement mondial pour l'abolition s'est levé, et je souhaite lui rendre hommage. Il est porté par l'Europe et par une majorité des États membres des Nations unies. Mais aussi par des acteurs issus des systèmes judiciaires du monde entier : avocats, magistrats et surtout par la société civile et par une jeunesse qui refuse d'hériter d'un monde où l'État a le droit de tuer. &#13;
&#13;
Je remercie du fond du cœur Ensemble contre la peine de mort qui fait avancer ce combat en organisant depuis 25 ans des Congrès régionaux et mondiaux. En menant des campagnes de plaidoyer. En formant les magistrats et les avocats. En décembre 2023, le Président de la République avait appelé de ses vœux l'organisation de ce Congrès : aujourd'hui, nous y sommes. L'action et la mobilisation d'Ensemble contre la peine de mort ont fait de cet engagement une réalité. &#13;
&#13;
Mes remerciements vont aussi à la Coalition mondiale contre la peine de mort et à toutes les organisations de la société civile, parmi lesquelles Amnesty International, qui, chaque année, informent, plaident et mobilisent. La société civile internationale est le moteur du changement.&#13;
&#13;
Merci à tous les avocats, magistrats et parlementaires présents aujourd'hui à Paris, qui portent ce combat au quotidien dans leurs pays, encourant parfois de grands risques. Votre engagement est indispensable.&#13;
&#13;
La tenue de ce Congrès, ici même à Paris, est particulièrement symbolique. Nous nous trouvons à quelques encablures du Palais de Chaillot. C'est là que fut adoptée en 1948 la Déclaration universelle des droits de l'Homme, à laquelle René Cassin participa. Prix Nobel de la Paix pour son combat inlassable pour la dignité de la personne humaine, il disparut il y a cinquante ans et demeure pour nous un phare et une source d'inspiration.&#13;
&#13;
Mesdames, Messieurs,&#13;
&#13;
Nous sommes engagés au niveau multilatéral pour parvenir à l'abolition universelle. En 2007, la France a inscrit dans sa Constitution la prohibition de la peine de mort. Cette modification nous a permis de ratifier le deuxième protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits civils et politiques visant à abolir la peine de mort. Avec ce pacte et d'autres textes, les membres des Nations unies ont fait de l'abolition de la peine de mort une priorité. Des résolutions majeures ont été adoptées dans les enceintes internationales. En 2007, la première d'entre elles, qui demandait un moratoire universel sur les exécutions, a été adoptée à une large majorité. Ces résolutions montrent une tendance irréversible : le monde se détourne de la peine de mort ; notre combat porte ses fruits. En 2024, 130 États à l'Assemblée générale ont voté en faveur de cette résolution.&#13;
&#13;
Le Haut-Commissariat aux droits de l'Homme joue un rôle clé pour porter ce combat sur la scène internationale. Je salue à ce titre le Haut-Commissaire, M. Volker Türk, et le remercie d'être à nos côtés. L'Alliance mondiale pour les droits de l'Homme, lancée il y a quelques jours à Genève, contribuera à mobiliser les opinions publiques, les acteurs du monde privé, comme ceux de la société civile.  Monsieur le Haut-Commissaire, face aux attaques contre les droits qui se multiplient partout dans le monde, cette initiative est essentielle ; vous avez notre soutien.&#13;
&#13;
De nombreux États se mobilisent aux côtés de la France pour l'abolition universelle de la peine de mort. Je tiens donc à remercier chaleureusement les 24 États membres de la Commission internationale contre la peine de mort pour leur action, ainsi que les États membres du Core group des amis des Congrès mondiaux pour leur mobilisation dans la préparation de ce Congrès. &#13;
&#13;
Le pouvoir judiciaire est aussi un allié incontournable vers l'abolition universelle. La Cour européenne des droits de l'Homme a joué un rôle fondamental en ce sens, et je salue la présence parmi nous du Secrétaire général du Conseil de l'Europe, M. Alain Berset. La Cour a progressivement érigé l'abolition en principe intangible, grâce à son interprétation de l'article 2 de la Convention européenne des droits de l'Homme. C'est une fierté pour les peuples d'Europe. Car chaque fois qu'un juge refuse de recourir à la peine de mort, il porte sa pierre à l'édifice de l'abolition. Quant aux avocats, ils sont la dernière ligne de défense entre l'accusé et la chambre d'exécution. Souvenons-nous de l'exemple de Robert Badinter, que la Nation française a fait entrer au Panthéon, avec les Lumières et l'esprit de 1789, le 9 octobre 2025. Pour lui, la peine de mort était l'échec de la justice, et aucun échec n'est irréparable.&#13;
&#13;
 &#13;
&#13;
Mesdames, Messieurs,&#13;
&#13;
La jeunesse est l'espoir de l'abolition universelle. Les étudiants, les militants, les influenceurs, toutes celles et ceux qui sont ici avec nous et portent le combat de l'abolition avec une énergie nouvelle. C'est pourquoi le Congrès a décidé de mettre en lumière l'engagement de la jeunesse. Pour nous, il s'agit de renforcer l'éducation en matière de droits de l'Homme, de former les futurs juristes à défendre l'abolition, et de promouvoir les initiatives portées par les réseaux de jeunes militants partout dans le monde.&#13;
&#13;
La lutte contre la peine de mort n'est pas qu'un combat juridique ou politique, c'est l'affirmation d'un principe simple : la dignité de la personne humaine ne saurait connaître ni exception, ni hiérarchie. Elle est le socle vivant de nos démocraties, le principe cardinal qui fonde la primauté de la personne humaine sur toute forme de pouvoir. &#13;
&#13;
De cette exigence découlent l'ensemble des libertés fondamentales auxquelles la France demeure indéfectiblement attachée : la liberté d'expression, le droit à l'éducation, le droit de participer à la vie publique dans le cadre d'élections libres. La France soutient toutes celles et ceux qui, avec détermination, se battent pour que ces droits soient protégés. Alors que les démocraties sont mises à l'épreuve, nous devons réaffirmer avec clarté ce qui nous unit : notre attachement à l'universalité des droits et aux principes qui fondent nos sociétés libres. &#13;
&#13;
 « La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie. Partout où la peine de mort est prodiguée, la barbarie domine ; partout où la peine de mort est rare, la civilisation règne. » Ainsi parlait Victor Hugo en 1848. Nous reprenons ses mots et son combat aujourd'hui, pour faire de ce projet de civilisation une réalité. &#13;
&#13;
Par votre présence nombreuse, par vos engagements et vos témoignages, vous donnez corps à ces valeurs et vous faites vivre la dynamique dont nous avons besoin pour atteindre l'abolition universelle de la peine de mort. Grâce à votre mobilisation collective, à vous toutes et tous qui êtes présents aujourd'hui, la promesse d'un monde sans peine de mort est accessible. Alors ne baissons pas la tête, ne baissons pas les bras, et travaillons sans relâche pour atteindre l'abolition universelle.&#13;
&#13;
Je vous remercie.</description>
      <content:encoded><![CDATA[Mesdames et Messieurs les représentants d'organisations internationales et non gouvernementales,<br />
<br />
Mesdames et Messieurs les ministres, parlementaires, ambassadrices, ambassadeurs, militants abolitionnistes, <br />
<br />
Mesdames et Messieurs, <br />
<br />
Il y a 45 ans, la France tournait une page de son histoire. Le 9 octobre 1981, sous l'impulsion du Garde des Sceaux, Robert Badinter, la loi abolissant la peine de mort était promulguée. Ce jour-là, comme le dit Robert Badinter devant l'Assemblée nationale, la justice française cessa d'être une « justice qui tue », « une justice d'angoisse et de mort ». Au nom de la dignité de la personne humaine, la France cessa d'appliquer en son territoire ce supplice inhumain, qui ne répondait d'aucune justification, ni morale, ni juridique. <br />
<br />
Mais ce combat n'est pas terminé, et c'est un combat universel. Or si la France a aboli, si l'Europe a aboli, trop de pays dans le monde pratiquent encore la peine de mort. En Iran, la peine capitale et les exécutions se sont multipliées depuis 2022. N'oublions pas nos frères et sœurs iraniens. En Chine, en Arabie saoudite, aux États-Unis, la peine capitale est encore largement appliquée. En 2025, Amnesty International recensait plus de 2.700 exécutions dans 17 pays.<br />
<br />
Cette réalité doit nous alerter : jamais autant d'exécutions n'ont eu lieu depuis 1981. Ce sont des milliers de vies arrachées au nom d'une justice qui se trompe de cible. Car tous les rapports le montrent, qu'ils proviennent des Nations unies ou de la société civile : la peine de mort n'a aucun effet dissuasif. Son application est le plus souvent discriminatoire à l'égard des opposants politiques, des groupes les plus vulnérables et des minorités. Les procédures ont un coût exorbitant. Non, la peine de mort ne répare pas : elle détruit.<br />
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Aujourd'hui, un mouvement mondial pour l'abolition s'est levé, et je souhaite lui rendre hommage. Il est porté par l'Europe et par une majorité des États membres des Nations unies. Mais aussi par des acteurs issus des systèmes judiciaires du monde entier : avocats, magistrats et surtout par la société civile et par une jeunesse qui refuse d'hériter d'un monde où l'État a le droit de tuer. <br />
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Je remercie du fond du cœur Ensemble contre la peine de mort qui fait avancer ce combat en organisant depuis 25 ans des Congrès régionaux et mondiaux. En menant des campagnes de plaidoyer. En formant les magistrats et les avocats. En décembre 2023, le Président de la République avait appelé de ses vœux l'organisation de ce Congrès : aujourd'hui, nous y sommes. L'action et la mobilisation d'Ensemble contre la peine de mort ont fait de cet engagement une réalité. <br />
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Mes remerciements vont aussi à la Coalition mondiale contre la peine de mort et à toutes les organisations de la société civile, parmi lesquelles Amnesty International, qui, chaque année, informent, plaident et mobilisent. La société civile internationale est le moteur du changement.<br />
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Merci à tous les avocats, magistrats et parlementaires présents aujourd'hui à Paris, qui portent ce combat au quotidien dans leurs pays, encourant parfois de grands risques. Votre engagement est indispensable.<br />
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La tenue de ce Congrès, ici même à Paris, est particulièrement symbolique. Nous nous trouvons à quelques encablures du Palais de Chaillot. C'est là que fut adoptée en 1948 la Déclaration universelle des droits de l'Homme, à laquelle René Cassin participa. Prix Nobel de la Paix pour son combat inlassable pour la dignité de la personne humaine, il disparut il y a cinquante ans et demeure pour nous un phare et une source d'inspiration.<br />
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Mesdames, Messieurs,<br />
