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Syrie . Premiers verdicts dans les massacres d'alaouites sur la côte syrienne

dépêche de presse du 17 septembre 2026 - Agence mondiale d'information - AFP
Pays :
peine de mort / Syrie
Un militaire des forces gouvernementales a été condamné à une peine de 20 ans et reconnu coupable « du crime de meurtre intentionnel ». Deux partisans du régime déchu des Assad ont été condamnés à la pendaison et à la perpétuité.


La justice syrienne a rendu jeudi ses premiers verdicts dans le procès des massacres d'alaouites sur le littoral en 2025, sur fond d'inquiétude des minorités malgré les engagements des autorités islamistes à les protéger. Le procès de 14 personnes soupçonnées d'être impliquées dans ces violences qui ont fait des centaines de morts - sept membres des forces gouvernementales et sept partisans de l'ancien président Bachar el-Assad - s'était ouvert à Alep en novembre 2025.

La cour a rendu son verdict jeudi concernant quatre accusés, selon le journaliste de l'AFP sur place, avant de nouveaux jugements attendus le 24 septembre. Un militaire, membre des forces du ministère de la Défense, a été reconnu coupable « du crime de meurtre intentionnel » et condamné à 20 ans de prison, a déclaré le président du tribunal pénal militaire, le juge Zakaria Bakkar.

Parmi les partisans présumés d'Assad, l'un originaire du littoral a été condamné à la pendaison, notamment pour « agression visant à provoquer une guerre civile et des affrontements confessionnels », un autre à la prison à perpétuité et un troisième a été acquitté. Plusieurs avaient à l'ouverture du procès plaidé non coupable, l'un affirmant qu'il se trouvait au Liban lors des violences.

« Pas une véritable justice »

Le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, a critiqué le fait de « réduire à quelques cas l'un des plus grands massacres de masse qu'ait connus la Syrie durant la période de transition ». « Juger quelques personnes ne constitue pas une véritable justice », a-t-il dit à l'AFP, estimant que les peines prononcées étaient « totalement disproportionnées par rapport à l'ampleur des crimes, leur étendue géographique et le nombre de parties et d'individus impliqués ».

Des violences meurtrières ciblant la minorité alaouite, à laquelle appartient Bachar el-Assad, avaient éclaté sur la côte syrienne en mars 2025. Les autorités avaient accusé les partisans de l'ancien président d'attiser la violence en attaquant les forces de sécurité. Une commission nationale d'enquête a donné le chiffre de 1.426 morts, pour la plupart des civils, tandis que l'OSDH, basé au Royaume-Uni et disposant d'un vaste réseau de sources en Syrie, en a recensé près de 1.700.

Témoignages
« Si les massacres continuent, il ne restera plus un alaouite en Syrie »
La commission a identifié 298 suspects d'implication dans ce déchaînement de violences, qui ont fait 238 morts dans les rangs des forces de sécurité et de l'armée. Les autorités ont ensuite envoyé des renforts dans la région, quelque 200.000 combattants selon la commission. Des ONG syriennes et internationales ont fait état de massacres intercommunautaires dans lesquels des familles entières ont péri, commis par les forces gouvernementales, des groupes armés alliés au gouvernement et des volontaires armés.

Malgré les assurances des autorités islamistes ayant pris le pouvoir fin 2024 et selon lesquelles toutes les communautés seraient protégées, les alaouites et autres minorités syriennes restent inquiètes.
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