Christa Pike, la condamnée qui a survécu à son exécution la semaine dernière aux États-Unis, est sortie de l'hôpital et est de retour en prison, ont annoncé samedi ses avocats.
« Elle continue de recevoir des soins à la prison et nous continuerons de suivre son rétablissement », précisent les avocats dans un communiqué.
Selon eux, Christa Pike est « reconnaissante » envers les équipes médicales dans « ces circonstances extraordinaires ».
Jeudi, son avocat Stephen Ferrell avait indiqué qu'elle avait pu se lever et marcher pour la première fois dans sa chambre d'hôpital.
« Elle va plutôt bien », avait affirmé l'avocat à la BBC, sans pour autant avoir vu ou parlé à sa cliente.
Christa Pike devait être la première femme exécutée depuis plus de 200 ans dans le Tennessee pour avoir torturé et assassiné en 1995 une femme de 19 ans, un an de plus qu'elle à l'époque.
Mais elle a survécu à deux doses de pentobarbital, un puissant barbiturique, avant d'être admise en urgence dans un hôpital dans un état critique.
Ses bras sont « très abîmés et elle ne peut pas beaucoup les utiliser », a affirmé Stephen Ferrell à la BBC.
Séquelles
Mentalement, cette femme de 50 ans reste également « quelque peu confuse » : « elle perd très facilement le fil de ses pensées et oublie où elle va », a déclaré l'avocat.
« Je suppose que son état va continuer à s'améliorer, mais il pourrait y avoir des séquelles permanentes », a-t-il ajouté.
Une juge a ordonné mercredi à l'administration pénitentiaire de préserver toutes les preuves matérielles et documents liés à cet échec.
Le gouverneur du Tennessee, Bill Lee, a lui ordonné la suspension des exécutions dans son État et une enquête indépendante, puis a accepté la démission du chef de l'administration pénitentiaire.
Cette dernière affirme avoir suivi à la lettre le protocole adopté depuis la reprise des exécutions dans le Tennessee en mai 2025, après un moratoire de trois ans.
L'exécution ratée de Christa Pike a provoqué un vif débat aux États-Unis sur la peine capitale.
Ce débat intervient au moment où le Pentagone prévoit de diffuser en direct l'exécution par l'armée de l'auteur d'un attentat mortel contre des soldats américains.
« Deux idées »
Nidal Hasan, 56 ans, doit être fusillé le 3 décembre sur la base de Fort Hood, au Texas (sud), où il avait tué 13 personnes, dont 12 militaires, et blessé plus de 30 autres, le 5 novembre 2009, un attentat inspiré par l'organisation jihadiste Al-Qaïda.
L'annonce de la diffusion en direct de l'exécution, prévue par le ministre de la Défense Pete Hegseth, a provoqué une vague d'indignation dans la classe politique, y compris chez les républicains.
Donald Trump a affirmé samedi que la décision concernant la diffusion n'était pas arrêtée.
« Il y a deux idées : ne pas la montrer et la montrer », a déclaré le président américain à la presse.
« Parce qu'en la montrant, vous savez, peut-être que d'autres gens ne feront pas ce qu'il a fait », a-t-il ajouté à propos de Nidal Hasan.
« Donc je prendrai une décision au bout du compte », a précisé le président octogénaire.
Le pape Léon XIV a déclaré sur les réseaux sociaux samedi que la peine de mort était « inadmissible, car elle porte atteinte à l'inviolabilité et à la dignité de la personne ».
« Il est possible de préserver le bien commun et de répondre aux exigences de la justice sans recourir à la peine capitale », a ajouté le premier souverain pontife américain.