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Des experts de l'ONU dénoncent les exécutions prévues de trois hommes opposés au projet Neom

dépêche de presse du 3 mai 2023 - Organisation des Nations Unies
Pays :
peine de mort / Arabie Saoudite
Les experts de l'ONU sur les droits de l'Homme ont dénoncé mercredi l'exécution imminente de trois membres d'une tribu saoudienne, qui serait liée à leur opposition à un projet de mégapole, Neom, que le régime veut bâtir sur la mer Rouge.

Trois membres de la tribu Huwaitat, qui habite la zone désertique du nord-ouest de l'Arabie saoudite où Neom, la mégapole futuriste de 500 milliards de dollars voulue par le prince héritier Mohammad ben Salmane est en cours de construction, sont confrontés à un "risque imminent" d'exécution, ont averti une douzaine d'experts indépendants. "Ils ont été accusés de terrorisme, mais ils auraient en fait été arrêtés pour avoir résisté aux expulsions forcées au nom du projet Neom et de la construction d'une ville linéaire de 170 kilomètres de long baptisée +The Line+", ont-ils déclaré dans un communiqué.

Les trois hommes, Shadly Ahmad Mahmoud Abou Taqiqa al-Huwaiti, Ibrahim Salih Ahmad Abou Khalil al-Huwaiti et Atallah Moussa Mohammad al-Huwaiti ont été condamnés à mort le 5 août, et leurs sentences ont été confirmées le 23 janvier, précise le communiqué. "En vertu du droit international, les états qui n'ont pas encore aboli la peine de mort ne peuvent l'imposer que pour les +crimes les plus graves+, impliquant un homicide volontaire", estiment les experts. "Nous ne pensons pas que ce qui leur est reproché atteigne ce seuil", ont ajouté les experts. Selon eux, trois autres membres de la tribu Huwaitat ont également été condamnés à des peines allant de 27 à 50 ans de prison.

Les experts, qui sont nommés par le Conseil des droits de l'Homme des nations Unies mais ne s'expriment pas au nom de l'ONU, ont déploré que ces six personnes aient été inculpées en vertu d'une loi antiterroriste de 2017 "excessivement vague". Ils ont également exigé que les autorités saoudiennes enquêtent sur les allégations selon lesquelles certains détenus ont été torturés, et qu'elles réexaminent leurs peines. Il ont également fait part de leurs inquiétudes concernant le projet Neom dans son ensemble, alors que des groupes de défense des droits humains accusent les autorités saoudiennes d'avoir commis de graves abus.

Le régime de Riyad est soupçonné de chasser des membres de la tribu Huwaitat de leurs maisons dans trois villages, souvent sans compensation adéquate, et réprimeraient violemment ceux qui s'opposent pacifiquement ou résistent à l'expulsion. En 2020, un membre de la tribu Huwaitat a été abattu après avoir refusé de céder ses terres. Toutes les entreprises, y compris les investisseurs étrangers, impliquées dans le projet devraient "s'assurer qu'elles ne causent pas ou ne contribuent pas (...) à de graves violations des droits humains", ont ajouté les experts.
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