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Nous sommes engagés au niveau multilatéral pour parvenir à l'abolition universelle. En 2007, la France a inscrit dans sa Constitution la prohibition de la peine de mort. Cette modification nous a permis de ratifier le deuxième protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits civils et politiques visant à abolir la peine de mort. Avec ce pacte et d'autres textes, les membres des Nations unies ont fait de l'abolition de la peine de mort une priorité. Des résolutions majeures ont été adoptées dans les enceintes internationales. En 2007, la première d'entre elles, qui demandait un moratoire universel sur les exécutions, a été adoptée à une large majorité. Ces résolutions montrent une tendance irréversible : le monde se détourne de la peine de mort ; notre combat porte ses fruits. En 2024, 130 États à l'Assemblée générale ont voté en faveur de cette résolution.<br />
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Le Haut-Commissariat aux droits de l'Homme joue un rôle clé pour porter ce combat sur la scène internationale. Je salue à ce titre le Haut-Commissaire, M. Volker Türk, et le remercie d'être à nos côtés. L'Alliance mondiale pour les droits de l'Homme, lancée il y a quelques jours à Genève, contribuera à mobiliser les opinions publiques, les acteurs du monde privé, comme ceux de la société civile.  Monsieur le Haut-Commissaire, face aux attaques contre les droits qui se multiplient partout dans le monde, cette initiative est essentielle ; vous avez notre soutien.<br />
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De nombreux États se mobilisent aux côtés de la France pour l'abolition universelle de la peine de mort. Je tiens donc à remercier chaleureusement les 24 États membres de la Commission internationale contre la peine de mort pour leur action, ainsi que les États membres du Core group des amis des Congrès mondiaux pour leur mobilisation dans la préparation de ce Congrès. <br />
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Le pouvoir judiciaire est aussi un allié incontournable vers l'abolition universelle. La Cour européenne des droits de l'Homme a joué un rôle fondamental en ce sens, et je salue la présence parmi nous du Secrétaire général du Conseil de l'Europe, M. Alain Berset. La Cour a progressivement érigé l'abolition en principe intangible, grâce à son interprétation de l'article 2 de la Convention européenne des droits de l'Homme. C'est une fierté pour les peuples d'Europe. Car chaque fois qu'un juge refuse de recourir à la peine de mort, il porte sa pierre à l'édifice de l'abolition. Quant aux avocats, ils sont la dernière ligne de défense entre l'accusé et la chambre d'exécution. Souvenons-nous de l'exemple de Robert Badinter, que la Nation française a fait entrer au Panthéon, avec les Lumières et l'esprit de 1789, le 9 octobre 2025. Pour lui, la peine de mort était l'échec de la justice, et aucun échec n'est irréparable.<br />
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Mesdames, Messieurs,<br />
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La jeunesse est l'espoir de l'abolition universelle. Les étudiants, les militants, les influenceurs, toutes celles et ceux qui sont ici avec nous et portent le combat de l'abolition avec une énergie nouvelle. C'est pourquoi le Congrès a décidé de mettre en lumière l'engagement de la jeunesse. Pour nous, il s'agit de renforcer l'éducation en matière de droits de l'Homme, de former les futurs juristes à défendre l'abolition, et de promouvoir les initiatives portées par les réseaux de jeunes militants partout dans le monde.<br />
<br />
La lutte contre la peine de mort n'est pas qu'un combat juridique ou politique, c'est l'affirmation d'un principe simple : la dignité de la personne humaine ne saurait connaître ni exception, ni hiérarchie. Elle est le socle vivant de nos démocraties, le principe cardinal qui fonde la primauté de la personne humaine sur toute forme de pouvoir. <br />
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De cette exigence découlent l'ensemble des libertés fondamentales auxquelles la France demeure indéfectiblement attachée : la liberté d'expression, le droit à l'éducation, le droit de participer à la vie publique dans le cadre d'élections libres. La France soutient toutes celles et ceux qui, avec détermination, se battent pour que ces droits soient protégés. Alors que les démocraties sont mises à l'épreuve, nous devons réaffirmer avec clarté ce qui nous unit : notre attachement à l'universalité des droits et aux principes qui fondent nos sociétés libres. <br />
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 « La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie. Partout où la peine de mort est prodiguée, la barbarie domine ; partout où la peine de mort est rare, la civilisation règne. » Ainsi parlait Victor Hugo en 1848. Nous reprenons ses mots et son combat aujourd'hui, pour faire de ce projet de civilisation une réalité. <br />
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Par votre présence nombreuse, par vos engagements et vos témoignages, vous donnez corps à ces valeurs et vous faites vivre la dynamique dont nous avons besoin pour atteindre l'abolition universelle de la peine de mort. Grâce à votre mobilisation collective, à vous toutes et tous qui êtes présents aujourd'hui, la promesse d'un monde sans peine de mort est accessible. Alors ne baissons pas la tête, ne baissons pas les bras, et travaillons sans relâche pour atteindre l'abolition universelle.<br />
<br />
Je vous remercie.]]></content:encoded>
      <guid>https://www.peinedemort.org/document/12717</guid>
      <pubDate>Tue, 30 Jun 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
      <author>Ministère des Affaires Etrangères français</author>
    </item>
    <item>
      <title>Discours du Président de la République à l'occasion du 9e Congrès mondial contre la peine de mort.</title>
      <link>https://www.peinedemort.org/document/12719</link>
      <description>Mesdames et Messieurs,&#13;
Chers amis,&#13;
Merci Madame la directrice générale, pour votre accueil dans cette auguste maison.&#13;
Je salue l'ensemble des ministres, présidentes et présidents d'organisations, de cours, d'organisations internationales, les ambassadrices, les ambassadeurs, les parlementaires, tous les représentants d'organisations internationales et non gouvernementales.&#13;
Au fond, on dit généralement : Mesdames et Messieurs, en vos grades et qualités.&#13;
J'ai envie de vous dire en plus, au titre des combats qui sont les vôtres. &#13;
Je suis très heureux, Président, d'être là à vos côtés en cette journée. C'est au fond, un vieil engagement, engagement pris aux côtés de Robert Badinter lorsque nous avions célébré ensemble les 40 ans de la loi d'abolition en France, engagement pris à Chaillot lorsqu'on célébrait des textes ô combien importants au fondement de nos principes et de nos valeurs, et engagement pris auprès des uns et des autres durant toutes ces dernières années, qui sont des engagements que la France a pris depuis des décennies, même plus loin que cela. En accueillant aujourd'hui le 9e Congrès mondial contre la peine de mort, la France retrouve au fond un rendez-vous qu'elle avait contribué à inaugurer à Strasbourg il y a 25 ans avec le tout premier Congrès. Elle continue d'être aux côtés de celles et ceux qui se battent pour l'abolition.&#13;
&#13;
Depuis, le monde a profondément changé, c'est une évidence de le dire. Nombre d'États abolitionnistes ont rejoint. L'abolition de la peine de mort est en effet l'un des rares droits humains en constante progression et l'espérance d'une abolition universelle constitue un horizon accessible. Toutefois, et j'y reviendrai, les risques demeurent dans beaucoup de pays et quand je vois les débats dans nos pays, je considère que rien n'est acquis. La France, l'Europe, de nombreux États à travers le monde, dont je veux ici saluer l'engagement et les représentants, ont endossé ce combat, continuent à le faire, il est essentiel. La France elle-même sait que l'abolition de la peine de mort est un combat. Beaucoup de gens font semblant de croire que c'est au fond une évidence, que cela aurait toujours été, que c'est très simple. Je n'oublie pas le combat qui a été mené il y a plus de 40 ans contre l'opinion publique, contre, au fond, l'opinion telle qu'elle semblait s'exprimer, mais au nom des principes qui guident cette abolition.&#13;
&#13;
Je sais que dans beaucoup de pays où cette abolition continue de progresser, rien de ce chemin n'est évident. C'est toujours le fruit d'un débat profond, parfois douloureux, traversant nos sociétés, nos consciences, nos convictions les plus intimes. Une majorité de nos compatriotes était encore en effet opposée à l'abolition quand, le 18 septembre 1981, l'Assemblée nationale adoptait la loi portant abolition de la peine de mort, initiative alors portée par le garde des Sceaux Robert Badinter, soutenu dès sa campagne par le Président François Mitterrand. Nous avons appris et compris qu'une démocratie pouvait se montrer inflexible à l'égard du crime sans pour autant renoncer à l'humanité, sans pour autant, au fond, devenir ce qu'elle combat. Cette expérience aussi nous invite à beaucoup d'humilité. Aucun peuple ne transforme ses représentations de la justice en un jour. La peine de mort, je le dis ici avec beaucoup d'humilité devant plusieurs femmes et plusieurs hommes qui ont vécu ces situations.&#13;
                                            &#13;
  La peine de mort, c'est d'abord un silence, celui que décrit Hugo et beaucoup d'autres, celui qui suit le prononcé de la sentence, chape de plomb froide qui s'abat sur l'individu et assassine déjà une part de son humanité. La peine de mort, c'est ensuite une attente. Cette attente du condamné qui vit ses derniers jours, parfois nombreux, le corps et l'esprit enchaînés à une seule et même pensée, terrible, insoutenable, incommensurable : la mort. Depuis des siècles, la peine de mort accompagne l'histoire des Hommes. Elle a été présentée comme une nécessité, comme une justice, parfois comme une protection, mais nous savons qu'il n'en est rien. Je ne veux pas ici revenir sur les débats, les démonstrations, sur l'instrumentalisation de celles-ci, les biais, le caractère toujours faillible de nos décisions de justice qui vont avec notre justice elle-même. Je voudrais simplement dire à cet égard deux choses très simples.&#13;
&#13;
La peine de mort n'a jamais rendu une société plus sûre. Jamais. Parce qu'elle ne dissuade pas. C'est faux. Ça a été montré, observé, mesuré. La peine de mort n'a et n'a jamais eu la valeur dissuasive que certains pouvoirs, souvent autoritaires, qui la défendent voudraient lui accorder. Elle peut être une arme, elle n'est jamais un bouclier. La deuxième chose fondamentale à mes yeux, c'est qu'au fond l'abolition, c'est la reconnaissance de la dignité humaine, c'est le fait que quoi que l'un ou l'une d'entre nous ait pu faire, nous n'avons pas le pouvoir de lui nier cette appartenance à notre humanité. Ce principe est au fondement de toutes nos sociétés démocratiques. Ce principe est la possibilité même de vivre ensemble. Même avec le pire des hommes ou la pire des femmes, nous devons faire et nous ne pouvons lui nier sa part de dignité humaine. Nous pouvons le punir, nous devons le punir. Nous devons contribuer à la restauration des droits de la victime, de ses ayants droit, de sa famille. Nous devons le punir pour lui faire comprendre, porter réparation au nom de la société, mais nous n'avons pas le droit de lui enlever cette appartenance à l'humanité.&#13;
