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En Chine, deux ex-ministres de la Défense condamnés à mort avec sursis pour corruption

dépêche de presse du 7 mai 2026 - Agence mondiale d'information - AFP
Pays :
peine de mort / Chine
Deux ex-ministres chinois de la Défense, en poste entre 2018 et 2023, ont été condamnés jeudi à mort avec sursis pour corruption, a rapporté un média d'État, des sanctions d'une sévérité inédite au sommet de l'armée.

Les peines visant Wei Fenghe (72 ans) et Li Shangfu (68 ans) sont les plus lourdes infligées à des hautes personnalités militaires depuis le lancement en 2012 par l'actuel président chinois Xi Jinping de sa campagne anticorruption.

À l'issue de deux ans d'emprisonnement, les deux hommes subiront une réclusion « à perpétuité, sans possibilité de réduction de peine ni de libération conditionnelle », a indiqué l'agence de presse Chine nouvelle, citant la décision d'un tribunal militaire.

Habitués des journaux télévisés, où ils apparaissaient régulièrement à côté d'autres dignitaires, ils étaient aussi d'ex-membres de la Commission militaire centrale (CMC), le puissant organe qui contrôle l'armée - et est dirigé par Xi Jinping.

Le tribunal militaire a reconnu Wei Fenghe coupable d'avoir accepté des pots-de-vin, et Li Shangfu de corruption active et passive, selon Chine nouvelle, qui n'a pas précisé l'ampleur des malversations.

Ils ont également été condamnés à la privation à vie de leurs droits civiques et à la confiscation de leurs biens personnels, a ajouté l'agence.

La condamnation prononcée jeudi est « assez hors norme », déclare à l'AFP Adam Ni, rédacteur en chef de China Neican, une lettre d'information sur la Chine.

« La peine de mort avec sursis de deux ans est la punition la plus sévère que la Chine inflige aujourd'hui à ses hauts dirigeants (...) C'est donc un message fort de la part de Xi Jinping », souligne-t-il.

Il s'agit selon M. Ni d'un signal de « dissuasion : faire comprendre aux chefs militaires ce qui les attend s'ils continuent à se rendre coupables de grave corruption, laquelle a atteint des proportions endémiques au sein de l'armée chinoise ».

Wei Fenghe a été en poste de 2018 à 2023. Li Shangfu, son successeur immédiat, n'a été ministre de la Défense que quelques mois en 2023. Les deux hommes avaient déjà été exclus du Parti communiste - synonyme en Chine de mort politique.

La corruption est un mal ancien qui ronge l'institution militaire et la lutte contre les malversations s'est renforcée durant la dernière décennie.

D'autres hauts responsables militaires ont ainsi déjà subi de lourdes peines dans le passé.

Guo Boxiong, un ancien vice-président de la Commission militaire centrale (CMC), avait été condamné en 2016 à la réclusion à perpétuité, également pour corruption.

Plus récemment, de hautes personnalités militaires, notamment dans la branche de l'armée chargée des missiles nucléaires, ont été congédiées.

Le ministère chinois de la Défense a également annoncé fin janvier une retentissante enquête pour corruption contre Zhang Youxia, le vice-président de la Commission militaire centrale - pourtant considéré jusqu'alors comme un proche de Xi Jinping.

Un autre membre de la CMC, Liu Zhenli, est également visé dans le cadre de cette enquête.

Xi Jinping s'était félicité quelques jours plus tard dans un discours à des soldats de la lutte contre la corruption menée au sein de l'armée.
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