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Une huitième exécution en lien avec les manifestations de janvier en Iran

dépêche de presse du 21 avril 2026 - Agence mondiale d'information - AFP
Pays :
peine de mort / Iran
Les autorités iraniennes ont annoncé avoir exécuté mardi un homme condamné pour avoir tenté d'incendier une mosquée de Téhéran durant les manifestations de janvier et collaboré avec Israël et les États-Unis.

D'après l'ONG Iran Human Rights (IHR), il s'agit du huitième homme exécuté en lien avec ces manifestations antigouvernementales, à l'issue de procès expéditifs.

« Amir Ali Mirjafari (...), l'un des éléments armés collaborant avec l'ennemi ayant tenté d'incendier la grande mosquée de Gholhak (un quartier de Téhéran, NDLR) et qui dirigeait les activités antisécurité du Mossad (service de renseignement israélien, NDLR) dans la zone, a été pendu ce matin », a annoncé le site Mizan Online, organe du pouvoir judiciaire.

Il a précisé que la condamnation à mort, confirmée par la Cour suprême, était fondée sur le fait qu'il avait agi pour le compte « du régime sioniste, du gouvernement américain (...) et de groupes hostiles à la sécurité du pays ».

Selon Mizan, ces agissements ont eu lieu au cours du vaste mouvement de contestation débuté fin décembre en réaction à la hausse du coût de la vie et qui s'étaient transformées en manifestations antigouvernementales, culminant les 8 et 9 janvier.

« La République islamique continue de présenter des troubles civils internes comme de l'espionnage pour accélérer l'exécution de manifestants », a réagi IHR, basée en Norvège.

L'ONG a indiqué que la date de l'arrestation de Mirjafari n'était pas connue.

IHR a alerté sur une possible augmentation des exécutions, « des centaines de manifestants étant actuellement sous le coup de poursuites passibles de la peine de mort et au moins 30 ayant déjà été condamnés à mort ».

Cette dernière exécution survient peu avant l'expiration d'une trêve entre Téhéran et Washington dans la guerre déclenchée le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran.

Le président américain Donald Trump a demandé mardi à l'Iran de « libérer » plusieurs femmes selon lui menacées d'exécution, en jugeant que ce serait un « très bon début pour les négociations » attendues entre Washington et Téhéran qui doivent déboucher sur une fin durable de la guerre.

IHR et l'ONG Ensemble contre la peine de mort (ECPM) ont indiqué la semaine dernière que l'Iran avait exécuté en 2025 au moins 48 femmes, un record depuis plus de 20 ans.

Les autorités iraniennes ont déclaré que les manifestations de janvier avaient commencé pacifiquement avant de se transformer en « émeutes fomentées par l'étranger ».

Le pouvoir a reconnu plus de 3000 morts, imputant les violences à des « actes terroristes » orchestrés par les États-Unis et Israël. Des ONG ont parlé elles d'une répression ayant fait des milliers de morts.
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