&#13;
Il y a en quelque sorte une trahison de ce que nous sommes et de ce que sont nos sociétés démocratiques dans la peine de mort, en ce qu'elles viennent d'une part nier la dignité de l'autre, ce qui nous est interdit, mais en ce qu'elles pensent qu'on peut chasser le mal de la société. Être une démocratie, c'est construire la possibilité de prendre des décisions ensemble, de donner des représentations, de prendre des lois, de prendre des décisions, mais c'est reconnaître la part de tous au sein d'une société démocratique, la part de chacun, et d'accepter qu'on ne chasse pas le mal qui est le nôtre hors de notre société. On le contraint, on le réduit, on le sanctionne, on le prévient par l'éducation, parfois par le soin, mais on ne peut pas le chasser et le nier, et en aucun cas la peine de mort véritablement ne le supprime. C'étaient les deux choses que je voulais rappeler à cet égard, qui me paraissent importantes.&#13;
&#13;
La peine de mort n'est pas efficace, contrairement à ce qu'on nous dit, la peine de mort est une négation de l'humanité et du principe de dignité humaine qui est en chacun de nous. C'est pourquoi, à cet égard, une démocratie ne se mesure pas seulement à la force de ses lois, mais à sa capacité à préserver la dignité de chacun, de réussir ce combat pour l'abolition. L'histoire de l'abolition, c'est celle d'une marche en avant, je le rappelais en commençant mon propos, et nous pouvons en effet nous réjouir du nombre croissant d'États abolitionnistes, mais la peine de mort reste cependant encore dans de nombreuses régions du monde une réalité. Alors que le monde n'a jamais été aussi proche de l'abolition, jamais les exécutions n'ont été aussi nombreuses dans les pays qui ont encore ce principe. Le nombre d'exécutions a même atteint l'année dernière son niveau le plus haut depuis 1981, avec 2 707 personnes exécutées par les autorités de 17 pays seulement. 25 000 personnes se trouvent, à l'heure où nous sommes réunis, dans l'attente insoutenable de leur exécution.&#13;
&#13;
C'est devant cette réalité et adossés aux principes humanistes qui ont fait rayonner leur histoire commune que la France et l'Europe sont pleinement engagées dans la voie de l'abolition universelle. Après avoir retiré de leurs législations respectives la peine capitale, les Européens réunis au sein du Conseil de l'Europe ont décidé collectivement de fonder en 2003 le premier et plus vaste espace politique de l'histoire sans peine de mort, à travers la ratification du 13e protocole additionnel à la Convention européenne des droits de l'Homme. C'est une fierté. Notre Union européenne a également fait de l'abolition une condition à l'intégration par de nouveaux États. L'idéal abolitionniste est au cœur des principes et de l'édifice européen, mais il n'est en aucun cas réductible à l'Europe seule. D'abord, faisant référence au Conseil de l'Europe, il doit s'étendre à la totalité de son espace, y compris jusqu'à ses confins, y compris jusque dans des pays qui, aujourd'hui encore, le bousculent.&#13;
                                                    &#13;
 Surtout, au-delà de l'humanisme qu'il y a derrière l'abolitionnisme, je veux ici redire, je l'évoquais à l'instant avec quelques-uns et quelques-unes de nos combattants de la liberté, c'est un principe universel. En aucun cas, l'idée abolitionniste ne pourra être réduite à une conception strictement européenne, ni même occidentale. Il y a des combats qui transcendent les frontières, les époques, les régimes politiques, et l'abolition universelle de la peine de mort en est un. S'il suffisait de convoquer aussi des arguments historiques et géographiques, on pourrait ici rappeler que dès 1863, le Venezuela faisait le choix historique d'abolir la peine de mort, ouvrant un chemin qui allait progressivement être emprunté sur tous les continents. Depuis notre dernier rendez-vous à Berlin en 2022, le mouvement de l'histoire a poursuivi sa marche sur d'autres continents. La Zambie et le Zimbabwe ont pris la décision d'abolir la peine capitale.&#13;
&#13;
Je veux saluer l'annonce importante faite par le ministre pour le Liban, je les en remercie ô combien. Je pense qu'il n'y a rien d'innocent à prendre pour le Liban une telle décision si courageuse, au moment où dans le voisinage d'autres décisions funestes sont prises qui vont dans le sens contraire. Je veux saluer tous les États aussi qui, comme la Malaisie, ont engagé des réformes importantes réduisant le recours à la peine de mort, même si des étapes sont encore à franchir pour aller jusqu'au bout. Ces décisions nous rappellent qu'aucune fatalité n'attache durablement un peuple à la peine de mort et que l'abolition n'est pas un idéal lointain. Mais un chemin concret sur lequel chaque étape compte. A ce titre, je ne peux voir qu'avec inquiétude ce que dans le Sahel, en Israël, certains poussent avec des textes de loi proposés, que je l'espère, les cours suprêmes en indépendance et en conscience auront à juger.&#13;
&#13;
Enfin, la cause de l'abolition universelle ne saurait être menée sans la mobilisation indispensable des sociétés civiles, des organisations non gouvernementales, des défenseurs des droits qui sont les forces vives du mouvement abolitionniste. Je souhaite ici leur rendre hommage, en particulier à « Ensemble contre la peine de mort », organisateur de ce Congrès, à la « Commission internationale contre la peine de mort » également, à laquelle a longtemps appartenu Robert Badinter, à l'ensemble des organisations de la société civile et à leurs jeunes militants qui sont engagés dans ce combat, aux Nations unies, Monsieur le Haut-Commissaire, et à l'importance, là aussi, de votre soutien, et à l'ensemble des lauréats Marianne que je viens de voir et qui sont, là aussi, une des initiatives portées par la diplomatie française qui visent à accompagner ces femmes et ces hommes qui, avec courage, se battent pour les droits humains, pour la dignité humaine et pour l'abolition.&#13;
&#13;
Voilà, mesdames et messieurs, ce que j'étais venu vous dire en soulignant, au fond, au-delà de tout cela, l'importance de ce Congrès et de votre mobilisation. Permettez-moi aussi de saluer la décision des autorités marocaines d'accueillir le prochain Congrès mondial contre la peine de mort, choix important. Au fond, en concluant mon propos, je voudrais simplement nous rappeler collectivement une chose, ça vaut pour ceux qui vivent dans des pays qui pratiquent encore la peine de mort comme dans les nôtres, y compris dans ce vieux pays qu'est la France, après les débats que nous avons encore eus ces dernières semaines. Ça n'est jamais acquis, jamais. Ne pensez pas que vous êtes les combattants d'une cause qui vaut pour tel ou tel pays qui n'a pas encore aboli, ou que vous êtes les combattants d'une mémoire qui a déjà vieilli. La bataille pour l'abolition, parce que c'est une bataille pour la dignité humaine, est éminemment contemporaine.&#13;
&#13;
Parce qu'aujourd'hui, dans nos sociétés, ce débat revient. Parce qu'aujourd'hui, dans nos sociétés, beaucoup se remettent à penser que la peine de mort serait une réponse, dans une confusion des principes et du langage. Ne croyez pas une seule seconde que le combat qui est le vôtre ne vaut pas aussi pour ici et pour aujourd'hui. Je le dis aux plus jeunes qui sont nés, c'est une chance, dans des pays où l'abolition était déjà là, qui n'ont pas eu à vivre ces débats et qui pourraient penser au fond que c'est de toute évidence, comme tous les combats pour les droits humains. C'est le fruit de luttes et ces luttes sont toujours à reprendre. C'est pourquoi votre Congrès est important, c'est pourquoi le combat qui est le vôtre est essentiel. Je dirais même que pour nos sociétés démocratiques, il est existentiel.&#13;
&#13;
Je vous remercie.</description>
      <content:encoded><![CDATA[Mesdames et Messieurs,<br />
Chers amis,<br />
Merci Madame la directrice générale, pour votre accueil dans cette auguste maison.<br />
Je salue l'ensemble des ministres, présidentes et présidents d'organisations, de cours, d'organisations internationales, les ambassadrices, les ambassadeurs, les parlementaires, tous les représentants d'organisations internationales et non gouvernementales.<br />
Au fond, on dit généralement : Mesdames et Messieurs, en vos grades et qualités.<br />
J'ai envie de vous dire en plus, au titre des combats qui sont les vôtres. <br />
Je suis très heureux, Président, d'être là à vos côtés en cette journée. C'est au fond, un vieil engagement, engagement pris aux côtés de Robert Badinter lorsque nous avions célébré ensemble les 40 ans de la loi d'abolition en France, engagement pris à Chaillot lorsqu'on célébrait des textes ô combien importants au fondement de nos principes et de nos valeurs, et engagement pris auprès des uns et des autres durant toutes ces dernières années, qui sont des engagements que la France a pris depuis des décennies, même plus loin que cela. En accueillant aujourd'hui le 9e Congrès mondial contre la peine de mort, la France retrouve au fond un rendez-vous qu'elle avait contribué à inaugurer à Strasbourg il y a 25 ans avec le tout premier Congrès. Elle continue d'être aux côtés de celles et ceux qui se battent pour l'abolition.<br />
<br />
Depuis, le monde a profondément changé, c'est une évidence de le dire. Nombre d'États abolitionnistes ont rejoint. L'abolition de la peine de mort est en effet l'un des rares droits humains en constante progression et l'espérance d'une abolition universelle constitue un horizon accessible. Toutefois, et j'y reviendrai, les risques demeurent dans beaucoup de pays et quand je vois les débats dans nos pays, je considère que rien n'est acquis. La France, l'Europe, de nombreux États à travers le monde, dont je veux ici saluer l'engagement et les représentants, ont endossé ce combat, continuent à le faire, il est essentiel. La France elle-même sait que l'abolition de la peine de mort est un combat. Beaucoup de gens font semblant de croire que c'est au fond une évidence, que cela aurait toujours été, que c'est très simple. Je n'oublie pas le combat qui a été mené il y a plus de 40 ans contre l'opinion publique, contre, au fond, l'opinion telle qu'elle semblait s'exprimer, mais au nom des principes qui guident cette abolition.<br />
<br />
