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Turquie: un quotidien condamné et une ex-Miss jugée pour insulte au président Erdogan

dépêche de presse du 21 mai 2015 - Agence mondiale d'information - AFP
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Ankara - Un des principaux quotidiens turcs a été condamné à une lourde amende et une ex-Miss Turquie était appelée à comparaître jeudi pour insulte au président Recep Tayyip Erdogan, en pleine campagne pour les élections législatives du 7 juin.

Un tribunal de la capitale Ankara a vu dans un éditorial de Mehmet Yilmaz, paru dans le quotidien Hurriyet, une attaque contre les droits de M. Erdogan.

La cour a condamné le journaliste et la directrice du quotidien Vuslat Dogan Sabanci à verser 20.000 livres turques (6.950 euros) de dommages et intérêts à M. Erdogan, selon l'agence de presse officielle Anatolia.

La dépêche ne précise pas quel était l'article incriminé, mais Hurriyet avait publié le 25 août dernier un long éditorial de M. Yilmaz rappelant des accusations de corruption qui pesaient sur M. Erdogan, deux semaines après sa victoire à la présidentielle.

Depuis un an, le gouvernement turc multiplie les mesures pour tenter de museler l'internet et les réseaux sociaux. En mars 2014, à la veille des élections municipales, lé président avait ordonné le blocage de Twitter et Facebook, accusés de relayer des allégations de corruption qui visaient son entourage.

Par ailleurs, dans un procès qui est devenu le symbole de ces tensions, le mannequin Merve Buyuksarac était appelée à comparaître jeudi devant un tribunal pour insulte au président, selon le journal en ligne Radikal.

L'équipe du président a porté plainte contre cette ex-miss Turquie pour un poème satirique posté sur le réseau social Instagram.

Souffrante, selon son avocat, elle n'était pas présente à l'audience, mais risque jusqu'à deux ans de prison si elle est reconnue coupable. L'audience a été ajournée.

Hurriyet, un des quotidiens les plus vendus de Turquie, critique occasionnellement M. Erdogan mais maintient généralement une ligne prudente.

Mais le ton a changé avec les vives critiques du président Erdogan sur la couverture par Hurriyet de la condamnation à mort du président égyptien Mohamed Morsi.

En faisant sa Une ce jour-là sur La peine de mort avec 52% des voix, le journal a été la cible des médias progouvernementaux pour avoir apparemment suggéré que le chef de l'Etat turc pourrait avoir le même destin que le président égyptien, Recep Tayyip Erdogan ayant été élu avec 52% des voix.

Un avocat proche du parti du président, Justice et Développement (AKP), a déposé une requête auprès de la justice pour qu'elle ouvre une enquête criminelle sur la direction d'Hurriyet, selon les médias.

L'association des journalistes turcs a dénoncé cette requête comme un exemple-type de la répression que subissent les médias dans le pays.

De son côté, Hurriyet a publié mardi un éditorial dénonçant les attaques inéquitables et infondées du président turc, et pointant des injustices et des manipulations évidentes. Pourquoi nous viser?, demande le quotidien.

Le parti du président cherche à remporter une large majorité lors des élections législatives critiques du 7 juin.
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