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L'exécution de Christa Pike, qui devait être la première femme exécutée au Tennessee depuis 200 ans, suspendue par la justice

dépêche de presse du 30 septembre 2026 - Agence mondiale d'information - AFP
Pays :
peine de mort / Tennessee
Une cour d'appel fédérale américaine a suspendu in extremis mercredi l'exécution de Christa Pike dans le Tennessee, qui devait être la première femme mise à mort dans cet État depuis plus de 200 ans.

Dans une brève décision rendue environ une heure à peine avant l'exécution, la cour d'appel considère que « l'intérêt de la justice et le caractère définitif de l'exécution imminente de Mme Pike nécessitent un court sursis », dont elle ne précise pas la durée, afin d'examiner les arguments des deux parties.

La cour d'appel doit trancher sur la recevabilité d'un recours de la défense visant à prendre en considération les violences sexuelles subies dans son enfance par Christa Pike, 50 ans.

L'exécution par injection létale, prévue à 10 h locales (15 h GMT) à Nashville, aurait été la 30e depuis le début de l'année aux États-Unis, dont 16 pour la seule Floride (sud-est). Toutes ont été réalisées par cette même méthode.

La dernière exécution d'une femme aux États-Unis remonte à celle d'Amber McLaughlin, 49 ans, dans le Missouri (centre), en 2023, qui était également la première femme transgenre à être exécutée dans le pays.

Le gouverneur républicain du Tennessee (sud), Bill Lee, a rejeté lundi les demandes de commutation de peine de Christa Pike malgré les appels de nombreuses organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, et la Cour suprême des États-Unis a rejeté mardi son ultime demande de sursis.

Christa Pike a été condamnée à la peine capitale pour le meurtre en 1995 de Colleen Slemmer, 19 ans, une de ses camarades dans le programme de formation professionnelle Job Corps, à Knoxville, alors qu'elle-même était âgée de 18 ans, dans une affaire de rivalité amoureuse.

Ses deux complices également adolescents, son petit ami de l'époque, âgé de 17 ans, et une autre jeune fille de 18 ans, ont échappé à la peine de mort. Le premier a été condamné à perpétuité et la seconde à une peine avec sursis en échange de son témoignage contre les deux autres.

Les avocats de Christa Pike ont tenté en vain de faire valoir que sa défense lors de son procès en 1996 n'avait pas invoqué les circonstances atténuantes qui auraient dû lui bénéficier, en particulier les traumatismes et les violences, en particulier sexuelles, subies depuis son plus jeune âge.

Elle a été diagnostiquée tardivement avec un trouble bipolaire et un stress post-traumatique provoqué par les violences subies pendant son enfance.

Au total, 18 femmes ont été exécutées aux États-Unis depuis le rétablissement de la peine capitale en 1976, sur 1683 exécutions, selon l'observatoire spécialisé Death Penalty Information Center (DPIC).

Début septembre, des experts mandatés par l'ONU ont appelé à suspendre et à commuer la peine de Christa Pike qui serait le « paroxysme d'une existence de grave souffrance physique et psychologique marquée par des violences dans l'enfance et près de trois décennies de détention à l'isolement dans le couloir de la mort ».

Les États continuant à appliquer la peine capitale doivent « respecter strictement les garanties du droit international », ont affirmé ces experts, citant le plein respect des droits de la défense, « la prise en compte individualisée de toutes les circonstances atténuantes, y compris le passé de traumatismes et de violences, et une véritable opportunité de demander une grâce ou une commutation de peine ».

Au total, 47 exécutions ont eu lieu aux États-Unis en 2025, contre une vingtaine par an depuis une décennie, soit le plus haut niveau depuis les 52 enregistrées en 2009.

La peine de mort a été abolie dans 23 des 50 États américains. Trois autres, la Californie, l'Oregon et la Pennsylvanie, observent un moratoire des exécutions sur décision du gouverneur.
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