Je sais que dans beaucoup de pays où cette abolition continue de progresser, rien de ce chemin n'est évident. C'est toujours le fruit d'un débat profond, parfois douloureux, traversant nos sociétés, nos consciences, nos convictions les plus intimes. Une majorité de nos compatriotes était encore en effet opposée à l'abolition quand, le 18 septembre 1981, l'Assemblée nationale adoptait la loi portant abolition de la peine de mort, initiative alors portée par le garde des Sceaux Robert Badinter, soutenu dès sa campagne par le Président François Mitterrand. Nous avons appris et compris qu'une démocratie pouvait se montrer inflexible à l'égard du crime sans pour autant renoncer à l'humanité, sans pour autant, au fond, devenir ce qu'elle combat. Cette expérience aussi nous invite à beaucoup d'humilité. Aucun peuple ne transforme ses représentations de la justice en un jour. La peine de mort, je le dis ici avec beaucoup d'humilité devant plusieurs femmes et plusieurs hommes qui ont vécu ces situations.<br />
                                            <br />
  La peine de mort, c'est d'abord un silence, celui que décrit Hugo et beaucoup d'autres, celui qui suit le prononcé de la sentence, chape de plomb froide qui s'abat sur l'individu et assassine déjà une part de son humanité. La peine de mort, c'est ensuite une attente. Cette attente du condamné qui vit ses derniers jours, parfois nombreux, le corps et l'esprit enchaînés à une seule et même pensée, terrible, insoutenable, incommensurable : la mort. Depuis des siècles, la peine de mort accompagne l'histoire des Hommes. Elle a été présentée comme une nécessité, comme une justice, parfois comme une protection, mais nous savons qu'il n'en est rien. Je ne veux pas ici revenir sur les débats, les démonstrations, sur l'instrumentalisation de celles-ci, les biais, le caractère toujours faillible de nos décisions de justice qui vont avec notre justice elle-même. Je voudrais simplement dire à cet égard deux choses très simples.<br />
<br />
La peine de mort n'a jamais rendu une société plus sûre. Jamais. Parce qu'elle ne dissuade pas. C'est faux. Ça a été montré, observé, mesuré. La peine de mort n'a et n'a jamais eu la valeur dissuasive que certains pouvoirs, souvent autoritaires, qui la défendent voudraient lui accorder. Elle peut être une arme, elle n'est jamais un bouclier. La deuxième chose fondamentale à mes yeux, c'est qu'au fond l'abolition, c'est la reconnaissance de la dignité humaine, c'est le fait que quoi que l'un ou l'une d'entre nous ait pu faire, nous n'avons pas le pouvoir de lui nier cette appartenance à notre humanité. Ce principe est au fondement de toutes nos sociétés démocratiques. Ce principe est la possibilité même de vivre ensemble. Même avec le pire des hommes ou la pire des femmes, nous devons faire et nous ne pouvons lui nier sa part de dignité humaine. Nous pouvons le punir, nous devons le punir. Nous devons contribuer à la restauration des droits de la victime, de ses ayants droit, de sa famille. Nous devons le punir pour lui faire comprendre, porter réparation au nom de la société, mais nous n'avons pas le droit de lui enlever cette appartenance à l'humanité.<br />
<br />
Il y a en quelque sorte une trahison de ce que nous sommes et de ce que sont nos sociétés démocratiques dans la peine de mort, en ce qu'elles viennent d'une part nier la dignité de l'autre, ce qui nous est interdit, mais en ce qu'elles pensent qu'on peut chasser le mal de la société. Être une démocratie, c'est construire la possibilité de prendre des décisions ensemble, de donner des représentations, de prendre des lois, de prendre des décisions, mais c'est reconnaître la part de tous au sein d'une société démocratique, la part de chacun, et d'accepter qu'on ne chasse pas le mal qui est le nôtre hors de notre société. On le contraint, on le réduit, on le sanctionne, on le prévient par l'éducation, parfois par le soin, mais on ne peut pas le chasser et le nier, et en aucun cas la peine de mort véritablement ne le supprime. C'étaient les deux choses que je voulais rappeler à cet égard, qui me paraissent importantes.<br />
<br />
La peine de mort n'est pas efficace, contrairement à ce qu'on nous dit, la peine de mort est une négation de l'humanité et du principe de dignité humaine qui est en chacun de nous. C'est pourquoi, à cet égard, une démocratie ne se mesure pas seulement à la force de ses lois, mais à sa capacité à préserver la dignité de chacun, de réussir ce combat pour l'abolition. L'histoire de l'abolition, c'est celle d'une marche en avant, je le rappelais en commençant mon propos, et nous pouvons en effet nous réjouir du nombre croissant d'États abolitionnistes, mais la peine de mort reste cependant encore dans de nombreuses régions du monde une réalité. Alors que le monde n'a jamais été aussi proche de l'abolition, jamais les exécutions n'ont été aussi nombreuses dans les pays qui ont encore ce principe. Le nombre d'exécutions a même atteint l'année dernière son niveau le plus haut depuis 1981, avec 2 707 personnes exécutées par les autorités de 17 pays seulement. 25 000 personnes se trouvent, à l'heure où nous sommes réunis, dans l'attente insoutenable de leur exécution.<br />
<br />
C'est devant cette réalité et adossés aux principes humanistes qui ont fait rayonner leur histoire commune que la France et l'Europe sont pleinement engagées dans la voie de l'abolition universelle. Après avoir retiré de leurs législations respectives la peine capitale, les Européens réunis au sein du Conseil de l'Europe ont décidé collectivement de fonder en 2003 le premier et plus vaste espace politique de l'histoire sans peine de mort, à travers la ratification du 13e protocole additionnel à la Convention européenne des droits de l'Homme. C'est une fierté. Notre Union européenne a également fait de l'abolition une condition à l'intégration par de nouveaux États. L'idéal abolitionniste est au cœur des principes et de l'édifice européen, mais il n'est en aucun cas réductible à l'Europe seule. D'abord, faisant référence au Conseil de l'Europe, il doit s'étendre à la totalité de son espace, y compris jusqu'à ses confins, y compris jusque dans des pays qui, aujourd'hui encore, le bousculent.<br />
                                                    <br />
 Surtout, au-delà de l'humanisme qu'il y a derrière l'abolitionnisme, je veux ici redire, je l'évoquais à l'instant avec quelques-uns et quelques-unes de nos combattants de la liberté, c'est un principe universel. En aucun cas, l'idée abolitionniste ne pourra être réduite à une conception strictement européenne, ni même occidentale. Il y a des combats qui transcendent les frontières, les époques, les régimes politiques, et l'abolition universelle de la peine de mort en est un. S'il suffisait de convoquer aussi des arguments historiques et géographiques, on pourrait ici rappeler que dès 1863, le Venezuela faisait le choix historique d'abolir la peine de mort, ouvrant un chemin qui allait progressivement être emprunté sur tous les continents. Depuis notre dernier rendez-vous à Berlin en 2022, le mouvement de l'histoire a poursuivi sa marche sur d'autres continents. La Zambie et le Zimbabwe ont pris la décision d'abolir la peine capitale.<br />
<br />
Je veux saluer l'annonce importante faite par le ministre pour le Liban, je les en remercie ô combien. Je pense qu'il n'y a rien d'innocent à prendre pour le Liban une telle décision si courageuse, au moment où dans le voisinage d'autres décisions funestes sont prises qui vont dans le sens contraire. Je veux saluer tous les États aussi qui, comme la Malaisie, ont engagé des réformes importantes réduisant le recours à la peine de mort, même si des étapes sont encore à franchir pour aller jusqu'au bout. Ces décisions nous rappellent qu'aucune fatalité n'attache durablement un peuple à la peine de mort et que l'abolition n'est pas un idéal lointain. Mais un chemin concret sur lequel chaque étape compte. A ce titre, je ne peux voir qu'avec inquiétude ce que dans le Sahel, en Israël, certains poussent avec des textes de loi proposés, que je l'espère, les cours suprêmes en indépendance et en conscience auront à juger.<br />
<br />
Enfin, la cause de l'abolition universelle ne saurait être menée sans la mobilisation indispensable des sociétés civiles, des organisations non gouvernementales, des défenseurs des droits qui sont les forces vives du mouvement abolitionniste. Je souhaite ici leur rendre hommage, en particulier à « Ensemble contre la peine de mort », organisateur de ce Congrès, à la « Commission internationale contre la peine de mort » également, à laquelle a longtemps appartenu Robert Badinter, à l'ensemble des organisations de la société civile et à leurs jeunes militants qui sont engagés dans ce combat, aux Nations unies, Monsieur le Haut-Commissaire, et à l'importance, là aussi, de votre soutien, et à l'ensemble des lauréats Marianne que je viens de voir et qui sont, là aussi, une des initiatives portées par la diplomatie française qui visent à accompagner ces femmes et ces hommes qui, avec courage, se battent pour les droits humains, pour la dignité humaine et pour l'abolition.<br />
<br />
Voilà, mesdames et messieurs, ce que j'étais venu vous dire en soulignant, au fond, au-delà de tout cela, l'importance de ce Congrès et de votre mobilisation. Permettez-moi aussi de saluer la décision des autorités marocaines d'accueillir le prochain Congrès mondial contre la peine de mort, choix important. Au fond, en concluant mon propos, je voudrais simplement nous rappeler collectivement une chose, ça vaut pour ceux qui vivent dans des pays qui pratiquent encore la peine de mort comme dans les nôtres, y compris dans ce vieux pays qu'est la France, après les débats que nous avons encore eus ces dernières semaines. Ça n'est jamais acquis, jamais. Ne pensez pas que vous êtes les combattants d'une cause qui vaut pour tel ou tel pays qui n'a pas encore aboli, ou que vous êtes les combattants d'une mémoire qui a déjà vieilli. La bataille pour l'abolition, parce que c'est une bataille pour la dignité humaine, est éminemment contemporaine.<br />
<br />
Parce qu'aujourd'hui, dans nos sociétés, ce débat revient. Parce qu'aujourd'hui, dans nos sociétés, beaucoup se remettent à penser que la peine de mort serait une réponse, dans une confusion des principes et du langage. Ne croyez pas une seule seconde que le combat qui est le vôtre ne vaut pas aussi pour ici et pour aujourd'hui. Je le dis aux plus jeunes qui sont nés, c'est une chance, dans des pays où l'abolition était déjà là, qui n'ont pas eu à vivre ces débats et qui pourraient penser au fond que c'est de toute évidence, comme tous les combats pour les droits humains. C'est le fruit de luttes et ces luttes sont toujours à reprendre. C'est pourquoi votre Congrès est important, c'est pourquoi le combat qui est le vôtre est essentiel. Je dirais même que pour nos sociétés démocratiques, il est existentiel.<br />
<br />
Je vous remercie.]]></content:encoded>
      <guid>https://www.peinedemort.org/document/12719</guid>
      <pubDate>Tue, 30 Jun 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
      <author>Présidence de la République française</author>
    </item>
    <item>
      <title>La France accueille le 9ème Congrès mondial contre la peine de mort</title>
      <link>https://www.peinedemort.org/document/12714</link>
      <description>Organisé par l'ONG française Ensemble contre la peine de mort, le Congrès aura lieu à Paris du 30 juin au 2 juillet 2026. Grâce à la coopération d'acteurs politiques, institutionnels et juridiques, et de la société civile, il représente le temps fort du mouvement abolitionniste mondial.&#13;
