La justice syrienne a prononcé jeudi de nouvelles condamnations au procès des personnes impliquées dans les massacres d'alaouites sur le littoral en 2025, infligeant la peine de mort à deux anciens partisans du président déchu Bachar el-Assad.
Quatorze personnes au total ont comparu à Alep pour les violences qui ont ciblé durant trois jours sur la côte syrienne en mars 2025 la minorité alaouite à laquelle appartient Bachar el-Assad, faisant des centaines de morts.
Les autorités avaient accusé les partisans de l'ancien président d'attiser la violence en attaquant les forces de sécurité.
La commission nationale d'enquête a identifié 298 suspects d'implication dans ce déchaînement de violences, qui ont fait 238 morts dans les rangs des forces de sécurité et de l'armée.
La justice avait rendu quatre premières décisions le 17 septembre, condamnant un partisan de l'ex-président à la pendaison, un autre à la prison à vie et un membre du ministère de la Défense à 20 ans de prison. Un autre partisan présumé de Bachar el-Assad avait lui été acquitté.
Jeudi, deux nouvelles condamnations à la pendaison ont été prononcées contre des partisans du dirigeant chassé du pouvoir en décembre 2024, pour « agression visant à provoquer une guerre civile et des affrontements confessionnels » et pour « le crime de direction et d'encadrement de bandes armées ».
Un troisième a été condamné à 12 ans de prison pour complicité de ces crimes.
Concernant sept membres du ministère de la Défense, la justice en a condamné un à 20 ans de prison pour meurtre, un autre à trois ans de prison pour torture, et trois à des peines allant de deux mois à deux ans de prison. Les deux autres ont été acquittés.
Selon la commission d'enquête, les massacres de mars 2025 ont fait 1.426 morts, pour la plupart des civils, tandis que l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni et disposant d'un vaste réseau de sources en Syrie, en a recensé près de 1.700.
Malgré les assurances des autorités islamistes ayant pris le pouvoir fin 2024 en matière de respect des droits des minorités du pays multiethnique et multiconfessionnel, les alaouites et autres minorités syriennes demeurent inquiètes.