&#13;
&#13;
Le Congrès contre la peine de mort, organisé par l'organisation non gouvernementale Ensemble contre la peine de mort (ECPM), sera ponctué de sessions de travail dédiées à des thématiques spécifiques et d'événements ouverts à tous ceux qui souhaitent se mobiliser pour l'abolition universelle de la peine de mort, en particulier les jeunes. &#13;
&#13;
Un hommage particulier sera rendu à Robert Badinter, dont le combat acharné avait conduit à l'adoption de la loi portant abolition de la peine de mort en France, dont nous célébrons le 45ème anniversaire. Robert Badinter avait été à l'origine du mouvement abolitionniste et de l'organisation de ces Congrès mondiaux annuels, dont la première édition s'était tenue à Strasbourg en 2001.&#13;
&#13;
Le programme complet est disponible ici et les inscriptions se font sur l'application « ECPM – 9th World Congress ».&#13;
&#13;
La France reste à la pointe du combat pour l'abolition universelle et engagée, avec ses partenaires européens, aux côtés des organisations internationales et des organisations de la société civile qui militent au service des valeurs de la communauté abolitionniste.&#13;
&#13;
L'événement, qui a lieu tous les trois ans,  est ouvert au public et aura lieu à Paris à la Maison de la Radio et la Musique (30 juin et 1e juillet) et à l'Hôtel de Lassay (2 juillet). </description>
      <content:encoded><![CDATA[Organisé par l'ONG française Ensemble contre la peine de mort, le Congrès aura lieu à Paris du 30 juin au 2 juillet 2026. Grâce à la coopération d'acteurs politiques, institutionnels et juridiques, et de la société civile, il représente le temps fort du mouvement abolitionniste mondial.<br />
<br />
<br />
Le Congrès contre la peine de mort, organisé par l'organisation non gouvernementale Ensemble contre la peine de mort (ECPM), sera ponctué de sessions de travail dédiées à des thématiques spécifiques et d'événements ouverts à tous ceux qui souhaitent se mobiliser pour l'abolition universelle de la peine de mort, en particulier les jeunes. <br />
<br />
Un hommage particulier sera rendu à Robert Badinter, dont le combat acharné avait conduit à l'adoption de la loi portant abolition de la peine de mort en France, dont nous célébrons le 45ème anniversaire. Robert Badinter avait été à l'origine du mouvement abolitionniste et de l'organisation de ces Congrès mondiaux annuels, dont la première édition s'était tenue à Strasbourg en 2001.<br />
<br />
Le programme complet est disponible ici et les inscriptions se font sur l'application « ECPM – 9th World Congress ».<br />
<br />
La France reste à la pointe du combat pour l'abolition universelle et engagée, avec ses partenaires européens, aux côtés des organisations internationales et des organisations de la société civile qui militent au service des valeurs de la communauté abolitionniste.<br />
<br />
L'événement, qui a lieu tous les trois ans,  est ouvert au public et aura lieu à Paris à la Maison de la Radio et la Musique (30 juin et 1e juillet) et à l'Hôtel de Lassay (2 juillet). ]]></content:encoded>
      <guid>https://www.peinedemort.org/document/12714</guid>
      <pubDate>Thu, 25 Jun 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
      <author>Ministère des Affaires Etrangères français</author>
    </item>
    <item>
      <title>La diplomatie française mobilisée pour l'abolition de la peine de mort</title>
      <link>https://www.peinedemort.org/document/12485</link>
      <description>Le 10 octobre 2025, à l'occasion de la 23e Journée mondiale contre la peine de mort, la France réitère son opposition, en tous lieux et en toutes circonstances, à la peine capitale.&#13;
&#13;
Un combat sur le long terme de la diplomatie française&#13;
&#13;
Depuis 1981, date de l'abolition de la peine de mort en France, la France est résolument engagée en faveur de l'abolition universelle de la peine de mort, contraire à la dignité humaine.&#13;
&#13;
Le recours à la peine de mort n'est pas un simple instrument de politique pénale, c'est une violation des droits de l'Homme. Dans les enceintes internationales, la France mène une action déterminée en faveur de l'abolition. Elle appelle notamment tous les États à signer et à ratifier le deuxième Protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits civils et politiques visant à l'abolir.&#13;
&#13;
Aujourd'hui, plus de deux tiers des États l'ont aboli en droit ou en pratique, mais 47 États continuent de l'appliquer.&#13;
&#13;
Un rendez-vous majeur en 2026&#13;
&#13;
La France accueillera du 30 juin au 2 juillet 2026 le 9e Congrès mondial contre la peine de mort à Paris. Les Congrès contre la peine de mort, organisés tous les trois ans par l'ONG Ensemble contre la peine de mort (ECPM), sont des temps forts du mouvement abolitionniste mondial. Ils réunissent gouvernements, parlementaires, membres de la société civile, et citoyens engagés autour de cet objectif commun. C'est la troisième fois que ce Congrès mondial est organisé en France, 25 ans après sa première édition à Strasbourg.&#13;
&#13;
Zoom sur Robert Badinter :&#13;
En France, l'abolition de la peine capitale a été promulguée le 9 octobre 1981, à l'initiative du Garde des Sceaux de l'époque Robert Badinter. L'abolition a été inscrite dans la Constitution en 2007. &#13;
-  Robert Badinter a été le ministre de la Justice sous la présidence de François Mitterrand et a porté la loi abolissant la peine de mort en France. &#13;
-  Il a ensuite présidé le Conseil Constitutionnel de 1986 à 1995 &#13;
-  Il est décédé le 9 février 2024. &#13;
-  Il entre au Panthéon le 9 octobre 2025, date anniversaire de l'adoption de la loi de 1981 qu'il a porté en tant que ministre de la Justice</description>
      <content:encoded><![CDATA[Le 10 octobre 2025, à l'occasion de la 23e Journée mondiale contre la peine de mort, la France réitère son opposition, en tous lieux et en toutes circonstances, à la peine capitale.<br />
<br />
Un combat sur le long terme de la diplomatie française<br />
<br />
Depuis 1981, date de l'abolition de la peine de mort en France, la France est résolument engagée en faveur de l'abolition universelle de la peine de mort, contraire à la dignité humaine.<br />
<br />
Le recours à la peine de mort n'est pas un simple instrument de politique pénale, c'est une violation des droits de l'Homme. Dans les enceintes internationales, la France mène une action déterminée en faveur de l'abolition. Elle appelle notamment tous les États à signer et à ratifier le deuxième Protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits civils et politiques visant à l'abolir.<br />
<br />
Aujourd'hui, plus de deux tiers des États l'ont aboli en droit ou en pratique, mais 47 États continuent de l'appliquer.<br />
<br />
Un rendez-vous majeur en 2026<br />
<br />
La France accueillera du 30 juin au 2 juillet 2026 le 9e Congrès mondial contre la peine de mort à Paris. Les Congrès contre la peine de mort, organisés tous les trois ans par l'ONG Ensemble contre la peine de mort (ECPM), sont des temps forts du mouvement abolitionniste mondial. Ils réunissent gouvernements, parlementaires, membres de la société civile, et citoyens engagés autour de cet objectif commun. C'est la troisième fois que ce Congrès mondial est organisé en France, 25 ans après sa première édition à Strasbourg.<br />
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Zoom sur Robert Badinter :<br />
En France, l'abolition de la peine capitale a été promulguée le 9 octobre 1981, à l'initiative du Garde des Sceaux de l'époque Robert Badinter. L'abolition a été inscrite dans la Constitution en 2007. <br />
-  Robert Badinter a été le ministre de la Justice sous la présidence de François Mitterrand et a porté la loi abolissant la peine de mort en France. <br />
-  Il a ensuite présidé le Conseil Constitutionnel de 1986 à 1995 <br />
-  Il est décédé le 9 février 2024. <br />
-  Il entre au Panthéon le 9 octobre 2025, date anniversaire de l'adoption de la loi de 1981 qu'il a porté en tant que ministre de la Justice]]></content:encoded>
      <guid>https://www.peinedemort.org/document/12485</guid>
      <pubDate>Fri, 10 Oct 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
      <author>Ministère des Affaires Etrangères français</author>
    </item>
    <item>
      <title>Robert Badinter, artisan de l'abolition de la peine de mort, est entré au Panthéon</title>
      <link>https://www.peinedemort.org/document/12476</link>
      <description>Robert Badinter est entré jeudi au Panthéon, le temple de l'universalisme républicain, "avec les Lumières" et "les principes de l'Etat de droit", lors d'une cérémonie solennelle en hommage à l'artisan de l'abolition de la peine de mort.&#13;
&#13;
Emmanuel Macron a promis dans son discours de continuer à "porter" son combat "jusqu'à l'abolition universelle".&#13;
&#13;
"Pour Robert Badinter, chaque jour devant nous doit être un 9 octobre", date de la loi de 1981 portant l'abolition de la peine de mort, a dit le chef de l'Etat sous la nef du Panthéon.&#13;
&#13;
Peu avant, le cénotaphe, cercueil au nom de l'ancien avocat et garde des Sceaux décédé en février 2024 à l'âge de 95 ans, était entré dans l'ancienne église du centre de Paris, devenue monument funéraire portant sur son fronton la devise "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante".&#13;
&#13;
Sous les applaudissements du public venu nombreux, les mots du discours du ministre de la Justice de François Mitterrand ont résonné, quand il demanda à la tribune de l'Assemblée nationale le 17 septembre 1981, et obtint "l'abolition de la peine de mort en France", conformément à un engagement du président socialiste à rebours de l'opinion de l'époque.&#13;
&#13;
"Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue", lançait l'homme de droit devenu homme politique aux députés dans un débat passionné.&#13;
&#13;
Parmi les temps forts, Julien Clerc a interprété sa chanson "L'assassin assassiné" consacrée en 1980 à la lutte pour l'abolition du châtiment suprême.&#13;
&#13;
Le comédien Guillaume Gallienne a lu un texte de Victor Hugo, précurseur dans ce même combat. Ce texte, comme d'autres, a été choisi par la veuve de l'avocat qui sauva plusieurs hommes de la guillotine, la philosophe Élisabeth Badinter, également applaudie à son arrivée sur place.&#13;
&#13;
"Robert Badinter entre au Panthéon avec les Lumières et l'esprit de 1789", "avec les principes de l'Etat de droit", a déclaré Emmanuel Macron dans son discours.&#13;
&#13;
"Il entre au Panthéon et nous entendons sa voix qui plaide ses grands combats essentiels et inachevés: l'abolition universelle de la peine de mort, la lutte contre le poison antisémite et ses prêcheurs de haine, la lutte pour la défense de l'Etat de droit", a ajouté le chef de l'Etat.&#13;
&#13;
Il a rappelé que Robert Badinter était "né dans les années vingt ravagées par la haine des Juifs" et "s'est éteint dans nos années vingt où à nouveau la haine des Juifs tue". "N'éteignons jamais cette colère face à l'antisémitisme", a martelé le président de la République.&#13;
&#13;
-"Universalisme républicain"-&#13;
&#13;
La journée a été ternie par une profanation de la tombe de Robert Badinter dans la matinée à Bagneux, où il est effectivement enterré. Les "tags qui insultent ses engagements contre la peine de mort et pour la dépénalisation de l'homosexualité", dénoncés par le maire de la ville, ont été rapidement nettoyés.&#13;
&#13;
"Honte à ceux qui ont voulu souiller sa mémoire", avait immédiatement réagi Emmanuel Macron.&#13;
&#13;
Prévue de longue date, cette cinquième panthéonisation sous ses mandats sera une parenthèse en pleine crise politique pour le chef de l'Etat, qui doit décider d'ici vendredi soir quoi faire pour sortir le pays de l'impasse.&#13;
&#13;
Celui qui fut aussi président du Conseil constitutionnel de 1986 à 1995 repose désormais symboliquement au Panthéon, à travers des objets déposés dans son cénotaphe: sa robe d'avocat, une copie de son discours sur l'abolition de la peine de mort et trois livres dont un de Victor Hugo.&#13;
&#13;
Dans le caveau "des révolutionnaires de 1789", où reposent Condorcet, l'abbé Grégoire et Gaspard Monge depuis le bicentenaire de la Révolution.&#13;
&#13;
Emmanuel Macron a déjà fait entrer dans la nécropole républicaine Simone Veil, rescapée d'Auschwitz et auteure de la loi sur l'interruption volontaire de grossesse, l'écrivain chroniqueur de l'horreur des tranchées de la Première Guerre mondiale Maurice Genevoix, la star du music-hall, résistante et militante antiraciste franco-américaine Joséphine Baker, et le résistant communiste d'origine arménienne Missak Manouchian.&#13;
&#13;
L'historien et résistant Marc Bloch sera à son tour panthéonisé mi-juin, 82 ans après son exécution par la Gestapo en 1944.&#13;
&#13;
Pour l'historien Denis Peschanski, le fil conducteur de ces choix présidentiels est l'"universalisme républicain". "C'est la France des Lumières, qu'incarnait Robert Badinter à travers son combat abolitionniste mais aussi sa défense acharnée des victimes et sa lutte pour les droits".</description>
      <content:encoded><![CDATA[Robert Badinter est entré jeudi au Panthéon, le temple de l'universalisme républicain, "avec les Lumières" et "les principes de l'Etat de droit", lors d'une cérémonie solennelle en hommage à l'artisan de l'abolition de la peine de mort.<br />
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Emmanuel Macron a promis dans son discours de continuer à "porter" son combat "jusqu'à l'abolition universelle".<br />
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"Pour Robert Badinter, chaque jour devant nous doit être un 9 octobre", date de la loi de 1981 portant l'abolition de la peine de mort, a dit le chef de l'Etat sous la nef du Panthéon.<br />
<br />
Peu avant, le cénotaphe, cercueil au nom de l'ancien avocat et garde des Sceaux décédé en février 2024 à l'âge de 95 ans, était entré dans l'ancienne église du centre de Paris, devenue monument funéraire portant sur son fronton la devise "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante".<br />
<br />
Sous les applaudissements du public venu nombreux, les mots du discours du ministre de la Justice de François Mitterrand ont résonné, quand il demanda à la tribune de l'Assemblée nationale le 17 septembre 1981, et obtint "l'abolition de la peine de mort en France", conformément à un engagement du président socialiste à rebours de l'opinion de l'époque.<br />
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"Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue", lançait l'homme de droit devenu homme politique aux députés dans un débat passionné.<br />
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Parmi les temps forts, Julien Clerc a interprété sa chanson "L'assassin assassiné" consacrée en 1980 à la lutte pour l'abolition du châtiment suprême.<br />
<br />
Le comédien Guillaume Gallienne a lu un texte de Victor Hugo, précurseur dans ce même combat. Ce texte, comme d'autres, a été choisi par la veuve de l'avocat qui sauva plusieurs hommes de la guillotine, la philosophe Élisabeth Badinter, également applaudie à son arrivée sur place.<br />
<br />
"Robert Badinter entre au Panthéon avec les Lumières et l'esprit de 1789", "avec les principes de l'Etat de droit", a déclaré Emmanuel Macron dans son discours.<br />
<br />
"Il entre au Panthéon et nous entendons sa voix qui plaide ses grands combats essentiels et inachevés: l'abolition universelle de la peine de mort, la lutte contre le poison antisémite et ses prêcheurs de haine, la lutte pour la défense de l'Etat de droit", a ajouté le chef de l'Etat.<br />
<br />
Il a rappelé que Robert Badinter était "né dans les années vingt ravagées par la haine des Juifs" et "s'est éteint dans nos années vingt où à nouveau la haine des Juifs tue". "N'éteignons jamais cette colère face à l'antisémitisme", a martelé le président de la République.<br />
<br />
-"Universalisme républicain"-<br />
<br />
La journée a été ternie par une profanation de la tombe de Robert Badinter dans la matinée à Bagneux, où il est effectivement enterré. Les "tags qui insultent ses engagements contre la peine de mort et pour la dépénalisation de l'homosexualité", dénoncés par le maire de la ville, ont été rapidement nettoyés.<br />
<br />
"Honte à ceux qui ont voulu souiller sa mémoire", avait immédiatement réagi Emmanuel Macron.<br />
<br />
Prévue de longue date, cette cinquième panthéonisation sous ses mandats sera une parenthèse en pleine crise politique pour le chef de l'Etat, qui doit décider d'ici vendredi soir quoi faire pour sortir le pays de l'impasse.<br />
<br />
Celui qui fut aussi président du Conseil constitutionnel de 1986 à 1995 repose désormais symboliquement au Panthéon, à travers des objets déposés dans son cénotaphe: sa robe d'avocat, une copie de son discours sur l'abolition de la peine de mort et trois livres dont un de Victor Hugo.<br />
<br />
Dans le caveau "des révolutionnaires de 1789", où reposent Condorcet, l'abbé Grégoire et Gaspard Monge depuis le bicentenaire de la Révolution.<br />
<br />
Emmanuel Macron a déjà fait entrer dans la nécropole républicaine Simone Veil, rescapée d'Auschwitz et auteure de la loi sur l'interruption volontaire de grossesse, l'écrivain chroniqueur de l'horreur des tranchées de la Première Guerre mondiale Maurice Genevoix, la star du music-hall, résistante et militante antiraciste franco-américaine Joséphine Baker, et le résistant communiste d'origine arménienne Missak Manouchian.<br />
<br />
L'historien et résistant Marc Bloch sera à son tour panthéonisé mi-juin, 82 ans après son exécution par la Gestapo en 1944.<br />
<br />
Pour l'historien Denis Peschanski, le fil conducteur de ces choix présidentiels est l'"universalisme républicain". "C'est la France des Lumières, qu'incarnait Robert Badinter à travers son combat abolitionniste mais aussi sa défense acharnée des victimes et sa lutte pour les droits".]]></content:encoded>
      <guid>https://www.peinedemort.org/document/12476</guid>
      <pubDate>Thu, 09 Oct 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
      <author>Agence mondiale d'information - AFP</author>
    </item>
    <item>
      <title>Le discours enflammé de Badinter à l'Assemblée sur la peine de mort</title>
      <link>https://www.peinedemort.org/document/12477</link>
      <description>Le 17 septembre 1981, dans un discours enflammé de plus de deux heures, le garde des Sceaux Robert Badinter demande solennellement à l'Assemblée nationale d'approuver le projet de loi sur l'abolition de la peine de mort.&#13;
&#13;
Après l'adoption du texte, le lendemain par les députés et le 30 septembre par les sénateurs, la loi est promulguée le 9 octobre 1981.&#13;
&#13;
Voici des extraits de ce discours historique, avant l'entrée au Panthéon de Robert Badinter jeudi.&#13;
&#13;
- "Débat de conscience" -&#13;
&#13;
"Le débat qui est ouvert aujourd'hui devant vous est d'abord un débat de conscience et le choix auquel chacun d'entre vous procédera l'engagera personnellement. (...)&#13;
&#13;
La France est grande, non seulement par sa puissance, mais au-delà de sa puissance, par l'éclat des idées, des causes, de la générosité qui l'ont emporté aux moments privilégiés de son histoire.&#13;
&#13;
La France est grande parce qu'elle a été la première en Europe à abolir la torture malgré les esprits précautionneux qui, dans le pays, s'exclamaient à l'époque que, sans la torture, la justice française serait désarmée, que, sans la torture, les bons sujets seraient livrés aux scélérats.&#13;
&#13;
La France a été parmi les premiers pays du monde à abolir l'esclavage, ce crime qui déshonore encore l'humanité.&#13;
&#13;
Il se trouve que la France aura été, en dépit de tant d'efforts courageux, l'un des derniers pays, presque le dernier - et je baisse la voix pour le dire - en Europe occidentale, dont elle a été si souvent le foyer et le pôle, à abolir la peine de mort. (...)&#13;
&#13;
- "Vérité humaine" -&#13;
&#13;
Il n'a jamais, jamais été établi une corrélation quelconque entre la présence ou l'absence de la peine de mort dans une législation pénale et la courbe de la criminalité sanglante. (...)&#13;
&#13;
En fait, ceux qui croient à la valeur dissuasive de la peine de mort méconnaissent la vérité humaine. La passion criminelle n'est pas plus arrêtée par la peur de la mort que d'autres passions ne le sont qui, celles-là, sont nobles. (...)&#13;
&#13;
La question ne se pose pas, et nous le savons tous, en termes de dissuasion ou de technique répressive, mais en termes politiques et surtout de choix moral. (...)&#13;
&#13;
- "Justice qui tue" -&#13;
&#13;
Voici la première évidence: dans les pays de liberté, l'abolition est presque partout la règle; dans les pays où règne la dictature, la peine de mort est partout pratiquée.&#13;
&#13;
Ce partage du monde ne résulte pas d'une simple coïncidence, mais exprime une corrélation. La vraie signification politique de la peine de mort, c'est bien qu'elle procède de l'idée que l'Etat a le droit de disposer du citoyen jusqu'à lui retirer la vie. C'est par là que la peine de mort s'inscrit dans les systèmes totalitaires. (...)&#13;
&#13;
Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n'y aura plus, pour notre honte commune, d'exécutions furtives, à l'aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées. (...)&#13;
&#13;
Demain, vous voterez l'abolition de la peine de mort. Législateurs français, de tout mon cœur, je vous en remercie."</description>
      <content:encoded><![CDATA[Le 17 septembre 1981, dans un discours enflammé de plus de deux heures, le garde des Sceaux Robert Badinter demande solennellement à l'Assemblée nationale d'approuver le projet de loi sur l'abolition de la peine de mort.<br />
<br />
Après l'adoption du texte, le lendemain par les députés et le 30 septembre par les sénateurs, la loi est promulguée le 9 octobre 1981.<br />
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Voici des extraits de ce discours historique, avant l'entrée au Panthéon de Robert Badinter jeudi.<br />
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- "Débat de conscience" -<br />
<br />
"Le débat qui est ouvert aujourd'hui devant vous est d'abord un débat de conscience et le choix auquel chacun d'entre vous procédera l'engagera personnellement. (...)<br />
<br />
La France est grande, non seulement par sa puissance, mais au-delà de sa puissance, par l'éclat des idées, des causes, de la générosité qui l'ont emporté aux moments privilégiés de son histoire.<br />
<br />
La France est grande parce qu'elle a été la première en Europe à abolir la torture malgré les esprits précautionneux qui, dans le pays, s'exclamaient à l'époque que, sans la torture, la justice française serait désarmée, que, sans la torture, les bons sujets seraient livrés aux scélérats.<br />
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La France a été parmi les premiers pays du monde à abolir l'esclavage, ce crime qui déshonore encore l'humanité.<br />
<br />
Il se trouve que la France aura été, en dépit de tant d'efforts courageux, l'un des derniers pays, presque le dernier - et je baisse la voix pour le dire - en Europe occidentale, dont elle a été si souvent le foyer et le pôle, à abolir la peine de mort. (...)<br />
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- "Vérité humaine" -<br />
<br />
Il n'a jamais, jamais été établi une corrélation quelconque entre la présence ou l'absence de la peine de mort dans une législation pénale et la courbe de la criminalité sanglante. (...)<br />
<br />
En fait, ceux qui croient à la valeur dissuasive de la peine de mort méconnaissent la vérité humaine. La passion criminelle n'est pas plus arrêtée par la peur de la mort que d'autres passions ne le sont qui, celles-là, sont nobles. (...)<br />
<br />
La question ne se pose pas, et nous le savons tous, en termes de dissuasion ou de technique répressive, mais en termes politiques et surtout de choix moral. (...)<br />
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- "Justice qui tue" -<br />
<br />
Voici la première évidence: dans les pays de liberté, l'abolition est presque partout la règle; dans les pays où règne la dictature, la peine de mort est partout pratiquée.<br />
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Ce partage du monde ne résulte pas d'une simple coïncidence, mais exprime une corrélation. La vraie signification politique de la peine de mort, c'est bien qu'elle procède de l'idée que l'Etat a le droit de disposer du citoyen jusqu'à lui retirer la vie. C'est par là que la peine de mort s'inscrit dans les systèmes totalitaires. (...)<br />
<br />
Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n'y aura plus, pour notre honte commune, d'exécutions furtives, à l'aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées. (...)<br />
<br />
Demain, vous voterez l'abolition de la peine de mort. Législateurs français, de tout mon cœur, je vous en remercie."]]></content:encoded>
      <guid>https://www.peinedemort.org/document/12477</guid>
      <pubDate>Thu, 09 Oct 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
      <author>Agence mondiale d'information - AFP</author>
    </item>
    <item>
      <title>Robert Badinter, combattant de l'abolition</title>
      <link>https://www.peinedemort.org/document/12479</link>
      <description>Figure des années Mitterrand, l'ancien ministre de la Justice Robert Badinter, qui fera son entrée jeudi au Panthéon, a incarné jusqu'à son dernier souffle le combat pour l'abolition de la peine de mort.&#13;
&#13;
D'abord conspué pour avoir défendu des causes à contre-courant, ce brillant avocat s'était forgé une réputation d'humaniste indépendant, étant même considéré comme une autorité morale, jusqu'à son décès à 95 ans, le 9 février 2024.&#13;
&#13;
"J'ai essayé de transformer la justice, la rendre plus humaine", disait-il quelques mois plus tôt dans un entretien à l'émission "La Grande Librairie". "Est-ce que j'ai réussi ? A juger".&#13;
&#13;
Ministre de la Justice du président socialiste François Mitterrand, il porta la loi du 9 octobre 1981 qui abolit la peine de mort dans une France alors majoritairement en faveur de ce châtiment suprême.&#13;
&#13;
Il s'investit par la suite, jusqu'à son "dernier souffle de vie", pour l'abolition universelle de la peine capitale.&#13;
&#13;
Avec l'exécution, "le crime change de camp", soulignait ce fils de fourreur, né à Paris le 30 mars 1928 dans une famille juive émigrée de Bessarabie (l'actuelle Moldavie).&#13;
&#13;
Cet homme aux épais sourcils noirs, défenseur d'une France "au service des libertés et des droits de l'Homme", tenait sa soif de justice d'une adolescence marquée par la Seconde Guerre mondiale.&#13;
&#13;
En 1943, alors qu'il n'a que 14 ans, son père est arrêté sous ses yeux à Lyon. Il mourra en déportation dans le camp de concentration de Sobibor (Pologne), tandis que sa famille est réfugiée en Savoie.&#13;
&#13;
- "Passion militante" -&#13;
&#13;
Après des études de lettres et de droit, et un diplôme de l'université Columbia comme boursier, Robert Badinter devient avocat au barreau de Paris et mène parallèlement une carrière d'enseignant universitaire.&#13;
&#13;
Cofondateur d'un prestigieux cabinet d'avocats d'affaires, il défend des personnalités, des grands noms de la presse ou d'entreprises, et plaide occasionnellement aux assises.&#13;
&#13;
Divorcé d'une actrice épousée dans les années 1950, ce grand bourgeois est marié depuis 1966 à la philosophe Elisabeth Badinter, née Bleustein-Blanchet, avec qui il a eu trois enfants.&#13;
&#13;
C'est lorsqu'il échoue, en 1972, à sauver de la guillotine Roger Bontems, complice d'une prise d'otages meurtrière, qu'il passe "de la conviction intellectuelle à la passion militante" contre la peine de mort, témoignera-t-il dans son livre "L'Abolition".&#13;
&#13;
Cinq ans plus tard, il évite la peine capitale au meurtrier d'enfant Patrick Henry, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.&#13;
&#13;
Cinq autres hommes échappent grâce à lui à l'échafaud. "On entrait au palais de justice par la grande porte, et après le verdict, lorsque l'accusé avait sauvé sa tête, il fallait s'en aller bien souvent par un escalier dérobé" pour éviter la colère de la foule, racontera-t-il.&#13;
&#13;
Devenu ministre de la Justice (1981-1986), celui qui était considéré par certains comme l'"avocat des assassins" est la cible de toutes les attaques lorsqu'il fait voter l'abolition de la peine de mort. "Jamais je n'ai eu l'impression d'une telle solitude", dira-t-il.&#13;
&#13;
- Rejet de la "haine justicière" -&#13;
&#13;
Robert Badinter œuvre aussi pour l'amélioration des conditions de vie dans les prisons.&#13;
&#13;
Il fait voter la suppression des quartiers de haute sécurité, celle de juridictions d'exception, la dépénalisation de l'homosexualité, l'accès des justiciables français à la Cour européenne des droits de l'Homme, une loi sur l'indemnisation des victimes d'accidents.&#13;
&#13;
En 1983, il obtient de la Bolivie l'extradition de Klaus Barbie, l'ancien chef de la Gestapo à Lyon. Reconnu coupable de crimes contre l'humanité, Barbie sera condamné en 1987 à la prison à perpétuité.&#13;
&#13;
Robert Badinter, qui a toujours rejeté la "haine justicière", soutiendra en 2001 la libération pour raison d'âge de l'ancien préfet de police et ministre Maurice Papon, 90 ans, condamné pour complicité de crimes contre l'humanité.&#13;
&#13;
Après son départ du gouvernement, il préside pendant neuf ans le Conseil Constitutionnel (1986-95).&#13;
&#13;
Sénateur socialiste de 1995 à 2011, il a la satisfaction de voir l'abolition de la peine de mort inscrite dans la Constitution en 2007.&#13;
&#13;
Il planche sur une réforme de l'ONU dans les années 2000 et sur la réforme du code du travail pendant le quinquennat de François Hollande.&#13;
&#13;
Cet homme de culture est l'auteur de nombreux ouvrages et même d'un livret d'opéra. L'un de ses derniers livres, "Idiss" (2018), est consacré à sa grand-mère maternelle, née dans le "Yiddishland" de l'empire tsariste.</description>
      <content:encoded><![CDATA[Figure des années Mitterrand, l'ancien ministre de la Justice Robert Badinter, qui fera son entrée jeudi au Panthéon, a incarné jusqu'à son dernier souffle le combat pour l'abolition de la peine de mort.<br />
<br />
D'abord conspué pour avoir défendu des causes à contre-courant, ce brillant avocat s'était forgé une réputation d'humaniste indépendant, étant même considéré comme une autorité morale, jusqu'à son décès à 95 ans, le 9 février 2024.<br />
<br />
"J'ai essayé de transformer la justice, la rendre plus humaine", disait-il quelques mois plus tôt dans un entretien à l'émission "La Grande Librairie". "Est-ce que j'ai réussi ? A juger".<br />
<br />
Ministre de la Justice du président socialiste François Mitterrand, il porta la loi du 9 octobre 1981 qui abolit la peine de mort dans une France alors majoritairement en faveur de ce châtiment suprême.<br />
<br />
Il s'investit par la suite, jusqu'à son "dernier souffle de vie", pour l'abolition universelle de la peine capitale.<br />
<br />
Avec l'exécution, "le crime change de camp", soulignait ce fils de fourreur, né à Paris le 30 mars 1928 dans une famille juive émigrée de Bessarabie (l'actuelle Moldavie).<br />
<br />
Cet homme aux épais sourcils noirs, défenseur d'une France "au service des libertés et des droits de l'Homme", tenait sa soif de justice d'une adolescence marquée par la Seconde Guerre mondiale.<br />
<br />
En 1943, alors qu'il n'a que 14 ans, son père est arrêté sous ses yeux à Lyon. Il mourra en déportation dans le camp de concentration de Sobibor (Pologne), tandis que sa famille est réfugiée en Savoie.<br />
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- "Passion militante" -<br />
<br />
Après des études de lettres et de droit, et un diplôme de l'université Columbia comme boursier, Robert Badinter devient avocat au barreau de Paris et mène parallèlement une carrière d'enseignant universitaire.<br />
<br />
Cofondateur d'un prestigieux cabinet d'avocats d'affaires, il défend des personnalités, des grands noms de la presse ou d'entreprises, et plaide occasionnellement aux assises.<br />
<br />
Divorcé d'une actrice épousée dans les années 1950, ce grand bourgeois est marié depuis 1966 à la philosophe Elisabeth Badinter, née Bleustein-Blanchet, avec qui il a eu trois enfants.<br />
<br />
C'est lorsqu'il échoue, en 1972, à sauver de la guillotine Roger Bontems, complice d'une prise d'otages meurtrière, qu'il passe "de la conviction intellectuelle à la passion militante" contre la peine de mort, témoignera-t-il dans son livre "L'Abolition".<br />
<br />
Cinq ans plus tard, il évite la peine capitale au meurtrier d'enfant Patrick Henry, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.<br />
<br />
Cinq autres hommes échappent grâce à lui à l'échafaud. "On entrait au palais de justice par la grande porte, et après le verdict, lorsque l'accusé avait sauvé sa tête, il fallait s'en aller bien souvent par un escalier dérobé" pour éviter la colère de la foule, racontera-t-il.<br />
<br />
Devenu ministre de la Justice (1981-1986), celui qui était considéré par certains comme l'"avocat des assassins" est la cible de toutes les attaques lorsqu'il fait voter l'abolition de la peine de mort. "Jamais je n'ai eu l'impression d'une telle solitude", dira-t-il.<br />
<br />
- Rejet de la "haine justicière" -<br />
<br />
Robert Badinter œuvre aussi pour l'amélioration des conditions de vie dans les prisons.<br />
<br />
Il fait voter la suppression des quartiers de haute sécurité, celle de juridictions d'exception, la dépénalisation de l'homosexualité, l'accès des justiciables français à la Cour européenne des droits de l'Homme, une loi sur l'indemnisation des victimes d'accidents.<br />
<br />
En 1983, il obtient de la Bolivie l'extradition de Klaus Barbie, l'ancien chef de la Gestapo à Lyon. Reconnu coupable de crimes contre l'humanité, Barbie sera condamné en 1987 à la prison à perpétuité.<br />
<br />
Robert Badinter, qui a toujours rejeté la "haine justicière", soutiendra en 2001 la libération pour raison d'âge de l'ancien préfet de police et ministre Maurice Papon, 90 ans, condamné pour complicité de crimes contre l'humanité.<br />
<br />
Après son départ du gouvernement, il préside pendant neuf ans le Conseil Constitutionnel (1986-95).<br />
<br />
Sénateur socialiste de 1995 à 2011, il a la satisfaction de voir l'abolition de la peine de mort inscrite dans la Constitution en 2007.<br />
<br />
Il planche sur une réforme de l'ONU dans les années 2000 et sur la réforme du code du travail pendant le quinquennat de François Hollande.<br />
<br />
Cet homme de culture est l'auteur de nombreux ouvrages et même d'un livret d'opéra. L'un de ses derniers livres, "Idiss" (2018), est consacré à sa grand-mère maternelle, née dans le "Yiddishland" de l'empire tsariste.]]></content:encoded>
      <guid>https://www.peinedemort.org/document/12479</guid>
      <pubDate>Thu, 09 Oct 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
      <author>Agence mondiale d'information - AFP</author>
    </item>
    <item>
      <title>[position de la France] Nations unies - Journée mondiale contre la peine de mort / Entrée au Panthéon de M. Robert Badinter</title>
      <link>https://www.peinedemort.org/document/12483</link>
      <description>L'abolition de la peine de mort ne cesse de gagner du terrain dans le monde. Plus de deux tiers des Etats l'ont abolie en droit ou en pratique, mais 47 États continuent de l'appliquer. Le recours à la peine de mort n'est pas un instrument de politique pénale, c'est une violation des droits de l'Homme. À l'occasion de la 23ème journée mondiale contre la peine de mort, vendredi 10 octobre, la France réitère son opposition, en tous lieux et en toutes circonstances, à ce châtiment cruel, injuste et inhumain. La France appelle les États appliquant cette peine à observer un moratoire en vue de son abolition définitive et encourage tous les États à signer et à ratifier le deuxième Protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits civils et politiques visant à l'abolir.&#13;
&#13;
Nous saluons la mémoire de Robert Badinter et son entrée au Panthéon aujourd'hui. La loi du 9 octobre 1981 a consacré le combat que la France menait de longue date pour la promotion de la dignité humaine.&#13;
&#13;
Fidèle à cet héritage, la France continuera de porter cet engagement dans toutes les enceintes multilatérales, auprès des Etats partenaires et avec la société civile. La France salue l'adoption le 7 octobre par le Conseil des droits de l'Homme de la résolution intitulée « question de la peine de mort », qu'elle présente tous les deux ans avec ses partenaires. Afin de maintenir la dynamique abolitionniste, la France accueillera le prochain Congrès mondial contre la peine de mort à Paris, du 30 juin au 2 juillet 2026, comme l'a annoncé le Président de la République en 2023 lors du 75ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme.</description>
      <content:encoded><![CDATA[L'abolition de la peine de mort ne cesse de gagner du terrain dans le monde. Plus de deux tiers des Etats l'ont abolie en droit ou en pratique, mais 47 États continuent de l'appliquer. Le recours à la peine de mort n'est pas un instrument de politique pénale, c'est une violation des droits de l'Homme. À l'occasion de la 23ème journée mondiale contre la peine de mort, vendredi 10 octobre, la France réitère son opposition, en tous lieux et en toutes circonstances, à ce châtiment cruel, injuste et inhumain. La France appelle les États appliquant cette peine à observer un moratoire en vue de son abolition définitive et encourage tous les États à signer et à ratifier le deuxième Protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits civils et politiques visant à l'abolir.<br />
<br />
Nous saluons la mémoire de Robert Badinter et son entrée au Panthéon aujourd'hui. La loi du 9 octobre 1981 a consacré le combat que la France menait de longue date pour la promotion de la dignité humaine.<br />
<br />
Fidèle à cet héritage, la France continuera de porter cet engagement dans toutes les enceintes multilatérales, auprès des Etats partenaires et avec la société civile. La France salue l'adoption le 7 octobre par le Conseil des droits de l'Homme de la résolution intitulée « question de la peine de mort », qu'elle présente tous les deux ans avec ses partenaires. Afin de maintenir la dynamique abolitionniste, la France accueillera le prochain Congrès mondial contre la peine de mort à Paris, du 30 juin au 2 juillet 2026, comme l'a annoncé le Président de la République en 2023 lors du 75ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme.]]></content:encoded>
      <guid>https://www.peinedemort.org/document/12483</guid>
      <pubDate>Thu, 09 Oct 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
      <author>Ministère des Affaires Etrangères français</author>
    </item>
    <item>
      <title>Au Mucem, la guillotine exposée en hommage au combat de Robert Badinter contre la peine de mort</title>
      <link>https://www.peinedemort.org/document/12478</link>
      <description>A l'occasion de l'entrée au Panthéon de Robert Badinter, une guillotine sera exposée à partir du 9 octobre au coeur de l'emblématique Mucem à Marseille, pour témoigner de ce qu'était la peine capitale abolie en 1981 sous l'impulsion de l'ancien garde des Sceaux.&#13;
&#13;
Faite de bois et de métal, la machine à décapiter, 4 mètres 50 de haut et 800 kilos, trône seule au centre d'une pièce de l'exposition permanente du musée, attendant l'arrivée des premiers visiteurs.&#13;
&#13;
Juste à côté, des extraits du célèbre plaidoyer de Robert Badinter du 17 septembre 1981 sont inscrites, dont l'un rappelle que "la France aura été, en dépit de tant d'efforts courageux, l'un des derniers pays à abolir la peine de mort".&#13;
&#13;
C'est à l'ancien ministre de la Justice que l'on doit la conservation de ce "monstre" au Mucem. Un an après avoir mis fin à la peine capitale, il proposait d'intégrer la guillotine aux collections nationales. A une seule condition: elle ne pourrait être exposée avant l'an 2000.&#13;
&#13;
Aujourd'hui, l'exposition de cette machine construite en 1872 s'inscrit dans la mission du Mucem de "conserver des traces des grandes avancées sociales et sociétales", selon son président Pierre-Olivier Costa. "Nous souhaitons faire rentrer dans le patrimoine commun un objet qui n'aura plus jamais aucun usage".&#13;
&#13;
Depuis l'abolition de la peine de mort, le grand public a pu observer une guillotine à trois reprises: lors d'une exposition au musée d'Orsay en 2010, mais sous un voile, et deux fois à Marseille, à l'ouverture du Mucem en 2013 et à la prison des Baumettes en 2019.&#13;
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Invention française de la fin du 18e siècle, la guillotine a été surnommée de nombreuses façons au cours de son histoire, comme le "Rasoir national", la "Veuve", ou encore la "Raccourcisseuse patriotique". Mais son nom original vient de Joseph-Ignace Guillotin, qui l'a fait adopter comme mode unique d'exécution capitale.&#13;
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Sa lame tranchante a marqué de son ombre les places publiques tout au long du 19e siècle, jusqu'en 1939 où son usage a été réservé à l'espace clos des prisons.&#13;
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Aujourd'hui, son "mécanisme (...) est volontairement bloqué pour des raisons de conservation et de sécurité", souligne le Mucem.</description>
      <content:encoded><![CDATA[A l'occasion de l'entrée au Panthéon de Robert Badinter, une guillotine sera exposée à partir du 9 octobre au coeur de l'emblématique Mucem à Marseille, pour témoigner de ce qu'était la peine capitale abolie en 1981 sous l'impulsion de l'ancien garde des Sceaux.<br />
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Faite de bois et de métal, la machine à décapiter, 4 mètres 50 de haut et 800 kilos, trône seule au centre d'une pièce de l'exposition permanente du musée, attendant l'arrivée des premiers visiteurs.<br />
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Juste à côté, des extraits du célèbre plaidoyer de Robert Badinter du 17 septembre 1981 sont inscrites, dont l'un rappelle que "la France aura été, en dépit de tant d'efforts courageux, l'un des derniers pays à abolir la peine de mort".<br />
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C'est à l'ancien ministre de la Justice que l'on doit la conservation de ce "monstre" au Mucem. Un an après avoir mis fin à la peine capitale, il proposait d'intégrer la guillotine aux collections nationales. A une seule condition: elle ne pourrait être exposée avant l'an 2000.<br />
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Aujourd'hui, l'exposition de cette machine construite en 1872 s'inscrit dans la mission du Mucem de "conserver des traces des grandes avancées sociales et sociétales", selon son président Pierre-Olivier Costa. "Nous souhaitons faire rentrer dans le patrimoine commun un objet qui n'aura plus jamais aucun usage".<br />
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Depuis l'abolition de la peine de mort, le grand public a pu observer une guillotine à trois reprises: lors d'une exposition au musée d'Orsay en 2010, mais sous un voile, et deux fois à Marseille, à l'ouverture du Mucem en 2013 et à la prison des Baumettes en 2019.<br />
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Invention française de la fin du 18e siècle, la guillotine a été surnommée de nombreuses façons au cours de son histoire, comme le "Rasoir national", la "Veuve", ou encore la "Raccourcisseuse patriotique". Mais son nom original vient de Joseph-Ignace Guillotin, qui l'a fait adopter comme mode unique d'exécution capitale.<br />
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Sa lame tranchante a marqué de son ombre les places publiques tout au long du 19e siècle, jusqu'en 1939 où son usage a été réservé à l'espace clos des prisons.<br />
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Aujourd'hui, son "mécanisme (...) est volontairement bloqué pour des raisons de conservation et de sécurité", souligne le Mucem.]]></content:encoded>
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      <pubDate>Fri, 03 Oct 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
      <author>Agence mondiale d'information - AFP</author>
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